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Titre
original |
Du jour au lendemain |
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Réalisation |
Philippe Le Guay |
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Scénario |
Olivier Dazat & Philippe Le Guay |
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Interprétation |
Benoît Poelvoorde, Bernard Bloch, Anne Consigny, Constance
Dolle, Anne Le Ny, Rufus, Flannan Obé, Robert Castel,
François-Eric Gendron, Lauriane Escaffre, Bernard Ballet,
Manuela Gourary, Catherine Chevallier, Michaël Cohen, Michelle
Marquais, Mhamed Arezki, .. |
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Photographie |
Jean-Claude Larrieu |
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Pays |
France |
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Année |
2005 |
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Durée |
1h 33min. |
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Genre |
Comédie |
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Producteur(s) |
Philippe Rousselet |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Salle 12 - Plan
d'accès |
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Projection le jeudi 16 mars
2006 |
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Le film est projeté en version
originale française |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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La vie est bien ingrate pour François Berthier : un chien
hurle toute la nuit et l’empêche de dormir, la machine
à café lui explose au visage, il pleut, le chef de
bureau à la banque l’humilie et le menace de renvoi.
Et encore, tout cela ne serait rien si sa femme ne voulait pas divorcer,
après une séparation qui dure depuis un an ...
Et puis, du jour au lendemain, tout ce qui était violent
ou pénible pour François se transforme comme par miracle
: le chien ne hurle pas, la machine à café fait un
expresso délicieux, il fait beau, le chef de bureau s’excuse
de s’être énervé la veille ...
Que se passe-t-il ? Pourquoi le monde devient-il si brusquement
doux et enchanteur ? C’est l’énigme que va essayer
de résoudre François. Il se rend compte que chacun
a ses raisons, et qu’un faisceau de circonstances conspire
à son nouveau bonheur.
Mais il ne suffit pas que les choses se passent bien, encore faut-il
les accepter. François s’émerveille de cette
subite embellie que connaît sa vie, mais il va très
vite se sentir angoissé par ce bonheur.
François se sent indigne : le bonheur et la réussite,
ce n’est pas pour lui, c’est pour les autres. Le problème
quand on est heureux, c’est que le monde entier se met à
vous demander des comptes, et ça c’est vraiment pire
que tout.
François va essayer de retrouver sa première journée,
quand le chien hurlait et que le chef de bureau était odieux.
C’est alors que sa femme revient en force dans sa vie. Décidément,
le bonheur lui colle à la peau, envers et contre tout ...
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Comme au cinema - Gaillac-Morgue |
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Entretien
Avec Le Réalisateur, Philippe Le Guay
Comment définiriez-vous votre
nouveau film, Du jour au lendemain ?
C'est une fable contemporaine, avec un point de départ quasi
fantastique. L'histoire met en scène un homme en proie à
mille petites agressions, des vexations, des contrariétés
qui n'ont en soi rien d'exceptionnel. (..) Visuellement, j'ai tout
de suite songé à l'univers des dessins de Sempé
: des décors immenses avec un tout petit personnage qui s'étonne.
Sempé est un champion de l'observation quotidienne, et en
même temps, tout est réinventé. Chez lui, il
y a un mélange de légèreté et d'inquiétude.
Vous définissiez le ton de L'Annee Juliette comme une "comédie
inquiète"...
Si je pouvais être l'auteur d'un genre, j'aimerais que ce
soit celui de la comédie inquiète. D'un côté,
j'éprouve un désir de légèreté
quand j'aborde une histoire, et de l'autre, la vie m'apparaît
dans sa violence et sa barbarie. Même dans une comédie,
j'essaie de restituer cette cruauté, cette forme d'inquiétude.
Comment avez-vous développé
le scénario ?
C'est Olivier Dazat qui a apporté le scénario original.
Il avait écrit un premier traitement où il y avait
une explication un peu loufoque : le personnage était observé
et manipulé par les services secrets ! Nous avons choisi
d'enlever cette justification (..) . On ne saura jamais pourquoi
tout s'est arrangé le mardi, c'est un postulat ! Et puis
nous nous sommes concentrés sur le personnage principal.
François Berthier vit le bonheur comme une imposture, comme
une lettre qui serait adressée à la mauvaise personne.
Cocteau disait que le succès est un malentendu...
Vous évoquiez tout à l'heure
les dessins de Sempé : cela vous a-t-il servi d'inspiration
visuelle ?
Tout à fait. C'est l'image des petits personnages perdus
dans l'espace. On retrouve ça aussi chez Tati. Visuellement,
j'avais un souci de stylisation, comme par exemple le bureau de
Benoît, un angle fermé dans des cloisons de béton.
C'était le hall d'un centre d'exposition et nous y avons
aménagé la banque qui sert de décor au film.
C'est vraiment le mélange idéal : on part de décors
réels et on les transforme en ajoutant des cloisons, des
faux murs... Je tenais à une sorte d'abstraction quotidienne,
un familier décalé. J'ai évité les rues
de Paris pour privilégier des décors élégants
et un peu vides, comme ceux de la galerie marchande.
Vous vous autorisez aussi une grande
liberté de ton, comme par exemple une séquence de
comédie musicale.
La comédie musicale est par principe même une embellie.
On est dans une rue de New York ou dans Central Park et brusquement,
le quotidien s'éclaire, devient plus léger. Les personnages
esquissent un pas de danse, ils fredonnent une chanson et c'est
la réalité qui s'enchante. Dans un film qui raconte
le passage du gris à la lumière, la comédie
musicale était un passage obligé ! Et bien sûr
il me plaisait de rendre hommage, le temps d'une séquence,
au cinéma de Jacques Demy. (..) C'est pour cela aussi que
j'ai demandé une musique émotionnelle, au compositeur
Philippe Rombi. Il a écrit une partition qui ne fait pas
spécialement "comédie" mais qui prolonge
l'état intérieur du personnage.
Votre film pourrait presque être l'illustration de cette
phrase de Maeterlinck : "Être heureux, c'est avoir surmonté
l'inquiétude du bonheur".
Je ne la connaissais pas, c'est vrai que ça résume
tout. Je voulais que le dernier moment du film soit paroxystique.
Le personnage n'en peut plus de ce bonheur, il n'aspire qu'à
une seule chose, c'est revenir à son état originel,
à cette première journée où il était
dans sa léthargie et sa frustration. Au moins pouvait-il
penser que cet état-là, il l'avait choisi ! Le cauchemar
de François, c'est que la réalité dans son
ensemble se met à lui sourire. Il y a là quelque chose
de totalitaire, c'est "le Meilleur des Mondes" d'Huxley
! C'est contre cette obligation du succès que le personnage
se révolte à la fin. (..) |
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Source : http://www.commeaucinema.com |
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Comme au cinema - Gaillac-Morgue |
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Qu'est-ce qui vous a séduit
dans ce projet ?
C'est un film "délicat", ce qui est plutôt
rare au cinéma et nouveau pour moi... (..) Ce film est une
fable sur le bonheur, une réflexion sur le désir.
Aujourd'hui on est presque obligé de s'engager dans une course
frénétique au bonheur. Quel est notre rapport entre
des petites choses infimes censées contribuer à nous
rendre heureux dans notre quotidien et l'idée absolue que
nous avons du bonheur ? (..) La façon dont Philippe Le Guay
aborde la complexité de ce sujet est intéressante.
Car finalement pour François, mon personnage, trouver son
bonheur, c'est retrouver son malheur !
En fait, votre personnage est en quête
d'un bonheur tranquille
Il n'a pas de grandes ambitions. Il y a des gens qui par exemple
savent très bien qu'ils ne pourront jamais sortir avec un
top model, l'idée même ne leur traverse pas l'esprit.
Si tout à coup une très, très jolie fille arrive
dans leur vie, ils se retrouvent totalement ébranlés
et angoissés. Ils vont pour la première fois remettre
en question l'idée de leur séduction, le fait de mériter
ou de ne pas mériter une si jolie fille. Et comment vivre
avec cette beauté ? C'est-à-dire qu'ils sont confrontés
à accepter, ou non, que d'autres gens la convoitent, à
devoir faire en sorte qu'elle ne s'ennuie pas, etc. Le film c'est
un peu ça. Ce type n'a jamais rien demandé, et on
lui donne bien plus que ce qu'il n'osait espérer. Alors devoir
vivre avec ce plus, c'est "plus" compliqué. Le
bonheur ce peut être le paradis ou l'enfer... J'apprécie
que la fin du film reste ouverte. Ce serait dangereux d'aborder
des sujets aussi universels en y imposant un sens définitif.
François est extrêmement
lucide, il dit, "Chaque fois qu'il m'arrive quelque chose d'agréable,
je vais payer l'addition.", ou encore, "Le bonheur ne
dure jamais, ce qu'on te donne, on te le reprend."
Disons qu'il est courageux mais pas téméraire. Il
se dit, autant ne rien espérer pour ne pas être déçu.
(..) C'est l'histoire de la tartine qui tombe toujours du côté
de la confiture, jusqu'au jour où elle tombe du bon côté.
Déjà sur cette idée, on peut débattre
pendant des heures ! Est-ce que l'on doit accepter cela comme un
coup de chance, ou chercher à rationaliser, à se plonger
dans l'étude des phénomènes de gravité
ou autres théories ? Dans le film, François veut comprendre
ce qui lui arrive, il appelle la météo, etc. Pourquoi
le monde aurait-t-il changé malgré lui, c'est troublant.
Cette histoire évoque aussi le thème de l'imposture
et de l'indignité, thèmes qui fascinent Philippe Le
Guay. En fait, ce film ressemble vraiment à son réalisateur.
Philippe Le Guay est un garçon délicat, il entretient
un rapport particulier à la mélancolie qui l'amène
à compliquer son rapport au monde ...
Finalement, François accédera
au bonheur en étant libre de ses choix
Oui, il est plus heureux dans un quotidien sans risque. En fait,
chacun de nous se détermine plus ou moins selon son instinct
de conservation, son espace de survie. François préfère
revenir à un état stationnaire, cette forme de malheur
entendu lui assure un équilibre. À partir du moment
où il assume cette espèce de vie, certes un peu ennuyeuse
pour certains, il est à même de l'apprécier.
C'est "son" bonheur. Et là, le film rejoint la
fable : le bonheur est devant toi, même si tu l'as coloré
en noir. Combien de gens se trompent de fauteuils, ils restent pendant
des années sur un siège très beau et très
cher qui leur fait mal aux fesses. Combien se retrouvent le cul
par terre parce qu'ils hésitent entre deux chaises ! La maturité
chez un homme, c'est quand il sait où est sa place.
Comment avez-vous travaillé ce
rôle ?
Finalement, ce personnage a été non pas difficile
à jouer mais difficile à doser. L'évolution
du personnage, basée sur une variation de répétitions,
a demandé un travail précis et délicat. Pour
des situations presque identiques, comme avec le livreur de pizza,
l'énergie devait être à chaque fois différente
et nuancée, soit plus dans la nervosité, soit dans
la déception...
Avez-vous, comme François, tendance
à vous méfier du bonheur ?
Non, je me méfie plutôt des gens qui courent sans
arrêt après le bonheur. Chimère et perte de
temps ! Aujourd'hui le bonheur est réduit à des paramètres
assez mesquins, des possessions matérielles, une accumulation
de biens qui ne suffisent jamais... Je déteste cette quête
frénétique du bien-être et tous ces stages de
remise en forme ! Le bonheur s'inscrit soit dans le passé,
"ah, j'étais heureux à ce moment-là",
soit dans la projection qu'"un jour peut être..."
La difficulté est d'apprécier le bonheur à
l'instant présent, malgré sa durée éphémère.
À trop réfléchir, on passe son temps à
s'observer comme un rat de laboratoire, et on rate tout.
Quelle serait votre définition
du bonheur ?
L'instant de bonheur est un moment suspendu, un glissement dans
l'espace temps. Contrairement à tout ce qu'on veut nous faire
croire en nous proposant des formules de bien-être immuable,
le bonheur n'est pas reproductible, c'est ce qui fait son prix.
En fait le bonheur, c'est la sensation plus que la possession. Le
bonheur est à la fois dense et fragile. Sa fragilité
fait sa richesse, et son éphémère sa grandeur.
Pour moi, le bonheur, ça serait d'arriver à être
en adéquation avec ce que je ressens. C'est pour cela qu'on
aime les expédients. Par exemple la griserie de l'alcool
peut donner l'impression d'être tout à fait en phase
avec soi-même. C'est un leurre bien sûr. Mais qui dit
que le simulacre ne vaut pas la réalité ? |
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Source : http://www.commeaucinema.com |
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Premiers plans - Benoit
Basirico |
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Interview du compositeur
Philippe Rombi sur le film de Philippe Le Guay
Le compositeur régulier de François ozon est présent
au festival pour une leçon de cinéma consacrée
à la musique de film, et pour animer la Master Class avec
de jeunes compositeurs et réalisateurs.
Comment est intervenue ta première
rencontre avec Philippe Le Guay sur Le Coût de la vie ?
Une envie respective de travailler ensemble. Lorsqu'on a fait Le
coût de la vie ensemble, nous avions eu un premier contact
très rapide, je suis arrivé en urgence sur le film.
Philippe Le Guay n'était pas satisfait d'une musique d'un
autre compositeur et puisqu'il a eu un coup de coeur sur la musique
que j'ai faite pour Swimming Pool, il a décidé de
m'appeler et de me montrer son film quasiment terminé. J'ai
eu très peu de temps pour faire la musique. Il me disait
avoir hâte d'arriver au prochain film pour que l’on
puisse se voir plus tôt au moment du scénario et faire
un véritable travail. J'avais beaucoup aimé faire
la musique du Coût de la vie et j'avais donc hâte de
savoir quelle nouvelle histoire Philippe le Guay allait me proposer
cette fois-ci.
Et bien, c’est l’histoire
Du jour au lendemain. Il s’agit d’une comédie
?
Une comédie sur le bonheur qui pose la question : "
Est-on tous fait pour le bonheur ?". Du jour au lendemain la
vie du personnage joué par Benoit Poelvoorde va basculer
du gris au bleu éclatant. Est-ce que cette nouvelle vie va
lui convenir, le fait d'avoir du succès ?
Je me suis amusé à faire une musique tout d'abord
en rapport à la vie disloquée du personnage qui a
une vie chaotique. J'ai essayé de faire une sorte de scherzo
accidenté qui va contraster avec un thème de plénitude
qui va intervenir dans une seconde partie lorsque le personnage
se sent bien. J’ai essayé à ce moment-là
de faire une musique avec un côté fable. J'ai tenté
le coup puisque je ne savais pas si le réalisateur allait
apprécier. De prime abord, le film est réaliste sans
une seule scène onirique. Il est poétique par le jeu
de Poelvoorde.
Il a trouvé mon morceau très beau mais il ne savait
pas s'il allait l'utiliser. Il a apprivoisé ma musique car
il m'a appelé tôt donc j'ai pu lui faire des propositions
sur le scénario. Au fur et à mesure je découvrais
des montages de plus en plus aboutis. J'ai même fait une musique
avant le tournage, une petite scénette de comédie
musicale. C'est Benoit Poelvoorde dans sa phase euphorique qui veut
parler à son patron banquier qui vire le vigile de la banque,
et puisque qu’il est dans sa phase euphorique il veut que
tout le monde aille bien autour de lui, il a envie de réintégrer
le vigile dans la boite. Il profite d'un footing pour parler avec
le patron pour lui demander de réintégrer le salarié.
Sur le scénario je lis :
- - Bonjour Nicolas
- - Comment savez-vous que je m'appelle Nicolas ?
- - C'est votre maman qui me l'a dit
- - ah maman je l'adore, elle a un coeur en or. "
- etc ...
Et cela est accompagné d'une petite notation "séquence
chantée". J'ai donc musicalisé la scène,
j'ai composé une mélodie sur le texte que j'ai lu
de Philippe le Guay, en faisant ajouter quelques rimes... J'ai fait
une orchestration qui m'a demandé pas mal de travail, par
rapport au reste du film dénué de ce genre très
"champagne" avec un côté jazzy, rétro,
ballet.
Une édition CD a été
prévue ?
Non, j'ai tellement travaillé jusqu'au dernier moment sur
le film pour savoir ce que voulais précisément Philippe
que je n'ai rien orchestré pour une édition discographique
tandis que sur Joyeux Noël, j'avais composé des musiques
spécialement pour le disque (comme le "War Adagio ").
En ce qui concerne une éventuelle parution, elle n'est pas
prévue car il n'y a pas assez de minutage pour ne mettre
que le "score", il faudrait y ajouter les musiques additionnelles
(chansons).
Benoit Poelvoorde est-il intervenu ?
J'ai passé une soirée avec lui car la chanson du
parc, c'est moi qui l'ai chanté de manière provisoire,
donc je lui ai fait entendre ces maquettes et il fallait qu'il donne
son point de vue, qu'il valide la chanson car il fallait qu'il la
chante en faisant son jogging.
Je me tourne vers David Reyes, jeune
talent de la musique de film, présent au Festival Premiers
Plans d'Angers pour la Master Class animée par Philippe Rombi...
As-tu une question pour lui ?
David Reyes : A la réception
d'un scénario, comment aborder la musique, les projets ...
Philippe Rombi : Je vois
le film entier, plusieurs fois, pour en tirer la substantifique
moile (rire), pour en trouver la signature, ce qu'il faut pour le
film. C'est à la fois thématique, esthétique
et le ton juste... Si je sens que je pars dans la mauvaise direction,
je m'arrête. Si je ne suis pas content, je ne fais pas écouter.
J’essaie toujours d'élever l'émotion d'un film,
la psychologie des personnages et de trouver le "truc"
du film. C'est ce qui est le plus dur à trouver. On peut
faire une belle musique, mais l'alchimie unique c'est ce "truc".
Parfois on l'a tout de suite, les thèmes de Joyeux Noël
et de Swimming pool, je les ai trouvé tout de suite, dés
la fin de la lecture du scénario. Mais ce n’est pas
le cas à chaque film. Je ferme le scénario, et rien
ne vient pendant une semaine, puis d'un coup tout vient.
Et cela t'est arrivé de ne jamais
trouver le "truc" et de reprendre des codes musicaux pour
tout de même livrer quelque chose ?
Les codes arrivent dans les variations de morceaux. S’il
y a un thème de suspens et que pour une variation je ne me
sens pas inspiré, je peux puiser dans l'expérience
et le savoir-faire... les connaissances permettent cela.
David Reyes : Tu peux imaginer
de composer une chose orchestrée par un autre comme aux Etats-Unis
ou tu considères cela comme un tout ?
Philippe Rombi : Je ne peux
pas déléguer... peut-être un jour je pourrai,
mais ce n'est pas d'actualité. Je refuse parfois des films
car je ne veux pas me faire orchestrer.
Dans ce cas, tu donnes le projet à David ... ((rires)
Une des raisons du refus d’un projet
est l'importance de la musique préexistante ...
Cela m'est égal si la musique de source est d'un autre style
que la mienne, comme quand Ozon met au générique de
5 x 2 une chanson de Paolo Conte, ou Portishead dans Sous le sable.
Je ne rentre pas en conflit avec cela. Par contre, si on met des
musiques symphoniques proche des miennes, cela veut dire qu'on n’a
pas trouvé les miennes assez bien ou on préfère
garder des musiques temporaires, cela me dérange davantage.
En général, les gens se moquent de savoir qui orchestre,
le principal pour les auditeurs ou producteurs est la composition
originale. L'orchestration n'est pas considérée en
France. Pour Joyeux Noël, j'ai fais une orchestration originale
pour "Stile nacht" et personne ne m'en a parlé.
Je préfère qu'on parle de ma musique mais c'est quand
même un exercice sur lequel je travaille. |
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Source : http://www.premiersplans.info/ |
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