Le mercredi, c'est le jour des enfants, et pour eux, ce mercredi-là
est aussi riche que toute une existence. Agenore Esposito, l'instituteur,
libère ses ouailles pour les reprendre trente-six heures
après. “Dans quel état les parents vont-ils
nous rendre les enfants ?”, se demande-t-il à la fin
des cours... Le mercredi, donc, les enfants forment une communauté
solidaire, une planète qui a ses propres lois à l'ombre
des adultes. Le personnage principal s'appelle Martin Socoa. Séparé
de son épouse, il se retrouve en charge de sa fille Victoria
ce mercredi ordinaire.
Martin Socoa est un tendre qui ne sait pas quoi faire de sa tendresse.
Sans s'en rendre compte, Victoria va le mener par le bout du nez.
Cette enfant et ce père lointain, c'est aussi la rencontre
de deux étrangers, car Socoa a une compagne aux réactions
explosives, et il est accaparé par un métier aléatoire,
en proie à la passion dévorante des cartes et des
chevaux. Entre eux, la ville de Nantes, au ciel aussi imprévisible
que le destin, est un personnage plus qu'un décor.
Une ville océane où, pendant ce mercredi, les destins
s'entrecroisent, où les parents vivent dans leurs rêves
et où les enfants livrés à eux-mêmes
se perdent dans d'autres rêveries, fuguant à bord d'un
bateau le long de l'Erdre ou en adoptant un petit garçon
perdu. Nul doute qu'à la fin, tout rentrera dans l'ordre,
mais que ce sera un ordre différent. |