Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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L'enfer
   
Titre original L'enfer
Réalisation Danis Tanovic
Scénario Krzysztof Piesiewicz
Interprétation Emmanuelle Béart, Karin Viard, Marie Gillain, Guillaume Canet, Jacques Gamblin, Jacques Perrin, Carole Bouquet, Miki Manojlovic, Jean Rochefort, Maryam d'Abo, Gaëlle Bona, ...
Musique Dusko Segvic & Danis Tanovic
Photographie Laurent Dailland
Pays France
Année 2005
Durée 1H35
Genre Drame
Producteur(s) Marc Baschet, Marion Hänsel, Cédomir Kolar, Yuji Sadai, Rosanna Seregni
Site officiel  
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Salle 12 - Plan d'accès
Le Jeudi 17 novembre 2005
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

A Paris, dans les années 80, un homme libéré de prison est rejeté par sa femme. A bout de nerfs, il la frappe sauvagement, puis se jette par la fenêtre sous les yeux de ses trois filles.

Aujourd'hui, Sophie, Céline et Anne, les trois soeurs maintenant adultes, vivent chacune leurs vies. Le lien familial est rompu. Sophie, l'aînée, est mariée à Pierre, un photographe avec qui elle a eu deux enfants. Leur couple vacille. Céline, célibataire, est la seule à s'occuper de la mère impotente placée dans une maison de retraite.

Anne, étudiante en architecture, a une relation passionnelle avec Frédéric, l'un de ses professeurs. Un jeune homme va entrer en contact avec Céline. Sébastien, plein de charme, semble vouloir la séduire. La révélation qu'il va lui faire va rapprocher les trois soeurs, leur permettre d'accepter leur passé et peut-être d'oser vivre pleinement.

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Mad - Fabienne Bradfer

Le Belgo-Bosniaque Danis Tanovic a apprivoisé L'enfer de Kieslowski. Résultat: un film noir et puissant avec un casting de rêve, dont Marie Gillain. C'est une belle ouverture pour le vingtième festival du film francophone de Namur.

Oscar du meilleur film étranger pour "No man's land", Danis Tanovic a dédié son nouveau film au regretté maître polonais, auteur, avec son collaborateur Krzysztof Piesiewicz, d'une trilogie librement inspirée de Dante.

"Le paradis" avait déjà été réalisé par Tom Tykwer. Parce qu'il est papa de trois enfants et qu'il sait le bonheur essentiel que représente une famille depuis sa propre enfance, Danis Tanovic a flashé sur "L'enfer" et en livre une version toute personnelle, portée par un casting de rêve qui réunit Emmanuelle Béart, Karin Viard et Marie Gillain dans le rôle des trois soeurs, Carole Bouquet dans la peau de la mère, Guillaume Canet, Jacques Perrin, Jacques Gamblin, Miki Manojlovic et Jean Rochefort.

"L'enfer" est un film puissant et noir qui dresse le portrait de trois soeurs vivant chacune de leur côté depuis un drame survenu dans leur enfance. Mais, même si le lien familial est rompu, Sophie, Céline et Anne semblent confrontées à un même désordre affectif, à une vie sentimentale chaotique qui les empêche de toucher au bonheur. Le responsable : un lourd passé et les non-dits qui se sont installés entre elles. Or, être adulte, dit Tanovic, c'est s'affronter soi-même, se confronter à ses propres questions.

Ainsi, d'une histoire apparemment banale vont jaillir toutes les grandes questions existentielles : la famille, le désir, le mensonge, le suicide, la paternité, la fratrie, le manque d'amour... Ainsi que ce questionnement sur le destin et les coïncidences inhérents à l'oeuvre de Kieslowski.

Le film est violent, noir, viscéral. A travers un drame familial, il dépeint subtilement les manques de notre société matérialiste dont le plus fondamental pour Tanovic est l'éclatement de la famille. Tout en préservant sur la longueur le mystère du drame qui soude son récit et parsemant son film de signes et de métaphores, le réalisateur réussit une oeuvre riche, à la fois simple et complexe, qui nous met en questionnement.

Laissant parler la part féminine qui est en lui, Tanovic construit son film comme un puzzle, avançant un élément après l'autre, tout en finesse, prenant le meilleur de ses acteurs, tous magnifiquement à fleur de peau. Et ce, jusqu'à nous démontrer que chacun porte en lui sa vérité et questionner violemment la nature de l'homme.

Cineuropa - Anne Feuillère

Ecrit par le scénariste de Krzysztof Kieslowski, Krzysztof Piesiewicz avec le réalisateur lui-même, L'Enfer est le premier épisode d'une trilogie dont Le Paradis a déjà été adapté à l'écran par Tom Tykwer (Heaven, 2001). Alors qu'il s'était intéressé au moment de tourner son premier film au Purgatoire, Tanovic, présent à la cérémonie d'ouverture du Festival avec Marie Gillain et Marion Hänsel, explique, non sans humour : "Je me suis ensuite marié, j'ai eu trois enfants. Mes préoccupations ont changés.

J'ai quitté l'univers de la guerre pour l'enfer". Et son film enfourche un virage : abandonnant le monde burlesque et absurde des frères ennemis de No Man's Land, il observe à la loupe les déchirures et les obsessions de trois femmes.

L'Enfer mêle la vie de trois sœurs qui ne se parlent plus et traversent chacune de leur côté un désert affectif et une solitude sans pareille. Tandis que Sophie (Emmanuelle Béart, au sommet d'elle-même) hante un appartement rouge sang, tourmentée par la jalousie que lui inspire son mari (Jacques Gamblin), Anne à l'écharpe verte (Marie Gillain) tente de reconquérir son amant (Jacques Perrin) marié ailleurs.

Enfin, Céline (Karin Viard), pâle, aux yeux bleus, timide et seule, s'occupe de leur mère (Carole Bouquet), handicapée et réduite au silence. Le destin de ces trois jeunes femmes se noue autour d'un instant du passé que l'arrivée d'un jeune homme (Guillaume Canet) finira par mettre en lumière.

Fait de longs panoramiques qui suivent ces actrices et de gros plans qui scrutent leurs émotions, L'Enfer alterne des séquences oniriques avec des plans d'ensembles où se perdent les personnages, quand ils ne sont pas cloués sur les fonds colorés d'une profondeur de champ bouchée.

Sur ce scénario où se retrouvent les thèmes chers au réalisateur polonais (la culpabilité et le pardon, le poids du passé et la désertion du sens, la solitude et l'incommunicabilité), Tanovic tisse les trois actes d'un opéra baroque, luxuriant et cruel. Et s'il frôle parfois l'emphase, c'est avec maestria et lyrisme qu'il endosse pleinement l'héritage de Kieslowski, à qui le film est finalement dédié.

Source : Cinergie

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Marie Gillain, retour via "L'enfer"

Ça n'aura pas été le "No man's land" pour l'ouverture du Festival du film francophone de Namur vendredi, mais "L'enfer". Soit le deuxième film de Danis Tanovic, qui revient avec une affiche prestigieuse (Emmanuelle Béart, Karin Viard, Carole Bouquet, Jean Rochefort, Guillaume Canet) et l'âme de Krzysztof Kieslowski, dont l'idée d'une trilogie ("Le paradis", "le purgatoire", "L'enfer") est à l'origine de ce film "de femmes", "pour les femmes", dixit Tanovic.

Lequel ne fait pas dans la dentelle, plutôt dans le baroque, avec force symboles et hommages à Kieslowski. Parmi ce joli monde, on retrouve Marie Gillain. Elle y interprète Anne, en rupture avec ses deux soeurs, Sophie (Béart) et Céline (Viard), depuis un drame qui, enfants, les a privées de leur père et a brisé leur lien avec leur mère (Carole Bouquet). Aux antipodes de son personnage, on la rencontrait la veille, rayonnante et fraîchement blonde, pour évoquer son retour à l'avant-plan.

Avec Tanovic, vous complétez votre liste de collaboration avec des réalisateurs de prestige. Finalement, qui choisit qui ?

J'ai travaillé avec des gens comme Tavernier mais aussi avec des jeunes réalisateurs. Mais sur le CV, il y a des noms plus marquants. Mais c'est surtout fait de rencontres et plus ça va, moins je réfléchis en termes de choix. Ici, j'ai reçu cette proposition et j'ai été très étonnée que l'on fasse appel à moi.

Pourquoi ?

Je venais d'accoucher. Et tout en ayant l'envie de recommencer à travailler, je me disais qu'il fallait d'abord que je perde mes 15 kilos! (rires) Quand je me regardais dans la glace, je n'avais pas du tout la tête d'une étudiante en philosophie. Mais ça, Danis ne le savait pas!

Rejouer une étudiante de 20 ans, ça n'est pas un peu frustrant, à 30 ans ?

Si, si, tout à fait, ça me frustre même si j'étais ravie de travailler avec Danis. C'est aussi ça qui m'a surprise dans la proposition. J'avais l'impression d'avoir tourné la page de ces enjeux-là et on me proposait à nouveau le rôle d'une jeune femme qui a encore des problèmes avec son père, et c'est quelque chose que j'ai l'impression d'avoir un petit peu exploité dans les films que j'ai faits et dans les rôles au théâtre. Mais je me suis dit, voilà, c'est la cerise sur le gâteau, je le fais, et après on verra.

En même temps, les histoires de relations père-fille/mère-fille sont parmi les plus vieilles du monde.

Oui. C'est justement ce qui m'a accrochée. On peut tous se retrouver dans les histoires de ces trois filles. On a tous nos lots de souffrances et d'histoires d'enfance pas réglées. C'est désespérant, émouvant de voir ces trois femmes qui n'arrivent pas du tout à sortir de ce cercle infernal, à réussir à sortir de l'enfant brisé qu'elles ont été. Anne m'a touchée par son désespoir et sa détermination. Et à partir de là, peu importe l'âge.

Ce film marque votre retour au grand écran. Ressentez-vous une pression particulière?

Non, parce que j'ai quand même conscience de la place que j'y occupe: il y a trois personnages principaux. Tout ne repose pas sur mes épaules. Je ne me sens pas exposée ou en danger par rapport à ce personnage. C'est plus un challenge pour Danis, qui a fait un film très différent de son premier film. Mais je suis très heureuse d'être là à Namur. On a été au festival de Toronto, où on était noyés dans une sélection gigantesque. Ça fait du bien de se retrouver ici avec des gens avec qui on peut vraiment communiquer.

Courez-vous encore les castings anglo-saxons?

Aujourd'hui, j'ai surtout envie de travailler avec des réalisateurs dont le travail me touche, peu importe les frontières.

Et ce plaisir est-il accessible dans le système anglo-saxon?

Je crois que c'est assez simple: pour faire des films anglo-saxons, en général, il faut avoir fait un film distribué là-bas. Mais j'ai un petit peu dépassé l'envie de passer trois mois à Los Angeles avec ma valise, ma robe de princesse dans une main et mon chapeau de cow-boy dans l'autre pour passer des essais, arriver en limousine et puis sortir par la porte de secours! (rires) Ce n'est pas que j'ai passé l'âge, mais j'ai envie de faire autre chose dans la vie.

Source : La Libre

Entretien Avec Danis Tanovic

Peu de temps avant sa mort en 1996, Krzysztof Kieslowski avait élaboré avec son scénariste Krzysztof Piesiewicz le projet d'une trilogie, Le Paradis, L'Enfer, "Le Purgatoire". Comment avez-vous été amené à choisir un des volets de cette trilogie, le plus brûlant sans doute ?

Après une première lecture avant le tournage de No Man's Land, j'avais plutôt été tenté par une adaptation du Purgatoire, dont le thème sur la guerre me concernait plus directement à l'époque. Au retour de ma tournée de promotion, je me suis lancé dans un autre projet qui a dû être reporté. Mon producteur, Cedomir Kolar, m'a à nouveau encouragé à me plonger dans le scénario de L'Enfer, le plus intéressant à ses yeux.

Cette histoire n'est pas simplement racontée comme un drame bourgeois sur des tromperies de couples. En approchant leurs conflits intérieurs, vous donnez une dimension tragique à vos personnages.

Aujourd'hui, dans notre société qui a déserté Dieu, dans ce monde matériel où Dieu est mort, la tragédie n'est plus possible. Il nous reste le drame. C'est déjà beaucoup, un drame peut être tragique, ce n'est pourtant pas une tragédie.

Vous parsemez votre film de signes, de métaphores, cet insecte sauvé de la noyade dans un verre, ce cadre de Marie Gillain plantée sur une marelle, entre enfer et paradis !

Il y avait une image semblable de l'insecte dans Le Décalogue, ce plan est un des hommages rendus à Kieslowski dans le film. Je considère le spectateur comme un adulte, je ne lui impose pas de réponses toutes faites. J'essaye de le mettre dans un état émotionnel qui peut l'amener à trouver le chemin de ses propres réponses. Je l'aide parfois avec des petits riens, visuellement un objet peut représenter l'état intérieur d'un personnage ou une situation.

En abordant Céline, Sébastien lui dit : "Quand nous, on tue des civils innocents, c'est un dommage collatéral. Et quand eux, ils font la même chose, ce sont des terroristes."

Dans le scénario original, pour provoquer leur rencontre, Sébastien lui disait,"c'est fou cette attaque terroriste". J'ai remanié le texte à ma façon et forcément, j'exprime mon opinion sur la guerre en Irak, sur le monde d'aujourd'hui. On oublie souvent de regarder les deux côtés de la médaille. Je ne suis pas capable comme Sébastien de me taire pendant vingt ans.

Chacune des sœurs vous a inspiré une couleur dominante.

Pour Sophie, le rouge de la passion, de l'amour, de la jalousie, de son côté charnel et de sa violence parfois. Pour Céline, le bleu de la tristesse, de l'attente, de la mélancolie, de sa résignation paisible. Et pour Anne, la plus jeune, le vert de l'innocence, de l'éclosion et peut-être d'un renouveau.

Après ce passage réussi en enfer, quelle serait votre vision du Paradis ?

Je ne sais pas… si l'enfer c'est déjà trois femmes, trois soeurs délicieuses, alors le paradis ! En fait, j'ai trouvé mon paradis sur terre. J'ai une belle famille, j'exerce le métier de mes rêves, que demander de plus ?

Source : Cinéma Europe 2

 

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