Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson
   
Titre original Fauteuils d'orchestre
Réalisation Danièle Thompson
Scénario Christopher Thompson & Danièle Thompson
Interprétation Cécile de France, Albert Dupontel, Valérie Lemercier, Claude Brasseur, Suzanne Flon, Laura Morante, Christopher Thompson, Dani, Guillaume Gallienne, Sydney Pollack, ...
Photographie Jean-Marc Fabre
Pays France
Année 2006
Durée 1h 46min.
Genre Comédie
Producteur(s) Christine Gozlan
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Salle 12 - Plan d'accès
Projection le jeudi 09 mars 2006
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

Elle triomphe à la télé ; elle est célèbre, populaire, adorée ! Pourtant, elle ne rêve que de cinéma intimiste et de reconnaissance intello : Catherine tourne la nuit son 100ème épisode, répète le jour une pièce à la comédie des Champs-Elysées. Elle est surmenée, mais la première est le 17, il faut être à la hauteur pour jouer Feydeau même si on préfère Sartre ! Pianiste surdoué, adulé, surbooké ; le 17, Jean-François jouera Beethoven à côté : la plus belle salle du monde, mes meilleurs musiciens, le public le plus raffiné... Pourtant il ne rêve que de solitude, liberté et d'un public ignorant et naïf.

Toute sa vie, il a cherché, découvert des artistes, cassé sa tirelire pour amasser des oeuvres rares. Le 17, Jacques vend tout ! En un seul soir, l'oeuvre de sa vie sera dispersée aux quatre coins du monde. Sa grand-mère, ancienne dame pipi dans les palaces, lui a dit : "je n'avais pas les moyens de vivre dans le luxe, alors j'ai décidé d'y travailler". Un jour Jessica, elle aussi, tente sa chance à Paris. Le 17 il va manquer du personnel : elle est embauchée au café en face des deux théâtres et de la salle des ventes.

C'est là que tous, actrice, pianiste, serveur, concierge, collectionneur, fils de l'un, femme de l'autre viennent soigner leur névrose devant un café ou un "tartare frites". Confrontée à cet univers qu'elle croyait paradisiaque, Jessica, positive et lucide, y perd des illusions mais y trouve les clefs d'une nouvelle vie : attention aux "fauteuils d'orchestre" : trop loin, on ne profite pas du spectacle mais trop prés on n'y voit plus rien.

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La dernière heure
 

"Fauteuils d'Orchestre n'est pas à proprement parler une histoire d'amour, dit-elle. Bien sûr, mon personnage, Jessica, vit une histoire avec Frédéric (Christopher Thompson, NldR), mais ce n'est pas le fil conducteur du film, et les rapports affectifs entre les gens sont très présents. En cela, oui, on peut dire que c'est un film d'amour." Comme elle le dévoile, Cécile de France joue, dans Fauteuils d'Orchestre, le rôle de Jessica, une fille de province, qui vient de Mâcon tenter sa chance à Paris. Sans le sou, sans logement, sans rien, elle trouve un emploi de serveuse dans un vieux café de l'avenue Montaigne qui a échappé à la gangrène de l'endroit: le luxe et la frime. Dans ce coin de Paris dédié au spectacle, à la culture, des tas de personnes aux parcours différents se croisent et certaines se côtoient dans le bistrot de Jessica.

Au fil des minutes, on se rend compte que tous les personnages vivent avec une douleur, et c'est en tant que jeune femme débarquant avec ses rêves et ses idéaux que Jessica emmène le spectateur dans l'univers du quartier du théâtre des Champs-Élysées. "Ce qui m'a plu dans le scénario que Danièle Thompson m'a soumis, au-delà de la précision de l'écriture, c'est la démarche narrative, ajoute Cécie de France. Ce n'est pas un narrateur qui raconte une histoire mais une petite serveuse qui prend le public par la main et qui l'amène à vivre avec les différents personnages du film..."

Avec le rôle de Jessica, beaucoup prétendent que Cécile de France a encore franchi un palier dans sa jeune carrière. En course pour un second César, elle continue à profiter de tout ce que le cinéma lui apporte depuis L'art (délicat) de la séduction en 2000. "Le film de Danièle Thompson parle de l'insatisfaction que les gens ont de leur vie. On a beau être riche ou talentueux, il manque toujours quelque chose. Les fauteuils d'orchestre sont les sièges où tout le monde a envie de s'asseoir pour voir le spectacle, mais une fois qu'on y est, on se rend compte que ce n'est pas si bien que cela. Dans ma vie, je ne suis pas insatisfaite, je me contente de ce que j'ai, ce qui est déjà beaucoup. Pour le moment, il y a tellement de choses qui font battre mon coeur. Franchement, je profite de tout ce qui m'est offert..."

  Source : http://www.dhnet.be
   
Nord-Cinema - Claire Fortier-Durand
  Quel plaisir de voir un film où les personnages se croisent, se connaissent, se reconnaissent, s'aiment, le tout orchestré autour du personnage interprété par Cécile de France; touchante de sincérité et de sensibilité. Tous les personnages sont différents mais se retrouvent dans le café où tous se retrouvent. Univers artistes où certains sont blasés de la vie, certains autres s'émerveillent et d'autres encore sont étonnés de voir à quel point ils meuvent être émerveillés... Chaque personnage est en crise, a un problème existentiel mais à différents niveaux, à différentes profondeurs.
Et une fois que les spectateurs arrivent, la comédie de la vie se met en place.
Et quelle belle comédie. [...]
  Source : http://www.nord-cinema.com
   
LEs Echos - A. C.
  Danièle Thompson a toujours eu l'art de tricoter des scénarios choraux fluides et euphorisants, avec son père (Gérard Oury) naguère, avec son fils (Christopher Thompson, également comédien, ici aussi) aujourd'hui. "La Bûche" réunissait une famille autour de la dinde de Noël, et derrière les clichés chaque spectateur se retrouvait un peu. "Fauteuils d'orchestre" rassemble une poignée de "Rich people" autour d'une ravissante idiote, et derrière la guimauve tout le monde sera heureux de les accompagner. Parce que, derrière les stéréotypes, ils ont une attachante dimension humaine. Que les fils de l'intrigue sont noués de main de maître. Qu'il est toujours agréable d'entrer dans les coulisses du théâtre et du cinéma. Et que, surtout, autour de la craquante Cécile de France, les comédiens sont magnifiques : Albert Dupontel en pianiste, Claude Brasseur en chef d'entreprise brûlant ses derniers feux, Sydney Pollack... en Sydney Pollack et, last but not least, Valérie Lemercier en irrésistible star du soap opera rêvant d'incarner Beauvoir. Danièle Thompson, qui parle avec humour d'un monde qui lui est proche, ne craint ni le romantisme ni les bons sentiments, et préfère le luxe de l'avenue Montaigne aux HLM du 9-3. Avouons-le, toute honte bue : de temps en temps, c'est bien agréable !
  Source : http://www.lesechos.fr
   
Comme au cinéma - Aurélie Maulard
  Après nous avoir offert les scénarii de films français inoubliables, fait goûté de La Buche et aux joies du Decalage Horaire, Danièle Thompson nous propose aujourd'hui le fabuleux destin de Jessica de Mâcon, jeune provinciale fraîchement débarquée dans un Paris de strass, de luxe et de paillettes. Si la capitale peinte par la réalisatrice-scénariste peut faire doucement sourire voire carrément rêver, les petits bouts d'existence qu'elle filme avec délicatesse nous font voir la vie en rose ... Impeccable et pétillante, Cécile De France joue les chefs d'orchestre d'une véritable valse de personnages tous très attachants, délicieusement interprétés par un casting irréprochable. Claude Brasseur, Albert Dupontel et la regrettée Suzanne Flon nous touchent en plein cœur, Valérie Lemercier, d'un naturel exemplaire, fait son show, Christopher Thompson joue les princes pas toujours très charmants… Même s'il est parfois un brin fantasmé, le film de Danièle Thompson, drôle, touchant, émouvant et finalement très humain, nous fait passer du rire aux larmes en un claquement de doigt. De quoi prendre place, à l'orchestre, au premier rang ou au balcon, pour profiter au mieux de cette belle partition à plusieurs mains qui nous rend heureux et nous fait nous sentir bien. Et c'est déjà pas mal !
  Source : http://www.commeaucinema.com
   
Le Point - Olivier de Bruyn
 

Dans sa nouvelle comédie, Danièle Thompson confirme son talent tout en finesse et drôlerie

Catherine ne peut pas se plaindre. Grâce à ses prestations dans un feuilleton cathodique aussi minable que lucratif, son compte en banque affiche une santé resplendissante. Mieux : la comédienne répète une pièce de Feydeau et, bientôt, le triomphe promet d'être au rendez-vous. Catherine (Valérie Lemercier) se plaint quand même... Ras-le-bol de la célébrité, des diktats de son agent, des répliques binaires de son feuilleton télé, des figures imposées du vaudeville.

Catherine voudrait incarner des héroïnes à la hauteur de son talent (Simone de Beauvoir, pourquoi pas ?) et enfin être reconnue pour autre chose que sa bobine télévisuelle... Jean-François (Albert Dupontel) ne saurait gémir sur son sort. Pianiste de renom et concertiste adulé, son agenda est rempli à ras bord pour les cinq prochaines années. Mieux : il s'apprête à donner un récital dans une grande salle parisienne. Immense succès en perspective ! Jean-François gémit quand même... Impression tenace de ne plus être à sa place. Aime-t-il encore la musique ? Ses doigts ont-ils perdu leur âme ? Mystère. Jacques (Claude Brasseur) n'a pas le droit de pleurnicher. La vente aux enchères de sa collection d'art va lui rapporter des millions. De quoi envisager l'avenir avec sérénité auprès de sa nouvelle compagne, une jeune beauté qui pourrait être sa (petite) fille. Jacques pleurniche quand même... Qu'a-t-il fait de sa vie ? Mérite-t-il le respect de son fils, lui qui a perdu jusqu'au respect de lui-même ?

e rapport entre tous ces personnages ? A priori aucun. Si ce n'est de cohabiter, durant quelques jours, dans les alentours luxueux de l'avenue Montaigne, à deux pas des Champs-Elysées. Et surtout, malgré le luxe et ses apparats, de ne plus supporter d'être empêtrés dans une existence qui ne les satisfait que (très) superficiellement. La jeune Jessica (Cécile de France, lire ci-contre), Rastignac en jupons engagée à la brasserie du coin, se chargera, bien aidée dans sa tâche par la mécanique du hasard, d'entrecroiser les itinéraires de ces protagonistes fâchés avec eux-mêmes...

Du côté de la comédie de l'âge d'or hollywoodien

Danièle Thompson n'en finit décidément pas de confirmer son talent ! On connaissait depuis longtemps la scénariste inspirée, aussi à l'aise dans l'écriture de comédies grand public ("La boum" ou les films de son père Gérard Oury) que dans la collaboration avec les auteurs les moins frivoles (Patrice Chéreau pour "La reine Margot" et "Ceux qui m'aiment prendront le train"). Depuis cinq ans et son passage derrière la caméra avec "La bûche", elle ne cesse de démontrer son habileté à mettre en scène des histoires subtiles mitonnées avec un soin et une intelligence rares. Une exception dans le cadre d'un cinéma français populaire trop souvent abandonné aux cyniques et aux faiseurs.

"Fauteuils d'orchestre", son meilleur film à ce jour, fait figure de réussite majeure dans un genre - la comédie chorale - qui ne supporte pas la médiocrité. Un modèle d'équilibre où la drôlerie et la finesse sont les meilleurs alliés d'une amertume pudique. Fidèle à ses admirations du côté de la comédie de l'âge d'or holly-woodien, Danièle Thompson ne néglige rien ! Le rythme frénétique de l'action, la direction d'acteurs, la qualité des dialogues, les personnages secondaires (exquise prestation de Sydney Pollack, dans le rôle d'un cinéaste américain souhaitant porter à l'écran la vie de Jean-Paul Sartre) : tout s'accorde pour faire de ces "Fauteuils d'orchestre" un des films les plus recommandables de la saison

  Source : http://www.lepoint.fr
   
Tribune de Genève - edmée cuttat
 

Dans la vie, c'est comme au théâtre, on ne s'estime jamais bien placé. Ou alors si on l'est, on ne s'en rend pas compte. C'est l'idée de base de Fauteuils d'orchestre, où Danièle Thompson explore le milieu artistique parisien, un rien caractériel. Cette comédie légère assez convenue mais plutôt réjouissante s'articule autour de trois personnages principaux: une vedette de feuilletons télévisés le jour, qui joue du Feydeau le soir mais rêve d'interpréter Simone de Beauvoir, un pianiste virtuose qui, à l'inverse, n'en peut plus de la reconnaissance élitiste que lui vaut son talent. Ainsi qu'un collectionneur décidé à vendre l'œuvre de sa vie, histoire de s'aérer la tête.

Pour faire le lien entre eux, la jolie Jessica, une jeune provinciale fraîchement débarquée à Paris. Fil rouge de l'histoire, c'est elle qui la fait avancer, servant de psy, de confesseur, et surtout de révélateur à ces personnages, dont les destins se croisent, l'espace d'une soirée. A l'image de celui de Catherine, alias Valérie Lemercier. A son habitude irrésistible, elle porte le film sur ses épaules. Mais on retiendra aussi la belle performance d'un Dupontel étouffé par le luxe et avide de vraies valeurs.

Tout comme celle de Dani, émouvante gardienne de théâtre, qui donne une petite touche de spleen à l'ensemble. Sans oublier l'hommage de la réalisatrice à l'une des figures centrales de l'intrigue, Paris, terre d'élection de la culture.

  Source : http://www.tdg.ch
   
BosKop Magazine - Benoît Laplanche-Servigne
 

"Fauteuils d'orchestre", le dernier film de Danièle Thompson semble s'être inspiré de tout ce qu'il y a de meilleur dans le cinéma français. Il a le rythme d'un film de Gérard Oury (père de Danièle Thompson), l'intelligence d'écriture de Bacri-Jaoui, toute l'originalité d'un Resnais, l'humour d'un Michel Blanc ou d'un Chabat, le charme d'un Marc Esposito. Et pourtant il apparaît comme une révélation, soudainement nouveau et terriblement inédit (ce qui est faux mais qu'importe) tant il est rafraîchissant (pas de soucis, les beaux jours reviennent).

Voilà un film tout de paradoxes qui fait du bien. On ne peut plus agréable à voir, "Fauteuils d'orchestre" est une balade tranquille et énergisante, servie par le meilleur casting du moment : Cécile de France (craquante), Christopher Thompson (étonnant), Claude Brasseur (juste), Albert Dupontel (bouleversant), Laura Morante (émouvante), Valérie Lemercier (touchante et terriblement drôle) et enfin Dani comme vous ne l'avez jamais vu (ex-fan des sixties, en rousse, poignante).

Après "La Bûche" et son unité de temps restreinte (Noël), "Décalage horaire" (tout est dans le titre), ce dernier opus maintient son récit dans trois jours, deux nuits, quatre mouvements, trois fois rien. Tout est là, pertinent, percutant, juste, sincère, prenant. Et la musique n'en fait que nous emporter un peu plus, davantage. Ca exalte, ça excite, ça renforce, ça réconforte.

  Source : BosKop Magazine
   
LE PROGRES - Thierry Meissirel
 

Les dorures de l'avenue Montaigne, la gloire, la réussite, et l'ambition du bonheur au centre d'une belle histoire Danièle Thompson filme son monde avec tendresse et ironie

Tant qu'on est pas au premier rang, on a une seule ambition : y accéder. Et quand on a atteint ce Graal, on s'ennuie, et on cherche une nouvelle quête.
Tous les personnages de "Fauteuils d'orchestre", le nouveau film de Danièle Thompson, sont au premier rang de leur profession, et personne n'est satisfait de son sort. Seule une lumineuse jeune fille (Jessica, interprétée par Cécile de France) leur rappelle leur sort enviable, et le simple bonheur d'exister.

Le film est un drôle de huis clos, basé avenue Montaigne. Dans ce temple du luxe parisien, entre le Plazza Athénée et les boutiques chics, on trouve le théâtre des Champs-Elysées (en fait une salle de concert), située dans le même bâtiment qu'une célèbre étude de vente aux enchères, tout à côté d'un fameux théâtre de boulevard.

Autant de lieux prestigieux où se retrouvent un pianiste à la réputation internationale (Albert Dupontel), une comédienne populaire (Valérie Lemercier) et un milliardaire collectionneur d'art (Claude Brasseur). Trois personnages importants, mécontents de leur sort. La reine du boulevard et du feuilleton télé rêve de crédibilité, le pianiste d'un partage de musique sans cérémonie surannée, et le collectionneur d'art veut se débarrasser de ses encombrants trésors. Un seul lieu rassemble toutes les populations de l'avenue Montaigne : le "Bar des théâtre" dans lequel officie Jessica.

La gardienne du théâtre (Dani) ou un réalisateur américain (Sydney Pollack dans son propre rôle ou presque) se retrouvent cote à cote devant un steak frites. La jolie Jessica observe ces réussites dans un soupir, comme le comble du bonheur, tandis que les objets de son admiration bougonnent et se lamentent. Dupontel est parfait en artiste tourmenté. Lemercier est explosive comme de coutume et Brasseur excelle en vieux sage renonçant à son petit musée. Ce film n'est pas une comédie, malgré les saillies pétulantes de Valérie Lemercier. Danièle Thompson filme son monde avec tendresse et ironie, dans une sociographie narquoise de la réussite. Un exercice de style subtil, et réglé comme une partition pour grand orchestre.

  Source : http://www.leprogres.fr
   
L'opinion - Chistian Authier
 

Avec Fauteuils d’orchestre, Danièle Thompson a réalisé une brillante comédie chorale emmenée par une distribution impeccable. Réservez votre fauteuil ...

Jeune provinciale débarquée de Mâcon, Jessica arpente les beaux quartiers de la capitale à la recherche d’un boulot. C’est finalement au Bar des Théâtres sur l’avenue Montaigne qu’elle est embauchée par un directeur bougon. En face, à la Comédie des Champs-Élysées, Catherine Versen répète une pièce de Feydeau tout en enchaînant les épisodes d’une série télévisée à succès dont elle est l’héroïne. Cependant, elle aspire à s’illustrer dans un registre plus intello, loin de ce succès populaire qui l’étouffe. Pianiste classique de renommée mondiale, Jean-François Lefort rêve lui aussi d’horizons nouveaux, d’une musique délivrée des apparats et des codes élitistes.

La soixantaine apparemment vaillante et conquérante, Jacques Grimberg s’apprête à se débarrasser lors d’une vente aux enchères de sa prestigieuse collection d’art et de profiter d’une existence dorée auprès de Valérie, jeune femme aussi belle que matérialiste. Frédéric, le fils de Jacques Grumberg, est un historien austère et ennuyeux. Venant de solder son mariage, il semble déplorer et envier à la fois l’appétit de vie de son père. Le même soir, Catherine jouera la première de sa pièce, Jean-François interprètera Beethoven et Jacques liquidera l’œuvre de sa vie. Le théâtre, la salle de concert et la salle des ventes sont voisines. En attendant, ce petit monde va se croiser autour du Bar des Théâtres ...

La règle du jeu

Pour sa première réalisation, le très lourdingue La Bûche en 1999, Danièle Thompson s’était déjà frottée au film choral. Après Décalage horaire, la revoici avec Fauteuils d’orchestre toujours écrit en collaboration avec son fils Christopher qui interprète par ailleurs le rôle de Frédéric. Le point de départ du scénario paraît convenu et l’on craint une manière de théâtre filmé encombré de mots d’auteur et de numéros d’acteurs plus ou moins réussis.

Rapidement, cette comédie humaine douce-amère chasse les appréhensions. Se reposant sur des situations plutôt convenues (la provinciale arrivant à Paris, les artistes en crise, un père et un fils en conflit…), Danièle et Christopher Thompson parviennent à éviter les clichés et à glisser dans leur divertissement une amertume, une mélancolie et une fantaisie qui emportent l’adhésion. Dans le microcosme qu’ils décrivent - celui des artistes, du spectacle, des hôtels et boutiques de luxe - les frontières invisibles sont tracées avec délicatesse. Ainsi, par petites touches, Fauteuils d’orchestre cerne la violence des rapports de classe et le pouvoir corrosif de l’argent.

Évidemment, l’entreprise achopperait sans une interprétation parfaite et homogène. Tout d’abord, Cécile de France est éblouissante de fraîcheur et d’innocence. Autour d’elle, on n’avait pas vu Claude Brasseur jouer aussi juste depuis longtemps. Christopher Thompson signe sa meilleure interprétation à ce jour. Suzanne Flon, Dani et Valérie Lemercier sont irrésistibles, Albert Dupontel convaincant.

Danièle Thompson met en scène des personnages en crise. Certains vont mourir, quelques-uns vont bouleverser leur carrière et leur vie, d’autres vont vivre le grand amour. À la manière de Sacha Guitry, Jean Renoir ou Max Ophüls, tout cela est léger et profond, joliment consolateur. Bref, c’est épatant.

  Source : http://www.lopinion.com

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L'express - Christophe Carrière
La Grande Vadrouille, Rabbi Jacob, La Reine Margot... et aujourd'hui Fauteuils d'orchestre, qu'elle réalise: la scénariste Danièle Thompson livre une leçon d'écriture
Ses histoires finissent bien, en général. Pour elle, en tout cas. De La Grande Vadrouille à Fauteuils d'orchestre, son troisième film comme réalisatrice, Danièle Thompson, 64 ans, a signé 27 scénarios, dont ceux des Aventures de Rabbi Jacob, de Cousin, cousine, de La Boum, de La Reine Margot, on en passe et des meilleurs. L'auteure a de qui tenir: son père s'appelle Gérard Oury, lequel travaillait à la maison avec des écrivains tels que Pierre Boileau, Thomas Narcejac, Frédéric Dard, on en passe et des illustres. A son tour, Danièle Thompson est devenue une "scénariste de renom", bien qu'on choisisse ce métier non pas "pour la célébrité, dit-elle, mais pour écrire les films qu'on a envie de voir". A condition de posséder, à défaut de méthode miracle, l'art et la manière.
Comment écrire des situations ?

Qu'un producteur ou un auteur en soit à l'origine, le sujet importe peu. Il captivera le spectateur si son développement tient debout: situations efficaces et dialogues pertinents. Pour Danièle Thompson, la meilleure école reste celle du rire. "Dans un film comique, l'action est reine. On est constamment à se demander ce qui se passera ensuite." Ainsi, La Grande Vadrouille est née de réunions quotidiennes entre elle, Gérard Oury et Marcel Jullian, lequel synthétisait chaque soir les idées du jour. Après quoi, le script était remis aux dialoguistes Georges et André Tabet.

La quantité n'est pas synonyme de qualité, et il n'est pas rare, à force d'inspiration, de se noyer dans son scénario. "L'idéal est d'avoir un regard extérieur objectif", confie la réalisatrice. Sur La Grande Vadrouille, celui du producteur Robert Dorfmann fut primordial. Peu convaincu par une dernière partie où les personnages joués par Louis de Funès et Bourvil passaient par Albi pour rejoindre l'Espagne, il persuade les auteurs d'arrêter l'histoire plus tôt et, du coup, de réécrire la fin. 17 millions de spectateurs plus tard, Danièle Thompson retient la leçon: "Rien n'est jamais acquis dès le premier jet. Il faut constamment revoir sa copie."

Comment écrire pour des acteurs?
Tricoter du sur-mesure pour des comédiens présente avantages et inconvénients. "On savait que la séquence de l'usine de chewing-gum, dans Les Aventures de Rabbi Jacob, serait, grâce à Louis de Funès, mille fois plus drôle à l'écran que dans le script", se souvient Danièle Thompson. Mais elle se rappelle aussi s'être interdit d'imaginer des scènes d'émotion, sachant que la star du comique ne voudrait pas les jouer. Autre exemple: le scénario de La Folie des grandeurs repartit à l'écriture, après la mort de Bourvil, lequel fut remplacé par Yves Montand. "Il fallait que les dialogues soient à sa bouche", explique-t-elle. Mais ces changements impromptus virent parfois à l'incongru: quand Catherine Deneuve et Michel Blanc refusent sans appel le script de Vanille-Fraise, Sabine Azéma et Isaach de Bankolé héritent des rôles principaux. Un échec cuisant. "Ils ne sont pas responsables, c'est le scénario qui n'était pas à la hauteur. Quand un film que j'ai écrit ne fonctionne pas et qu'il ne fait pas d'entrées, je considère que l'erreur vient de moi, et non du public."
Comment écrire un scénario original?
Depuis près de vingt ans, un restaurateur parisien, dans le Marais, crie au plagiat et a peint, sur sa devanture, un texte où il accuse Gérard Oury et Danièle Thompson de lui avoir volé le sujet de Lévy et Goliath. "Mon père n'a jamais voulu répondre, confie la scénariste. Personne n'est propriétaire d'une idée, et il arrive souvent que des projets similaires soient écrits en même temps." Elle-même en a fait les frais. Alors qu'elle s'apprête à passer à la mise en scène, elle invente une fille, née sous X, à la recherche de sa mère. Des mois de travail plus tard, l'auteure découvre Secrets et mensonges, de Mike Leigh, qui raconte la même chose. "J'étais détruite. Mon projet est allé dans un tiroir." Libre de droits, l'adaptation d'une œuvre dans le domaine public n'en requiert pas moins d'inspiration. Danièle Thompson et Patrice Chéreau ont travaillé quatre ans sur La Reine Margot, d'après Alexandre Dumas. "On l'a lu et relu, raconte la scénariste. Et on avait en tête Isabelle Adjani pour le rôle-titre. Or le personnage qu'elle interprète n'est pas le personnage principal du livre. On a donc réécrit en fonction de lui. Tout en restant fidèle à l'œuvre originale, on a raconté ce qu'on voulait: l'histoire d'une femme révoltée et libre."
Comment écrire dans l'air du temps?
Installée dans un luxueux appartement, à deux pas de l'avenue Montaigne, Danièle Thompson est à l'écoute de tout ce qui l'entoure. A commencer par la famille. Comme cet après-midi de 1977 où elle découvrit, dans son salon, des enfants de 13 ans, dont sa fille, dansant des slows, rideaux tirés et bougies allumées. "Je me suis aperçue que les ennuis allaient commencer." L'idée de La Boum était née.
D'aucuns reprochent à la scénariste de situer la plupart de ses histoires dans un milieu bourgeois, comme pour Fauteuils d'orchestre, son dernier film, qui suit une jeune provinciale dans le triangle d'or de l'avenue Montaigne, à Paris: l'hôtel Plazza Athénée, le théâtre des Champs-Elysées, le Bar des théâtres. Elle s'en défend et précise qu' "une fois la toile de fond établie il reste tout à inventer. Dans le cas d'un scénario de film choral, comme ici, on choisit une pièce et on construit autour. Le tout est de savoir exactement ce qu'on veut raconter". Il n'y a pas de miracle. Juste du travail.
Source : http://www.lexpress.fr
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Entretien avec Cecile De France
L'amour est sans aucun doute l'ingrédient le plus incontournable de toutes les histoires de cinéma. Films de voyous ou de dandys, homme blessé ou belle de jour, il y a toujours ne fût-ce qu'une pincée de sentiments pour justifier l'acte du voyou ou les errances du dandy. Depuis 22 ans, à Mons, on veut plus qu'une pincée d'amour en fuite, on revendique un écran amoureux. D'où ce rendez-vous annuel, en février, avec le Festival du film d'amour. Tout commence demain, dès 20 heures, au Théâtre royal de Mons, avec Fauteuils d'orchestre, de Danièle Thompson. En présence de la réalisatrice et de notre compatriote Cécile de France, nominée aux Césars pour Les poupées russes, interprète "fil rouge" de Fauteuil d'orchestre, où Jessica la provinciale débarque à Paris, avec sa curiosité et sa fraîcheur. Un rôle proche du réel de Cécile, il y a 13 ans.
Jessica, c'est un peu vous à votre arrivée à Paris ?
Effectivement. J'avais cette même force de la jeunesse et la volonté d'apprendre. Mon moteur, c'était le théâtre. J'avais cette insouciance doublée d'une passion qui abat toutes les barrières. Mais j'ai aussi vécu cette solitude, quand on est loin de sa famille, de ses amis et amoureux. Je travaille à Paris mais mon coeur est toujours à Namur, car c'est là où tout a commencé. Cela dit, face à un rôle, je ne m'attarde jamais sur moi. J'ai très vite appris la distanciation. Je joue pour raconter une histoire, pas ma vie ! Ici, j'aimais l'idée de jouer un personnage plus jeune que moi. Car c'était une création. Mais avec Danièle Thompson, tout est fluide et simple.
Jessica attire la sympathie. Vous aussi, au sein de la profession !
Je ne m'en rends pas compte. Mais je ne sens pas d'animosité , je me sens accueillie et je suis très heureuse de faire ce métier. J'ai beaucoup de chance de pouvoir assouvir ma passion.
Comment cela a-t-il commencé ?
À l'école. L'institutrice a demandé qui voulait réciter une poésie. J'ai levé la main, j'ai récité. À la fin, la classe a applaudi. La fois suivante, tous ont scandé : " Cécile", pour que j'y aille. J'avais trouvé ma place par rapport aux autres. Ce fut la révélation
Vous n'êtes pas enfermée dans un genre. Un secret ?
Non. S'il y a des choses à jouer, je prends. Il faut que je puisse inventer, chercher, créer, entrer dans un autre univers. Sinon, je m'ennuie, je suis malheureuse.
Un souvenir avec Suzanne Flon, votre grand-mère à l'écran ?
Elle m'a épatée. Elle avait vraiment la patate. Elle a tout de suite fait monter le niveau. Puis, elle est tombée malade et a perdu cette joie, cette force. Mais dès qu'on disait Moteur , elle avait une force de concentration pour regrouper toute son énergie et jouer comme si de rien n'était.
Une nouvelle nomination aux Césars avec "Les poupées russes", de Klapisch ! En quoi la rencontre fut-elle essentielle ?
Cédric m'a fait confiance pour créer un personnage, collaborer à cette création avec lui. Comme il favorise l'impro et l'instantané des choses, on peut apporter beaucoup. Sa manière de travailler favorise l'invention. J'adore. Dans Les poupées russes, j'ai écrit les répliques d'une scène.
Vos projets cinéma ?
S'annoncent Quand j'étais chanteur, de Xavier Giannoli, Broadway dans la tête, de Berliner. Là, je tourne Mauvaise foi, de et avec Roschdy Zem. Au printemps, je fais le nouveau Claude Miller.
A quel point pouvez-vous jouer avec votre image ?
J'ai appris à aimer jouer le jeu du glamour. À l'apprivoiser. Car dans ma culture prolétaire, dans mon éducation, c'était une chose plutôt négative.
Pour quand la grosse tête?
Je l'ai un petit peu ! Si je me laissais aller, je ne parlerais que de mon métier ! Je suis si heureuse que je n'arrête pas d'y penser. C'en est masturbatoire !
L'important, c'est d'aimer
Attention aux fauteuils d'orchestre : trop loin, on ne profite pas du spectacle ; trop près, on n'y voit plus rien. Message pour les héros de la nouvelle comédie douce-amère de Danièle Thompson, présentée vendredi soir en ouverture du Festival du film d'amour de Mons.

Film choral, coécrit avec son fils, Christopher Thompson, et doté d'une distribution inattendue (Valérie Lemercier, Albert Dupontel, Claude Brasseur, Dani...), Fauteuils d'orchestre capte le tourbillon de la vie, les désillusions et autres rêves manqués du côté des nantis. Ici, pas de métro, boulot, dodo ! Plutôt des états d'âme autour de l'être et du paraître entre luxe et célébrité. La misère n'est pas financière, mais affective, intime.

Fil rouge : une provinciale curieuse (Cécile de France), à Paris pour tenter sa chance. Sa grand-mère (Suzanne Flon) lui a dit : "Je n'avais pas les moyens de vivre dans le luxe, alors j'ai décidé d'y travailler." Serveuse dans le luxueux VIIIe, là où amateurs d'art, intellectuels et artistes se croisent, Jessica dénote, dans le stress ambiant. Sa fraîcheur, sa disponibilité incitent à la confidence...

Unité de lieu et de temps pour saisir quelques tranches de vie, avec lambeaux de rêves, illusions et désillusions. Pour confronter art et commerce, élite et populaire, envie et vie. Pour régler quelques comptes et renouer les liens essentiels. Dans la tradition française. La cinéaste est à l'aise avec le film choral. Sa caméra glisse d'un personnage à l'autre, tous dessinés dans la nuance et servis par de bons dialogues. Pour que dire ? La vie peut n'être que répétition. En même temps, il n'est jamais trop tard pour assumer ses rêves. L'important, c'est d'aimer.

Source : http://www.leguide.be
 
Entretien avec Danièle Thompson pour Tribune de Genève - edmée cuttat
"Depuis toujours, j'aime écrire, raconter des histoires", raconte Danièle Thompson, qui s'est d'abord fait un nom comme scénariste des films de son père Gérard Oury. "A l'école, j'étais bonne en composition. En plus, je suis née dans ce milieu de théâtre et de cinéma. J'ai une familiarité avec ce métier. A l'instar d'un artisan qui voit son père faire des meubles, ou du pain."
Tout pour devenir ce que vous êtes en somme
Si on veut. Pourtant au départ, je désirais être avocate, pas comédienne. J'ai trop vu ramer mes parents quand j'étais petite.. J'ai encore des souvenirs d'eux attendant anxieusement un coup de fil. Quand mon père a commencé à réaliser des films, les choses ont changé. Et il m'a récupérée pour le scénario de La grande vadrouille, alors que je m'ennuyais dans mes études de droit.
A votre tour, vous écrivez avec votre fils Christopher
Oui. Nous en sommes déjà à notre troisième quatre mains après La bûche et Décalage horaire. Une collaboration très intéressante dans la mesure où nous nous complétons sans partager le même point de vue. C'est normal nous ne sommes pas de la même génération.
Comment est né "Fauteuils d'orchestre"?

J'étais aux aguets entre deux films. Un soir, je suis allée au Théâtre des Champs-Elysées avenue Montaigne et j'ai découvert cet immense paquebot, qui réunissait les endroits qui m'ont servi de décors. Avec surtout, dans le coin, le petit Bar des Théâtres, véritable lieu de rencontres.

Ce qui nous a fascinés, Christopher et moi, c'était les différences sociales et culturelles des gens qui le fréquentent. Du coup, nous les avons imaginés, dans un bilan de leur vie et en quête d'autre chose. D'une meilleure place à l'orchestre en somme.

Vous parlez de différences, mais vos héros sont en majorité riches et célèbres
C'est vrai. Sauf que les disparités existent quand même. Et à l'évocation des frustrations ou des névroses, qu'on soit fortuné ou fauché ne change pas grand-chose.
Vous en profitez également pour revisiter la variété française à travers le ­personnage de Dani
Lorsque j'ai imaginé cette ouvreuse écoutant des tubes en play-back, j'ai tout de suite pensé à elle. Le choix des chansons représente l'univers de l'Olympia, de Bécaud à Brel en passant par Aznavour.
Vous avez dédié ce film à Suzanne Flon, morte peu après la fin du tournage
Elle a absolument voulu finir ce film avec cette force d'actrice qui la caractérisait. Vous savez, j'adore les acteurs. Particulièrement sur un plateau. Alors que dans la vie ce sont des gens normaux, ils deviennent magiques sur un tournage. Ils m'émeuvent par leur attention, leur envie de bien faire, leur générosité.
Sydney Pollack joue un petit rôle dans le film. C'est assez inattendu

Il est arrivé comme un miracle, car j'étais en panne. A l'origine José Garcia devait jouer le metteur en scène dans le film, mais il n'a pas pu. Après avoir vu plein de gens, j'ai eu l'idée d'appeler Sydney, qui a accepté de me sauver la mise.

Source : http://www.lalibreessentielle.be
 

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