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Titre original |
Good Night, and Good Luck. |
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Réalisation |
George Clooney |
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Scénario |
George Clooney & Grant Heslov |
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Interprétation |
David Strathairn, George Clooney, Robert Downey Jr., Jeff
Daniels, Patricia Clarkson, Frank Langella, Ray Wise, Tate Donovan,
Rose Abdoo, Alex Borstein, Robert John, urke, Tom McCarthy,
Matt Ross, Reed Diamond, Grant Heslov, ... |
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Photographie |
Robert Elswit |
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Pays |
U.S.A. |
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Année |
2005 |
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Durée |
1h 33min. |
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Genre |
Drame historique |
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Producteur(s) |
Grant Heslov |
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Site
officiel |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Salle 12 - Plan
d'accès |
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Projection le jeudi 23 mars
2006 |
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Le film est projeté en version
originale anglaise sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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En 1953, la télévision était encore une
affaire de pionniers, et Edward R. Murrow l’un de ses plus
célèbres présentateurs. Son émission
captivait l’Amérique en présentant des sujets
d’actualité et des interviews sur un ton incroyablement
novateur. La vie du pays était alors perturbée par
la chasse politique que le sénateur McCarthy menait contre
les sympathisants communistes. Jouant sur la peur de l’URSS,
l’homme s’acharnait sur tous ceux qui pouvaient, selon
lui, avoir un comportement "anti-américain".
Une atmosphère de suspicion planait sur les institutions,
et les condamnations arbitraires s’accumulaient. Révolté
par les méthodes scandaleuses de McCarthy, Murrow décida
de réagir. Dans cette bataille, il jeta sa crédibilité
et toute la puissance d’un média déjà
prometteur. Pour la première fois, un homme de télévision
allait servir à faire éclater la vérité... |
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Award de la meilleure photographie décerné
à Robert Elswit aux Boston Society of Film Critics Awards
2005 |
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Screen International Award décerné à
George Clooney aux European
Film Awards 2005 |
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Award de la meilleure photographie décerné à
Robert Elswit aux Los
Angeles Film Critics Association Awards 2005 |
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Award du meilleur film au National
Board of Review 2005 |
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Award du meilleur scénario original décerné
àGeorge Clooney & Grant Heslov aux Online
Film Critics Society Awards 2006 |
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Stanley Kramer Award décerné à Grant
Heslov aux PGA
Golden Laurel Awards 2006 |
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Award du meilleur scénario original décerné
à George Clooney & Grant Heslov au San
Francisco Film Critics Circle 2005 |
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Satellite
Awards 2005 |
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- Award de la meilleure réalisation & production
artistique décerné à James D. Bissell
- Award du meilleur scénario original décerné
àGeorge Clooney & Grant Heslov
- Special Achievement Award décerné à
George Clooney
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Festival
de venise (Biennale) 2005 |
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- FIPRESCI Prize décerné à George Clooney
- Coquillage d'Or décerné à George
Clooney & Grant Heslov
- Human Rights Film Network Award avec mention spéciale
décerné à George Clooney
- Pasinetti Award décerné à George
Clooney
- Coupe Volpi décernée à David Strathairn
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PTB - Vinciane
Convens |
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Georges Clooney à contre-courant?
Célèbre pour sa participation à la série
"Urgences", l'acteur-réalisateur signe un grand
film sur les médias et la chasse aux sorcières.
"Good night, and good luck" retrace habilement l'histoire
d'un journaliste qui refuse de se laisser emporter par la tristement
célèbre chasse aux sorcières des années
50 aux Etats-Unis.
"La télévision ne doit pas servir à divertir,
amuser ou isoler. Elle doit éduquer. Sinon ce ne sont que
des câbles et des couleurs dans une boîte." C'est
ainsi qu'Edward R. Murrow, présentateur télé
de la CBS, envisage le nouveau média des années 50.
Le journaliste dénonce le pouvoir de l'argent à la
télé et répond ainsi adroitement à une
théorie fort à la mode aujourd'hui: "si la télé
montre des programmes de qualité médiocre, c'est parce
que c'est ce que les gens attendent."
Faux dit-il, c'est parce qu'elle est le résultat d'investissements
de grandes compagnies qui n'ont pas forcément intérêt
à faire réfléchir les gens. Forts de cette
conception et d'un esprit critique aiguisé, le journaliste
et son producteur contribueront à la chute du sénateur
McCarthy, à l'origine de la chasse aux sorcières,
tristement célèbre dans l'histoire des Etats-Unis.
Georges Clooney, réalisateur du film, maîtrise admirablement
son récit. Filmé en noir et blanc, le film intègre
des images d'archives du sénateur McCarthy qui menait depuis
le début des années 50 une campagne visant à
débarrasser l'administration et les médias des éléments
"antiaméricains", c'est-à-dire suspects
de sympathies communistes.
L'atmosphère est pesante, tout en suspicion, comme elle
l'était à l'époque et comme elle l'est aujourd'hui.
Parce que personne n'est dupe: en choisissant de retracer l'histoire
d'un journaliste courageux, honnête et intègre qui
refuse la parodie de démocratie de l'époque, Clooney
raconte aussi les Etats-Unis de Bush aujourd'hui. Il suggère
habilement que l'attitude à avoir, dans un pays dominé
par la peur du "terrorisme" et la pensée unique,
est celle de la résistance.
Edward Murrow n'était pas un communiste. Célèbre
pour ses émissions radiophoniques durant la seconde guerre
mondiale, les historiens le considèrent comme l'une des plus
grandes figures du journalisme. En 1953, Murrow prend simplement
ses responsabilités. Malgré l'opposition de certains
dirigeants de CBS, il fait une émission sur les attaques
de McCarthy, déclenchant de violentes répliques du
sénateur et l'entraînant du même coup, lui et
son équipe de journalistes dans une lutte sans merci contre
les abus et mensonges du sénateur du Wisconsin.
L'acteur-réalisateur Clooney, dont le père a lui-même
été présentateur de télévision
pendant plus de 30 ans, reconnaît avoir été
touché dans sa jeunesse par Murrow, ce journaliste d'investigation.
"C'est l'un des rares cas, sûrement le plus emblématique,
où la télévision a réussi à renverser
l'opinion des gens face à une politique de manipulation",
a-t-il précisé.
Un nouveau projet ambitieux et engagé attend aujourd'hui
George Clooney. L'Américain réalisera un remake de
"Network", une critique du petit écran signée
Sidney Lumet en 1976. "Network", récompensé
par quatre Oscars en 1977, s'intéresse au combat d'une rédaction
face à la perte croissante d'influence du journalisme devant
le divertissement et le pouvoir de l'argent au mileu des années
1970. A suivre de près. |
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Source : http://www.ptb.be |
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Voir - Michel Defoy |
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Good Night, and Good Luck, de George Clooney, rappelle brillamment
comment le petit écran, à ses débuts, a pu
exercer une prise ferme et directe sur le monde. Document à
la fois actuel et incisif.
Début des années 50. La télévision
a encore le biberon au bec. Elle ne mettra pas de temps à
voir ses premières dents percer. Tête de proue de l'émission
d'affaires publiques See It Now, Edward R. Murrow déclare
la guerre au sénateur Joseph McCarthy. Ce dernier, parti
à la chasse aux vilains communistes, se défend tant
bien que mal de mener une campagne de peur. Murrow et ses collègues
continuent de gratter, accumulent les preuves. McCarthy est finalement
forcé d'admettre qu'il a abusé de son autorité.
Cette victoire éclatante assoit la réputation de
Murrow. Aujourd'hui méconnu, l'homme incarne bien l'idéal
type d'une espèce en voie de disparition. Pour George Clooney,
dont le père a œuvré comme chef d'antenne pendant
30 ans, le journaliste de la CBS est un véritable dieu.
Le comédien et réalisateur de Confessions of a Dangerous
Mind caressait depuis déjà longtemps l'idée
de faire de Murrow le sujet d'un film. Il pensait même interpréter
le rôle lui-même. S'il a plutôt choisi de se glisser
dans la peau du producteur Fred Friendly, ami et fidèle collaborateur
de Murrow, c'est que Clooney a finalement trouvé plus fort
que lui.
Faisant preuve d'une intensité de tous les instants, David
Strathairn n'a pas volé le prix d'interprétation masculine
qu'on lui a attribué à Venise. Chaque fois que le
comédien ouvre la bouche, on sent que des paroles pesées
et graves vont jaillir. Imposante performance. Film de beaucoup
de mots, Good Night... a pour moteur le discours plutôt que
l'image. Et quel moteur, vrombissant, puissant. Le scénario,
resserré, sabre dans le superflu pour aller droit au but.
À 90 minutes, l'exercice est compact.
Compact et élégant. Le soin accordé à
la plastique, non négligeable, se vérifie dans cette
photo noir et blanc (choisie pour un maximum de réalisme),
à laquelle s'ajoutent des archives d'époque extrêmement
fortes (le discours défensif de McCarthy est mémorable).
Empreint d'une remarquable pertinence, le propos développé
trouve un écho dans l'actualité, quelque 50 ans plus
tard. Cette résonance troublante rend nostalgique de l'époque
où le quatrième pouvoir pouvait faire véritablement
bouger les choses. |
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Source : http://www.voir.ca |
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Showbizz - Véronique
Juneau |
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Good Night, and Good Luck met en lumière l’intégrité
et le professionnalisme de Edward R. Murrow, l’une des figures
de proue du journalisme américain, durant cette sombre période
de l’histoire des États-Unis désignée
sous le nom de Maccarthisme.
De 1950 à 1956, le sénateur Joseph McCathy a provoqué
l’hystérie collective et plongé la nation dans
la paranoïa en procédant à des vagues d’arrestations
massives de gens soupçonnés de sympathie communiste.
S’élevant contre la dictature de la pensée unique,
Murrow a d’abord osé questionner la légitimité
de cette "chasse aux sorcières", avant de récuser
publiquement les méthodes du sénateur, dans une émission
d’information, See it Now, qu’il animait sur les ondes
du réseau CBS, et qu’il concluait toujours avec cette
célèbre phrase: "Good night, and good luck ".
La star George Clooney revient donc sur une notion fondamentale:
le respect de la liberté d’expression, avec ce long-métrage
aux qualités artistiques indéniables. Les nombreux
documents d’archives insérés de manière
judicieuse ajoutent une valeur supplémentaire à ce
drame biographique dont la part documentaire est fascinante.
Privilégiant un noir et le blanc particulièrement
élégant, Clooney fait preuve d’une grande rigueur
artistique. Ce procédé permet d’ailleurs de
retrouver la texture des films issus des années ici évoquées.
Une réalisation toute en retenue, marquée par un rythme
lent, renvoie au cinéma d’auteurs. Les fans de productions
commerciales s’y perdront probablement.
Clooney découvre très progressivement des protagonistes
cernés de nuages de fumée en favorisant les silences
et l’utilisation du hors champs, et propose une bande sonore
jazzée en parfait accord avec l’ambiance générale,
qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres passées
de Woody Allen.
Alternant entre le rôle de réalisateur et celui d’acteur,
Clooney profite de ce véhicule pour faire partager son inquiétude
vis-à-vis toute restriction de droits civils par un gouvernement
sous prétexte de sécurité nationale.
Le discours de Murrow, prononcé avec énormément
d’aplomb par un David Stathairn au sommet de sa forme, résonne
fortement à nos oreilles. Surtout ces jours-ci, alors que
plusieurs, aux Etats-Unis, disent payer le prix de leur opposition
à la guerre en Irak.
Il est vrai que Clooney s’en prend aussi, et ce de manière
à peine voilée, à la vision interventionniste
du président américain. Les éditoriaux de Murrow
se font l’écho des inquiétudes sociales de Clooney.
Mais Good Night, and Good Luck met d’abord en exergue les
principes fondamentaux associés à la notion de démocratie.
Et quand bien même qu’elle serait légèrement
teintée de cynisme et de complaisance, la démarche
de l’acteur demeure fondée sur la liberté d’expression.
On ne peut ainsi qu’applaudir ce fervent plaidoyer pour la
tolérance, et reconnaître la pertinence d’une
critique portée au passage contre l’utilisation niaise
faite par certains réseaux de cet instrument qu’est
la télévision. |
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Source : http://www.showbizz.net |
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Clap - S.B-H. |
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Bien qu´il apparaisse en justicier dans ce second opus
de George Clooney (Confessions d´un homme dangereux), l´histoire
des médias retient d´Edward R. Murrow un communicateur
pratiquant un journalisme libre hors de portée de la censure
et des pressions politiques.
Largué par les commanditaires, il paiera sa droiture d´une
rétrogradation de son émission à une heure
d´écoute moins convoitée. En pleine guerre froide,
dénoncer les dérapages du tribunal hargneux du sénateur
du Wisconsin était une geste de dissidence antipatriotique.
Cela dit, l´effet "héroïsant" produit
par GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK., s´expliquant par le recul
face aux événements rapportés, n´atténue
en rien la pertinence de ce portrait flatteur, à juste titre,
d´un homme probe n´ayant pas fléchi face aux
tentatives de bâillon.
Le film, son sujet et sa production sont ainsi autant de pieds
de nez à la pensée unique. En produisant, écrivant
et réalisant ce film en marge des impératifs hollywoodiens
(avec un budget de tournage de 7 millions de dollars) -, Clooney,
alias le gentleman cambrioleur de Ocean Twelve, aura dit non artistiquement
à la mainmise des grands studios en signant un pamphlet de
contenu stylisé.
Grâce à l´indépendance de son auteur,
GOOD NIGHT... gagne un supplément de cohérence salutaire.
Critiquant en filigrane la politique ultra-interventionniste de
George W. Bush au Moyen-Orient, son huis clos questionne sur la
culture intrinsèque du parti républicain essuyant
les excès d´un McCarthy haï, en fin de mandat,
par un Eisenhower cautionnant les écoutes téléphoniques
illégales dont se délectait J. Edgar Hoover, directeur
du FBI.
Au coeur de ce noeud de vipères, Murrow se dépêtrait
pour diffuser des reportages honnêtes. L´atmosphère
de suspicion, Clooney l´aura recréée ainsi que
la fébrilité d´un studio "sous surveillance"
dans ce qui prend la tournure d´un "thriller d´État"
servi par des acteurs persuasifs - pragmatique David Strathairn
en Murrow et fielleux Joseph McCarthy dans son propre rôle
par l´entremise d´images d´archives -, avec une
mise en scène nerveuse et une photographie en noir et blanc
somptueuse. (S.B-H.) |
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Source : http://www.clap.qc.ca |
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24 heures - Jean-philippe
Bernard |
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Une œuvre d’une honnêteté rare Le populaire
acteur américain confirme qu’il est bien plus qu’une
icône plaisante du septième art en réalisant
avec tact et sobriété une chronique pertinente de
l’information télévisée à l’époque
du maccarthysme. Le film humble d’un gentleman.
C'est un instant fugace voué, on l'espère, à
l'éternité du septième art. L'image en noir
et blanc restitue l'un de ces cocktails mondains dont l'Amérique
de la fin des fifties avait le secret. Lentement, au milieu des
volutes de fumée, les langues se délient, les coupes
tintent, tandis que la voix de Dianne Reeves frôle une rythmique
boisée, se laisse caresser par un piano ardent avant de monter
au ciel de la manière la plus élégante qui
soit. La caméra, grisée par l'atmosphère, filme
les personnages centraux de l'intrigue qui va se dérouler
sous nos yeux.
Et puis, soudain, sans que cela paraisse intentionnel, George Clooney
traverse le cadre en apesanteur. Brusquement la fièvre monte,
le temps suspend son vol et l'on comprend que, même s'il ne
tient pas le rôle vedette de Good Night, and Good Luck., son
nouveau film, Georgi est l'un de ces rares acteurs capables en moins
de trois secondes de faire frissonner la pellicule. La nature a
doté l'homme d'une classe naturelle qui illumine le moindre
plan. Même lorsqu'il émet le souhait de rentrer dans
le rang, son charisme hors norme éclabousse l'image déjà
fort "classieuse".
Et pourtant, on l'a dit, Clooney ne débarque pas ici en
roulant les mécaniques à la manière de son
copain Brad Pitt. Good Night, and Good Luck., sa seconde réalisation,
est même l'un des ouvrages les plus humbles et les plus honnêtes
du moment. Grâce à la notoriété qui est
la sienne, l'acteur préféré de ces dames a
pu tourner cette chronique de l'information télévisée
à l'époque (début des années cinquante)
durant laquelle sévissait Joseph McCarthy, le redoutable
sénateur du Wisconsin. L'ouvrage, qui refuse la surenchère
sans pour autant perdre de son intensité, raconte l'histoire
d'Edward R. Murrow, célèbre présentateur d'un
des premiers magazines d'information produits par la chaîne
CBS (See It Now).
Témoin plus qu'attentif de la chasse aux sorcières
entreprise par McCarthy et ses sbires, Murrow va sortir de sa réserve,
enquêter de manière rigoureuse et finalement confondre
le politicien réactionnaire devant des millions de téléspectateurs.
Sans user du moindre artifice qui lui permettrait de gonfler le
suspense, Clooney tire de l'oubli un pionnier de l'information capable,
sans exaltation inutile, d'influer sur le cours des choses. En cinéaste
totalement concentré sur son ouvrage, il laisse le rôle
en or de Murrow à un acteur moins connu du grand public,
David Strathaim, et se contente d'incarner Fred Friendly, un complice
du présentateur à l'intérieur de la rédaction
de CBS.
S'il met tant de soin à retranscrire la vérité,
c'est que le sujet de Good Night, and Good Luck. hante Clooney depuis
fort longtemps. Enfant, l'acteur a souvent entendu son père,
un démocrate du Sud, vanter les mérites de Murrow
et dénoncer la politique républicaine et l'injustice
sous toutes ses formes. Lorsqu'ils étaient invités
à manger par des connaissances de leurs parents, Clooney
et sa sœur se dépêchaient, une fois passés
à table, d'ingurgiter le plus de nourriture possible, car
ils savaient que, une fois que leur géniteur avait fini de
balancer ses vérités, un lourd silence tombait sur
l'assemblée et annonçait l'heure du repli.
C'est en souvenir de ce papa passionné que l'acteur a choisi
de s'éloigner des sentiers balisés sur lesquels il
a forgé son destin de star hollywoodienne glamour. Avant
d'aller l'applaudir dans Syriana, un thriller d'espionnage mis en
scène par Stephen Gaghan (à voir sur les écrans
romands dès le 22 février) dans lequel il promène
une silhouette volontairement empâtée, on saluera donc
sans réserve ce bel acte de bravoure. A 45 ans, âge
de raison, Clooney confirme ainsi que derrière les beaux
gosses révélés par les feuilletons télévisés
se cachent parfois des artistes rares dotés de cette noblesse
de cœur qui fait trop souvent défaut aux gigolos surpayés. |
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Source : http://www.24heures.ch |
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Imedias - Julien Thomas |
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Pour sa deuxième réalisation,
George Clooney signe un film résolument de gauche, captivant
tant grâce à son scénario qu'à ses interprètes,
David Strathairn en tête.
Si le quatrième pouvoir, les médias, est nécessaire,
le cinéma engagé l'est tout autant. Si l'action de
"Good night and good luck." se déroule dans les
années 50, la seconde réalisation de George Clooney
trouve un écho dans l'Amérique de George W. Bush,
un président qui n'hésite pas à jouer avec
les peurs des citoyens. Au début des années 50, la
peur se focalisait sur les communistes. Les " rouges "
étaient traqués par la commission des affaires anti-américaines,
instaurée par le sénateur Joseph McCarthy. Edward
R. Murrow, présentateur d'une émission d'actualité
sur CBS, "See It Now", fut le premier à oser dénoncer,
avec son équipe, les agissements de McCarthy.
Afin de rendre mieux compte de la réalité, George
Clooney a eu recours à de vraies images du sénateur
McCarthy (ce qui explique l'utilisation du noir et blanc) et a écrit,
aidé de Grant Heslov, les dialogues à partir d'archives.
L'ambiance d'une rédaction dans les années 50 est
parfaitement retranscrite à l'écran : enfumée,
lieu de joutes verbales, de tension...
Pamphlet politique
Grâce à un timing et un montage impeccables, ainsi
qu'une mise en scène captivante (plans serrés sur
les visages d'une rare intensité), l'on se retrouve plongé
dans la tourmente déclenchée par Edward R. Murrow
et son équipe. Le présentateur vedette de CBS est
interprété avec une justesse étourdissante
par David Strathairn, logiquement récompensé par le
prix du Meilleur Acteur lors de la 62ème Mostra de Venise.
Les autres comédiens, notamment George Clooney et Robert
Downey Jr., incarnent tous avec brio des personnages charismatiques.
George Clooney, fils d'un présentateur de télévision
et ancien étudiant en journalisme, a fait un film sensé,
prenant et d'une logique implacable. "Good night and good luck."
ressort donc comme un manifeste pour la liberté de la presse
et un pamphlet politique d'une rare force. George Clooney s'impose
comme un réalisateur sur lequel on doit désormais
compter. |
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Source : http://www.imedias.biz |
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Voir - Michel Defoy |
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Télé-réalité
Good Night, and Good Luck de George Clooney: un film puissant dont
le sujet demeure brûlant d'actualité. Good Night, and
Good Luck, de George Clooney, rappelle brillamment comment le petit
écran, à ses débuts, a pu exercer une prise
ferme et directe sur le monde. Document à la fois actuel
et incisif.
Début des années 50. La télévision
a encore le biberon au bec. Elle ne mettra pas de temps à
voir ses premières dents percer. Tête de proue de l'émission
d'affaires publiques See It Now, Edward R. Murrow déclare
la guerre au sénateur Joseph McCarthy. Ce dernier, parti
à la chasse aux vilains communistes, se défend tant
bien que mal de mener une campagne de peur. Murrow et ses collègues
continuent de gratter, accumulent les preuves. McCarthy est finalement
forcé d'admettre qu'il a abusé de son autorité.
Cette victoire éclatante assoit la réputation de
Murrow. Aujourd'hui méconnu, l'homme incarne bien l'idéal
type d'une espèce en voie de disparition. Pour George Clooney,
dont le père a œuvré comme chef d'antenne pendant
30 ans, le journaliste de la CBS est un véritable dieu.
Le comédien et réalisateur de Confessions of a Dangerous
Mind caressait depuis déjà longtemps l'idée
de faire de Murrow le sujet d'un film. Il pensait même interpréter
le rôle lui-même. S'il a plutôt choisi de se glisser
dans la peau du producteur Fred Friendly, ami et fidèle collaborateur
de Murrow, c'est que Clooney a finalement trouvé plus fort
que lui.
Faisant preuve d'une intensité de tous les instants, David
Strathairn n'a pas volé le prix d'interprétation masculine
qu'on lui a attribué à Venise. Chaque fois que le
comédien ouvre la bouche, on sent que des paroles pesées
et graves vont jaillir. Imposante performance.
Film de beaucoup de mots, Good Night... a pour moteur le discours
plutôt que l'image. Et quel moteur, vrombissant, puissant.
Le scénario, resserré, sabre dans le superflu pour
aller droit au but. À 90 minutes, l'exercice est compact.
Compact et élégant. Le soin accordé à
la plastique, non négligeable, se vérifie dans cette
photo noir et blanc (choisie pour un maximum de réalisme),
à laquelle s'ajoutent des archives d'époque extrêmement
fortes (le discours défensif de McCarthy est mémorable).
Empreint d'une remarquable pertinence, le propos développé
trouve un écho dans l'actualité, quelque 50 ans plus
tard. Cette résonance troublante rend nostalgique de l'époque
où le quatrième pouvoir pouvait faire véritablement
bouger les choses. |
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Source : http://www.voir.ca |
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Protestants - Corine Eugène |
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Dès la première séquence le réalisateur
nous plonge dans l’ambiance des années 50 en ouvrant
son film en noir et blanc sur une soirée de gala aux personnalités
portant smokings et robes du soir, chignon banane impeccable et
collier de perles éclatant. C’est un des rares plans
larges du film car le parti pris de Clooney est d’utiliser
ensuite les mêmes valeurs de plans très serrés
de la télévision de cette époque.
Puis nous revenons 4 ans en arrière pour comprendre l’importance
de cette soirée : la mise à l’honneur d’une
équipe de 6 journalistes qui a bravé, dans son émission
d’actualité télévisée See it know,
le sénateur McCarthy dans sa chasse au communisme. Le vrai
journalisme d’investigation battait alors son plein et un
homme, Edward R. Murrow a osé dresser un réquisitoire
en direct contre cette"chasse aux sorcières" qui
tournait à l’inquisition et à la délation
familiale.
La force du discours est appuyée d’une part par la
frontalité des gros plans de David Strathairn dans le rôle
de Murrow (absolument remarquable) qui parle souvent face caméra
et d’autre part par son impassibilité car il n’esquisse
jamais aucun sourire mais termine immanquablement sa prestation
par un très appuyé"good night and good luck "
teinté d’une touche de snobisme, une cigarette fumante
à la main.
La force de conviction du personnage est également accentuée
par une photographie irréprochable et des gros plans éclairés
façon Harcourt. De plus l’astuce d’utiliser uniquement
des images d’archives pour les discours du sénateur
McCarthy et une musique de blues qui nous berce, nous rapproche
encore d’avantage de cette époque.
Chez CBS, la salle de rédaction transformée en studios
de télévision, ne permettait pas de filmer le décor
et l’équipe de cette émission travaillait avec
les moyens du bord et dans la promiscuité les pieds dans
les machines et le nez sur les boutons de contrôle. Cette
longue et dense réflexion que constitue le film ne manque
pas de nous renvoyer aux conditions de confort matériel des
journalistes de télévision d’aujourd’hui
et surtout à la"sincérité" de leur
propos politiquement correct. "Bonjour et quelle malchance
" |
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Source : http://www.protestants.org |
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Cyberpresse - Gilles Carignan |
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Good Night, and Good Luck : le courage
de ses idéaux
Avec un budget modeste (8 millions $), Clooney a su imprégner
l’écran de l’atmosphère des salles de
nouvelles de l’époque, lieu que le film ne quitte presque
jamais. La reconstitution est minutieuse, la mise en scène
ingénieuse et le montage laisse de l’espace pour respirer,
digérer, réfléchir.
C’est la télévision qui a mis au monde George
Clooney comme acteur (E.R.). Et c’est la télévision
— comme sujet — qui le consacre pleinement en tant que
réalisateur, avec Good Night, and Good Luck, un pamphlet
politique et journalistique ardent, percutant.
Lui-même fils d’un journaliste télé,
Clooney avait déjà égratigné le médium
dans son premier film, Confessions d’un homme dangereux, portrait
d’un visionnaire schizo. Cette fois, pas de voile loufoque
et tordu devant le sujet : Clooney l’attaque de front, dans
un drame fort, cité six fois aux Oscars, qui incarne bien
le renouveau du film politique à Hollywood, dans la tradition
des années 70.
Le plus hallucinant dans Good Night..., retour sur une page forte
du journalisme des années 50, est de constater qu’en
changeant à peine quelques noms, la totalité des répliques
et des situations s’applique à nos temps présents,
à l’exception peut-être des pubs procigarettes
! Pertinent, donc, y compris le verdict que pose d’entrée
de jeu sur la télé Edward R. Murrow, héros
des salles de nouvelles de l’époque et mentor du père
de Clooney.
Que disait au fond Murrow ? Que la télé pourrait
être une formidable fenêtre d’inspiration, d’apprentissage
et d’illumination si ceux qui la dirigent s’en donnaient
la peine. Or, dictature des cotes d’écoute oblige,
la télé est plutôt une boîte à
divertir, à amuser, à aliéner, à isoler,
et à remplir les poches des actionnaires. La télé
a en horreur les sujets trop dérangeants. Bref — on
résume —, la télé n’éveille
pas, elle endort.
Idéaliste, ce Murrow ? Absolument. Et c’est fort de
cet idéal, d’une foi certaine envers le pouvoir du
médium, et surtout des responsabilités qui viennent
avec ce pouvoir, qu’il a mené ses combats dans les
années 50 sur les ondes de CBS, s’attaquant à
plus gros que lui, le sénateur Joseph McCarthy, impénitent
chasseur de communistes, dont le journaliste s’est appliqué
à démonter les méthodes, au nom du respect
des droits civils des Américains.
Notoriété
Murrow (génial David Strathairn) possédait un atout
: sa notoriété, qui lui a valu l’appui du producteur
de son émission d’affaires publiques, See It Now (Clooney),
voire du grand patron de CBS (impeccable Frank Langella). Du moins
au départ. Car tous savaient sur quel terrain glissant ils
mettaient les pieds en s’attaquant au pouvoir. Les commanditaires
(Alcoa) furent les premiers à se dissocier. Les pressions
politiques suivirent, jusqu’à la dénonciation
en direct à la télé de McCarthy, qui pour se
défendre, a cherché à salir la réputation
de Murrow, en le présentant comme un traître.
Vrai qu’en ces temps de paranoïa collective —
climat qui renvoie à l’Amérique post-11 septembre
actuelle —, il était facile de s’attaquer au
sens patriotique de ceux qui osaient défier Washington, en
guerre après tout contre le péril rouge. C’est
précisément le point que cherche à défendre
Murrow, et par le fait même Clooney lui-même, attaqué
pour ses positions sur l’Irak : diverger d’opinions,
ce n’est pas être déloyal, critiquer le pouvoir
américain, ce n’est pas être antiaméricain.
Clooney ne dépoussière pas l’histoire innocemment.
Good Night, and Good Luck est une réplique à Bush
et aux dérives domestiques de sa guerre au terrorisme, où
la raison d’État a tendance à prendre le dessus
sur les droits civiques. Dans ce contexte, le film en appelle à
des médias responsables, moins frileux, ceux dont rêvaient
Murrow et son groupe.
Devoir journalistique
Fameux personnage que ce Murrow, homme de peu de sourire, fumeur
insatiable, à la parole sèche, débitée
avec sang-froid et conviction, lui-même un peu tiraillé
entre ses obligations con-tractuelles (animer une émission
d’entrevues avec des vedettes d’Hollywood) et son sens
du devoir journalistique. Fameux film qu’en tire Clooney,
qui ne cache pas son admiration envers cet homme qui avait le courage
de ses idéaux.
Admiration ne signifie pas toutefois ici complaisance béate.
Good Night, and Good Luck prend parti (pour la liberté de
presse et l’info pertinente), sans noircir indûment
l’ennemi, politicien de toute façon déjà
déboulonné. McCarthy n’apparaît dans le
film que par l’entremise d’archives.
Fameux film, Good Night, and Good Luck l’est au-delà
de son sujet, adressé avec intelligence. Il l’est aussi
dans son projet esthétique. Clooney, avec un budget modeste
(8 millions $), a su imprégner l’écran de l’atmosphère
des salles de nouvelles de l’époque, lieu que le film
ne quitte presque jamais. Le magnifique noir et blanc du directeur
photo Robert Elswit (Magnolia, Syriana) sert admirablement le réalisme
du portrait, comme la manière de filmer, qui crée
le sentiment d’être assis parmi ces journalistes.
La reconstitution est minutieuse, la mise en scène ingénieuse
et le montage laisse de l’espace pour respirer, digérer,
réfléchir. Clooney est aussi un excellent directeur
d’acteurs (tous brillent à l’écran). Et
également, un auteur intelligent : il signe lui-même
le scénario du film, avec le producteur Grant Heslov. Un
scénario bavard, au ton archisérieux, mais que le
cinéaste sait rendre séduisant, sans compromettre
la rigueur de sa démarche.
N’est-ce pas là l’une des belles leçons
du film, leçon rehaussée par son succès en
Amérique ? À savoir que ce n’est pas parce qu’on
s’adresse à l’intelligence du spectateur qu’on
va l’ennuyer. Courez voir Good Night, and Good Luck. |
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Source : http://www.cyberpresse.ca |
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Cahiers du cinema - Charlotte
Garson |
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En 1958, cela fait déjà quelques années
qu’Ed Murrow (David Strathairn) a été mis au
placard par son patron de CBS, casé dans la plage horaire
du dimanche après-midi. La raison ? Creusant le renvoi injustifié
de l’armée de l’air d’un certain Milo Radulovitch
à cause des opinions politiques supposées de son père,
Murrow s’en est pris à McCarthy en 1953 dans son émission
politique See It Now. Comme lui, et un peu grâce à
lui, McCarthy a fini au placard, et ce soir de 1958, la profession
honore Murrow. En lieu et place des remerciements attendus, le voilà
qui débite, fumée de cigarette aux naseaux, une diatribe
sévère contre la télévision, qui "
nous divertit, nous trompe, nous appauvrit et nous isole".
On s’en serait douté : Good Night, and Good Luck joue
du bord à bord historique entre l’hier de son univers
fifties en noir et blanc enfumé et l’aujourd’hui
du Patriot Act. La parabole a valeur d’exemple, de rappel
par l’histoire qu’une télévision des Lumières,
"instrument d’enseignement" appelé de ses
voeux par Murrow, serait encore possible. Début et fin de
Good Night enchâssent les événements de 1953
dans un écrin commémoratif qui feint de redoubler
la forme elle-même héroïsante du biopic. Le dispositif
est bien sûr didactique : le recul d’alors, de cinq
ans seulement, fonctionne comme une chambre d’écho
à l’Amérique de 2005. Mais dans la mécanique
formelle de Good Night, l’hommage mondain de 1958, sourires,
conversations et rots repus des convives montés en mickeymousing
sur un fond de jazz, fait l’effet d’un écran
de fumée. Aussi sec au micro que dans le poste, Murrow se
dresse de toute sa raideur contre cette chaleur confraternelle.
Que George Clooney, démocrate déclaré, y aille
de sa fiction de gauche durant le trop long règne de Bush
comme Moore, Greenwald ou Karel y sont allés de leur film-dossier,
n’a certes rien de bien remarquable ; que la vedette d’Urgences
situe son histoire dans son médium "natal", où
de surcroît officiait son père comme présentateur
de JT, non plus. On serait même tenté de penser que
Clooney et son coscénariste Grant Heslov épousent
l’axiome voltairien qui préside à la stratégie
de Murrow ("Je ne suis pas d’accord avec ce que vous
dites mais je me battrai pour que vous puissiez le dire").
Le présentateur de CBS n’a-t-il pas défendu
l’un de ses amis socialistes en soulignant leurs divergences
? N’a-t-il pas signé sans moufter la déclaration
de non-communisme soumise par la chaîne à tous ses
collaborateurs sous peine de licenciement ? N’a-t-il pas accepté
que sa bataille contre McCarthy passe par une purge interne, faute
de quoi l’équipe éditoriale de See It Now eût
été discréditée ? Son pragmatisme s’approche
de celui d’Abraham Lincoln chez Ford. Dans Vers sa destinée,
Lincoln empêche le lynchage de deux suspects, non en clamant
leur innocence mais en promettant aux lyncheurs la peine de mort,
pourvu que soit respecté le due process, garant de la civilisation.
Mais Clooney problématise le centrisme de Murrow, au point
d’y ancrer son entreprise modeste mais précise : la
subversion du biographic picture. A cela, Good Night s’applique
avec une concentration qui lui doit un montage ultra-serré,
une brièveté de comète, un dégraissage
systématique des bourrelets romanesques qui masqueraient
la thèse sous des atours criards. L’idée est
moins de fabriquer un petit héros du petit écran (modeste,
bien mis, bosseur) que de faire fictionner le moment où,
par le seul usage des images d’actualités, Murrow a
démonté une figure nationale en voie d’héroïsation.
Ce choix du retrait implique le rôle secondaire que s’attribue
à l’écran le réalisateur vedette George
Clooney (celui de l’assistant de Murrow). Ce choix se retrouve
dans le jeu de David Strathairn, qui vise moins à incarner
Murrow qu’à le désigner. Il le vide de ses humeurs,
de ses affects, de toute anecdote, à la limite, il le cite.
Le professionnalisme extrême du janséniste du tube
cathodique contamine le scénario, coupe l’herbe sous
le pied du récit.Le montage rase de près les dialogues,
tension un peu facilement relâchée par des intermèdes
musicaux. Il y a évidemment chez Clooney une jubilation à
s’inscrire dans la lignée des films de presse américains
en s’en tenant à une quasi-unité de lieu, un
studio de télévision et ses bureaux attenants.L’épaisse
fumée de cigarette matérialise le processus alchimique
par lequel Murrow, piochant presque par désoeuvrement dans
un entrefilet du Detroit News, dévie le principe dicté
par son patron : "On ne fait pas l’info, on la rapporte.
"
Good Night subordonne même sa chiche part de romance à
une réflexion sur le secret en temps de paranoïa généralisée.
Prenez les époux Wershba (Robert Downey Jr et Patricia Clarkson),
collaborateurs de See It Now. Persuadés qu’ils parviennent
à cacher leur mariage (interdit par CBC entre ses employés),
ils ôtent leurs alliances le matin, roucoulent comme des pigeons
traqués près du distributeur d’eau. La comédie
du remariage qu’ils jouent pour eux-mêmes les aide surtout
à neutraliser imaginairement le danger de leurs prises de
position politiques dans une clandestinité enfantine.Au "
on ne sait jamais", principe exponentiel de la chasse aux sorcières,
répond, rythmiquement dispersé dans les séquences
de Good Night, le "tout le monde sait " du secret de Polichinelle
Wershba.
Le dégraissage scénaristique culmine dans le refus
de faire jouer Joseph McCarthy par un acteur. Puisque Murrow orchestre
son attaque à partir des seules bandes tournées au
Comité des activité anti-américaines ("
On montrera la chaise vide de McCarthy"), Good Night doit relever
le gant. D’où la nécessité du noir et
blanc pour tout le film, loin de toute coquetterie vintage : il
faut que la fiction dialogue au présent avec les archives.
On n’a pas choisi au hasard la référence à
Young Mister Lincoln de Ford : le meilleur biopic de l’histoire
du cinéma transcende l’alternative héroïsme/anti-héroïsme
pour interroger la possibilité d’une démocratie
désirable [1]. Sur les notes de la chanson "TV is the
thing this year", enregistrée dans les studios de CBS
pendant que Murrow prépare son attaque, Good Night, and Good
Luck propose, en même temps qu’un antidote à
l’instrumentalisation du grand écran par le docu-coup
de poing, le versant jazzy et enfumé de l’utopie rossellinienne
: faire tenir un énorme désir de démocratie
dans un petit poste de télé. |
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Source : http://www.cahiersducinema.com |
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| ICI |
Un fait historique
Dans les années cinquante, deux événements
majeurs apparemment sans lien entre eux vont se donner un rendez-vous
historique, pour nous offrir un spectaculaire exemple de courage.
D'un côté : le journalisme télévisé,
une discipline toute jeune dont Edward R. Murrow est un modèle
d'inventivité et d'intégrité. De l'autre :
Joseph McCarthy, un politicien extrémiste qui, pour accaparer
toujours plus de pouvoir, n'hésite pas à jouer sur
les peurs de ses concitoyens en lançant une chasse aux sorcières.
Face aux excès, il faudra tout l'engagement de Murrow pour
affronter le pouvoir et révéler au grand public son
véritable visage.
Informer quel qu'en soit le prix
Pour George Clooney, coscénariste et réalisateur
de GOODNIGHT, AND GOOD LUCK., l'histoire de Murrow est emblématique
et méritait d'être racontée. Clooney a toujours
été proche de ce personnage, d'abord parce que dans
sa propre famille - son père a été présentateur
de télévision pendant plus de trente ans - Murrow
a toujours été présenté comme un modèle
de ce que doit être un journaliste d'investigation.
Depuis des années, George Clooney cherchait à raconter
cette histoire d'une manière ou d'une autre. Il a d'abord
envisagé un téléfilm, puis une émission
commémorative, mais rien ne put aboutir, ce qui fut rétrospectivement
une chance. En fin de compte, Clooney et Grant Heslov - coscénariste,
producteur et interprète de Don Hewitt - décidèrent
que le sujet serait mieux valorisé dans un film. Pour eux,
le cœur du sujet reposait sur la période des années
cinquante, la chasse aux sorcières, et les affrontements
entre Murrow et McCarthy. Le courage d'un journaliste face à
un intouchable du pouvoir était en soi un fantastique sujet,
surtout si l'histoire était rigoureusement authentique.
La politique du pire
Dans les années cinquante, la guerre froide battait son
plein. Pour l'Amérique, l'ennemi désigné était
l'URSS et ses alliés. Le communisme était pointé
comme une doctrine dangereuse, par opposition au libéralisme
prôné par les Etats-Unis. Dans ce climat, le sénateur
du Wisconsin, Joseph McCarthy, développa une théorie
selon laquelle tous ceux qui, aux Etats-Unis, avaient des liens
ou même seulement des sympathies pour le parti communiste
devenaient suspects d'être anti-américains. A ce titre,
ils devenaient dangereux et devaient être écartés
de tous les postes stratégiques ou sensibles. McCarthy décréta
sa propre liste de postes stratégiques, qui entre autres,
englobait les préparatrices de repas dans les crèches,
susceptibles d'empoisonner les petits Américains...
Obsédé par les " infiltrations " communistes
au sein des instances officielles américaines, McCarthy lança
une véritable chasse aux sorcières. De 1950 à
1954, Joseph McCarthy dirigea la toute-puissante Commission des
affaires anti-américaines. Enquêtes arbitraires, dénonciations
et condamnations installèrent un climat de suspicion dans
tout le pays.
En 1953, un pilote de l'armée, Milo Radulovich, fut renvoyé
au prétexte qu'il représentait un risque pour la sécurité
de la nation. Déclaré coupable sans procès,
on lui demanda en plus de dénoncer son père et sa
sœur comme sympathisants communistes, ce qu'il refusa. Ce fut
ce cas qui révolta Edward R. Murrow, alors présentateur
d'une émission d'actualités sur CBS, " See It
Now ", et le décida à réagir.
Le maccarthysme provoquera de nombreuses évictions et mises
à l'écart, souvent infamantes, dont celles de Philip
Jessup, ambassadeur à l'ONU, du général Marshall,
de Robert Oppenheimer, renvoyé de la Commission de l'énergie
atomique, mais aussi de plus de 200 personnalités de Hollywood
dont Charlie Chaplin, qui s'exilera en Europe en 1952. Au total,
ce seront plus de 11 500 révocations ou renvois qui seront
pratiqués, auxquels on doit ajouter plus de 12 000 démissions.
L'affrontement télévisé entre Murrow et McCarthy
marquera un sévère coup à sa politique, et
il sera finalement censuré et blâmé par le sénat
le 2 décembre 1954 par 67 voix contre 22. Il mourra trois
ans plus tard d'une cirrhose.
Un duel pour la vérité
George Clooney explique : " Il n'était pas question
pour moi de faire un film à la gloire de Murrow. Faire cela
aurait tout simplement diminué la portée de ce qu'il
a accompli. Pour rendre justice à ce qu'il avait osé,
il suffisait de traduire la réalité le plus fidèlement
possible. Je voulais restituer le contexte et montrer l'importance
de son action, contre le pouvoir et même contre sa hiérarchie.
Son action a aussi prouvé de façon spectaculaire que
la télévision peut faire basculer les opinions, et
c'est là un point essentiel à mes yeux. La manipulation
des masses est possible par ce média, on s'en rend compte
tous les jours mais cette fois-là, elle a été
un vecteur de vérité. C'est l'un des rares cas, sûrement
le plus emblématique, où la télévision
a réussi à renverser l'opinion des gens face à
une politique de manipulation. "
Offrant un remarquable écho aux propos de Clooney, Dan Rather,
présentateur légendaire qui, comme Murrow, officiait
sur CBS, a déclaré au mois de juin qu'il fallait prendre
garde à l'indépendance des médias, que les
politiques cherchaient de plus en plus à contrôler...
George Clooney reprend : " Edward R. Murrow n'était
pas un idéaliste. C'était un homme honnête qui
faisait son travail d'information sans compromis. Il croyait à
sa fonction, à sa mission. Les agissements de McCarthy l'ont
poussé à réagir et il n'a pas lâché
le morceau. Alors que la direction de CBS a fait pression pour qu'il
ne s'attaque pas à McCarthy, Murrow, soutenu par ses proches
et par son producteur, a tenu bon.
Il était tellement convaincu de la nécessité
de révéler les pratiques douteuses du sénateur
qu'il a lui-même pris en charge la baisse des recettes publicitaires
que ce sujet dangereux engendrait autour de son émission.
Au final, il aura tout assumé avec son équipe. Après
son fameux duel avec McCarthy, même si les opinions ont changé
et que l'histoire lui a finalement donné raison, Murrow a
quand même vu son émission reléguée à
une heure de moins grande écoute. Il a payé le prix
fort pour son engagement. Aujourd'hui, seuls quelques journalistes
se souviennent encore de son nom, et je trouve cela injuste parce
que sans lui, nous aurions tous certainement subi McCarthy beaucoup
plus longtemps. Par les temps qui courent, c'est plus que jamais
le moment de s'en souvenir... "
Informer, désinformer...
George Clooney confie : " Aujourd'hui, malgré la multiplication
des médias et des moyens d'information, nous sommes beaucoup
moins bien informés qu'il y a seulement quinze ans. Trop
souvent, l'information est devenue un business, il n'est plus question
de faire savoir, mais de vendre. Et puis les gens ne lisent plus,
ils n'écoutent plus. On les noie avec une telle masse d'informations
qu'il est devenu impossible de faire le tri. Comment faire la différence
entre la pub, la propagande, la manipulation et l'information ?
Il y a tellement de canaux différents que chacun choisit
celui qui lui ressemble, sans aller écouter ailleurs d'autres
avis qui pourraient le faire réfléchir et peut-être
évoluer. On ne cherche plus le moyen de s'informer dans les
médias, mais le moyen de conforter ce que nous croyons déjà.
C'est une situation critique."
George Clooney se souvient : " Il est impossible de nier l'héritage
journalistique de Murrow. Mon père s'en est inspiré,
et il nous l'a transmis à ma sœur et à moi. Avec
ce genre d'individu, il était possible d'apprendre, de découvrir,
y compris ce qui n'était pas facile à entendre. Murrow
constituait une vraie source d'information. Mon père aussi,
à sa façon. J'ai grandi dans le sud des Etats-Unis
et nous étions souvent à des dîners où
les gens ne savaient rien ni de la condition des Noirs ni de celle
des Mexicains. Mon père ne se privait jamais de les éclairer.
Avec ma sœur, nous avions pris l'habitude de manger le plus
vite possible parce qu'en général, mon père
disait ce qu'il avait à dire, se levait et nous partions
! Nous n'avons pu finir notre repas normalement qu'une seule fois
! J'étais fier que mon père soit celui qui l'ouvrait
quand tout le monde voulait qu'on la ferme. C'est assez sain ! "
Incarner pour raconter
Lors des premiers développements du projet, George Clooney
songea naturellement à incarner lui-même Edward R.
Murrow, mais ses fonctions de scénariste et de réalisateur
sur un film au budget limité lui demandaient déjà
beaucoup d'énergie... La rencontre avec David Strathairn
acheva de le convaincre. George Clooney explique : " Nous savions
que David était un grand comédien, mais il nous a
quand même surpris. A la seconde où il était
dans la peau de Murrow, il se transformait littéralement,
il devenait comme habité par son esprit. Mon expérience
de comédien m'a conduit à en côtoyer beaucoup,
et je peux vous dire que je n'ai jamais vu quelqu'un donner une
telle intensité à son rôle."
Clooney poursuit : " Murrow avait souvent l'allure de quelqu'un
qui porte tout le poids du monde sur ses épaules, et David
Strathairn incarne cela à la perfection. Il a saisi l'essence
du personnage." David Strathairn commente : " Pouvoir
jouer quelqu'un comme Murrow est une opportunité extraordinaire.
Ce qu'il y a de plus frappant en étudiant sa personnalité,
c'est qu'il n'a jamais eu la volonté ou l'impression d'agir
de façon héroïque ou même très courageuse.
Il s'est contenté de faire ce qu'il croyait en son âme
et conscience, sans jamais renoncer.
"Avec son producteur, Fred Friendly, Murrow formait un tandem
très soudé et très complémentaire. Je
trouve que George Clooney et Grant Heslov sont un peu comme eux
! Rien ne les arrête et ils savent motiver leur équipe.
Par moments, sur le film, nous étions un peu comme dans la
salle de rédaction de CBS ! " Le parallèle va
d'ailleurs encore plus loin, puisque pour faire le film, George
Clooney a lui-même été obligé de gager
une partie de sa fortune afin de boucler le financement ...
La fièvre de l'instant où
tout se joue
Afin de restituer le climat et de respecter les protagonistes de
cette aventure, Clooney et Heslov ont décidé d'utiliser
les textes écrits par les gens de l'époque. En allant
plus loin dans ce souci de réalisme et en innovant par rapport
à ce qui se fait habituellement, Clooney décida même
d'incorporer de vraies images de McCarthy. Des images d'époque
ont ainsi été incluses dans le film, ne laissant à
personne d'autre le soin de jouer le redoutable sénateur
du Wisconsin.
Heslov commente : " D'une certaine façon, c'était
une solution obligée parce que si un acteur, aussi bon soit-il,
avait joué les textes, les discours et les interventions
avec la même hargne que le vrai, tout le monde aurait jugé
qu'il surjouait et en faisait trop ! En utilisant les vraies images
de ses interventions, nous respections son éloquence et ses
propos sans rien manipuler."
David Strathairn se souvient : " Le fait de jouer des personnages
ayant existé vous met déjà une sacrée
pression mais là, en plus, certains des protagonistes de
l'affaire étaient sur le plateau. Mila Radulovich était
présente, les deux fils de Fred Friendly et l'une de ses
femmes également, et nous avions aussi Joe et Shirley Wershba.
Ce genre de présence vous galvanise et vous donne envie de
faire votre travail à la perfection ! "
George Clooney intervient : " Puisque nous avions tellement
de gens qui avaient connu les faits, nous leur avons toujours demandé
leur avis sur ce que nous faisions. Eux seuls pouvaient nous garantir
que nous étions rigoureux. Nous n'arrêtions pas de
leur poser des questions et de leur soumettre des éléments.
C'est une chance extraordinaire de les avoir eus. " Afin de
respecter l'époque et le type d'images réalisées
à ce moment-là, l'équipe a décidé
de tourner en noir et blanc. L'esthétique du film y gagne
aussi, et cela a permis d'être cohérent avec les images
diffusées dans les années cinquante.
George Clooney raconte : " Le fait de réaliser en noir
et blanc nous a aussi facilité la tâche sur un point
essentiel. Dans le film, Joe Wershba est joué par Robert
Downey Jr. Dans toutes les images d'actualité authentiques,
nous avons effacé le vrai Joe et nous l'avons remplacé
par une incrustation de Robert." Robert Downey Jr. intervient
: " C'était vraiment passionnant à jouer. J'ai
eu la chance de pouvoir discuter avec le vrai Joe Wershba. Il m'a
dit une chose essentielle pour me guider : " N'oublie pas,
mon garçon : nous étions des passionnés, nous
adorions ce que nous faisions et nous n'hésitions pas à
rentrer dans le tas !"
Recréer l'époque
Pour les besoins du film, c'est toute la salle de rédaction
et le plateau de l'émission " See It Now " qui
ont été reconstitués. George Clooney explique
: " Nous voulions que tout sonne vrai. James Bissell, le chef
décorateur, a fait un travail remarquable. En franchissant
les portes du plateau, c'était comme si nous faisions un
véritable bond dans le temps. Des feuilles de service aux
caméras, des meubles aux projecteurs, tout était d'époque.
Nous voulions donner l'impression d'un endroit grouillant de monde
où il y avait toujours quelque chose en train de se faire,
et dans l'urgence. D'un point de vue pratique, nous n'avions pas
un très gros budget sur ce film et James a eu l'excellente
idée de placer de grands miroirs derrière les décors,
ce qui multipliait la profondeur et les mouvements. Du coup, notre
studio avait l'air immense !"
George Clooney poursuit : " L'un des éléments
d'ambiance que nous voulions à tout prix restituer était
l'effervescence du plateau et la pression qui naissait du direct.
Les émissions n'étaient pas aussi policées
qu'actuellement et les gens étaient passionnés. Ils
n'hésitaient pas à parler en même temps, en
se coupant la parole. Il y avait quelque chose du combat. Nous avons
voulu rendre cela. J'aime l'énergie qui naît de ces
dialogues, filmés à plusieurs caméras, où
chacun essaie coûte que coûte de défendre son
point de vue. Pour aider les comédiens à préparer
cela, nous leur donnions tous les éléments possibles,
journaux, notes, rapports, et ils avaient une demi-heure pour préparer
leurs arguments, exactement comme l'auraient fait des orateurs de
l'époque. Il en résulte une énergie, un allant
fantastique ! Ça ressemble vraiment à une émission
en direct où il se passe quelque chose d'important, là,
sur l'instant."
Comédiens engagés
Autour de David Strathairn, les producteurs ont réuni un
groupe impressionnant de comédiens dont Frank Langella, Jeff
Daniels, Patricia Clarkson, Tate Donovan, Ray Wise et George Clooney
lui-même.
Grant Heslov commente : " C'est un casting haute couture !
Tous ont été motivés par l'envie de raconter
cette histoire. Ils ont investi leur personnage et s'y sont donnés
à fond. Ils avaient une double pression : celle d'incarner
des gens ayant existé en jouant un rôle majeur pour
la démocratie, et celle d'interpréter des personnages
extrêmement forts. Tous ont réussi l'exploit de traiter
un sujet sérieux avec une légèreté remarquable.
Ce film n'est ni didactique, ni donneur de leçon, il se regarde
comme un excellent thriller, un affrontement entre deux hommes qui
aura des répercussions sur tout un pays. C'est aux acteurs
que nous devons cette réussite."
George Clooney conclut : " Il fallait que ce film soit fait,
et je suis très heureux d'avoir pu le réaliser moi-même.
Même si Edward R. Murrow n'a pas été retenu
par l'histoire à sa juste place, ce qu'il a accompli était
essentiel. Il l'a fait par conviction, sans en tirer le moindre
bénéfice personnel. Je trouve bien de rappeler qu'il
faut des hommes intègres pour informer, et je crois qu'il
faut dire que la télévision est une arme à
double tranchant. Elle peut aussi bien révéler que
manipuler, elle peut informer ou mentir. De nos jours, étant
donné l'importance qu'a prise ce média, il n'est pas
inutile d'insister sur ces points..." |
| Source : http://www.lci.fr |
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Dans les années cinquante, deux événements
majeurs apparemment sans lien entre eux vont se donner un rendez-vous
historique, pour nous offrir un spectaculaire exemple de courage.
D'un côté: le journalisme télévisé,
une discipline toute jeune dont Edward R. Murrow est un modèle
d'inventivité et d'intégrité. De l'autre: Joseph
McCarthy, un politicien extrémiste qui, pour accaparer toujours
plus de pouvoir, n'hésite pas à jouer sur les peurs
de ses concitoyens en lançant une chasse aux sorcières.
Face aux excès, il faudra tout l'engagement de Murrow pour
affronter le pouvoir et révéler au grand public son
véritable visage. |
Informer quel qu'en soit
le prix
Pour George Clooney, coscénariste et réalisateur
de GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK., l'histoire de Murrow est emblématique
et méritait d'être racontée. Clooney a toujours
été proche de ce personnage, d'abord parce que dans
sa propre famille - son père a été présentateur
de télévision pendant plus de trente ans - Murrow
a toujours été présenté comme un modèle
de ce que doit être un journaliste d'investigation. Depuis
des années, George Clooney cherchait à raconter cette
histoire d'une manière ou d'une autre. Il a d'abord envisagé
un téléfilm, puis une émission commémorative,
mais rien ne put aboutir, ce qui fut rétrospectivement une
chance.
En fin de compte, Clooney et Grant Heslov - coscénariste,
producteur et interprète de Don Hewitt - décidèrent
que le sujet serait mieux valorisé dans un film. Pour eux,
le cœur du sujet reposait sur la période des années
cinquante, la chasse aux sorcières, et les affrontements
entre Murrow et McCarthy. Le courage d'un journaliste face à
un intouchable du pouvoir était en soi un fantastique sujet,
surtout si l'histoire était rigoureusement authentique. |
La politique du pire
Dans les années cinquante, la guerre froide battait son
plein. Pour l'Amérique, l'ennemi désigné était
l'URSS et ses alliés. Le communisme était pointé
comme une doctrine dangereuse, par opposition au libéralisme
prôné par les États-Unis. Dans ce climat, le
sénateur du Wisconsin, Joseph McCarthy, développa
une théorie selon laquelle tous ceux qui, aux États-Unis,
avaient des liens ou même seulement des sympathies pour le
parti communiste devenaient suspects d'être antiaméricains.
Àce titre, ils devenaient dangereux et devaient être
écartés de tous les postes stratégiques ou
sensibles. McCarthy décréta sa propre liste de postes
stratégiques, qui entre autres, englobait les préparatrices
de repas dans les crèches, susceptibles d'empoisonner les
petits Américains ...
Obsédé par les " infiltrations" communistes
au sein des instances officielles américaines, McCarthy lança
une véritable chasse aux sorcières. De 1950 à
1954, Joseph McCarthy dirigea la toute-puissante Commission des
affaires anti-américaines. Enquêtes arbitraires, dénonciations
et condamnations installèrent un climat de suspicion dans
tout le pays. En 1953, un pilote de l'armée, Milo Radulovich,
fut renvoyé au prétexte qu'il représentait
un risque pour la sécurité de la nation. Déclaré
coupable sans procès, on lui demanda en plus de dénoncer
son père et sa sœur comme sympathisants communistes,
ce qu'il refusa. Ce fut ce cas qui révolta Edward R. Murrow,
alors présentateur d'une émission d'actualités
sur CBS, "See It Now", et le décida à réagir.
Le maccarthysme provoquera de nombreuses évictions et mises
à l'écart, souvent infamantes, dont celles de Philip
Jessup, ambassadeur à l'ONU, du général Marshall,
de Robert Oppenheimer, renvoyé de la Commission de l'énergie
atomique, mais aussi de plus de 200 personnalités de Hollywood
dont Charlie Chaplin, qui s'exilera en Europe en 1952. Au total,
ce seront plus de 11 500 révocations ou renvois qui seront
pratiqués, auxquels on doit ajouter plus de 12000 démissions.
L'affrontement télévisé entre Murrow et McCarthy
marquera un sévère coup à sa politique, et
il sera finalement censuré et blâmé par le sénat
le 2 décembre 1954 par 67 voix contre 22. Il mourra trois
ans plus tard d'une cirrhose. |
Un duel pour la vérité
George Clooney explique : " Il n'était pas question
pour moi de faire un film à la gloire de Murrow. Faire cela
aurait tout simplement diminué la portée de ce qu'il
a accompli. Pour rendre justice à ce qu'il avait osé,
il suffisait de traduire la réalité le plus fidèlement
possible. Je voulais restituer le contexte et montrer l'importance
de son action, contre le pouvoir et même contre sa hiérarchie.
Son action a aussi prouvé de façon spectaculaire que
la télévision peut faire basculer les opinions, et
c'est là un point essentiel à mes yeux. La manipulation
des masses est possible par ce média, on s'en rend compte
tous les jours mais cette fois-là, elle a été
un vecteur de vérité. C'est l'un des rares cas, sûrement
le plus emblématique, où la télévision
a réussi à renverser l'opinion des gens face à
une politique de manipulation."
Offrant un remarquable écho aux propos de Clooney, Dan Rather,
présentateur légendaire qui, comme Murrow, officiait
sur CBS, a déclaré au mois de juin qu'il fallait prendre
garde à l'indépendance des médias, que les
politiques cherchaient de plus en plus à contrôler...
George Clooney reprend : " Edward R. Murrow n'était
pas un idéaliste. C'était un homme honnête qui
faisait son travail d'information sans compromis. Il croyait à
sa fonction, à sa mission. Les agissements de McCarthy l'ont
poussé à réagir et il n'a pas lâché
le morceau.
Alors que la direction de CBS a fait pression pour qu'il ne s'attaque
pas à McCarthy, Murrow, soutenu par ses proches et par son
producteur, a tenu bon. Il était tellement convaincu de la
nécessité de révéler les pratiques douteuses
du sénateur qu'il a lui-même pris en charge la baisse
des recettes publicitaires que ce sujet dangereux engendrait autour
de son émission. Au final, il aura tout assumé avec
son équipe.
Après son fameux duel avec McCarthy, même si les opinions
ont changé et que l'histoire lui a finalement donné
raison, Murrow a quand même vu son émission reléguée
à une heure de moins grande écoute. Il a payé
le prix fort pour son engagement. Aujourd'hui, seuls quelques journalistes
se souviennent encore de son nom, et je trouve cela injuste parce
que sans lui, nous aurions tous certainement subi McCarthy beaucoup
plus longtemps. Par les temps qui courent, c'est plus que jamais
le moment de s'en souvenir..." |
Informer désinformer
George Clooney confie : "Aujourd'hui, malgré la multiplication
des médias et des moyens d'information, nous sommes beaucoup
moins bien informés qu'il y a seulement quinze ans. Trop
souvent, l'information est devenue un business, il n'est plus question
de faire savoir, mais de vendre. Et puis les gens ne lisent plus,
ils n'écoutent plus. On les noie avec une telle masse d'informations
qu'il est devenu impossible de faire le tri. Comment faire la différence
entre la pub, la propagande, la manipulation et l'information? Il
y a tellement de canaux différents que chacun choisit celui
qui lui ressemble, sans aller écouter ailleurs d'autres avis
qui pourraient le faire réfléchir et peut-être
évoluer. On ne cherche plus le moyen de s'informer dans les
médias, mais le moyen de conforter ce que nous croyons déjà.
C'est une situation critique."
George Clooney se souvient : "Il est impossible de nier
l'héritage journalistique de Murrow. Mon père s'en
est inspiré, et il nous l'a transmis à ma sœur
et à moi. Avec ce genre d'individu, il était possible
d'apprendre, de découvrir, y compris ce qui n'était
pas facile à entendre. Murrow constituait une vraie source
d'information. Mon père aussi, à sa façon.
J'ai grandi dans le sud des États-Unis et nous étions
souvent à des dîners où les gens ne savaient
rien ni de la condition des Noirs ni de celle des Mexicains. Mon
père ne se privait jamais de les éclairer. Avec ma
sœur, nous avions pris l'habitude de manger le plus vite possible
parce qu'en général, mon père disait ce qu'il
avait à dire, se levait et nous partions ! Nous n'avons pu
finir notre repas normalement qu'une seule fois ! J'étais
fier que mon père soit celui qui l'ouvrait quand tout le
monde voulait qu'on la ferme. C'est assez sain!" |
Incarner pour raconter
Lors des premiers développements du projet, George Clooney
songea naturellement à incarner lui-même Edward R.
Murrow, mais ses fonctions de scénariste et de réalisateur
sur un film au budget limité lui demandaient déjà
beaucoup d'énergie... La rencontre avec David Strathairn
acheva de le convaincre.
George Clooney : "Nous savions que David était un
grand comédien, mais il nous a quand même surpris.
Àla seconde où il était dans la peau de Murrow,
il se transformait littéralement, il devenait comme habité
par son esprit. Mon expérience de comédien m'a conduit
à en côtoyer beaucoup, et je peux vous dire que je
n'ai jamais vu quelqu'un donner une telle intensité à
son rôle." (...) "Murrow avait souvent l'allure
de quelqu'un qui porte tout le poids du monde sur ses épaules,
et David Strathairn incarne cela à la perfection. Il a saisi
l'essence du personnage."
David Strathairn : "Pouvoir jouer quelqu'un comme Murrow
est une opportunité extraordinaire. Ce qu'il y a de plus
frappant en étudiant sa personnalité, c'est qu'il
n'a jamais eu la volonté ou l'impression d'agir de façon
héroïque ou même très courageuse. Il s'est
contenté de faire ce qu'il croyait en son âme et conscience,
sans jamais renoncer. Avec son producteur, Fred Friendly, Murrow
formait un tandem très soudé et très complémentaire.
Je trouve que George Clooney et Grant Heslov sont un peu comme eux
! Rien ne les arrête et ils savent motiver leur équipe.
Par moments, sur le film, nous étions un peu comme dans la
salle de rédaction de CBS !"
Le parallèle va d'ailleurs encore plus loin, puisque pour
faire le film, George Clooney a lui-même été
obligé de gager une partie de sa fortune afin de boucler
le financement... |
| Source : http://www.commeaucinema.com/europe2/ |
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