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Titre
original |
Joyeux Noël |
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Réalisation |
Christian Carion |
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Scénario |
Christian Carion |
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Interprétation |
Diane Kruger, Benno Fürmann, Guillaume Canet, Gary Lewis,
Dany Boon, Daniel Brühl, ... |
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Musique |
Philippe Rombi |
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Photographie |
Walther van den Ende |
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Pays |
Allemagne/Grande Bretagne/ Belgique/Roumanie/France |
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Année |
2005 |
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Durée |
1H55 |
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Genre |
Drame, Guerre, Histoire |
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Producteur(s) |
Christophe Rossignon |
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Site officiel |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Salle 12 - Plan
d'accès |
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Le Jeudi 01 décembre
2005 |
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Le film est projeté en version
originale française |
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Le film est projeté sans
entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Ce film est inspiré d'une histoire vraie, qui s'est déroulée
durant la grande guerre, le soir de Noël 1914, en de multiples
endroits du front. Lorsque la guerre surgit au creux de l'été
de 1914, elle surprend et emporte dans son tourbillon des millions
d'hommes. Et puis arrive Noël, avec sa neige et son cortège
de cadeaux des familles et des Etats Majors. Mais la surprise ne
viendra pas des colis généreux qui jonchent les tranchées
françaises, écossaises et allemandes.
Ce soir-là, un événement considérable
va bouleverser à jamais le destin de 4 personnages: un pasteur
Écossais, un lieutenant Français, un ténor
Allemand et une soprano Danoise, "stars" de l'époque
qui, à la faveur de la nuit de Noël 1914, vont se retrouver
au coeur d'une fraternisation sans précédent entre
les soldats de tranchée allemands, français et britanniques.
Ils laisseront le fusil au fond de la tranchée pour aller
voir celui d'en face, lui serrer la main, échanger avec lui
une cigarette et du chocolat, lui souhaiter "Joyeux Noël!"... |
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Joyeux Noël - Hors compétition |
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Standing ovation à Cannes. Trente pays ont acheté
Joyeux Noël qui - vous n'avez pas pu y échapper - a
été choisi pour représenter la France aux Oscars
2006. Le film était en concurrence avec De battre mon cœur…
et Va, vis et deviens, entre autres incontournables 2005. Verdict
le 31 janvier, date à laquelle tomberont les prochaines nominations.
Le projet incube depuis 1993, année où Christian
Carion a découvert "Batailles de Flandres et d'Artois",
ouvrage d'Yves Buffetaut dont le chapitre "L'incroyable Noël
de 1914" retraçait l'histoire de ces fraternisations
entre ennemis à Noël 1914. Une d'entre elles évoquait
la présence d'un ténor allemand, de sapins, de lettres
échangées, d'un match de foot et visites de tranchées
mutuelles… Le réalisateur s'en inspira aussitôt
pour développer un premier synopsis. Christophe Rossignol
(La haine, Irréversible, Jeux d'enfants, L'équipier),
son futur producteur, lui conseilla de faire ses armes avant de
se lancer dans le projet. Chose faite, avec Une hirondelle a fait
le printemps…
Dès 2002, Christian Carion se remit à l'œuvre,
effectuant un important travail de documentation sur ces fraternisations,
notamment d'après les archives anglaises. Quantités
de personnages et détails du film sont ainsi étroitement
inspiré de faits réels, de ce soldat qui habitait
à deux pas de sa tranchée et rentrait chaque soir
auprès des siens, à ce chat gambadant d'un camp à
l'autre et qui, dans la réalité, fut accusé
d'espionnage, arrêté et fusillé par l'armée
française sur un peloton d'exécution. Exemple tant
absurde que révélateur... Pourtant peu plausible à
l'écran. Carion du ainsi rationaliser nombre d'évènements
en les coupant au montage.
Difficultés de financement, non-délivrance d'autorisations
(par l'armée française) pour recréer le no-man's
land : quantités obstacles sont venus retarder le montage
du film. Pas de quoi décourager notre réalisateur
; et encore moins l'équipe artistique. "Les acteurs
ont montré leur attachement au projet. Mais sur le plateau,
leur engagement est allé au-delà : comme moi, ils
ont cherché à être au plus près de la
vérité de ceux qui ont vécu cette guerre, comme
pour honorer leur mémoire.
A la manière de Gary Lewis ou Dany Boon dont un aïeul
avait combattu en 14", nous confie le cinéaste. "Je
suis très fier de les avoir réunis avec Guillaume
Canet, Daniel Brülh, Diane Krüger, Alex Ferns ou Benno
Fürmann, et de les avoir fait jouer dans leur propre langue,
ensemble. J'ai veillé à ce que l'on aime leur personnage,
indépendamment de leur nationalité. J'ai toujours
pensé que la réussite de Joyeux Noël en dépendait.
Par ce que la frontière sur le no-man's land n'était
pas entre les camps. Elle était entre ceux qui ont fait la
guerre et ceux qui voulaient qu'on la fasse. C'est pourquoi, pour
moi, le film a plus qu'une dimension européenne. Il a une
dimension humaniste".
On l'aura compris : Joyeux Noël accorde une place privilégiée
à la musique et au chant qui, dans les faits en 1914, ont
amorcé 90% des fraternisations. Philippe Rombi signe la bande
originale du film. Interprétations d'opéras (par Nathalie
Dessay et Rolando Villazon, soprano française et ténor
mexicain), orchestres symphoniques (celui de Londres), airs de cornemuses
et harmonica : de quoi marquer un tournant après ses précédents
travaux sur Le coût de la vie, Jeux d'enfants, Comme une image
et, bien sur, en collaboration avec François Ozon, dont il
est le composteur fétiche (Les amants criminels, Sous le
sable, Swimming Pool, 5x2). En 2001, Philippe Rombi signait déjà
la BO d'Une hirondelle a fait le printemps. |
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Source : Cannes
Festival - Sabrina |
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Un exemple salutaire de co-production
européenne trilingue |
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(critique cannoise) Même les plus cyniques, qui trouveront
le sujet un peu trop consensuel ne pourront qu'être impressionnés
par ce film qui se situe fièrement hors des modes et trouve
une forte resonance dans le monde contemporain. Un exemple salutaire
de co-production européenne trilingue (...) |
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Source : Variety
- Lisa Nesselson |
 |
Une oeuvre profondément émouvante |
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(critique cannoise) (...) une oeuvre profondément émouvante,
qui vous transporte (...) Cet épisode avait été
brièvement mais brillamment relaté dans Ah Dieu que
la guerre est jolie de Richard Attenborough (1969). Le film de Carion,
joliment réalisé et interprété, étoffe
cette histoire et la rend ainsi encore plus mémorable. |
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Source : The
Hollywood Reporter - Ray Bennett |
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Une histoire vraie que l’Histoire
a oubliée |
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Si cette histoire n’était pas arrivée, jamais
on n’y aurait cru. Trop grosse, trop insensée, trop
belle et pourtant si réelle. Le soir de Noël 1914, certaines
lignes françaises, allemandes et anglaises se sont offert
une nuit de trêve, pactisant même avec l’ennemi
le temps d’une réconciliation qui a vu naître
des actes d’amitié improbables, d’une partie
de football à l’écoute d’un récital
chanté par un soldat ténor.
"Une histoire vraie que l’Histoire a oubliée"
présente la bande-annonce. Il est effectivement temps de
redécouvrir notre passé et de lever les tabous qui
y sont liés. Joyeux Noël, un nom profondément
chaleureux et optimiste parfaitement choisi tant il veut faire passer
un message de paix, de tolérance de fraternité.
Nous nous retrouvons donc au cœur d’un front du côté
de Lens où s’affrontent Français, Allemands
et Ecossais. Chacun sa langue, ses habitudes et ses coutumes mais
tous unis par le même but : gagner pour pouvoir rentrer chez
soi. Le réalisateur nous montre alors chaque camp d’une
manière égale, pour un résultat parfois lent
et figé, jusqu'à cette fameuse nuit où le film
prend tout son sens et son ampleur.
Christian Caron réalise là une œuvre tout public
à la portée universelle, puisant dans cet exemple
atypique toute la vacuité de la guerre. Maîtrisant
son sujet, il distille un mélange d’humour et d’émotion
dans des scènes qu’on ne voit plus passer une fois
le réveillon commencé. Porté par des acteurs
irréprochables, Daniel Brühl et Dany Boon en tête,
et une musique classique parfois trop mielleuse, Joyeux Noël
est un divertissement de qualité qui devrait ravir l’ensemble
de la communauté européenne malgré quelques
défauts mineurs.
On tient avec ce film un nouveau conte qui pourra encore être
raconté longtemps autour de la cheminée un soir de
Noël. Message de paix et de tolérance, souvent drôle
et émouvant, Joyeux Noël est le film d’hiver idéal. |
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Source : Krinein
- Weirkorn |
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| Christian
Carion met en scène un scoop historique: les fraternisations
dans les tranchées le 24 décembre 14.
A Montréal
De clôture du festival de Montréal en ouverture du
festival de Gand, "Joyeux Noël" est, depuis sa
projection triomphale au festival à Cannes (hors compétition),
un film événement. Ce n'est pas une question de budget,
de casting ou de best-seller, l'événement relève
d'une sorte de scoop historique : les fraternisations entre soldats
ennemis lors de la nuit de Noël 1914. Comment le réalisateur
et scénariste, Christian Carion, a-t-il découvert
ces fraternisations, un secret bien gardé pendant des décennies?
" J'ai découvert cela un peu par hasard ", explique
le cinéaste rencontré à Montréal, à
sa descente d'avion ou presque. " Je suis originaire du Nord
de la France, mes parents étaient agriculteurs et comme vous
en Belgique, la guerre de 14, cela reste quelque chose de très
fort. On a des cimetières partout. J'ai toujours été
sensible à cette guerre, j'ai lu pas mal de choses et il
y a quatorze ans, je suis tombé sur un petit livre qui s'appelait
"Combats en Flandre et Artois". Je l'ai lu et il y avait
notamment une page sur l'incroyable Noël de 1914 racontant
l'histoire du ténor et le match de foot entre soldats ennemis.
J'étais tellement surpris que j'ai appelé l'historien
en lui disant: "J'ai du mal à vous croire." Alors,
il m'a emmené dans les archives à Londres, à
Paris et j'ai pu ainsi vérifier que non seulement tout ce
qu'il avait dit était juste mais qu'il n'en avait raconté
que très peu. A partir de là, j'ai passé du
temps à tout lire, j'ai fait des photocopies, et j'ai tout
mis de côté, car je n'avais pas encore réalisé
"L'Hirondelle", j'avais conscience que c'était
beaucoup trop gros pour commencer. J'ai fait des courts métrages,
j'ai tourné "L'Hirondelle" et puis j'ai rouvert
la malle."
Un film et un monument
"L'Hirondelle", c'est bien sûr celle qui "a
fait le printemps", premier film de Christian Carion avec
Michel Serrault et Mathilde Seigner.
Ce fut un beau succès public et critique, de quoi donner
au jeune cinéaste la confiance et les moyens de se lancer
dans son grand projet. " On a volé le souvenir de ces
soldats, je suis fier de leur avoir rendu justice. C'est pour cela
que j'ai fait le film. Et c'est pour cela qu'on va construire un
monument à la mémoire des fraternisés, dans
le Nord, près d'Arras, à l'endroit d'une fraternisation.
A cet endroit, on a un témoignage écrit qui dit: peut-être
élèvera-t-on un jour un monument à la mémoire
de ce qu'on a osé faire? Ce sera le seul monument sur la
planète qui commémorera un acte de paix pendant un
conflit. Je suis sûr que des gens viendront là pour
se souvenir."
Belgique de mon enfance
Et pour Christian Carion, cette projection à Gand signifie
plus qu'une cerise sur le gâteau. " La Belgique a été
terriblement concernée par cette guerre. Et puis, je suis
du Nord. La Belgique, c'est mon enfance. On y allait tout le temps.
Au début pour faire le plein d'essence et puis pour se promener
à Tournai, à Bruxelles, dans les Ardennes. C'était
notre pays de tourisme. Et puis, j'ai un partenariat avec la Belgique,
avec Artémis. Patrick Quinet (NdlR: le producteur) me suit
depuis le début, depuis "L'Hirondelle ".
Voila pourquoi on remarque une forte présence belge au générique,
Lucas Belvaux fait partie de la distribution. Pierre Mertens assure
le son et Walther van den Ende est à l'image. " Pierre
Mertens était dans "L'Hirondelle" mais Walter,
c'est une découverte. Dans les accords de coproduction, je
"devais" prendre un chef opérateur belge. Patrick
Quinet m'a fait une liste. J'ai vu que Walter avait fait les films
de Jaco van Dormael mais aussi "Farinelli" et "No
man's land". Je me suis dit: d'un côté "Farinelli",
l'opéra, et, de l'autre, "No man's land", la
guerre; c'est "Joyeux Noël".
Un plan Brueghel
" Voila, je suis allé le voir. J'ai d'abord été
séduit par l'homme, très placide, tranquille. On avait
décidé de passer une journée au Louvre. Le
matin, je devais lui montrer les tableaux que j'aimais et l'après-midi,
c'était son tour de me montrer ses préférés.
Je lui ai montré les artistes italiens, flamands en lui expliquant
pourquoi j'aimais ces tableaux en termes de lumière. On est
allé déjeuner et il m'a dit: "Ce n'est pas la
peine d'y retourner cet après-midi, j'aime les mêmes."
On s'est retrouvé là-dessus. Et par exemple, la scène
de l'enterrement, on appelait cela: un plan Brueghel. Il est vraiment
très fort, d'ailleurs je reçois beaucoup de retour
sur la qualité de l'image. Walther, ce n'est pas un chef
opérateur mais un artiste. "
Les participants au gala d'ouverture du festival de Gand vérifieront
ce soir même. Les autres devront attendre le 30 novembre pour
découvrir ce film très émouvant, de Christian
Carion, cette graine de paix, graine de la future Union européenne
qui a poussé dans les tranchées.
Source : La
Libre Belgique 2005 - Fernand Denis
Entretien avec Christian
Carion
À Montréal
De clôture du festival de Montréal en ouverture du
festival de Gand, "Joyeux Noël" est, depuis sa projection
triomphale au festival à Cannes (hors compétition),
un film événement. Ce n'est pas une question de budget,
de casting ou de best-seller, l'événement relève
d'une sorte de scoop historique : les fraternisations entre soldats
ennemis lors de la nuit de Noël 1914. Comment le réalisateur
et scénariste, Christian Carion, a-t-il découvert
ces fraternisations, un secret bien gardé pendant des décennies
?
"J'ai découvert cela un peu par hasard ", explique
le cinéaste rencontré à Montréal, à
sa descente d'avion ou presque. " Je suis originaire du Nord
de la France, mes parents étaient agriculteurs et comme vous
en Belgique, la guerre de 14, cela reste quelque chose de très
fort. On a des cimetières partout. J'ai toujours été
sensible à cette guerre, j'ai lu pas mal de choses et il
y a quatorze ans, je suis tombé sur un petit livre qui s'appelait
"Combats en Flandre et Artois". Je l'ai lu et il y avait
notamment une page sur l'incroyable Noël de 1914 racontant
l'histoire du ténor et le match de foot entre soldats ennemis.
J'étais tellement surpris que j'ai appelé l'historien
en lui disant: "J'ai du mal à vous croire." Alors,
il m'a emmené dans les archives à Londres, à
Paris et j'ai pu ainsi vérifier que non seulement tout ce
qu'il avait dit était juste mais qu'il n'en avait raconté
que très peu. A partir de là, j'ai passé du
temps à tout lire, j'ai fait des photocopies, et j'ai tout
mis de côté, car je n'avais pas encore réalisé
"L'Hirondelle", j'avais conscience que c'était
beaucoup trop gros pour commencer. J'ai fait des courts métrages,
j'ai tourné "L'Hirondelle" et puis j'ai rouvert
la malle."
Un film et un monument
"L'Hirondelle", c'est bien sûr celle qui "a
fait le printemps", premier film de Christian Carion avec Michel
Serrault et Mathilde Seigner. Ce fut un beau succès public
et critique, de quoi donner au jeune cinéaste la confiance
et les moyens de se lancer dans son grand projet. " On a volé
le souvenir de ces soldats, je suis fier de leur avoir rendu justice.
C'est pour cela que j'ai fait le film
Et c'est pour cela qu'on va construire un monument à la
mémoire des fraternisés, dans le Nord, près
d'Arras, à l'endroit d'une fraternisation. A cet endroit,
on a un témoignage écrit qui dit: peut-être
élèvera-t-on un jour un monument à la mémoire
de ce qu'on a osé faire? Ce sera le seul monument sur la
planète qui commémorera un acte de paix pendant un
conflit. Je suis sûr que des gens viendront là pour
se souvenir."
Belgique de mon enfance
Et pour Christian Carion, cette projection à Gand signifie
plus qu'une cerise sur le gâteau. " La Belgique a été
terriblement concernée par cette guerre. Et puis, je suis
du Nord. La Belgique, c'est mon enfance. On y allait tout le temps.
Au début pour faire le plein d'essence et puis pour se promener
à Tournai, à Bruxelles, dans les Ardennes. C'était
notre pays de tourisme. Et puis, j'ai un partenariat avec la Belgique,
avec Artémis. Patrick Quinet (NdlR: le producteur) me suit
depuis le début, depuis "L'Hirondelle ".
Voila pourquoi on remarque une forte présence belge au générique,
Lucas Belvaux fait partie de la distribution. Pierre Mertens assure
le son et Walther van den Ende est à l'image. " Pierre
Mertens était dans "L'Hirondelle" mais Walter,
c'est une découverte. Dans les accords de coproduction, je
"devais" prendre un chef opérateur belge. Patrick
Quinet m'a fait une liste. J'ai vu que Walter avait fait les films
de Jaco van Dormael mais aussi "Farinelli" et "No
man's land". Je me suis dit: d'un côté "Farinelli",
l'opéra, et, de l'autre, "No man's land", la guerre;
c'est "Joyeux Noël".
Un plan Brueghel
" Voila, je suis allé le voir. J'ai d'abord été
séduit par l'homme, très placide, tranquille. On avait
décidé de passer une journée au Louvre. Le
matin, je devais lui montrer les tableaux que j'aimais et l'après-midi,
c'était son tour de me montrer ses préférés.
Je lui ai montré les artistes italiens, flamands en lui expliquant
pourquoi j'aimais ces tableaux en termes de lumière.
On est allé déjeuner et il m'a dit: "Ce n'est
pas la peine d'y retourner cet après-midi, j'aime les mêmes."
On s'est retrouvé là-dessus. Et par exemple, la scène
de l'enterrement, on appelait cela: un plan Brueghel. Il est vraiment
très fort, d'ailleurs je reçois beaucoup de retour
sur la qualité de l'image. Walther, ce n'est pas un chef
opérateur mais un artiste."
Les participants au gala d'ouverture du festival de Gand vérifieront
ce soir même. Les autres devront attendre le 30 novembre pour
découvrir ce film très émouvant, de Christian
Carion, cette graine de paix, graine de la future Union européenne
qui a poussé dans les tranchées.
Source : In
La Libre
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| Je suis originaire du Nord de la France. D'un de
ses dix départements qui pendant quatre ans, entre 1914 et
1918, ont vécu l'occupation allemande. C'est dire si c'est
une époque importante dans l'Histoire de la population de
cette région.
Ainsi j'ai été élevé dans le souvenir
de cette Guerre et pas seulement au moment des incontournables célébrations
de l'Armistice, chaque 11 novembre. Fils d'agriculteur, je me souviens
étant enfant avoir transporté dans mes bras des obus
remontés dans la terre de nos champs au moment des labours.
Aujourd'hui encore, on y trouve régulièrement des
papiers, des objets ou des fusils rouillés ayant appartenus
à des soldats, tombés là où parfois
ils sont enterrés.
En 1993, mû par je ne sais quel hasard, j'ai découvert
un livre : Batailles de Flandres et d'Artois 1914-1918, d'Yves Buffetaut.
Dans cet ouvrage, je suis tombé sur un passage intitulé
L'incroyable Noël de 1914, où l'auteur évoque
les fraternisations entre ennemis, l'épisode du ténor
allemand applaudi par les soldats français, le match de foot,
les échanges de lettres, les sapins, les visites de tranchées
mutuelles…
Et ça m'a bouleversé. J'ai alors appelé mon
futur producteur, Christophe Rossignon, pour lui en parler et je
lui ai envoyé un synopsis. Il a trouvé le sujet magnifique,
mais conscient de son ampleur, Christophe m'a dit de d'abord faire
mes armes : il faut dire que je n'avais pas encore tourné
de court métrage !
Après le succès de mon premier long métrage,
Une hirondelle a fait le printemps, Christophe m'a encouragé
à m'atteler à ce projet : Joyeux Noël. En 2002,
j'ai donc attaqué le plus difficile : scénariser cette
histoire incroyable et pourtant vraie. Mon premier travail a été
de me documenter sur ces fraternisations, de récupérer
toutes les informations possibles, de savoir concrètement
ce qui s'était passé.
J'ai exhumé une série de faits divers extraordinaire
dans les archives britanniques pour beaucoup, et plus tard française
et allemande. Autant dire qu'on n'y entre pas facilement. Ce sont
des lieux essentiellement fréquentés par des historiens
professionnels. Grâce à Yves Buffetaut, j'ai pu accéder
à ces documents. En France, ils sont gardés par l'armée
qui, si elle ne peut en empêcher la consultation, n'en fait
pas la publicité.
Cet état d'esprit me semble hérité de celui
qui régnait pendant la guerre : à l'époque,
des photos prises durant les fraternisations par des soldats avaient
fait la une des journaux anglais alors qu'en France, un général
les avait fait réquisitionner et détruire ! Quant
aux archives allemandes, je n'ai pas eu de mal à les consulter
puisque beaucoup sont gardées en France, c'est la conséquence
de la seconde guerre mondiale. Il faudra songer un jour à
leur rendre ...
Partir de ces faits réels pour écrire une histoire,
c'est très intimidant. De ces évènements, j'ai
tiré des personnages qui ont existé ou qui m'ont été
inspirés. Comme Ponchel, l'aide de camp Chtimi (comme moi),
évocation d'un soldat français dont la maison se situait
derrière les lignes allemandes et qui chaque soir les franchissait
par une faille, pour aller dormir avec femme et enfants, avant de
retourner au petit matin dans les tranchées françaises
et faire la guerre !
Ou ce ténor allemand qui a vraiment chanté pour les
soldats français un soir de Noël. Ce personnage était
important pour moi notamment parce que 90% des cas de fraternisation
ont eu lieu par ce que des gens ont chanté, qu'ils se sont
écoutés, répondus, applaudis. J'adore l'idée
que la culture, le chant populaire, la musique, aient fait taire
les canons.
Évidemment quand on lit ces histoires, on a parfois du mal
à y croire : pourtant des sapins ont vraiment été
envoyés par milliers sur le front allemand pour ce Noël
14 qui devait être "le seul passé sur le front",
parce que le Kaiser Guillaume II estimait que "même en
temps de guerre, on ne doit pas perdre ses valeurs" ! Toute
la difficulté du scénario était justement de
faire comprendre aux spectateurs que ces évènements
incroyables étaient vrais, et de trouver un enchaînement
naturel qui conduise à la fraternisation.
Cependant, parfois, la réalité était trop
forte. Ou trop absurde. C'est le cas avec l'histoire du chat qui
circule d'une tranchée à l'autre et qui dans le film,
fini emprisonné. Dans la réalité, ce matou
accusé d'espionnage a été arrêté
par l'armée française, puis fusillé en application
du règlement ! J'ai voulu le montrer dans Joyeux Noël
et j'ai donc tourné cette séquence très dure
d'exécution, malgré le refus de certains figurants
d'être du peloton.
J'ai eu beau leur expliquer que cette scène s'était
vraiment déroulée pendant la guerre (et qu'ils tireraient
à blanc), ils n'ont pas cédé rétorquant
: "A l'époque les gens étaient fous !" Finalement,
au montage, j'ai décidé de ne pas garder cette mise
à mort. C'était trop. Les spectateurs auraient décroché,
ils n'y auraient jamais cru alors que - au risque de me répéter
- c'était arrivé.
En août 2004, après avoir rencontré quelques
difficultés de financement (que Christophe Rossignon a heureusement
surmontées) le tournage de Joyeux Noël a commencé.
J'ai d'abord filmé les scènes de guerre, camp par
camp, pour que les acteurs ne se voient pas ou alors dans la confrontation.
C'est très bête, mais du coup, à la cantine,
c'était chaque tranchée pour soi. Par habitude, pas
par méchanceté.
Et puis très vite, on a attaqué les scènes
de fraternisation et là c'est devenu formidable, parce que
les discussions commencées entre les prises par ces acteurs
Allemands, Ecossais ou Français mélangés, se
poursuivaient hors du plateau. Il régnait un véritable
esprit de famille.
Dans les moments les difficiles, comme quand le tournage a été
repoussé de plusieurs mois après que l'armée
française nous a refusé l'autorisation de recréer
le no-man's land sur un de ses terrains, les acteurs ont montré
leur attachement au projet. Mais sur le plateau, leur engagement
est allé au-delà : comme moi, ils ont cherché
à être au plus près de la vérité
de ceux qui ont vécu cette guerre, comme pour honorer leur
mémoire.
À la manière de Gary Lewis ou Dany Boon dont un aïeul
avait combattu en 14. Je suis très fier de les avoir réuni
avec Guillaume Canet, Daniel Brühl, Diane Kruger, Alex Ferns
ou Benno Fürmann, et de les avoir fait jouer dans leur propre
langue, ensemble.
J'ai veillé à ce qu'on aime leur personnage indépendamment
de leur nationalité. J'ai toujours pensé que la réussite
de Joyeux Noël en dépendait. Parce que la frontière
sur le no-man's land n'était pas entre les camps. Elle était
entre ceux qui ont fait la guerre et ceux qui voulaient qu'on la
fasse. C'est pourquoi, pour moi, le film a plus qu'une dimension
européenne. Il a une dimension humaniste. À mon avis,
n'importe quel habitant de la planète peut être touché
par ce qui s'est passé lors de ces fraternisations.
Pas seulement les Allemands, les Anglais et les Français.
C'est pourquoi j'aimerais montrer le film dans un pays en guerre.
Car nous avons tous fait Joyeux Noël en pensant à ces
soldats qui ont eu le courage de fraterniser. À l'époque,
ils ont été considérés comme des lâches.
Pour moi, ce ne sont ni des lâches ni des héros, ce
sont des hommes qui ont accompli quelque chose d'incroyablement
humain. Si Joyeux Noël a du succès, ce que j'espère,
et qu'il permet de rendre justice à la mémoire de
ces soldats, ça sera ma plus belle récompense.
Source : Cinélibre
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