Le prix récompense tous les ans, le deuxième jeudi de décembre, le meilleur film français sorti pendant l'année. Son jury est composé d'une vingtaine de critiques et personnalités du cinéma, sous la présidence de Gilles Jacob et les délibérations ont lieu au restaurant parisien le Fouquet's sur les Champs-Élysées. Par analogie, il est souvent appelé le prix Goncourt du cinéma.
Il est arrivé quelques fois que le film récompense un film qui n'était pas encore sorti : ce fut le cas en 1979 pour Le Roi et l'oiseau, sorti en salles en mars suivant, et en 1982 pour Danton, sorti en janvier suivant.
Les films récompensés constituent un ensemble particulièrement cohérent de films alliant exigence artistique, cinéma d'auteur et reconnaissance publique. Ils sont indifféremment des premiers films (Rappenau en 1965 ou Sandrine Veysset en 1996) ou des œuvres d'auteurs confirmés et reconnus (Godard en 1987 ou Chabrol en 2000). Parmi ceux-ci, Alain Resnais l'a reçu trois fois (1966, 1993 et 1997) et Michel Deville deux fois (1967, 1988) ainsi que Claude Sautet (1969 et 1995).
Il a été fondé en 1937 par Maurice Bessy et Marcel Idzkowski en hommage à Louis Delluc (1890-1924), premier journaliste français spécialisé dans le cinéma et qui avait fondé les ciné-clubs.
Le "Goncourt du cinéma" est décerné par un jury de critiques présidé par Gilles Jacob.
Le prix Louis-Delluc 2006 a été décerné, lundi 18 décembre, à Paris, à Lady Chatterley de Pascale Ferran. Réuni au restaurant Le Fouquet's, le jury présidé par Gilles Jacob, président du Festival international du film de Cannes, a également récompensé, au titre du prix du premier film, Le Pressentiment de Jean-Pierre Darroussin. Pascale Ferran a déclaré "accueillir ce prix, décerné par la critique la plus glorieuse, avec une joie immense et un soulagement proportionnel à une peur rétrospective".
"Je suis touchée que ce film ait atteint le public, en lui parlant au creux de l'oreille. Il a été difficile à mener à bien et a demandé un très grand engagement à tous, comme un marathon. J'ai eu atrocement peur que le film soit très en dessous de ce que j'en rêvais", a ajouté la cinéaste. Au nom du jury, Gilles Jacob a salué en Lady Chatterley un "film d'une grande sensibilité, avec une émotion à l'état pur et une façon savante de faire du cinéma". Le jury a souhaité aussi "aider une jeune réalisatrice".
"Faire des films est de plus en plus difficile", a ajouté le président du jury. Créé en 1937 en hommage au cinéaste et écrivain Louis Delluc, ce prix, surnommé le "Goncourt du cinéma", distingue des films français sortis en cours d'année. En 2005, le prix Louis-Delluc était revenu au film Les Amants réguliers de Philippe Garrel, et le prix Louis-Delluc du premier film était allé à Douches froides d'Antony Cordier.
Lent éveil à la sensualité
Le film est basé sur le roman de D. H. Lawrence, souvent porté à l'écran, notamment par Marc Allégret dans L'Amant de Lady Chatterley en 1955 avec Danielle Darrieux et, en version érotique, par Just Jaeckin en 1981 avec Sylvia Kristel. Il met en scène la relation qui se noue entre Constance (Marina Hands), femme de la haute société enfermée dans son mariage et son sens du devoir, et le garde-chasse de son domaine (Jean-Louis Coulloc'h). Pascale Ferran y fait le récit de leur difficile apprivoisement, lent éveil à la sensualité pour elle, long retour à la vie pour lui.
Outre Lady Chatterley, étaient en lice : Flandres, de Bruno Dumont, Jardins en automne, d'Otar Iosseliani, Bled Number One, de Rabah Ameur-Zaïmeche, et Quand j'étais chanteur, de Xavier Giannoli. Pour le prix du premier film, Les Fragments d'Antonin de Gabriel Le Bomin, Le Passager d'Eric Caravaca, Renaissance de Christian Volckman et 13 (Tzameti) de Gela Babluani se disputaient la palme. Le jury réunit des journalistes français dont Pierre Bouteiller, Jérôme Garcin, Gérard Lefort et Marie-Noëlle Tranchant.
Gilles Jacob a dédié l'édition 2006 à Samuel Lachize, critique cinéma du journal L'Humanité de 1950 à 1983, membre d'honneur du Prix Louis-Delluc, et décédé début décembre à l'âge de 81 ans. |