L’océan est bleu, insondablement bleu. Plus vaste
que tous les continents, plus méconnu que l’espace,
l’océan a offert à notre Terre sa géniale
identité : planète vivante, PLANÈTE BLEUE.
Berceau de la vie, l’océan abrite le titan des titans,
la baleine bleue, 30 mètres, 120 tonnes, la plus grosse créature
que la Terre ait portée. Dans ses abîmes inconnus,
son bestiaire est infini, ses monstres sont légions. En son
sein, la nature a tout essayé : dans la nuit éternelle
des Abysses, qui aurait imaginé une lumière ?
Le poisson lanterne l’a fait, leurrant ses proies qui, à
leur tour, s’évanouissent dans une nuée d’étincelles.
Depuis l’aube du monde, terre et mer s’affrontent et
se fécondent, accouchant d’une vie étrange,
caparaçonnée et grouillante, qui bat au rythme des
marées. Bien loin de là, au large, dans l'immensité
liquide et désertique, croisent des nomades solitaires, silhouettes
fantomatiques sitôt apparues, sitôt englouties par le
bleu : grand requin océanique errant en quête de subsistance,
tortue glissant silencieusement vers on ne sait quelle destination.
Parfois, au contraire, l’océan étale toute
son abondance : fleuves impétueux de sardines, paillettes
d’argent qui coulent à l’infini, manne opportune
pour les pillards qui s’annoncent. Et c’est la charge
des dauphins qui voltigent, l’attaque des marlins, l’assaut
des thons jaunes, l’agression des requins qui taillent dans
la masse, même les oiseaux poursuivent à tire d’aile
le fretin jusque dans les profondeurs ! |