Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Crash  de Paul Haggis
   
Titre original Crash
Titre français Collision
Réalisation Paul Haggis
Scénario Paul Haggis & Robert Moresco
Interprétation Karina Arroyave, Dato Bakhtadze, Sandra Bullock, Don Cheadle, Art Chudabala, Tony Danza, Keith David, Loretta Devine, Matt Dillon, ...
Musique Mark Isham
Photographie James Muro & Dana Gonzales
Pays U.S.A.
Année 2005
Durée 1h 47min.
Genre Drame
Producteur(s) Don Cheadle, Paul Haggis, Mark R. Harris, Robert Moresco, Cathy Schulman & Bob Yari
Site officiel  
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Salle 12 - Plan d'accès
Projection le jeudi 20 avril 2006
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

Deux voleurs de voitures. Un serrurier mexicain. Deux inspecteurs de police qui sont aussi amants. Une femme au foyer et son mari, district attorney. Tous vivent à Los Angeles. Eux et beaucoup d'autres ne se connaissent pas, leurs vies n'auraient jamais dû se croiser.

Pourtant, dans les prochaines 36 heures, leurs destins vont se rencontrer, révélant ce que chacun voulait cacher ou ne pas voir ...

 
 
Award du meilleur montage décerné à Hughes Winborne aux American Cinema Editors 2006
Award du meilleur acteur de soutien décerné à Matt Dillon aux Dallas-Fort Worth Film Critics Association Awards 2005
Grand prix spécial décerné à Paul Haggis au Festival de Deauville 2005
Award du meilleur casting pour un film dramatique décerné à Sarah Finn & Randi Hiller à la Casting Society of America 2005
Award du meilleur scénario original décerné à Paul Haggis & Robert Moresco aux Southeastern Film Critics Association Awards 2005
Award du meilleur acteur de soutien décernéà Terrence Howard au Vancouver Film Critics Circle 2006
Award du meilleur scénario original décerné à Paul Haggis & Robert Moresco à la Writers Guild of America 2006
Award du meilleur acteur décerné à Terrence Howard au National Board of Review 2005
Award du meilleur film décerné à Paul Haggis aux Online Film Critics Society Awards 2006
Academy Awards 2006
 
  • Award du meilleur montage décerné à Hughes Winborne
  • Award du meilleur film décerné à Paul Haggis and Cathy Schulman
  • Award du meilleur scénarion originale décerné à Paul Haggis & Bobby Moresco
Outstanding Performance by a Cast in a Motion Picture Award décerné à Ludacris, Sandra Bullock, Don Cheadle, Matt Dillon, Jennifer Esposito, William Fichtner, Brendan Fraser, Terrence Howard, Thandie Newton, Ryan Phillippe, Larenz Tate aux Screen Actors Guild Awards 2006
BAFTA Awards 2006
 
  • Award de la meilleure actrice de soutien décerné à Thandie Newton
  • Award du meilleur scénario original décerné à Paul Haggis & Robert Moresco
Broadcast Film Critics Association Awards 2006
 
  • Award du Best Acting Ensemble
  • Award du meilleur scénario original décerné à Paul Haggis & Robert Moresco
Chicago Film Critics Association Awards 2006
 
  • Award du meilleur film
  • Award du meilleur scénario original décerné à Paul Haggis & Robert Moresco
London Critics Circle Film Awards 2006
 
  • Award de la meilleure actrice de soutien décerné à Thandie Newton
  • Award du meilleur scénario original décerné à Paul Haggis & Robert Moresco
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Cinopsis - Eric Van Cutsem
 

Scénariste pour la télévision, Paul Haggis a, depuis 2000, réorienté sa carrière vers la réalisation, l'écriture de long-métrages de fiction. Et depuis, il n'a écrit rien de moins que MILLION DOLLAR BABY, mis en scène par Clint Eastwood et oscarisé à maintes reprises... Si ce n'est pas la certitude de faire de CRASH un film de qualité, cela y contribue bien sûr.

Et effectivement CRASH tient ses promesses de film intelligent à la fois dans sa mise en scène qui tient en haleine le spectateur et dans son propos qui tend à faire inévitablement réfléchir aux rapports que nous entretenons les uns et les autres. Car dans cette histoire finalement, personne n'est vraiment ce qu'il croit être. C'est en fonction des circonstances et du destin que chacun va se révéler, montrant ainsi sa face cachée, bonne ou mauvaise: le jeune flic blanc anti-raciste va faire preuve d'un racisme flagrant, le flic raciste ne va pas hésiter à risquer sa vie pour sauver une jeune femme afro-américaine, etc. La vie n'étant ni toute blanche ni toute noire, chacun tente plus ou moins d'atteindre un équilibre entre ses actions, 'cherchant à équilibrer' ainsi d'une certaine manière ce qu'il avait fait auparavant.

Mais, en plus de s'attacher aux personnages, le film s'attache aussi au climat général qui semble régner dans ce Los Angeles là. Tout le récit baigne dans un sentiment d'insécurité doublé d'un racisme et d'une xénophobie ambiants qui sont le creuset dans lequel vont naître les joies, les peines et les moments magiques des protagonistes. Des peurs jailliront le positif ou le négatif qui atteindront peu à peu ce fameux équilibre du destin ...

Avec un casting solide (Matt Dillon, Sandra Bullock, Don Cheadle, Brendan Fraser, ...) et sans faute malgré le nombre d'interprètes et son histoire mêlant des destins très différents avec une maestria certaine, CRASH n'est pas sans rappeler un certain SHORT CUTS de Robert Altman même si c'est dans un registre plus proche du polar. Paul Haggis confirme ici un talent de conteur et de metteur en scène qui en fait un personnage à suivre dans le monde souvent factice d'Hollywood...

  Source : http://www.cinopsis.com
 

 

Belga films - B.J.
 

Le premier film du scénariste de Million Dollar Baby (réalisé par Clint Eastwood), Grand Prix du dernier Festival de Deauville, vole de succès en succès. Un triomphe amplement mérité pour un film qui secoue, dérange et fait réfléchir. Collision c’est 36 heures à Los Angeles, la Cité des Anges, carrefour de toutes les ethnies, de toutes les religions. Des vies se croisent, se frôlent. Des effleurements qui deviennent des collisions. Comment vivre avec l'autre? C’est toute la question de cette œuvre majeure, indispensable.

Les récents désastres climatiques ont rappelé au monde que la société américaine était loin, bien loin d’être parfaite. Tandis que l’un prolonge ses vacances, l’autre voit sa famille mourir sous ses yeux…Malgré les beaux discours, on mesure avec ce film tout le chemin qu’il reste à parcourir. Car dans une société dont les ghettos sont si bien organisés, le bilan ne peut être que tragique. On ne communique plus, on craint et on rejette l’autre. Seule la famille compte… et encore…

Paul Haggis a écrit Crash en se basant sur ses expériences personnelles. (Il a été lui-même victime d’un "car-jacking"). Ce scénario en forme de kaléidoscope est magnifié par une mise en scène au scalpel et une direction d'acteurs brillante qui joue admirablement sur l’effet des contre-emplois (jamais Sandra Bullock, Matt Dillon, Ryan Philippe, Bredan Fraser, Don Cheadle n’ont été meilleurs !) Il y a dans cette réalisation du Paul Auster voire du Robert Altman tant c’est éblouissant !

Crash, collision, accident… Pablo Picasso a eu cette phrase un jour : "Les accidents, essayer de les éviter… c’est impossible. Ce qui est accidentel révèle l’homme." S’il vivait encore on pourrait croire qu’il a dit cela en sortant de la projection du film ...

L’Express, Paris Match, Rolling Stone, le Figaroscope, Positif : les revues les plus en vue ont toutes décerné un score maximum de 5 étoiles à cette réalisation. Mieux encore : ces messieurs les critiques élitistes-coincés des Cahiers du Cinéma n’aiment pas !

Raison de plus pour courir voir ce pur chef-d’œuvre.

  Source : http://www.belgafilms.be
   
Land - Loïc Tanson
 

Dans Crash, Paul Haggis met en scène l'emboîtement des destinées d'une dizaine de personnages représentant la condition humaine.

Tous les destins humains sont interconnectés et dépendent l'un de l'autre. Des rencontres improbables et des situations inévitables nourrissent le sort de tout un chacun par des jeux de hasard aléatoires. Dans le creuset ethnique de Los Angeles, les relations sociales quotidiennes pèsent lourd sous l'emprise incontrôlée du racisme.

Selon ce canevas, Paul Haggis a scénarisé et mis en scène l'emboîtement des destinées d'une dizaine de personnages issus de toutes les franges de la société et d'origines culturelles différentes. Basés sur les innombrables préjugés raciaux qui sévissent dans les profondeurs intérieures de chacun et qui dominent la vie de tous les jours, ce récit qui entrelace la vie d'inconnus, va mettre en évidence leur ambivalence émotive, allant de leurs côtés obscurs aux lueurs d'une générosité altruiste indubitable.

Ancien réalisateur de télévision, Paul Haggis s'est fait remarquer au cinéma en signant le scénario de Million Dollar Baby de Clint Eastwood. La sensibilité et l'humanité originelles qui émanaient de cette histoire se retrouvent partiellement dans Crash.

Comparable par sa forme et sa structure à Magnolia de P.T. Anderson ou à Short Cuts de Robert Altman, Haggis ajoute cependant un paradigme invariable aux coïncidences qui réunissent les vies des différents personnages : l'insécurité intrinsèque qui se transforme en haine raciale. La peur arbitraire de l'autre, de celui qui ne nous ressemble pas, ainsi que les situations d'injustice inévitables qui en ressortent, forment l'épine dorsale de ce film poignant et bouleversant par son honnêteté.

Porté par une pléiade d'acteurs connus et impressionnants, comme Sandra Bullock ou encore Brandon Fraser, ce film ne joue pas sur leur capital de star. En effet, la plupart des acteurs endossent des rôles aux antipodes de leur registre habituel. Même s'il n'y a pas de personnage principal qui domine le film, les interprétations de Matt Dillon et de Don Cheadle restent au-dessus du lot.

Ce qui conditionne les personnages en général est surtout le fait qu'ils ne soient ni fondamentalement bon, ni foncièrement mauvais. Loin du manichéisme hollywoodien, chaque personnage va se découvrir des traits détestables et louables enfouis au plus profond d'eux-mêmes, pendant les deux jours au cours desquels s'établit le récit.

La caméra de Haggis, désinvolte et sans pitié, ne lâche pas ces personnages. Se positionnant en plein milieu de l'action, elle renforce le propos du film et consolide l'identification du spectateur aux divers personnages, ainsi que son immersion totale dans le film et l'enchaînement d'émotions qu'il engendre.

La représentation de la ville de Los Angeles est tout aussi originale. Se servant des ambiances variées émanant des divers quartiers de la ville ainsi que de l'incidence visuelle du moment de la journée sur l'action qui s'y déroule, on ne semble jamais encore avoir aperçu la cité des anges faire figure de décor si réel. Des matins ensoleillés aux nuits claires, en passant par des après-midi brumeuses, l'absurdité du hasard ne manquera pas à même convier la neige dans le désert californien qui entoure la ville.

La bande originale tout aussi colorée se positionne en soubassement auditif et dramatique au déroulement des multiples histoires racontées. La convergence des sorts individuels vers des drames collectifs, les liens affectifs qui se créent dans des situations extrêmes, ainsi qu'une remise en question personnelle de tous les personnages, marquent l'évolution du récit et confère une note plus optimiste à la majeure partie des destins engagés qui butent l'un sur l'autre.

Les rencontres aléatoires et leurs répercussions sur la vie de tous les jours ont finalement donné la possibilité à Paul Haggis de se poser en cinéaste accompli qui sait emmener les spectateurs dans ses réflexions sur la condition humaine.

  Source : http://www.land.lu
   
6Bears - Boul
 

Sandra Bullock, Brendan Fraser, Matt Dillon et Ryan Phillippe, voilà un casting qui ferait fuir n'importe quel amateur à la recherche de films un tant soit peu intelligents. Mais c'est un choc qui nous attend au tournant.

Il est des films qui font l'effet d'une claque. Indéniablement "Crash" fait partie de ceux-ci et est résumé en une ligne de dialogue: "C'est le sens du touché. Dans n'importe quelle ville, tu marches, tu te fais bousculer, tu frôles des gens. À L.A. personne ne te touche. On est toujours derrière du métal et du verre.

Je pense que nous manquons tellement de ce "touché" que nous avons des accidents juste pour ressentir quelque chose." "Crash" est un film kaléidoscopique contant le destin de dix vies qui vont se croiser dans les rues de Los Angeles, se frôler et entrer en collision. La force de ces impacts bouleversera définitivement les personnages. Certains seront détruits, d'autres sauvés mais tous seront un peu plus humains.

Pur produit de la télévision américaine, Haggis fait partie de cette nouvelle génération de créateurs de séries et de téléfilms qui se trouve être le vrai vivier de talents et d'expérimentateurs de Hollywood à l'heure actuelle. Après avoir écrit et produit un certain "Million Dollar Baby", Haggis se lance dans sa première réalisation pour Hollywood.

La moindre des choses que l'on peut dire sur ce film, c'est que ni le budget d'un long métrage, ni le casting n'ont impressionné Haggis. Il nous livre un film tranchant et précis comme une lame de couteau, sans la moindre complaisance. Il nous expose face à ce que nous sommes, racistes, apeurés, perdus dans une société qui va trop vite et qui a oublié de s'arrêter pour nous prendre au passage.

Quelque soit la couleur de la peau, la religion, la classe sociale. Face à la caméra de Haggis tous sont égaux. Exposant les préjugés, mais démontrant aussi les mécanismes qui provoquent ces préjugés: la crainte et l'incompréhension, la frustration. Paul Haggis crée une histoire tendue et sans concessions de bout en bout. Mais sous les différents drames une lueur d'espoir. Une lueur d'humanité. Des êtres humains qui sont capables du pire, souvent, mais qui, une fois, de temps en temps, sont capables du meilleur et nous offrent la rédemption. Un film qui fait l'effet d'une claque, mais d'une claque comme on devrait en prendre tous au moins une fois dans sa vie.

  Source : http://www.6bears.com
   
Cinecfeel
 

"Collision" est un film chorale. Evidemment, comme tous les films chorale avec multitudes de personnages (Collision se rapproche notamment de "Short Cuts" ou "Magnolia"), le risque de se perdre dans les méandres des destins croisés et de ne s'intéresser finalement à aucun des personnages est grand.

Mais Paul Haggis a un fil conducteur (l'intolérance et la compassion) et il le déroule subtilement. Tout d'abord, Paul Haggis crée une ambiance de "grande ville" où tous les personnages se heurtent aux murs de leur solitude et développent des réflexes pour se protéger de leurs peurs : réflexes de race et de classe sociale. On comprend parfaitement pourquoi les personnages en sont là où on les croise : leur réussite sociale et / ou leur couleur de peau les ont façonnés.

Ensuite Paul Haggis nous surprend par la tournure pris par les évènements et certains personnages dévoilent une facette de leur caractère ignorée d'eux (ou de nous-mêmes). Les réactions des uns et des autres face aux évènements ne sont pas prévisibles.

Enfin il ne s'agit pas ici de parler de "rédemption" des personnages : simplement leur entrée en collision avec d'autres les obligent à réagir et, après coup, pourquoi pas à devenir plus tolérants ou plus compréhensifs face aux réactions des autres.

Paul Haggis réalise donc un film d'une grande finesse où l'émotion nous gagne peu à peu : on finirait presque par croire qu'une cape "parre-balle" pourrait nous protéger des armes à feu, comme en est convaincue un des personnages du film...

  Source : http://www.cinefeel.net
   
Krinein - Nicolas
 

Succès de Million Dollar Baby oblige, Paul Haggis (scénariste sur l'oscar du meilleur film 2004) croule sous les demandes les plus diverses, mais n'en oublie pas pour autant de saisir l'opportunité que lui a offert Clint Eastwood. Le voici aux commandes de son premier film, sorte de melting pot de ses propres expériences personnelles, qu'il met en image dans d'abstraites figures de collision.

"C'est la sensation du toucher. Dans les vraies villes, tu marches, tu effleures des gens, tu les bouscules...A Los Angeles, personne ne touche personne. Nous nous cachons toujours dans ces trucs de métal et de verre. Je crois que nous avons oublié cette sensation, et que c'est pourquoi on se rentre dedans, pour la ressentir à nouveau..." Par une collision, tout commence.

Un procureur se fait braquer et voler sa voiture par deux petites frappes, un réalisateur noir et sa femme se voient malmenés par un flic, un serrurier mexicain bombardé de clichés, un petit commerçant perse insulté... Tous vont se rencontrer, se croiser, et se découvrir enfin tels qu'ils sont ...

D'un coup d'un seul, on hait un type. Vingt minutes après, il devient le contraire de ce qu'on avait pensé de lui. De ce que les autres avaient pensé de lui. Collision tient entièrement sur ce postulat. En filmant les rixes parfois brutales, souvent raciales, d'une dizaine d'âmes en plein Los Angeles, Paul Haggis lance en plein visage du spectateur le poids de sa réflexion, de son observation de l'Amérique contemporaine.

Celle qui a connu le 11 septembre, et qui en a tiré les leçons, les bonnes comme les mauvaises. L'image est violente, consternante, et touchante tour à tour, par l'entremêlement d'une poignée de destinées à peine développées, de parfaits inconnus pour le spectateur comme pour le protagoniste, pourtant déjà chargés de préjugés. Un sentiment que l'on retrouve dans le choix des acteurs, pour certains complètement antagonique à ce qu'ils ont l'habitude d'incarner (Brendan Fraser et Sandra Bullock en tête), mais profondément justes et communicatifs. La difficulté fut alors de tenir autant de personnage en une durée somme toute assez réduite, ce que fait Haggis non sans mal.

Oui, le propos est parfois répétitif, voire simpliste sur certaines aspérités, et aurait peut-être gagné à se jouer avec un "background" un peu moins lourd à assumer. Et même si la réalisation ne souffre d'aucun véritable défaut, ce qui est en soit une excellente chose pour une première réalisation, son style élémentaire tranché aux effets académiques ne casse pas des briques.

Paul Haggis, déjà scénariste applaudi, signe en tant que réalisateur une oeuvre très aboutie, dérangeante et cruelle, jouant des préjugés et des conflits raciaux avec un sens très aigu de l'analyse et de la réflexion. Un bon premier film, et une solide mise en image des craintes de l'Amérique du troisième millénaire.

  Source : http://cinema.krinein.com
   
Cyberpresse - Marc-André Lussier
 

Crash : beautés désespérées ...

Quoi qu'on en pense, il se produit encore en Amérique des films qui portent à réflexion. Avec Crash, un film choral qu'il a lui-même écrit et réalisé, Paul Haggis assène au spectateur un véritable coup de poing au plexus en le confrontant à ses propres interrogations, à ses propres lâchetés.

Proposant une allégorie qui, d'un point de vue extérieur, se révèle aussi fascinante que désespérée, l'auteur cinéaste parvient à saisir parfaitement l'état d'esprit d'un peuple contaminé par une culture de la peur qui s'est exacerbée depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001.

Utilisant très habilement une forme à la Short Cuts (le sublime film d'Altman), le scénariste de Million Dollar Baby, qui signe ici son premier long métrage, explore ainsi le tissu social de Los Angeles à travers différentes histoires qui, parfois, s'entrechoquent pour dresser un portrait saisissant de l'état des lieux.

Ainsi, le film commence par un vol de voitures qui, pour banal qu'il soit, n'en déclenche pas moins une série d'événements desquels, on le présume, tous ne sortiront pas indemnes. Il se trouve que ceux qui se sont fait dérober leur luxueux véhicule utilitaire à la pointe du fusil, un haut placé de l'appareil judiciaire et son épouse (Brendan Fraser, Sandra Bullock), font en effet partie d'une classe sociale supérieure et, à la suite de cette agression, ils n'ont d'autres réflexes que de se replier complètement sur eux-mêmes. En soupçonnant tous ceux qui, par malheur, affichent une couleur de peau un peu plus sombre que la leur ...

  Source : http://www.cyberpresse.ca
   
Officemcom - André Lavoie
 

Après avoir longtemps travaillé à titre de scénariste ou réalisateur sur diverses séries télévisées (DUE SOUTH, EZ STREET) le Canadien Paul Haggis a écrit l'admirable MILLION DOLLAR BABY de Clint Eastwood.

Avec CRASH, qu'il a tourné avec un petit budget, Haggis s'inspire maintenant du Robert Altman de SHORT CUTS et du Paul Thomas Anderson de MAGNOLIA, avec leurs scénarios aux nombreux croisements narratifs.

On retrouve ici cette manière habile et intelligente de mener de front plusieurs intrigues, dressant ainsi un portrait souvent nuancé des malaises qui rongent la société américaine: racisme, violence, individualisme, clivage des classes sociales, etc. Optant pour un ton mélancolique, renforcé par la musique envoûtante de Mark Isham, le film n'en demeure pas moins ludique, le tout se déroulant sur une période de 24 heures au cours de laquelle on égrène savamment tous les liens probables entre les personnages.

Le film contient aussi sa part de scènes émouvantes, et d'autres fort tendues. Visiblement éblouis par un scénario d'une telle efficacité dramatique, bien des acteurs connus ont accepté d'y figurer pour un cachet modeste. Cette distribution de haut niveau est dominée par Don Cheadle, qui incarne en quelque sorte la conscience de cette triste faune urbaine.

  Source : http://officecom.qc.ca
   
le quotidien du cinema - Matthieu Deprieck
 

C’est beau une ville la nuit

Deux voleurs de voitures. Un serrurier mexicain. Deux inspecteurs de police amants à leurs heures perdues. Une femme au foyer et son mari procureur. Un policier forcé de patrouiller avec un supérieur antipathique. Cela pourrait être un inventaire à la Prévert. Simple succession de figures. Mais, le film Crash, titre original, n’a pas été rebaptisé Collision pour rien.

Tous ces personnages vont se croiser dans la seule ville de Los Angeles. On songe alors aux films du réalisateur mexicain Inarritu (21 grammes et Amours Chiennes) et à celui d’Anderson, Magnolia. Le tout est réalisé par Paul Haggis, créateur de la série Walker Texas Rangers mais surtout scénariste de Million Dollar Baby et Flags of Our Fathers, respectivement dernière et prochaine réalisation de Clint Eastwood.

Selon toute logique donc, Collision devrait d’abord être un scénario plus qu’un film. Et pourtant. Ce que l’on retient, c’est incontestablement la qualité plastique du film. Ici, Paul Haggis filme Los Angeles, offre au spectateur une ballade atmosphérique tout en douceur et soudaines accélérations. La musique soutient la moindre tension.

Sans en faire trop, sans verser dans l’héroïsme aveugle ou dans le mélodrame larmoyant (si ce n’est dans les dernières minutes mais chut !), Paul Haggis emporte le spectateur. Toute l’essence de cette ville se retrouve dans le propos de Collision. Los Angeles, Paul Haggis s’en sert pour évoquer les problèmes de racisme envers les latinos, les noirs, les arabes, etc… Et l’on sait que le racisme est un sujet difficile à aborder au cinéma. Surtout parce que le simple film mièvre n’est jamais loin.

Même si le trait est parfois grossier, Paul Haggis pointe justement du doigt les défaillances du modèle d’intégration américain que l’on disait pourtant bien rodé. Le melting pot, littéralement pot-pourri, sur le papier accepte tous les hommes. En réalité, il n’efface pas totalement les ressentiments de chacun. Haggis n’évite pas les caricatures : le méchant flic blanc joué par Matt Dillon et le gentil policier naïf, Ryan Phillippe, font équipe ; l’avocat général, Brendan Fraser et sa femme, Sandra Bullock sont de parfaits bourgeois méprisant les émigrés, etc.

Mais, par la mise en scène, il multiplie les confrontations, les situations et parvient à dessiner un tableau complet et nuancé. D’autant que toutes les figures sont campées par des acteurs de renom : Matt Dillon, Ryan Philippe (héros du prochain Eastwood et donc du prochain scénario de Haggis), Brendan Fraser et Sandra Bullock (qui redorent leur CV). Mention spéciale à Don Cheadle qui, après un numéro éblouissant dans Hôtel Rwanda, réalise une nouvelle performance d’acteur.

Bref, Collision a tout pour être un très bon film. Il faudra tout de même faire abstraction de quelques faiblesses. Et par exemple ne pas se demander ce qui rassemble tous ces personnages, ni s’interroger sur leurs liens. En fin de parcours, Haggis tente bien d’injecter une dose de scénario. Mais tout cela semble artificiel. Et la question du racisme ne parvient pas à lier les différents destins des personnages. Collision reste un film honorable grâce à ses moments de franche tension et à ses plans lents et épurés. On ne peut s’empêcher de penser à Collateral de Mann. Parce que les deux réalisations étalent des plans superbes de la ville des Anges.

Alors Collision ou Collateral ? La réponse est évidente. Même si le comparatif vaut le mérite d’être fait.

  Source : http://www.lequotidienducinema.com
   
Cinemovies - Reynald Dal Barco
  Les désastres de l'ouragan Katrina ont rappelé au monde entier les schismes raciaux qui continuaient de caractériser la société américaine. Si le "Vivre ensemble " demeure le but à atteindre, on mesure avec Collision tout le chemin qu'il reste à parcourir.

Le bouleversant dernier film de Paul Haggis dresse ainsi le tableau du société morcelée, qui paie assurément ses non choix politiques en terme d'intégration : bilan tragique d'une ghettoïsation économique et raciale savamment orchestrée qui, au bout du compte, génère sa propre misère, ses propres incompréhensions. Sous couvert du "On ne se parle plus" (mais se sont-ils déjà parlés ?, serait-on tentés d'observer), Haggis intègre au sein de son chasser-croiser de destins beaucoup d'autres composantes, pour un final un peu confus, tellement les maux semblent insurmontables pour l'ensemble du peuple américain.

C'est d'abord le non-sens de couches d'immigrations qui reportent sans cesse sur les vagues suivantes les rejets dont elles ont elles-mêmes premièrement souffert : le non-savoir, l'irrespect caractérisé des hommes (les Latinos ne sont pas tous des Mexicains, comme les Asiatiques ne sont pas tous Chinois, et les Musulmans encore moins tous des Arabes)... C'est la misère sociale ensuite... Et peut-être plus encore, on assiste avec Collision, au grand abandon, un rejet qui semble normal, tout du moins, maintenant fataliste pour bon nombre de blancs.

Si Haggis constate, il dénonce aussi tout en douceur, avec un peu de mièvrerie parfois. Si elle tire parfois vers l'improbable, voire l'acharnement apocalyptique (boucles infernales de quiproquos), sa trame narrative appose une autre terrible vérité. A chercher son confort premier, la société américaine a créé des îlots personnels. Seules les valeurs familiales comptent, et tant pis pour le bien commun. C'est le règne du grand repli sur soi-même... Le règne du " Marche ou crève !"

On n'omettra pas de souligner quelques emplois de comédiens à contre-courant, dont une Sandra Bullock plus hystérique que jamais, dans le rôle d'une bourgeoise tétanisée par une violence urbaine qu'elle ne capte plus, qu'elle ne sait plus comment fuir.

Sous ses airs de douceurs amères qui s'étirent un peu sur la longueur, largement arrosées de musiques deep pour drames à répétition, Collision fait flipper, terriblement flipper...

A voir ! Sûr !

  Source : http://www.cinemovies.fr
   
Comme au cinema
 

Collision raconte l'histoire de blancs, noirs, latinos, coréens, iraniens, flics et criminels, riches et pauvres, tous victimes, mais également coupables de racisme à leur façon. Pour sa première réalisation, Paul Haggis signe un thriller de deux heures, extrêmement bien ficelé où l'on ne s'ennuie pas une seconde. Le scénario ne repose pas sur le modèle manichéen américain habituel, et si l'on cerne rapidement la vie de chaque protagoniste, leurs réactions restent assez imprévisibles.
Le film nous fait partager la vie d'une quinzaine de personnes à Los Angeles, que le destin va réunir sur 24 heures. Soucieux de leur image, tous révéleront leur vraie nature au fil des péripéties que leur réserve la vie.

En faisant se croiser le chemin de personnages hétéroclites, Paul Haggis dépeint une Amérique qui se veut ouverte et tolérante, mais regorge de violences racistes. Personne n'est épargné : du politicien opportuniste au commerçant à bout de nerf, sans oublier le policier violent, chacun cache au fond de lui un passé, une colère qui le rend agressif, spécialement envers les étrangers.
Toutes ces personnes, apparemment si différentes, se partagent la même ville et vont comprendre qu'ils partagent également les mêmes espoirs et rêves.

Collision est un film qui touche car son propos est universel. A une époque où se côtoient différentes cultures et nationalités, tout le monde a déjà été confronté, si ce n'est au racisme, du moins à l'intolérance. Une fresque poignante sur le monde actuel, à ne pas manquer.

  Source : http://www.commeaucinema.com
   
excessif - Elodie & Caroline Leroy
 

Dans Crash se croisent les destins d'une femme au foyer et de son mari procureur, d'un commerçant perse et de sa fille médecin, d'un serrurier mexicain, d'un réalisateur noir et de sa femme, d'une nouvelle recrue de la police, d'un couple de Coréens...

Le film démarre 36 heures avant l'événement qui va sceller leurs vies. Après le Los Angeles fantaisiste et décalé de Shane Black qui nous ravi dimanche avec Kiss Kiss Bang Bang, nous découvrons le Los Angeles raciste et implacable de Paul Haggis qui traite de front la difficile réalité de l'extraordinaire cloisonnement des communautés qui caractérise cette ville immense.

Une ville où, selon le réalisateur, chacun se définit en premier lieu par sa couleur, quelque soit son niveau social, comme l'illustre le cas du réalisateur noir, privilégié par son statut mais privé du véritable pouvoir de décision. Même si cette dernière affirmation n'engage que le réalisateur, toute personne qui connaît un tant soit peu la Cité des Anges ne peut ignorer à quel point les communautés se méprisent les unes les autres voire se haïssent et vivent chacune isolée l'une de l'autre, Los Angeles n'étant rien d'autre qu'une agglomération de villes juxtaposées les unes aux autres.

Il était donc particulièrement intéressant qu'un réalisateur fasse de ce triste état de fait le coeur de son film au lieu de se contenter de placer ce thème en toile de fond. Dans ce contexte, tous ces personnages, aussi sympathiques soient-ils, se retrouvent tôt ou tard rattrapés par leurs préjugés malgré leurs efforts pour s'en défaire. Dans la forme, Crash évoque instantanément Traffic de Steven Soderbergh : même genre de construction dans un film choral à message, même genre de montage serré, d'ambiances visuelle et sonore.

Au-delà de cette ressemblance formelle, le fond s'avère en revanche radicalement différent. Sur un sujet aussi casse-gueule que le racisme inter-communautés, Paul Haggis sait visiblement de quoi il parle et parvient en à peine deux heures à explorer l'envers et l'endroit de chaque personnage et de chaque situation avec une belle virtuosité. Loin de paraître systématique, ce parti-pris est le reflet de la compassion sincère qu'éprouve le réalisateur pour ses personnages malgré leurs erreurs voire leurs défauts les plus abjects (le personnage de Matt Dillon en est un bon exemple).

Personne ne se réduit à une attitude et chaque être humain est exposé dans toute sa contradiction. Dans sa dernière partie, le film se change en véritable feu d'artifice émotionnel dont les réminiscences perdurent jusqu'à la toute fin, tragique et magnifique à la fois.

On ne ressort pas indemne de Cash et ce premier film tout simplement bouleversant semble bel et bien avoir chamboulé toute la salle, si l'on en juge par l'explosion triomphale d'applaudissements et de cris déchaînés qui marqua les premières minutes du générique de fin.

  Source : http://www.excessif.com

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