Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme,ses
enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer
lui-même. L’enquête a révélé
qu’il n’était pas médecin comme il le
prétendait depuis dix-huit ans et, chose plus difficile encore
à croire, qu’il n’était rien d’autre.
Près d’être découvert, il a préféré
supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard.
Si ce film ne se veut ni une explication, ni un nouveau jugement
sur “l’affaire”, il a pourtant été
tourné dans une fidélité, fidélité
à une trajectoire, celle d’un homme pris dans les mailles
de son mensonge, victime et bourreau de cette impunité du
faux... Du dérapage puéril d’un étudiant
trichant le résultat d’un examen, à l’implosion,
dix-huit ans plus tard, de la vertigineuse fabulation qu’il
avait bâtie sur du vide, ce récit suit les évènements
de la construction et de l’effondrement de ce système.
Mais, au-delà du fait divers et du livre d’Emmanuel
Carrère, nous avons choisi en incarnant les personnages de
cette histoire, de leur imaginer une langue, des comportements,
des manières d’être... d’inventer les scènes
dont on ne connaît qu’une allusion judiciaire. Il s’agit
donc d’une fiction qui vient animer le canevas opaque et terrible
de l’histoire de Jean-Claude Romand. Au centre, il y a cette
étrange figure, mélange de proximité et de
mystère, qu’à défaut d’élucider,
nous pouvons tenter de côtoyer jusqu’à la déflagration
finale. Ce film se veut une tragédie moderne et atemporelle,
tragédie d’une norm |