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Les noces funèbres de Tim Burton
   
Titre original Tim Burton's Corpse Bride
Titre français Les noces funèbres de Tim Burton
Réalisation Tim Burton & Mike Johnson
Scénario John August, Pamela Pettler & Caroline Thompson
Interprétation Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Emily Watson, Tracey Ullman, Joanna Lumley, Christopher Lee, ...
Musique Danny Elfman
Photographie Pete Kozachik
Pays U.S.A.
Année 2005
Durée 1H15
Genre Animation
Producteur(s) Allison Abbate & Tim Burton
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Salle 12 - Plan d'accès
Projection le Jeudi 23 février 2006
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

L'action de ce film d'animation image par image se déroule au 19ème siècle dans un village d'Europe de l'est. Victor (doublé par Johnny Depp) est un jeune homme brusquement emmené au Royaume des Morts pour épouser une mystérieuse et défunte Mariée (Helena Bonham Carter) tandis que sa future femme, en chair et en os (Emily Watson), l'attend parmi les vivants.

Bien que la vie au Royaume s'avère étonnement plus colorée que la morne éducation Victorienne qu'il a reçu, Victor réalise que rien au monde ne pourra l'éloigner de la femme qu'il aime réellement. C'est un conte optimiste, une histoire d'amour et une représentation de la vie après la mort très... vivante ! Tout cela raconté dans le plus pur style Burtonien

 
 
Ub Iwerks Award for Technical Achievement aux Annie Awards 2005
Best Animated Feature au National Board of Review 2005
Future Film Festival Digital Award au Venice Film Festival 2005
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Cinémaniac
  Euphoriquement macabre, joyeusement morbide et techniquement insurpassable. Burton a mis dans ce bijou toute la créativité dont il était capable (ce n'est pas peu dire) et une virtuosité époustouflante. Qui aurait pu soupçonner le film de marionnettes capable d'une telle perfection? Un art à son sommet, et un film à ne manquer sous aucun prétexte.
  Source : Cinémaniac - Christian Collin
   
Cinopsis
  Au 19ème siècle, dans un village d’Europe de l’est, Victor est un jeune homme brusquement emmené au Royaume des Morts pour épouser une mystérieuse et défunte Mariée tandis que sa future femme, en chair et en os, l’attend parmi les vivants. Bien que la vie au Royaume s’avère étonnement plus colorée que la morne éducation Victorienne qu’il a reçu, Victor réalise que rien au monde ne pourra l’éloigner de la femme qu’il aime réellement...

Douze ans après son fabuleux NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS, Tim Burton revient à ses premières amours et signe en compagnie de Mike Johnson un CORPSE BRIDE dans la digne lignée de son prédécesseur… un peu trop peut-être!

Si de prime abord, on est ébloui par les qualités techniques et la fluidité de ce dernier film réalisé en stop motion, très vite l’histoire nous paraît familière. Et pour cause... Issu d’un conte russe, le récit de CORPSE BRIDE emprunte énormément à la structure narrative des aventures de Jack Skellington. Même double univers, même croisement de ceux-ci, même types de numéros musicaux, même évolution. Il est d’autant plus regrettable dès lors que si la technique a fait d’énorme progrès en matière de stop-motion, la réalisation soit aussi étouffée. Alors que dans NIGHTMARE… on en avait plein les mirettes, ici on regrette le manque de débordement (même s’il est justifié par l’histoire). N’empêche... Il manque une séduction instantanée, une immédiateté que l’on ne retrouve pas. La musique est délicate, mais ne percute pas. La mise en scène est belle mais trop sage. La caractérisation des personnages est adroite mais sans surprise.
Mais ces doléances ne viendront pas à bout de l’univers que Burton, un univers si riche et poétique qu’il est judicieux de voir un auteur creuser encore et toujours le même sillon. Puisse celui-ci être sans fin... Car THE CORPSE BRIDE reste avant toute chose un beau moment de cinéma emprunt de romantisme et de noirceur, une belle respiration en regard des productions actuelles.

  Source : Cinopsis - Olivier Guéret
   
Cinenews
 

Du délassement familial nécrophile, ça ne pouvait venir que de Tim Burton. Victor (Johnny Depp) est un célibataire maigre comme un clou, pâle à l'extrême, que ses parents marient à Victoria (Emily Watson), la fille de nobles démunis. Mais alors que Victor s'entraîne pour la cérémonie, il croit enfiler l'alliance à une branche morte, mais la passe en réalité un doigt desséché et pourri d'une jeune fille assassinée (Helena Bonham Carter, la femme de Burton).

Une cérémonie parfaitement valable pour Madame zombie, qui entraîne Victor hors de son monde des "à peine vivants" dans le pays des morts joyeux. La suite, c'est du Burton pur souche: Quelques morceaux musicaux magnifiques, des persos totalement déjantés, une position un tantinet anti-cléricale, et un joyeux désespoir.

Ce 'Corpse Bride', basé sur une légende russe, est le troisième long-métrage d'animation de Burton en 'stop-motion' (après 'The Nightmare Before Christmas' et 'James and the Giant Peach'), et les premières réactions vont du franchement positif au carrément extatique: "Une blague mortelle et élégante, une valse macabre " (Chicago Tribune), "'Corpse Bride' vous volera votre coeur – s'il ne vous l'arrache pas hors de votre cage thoracique" (Denver Post), "Sous les blagues macabres et les allusions pour geeks du genre, on retrouve le noyau de cette même vérité aigre-douce qui fait que certaines histoires font écho des générations durant " (Movie Guide), "Pour les fans de Tim Burton, c'est une véritable épiphanie " (7M Pictures) ...

Que du grandiloquent, d'autant que, on le sent venir de loin, ce sera un hit d'Holloween, pas de doute. Vous ne croyez pas ?

  Source : Cinenews - Jan De Ryck
   
Comme au cinéma
  L'étrange mariage de Monsieur Victor...

Après nous avoir gavé de chocolat il y a quelques mois, Tim Burton a aujourd'hui le plaisir de nous annoncer les noces, funèbres cela va de soit, de ces deux incroyables fiancés. Parce qu'un génie, ça ne se repose jamais, on ne peut qu'applaudir le bonhomme qui nous sert deux films dans l'année - d'autant que la recette est la même mais les plats totalement différents. Seulement producteur sur L'Etrange Noel De Monsieur Jack, le voilà aux commandes de cet extraordinaire conte d'Halloween en stop-motion. Exit les images 3D, nous voilà revenu au temps des marionnettes et jouets animés, et pourtant le résultat n'en est que plus réaliste. Victor, Victoria et tous les autres prennent corps, vivent sous nos yeux, et leurs physiques ne peuvent que rappeler ceux qui leur prêtent leur voix.

Reprenant le même principe visuel que pour L'étrange Noel…, et, dans un sens, la même thématique, Tim Burton nous offre un pur moment de plaisir, inspiré d'une légende russe, à la fois particulièrement touchant et toujours amusant. Ici aussi, il mêle les rires aux larmes comme il sait si bien le faire, avec ce petit brin de magie, ce soupçon de folie, cette petite marque de fabrique qui nous ferait croire à l'incroyable. Bienvenue encore et toujours dans le monde magique de Tim Burton…

Les fans ne pourront que se réjouir de ce mariage délicieusement cauchemardesque, avec ces personnages délurés, déformés et débridés, "normaux" mais une nouvelle fois plus monstrueux que les monstres eux-mêmes. Mais à force de bien faire - ou plutôt de ne faire que des choses bien, Monsieur Burton s'est placé sur un piédestal. Certes, ces Noces Funèbres ont tout d'une superbe œuvre burtonienne - car s'en est une - mais on aurait peut-être aimé un petit je-ne-sais-quoi de plus qui aurait élevé Tim Burton encore plus haut. Mais c'est peut-être chercher la petite bête là où il n'y en n'a pas, alors invitez-vous à la noce et profitez comme il se doit de l'étrange, loufoque et fantasmagorique halloween de Monsieur Burton ...

  Source : Comme au cinéma - Aurélie Maulard
   
Arte TV
 

Le somptueux conte d’animation Nightmare Before Christmas est gravé dans les mémoires cinéphiles comme un tour de magie inégalable, le premier moment où sur un écran l’objet animé égalait le mouvement vivant avec une fluidité sublime. Pour ce second film, Tim Burton co-réalise avec Mike Johnson au lieu d’Henry Selick et change de style tout en gardant le même esprit fait d’humour noir et de fable gothique à la Edgar Poe sur deux mondes se rencontrent par accident.

Les figures animées respirent presque, virevoltent, dansent et chantent : elles provoquent toujours et encore cette effroi subtil, cette "inquiétante étrangeté " des objets qui bougent seuls.

Tim Burton a une véritable passion pour le Stop Motion Animation, l’animation image par image, cette technique ancienne et si perfectible comme il le prouve à chaque tentative sidérante. Les "maîtres" créateurs de marionnettes Mackinnon et Saunders ont innové ici avec le silicone qui donne de nouvelles expressions et des mouvements aux visages des poupées. La peau des personnages semble douce et souple bien que grise et pâle. Car, dans Corpse Bride, le principe est posé dès les premiers instants : les vivants évoluent dans un monde d’un noir et blanc subtil et le Pays des Morts éclate de couleurs délirantes.

Les squelettes déchaînés dansent sur du jazz dans le bar du coin et les autres morts y boivent joyeusement des pintes. L’histoire est tirée d’un conte russe sur un homme qui épouse une morte par mégarde mais l’ambiance oscille plutôt bizarrement entre le gothique cintré victorien et la Fiesta des Morts mexicaine.

Quand Victor demande par mégarde au squelette de son ex-petit chien adoré de "faire le mort" ou quand un hussard cite Autant en emporte le vent, l’humour noir de Tim Burton fait des merveilles. Les personnages très stylés dans leurs formes incarnent des archétypes singuliers, attachants : du héros introverti Victor très Edward Scissorhands jusqu’à Maggot, le vers comac de la mariée, sorte de Jimminy Criket un peu vicelard.

Tim Burton dans un numéro renversant jongle, en magicien du 7ème art, de l’horreur d’une nuit parmi les morts, au fantastique grotesque d’une gigue de squelettes pour finir sur le romantisme échevelé d’un héros partagé entre ses deux bien-aimées adorables, l’une vivante et l’autre morte.

  Source : Arte TV - Delphine Valloire
   
Ecran Noir
 

Après Big Fish et Charlie and the Chocolate Factory, nous étions curieux, pour ne pas dire impatients, de voir si l'évolution de l'auteur Burton allait se ressentir jusque dans ses croquis. A la vue des Noces Funèbres, il nous faut nous résigner - mais doit-on s'en désoler finalement? : les contes et récits du réalisateur de Beetlejuice, L'étrange Noël de Monsieur Jack et autres Edward aux mains d'argent ont changé de nature, de morale, de ton.

Désormais, la famille est au centre de ses préoccupations; mais aussi l'héritage éducatif. Avant, Burton observait les marginaux, avec une compassion débridée. Aujourd'hui, les marginaux ont réussi à se frayer une place dans le système, et tentent de transmettre à la génération qui suit. Car Victor n'a rien d'un marginal, il est juste le gamin rêveur qui hante tous les récents films du cinéaste. Il est un peu dans la lune, et ça tombe bien car le soleil n'a rien à voir dans ces univers morbides.

D'un mariage de convenance, brassage sanguin indispensable à la survie de l'espèce, il tisse une histoire folklorique où le métissage irait bien plus loin... Ce qui intéresse Burton depuis quelques temps c'est de savoir comment équilibrer les névroses venues de l'enfance et l'adolescence avec un cadre plus schématique imposé par la société. Ces noces funèbres, là encore, sont une tentative de maintenir nos rêves intacts tout en se pliant aux responsabilités imposées. Dans cette affabulation romantique, il distille ses codes visuels, ses obsessions fantaisistes, ses délires candides.

Burton, déjà peu sexué dans chacun de ses films, est encore plus puritain qu'à l'accoutumée. La morale, plombante, du film nous freine un peu dans notre plaisir. Ce retour à l'ordre qui ponctue une histoire manquant de relief psychologique - notamment à cause de la caricature trop facile des parents et de l'absence de personnalité de la mariée du Royaume des Vivants - pourrait décevoir les fans, et peut expliquer un manque d'enthousiasme avec ce final trop respectueux des histoires d'amour pubères.

D'autant que le film nous avait bien allumer avec son autre mariée, celle d'outre-tombe. Sexy, craquante, tourmentée, accrocheuse, elle a tout pour plaire. Elle entraîne tout sur son passage, déchaînant les passions, instaurant un désordre sain dans le Royaume des Vivants, trop ennuyeux. Le titre américain ne se trompe pas en parlant d'elle comme de l'objet de désir mais aussi l'objet transitionnel du film. C'est bien ce corps de mariée, un peu amochée, mais très séduisant, qui donne du relief au film, qui réveille les vivants.

L'alliance entre les deux mondes n'a rien de funeste, au contraire c'est bien ce mix qui amène les scènes les plus marquantes. De funambules en somnambules, la vie six pieds sous terre nous envoie au septième ciel. C'est bien le but recherché. Seul regret, cela manque peut-être d'originalité. Par exemple, la scène flash-back flirte avec le jazz et le vaudou, rappelant trop fortement The Skeleton Dance ou Les Aristochats.

Cette même séquence, essentielle puisqu'elle nous invite dans un monde imaginaire, est hélas trop explicative puisqu'elle présage de la fin. Savoir qui est le coupable d§s le premier tiers, voilà un problème narratif majeur. Il faudra donc tout le charme de notre mariée défunte pour nous faire palpiter à ces histoires de coeur, où le jeune fiancé semble perdre la tête. Le suspens est plutôt bien amené quant à son choix.

Mais hélas, entre temps, nous nous serons légèrement assoupi, comme souvent dans ces banquets trop légers mais si beaux. Car Les noces funèbres de Tim Burton est une réussite artistique indéniable, esthétique, technique, mécanique. Si l'oeuvre n'apporte rien à l'univers burtonnien, le cinéaste reste quand même de ceux qui parviennent à nous éblouir, malgré la froideur ambiante et le contraste facilement manichéen. Nous enchanter avec la mort est quand même une gageure en ces temps de formatage idéologique où seule la jeunesse, une certaine beauté et la vie doivent exister.

En rendant sa mariée posthume trop belle, et l'autre trop pâle, il choisit clairement son camp : celui d'un monde bohème, déjanté, festif, solidaire, rempli d'éclopés et de bons vivants. A défaut d'être le cartoon jouissif que l'on attendait, le requiem macabre s'avère quand même joyeux et mélancolique. En ayant espoir que pour Victor, plus rien ne sera comme avant, qu'il apprendra de ce voyage parmi les morts, qu'il ne répétera pas les erreurs de ses aïeux. Qu'il aura une pensée, émue, pour sa première femme.

  Source : Ecran Noir - Vincy
   
Le Cinéma
  Le fabuleux Tim Burton nous est de retour avec le non moins fabuleux film d’animation Corpse Bride qui a une saveur spéciale. Après le succès de Nightmare Before Christmas qu’il avait produit, le réalisateur a attendu 12 ans avant de nous présenter un nouveau film d’animation fait en "stop motion" comme lui seul pouvait le faire.

Corpse Bride raconte l’histoire de Victor Van Dort, un jeune riche devant épouser Victoria, venant d’une famille ruinée; un mariage d’arrangement par leurs familles pour y retrouver le respect social. Alors que Victor répète ses vœux de mariage dans la forêt, il réveille le cadavre d’une jeune femme morte. Ce quiproquo surnaturel entraîne la revenante à croire que Victor la demande en mariage. Elle l’amènera alors dans le royaume des morts. Une suite d’aventures suivra pour légitimer qui de la morte ou de la vivante sera la vraie madame Van Dort.

Tim Burton se surpasse encore une fois avec son univers gothique et morbide à souhait. Des images sublimes, d’une certaine froideur avec en arrière plan une musique toujours de circonstance parent ce superbe long métrage. Cet exercice artistique nous présente des personnages colorés, filiformes et attachants, dans des images d’un romantisme morbide. Et il y a également toujours cette touche d’humour noir et de cynisme si propre à Burton.

Et que dire du souci du détail, la moindre chose a été pensée. Quand on regarde l’œuvre dans son ensemble, on y voit rien qui cloche et quand on prend le temps de remarquer tous les petits détails, on se rend compte qu’il y a une minutie derrière chaque plan et chaque mouvement des personnages. Les acteurs offrent pour leur part d’excellente performance, notamment Johnny Depp et Helena Bonham Carter ici totalement dans leur élément.

Corpse Bride est donc une production très rafraîchissante. Un film à voir absolument pour tous les amateurs de l’univers excentrique de Tim Burton et pour tous les autres, un film à découvrir.

  Source : Le Cinéma - Jean-Sébastien Labrecque
   
Univers du cinéma
  Dans Corpse Bride, il n'est pas question d'amour, mais de la passion et du désir qu'une personne peut éveiller en une autre, et pousser Victor et Victoria à ressentir de la joie dans leur union forcée, alors que la Défunte s'attache à celui qui la sort de l'oubli. Visuellement sublime, le film se montre aussi passionnant qu'effrayant. Les vivants et les morts peuvent-ils se lier aussi intimement, même si l'un se trouve dans un état de décomposition avancé ? Tim Burton nous présente un monde terne et gris auquel s'oppose le royaume des défunts, où couleur, boisson et fête se mêlent joyeusement sur les mélodies entraînantes de Danny Elfman. Un joyau à côté duquel il serait domage de passer...
  Source : Univers du cinéma
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Comme au cinéma
 

Les Vivants Peuvent-ils épouser Les Morts ?

La légende de la Mariée Morte et du malheureux jeune homme qu'elle ravit et entraîne sous terre à la veille de ses noces appartient au folklore russe. Imprégnée de romantisme macabre, cette histoire stimula l'imagination de Tim Burton, qui a consacré une décennie à la porter à l'écran, sous la forme d'un long métrage d'animation "image par image". Les Noces Funèbres a été réalisé par Mike Johnson et Tim Burton et produit par Burton et Allison Abbate, sur un scénario de John August, Caroline Thompson et Pamela Pettler.

L'Etrange Noel De Monsieur Jack d'Henry Selick fut en 1993 la première expérience de Burton dans le domaine du "stop-motion" (animation en volume, image par image).

Tim Burton : "C'est l'aspect tactile de cette forme d'expression que j'apprécie le plus. C'est formidable de pouvoir toucher et déplacer les personnages au sein d'un monde tangible. On se croirait presque sur le plateau d'un film en prises de vues réelles, sensation que l'on n'éprouve jamais devant un fond bleu, par exemple.

"Après L'Etrange Noel De Monsieur Jack, je recherchais un sujet qui me permettrait d'aller plus avant dans cette voie. C'est alors qu'un ami m'a fait lire l'extrait d'un vieux conte russe, qui m'a semblé se prêter à merveille à cette forme d'art si particulière."

Allison Abbate (Productrice) : "Les Noces Funèbres est une histoire extraordinairement habile et originale où l'on retrouve l'esthétique et l'humour noir de Tim Burton, au travers d'une série de personnages hautement bizarres. Mais ce qui m'a le plus attirée dans ce scénario, c'est l'émotion que dégageait cette si belle histoire."

Tim Burton a créé au fil des ans une œuvre ouverte, d'une grande richesse, en s'appuyant sur des intrigues, des personnages et des moyens d'expression très divers. Au-delà de cet éclectisme de surface, des films comme Charlie Et La Chocolaterie, Big Fish, La PlanÈte Des Singes, Sleepy Hollow, Mars Attacks!, Ed Wood, L'Etrange Noel De Monsieur Jack, Batman, Edward Aux Mains D'Argent ou Beetlejuice portent tous sa griffe inimitable. Drôles et poignants, terrifiants et émouvants, originaux et inventifs, ils procèdent d'une sensibilité unique et lui appartiennent en propre.

Mike Johnson (Coréalisateur) : "Tim a donné une seconde vie au stop-motion. L'Etrange Noel De Monsieur Jack a révélé au grand public les charmes si particuliers de cette forme d'expression que l'ordinateur ne saurait émuler. On doit à l'intérêt et à la passion de Tim de pouvoir lancer aujourd'hui ces projets de grande ampleur."

Tim Burton : "Mike a une réelle affinité avec cet art, dont peu de gens comprennent vraiment les processus. C'est très difficile de collaborer avec ceux qui sont étrangers à ce petit monde."

Allison Abbate : "J'avais travaillé avec Mike sur L'Etrange Noel De Monsieur Jack. Il a une passion pour ce genre d'animation, qui demande un sens aigu du détail et un énorme investissement physique. Mike a été un fervent inspirateur pour notre groupe qu'il a guidé tout au long d'une tâche herculéenne. Il faut un talent particulier pour stimuler ainsi toute une équipe et garder la haute main sur les évolutions de centaines de marionnettes, réparties simultanément sur 26 plateaux."

Une Tragique Histoire D'Amour, De Passion Et De Meurtre

La brillante distribution de Les Noces Funèbres rassemble, entre autres talents, Johnny Depp (dans le rôle de Victor), Helena Bonham Carter (la Mariée Morte) et Emily Watson (Victoria). Johnny Depp ne s'était pas encore essayé à l'animation, mais son admiration pour Tim Burton est bien connue. Les Noces Funèbres marque la cinquième étape de leur fructueuse collaboration après Edward Aux Mains D'Argent, Ed Wood, Sleepy Hollow et Charlie Et La Chocolaterie.

Tim Burton : "Chaque fois que je travaille avec Johnny Depp, je découvre quelqu'un de différent. Johnny est bien plus occupé à devenir le personnage qu'à cultiver son image. Je trouve très stimulant, surtout chez un artiste que le grand public perçoit comme faisant partie des "Most Beautiful People". Johnny est disposé à prendre des risques. Chacune de nos expériences communes a été différente de la précédente - et meilleure. C'est merveilleux de fréquenter des gens comme lui, avec qui l'on peut communiquer de façon quasi subconsciente."

Le malheureux Victor Van Dort est un rêveur maladivement timide, que ses parents nouveaux riches ont décidé de marier à une jeune femme qu'il n'a jamais rencontrée. La promise, Victoria Everglot (Emily Watson), est une adorable créature, incurablement romantique qui désespère de jamais trouver l'âme sœur… jusqu'au jour où elle rencontre Victor.

Emily Watson : "Victoria semble, de prime abord, être une jeune fille très bien élevée, assez coincée. Ses parents, aristocrates désargentés, veulent la marier pour des raisons purement vénales. Cela pourrait tourner à la catastrophe, compte tenu du gouffre qui sépare les Van Dort des Everglot, mais Victor et Victoria vont très bien ensemble, et forment un petit couple assez touchant. Car, aussi inconcevable que cela puisse paraître, Victoria a découvert en Victor un homme encore plus timide qu'elle! Tout baigne donc, jusqu'à ce que la Mariée Morte enlève Victor."

Helena Bonham Carter prête sa voix à cette créature en mal d'amour, décédée durant sa nuit de noces, et qui attend désespérément un époux au Pays des Morts.

Helena Bonham Carter : "C'est une femme pour qui le temps s'est arrêté. Son éternelle jeunesse est un cruel paradoxe chez quelqu'un dont le corps s'est dégradé à ce point. Il y a chez la Mariée une authentique forme d'innocence et de pureté. Elle espère sincèrement que Victor l'aimera et lui passera ses "petites" imperfections - par exemple, le fait qu'elle n'est plus en vie!"

Entraîné de force au royaume des ombres, Victor découvre, contre toute attente, que la vie y est bien plus amusante que dans sa sinistre bourgade et sa triste famille. Il n'en reste pas moins déterminé à rejoindre à tout prix Victoria, sa seule source de bonheur sur Terre. Le prix en question sera lourd : en partant, Victor brisera à jamais le cœur de la Mariée Morte.

Helena Bonham Carter : "En général, le spectateur accueille sans surprise la résolution d'un tel dilemme. Mais il n'y a ni méchant ni victime prédestinée dans cette histoire, et nos trois personnages sont aussi sympathiques l'un que l'autre. On aimerait tant que Victor puisse vivre heureux avec ces deux femmes. On est aussi déchiré que lui."

Emily Watson : "C'est l'histoire d'une passion, traitée de façon étrange et légèrement tordue. Cela s'apparente à un récit d'outre-tombe, mais avec des personnages drôles plus grands que nature, et une grande délicatesse de touche, une réelle pureté."

Albert Finney interprète Finnis Everglot, le père pompeux de Victoria, et Joanna Lumley, Maudeline, son impitoyable mère. Les parents, tout aussi haïssables, de Victor, l'insupportable Nell Van Dort, et son rustre de mari, William, sont interprétés par Tracy Ullman et Paul Whitehouse. Christopher Lee prête sa voix à l'austère Pasteur Galswells.

Complice de longue date de Tim Burton, le musicien Danny Elfman est la voix du chat Bonejangles, leader du groupe Skeleton qui anime les chaudes soirées du Ball and Socket Pub. Elfman a également composé la musique et signé les quatre chansons du film. Les Noces Funèbres marque sa douzième collaboration avec Tim Burton.

Un Cœur Peut-il Se Briser Après Avoir Cessé De Battre ?

e stop-motion est un art singulier, reposant sur l'utilisation de décors "en dur", de marionnettes, qui faut vêtir, coiffer et éclairer avec autant de soin que des acteurs de chair et de sang. La manipulation est d'une extrême délicatesse, l'écart entre deux positions étant de l'ordre du millimètre, voire du demi-millimètre.

Chaque position est photographiée le temps d'une seule image. L'animateur retourne ensuite au personnage, lui imprime un mouvement millimétrique, fixe l'image suivante, etc. Le processus exige une patience et une minutie rares. Le rendement est dérisoire : à la fin d'une journée de travail, une équipe n'aura guère engrangé qu'une à deux secondes utiles.

On gagnera du temps en dupliquant les décors et les marionnettes et en répartissant la tâche entre plusieurs équipes. Le problème sera alors de coordonner et harmoniser leur apport. C'est la responsabilité du réalisateur.

Mike Johnson : "L'un de nos principaux challenges fut précisément d'assurer l'unité stylistique et visuelle du film, en veillant à ce que l'apport de chaque plateau se fonde dans un ensemble harmonieux. Idéalement, il faudrait n'affecter à chaque personnage q'un seul animateur, mais l'abondance et la complexité des plans nous ont obligés à répartir le travail entre une multitude d'intervenants. D'où un effort particulier pour aboutir à un look et un traitement cohérents. Tout cela serait terriblement fastidieux si notre équipe n'était composée de passionnés."

Le projet commença à prendre forme avec une série de dessins de Tim Burton, inspirés par la lecture du conte russe et les images qu'elle avait fait surgir en lui. Burton apporta ensuite ces croquis au "dessinateur personnages" Carlos Grangel, qui se chargea de les étoffer.

Tim Burton : "Carlos a très finement capté les intentions et le feeling de ces croquis, qui étaient parfois des plus sommaires. Il leur a donné de l'ampleur et, pour ainsi dire, du "coffre"".

Le script final fut livré aux story-boarders qui dessinèrent le film plan par plan, avec des propositions de cadrages et une interprétation des émotions et expressions des personnages.

Vinrent ensuite les séances d'enregistrement. Antérieures à l'animation, celles-ci ont un rôle déterminant dans la caractérisation des personnages.

Mike Johnson : "Une bonne interprétation résulte en fait d'une conjonction de talents. En prêtant sa voix au personnage, l'acteur en définit l'essence. Mais ce n'est encore que la moitié du travail, car il faut maintenant que l'animateur fasse "jouer" la marionnette, lui invente les gestes et mimiques qui se marieront à cette prestation vocale."

Les story-boards sont ensuite sonorisés à l'aide des enregistrements vocaux. L'équipe dispose dès lors d'une maquette audiovisuelle précise, définissant la tonalité générale du film. La fabrication des décors et des marionnettes peut commencer.

Les illustres créateurs de marionnettes Mackinnon et Saunders furent chargés de donner vie aux multiples personnages - vivants et morts - du film. Le processus commence par la fabrication d'une armature métallique : le squelette de la marionnette. Celle-ci confère au personnage sa structure et garantit également sa stabilité. Elle doit se prêter à une grande diversité de poses et mouvements.

Tim Burton : "Mackinnon et Saunders font un travail magnifique, et ils se sont encore surpassés sur Les Noces Funèbres. Leurs marionnettes sont d'une vérité criante, elles sont sensibles, subtiles et richement texturées. Les animateurs ont besoin de cela pour donner le maximum de relief et de vitalité aux personnages."

Mackinnon et Saunders innovèrent plusieurs techniques révolutionnaires à l'occasion de ce tournage. La "peau" des marionnettes est ici un alliage de mousse et de silicone qui garde sa souplesse et ses couleurs même après des mois de manipulation sous des lumières intenses. La durée de vie de la marionnette en est considérablement allongée.

Mais l'innovation la plus significative du tandem concerne l'animation des visages. Jadis, on employait à chaque image une nouvelle de "tête de remplacement", porteuse d'un léger et subtil changement d'expression - par exemple un sourire de plus en plus franc et ouvert au gré de la série. Au final, l'enchaînement des prises de vues créait l'illusion d'un changement complet. Le procédé (employé notamment sur L'Etrange Noel De Monsieur Jack) était efficace, mais il limitait la gamme des expressions.

L'innovation de Mackinnon et Saunders consista à placer dans la tête de la marionnette un mécanisme extrêmement élaboré, manipulable via divers orifices, et qui autorisant une bien plus grande diversité de mimiques, expressions et émotions. "Grâce à ces incroyables mécanismes, les marionnettes fonctionnent désormais comme des êtres vivants", s'enthousiasme Burton.

Pour héberger cette machinerie de haute précision, il fallait des marionnettes d'environ 30 centimètres de haut - taille largement supérieure à celle des modèles classiques -, impliquant du même coup des décors "surdimensionnés". Mais, en mettant ceux-ci à l'échelle exacte des personnages, on risquait de voir certains bâtiments… sortir du cadre. Pour résoudre ce problème, on traita la partie supérieure de ces hauts immeubles en trompe-l'œil, les étages inférieurs étant seuls conformes à l'échelle des personnages.

Nathan Lowry (Directeur artistique) : "Le stop-motion a pu longtemps se contenter de moyens très modestes : il suffisait de disposer d'un garage, voire d'une simple table de cuisine. NOCES FUNÈBREES se situe sur un autre plan. C'est une production épique, avec des structures qui s'élèvent parfois jusqu'à 5 mètres et atteignent 8 à 10 mètres de profondeur. Il a fallu bâtir une masse phénoménale de ces décors - sans doute le double ou le triple d'une production animée classique."

Par leurs dimensions inusitées, ces décors compliquaient l'accès des animateurs à leurs marionnettes. Le plus souvent, les manipulateurs se dissimulaient sous le plateau, et y remontaient par une trappe le temps d'actionner la marionnette pour l'image suivante, avant de regagner leur abri, d'observer le résultat sur un moniteur, de capter l'image, etc.

Dans un film d'animation "en volume", l'environnement est créé de A à Z.

Nathan Lowry : "C'est tout un monde auquel il nous faut donner vie : extérieurs, intérieurs, costumes, véhicules, accessoires… Et pour faire "vrai", l'ensemble doit posséder une réelle unité stylistique."

Cette forme particulière d'animation impose d'autres contraintes, que le profane ne soupçonne guère. Par exemple, tous les accessoires qui figurent à l'écran doivent être lestés, de manière à rester en place au fil des innombrables interventions des animateurs. Un déplacement, même infime, serait immédiatement perceptible à la projection et ruinerait des heures de travail.

Certains effets, qu'on croirait "simples", sont en réalité l'aboutissement d'un long et difficile processus. Ainsi, pour faire onduler au vent la robe et le voile de la Mariée et donner à cette gaze diaphane toute sa légèreté, on y introduisit un fin réseau de câbles, quasi invisibles, manipulés avec la plus extrême délicatesse. La mise au point de cet effet nécessita plusieurs mois de travail, mais le résultat final est à couper le souffle.

Le glamour et le mystère qui imprègnent de telles scènes nécessitent des éclairages soigneusement étudiés.

Le chef opérateur Peter Kozachik décrit ainsi son approche : "Je respecte marionnettes autant que des acteurs vivants. J'essaie de mettre en avant leurs atouts naturels et de masquer leurs éventuels défauts. Par exemple, le visage un peu plat de Victoria prohibait certains effets ; il ne pouvait être éclairé comme celui de la Mariée."

Pour la première apparition de la Morte, Kozachik procéda en deux temps : "Lorsque la Mariée sort de terre et se dresse devant un Victor pétrifié, nous jouons à fond la "touche terreur", avec des éclairages crus qui font penser à certaines couvertures de comics macabres. Puis la Mariée soulève délicatement son voile, laissant apparaître son beau visage. La touche glamour prend alors le relais, moyennant un recours généreux aux vieilles astuces qui permettaient d'embellir les actrices dans les années trente et quarante : filtres, mini-projecteurs pour faire briller l'œil, etc."

S'Ennuyer En Haut Ou S'éclater En Bas ?

Les Noces Funèbres se déroule dans deux univers hautement contrastés : le morose et sinistre Pays des Vivants, qui ne mérite vraiment pas son nom, et le joyeux et trépidant Pays des Morts.

Alex Mcdowell (Chef décorateur) : "Le look du film découle d'une plaisante inversion. Au Pays des vivants règnent la grisaille, l'ennui et la tristesse. Les gens se traînent comme s'il n'y avait plus en eux la moindre trace d'espoir, la plus petite étincelle de vie. En revanche, le Pays des Morts est peuplé d'hommes et de femmes bourrés de pep, qui s'amusent comme des petits fous. Le premier de ces univers est gris et austère ; le second est anarchique, chaotique et haut en couleur."

Bien que l'intrigue se déroule dans un village de l'ère victorienne, ses racines slaves incitèrent McDowell à mélanger divers styles :
"Par souci d'originalité, j'ai fait s'entrechoquer des éléments assez disparates, allant de l'architecture victorienne classique aux architecture d'Europe Centrale - tchèque et polonaise notamment."

Nonobstant sa "grisaille", le Monde des Vivants affiche une grande diversité de couleurs, dont le traitement "pastel" rappelle les daguerréotypes et plaques photographiques de l'ère victorienne.

Nathan Lowry : "Le Pays des Morts est un monde fou, très lumineux, une symphonie de couleurs vives. Nos chers disparus, libérés des contraintes de la vie sur terre, peuvent enfin s'amuser, boire, faire la fête, se livrer à toutes sortes de plaisanteries, se vêtir ou se loger comme bon leur semble…"

Le Pays des Morts se présente comme l'image en miroir, déformée, de celui des Vivants. À la noble statue équestre de la place du village répond ainsi, sous terre, celle… d'un squelette chevauchant un cheval tout aussi squelettique. Les bâtiments souterrains, répliques plus ou moins dégradées de ceux de la ville, apparaissent pourtant plus vivants et plus colorés que ces derniers.

Alex Mcdowell : "C'est un peu comme si les couleurs d'en haut" s'étaient infiltrées sous terre pour aller se répandre sur ces ruines et en doter les contours squelettiques d'une nouvelle "peau"".

L'équipe puisa une bonne part de son inspiration dans l'architecture ultra-baroque de Gaudi. "Nous étions en quête d'un look original et excitant qui se démarquerait des représentations habituelles. Le Pays des Morts a quelque chose d'étrange et d'inquiétant, mais il excite l'envie et la curiosité par son côté fun et conte de fées."

Les bâtiments reflètent aussi les caractéristiques physiques de leurs occupants : certains sont petits avec des formes lourdes, d'autres sont grands et minces. "Ces correspondances visuelles atténuent la bizarrerie des personnages et légitiment en quelque sorte leur look", explique Lowry.

La photo renforce également le contraste des deux Mondes.

Peter Kozachik : "Tim avait posé certaines règles de base : le Pays des Morts ne devait à aucun moment évoquer l'enfer, ce qui excluait notamment d'employer le rouge ou l'orange. Les scènes du Pays des Vivants sont légèrement statiques, filmées avec un petit nombre d'objectifs, en privilégiant les angles droits. Il ne s'y passe rien de très dramatique, l'impression de sagesse prédomine. Au Pays des Morts, tout va joyeusement "de travers", et la lumière provient des sources les plus inattendues. On se croirait volontiers dans un opéra."

Les Noces Funèbres innove par l'usage de la caméra numérique qui permit aux animateurs de découvrir en durée réelle les résultats de leurs efforts et autorisa des mouvements d'appareil d'une grande souplesse. Ces caméras de petite taille, d'une grande maniabilité, pouvaient approcher les marionnettes de très près et en rendre apparents les plus petits détails. Enfin, le motion-control conférait à la prise de vue tout le réalisme et toute la fluidité de l'image "live".

Mike Johnson : "Certains craignaient que l'ordinateur et le numérique ne sonnent le glas du stop-motion. C'est le contraire qui s'est produit : ils sont en train d'enrichir et de faire progresser cet art."

Alex Mcdowell : "Les gens croient encore que l'animation image par image se solde par une technique rudimentaire. Mais lorsque quelqu'un comme Tim est à la barre, il mobilise toutes les ressources de cet art et lui fait accomplir des prodiges. Ces marionnettes sont à elles seules des miracles d'ingénierie. Tim fait avancer cette forme d'expression, et c'est très gratifiant d'être associé à son travail."

Et Tim Burton de conclure : "C'est merveilleux de voir mes croquis aboutir à cette incroyable création. Les marionnettes, les accessoires et les décors sont tous extraordinaires, le travail de chacun a dépassé toutes mes espérances. Les Noces Funèbres est l'une des plus belles entreprises artistiques à laquelle j'aie jamais participé."

  Source : Comme au cinéma

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Le Guide
 

L'hymne à la mort de Tim Burton

Le réalisateur de "L'étrange Noël de Mr Jack" revient à l'animation. Un bijou, attendu fin octobre. Coup de coeur aussi pour deux films que tout oppose.

Rarement un film de festival aura aussi bien porté son étiquette : hors compétition. Ou hors concours. Et pour cause : "The Corpse Bride" (sortie le 26 octobre sous le titre "Les noces funèbres ") est, dans son genre, un film parfait. Un bijou, digne héritier du premier film d'animation conçu et produit par Tim Burton il y a une dizaine d'années. Après "L'étrange Noël de Mr Jack ", Burton et son nouveau complice, Michael Johnson, livrent là une fable éblouissante sur l'amour et la mort.

Un jeune homme (à la voix de Johnny Depp) issu d'une famille de nouveaux riches doit épouser une fille de souche aristocrate... mais désargentée. Le mariage est arrangé, et tandis qu'il s'éclipse un instant dans la forêt, Victor est subitement happé par une créature, mi-fée mi-cadavre (voix d'Helena Bonham-Carter, madame Burton), qui l'emmène dans le monde des morts afin de l'épouser à son tour. Un monde aussi bohème, fêtard, alcoolisé et coloré que celui des vivants est redoutablement austère et gris.

Nous avons rencontré en exclusivité Tim Burton au lendemain de la présentation officielle de son film à la Mostra. Un film qu'il vient de terminer - vendredi passé. Derrière ses grandes lunettes fumées et ses oripeaux de corbeau noir tendance The Cure, le réalisateur savoure. Nous aussi !

Dans "The Corpse Bride", le monde des vivants ressemble à un endroit mort.

C'était le concept de départ. Le monde des vivants ressemble à de la mort, de la rigidité et de la répression... chose que vous pouvez parfois ressentir en société. Alors que le monde de la mort est, pour moi, symboliquement celui de l'imaginaire et de la créativité. C'est, dans le film, un monde de vibrations et de couleurs.

Cette attirance pour la mort, elle vous vient d'où ? Vous avez vécu un traumatisme ?

Non... le traumatisme, c'est maintenant, à l'instant. [Il rit.] Non... je ne trouve pas du tout que c'est un film sombre. Je le trouve, au contraire, plein d'espoirs. Si ça avait été un film d'action réel, je ne dis pas... Mais ici, c'est un conte de fées, qui permet de travailler dans le symbolique.

D'où vient cet hommage à la bohème ?

Certains m'ont dit que c'était forcément un récit juif. Je ne sais pas. Mais mon attention a été captée dès que j'ai vu le titre, "Corpse Bride" (NDLR : littéralement, la "mariée-cadavre "). C'est tiré d'un conte russe. Mais on a apporté des éléments de la comédie musicale, en pensant par exemple à Cab Calloway.

Pour le monde des vivants, on a plutôt pensé à quelque chose de victorien, rigide, presque fasciste. Depuis que je suis tout petit, j'ai toujours eu un vrai problème avec toute forme d'autorité et de bureaucratie, exactement l'inverse de la créativité. Par contre, mon monde des morts ressemble à... En fait, maintenant que je suis ici, à quelque chose comme Venise [rire]... juste un peu plus coloré.

C'est un hommage aux artistes et aux "bad boys" ?

C'est, en tout cas, un film fait avec beaucoup d'artistes, puisqu'on a travaillé avec de vraies marionnettes. En plus, j'ai eu le plus beau casting du monde. Pour toutes les voix, j'ai eu plein de gens de talent (NDLR : Depp, Bonham-Carter, mais aussi Emily Watson, Christopher Lee, Albert Finney...) qui sont venus comme ça, sans faire de l'argent, mais avec une approche artistique.

Depp avait déjà prêté sa voix à un film d'animation ?

Non. Vous savez, nous avons tellement travaillé ensemble que nous sommes aujourd'hui très proches. Nous avons le même sens de l'humour et le même type de regard sur les choses.

Est-ce que les enfants vont entrer dans cet univers ?

Tout le monde me dit que c'est trop sombre pour eux. Mais on m'avait déjà dit la même chose avec "L'étrange Noël...", et les enfants avaient aimé. Les chiens aussi. Dès qu'on met ce film en DVD, les chiens se calment et se prosternent devant l'écran. Alors vous voyez, mes films sont pour tout le monde.

Vous donnez précisément l'un des seconds rôles du film à un chien mort, dont on ne voit se trémousser que le squelette.

Oui, je fais décidément une obsession... Malheureusement, les chiens ne vivent pas longtemps, et je sais de quoi je parle. Alors, ce film est aussi dédié à beaucoup de chiens morts, qui m'ont jadis tenu compagnie et m'ont eux-mêmes dédié l'intégrité de leur âme vagabonde.

Après "Charlie et la chocolaterie", c'est votre grand retour à l'animation.

La différence majeure, c'est que ce film-ci est un film à très petit budget, inférieur de deux tiers à la majorité des films d'animation. Tout a été fait et tourné à la main, puis on a enregistré sur du numérique. Mais ce sont dix ans de travail. Michael Johnson a bossé tous les jours. Moi, je supervisais davantage, c'était plus confortable. Ce qui nous importait, c'était de donner aux marionnettes une qualité presque tactile.

Dans "Charlie", comme dans "Corpse Bride ", vous apportez une vision personnelle, que d'autres ne pourraient imposer. Comment ça se passe avec les studios ?

Je dois reconnaître qu'ils sont corrects. Sur " Corpse Bride", ils ont été très bien, parce que, quand même, c'est un film à petit budget et ils ne comprenaient pas vraiment bien l'idée. [Rires.] Moi, le problème que j'ai, c'est avec tout l'aspect marketing, que je n'aime pas et que je trouve particulièrement agressif. Alors, j'essaie tant que je peux de me concentrer sur mes films.

Votre compagne vient de nous dire que vous qui avez quitté les Etats-Unis pour Londres, vous ne reviendriez sans doute jamais là-bas.

C'est sans doute vrai. A Los Angeles, il y a un tel business que vous devenez vite claustrophobe. Tout le monde est là-bas et tout le monde appréhende le cinéma en termes de business. C'est la raison pour laquelle je suis heureux d'être ici. Mais j'ai encore un pied à New York, qui est une ville très fourmillante et qui me nourrit.

  Source : Le Guide - Nicolas Crousse

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