Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Combien tu m'aimes ? de Bertrand Blier
   
Titre original Combien tu m'aimes?
Réalisation Bertrand Blier
Scénario Bertrand Blier
Interprétation Monica Bellucci, Bernard Campan, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Darroussin, Edouard Baer, Farida Rahouadj, Sara Forestier, Michel Vuillermoz, François Rollin, ...
Musique Vincenzo Bellini, Giacomo Puccini & Giuseppe Verdi
Photographie François Catonné
Pays France
Année 2005
Durée 1h 35min.
Genre Comédie dramatique
Producteur(s) Olivier Delbosc & Marc Missonnier
Site officiel  
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Salle 12 - Plan d'accès
Projection le jeudi 30 mars 2006
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

Comédie de Bertrand Blier, avec Monica Bellucci, Bernard Campan, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Depardieu… François rentre un soir dans un bar de Pigalle et propose à Daniella de la payer pour vivre avec lui. La pute au grand cœur prend alors ce mal aimé dans ses bras et commence avec lui un drôle de ménage, Bertrand Blier décline Bertrand Blier dans cette comédie sur laquelle souffle un doux parfum italien, illuminée par Monica Bellucci en contre-emploi et un Bernard Campan tout simplement touchant.

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PREMIÈRE - Nicholas Schaller
  (…) "Combien tu m'aimes ?" développe un petit théâtre de l'absurde plutôt amusant, plein de répliques érectiles que les acteurs (...) ont bien en bouche.
  Source : Première
   
  LA LIBRE CINEMA – Alain Lorfèvre
  (…) on savoure les instants sans totalement se laisser emporter par le tout, parfois ampoulé quand la musique d'opéra nous rappelle que tout ça, c'est une commedia ou que l'auteur succombe à ses propres formules : «Une femme comme ça, on monte dessus tout le temps ». Du Blier pur jus.
  Source : La Libre Cinéma
   
STUDIO - Patrick Fabre
  (…) Comme si Blier s'était, non pas mis à nu, mais simplement déclaré. A notre tour de lui dire combien on l'aime.
  Source : Studio
   
LE SOIR - Fabienne BradfeR
  (…) Histoire de cul, histoire d'amour. Du pur Blier, tout en chair, en sexe et en verve. Du taillé sur mesure pour une distribution parfaite, avec en tête, Monica Bellucci, moteur du récit et machine à fantasmes, face à Campan et son physique anodin. Blier se sert habillement du décalage pour en faire l'un des couples cinématographiques les plus touchants. Autour d'eux, le chœur de la société, avide d'indiscrétions et de chairs exposées, s'interroge, veut savoir et s'en mêle. Parce que le sexe dérange encore et toujours. Voire plus aujourd'hui qu'hier, semble dire Blier, qui soigne les apparences et sublime Monica en prostituée sensuelle, mais sans porte-jarretelles, tel un diamant dans la boue. Clin d'oeil à la Sophia Loren d'« Une journée particulière ». Le tout est très sophistiqué, très musical. Décors de studio et airs d'opéra. Mais on est aussi et surtout dans le désir. Car qu'est-ce que « Combien tu m'aimes ? » sinon une immense déclaration d'amour absolu d'un metteur en scène à une actrice, de Blier à Monica.
  Source : Le Soir
   
Cinopsis - Eric Van Cutsem
  François rentre dans un bar. Il a gagné au Loto. Daniela, prostituée de son état, s'approche de lui, flairant le client. Il lui propose 100.000 Euro par mois pour vivre avec lui... Et bien sûr elle accepte. Une histoire d'amour et de gros sous peut commencer.

C'est tout Blier (LES VALSEUSES, TROP BELLE POUR TOI, TENUE DE SOIREE) que l'on retrouve une fois de plus dans cette fable qui parle d'amour en parlant de finances et qui fait de la femme objet celui de toutes les convoitises des mâles en rut. Dialogues ciselés, répliques à la Audiard qui risquent heureusement de laisser une empreinte indélébile dans nos cerveaux de spectateurs, ce COMBIEN TU M'AIMES? est un excellent cru...

"T'as vu l'outil?" fait remarquer à François son ami médecin... Façon pour lui de signaler qu'une telle fille c'est trop beau pour lui... Façon aussi pour Bertrand Blier de nous jeter en pâture une Monica Bellucci qu'il a su transcender en femme universelle, à la fois mère, amante et pute, une femme qui ne laisse aucun homme indifférent, surtout pas un Bernard Campan, parfait dans son rôle de monsieur tout-le-monde. En chiffrant l'amour, le réalisateur-scénariste choque volontairement mais détourne vite son propos pour donner de petites leçons et de petits coups de canif dans nos préjugés ou nos a priori. Il bouleverse les codes pour mieux démontrer que l'amour échappe aux chiffres mais pas aux hormones.

En scénariste de talent, toujours sur le fil du surréalisme, il joue à merveille avec le spectateur en se payant même le luxe de retourner la situation au trois quart du film et de nous donner une re-lecture de l'ensemble en nous suggérant que l'amour vrai peut naître sur le fumier du faux! Chapeau bas, Monsieur Blier, vous êtes vraiment unique en votre genre...

  Source : http://www.cinopsis.be
   
Comme au cinema - Nathalie Couturier
 

C'est désormais certain : Monica Bellucci est "La Femme !"

Celle que tout homme désire, que toute femme jalouse, la caméra de Blier la fait objet de désir comme jadis celle de Vadim l'œil posé sur celle qui deviendra, grâce à deux seules initiales, le fantasme de toute une génération.

Certes, il n'a pas fallu attendre Combien tu m'aimes ? pour se rendre compte de la beauté de l'actrice italienne, mais personne avant Bertrand Blier n'avait montré Monica Bellucci dans une telle plénitude. A elle seule, elle est un appel à la sensualité. Femme-objet par le rôle que lui incombe le scénario - celui d'une prostituée -, elle suscite le désir de chacun des personnages masculins tant, magnifiée par le regard de la caméra, sa beauté devient universelle. Féline, Monica Bellucci, opère un jeu d'actrice quasi-instinctif présent dans le moindre de ses gestes, la moindre de ses paroles, la plus anodine de ses postures.

Face à elle, un chœur de comédiens masculins lui fait écho. De Jean-Pierre Daroussin à Bernard Campan - personnage central du film - en passant par Gérard Depardieu et Edouard Baer : le réalisateur a truffé cet opus de participations masculines plus que remarquables et qui sont autant de petits moments d'un délice absolu, tels mille et une petites cerises sur le gâteau. Parmi eux on notera surtout la performance de Gérard Depardieu dans la peau d'un maquereau au cœur tendre et que la beauté de sa proie ne cesse d'émouvoir.

Tout au long de l'intrigue, cette prostituée, femme de tous et de personne à la fois, passera de bras en bras, comme au cours d'un ballet mais sur fonds de requiem et de morceaux d'opéras dont la bande-son est littéralement gorgée. Alors, chapeau bas au chef d'orchestre de ce ballet... Maestro Blier !

  Source : http://www.commeaucinema.com
   
Film de culte - Anthony Sitruk
 

Blier contre-attaque

Nouvelle pour le moins inattendue: Bertrand Blier revient au meilleur de sa forme, après plusieurs années d'errance, perdues entre le ratage intégral des sinistres Acteurs, et les déconvenues discutables des Côtelettes ou de Mon homme. Plus de dix années d'absence, durant lesquelles un vide s'est cruellement fait ressentir.

L'on se souvient avec regret des entretiens accordés durant cette période à la presse, dans lesquels il évoquait une perte totale d'inspiration et une inaptitude à se fondre dans une industrie cinématographique qu'il ne reconnaissait plus. Triste pour un réalisateur à ce point prolifique en qualité, ayant par ailleurs su rallié succès publics et critiques, Oscars et César, notamment dans sa décennie glorieuse des années 80 (Buffet froid, Tenue de soirée, Trop belle pour toi...).

Et si certaines de ses réussites avaient déjà été suivies d’erreurs pardonnables (Calmos, La Femme de mon pote), jamais il ne s’était à ce point enlisé comme il a pu le faire depuis douze ans, depuis plus exactement l’échec déstabilisateur du sous-estimé Un deux trois soleil. Comment rebondir, sans reproduire, voire recopier, les schémas de ses précédents films (la structure éclatée de Trop belle pour toi, ou les dialogues qu'il juge lui-même trop parfaits, trop "trop", de Tenue de soirée)?

Comment se renouveler et retrouver une inspiration lui permettant d'atteindre un tel niveau de réussite? Divine surprise, Combien tu m'aimes? est un film magnifique, d'une poésie et d’une pudeur rares, d’une élégance somptueuse portée par les airs d’opéra de Puccini, et qui à de nombreux moments se hausse au niveau des plus belles scènes réalisées par le cinéaste au court de sa carrière.

La belle italienne

"A mon âge, on peut tout dire. Monica met l'ambiance. Elle arrive, s'assied, fume une cigarette et elle met l'ambiance. On a tous envie de se la faire, c'est évident, même si on n'est pas obsédé sexuel. Elle est dans un bar et vaut très cher". Eclatant littéralement la figure, devenue habituelle, presque redondante dans sa filmographie, du trio (Les Valseuses, Préparez vos mouchoirs, La Femme de mon pote, Trop belle pour toi...), Blier déleste son film du troisième partenaire pour le remplacer par une curée d'hommes et de femmes gravitant autour de Daniela.

La Femme, La Bombe italienne, La Pute, celle dont tout le monde rêve. Les hommes la convoitent, les femmes la jalousent ou l'admirent. Combien tu m'aimes? , c'est avant tout Monica Belluci, regardée, caressée, brusquée parfois, par la caméra d'un metteur en scène amoureux. Le film n'existe quasiment que par et pour l'actrice de Irréversible; qu'il s'en éloigne un tant soit peu, et c'est toute l'intrigue, tout l'édifice, qui manque de s’écrouler. Ici, qui est le troisième acteur, forcément perturbateur? Le "mec" (mac) de Daniela? La voisine "du sud"?

Edouard, qui ne cesse de se pâmer d'admiration pour l'Italienne? Les collègues de boulot? C'est une foule, un essaim collant et envahissant comme pouvait l'être celui gravitant autour d'Alain Delon dans Notre histoire. Et Monica Bellucci, dans tout ça? Elle s'en sort bien, certes sans réellement faire d'éclat, mais en retrouvant par moment la grâce mélancolique et la fragilité qui faisaient la beauté de Carole Bouquet dans Trop belle pour toi. Les deux personnages se ressemblent, d'ailleurs. Toutes les deux ressentent le besoin de s'excuser d'être trop belles lors de très belles scènes qui se font écho, à vingt ans de distance.

La curée

Gravitant autour de Daniela, donc, Bernard Campan (surprenant de justesse), Gérard Depardieu (en grande forme - dans tous les sens du terme), et quelques autres. Combien tu m'aimes?, c'est un mouvement circulaire qui s'achemine doucement vers l'actrice. C'est le regard d'un cinéaste ayant tout compris depuis fort longtemps aux rapports homme/femme. Le premier spectateur du film et de l’actrice reste Blier lui-même, Blier et ses répliques acides, Blier et son regard ironique…

Mais surtout Blier et une pudeur qu’on ne lui connaissait plus. Caressant du bout des doigts son actrice à l’aide d’une caméra aérienne et vaporeuse, alignant sa mise en scène sur les notes de saxophone d’un air de jazz comme il le faisait sur celles des partitions de Philippe Glass, il approche son actrice sans jamais la brusquer, sans jamais la moindre once de vulgarité, avec l’infinie tendresse dont il a été capable dans le passé et dont on oublier un peu trop souvent de le créditer. Cette pudeur donne au film une infinie légèreté teintée d’une émotion rare, y compris dans le cinéma de Blier (renommé pour sa froideur).

Liberté de ton, éclatement de la structure (sans aller jusqu’à la narration à tiroirs de Merci la vie), effeuillage discret de ses personnages, Combien tu m’aimes?, en dépit de sa campagne d’affichage peu en adéquation avec les teintes douces et bleutées du film, s’impose comme l’histoire la plus tendre et la plus libre de l’année. Une histoire commune, celle d'un homme simple, "un baiseur, pas un gros baiseur mais un baiseur", qui rencontre une prostituée belle comme le jour, et tente de l'attirer hors du monde de la nuit. Avec Bertrand Blier aux commandes, cette histoire simple ne peut décemment pas donner une simple histoire.

  Source : http://www.filmdeculte.com
   
hobjectif cinema - Frédéric FOUBERT
 

Après les échecs publics de ses précédents opus (Les Acteurs, Les Côtelettes), Bertrand Blier a décidé de revenir sérieusement aux affaires afin de rassurer son cercle de fans, qui pouvait craindre une sévère chute du priapisme chez le bonhomme. Ingrédients, donc, du come-back : une affiche aguicheuse, un fidèle compagnon de route à qui il doit ses plus mémorables succès (Depardieu) et un fantasme hétéro-beauf pour argument : un quidam moyen (vous, moi, Bernard Campan) gagne le gros lot au Loto et décide de s’offrir comme femme une sublime pute de luxe (Monica Belluci). Dès la première scène, l’idée est exposée, le deal conclu, afin qu’il n’y ait pas tromperie sur la marchandise : le mac Blier n’a pas pour habitude de rouler le chaland.

Ses films sont coutumiers de ces entames franches, de ces rencontres forcées entre personnages qui n’ont a priori rien à se dire (voir Préparez vos mouchoirs, où Depardieu propose sans tergiverser au parfait inconnu Dewaere de coucher avec sa femme). Au reste du film de dérouler la mécanique induite par l’artifice de départ, de confronter les sensibilités antagonistes. Ici, le dilemme tient dans la douloureuse transformation d’une putain en femme au foyer, dans la transformation du sexe sans amour en amour sans fric.

Inutile de chercher dans Combien tu m’aimes ? une dissertation sur l’état de la société, un constat désolé sur la marchandisation du sexe, ni même quelques pièces à ajouter à l’éternel dossier du soupçon de misogynie. Blier a largué les amarres depuis longtemps, passé l’âge des politesses et ressassera les mêmes questions jusqu’à son dernier souffle : comment, pour qui, pourquoi on baise ? Et il y apportera toujours les mêmes réponses : on baise pour affronter l’hiver qui pointe, pour terrasser la solitude, pour niquer la mort.

Vaillamment, Blier remet sur le métier son irréductible idée de cinéma, ce mélange d’artificialité assumée (situations impossibles, déclamations théâtrales, l’abstraction d’un Pigalle de cinéma...) et de réalisme glauque (ce cinéma très français mais unique en France des grandes villes tristes, des petits employés de bureau et des fins de mois difficiles). Une combinaison de clichés sociologiques et d’une volonté de ruer dans les brancards, qui peut produire de belles étincelles mais aussi, comme ici, nous engourdir dans la frustration.

Au cœur de ces contradictions, un petit théâtre s’agite et vivote, et c’est certes toujours agréable quand c’est porté par quelques vrais originaux en liberté : un Depardieu en grande forme, Darroussin toujours parfait, François Rollin mielleux et roublard, et Edouard Baer dans son inimitable registre d’Edouard Baer...

Blier l’a souvent dit, il ne serait rien sans ses acteurs. Dans Combien tu m’aimes ?, son désir de cinéaste est absolument assujetti et aiguillonné par la Belluci, moteur de fiction et machine à fantasmes. Et il faut l’avouer, c’est là que le bât blesse. Difficile d’avaler l’idée qu’elle est une moderne Sophia Loren (directement évoquée via une citation d’Une Journée particulière), quand on l’entend ânonner péniblement son texte, prendre la pose, crouler sous le maquillage, se plier sans rechigner à l’idée cliché que les Français se font de la dolce vita italienne.

Blier a écrit cette histoire pour elle, mais la filme sans imaginaire, se pliant aux diktats des magazines de mode, pour un résultat de papier glacé, à mi-chemin de Marie-Claire et FHM. Engoncée dans son statut de sex-symbol, Monica Belluci oublie d’apporter le tourbillon de vie, d’amour, d’impudeur et de fêlure qui font les grandes actrices et les grands rôles. Ils ne sont pas nombreux, les cinéastes à l’avoir désirée au point de la rendre réellement troublante : Gaspard Noé dans Irréversible - qui d’autre ?

Pute / actrice : l’histoire du cinéma peut être lue comme une longue entreprise pour filer cette métaphore. Monica Belluci apparaîtrait ainsi comme une mère maquerelle (déjà) fatiguée de jouer cette comédie. Sentiment renforcé par l’apparition virevoltante de Sara Forestier, échappée belle de L’esquive, en nouvelle venue dans le monde du tapin. Sa présence fait sentir a contrario le grand vent de tristesse mortifère qui nimbe le film.

La chair est exposée, vantée, soumise à nos regards supposés avides, mais ne peut s’empêcher d’être triste, hélas. Combien tu m’aimes ? clame pourtant de toutes ses forces sa volonté de devenir un grand succès populaire. Choquera-t-il le bourgeois, fera-t-il succomber le bon peuple à ses délices factices ? Pourquoi pas après tout, l’époque n’étant plus à la grande culbute généralisée mais plutôt aux élixirs de jouvence et aux pilules aphrodisiaques. Petits arrangements avec le désir...

  Source : http://www.objectif-cinema.com
   
Avoir à lire - Frédéric Mignard
 

Une comédie attachante qui parvient à nous faire oublier les derniers faux pas du cinéaste. Blier fils persiste et signe. Envers et contre tous, il nous replonge dans un cinéma daté dont il est le dernier fleuron. Ultime représentant d’un style verbeux qui privilégie les tournures de styles absurdes et cocasses, il s’est aliéné une partie de son public en se complaisant dans la nostalgie de sa grande époque avec des films ratés comme Les acteurs (2000) ou Les côtelettes (2003) dans lesquels il déballait un mépris inacceptable pour le cinéma contemporain. Avec Combien tu m’aimes ?, il revient en meilleure forme, fort d’un casting charismatique.

Grâce à Bellucci et Campan, il donne un (léger) coup de jeune à son œuvre, sans la trahir pour autant. Les dialogues sont toujours autant de vers décalés et travaillés à la virgule près que les acteurs récitent avec détachement et dévotion. Ils amusent et charment. Un procédé artificiel qui fait ressortir une humanité touchante.

Tous les personnages du film, y compris celui de la pute sublimée, interprétée par une Bellucci à la beauté canonisée, sont pathétiques, mais si émouvants. Mention spéciale à la voisine solitaire qui noie son désespoir dans l’écriture. Un personnage secondaire, il est vrai, mais qui témoigne du regard humain de Blier. Le bonhomme reste tel qu’on l’a toujours connu, roublard et grossier, jusque dans sa peinture idéalisée de la femme qui confine à la misogynie, mais la sincérité de son propos valorise sa démarche.

Alors, oui, le cinéaste a vieilli, son style aussi. Oui, sa caméra et sa bande originale nous renvoient trente ans en arrière, à un cinéma ringard d’un autre temps, mais l’intérêt de Combien tu m’aimes ? est ailleurs, dans le regard mature et complexe de son cinéaste qui derrière le ton de la comédie dévoile sa tristesse et sa peur de la solitude et du vieillissement.

  Source : http://www.avoir-alire.com
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