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Titre
original |
Match point |
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Réalisation |
Woody Allen |
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Scénario |
Woody Allen |
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Interprétation |
Jonathan Rhys-Meyers, Alexander Armstrong, Paul Kaye, Matthew
Goode, Brian Cox, Penelope Wilton, Scarlett Johansson, ... |
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Musique |
Georges Bizet, Gaetano Donizetti, Carlos Gomes, Andrew Lloyd
Webber, Gioacchino Rossini, Giuseppe Verdi |
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Photographie |
Remi Adefarasin |
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Pays |
U.S.A./Grand Bretagne |
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Année |
2005 |
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Durée |
2H03 |
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Genre |
Comédie dramatique |
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Producteur(s) |
Letty Aronson, Lucy Darwin, Gareth Wiley |
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Site
officiel |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Salle 12 - Plan
d'accès |
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Projection le Jeudi 16 février
2006 |
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Le film est projeté en version
originale anglaise sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Jeune professeur de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton
se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers
de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett,
fils de bonne famille, qui l'invite chez ses parents, lui présente
sa soeur Chloe ainsi que sa fiancée, une jeune comédienne
Américaine, Nola Rice.
Alors même que son idylle naissante avec Chloe lui permet
d'envisager l'ascension sociale dont il rêvait, Chris est
irrésistiblement attiré par Nola. |
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Le Soir Magazine |
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"Woody Allen étonne avec un film qui mélange
les genres et nous tient en haleine. Un film brillant." |
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Le Soir |
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"Match Point est l’un des plus réussis des
films récents de Woody Allen, presque atypique, moins
bavard et moins léger, aux moments d’humour plus
rares, jalonnant le suspense et le sérieux. Woody Allen
trouve donc un nouveau souffle à Londres." |
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Télé
Moustique |
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"Woody Allen nous emporte dans un thriller sentimental
londonien très réussi." |
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La Libre Belgique |
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Avec Match Point, Woody Allen apparaît complètement
régénéré. (…) il a retrouvé
de l’autre côté de l’Atlantique une
santé, une vitalité, une inspiration. (…)
Construction ample et millimétrée, observations
implacable des relations humaines, colère métamorphosée
en cynisme, casting idéal avec un Jonathan Rhys-Meyers
délicieusement pervers et une Scarlett Johansson, absolument
torride." |
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Télépro |
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"Woody Allen signe un film formidable, mêlant amour
et arrivisme, suspense et humour noir, sur fond de réflexion
morale. (...) Cette "balle de match", Woody Allen
la transforme en victoire du meilleur cinéma dont est
capable le réalisateur new-yorkais!" |
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Télérama |
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"C’est l’effet magique du cinéma américain:
comment l’héroïne postado de lost in translation,
touchante parce que presque banale, est devenue en quelques
mois une femme fatale. Dans Match Point, qui marque le net retour
en forme de Woody Allen, Scarlett Johansson est le rouage ultra
sexy qui détourne le jeune héros de son unique
ambition: gravir l’échelle sociale." |
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Pure Fm |
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Alors qu’on n’attendait plus grand chose de lui
après ses derniers films assez piteux, Woody Allen surprend
: pour des raisons de production, il a déménagé
à Londres avec un casting majoritairement british (excepté
Scarlett Johansson). "Match Point" est le portrait
d’un opportuniste : Chris (Jonathan Rhys-Meyers), ancien
champion de tennis, décide de devenir professeur dans
un club huppé… Il parvient à y faire un
mariage d’argent, mais tombe sous le charme d’une
Américaine très sexy, et se retrouve face à
un dilemme : l’amour ou la fortune ? Woody retrouve l’inspiration
des grands jours – celle de "Crimes et Délits
" - pour cette fable teintée d’humour très
noir. Une magnifique surprise. |
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Source : Pure
Fm - Hugues Dayez |
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Le Vif |
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Le réalisateur new-yorkais retrouve sa meilleure
forme à Londres avec un superbe Match Point. Il nous
en parle avec humour et modestie
Au terme du dernier Festival de Cannes, nombre d'observateurs
estimèrent que, s'il avait été en compétition
au lieu d'être présenté hors concours,
le nouveau film de Woody Allen aurait très probablement
figuré parmi les favoris au palmarès d'une édition
de très grande qualité. Venant après
une série de réalisations mineures, Match Point
s'impose en effet comme une des £uvres les plus réussies
du génial New-Yorkais, sa meilleure sans doute depuis
Crimes et délits.
Comme dans ce chef-d'oeuvre de 1989, il est ici aussi question
de morale, d'ironie et de paradoxes. Chris Wilton, un jeune
professeur de tennis issu d'un milieu modeste, va se retrouver
devant un dilemme crucial : suivre son c£ur et aimer
l'apprentie comédienne Nola Rice, venue des Etats-Unis
pour tenter sa chance à Londres, ou suivre sa raison
qui le pousse à répondre aux tendres penchants
d'une riche héritière anglaise, Chloe Hewett.
Entre la blonde et la brune, l'amour sincère et l'arrivisme
égoïste, Chris va vouloir louvoyer, jusqu'à
ce que ses mensonges le placent devant un nouveau dilemme
encore plus cruel que le précédent...
Remarquablement interprété par Jonathan Rhys
Meyers, Scarlett Johansson et Emily Mortimer, mémorable
triangle d'une captivante intrigue, Match Point conjugue avec
maestria l'humour noir et la profondeur, la critique sociale
et le divertissement. Le suspense se double d'une plongée
lucide et effrayante dans l'âme humaine et les sombres
projets qui peuvent y germer, sans oublier une pénétrante
réflexion sur le rôle de la chance (de la malchance
parfois...) dans notre existence. |
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Source : Le
Vif - Louis Danvers |
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Cinopsis |
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Chris Wilton jeune prof de tennis issu d’un milieu modeste,
se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers
de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett,
jeune homme de la haute société, avec lequel il
partage sa passion pour l’opéra. Très vite,
Chris fréquente régulièrement les Hewett
et séduit Chloe, sœur de Tom. Alors qu’il
s’apprête à l’épouser et qu’il
voit sa situation sociale se métamorphoser, Chris fait
la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola
Rice, jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne
en Angleterre... Il était presque arrivé à
nous faire croire qu'il n'allait plus nous surprendre. Et
voilà qu'il nous prend de court. Sorti pour la première
fois depuis plus de trente ans de son New York natal, émigré
à Londres le temps d'un tournage (le second est en
préparation ou déjà tourné), Woody
Allen s'est fait acerbe, intense et sensible pour nous narrer
une de ses histoires les plus sombres.
Intérêt, arrivisme, trahison, meurtre... le
tout sous le couvert de l'aristocratie 'cool' made in England,
le tout dans la tête d'un seul homme coincé entre
l'amour fou et le besoin de reconnaissance sociale. Le tempo
est rapide. Le rythme sensuel. Les acteurs (Jonathan Rhys-Meyers,
Scarlett Johansson, Emily Mortimer) et leurs personnages,
excellents. S'il nous avait habitué depuis le début
des années 2000 à des films plus consensuels
même si souvent très bons (comme les cuvées
successives d'un grand vin), Allen hausse ici le ton.
Conte amoral sur les illusions et désillusions d'un
homme pris entre la richesse de sa famille d'accueil et la
sensualité, le 'pulp' de ses amours, MATCH POINT est
une oeuvre pleine, attentive au caractère humain, à
ses profondeurs les plus subtiles. Abouti de part en part,
mis en scène avec une élégance renouvelée
qui s'adapte parfaitement aux rues de Londres (car finalement
'quoi de plus étrange de regarder un personnage allénien
se balader le long de la Tamise au lieu de l'Hudson River?')
"Match point" marque-t-il le retour de Woody Allen
vers ses "Crimes & délits" (1988, l'un
des meilleurs) et autres tentations bergmanienne. Loin s'en
faut. A part un petit regret pour une séquence mystère
dans la cuisine du couple Rhys Meyers-Mortimer en fin de film,
"Match point" ne souffre d'aucune référence.
Woody ne fait plus du Bergman, il fait du Allen. Et il le
fait mieux que jamais.
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Source : Cinopsis
- Benjamin d'Aoust |
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Cinemaniac |
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Woody n'essaie même pas d'être drôle. Sans
pour autant ambitionner, comme il le faisait à l'époque
de Stardust Memories, de faire du Bergman. C'est subtil, intelligent
en diable, et toute allergie antérieure au réalisateur
ne peut être considéré comme une contre-indication.
A savourer. |
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Source : Cinemaniac
- Christian Collin |
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Cinemovies |
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Quand Woody Allen filme Londres, c'est sans anecdote. Avec
une esthétique qui réfère aux années
cinquante et donne à la capitale d'Angleterre une dimension
atemporelle où les drames humains semblent se jouer
indéfiniment. Celle-ci, absolument nécessaire,
entre en adéquation parfaite avec le propos shakespearien
du film, qui soulève avec maestria la question du hasard…
et de la nécessité. Écrit au scalpel,
le scénario ne s'embarrasse de rien.
Pas une de ces "histoires secondaires" chères
aux écoles ne vient entraver le déroulement
de la tragédie : chacun des personnages y est un élément
déterminant, du point de vue central de Chris, cet
ancien international de tennis au "jeu très agressif
". Allen en joue d'ailleurs, puisqu'en réalité
un seul personnage, essentiel dans l'intrigue policière
à laquelle nous livre le réalisateur, croise
la route de Chris sans jamais réapparaître. Le
seul qui aurait peut-être moralisé l'histoire
en reconnaissant le coupable.
Car l'une des forces du film est de doubler le tableau de
moeurs de ce suspens insupportable où le réalisateur
excelle, tel un Hitchock qui aurait étoffé ses
figures. On est blousés par la figure récurrente
de la balle de match, titre du film et symbole terrible de
son propos.
Alors bien sûr, il y a toute la question philosophique
et sociétale, où s'exprime un cynisme total
: citant Sophocle, Chris, issu de la couche populaire irlandaise,
estime qu'après tout, la meilleure aubaine est peut-être
de ne pas naître. Une pensée qui justifie sans
doute son sens aigu de l'opportunisme indéterminé,
mais farouche.
Et ce pragmatisme que rien n'ébranle vraiment, pas
même l'amour fou qu'il qualifie d'ailleurs de luxure.
Magistralement écrit, filmé, monté et
interprété, Match Point est un chef-d'oeuvre
tout aussi jubilatoire que traumatisant : à aucun moment,
ni l'upper-class londonienne - armée dès la
naissance pour le match - ni Chris - qui ne fait montre d'aucune
préméditation -, ni son double idéaliste
et malchanceux, la très belle Nola, ne donnent prise
à un quelconque jugement.
Et à quasiment aucun attachement, même si l'une,
parmi tant, des réussites du film, tient aux deux scènes
de meurtre, dont on ne voit rien mais qui sont parfaitement
insoutenables. Paradoxe dans lequel on se tient en équilibre
précaire, comme n'importe quelle balle sonnée
sur le filet, avant qu'elle ne choisisse son camp. On salue
la maturité du maître, et sa justesse, implacable
à tous niveaux. |
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Source : Cinemovies
- Isabelle Kersimon |
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Film de culte |
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Vieille canaille
Melinda et Melinda hésitait entre le chaud et le froid,
la bonne humeur folâtre et la satire morose, avant de
se résigner à un compromis pâteux, une
invraisemblable ratatouille de mauvaises contrepèteries
et d’échanges paresseux. Match Point questionne
aussi le hasard et la chance mais ouvre une parenthèse
inédite.
Woody Allen, 70 ans, s’est imposé un régime
sec d’une diabolique efficacité, en misant sur
l’inconnu: une nouvelle terre d’élection
(Londres remplace Manhattan), du sang neuf (l’Irlandais
Jonathan Rhys-Meyers et l’Américaine Scarlett
Johansson) et une désinvolture résolument cynique,
qui trouve peu d’équivalents dans les œuvres
de la dernière décennie. L’ironie pincée
du patient hypocondriaque et brebis complexée de la
psychanalyse s’est estompée et semble loin.
Dans Match Point, Allen est aliéné, le héros
est comme orphelin, seul face à ses choix, ses crises
somnambules et ses pulsions meurtrières. Son ascension
n’est freinée que par des mains cadavériques
et des éclairs de culpabilité. La vraie famille,
les vrais amis sont réduits à une ligne de dialogue
décorative, Chris Wilton ne connaît ici que sa
famille d’adoption, qui l’emprisonne et le musèle
d’entrée. Absent à l’écran,
Woody Allen confie le premier rôle à un étranger
qui ne lui ressemble en rien physiquement et ne cherche jamais
à singer sa gestuelle saccadée.
Le discret Jonathan Rhys-Meyers (Velvet Goldmine, Alexandre)
se distingue d’un Will Ferrell ou d’un Kenneth
Branagh, utilise à bon escient cette liberté
retrouvée et livre l’une de ses meilleures prestations,
suave et cruelle. Le loup dans les habits de l’agneau:
le gentleman bien sous tous rapports, gendre idéal
et cadre idéalement formaté est la première
réussite de Match Point.
Le loup dans la bergerie
Woody Allen revivifie non seulement son éloquence
new-yorkaise, il en dérègle les sinuosités
musicales. Les improvisations de jazz disparaissent au profit
du chant éploré des cantatrices. Les airs d’opéra
anticipent les desseins honteux, couvrent les appels au secours
et légitiment un monde de mensonges tacites et d’artifices
clinquants.
La trame de Match Point, recette ancestrale d’une remarquable
maîtrise, relève de la vigilance mathématique.
Partagé entre deux femmes aux tempéraments diamétralement
opposés, un jeune homme arriviste se heurte à
une cascade de dilemmes: la fièvre post-adolescente
ou le mariage de raison, l’avenir précaire ou
la carrière infaillible, la liberté ou le renoncement?
La première idylle est une réminiscence fauchée
du glamour hollywoodien.
Nola (Scarlett Johansson) est blonde et charnelle, mais pauvre
et sans talent. La seconde (Emily Mortimer) partage la fadeur
et la transparence d’une société ronronnante
et fière de son aisance. Chloé est brune et
faussement ingénue, une empotée au destin solaire.
Woody Allen se plaît à décortiquer les
méthodes d’infiltration de Chris, ses leçons
de séduction et de savoir-vivre.
Le professeur de tennis montre l’exemple, assène
le premier coup, ravit les demoiselles, paie modestement sa
part, mais finit par se laisser acheter. Dans Match Point,
tout est à vendre. Chloé achète l’amour
de Chris, en lui offrant, clés en mains, l’héritage
de son père. Le mariage est expéditif et l’exigence
d’une grossesse rapide scelle leur union suspecte. Figé
dans l’or et le velours, leur amour embaumé est
exhibé telle une œuvre d’art à la
Tate Gallery… qu’ils visitent séparément.
Les lois de l'attraction
Au cœur de la toile sentimentale: une âpre lutte
des classes, une galeriste qui se délecte des tourments
de La Traviata pendant qu’une actrice ratée vit
le calvaire d’une liaison adultérine. Compétiteur
dans l’âme, Chris révise ses classiques
pour charmer son auditoire (Crimes et châtiments de
Dostoïevski), mais son alter ego féminin lui échappe
obstinément.
Incapable de tricher avec ses émotions, Nola abat
trop tôt ses cartes. Etrangère à tout
simulacre, la jeune femme n’échoue pas par hasard
à tous ses castings. Dès lors qu’elle
refuse le jeu (le cache-cache épineux, la complicité
libertine), elle quitte la ronde fantasque et doit se satisfaire
d’un rôle accessoire, une peau de chagrin fragile
et déjà effilochée. Match Point progresse
par à-coups, délimite les univers antinomiques
et resserre l’espace de survie. Woody Allen s’invite
des deux côtés du filet, compartimente, quadrille,
fractionne jusqu'à épuiser l'imagination du
joueur.
Le va-et-vient permanent entre la serre aveuglante qui sert
d'appartement à Chris et le petit capharnäum de
Nola tourne à l'avantage du mastodonte. Les deux réalités
ne peuvent coexister. La pénible ascension sociale
contre la passion orageuse, le repos lugubre contre la frénésie
sexuelle. Match Point est affaire de séduction, de
gangrène et de réveil sismique. Les trois temps,
houleux et riches en mésaventures domestiques, sont
déclinés avec une effarante limpidité.
Woody Allen réunit l'orchestre et les amants déchus,
les choeurs assourdissants et le coeur haletant. Avant que
le rideau ne tombe, avant que la balle ne touche terre, le
maître ressuscité et la muse apprivoisée
subjuguent |
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Source : Film
de culte - Danielle Chou |
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Le Monde |
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Rien ne saurait être dit ou écrit de Match
Point, le nouveau film de Woody Allen, sans être précédé
d'un avis solennel à la population "allénienne",
plus précisément aux deux groupes qui, pour
résumer grossièrement la situation, la constituent.
D'une part, tous ceux qui, marqués au fer rouge par
la découverte du ludion judéo-new-yorkais, lui
vouent depuis quarante ans, au rythme soutenu d'un Allen annuel,
une admiration inconditionnelle. D'autre part, tous ceux qui,
marqués au fer rouge par la découverte du ludion
judéo-new-yorkais, lui vouent une admiration qui s'est
insidieusement amoindrie avec le temps, mais n'en gardent
pas moins ce désappointement par- devers eux en vertu
d'une inaliénable tendresse.
"L'expérience britannique
est très positive"
Les succès commerciaux de Woody Allen aux Etats-Unis
se faisant rares, les studios sont de plus en plus réticents
à financer un metteur en scène qui refuse de
leur montrer ses scénarios. Joint par courriel, le
cinéaste revient sur les raisons qui l'ont amené
à tourner en Angleterre. "C'est une histoire qui
aurait pu se passer n'importe où dans le monde.
Les studios américains exigeaient de lire le scénario,
et j'ai refusé. Les Anglais, en revanche, m'ont donné
l'argent dont j'avais besoin." Le film est financé
par la BBC, la Banque d'Irlande et un fonds d'investissement,
Invicta Capital. "J'ai obtenu une liberté totale,
ajoute le cinéaste. Nous avons tourné à
Londres et dans ses environs, et la postproduction a été
faite à New York." New York, justement, est la
ville que le cinéma de Woody Allen n'a quasiment jamais
quittée.
Citons Guerre et amour (1975), tourné en Yougoslavie,
et Everyone Says I Love You (1996), avec Paris et Venise pour
décors. Depuis Match Point, Woody Allen a déjà
tourné un autre film en Angleterre. "Cette expérience
britannique est très positive, si bien que je poursuis
cette voie européenne. Je serais ravi de tourner un
film à Paris si quelqu'un était prêt à
le financer. Je pense faire un film à Barcelone, où
l'on m'offre le financement. Et la liberté, qui doit
être absolue."
Au Sésame annuel qui réunit dans un mélange
impondérable d'espoir et d'inquiétude ces alléniens
historiques - "Tu as vu le nouveau Woody Allen
?" -, on répondra donc aujourd'hui que Match
Point suscite un sentiment qu'on s'était plus ou moins
déshabitué d'éprouver depuis Annie Hall
(1977), Manhattan (1979) ou Zelig (1983) : celui de l'éblouissement.
Par-delà la petite musique allénienne témoignant
d'un talent jamais démenti, par-delà les vertus
que chacun accorde plus particulièrement à tel
ou tel film réalisé depuis lors par le maestro
(ce n'est généralement jamais le même),
Match Point atteint incontestablement une hauteur et une profondeur
qui le sort illico du lot.
Est-ce lié à la rupture des habitudes consécutive
à la délocalisation du tournage en Angleterre
? A l'acuité politique du film ? A sa virtuosité
scénaristique ? A l'alchimie parfaite de son casting
? A son exceptionnelle noirceur métaphysique ? L'action
se déroule, de nos jours, à Londres, où
un jeune professeur de tennis, Chris Walton (Jonathan Rhys
Meyers), beau gosse issu d'un milieu modeste qui vient de
se faire embaucher dans un club huppé, conquiert en
deux sets l'amitié d'un fils de famille, Tom Hewett
(Matthew Goode).
Ce dernier ne tarde pas à l'inviter à une partie
dans la superbe maison de campagne de ses parents, un couple
de richissimes industriels, où il lui présente
notamment sa soeur, Chloé (Emily Mortimer), qui ne
se montre pas insensible aux charmes du jeune et élégant
sportif, dont la modestie, le sérieux et le sens des
valeurs - il lit Dostoïevski et est amateur d'opéra
- font merveille.
Tout cela est si naturellement et rondement mené qu'on
peut légitimement se demander, à ce stade du
film, si le personnage de Chris Walton est un vulgaire arriviste
ou un jeune homme sincère guidé par une bonne
étoile. De même qu'il n'est pas certain que le
libéralisme dont fait preuve à son égard
la famille Hewett ressortit davantage à l'admiration
suscitée par ce jeune homme qui s'est élevé
à la force du poignet ou à l'implacable logique
qui voit la haute société accueillir en son
sein un pauvre bougre mais bel étalon dans le but de
l'asservir à la reproduction de classe (Chloé
exigera très vite un enfant).
Si Woody Allen est assez fin pour retarder le plus longtemps
possible le moment où ces doutes seront levés,
il installe néanmoins assez tôt le dilemme qui
met le héros dans la nasse et le spectateur sur la
piste. Cela survient lors d'une de ces scènes inoubliables
qui font aimer le cinéma pour sa rapidité et
sa puissance de suggestion, pour la manière dont un
seul plan peut soudain ramasser et cristalliser une sidérante
charge érotique. Cela a lieu au cours de cette même
réception durant laquelle le héros fait connaissance
avec la fille de la maison : parti se changer après
une partie de tennis, Chris ouvre une porte derrière
laquelle apparaît une blonde resplendissante qui semble
libre pour une partie de ping-pong, et plus si affinités.
Cette nonchalante beauté se nomme Nola Rice (Scarlett
Johansson), est accessoirement une jeune actrice américaine
en quête de travail, et plus essentiellement la fiancée
de Tom Hewett. L'échange entre eux sera bref, mais
suffisamment intense pour lancer désormais Chris sur
la voie d'une double conquête. Celle d'une entente bien
comprise avec Chloé, celle d'une passion dévorante
avec Nola.
Ce qui va dès lors se produire - et c'est essentiellement
en cela que Match Point révèle quelque chose
qui ne s'était jamais aussi violemment exprimé
chez Woody Allen - tient moins à ce marivaudage
pessimiste auquel il nous avait habitués jusqu'à
présent qu'à une étude à la fois
romanesque et clinique des rapports de classe qui conditionnent
le comportement et le destin des hommes dans le système
social.
Désormais marié à Chloé, intégré
puis rapidement promu dans l'entreprise de son père,
Chris va vivre avec Nola - qui vient du même milieu
que lui, mais qui n'a pas eu l'habileté de se faire
épouser par Tom, qui finit par l'abandonner -
une histoire charnelle qui le ramène à ses propres
origines et le dédouane, autant qu'elle la trahit,
de l'imposture permanente qu'est devenue son existence.
Depuis la constante justesse des détails (la désinvolture
des nantis face à la vie, l'intérêt bien
compris qui les détermine néanmoins, l'enjeu
vital de la réussite pour les laissés-pour-compte,
l'informulable complicité qui les unit) jusqu'à
l'irrésistible crescendo qui va faire basculer cette
guerre qui ne dit pas son nom dans l'horreur explicite du
film noir, Woody Allen signe là une oeuvre qui n'est
certes pas la première dans laquelle il s'abstient
de tenir un rôle, mais qui donne en revanche l'impression
qu'il passe pour la première fois de la règle
du je à la règle du jeu.
Comme dans le film de Jean Renoir, un crime odieux va permettre
au jeu social, où chacun a bien évidemment ses
raisons, de continuer comme si de rien n'était ; comme
chez le maître français, la mise en scène
passe par une réflexion éblouissante sur les
apparences et sur la conduite d'un récit qui, contrairement
à ce qu'en laissent supposer ces dernières,
doit davantage au déterminisme social qu'au hasard.
A cet égard, l'aparté métaphorique qui
encadre le film et lui donne son titre suffit à prouver
la terrifiante noirceur du propos. Ouvert sur l'image arrêtée
d'une balle de tennis en suspension qui vient de heurter le
filet et qui va orienter le résultat du match selon
qu'elle tombe d'un côté ou de l'autre du terrain
(l'image étant accompagnée d'un apologue sur
le rôle joué par la chance dans l'existence),
le film reprend vers la fin cette métaphore, appliquée
cette fois à la bague d'une victime jetée précipitamment
par l'assassin dans la Tamise, mais qui a heurté la
rambarde et est retombée sur le trottoir. Preuve finale
d'une justice immanente ?
Tout le contraire : la pièce à conviction condamnera
un innocent et sauvera celui qui n'aura attendu ni de la chance
ni de la justice qu'elles oeuvrent à son salut. Le
point du match va dans tous les cas à Woody Allen. |
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Source : Le
Monde - Jacques Mandelbaum |
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Fluctuanet |
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On croyait tout connaître de Woody Allen, on se trompait.
Le New-Yorkais surprend avec son dernier film. Racontant l'ascension
d'un jeune homme dans la haute bourgeoisie londonienne, il en
profite pour fantasmer de façon enfin explicite, et transformer
Scarlett Johansson en femme fatale. Le nouveau Woody Allen
est arrivé, à peine six mois après Melinda
et Melinda. On se rend donc au cinéma à la fois
dans l'attente de retrouver son univers familier (Manhattan,
l'ambiance jazzy, les bonnes phrases, etc.) mais aussi avec
l'appréhension de se dire (encore une fois) que s'il
tournait moins, il collectionnerait les chefs-d'œuvre.
C'est donc avec étonnement que nous nous retrouvons
à fréquenter les clubs de tennis et les salons
de la haute société britannique. La musique
classique et l'opéra (Verdi, Bizet…) ont remplacé
les ritournelles habituelles des crooners américains.
L'ambiance colorée et chaleureuse des rues de New York
laisse place à des lofts donnant sur la Tamise avec
vue sur Big Ben et comble de tout, Central Park est remplacé
par la campagne londonienne ! Quant à la photo d'habitude
colorée et chaleureuse, elle laisse place à
une dominante blanc-glacial et à une qualité
dont le réalisateur de Manhattan semblait de plus en
plus s'éloigner.
Ce n'est pas la première fois que Woody Allen ose
sortir de sa ville. Il avait déjà quitté
les trottoirs de New York pour quelques séquences de
Tout le monde dit "I love you". Mais plutôt
que de profiter des différences culturelles et architecturales
pour se renouveler, il avait alors préféré
aller encore plus loin dans un de ses domaines de prédilection
: la comédie romantique, qui se terminait en apothéose
sur les quais de Seine en comédie musicale à
l'américaine. Aussi, on pouvait penser qu'en tournant
à Londres, il transformerait également cette
ville en pseudo Manhattan, il n'en est rien.
Si New York, ville-personnage dans la plupart de ses films,
n'est pas au rendez-vous, on ne retrouve pas non plus Woody
Allen acteur, ni un de ces alter ego qu'il a l'habitude de
mettre en scène. Difficile de l'imaginer transposé
dans le personnage de Jonathan Rhys Meyer, professeur de tennis,
bel et ambitieux Irlandais. Que se passe-t-il donc chez le
cinéaste? Le fan de la première heure s'en trouve
bousculé et va même jusqu'à se demander
s'il ne s'est pas trompé de salle.
Ce drame est tout ce qu'il y a de plus profond, une comédie
humaine noire et cruelle. Mais par bien des aspects, Match
Point n'en reste pas moins un film de Woody Allen dans toute
sa quintessence. Même si l'histoire se passe à
Londres, on retrouve beaucoup du roman de Theodore Dreiser
Une tragédie américaine - déjà
adapté au cinéma par Josef von Sternberg (même
titre, 1931) et George Stevens (Une place au soleil, 1951).
Le film est donc profondément américain malgré
son aspect British.
Il est notable que, ces derniers temps, Allen avait besoin
de sang frais. En témoigne la présence dans
ses films récents de jeunes actrices en vogue : Charlize
Theron, Christina Ricci, Chloe Sevigny, Amanda Peet…
Aussi pour les besoins de Match Point, il a fait appel à
de jeunes acteurs anglais, Jonathan Rhys Meyer (remarqué
en clone de Bowie dans Velvet Goldmine et aperçu récemment
dans Alexandre) - dans le rôle de ce personnage qui
découvre peu à peu la haute bourgeoisie et qui
va devoir se confronter à de véritables choix
existentiels -, Emily Mortimer qui traîne sa trogne
sympathique depuis quelques années (Le 51e Etat, Scream
3, Young Adam) et le nouveau venu et "so British"
Matthew Goode.
Dépucelage cinématographique
On pourrait d'abord croire que, partant d'un bon sentiment,
Woody souhaite se mettre en retrait et donner sa chance à
de jeunes acteurs. Mais Match Point est aussi un film de Woody
Allen l'égocentrique, le névrosé, celui
qui va chez les psy à longueur de journée et
semble faire aussi des films pour compléter sa thérapie.
Car le but de ce déplacement géographique est
tout ce qu'il y a de plus vicieux.
Il ne s'agit ni plus ni moins que du dépucelage (cinématograhique)
de la jeune starlette américaine Scarlett Johansson
(déjà vue notamment dans Lost in Translation).
Dans Match Point, le côté pervers de Woody Allen
ressort. Il lui aurait été impossible de traiter
cette comédienne de cette manière là
aux Etats Unis mais aussi dans un film où il aurait
été également acteur. Le décalage
lui était nécessaire.
Fini donc pour Scarlett de jouer les femmes enfants et les
garçons manqués. Woody en fait dès sa
première apparition, en blouse blanche et décolleté,
une femme fatale, un pur fantasme masculin. Lors de cette
séquence, les allusions sexuelles à peine voilées
fusent plus vite que les balles de ping-pong. Woody transforme
Scarlett, la jeune fille, l'innocente, l'idéal féminin
en une vraie "flingueuse" d'hommes qui, en une seule
réplique, embrase la salle de sa voix rauque.
Jamais Woody Allen ne s'était permis de filmer une
femme de cette manière, lui jusqu'alors assez distant
et pudique. Et ce n'est que le début de tout ce qu'il
va lui faire subir. Jamais Scarlett n'avait autant dévoilé
ses formes. Nous sommes bien loin du côté pub
de The Island. Lorsque la passion éclate entre son
personnage et celui de Jonathan Rhys Meyer dans un champ de
blé sous une pluie torrentielle, c'est vraiment le
point de vue d'un Woody Allen pervers qui s'affirme. Woody,
le gentleman maladroit qui aime les femmes, va jusqu'à
filmer une scène de sexe, fait en soi inhabituel dans
sa filmographie. On se laisse donc à penser que c'est
elle, Scarlett, l'enjeu de ces parties de tennis, la raison
pour laquelle le cinéaste a voulu tourner à
Londres et monter à la volée.
Depuis longtemps, nous ne connaissions plus cette impression
de ne pas voir un film à la Woody Allen en allant voir
un film de Woody Allen. Match Point n'est pas une de ces fantaisies
auxquelles il nous avait trop habitués ces derniers
temps, mais un véritable drame, un film d'un cynisme
rare. Ce qui ne signifie pas que le film ne possède
pas les meilleures qualités de son œuvre. Au contraire,
Allen continue à nous entretenir du hasard et de ses
complications, des choix que la vie implique, jusqu'à
l'imprévisible.
Match Point surprend d'autant plus que le cinéaste
s'était éloigné de la rigueur dont il
fait ici preuve, tant au niveau de la réalisation (les
habituels champs/contre champs laissent place à des
plans séquences) que du scénario (dont les mécanismes
sont huilés à la perfection). Le dernier Woody
Allen est donc un piège machiavélique et brillant
qui puise sa source dans le théâtre et l'art
classique (les apparitions finales renvoient aux grandes tragédies
grecques), poursuivant une réflexion atemporelle sur
la vie. Œuvre d'un auteur qui est arrivé au sommet
de son art depuis près de vingt ans, mais qui ces derniers
temps semblait s'enliser et se répéter, Match
Point prouve de façon stupéfiante qu'il est
encore capable de renouvellement. |
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Source : Fluctuanet
- Matthieu Perrin |
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Arte Tv |
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Comme le chantait Brel : "On a vu souvent rejaillir
le feu d'un ancien volcan qu'on croyait trop vieux…
" Après le plus que tiède "Anything
Else" et "Melinda et Melinda", petit film à
concept antipathique, tout était à craindre
pour ce nouvel opus. Mais heureusement, statistiques, mathématiques
et cinéma ne vont pas naturellement de pair. Le feu
sacré rejaillit pour Woody Allen avec "Match Point"
où il révolutionne son univers.
Au lieu du sacro-saint Manhattan, le film a été
tourné à Londres avec acteurs et équipe
anglaise. Pelouses, manoirs, rues chics, court de tennis,
accent british et tasses de thé : tout cela semble
se fondre avec un bonheur singulier dans le monde pourtant
archi-codé de Woody Allen. Autre bouleversement : plus
de jazz mais de l’opéra italien en version 78
tours avec sons qui grattent et émotion à vif.
Une nouvelle muse vient aussi bousculer les esprits et réjouir
les sens : Scarlett Johansson, femme fatale à peine
éclose à la sensualité volatile et enivrante.
Elle éblouit d’un bout à l’autre
du film : un corps hautement inflammable qui trouve son allumette
et son double en la personne d’un Rastignac irlandais,
Chris Wilton. Leur scène d’amour au goût
d’interdit dans les champs de blé sous une pluie
d’orage colle la fièvre et personne n’oubliera
plus ce plan bucolique de la chute de reins ravageuse de la
belle.
Chris Wilton, ambitieux mais presque désoeuvré
de sa propre existence, s’incarne plus que parfaitement
dans le sourire carnassier et boudeur de Jonathan Rhys-Meyers,
déjà très remarqué dans le "
Velvet Goldmine" glam de Todd Haynes. "Match Point"
est une infinité de récits, une étourdissante
musique qui donne le vertige : histoire d’adultère
tragique, pamphlet féroce à l’anglaise
sur les dangereux "escaliers" entre classes sociales,
conte noir et sombre sur un crime presque parfait où
l’héroïne blonde, hitchcockienne en diable,
est sacrifiée inutilement ainsi que d’autres
sur l’autel pervers de la réussite, du luxe,
du calme et de la volupté.
Woody Allen a construit le scénario en véritable
maître avec prologue – chapitres – épilogue
en citant plusieurs fois "Crime et Châtiment "
de Dostoïevski, un des ses romanciers favoris. Tout commence
sur une balle de tennis suspendue au-dessus d’un filet,
vision incongrue où la voix-off de Wilton énonce
une citation qui sera le fil conducteur du film : "Celui
qui a dit : il vaut mieux avoir de la chance que d’être
doué était un visionnaire". Le théâtre
des vanités met en place son mécanisme implacable
jusqu’au drame final d’un happy end immoral.
Avec une mise en scène d’une intelligence redoutable,
des cadrages cruels, Woody Allen s’essaie au film noir
avec effets radicaux de suspense, obscénité
surprenante du crime et meurtrier d’une complexité
abyssale. Le regard métallique de Jonathan Rhys-Meyer
brille d’un éclat mystérieux tendu par
une passion incontrôlable et une ambition viscérale
à assouvir.
Il s’irradie de désespoir pour son amour perdu
le long d’un travelling dans l’escalier, sur un
aria d’opéra grésillant. Woody Allen,
à l’instar de génies littéraires
comme Henry James, montre au travers de cette passion qui
tourne mal un homme qui perd son âme et fait de sa vie
un enfer, pour la passer dans la cage d’un paradis artificiel.
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Source : Arte
TV - Delphine Valloire |
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La Libre |
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Woody Allen : au "travail
lamentable"
Faisant honneur à sa réputation de pessimiste
indécrottable, Woody Allen, présent à
Londres dimanche pour la première britannique de son
dernier film "Match Point", a assuré n'être
qu'un réalisateur médiocre au "travail
lamentable". "Je suis la plupart du temps déçu
par mes films", a assuré le réalisateur
new-yorkais, interviewé sur la BBC télévision,
en refusant l'étiquette d'artiste incompris qui lui
est souvent accolée. "Les gens croient que je
suis un intellectuel parce que je porte des lunettes et ils
croient que je suis un artiste parce que mes films perdent
de l'argent, mais en fait j'ai toujours mené une vie
de petit bourgeois tout à fait normale."
"Je me suis marié quelques fois, je ne bois pas,
je ne suis pas accro à la drogue et je ne suis pas
vraiment névrosé", a insisté le
réalisateur américain, expliquant que son statut
aux Etats- Unis n'a pas vraiment évolué: "Ma
relation avec le public américain est la même
que ce qu'elle a toujours été, les gens ne venaient
pas voir mes films, et ils ne viennent pas les voir maintenant..."
"En fait, la seule chose qu'il y a eu entre moi et le
fait d'être un grand artiste, c'est moi", a insisté
Woody Allen, avec son perpétuel air de chien battu.
Très critique vis-à-vis de son travail, qu'il
a qualifié de globalement "lamentable ",
Woody Allen a cependant reconnu que trois de ses quelque 40
films étaient "bons": "La Rose pourpre
du Caire" (1985), "Husbands and Wives" (1992)
et "Match Point", sa dernière oeuvre (2005).
"Je suis un joueur de clarinette absolument lamentable,
mais je joue avec mon coeur", a-t-il expliqué,
s'estimant cependant toujours "ébahi" que
les gens soient prêts à payer pour venir l'écouter. |
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Source : La
Libre |
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Ulg |
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" Il vaut mieux avoir de la chance qu'être doué.
Il arrive, dans un match, que la balle percute le haut du
filet et, pendant un quart de seconde, elle peut tout aussi
bien basculer d'un côté ou de l'autre du filet.
Avec un peu de chance, elle atteint sa cible et vous êtes
vainqueur. Mais elle peut aussi retomber de votre côté,
et vous avez alors perdu. " Cette phrase de Chris au
début de Match Point annonce la question centrale du
film : la chance détermine-t-elle le cours de notre
vie plus que les choix que nous posons ?
L'existence est-elle uniquement tributaire du hasard et de
toutes ces choses qui nous échappent ?
Contrairement à ce à quoi Woody Allen nous
avait habitué, Match Point ressemble davantage à
un sombre conte moral sur l'ambition et la culpabilité
qu'à une comédie sentimentale dont l'idylle
se déroulerait sur les courts de tennis. C'est également
le premier film du réalisateur à être
entièrement tourné hors de son New York natal.
La touche de l'auteur reste cependant bien présente,
car la justesse psychologique des portraits brossés
et le sens de l'humour dans la narration renouent avec ses
grandes comédies de la décennie passée.
Pour Allen, qui cette fois avoue être content de son
film, la balle est bel et bien tombée du bon côté.
Question de chance ? |
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Source : Ulg
- Christelle Brüll |
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Festival
de Cannes |
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Entouré des comédiens Jonathan Rhys-Meyers,
Scarlett Johansson et Emily Mortimer, Woody Allen a répondu
aux questions des journalistes à propos de son film
Match Point, présenté hors compétition.
Woody Allen sur le tournage
à Londres : "Cette histoire aurait pu avoir
pour cadre New York, San Francisco ou Paris. J'ai choisi Londres
parce que j'y ai senti une atmosphère très stimulante
d'un point de vue créatif. Les personnes qui ont financé
le film étaient extrêmement généreuses
et m'ont laissé totalement libre sur le plan artistique."
Woody Allen sur les comédiens
britanniques : "Pour une oreille américaine,
l'Anglais parlé par les Britanniques a beaucoup de
charme. Les dialogues dits par des acteurs anglais sonnent
toujours incroyablement juste. Je ne vois pas vraiment de
différence entre les acteurs britanniques et américains
: si un acteur est doué, peu importe sa nationalité.
Néanmoins, je trouve que les Anglais ont une façon
de travailler vraiment épatante. Est-ce génétique
ou dû à leur formation ? En tout cas, ils sont
toujours extraordinaires."
Emily Mortimer à propos
de son travail avec Woody Allen : "C'est l'expérience
professionnelle la plus fantastique que j'aie vécue.
C'était très différent de ce que j'avais
fait jusqu'alors. Avec Woody Allen, vous ne faites pas de
répétition. Et vous ne passez pas des heures
à analyser les scènes avant de les jouer. Au
début, c'est un peu perturbant, mais une fois qu'on
en a pris l'habitude, c'est passionnant, car cela exige du
comédien une attention de tous les instants."
Jonathan Rhys-Myers sur sa
collaboration avec Woody Allen : "Woody accorde
beaucoup de confiance à ses comédiens. C'est
une grande responsabilité, car ce que nous proposons
doit être constamment juste. Mais c'est extrêmement
satisfaisant, parce que l'acteur prend ainsi part au processus
de création. De plus, on ne peut que se sentir en sécurité
face à un cinéaste qui a une telle expérience
et une telle intelligence."
Scarlett Johannson à
propos de son personnage : "Je ne la vois pas
comme une femme fatale. C'est juste une fille sexy, qui tente
de survivre comme elle peut. Avec Tom, elle mène une
vie confortable qui lui plaît et à laquelle elle
n'aura plus accès après sa rupture. Est-ce une
séductrice ? Elle se donne en tout cas les moyens d'obtenir
ce qu'elle désire, comme la plupart des femmes."
Woody Allen à propos
de la chance : "Du début à la fin,
la chance à souri à ce film qui a justement
pour thème la chance : tout s'est très bien
passé à Londres, il a fait un temps idéal,
Scarlett Johansson était disponible pour le tournage...
Et pour finir, le film me semble très abouti : moi
qui suis d'ordinaire un critique très sévère
à l'égard de mes propres films, je suis cette
fois totalement satisfait." |
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Source : Festival
de Cannes |
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