Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Walk the line de James Mangold
   
Titre original Walk the Line
Réalisation James Mangold
Scénario James Mangold & Gill Dennis
D'après l'oeuvre de Johnny Cash (The main in black) & Patrick Carr (Cash)
Interprétation Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Ginnifer Goodwin, Robert Patrick, Dallas Roberts, Dan John Miller, Larry Bagby, Shelby Lynne, Tyler Hilton, Waylon Payne, ...
Musique T-Bone Burnett, Johnny Cash, Red Arnall, Kokomo Arnold, June Carter Cash, Helen Carter, Mother Maybelle Carter, Hank Cochran, Arthur Crudup, Bob Dylan & Gaby Rodgers
Photographie Phedon Papamichael
Pays U.S.A.
Année 2006
Durée 2h 17min.
Genre Drame, Biographie, Romance, Musical
Producteur(s) James Keach & Cathy Konrad
Site officiel  
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Salle 12 - Plan d'accès
Projection le jeudi 27 avril 2006
Le film est projeté en version originale sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

Le parcours d'un homme qui, au-delà de ses colères, des ravages de la dépendance et des tentations du statut de star, a tout dépassé pour devenir une icône... C'est aussi le parcours d'un homme qui, du fond de la période la plus noire de sa vie, a été porté par une histoire d'amour fusionnelle avec June Carter.

Leur passion a nourri son art tout au long de sa vie. Cette saga est marquée par les thèmes qui feront la force de la musique de Johnny Cash et de son style minimaliste : la mort, l'amour, la trahison, le péché, l'espoir et la foi.

 
 
Award du meilleur montage pour une comédie ou comédie musicale décerné à Michael McCusker aux American Cinema Editors 2006
Award de la meilleure production artistique décerné à David J. Bomba à la Art Directors Guild 2006
Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon aux Boston Society of Film Critics Awards 2006
Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon aux New York Film Critics Circle Awards 2005
Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon aux Online Film Critics Society Awards 2006
Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon au San Francisco Film Critics Circle 2005

Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon aux Screen Actors Guild Awards 2006

Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon aux Academy Awards (Oscars) 2006
Broadcast Film Critics Association Awards 2006
 
  • Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon
  • Award de la meilleure bande originale
BAFTA Awards 2006
 
  • Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon
  • Award du meillleur son décerné à Paul Massey, Doug Hemphill, Peter F. Kurland & Donald Sylvester
Golden Globes 2006
 
  • Award de la meilleur comédie musicale
  • Award du meilleur acteur décerné à Joaquin Phoenix
  • Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon
Satellite Awards 2005
 
  • Award de la meilleure actrice décerné à Reese Witherspoon
  • Award de la meilleur comédie musicale
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Rolling Stone Magazine (France)
  "Plus qu'une simple histoire sur le succès, Walk The Line est aussi et surtout une grande histoire d'amour"
Rolling Stone (US)
  " Walk the Line est une magnifique partition. (...) Phoenix et Witherspoon sont sensationnels et l'alchimie de leur couple est saisissante"
Los Angeles Times (US)
  "Phoenix habite l'écran avec une profondeur dont la noirceur semble tout droit sortie d'une Mer de Ténèbres"
Hollywood Reporter (US)
  "Witherspoon fait une incroyable interprétation"
   
Cinopsis - Eric Van Cutsem
 

1968, Represa, Californie. La prison résonne au rythme de la musique de Johnny Cash. 1944, Arkansas. Johnny n'est encore qu'un gamin qui récolte du coton avec son frère. Admiratif de ce dernier, il sera marqué à jamais par le décès du fils chéri de son père ...

James Mangold a démontré dès ses débuts des aptitudes de réalisateur et de scénariste qui ont probablement valu à Sylvester Stallone un de ses meilleurs rôles (COPLAND). GIRL, INTERRUPTED avait confirmé ce double talent, tandis que IDENTITY avait montré qu'il était aussi capable de réaliser les scénarios des autres ...

WALK THE LINE ne fait qu'enfoncer le clou et devrait amener définitivement Mangold dans la cour des tout grands, surtout avec le prix du meilleur film au Golden Globes, et le paquet de nominations aux Oscar que vient de rafler le film.

Maniant habilement le découpage de son film pour compresser le temps lorsque c'est nécessaire (au début du film dans la narration de la jeunesse de Cash et de ses débuts) ou pour l'allonger lorsqu'il parle de l'amour de la vie de Cash, June Carter. Aussi à l'aise dans les scènes impliquant la musique que dans le reste, James Mangold rend la biographie de Cash fluide, intéressante, centrant aussi bien le récit sur l'extraordinaire histoire d'amour entre Johnny l'instinctif et June la bûcheuse que sur le phénomène du chanteur devenu culte ...

En parfaite adéquation avec la mise en scène de qualité et un scénario bien ficelé, l'interprétation est elle-aussi remarquable. D'un côté, Joaquin Phoenix 'est' Johnny Cash, complètement habité, trouble, vivant le personnage de l'intérieur, de l'autre, une Reese Witherspoon au meilleur de sa forme et probablement dans un de ses plus beaux rôles, jouant de l'accent du sud et de la femme de tête avec un talent certain. Il est donc aisé de comprendre le nombre de nominations que Phoenix et elle ont eu dans différentes compétitions.

WALK THE LINE est en course pour les Oscar et il ne serait pas étonnant qu'il rafle quelques prix bien mérités, mais ce sont bien sûr les qualités intrinsèques du film qui doivent vous pousser à aller le voir avant qu'il ne récolte le juste fruit de sa valeur.

  Source : http://www.cinopsis.com
   
La Libre
 

De Johnny Cash, les plus jeunes ne connaissent pas grand-chose, sinon l'image du "Man in Black". Ce pape de la country est pourtant révéré par plusieurs générations de musiciens, de Bob Dylan à U 2 en passant par Coldplay. Si sa période de gloire se situe dans les années 70, avec un retour dans les années 90, James Mangold se penche sur ses débuts, de son enfance dans les champs de coton de l'Arkansas des années 40 jusqu'au concert mythique qu'il donna à la prison de Folsom en 1968, qui ouvre et clôture le film.

Si Mangold choisit de se concentrer sur cette période, c'est qu'elle fut à la fois formatrice pour la musique de l'artiste, mais aussi l'une des plus mouvementées de son existence. Alcoolique, accro aux amphet's, Cash semble perdu mais, de ses démons, sortiront quelques-uns de ses chefs-d'oeuvre et c'est dans son amour pour la chanteuse June Carter, qu'il épousera en 1968 après 10 ans d'attente, qu'il trouvera la force de renaître à la vie.

Au classique biopic, Mangold préfère donc une histoire de rédemption suffisamment bien mise en boîte pour ne pas apparaître édifiante. C'est que le réalisateur de "Girl, Interrupted" sait manier les sentiments avec talent et, afin de donner toute son épaisseur au parcours de son héros, n'hésite pas à lui conserver ses aspects les plus sombres. Ainsi, Cash peut-il apparaître violent, immature mais en même temps touchant dans sa volonté de marcher droit, que résume le titre de l'une de ses chansons les plus célèbres, "Walk the Line".

Le film permet également à Mangold de décrire les balbutiements du rock'n'roll. Après un passage dans l'US Navy, où il écrit ses premières chansons, Cash gagne en effet Memphis en 1957 avec sa première femme Vivian et fait le pied de grue devant les studios Sun, où enregistre le futur King. A force de persévérance, Cash finit par décrocher un premier disque et part en tournée avec Presley, Jerry Lee Lewis ou encore... June Carter.Si les choix de mise en scène peuvent parfois apparaître quelque peu téléphonés, ils ont le mérite de mettre en exergue les thèmes récurrents de la vie et de l'oeuvre du chanteur.

Ainsi, comprend-on d'où lui vient sa fascination pour le noir, le rejet du père ou encore son sentiment de proximité avec le monde carcéral -qui donnera naissance au poignant "Folsom Prison Blues" aux paroles envoûtantes de noirceur: "When I was just a baby my mama told me / Son, always be a good boy, don't ever play with guns / But I shot a man in Reno just to watch him die."

Mais la vraie grande réussite de "Walk the Line" tient dans son fabuleux casting qui interprète, coaché par le grand T-Bone Burnett, toutes les chansons du film. Joaquin Phoenix, toujours juste, livre un Cash torturé mais sans jouer l'excès. Face à lui, Reese Witherspoon sait faire oublier la "Legally Blonde" pour camper une June Carter pétillante et touchante. Récompensés tous deux par un Golden Globes, ils sont maintenant naturellement en course pour l'Oscar...

Pour les seconds rôles, Mangold a fait appel à de jeunes chanteurs en vogue, où se croisent Jonathan Rice (Roy Orbison), Tyler Hilton (Elvis Presley) ou Waylon Payne (Jerry Lee Lewis). Tous confèrent un vent de fraîcheur et donnent véritablement vie, plus qu'à leur personnage, à une époque révolue ...

livre une prestation remarquable, redonnant corps et âme au mythique Johnny Cash.

  Source : http://www.lalibre-accessible.be
   
Krinein - Vincent.L
 

ohnny Cash est une légende du rock'n roll et de la country. Le film qui retrace sa vie constitue un véritable chef-d'oeuvre. Walk The Line s'appuie sur deux livres écrit par le rockeur lui-même : The Man in black et Cash : an autobiography. Au cinéma, l'oeuvre doit sa réussite à la réalisation passionnée de James Mangold (Identity), à la musique de John R. Cash et aux interprétations sensationnelles de Joaquin Phoenix (Le Village) et Reese Witherspoon (Pleasantville).

Sans temps morts, Mangold expose la vie du mythe Cash. En évoquant ses premiers essai, son succès, ses excès, sa déchéance dans la drogue et sa renaissance artistique, le réalisateur nord-américain s'arrête sur une vie artistique et privée particulièrement riche. Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon, respectivement Johnny Cash et June Turner, avaient été choisis par les vrais célébrités pour les incarner à l'écran. Le résultat est époustouflant. Les deux têtes d'affiche ne trichent pas. Ils chantent réellement et livrent des prestations d'une confondante vérité.

A certains moments, la performance de Phoenix est si perturbante que l'on ne s'étonne pas que l'acteur ait terminé le film dans une clinique. Ses regards furieux, sa représentation de la chute d'un homme dans la drogue et ses manifestations de colère glacent le sang. Tout en charme, complexité et indécisions, la June Turner du film révèle une des plus belles morale qui puisse exister. Drôle, fidèle, réaliste et responsable, elle incarne une femme de rêve. En combinant ces qualités avec un talent de chanteuse et un visage divin, on comprend parfaitement l'attirance de Cash.

Le processus de création de Cash n'est pas au centre des préoccupations de Mangold. Excepté une scène démontrant la nécessité d'un réel vécu pour écrire une " vraie bonne chanson ", le réalisateur préfère s'arrêter sur les fantasmes et malheurs qui composent la vie des plus grands artistes de rock. En conséquence, les scènes de famille et d'espérance sentimentale entourent de magnifiques séquences de concerts. Tout amateur de rock ne pourra pas rester insensible aux voix épatantes de Phoenix et Witherspoon.

L'alchimie qui existe entre eux emporte la musique de Cash vers des sommets célestes. Grâce à un Robert Patrick (X-Files) saisissant, la désapprobation du père est poignante. Le reste des relations familiales montre que " star de rock" entraîne souvent le sacrifice de ses enfants et de sa femme. Lors de la scène du fameux concert donné en janvier 1968 dans la prison de Folsom, le film atteint un paroxysme de dimension fédératrice. Les connaisseurs noteront la présence de l'acteur-chanteur Tyler Hilton (Les Frères Scott) en Elvis Presley.

Explosif dans ses scènes intimes et performances musicales, Walk The Line bouleverse par l'émotion artistique qu'il dégage. Ses deux acteurs principaux trouvent les meilleurs rôles de leur vie. Ils vivent véritablement ce film biographique qui se clôture sur un espoir en forme de compromis. Toute une leçon de vie...

  Source : http://cinema.krinein.com
   
Comme au cinéma - Matthieu Perrin
 

A la différence de la France qui a toujours eu un immense (et peut-être trop grand) respect pour ces chanteurs quasiment intouchables même une fois décédés (A quand un film sur Serge Gainsbourg ou Daniel Balavoine ?), les Américains s'emparent très facilement de la vie de leurs stars. Le Biopic, comprenez par là, l'adaptation cinématographique de la vie d'une célébrité est un genre à part entière, surtout depuis le succès tant critique que public de Ray.

Ces films (parfois même interprétés par les chanteurs encore en activité !) témoignent néanmoins du manque actuel de créativité d'Hollywood qui, lorsqu'elle ne fait pas des remakes ou des adaptations de séries télé, trouve dans la vie de ses célébrités un potentiel pour faire des films.

Si Johnny Cash n'est pas très connu en France à part évidemment par les aficionados, aux Etats-Unis, il est une icône. Il a peut-être été le premier chanteur rebelle, l'une des premières stars à réussir à s'adresser aux peuples (il alla même jusqu'à chanter dans les prisons…). Qui mieux que James Mangold, - qui a prouvé depuis Copland et Une Vie Volée qu'il savait filmer l'Amérique de l'intérieur - pouvait porter à l'écran le mythe de L'homme en noir ?

Le cinéaste nous offre avec Walk the line une réalisation efficace voire brillante par moment (la séquence d'Ouverture à la prison de Folsom).

Et si "biopic" veut souvent dire film à Oscar - les acteurs sont évidemment remarquables et nous délivrent en plus deux performances pour le prix d'une : ils jouent et ils chantent - Walk The Line se démarque par une certaine originalité. Mangold a en effet eu la très bonne idée d'utiliser la voix comme l'un des aspects les plus importants des personnages.

Phoenix apporte ainsi son charisme très sombre à son interprétation de Cash ; et même si la voix d'Outre-tombe de Johnny Cash restera à jamais inimitable, il arrive quand même à nous faire croire au personnage. L'acteur a sans doute aussi utilisé des éléments de sa vie privée pour camper ce héros traumatisé par la mort de son frère (Joaquim ayant perdu, il y a quelques années, son frère River). Ses scènes de confrontations avec le toujours excellent Robert Patrick sont mémorables.

Quant à Reese Whitherspoone, plus sobre et moins femme-enfant qu'à l'accoutumé, elle nous fait découvrir une autre facette de son talent : sur scène, elle est non seulement jolie et hilarante, mais en plus elle sait chanter.

Pour ceux qui connaissent un temps soit peu l'œuvre de Johnny Cash, sachez qu'il est une sorte d'Edgar Poe, né des raisins de la colère. Aussi, on peut regretter que Mangold ait pris le parti pris de s'attarder uniquement sur son histoire d'amour avec June Carter et de s'arrêter quand sa légende commence. Dommage quand on sait que le plus intéressant et ses plus belles chansons restent à venir … En effet, le personnage est devenu après ses prestations dans les prisons, le porte parole des déshérités et des laissés pour compte, un héros solitaire, hanté et mystique portant sur scène toute la douleur de l'Amérique. Et l'on regrette finalement que l'histoire de Walk The Line ne continue pas un peu plus ...

  Source : http://www.commeaucinema.com
   
Liberation - Serge LOUPIEN
 

Plus qu'une biographie du chanteur, le film est la reconstitution d'une époque.

"Tout ce que je te demande, fiston, c'est de choisir un acteur qui sache tenir une guitare", aurait déclaré Johnny Cash à James Mangold quand celui-ci lui a fait part de son projet de biopic. C'est le réalisateur lui-même qui rapporte l'anecdote, dont nul ne met donc en doute la véracité. Car, au contraire de son vague cousin "countrysant" Ray Charles (dont les mauvaises langues auront beau de jeu de prétendre que lui non plus n'a pas vu grand-chose), Johnny Cash n'a même pas visionné les rushes du film qui lui est consacré, puisqu'il est mort avant le premier clap.

Tout au plus aura-t-il eu le temps d'approuver l'option Joaquin Phoenix qu'il avait, dit-on, adoré en Commodus dans Gladiateur. Depuis qu'il avait lui-même écrit, produit et commenté Gospel Road, un musical réalisé en "terre sainte" sur la vie de Jésus et ses apôtres, "l'Homme en noir" ne faisait-il pas un peu office d'autorité mystique en matière de péplums ? A choisir, il aurait d'ailleurs préféré apparaître à l'écran sous les traits d'un Russell Crowe, vrai bouseux colérique comme lui, plutôt que sous ceux d'un fils de hippies connu pour s'approvisionner à Canal Bio.

Trouvaille. Pourtant, force est de constater que l'idée Phoenix est une trouvaille. Même si celui-ci, au contraire de sa partenaire Reese Witherspoon, tombée dans la marmite western puisque native de Nashville, n'avait jamais chanté et savait à peine différencier une contrebasse d'un ukulélé. Il a donc dû travailler d'arrache-pied, sous la houlette du géant (2 mètres) T-Bone Burnett, afin d'acquérir une crédibilité suffisante pour personnifier, sur scène, un monument de la musique populaire américaine. Paradoxalement, c'est en s'éloignant délibérément de son modèle (Phoenix souffrant par rapport à Cash d'un déficit évident de charisme et de douleur) qu'il se révèle au bout du compte infiniment convaincant.

James Mangold est assez fort à ce petit jeu de "réidentification", qui avait déjà métamorphosé Sylvester Stallone dans Copland. Ainsi dans Walk the Line oublie-t-on bien vite que l'on a affaire à la vie romancée (surmédicamentation et passion pour June Carter sont vrais, les rapports antagonistes avec le père exagérés) de Johnny R. Cash. L'échalas qui investit un jour les ondes sudistes en chantant de sa voix sépulcrale, dans Folsom Prison Blues : "J'ai tué un homme à Reno/Juste pour le regarder mourir." Imagine-t-on le tollé aujourd'hui si quelqu'un apportait un truc du même genre aux programmateurs de radios ?

Périlleux. Plus qu'une biographie de Johnny Cash, c'est donc un dossier sur les années 50, dites "pionnières", que Mangold s'est efforcé de bâtir. Entreprise d'autant plus périlleuse que, refusant d'utiliser sosies et voix originales, il a opté pour la reconstitution ; confiant les rôles d'Elvis, Jerry Lee Lewis ou Roy Orbison à des gens qui ne ressemblent nullement à ces derniers, mais qui ont en commun d'être des musiciens chevronnés. Dès l'instant où le fan, déconcerté, ne cherche plus à retrouver ses repères, le système Mangold fonctionne à plein. A la limite, on se moque que le gugusse au micro n'ait rien en commun avec "The Killer" ou Presley. Puisque ce n'est plus la crédibilité d'un quelconque personnage qui est en jeu mais la conformité d'un tout.

La séquence introductive à la prison de Folsom, avec les taulards qui font monter la pression dans l'attente de Joaquin Cash, tandis que l'orchestre reproduit inlassablement sa célèbre rythmique "boom-chicka-boom", constitue ainsi un indice important quant au degré émotionnel auquel le film entend d'emblée se situer. Conséquence : dès les premières images, le spectateur est ferré. Preuve que, calamiteux par essence, le biopic peut s'élever. Question de subtilité.

Joaquin Phoenix peut donc ranger sa guitare à côté de son glaive et Johnny Cash reposer en paix. Il y a un mois, Barry Gibb a acheté sa maison du Tennessee dans laquelle la dernière partie du film a été tournée. "J'espère, a déclaré l'animateur des Bee Gees, y trouver l'inspiration nécessaire à l'écriture de nouvelles chansons." Possible. Mais, comme le lui aurait sans doute soufflé l'ancien propriétaire : "Fiston, c'est pas gagné."

  Source : http://www.liberation.fr
   
Fluctuanet - Jérôme Dittmar
 

L’autre "man in black"

Biographie de feu Johnny Cash, légende de la folk qui ne quittait jamais son costume noir, Walk the line suit la route balisée des passages obligés et des traumas personnels. Mais, électrisé par les chansons et surtout Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon, il échappe au mouvement ronronnant qui le guettait.

Si, dans Chronicles Volume 1, Bob Dylan déclare tenir I Walk the line de Johnny Cash pour l’une des plus grandes chansons jamais composées, ce n’est pas parce que ce dernier lui offrit un jour sa guitare - le plus grand honneur qu’un folk singer puisse faire à un autre. Il le dit tout simplement parce que, en tant que bible vivante de la musique nord américaine, il sait de quoi il parle. Il était donc logique que, morceau marquant, Walk the line devienne aujourd’hui le titre d’un film biographique adapté des mémoires de Johnny Cash.

Avec ce "biopic", le discret James Mangold (Heavy, Une vie volée, Copland, Identity) se lance sur le terrain glissant d’un genre récemment transcendé par les styles et les préoccupations d’auteurs confirmés (de Last Days de Gus Van Sant à Aviator de Martin Scorsese). Entre vérité et vision, justesse et interprétation, il choisit un curieux compromis. Et malgré des faiblesses, il finit par tout emporter à force d’émotion et d’inventivité.

Le creux de Walk the Line, c’est la structure apparente de son scénario. Forcé de ne pas trahir la généalogie des événements expliquant la vie de Johnny Cash, le film semble d’abord s’installer dans une perspective classique. De l’enfance et son rapport tendu au père, de la perte traumatisante d’un frère aimé instaurant un long sentiment de culpabilité, et des passages obligés (allant du premier disque, premier "hello I’m Johnny Cash" en concert, premières rencontres importantes, au défilé de stars en tournée, tels Elvis et Jerry Lee Lewis) jusqu’aux faits connus et médiatisés, Walk the Line semble suivre un programme balisé. Le film paraît d’abord si familier dans sa structure pressée et ses tentatives de rationalisation psychologique qu’on l’imagine presque interchangeable avec un autre chanteur. Mais cette apparence trompeuse cache un parti pris subtil, très simple voire inédit.

Joseph L. Mankiewicz disait "la vie défait les scénarios " ; dans Walk the Line, c’est la musique. Le film ne cesse d’articuler son récit au travers des chansons. Elles créent l’épaisseur de Johnny Cash. Elles résonnent aux passages clés de son existence, recoupant sans cesse sa vie et surtout sa passion amoureuse pour June Carter, l’autre personnage central du film. Elles opposent leur narration à celle du scénario, le contredisent et le prennent en charge en créant le rythme, la dynamique du film. La musique est ici le motif même de toute action, de tout événement, parole, vie ou lumière, comme dans les comédies musicales que Vincente Minnelli réalisa dans les années 40 et 50.

Comédie musicale karaoké en gros plan

Mais Walk the Line ne serait pas ce qu’il est, c’est à dire la première comédie musicale karaoké filmée en gros plan, sans les prestations mimétiques et sidérantes de Joaquin Phenix et Reese Witherspoon. Au delà de leurs rôles, ces deux acteurs inventent un autre Johnny Cash et une autre June Carter. La ré-interprétation des corps, des gestes, des voix et des visages créent à la fois un effet de reconnaissance validant le projet biographique et un profond décalage. Plus que sosie parfait de Johnny Cash, Joaquin Phoenix se transforme en l’image du chanteur ; une image et une voix qui lui appartiennent et auxquelles il donne sa propre autonomie.

Cette transformation trouve un parfait relais dans la multiplication des gros plans, focalisés sur le visage des amants tourmentés. En filmant au plus proche, Mangold balaie la tentative laborieuse d’un biopic fidèle. Son économie de style, fondée sur les acteurs, vampirise l’image. Le film n’existe que pour eux et par eux. En un lyrisme tour à tour électrisant ou poignant, on reste suspendu à leurs regards, comprenant enfin qu’il ne s’agissait pas d’une biographie de Johnny Cash mais simplement de son amour chanté pour June Carter. Walk the Line tient alors du film épidermique. L’alchimie est palpable et les paroles de Cash résonnent jusqu’à nous à jamais. Rest in peace.

  Source : http://www.fluctuat.net
   
Excessif - Arnaud Mangin
 

Même si elles s'inspirent d'histoires vraies, intimement propres à ceux qui les ont vécues, et par conséquent normalement "inédites", les biographies de stars de la chanson adaptées au cinéma répondent pourtant indubitablement à un florilège de règles exclusives au genre. Dès lors, de quels atouts peut bénéficier un film comme Walk The Line, dépeignant le portrait du roi de la country Johnny Cash, alors que ce dernier rentre sagement dans les rangs classiques du film inspiré de faits réels ? Interrogation plus grande encore lorsqu'il s'agit d'un personnage manquant d'une véritable popularité au delà des frontières américaines.

A famille modeste, talent modeste, mais au timbre de voix et à la franchise des propos hors du commun, J.R. Cash ne pensait pas qu'en enregistrant un disque avec ses amis pour la modique somme de 4 dollars, il deviendrait l'idole de toute une génération en plus de totalement réinventer un style musical ...

Difficile de cerner, dans un film comme celui-ci, l'œuvre sincère d'un aspirateur à récompenses. En effet le pari reste un peu mou de mettre en avant les années sauvages du petit cousin éloigné d'Elvis lorsque l'on est pratiquement sûr de faire l'unanimité dans le cercle très fermé - mais ô combien puissant - de ceux qui voient un chef d'œuvre dans chaque hommage élogieux des mini légendes vivantes.

Mais également un peu osé de ne répondre qu'aux désirs de connaisseurs américains, pour un public américain, dans un genre vraiment américain en occultant un reste du monde pas vraiment adepte de l'exercice (à quand un film sur Dick Rivers ?). Johnny Cash, aussi importante fut son empreinte dans l'univers de la musique texane, n'est ni Elvis Presley, ni Ray Charles, ni Tina Turner ou ni même Jerry Lee Lewis, et c'est là le premier vrai handicap du film, au risque de rester dans l'ombre de ses quatre prédécesseurs ayant bénéficié chacun de biographies remarquées.

L'autre souci de Walk the line, c'est de parler d'un monsieur dont on peine un peu à remettre une activité sur son nom (en France en tout cas) mais qui en plus, à l'exception de son succès éclair, n'a pas eu un destin plus effarant que quiconque dans le métier. Ou le chemin glorieux tout tracé d'un homme à qui rien ne souriait vraiment et parsemé de menues embûches ici et là. Voilà un sujet suffisamment alléchant pour le réalisateur James Mangold, plus adepte des ambiances retordes mais assurément doué dans la mise en scène de ces esprits pauvres ou complexes, constamment en quête de salut.

Si on oubliera immédiatement le déplorable Kate et Léopold dont le seul but était d'assurer la déclaration d'impôts de tous ceux qui y ont participé, on retiendra du jeune réalisateur sa triture psychologique Identity, son déjà biographique Une vie volée qui lui aussi s'intéressait aux problèmes de personnalité, et surtout le génial Copland, joli polar sur la reconsidération des plus faibles et du pouvoir qui leur est accordé.

Alors forcement Johnny Cash, dont quelques séquences le présentent parfois comme un type à l'ego mal placé, correspond à ce qu'affectionne le réalisateur mais à force de trop s'impliquer dans la mise en chantier de son film, il en finit par en perdre une partie de l'essence. En effet, Mangold s'est intéressé de très près au chanteur et à sa compagne June Carter au point de les rencontrer personnellement et surtout de bien copiner avec le couple.

Les deux étant décédés en 2003 à quelques semaines d'intervalle, il est alors plus facile de se laisser porter par ses sentiments et de basculer dans le commémoratif pur plus que dans le portrait d'une psychologie trouble, et l'on passe à la trappe une partie de ce qui était intéressant chez Cash : ce besoin de starification croissant, sa gloire construite, le perfectionnement artistique de son entourage presque carnassier totalement opposé à la douceur de cet amoureux transit qui n'a jamais cessé de penser à la même femme depuis tout petit.

Pour le côté sombre il faudra alors se contenter de l'abus d'amphétamines, quelques disputes, une crise de fatigue et un premier divorce histoire de pimenter le tout – le bonhomme n'a eu aucun handicap physique, n'a jamais subi le racisme ou de violence conjugale quelconque – en plus du trauma infantile devenu presque l'une des règles du genre. Quelques clichés que le réalisateur s'empressera par ailleurs de caser un peu partout, comme le père tyrannique servi par un surprenant et méconnaissable Robert Patrick, ou l'abandon de la famille au détriment de la carrière et ses déviances multiples. Jamais raté ou mal intentionné, mais sans la moindre surprise.

Mangold compense intelligemment en tirant son histoire vers le haut et détourne son drame vers la love story improbable. Il suffisait d'y penser, et ses liens avec le couple de chanteurs ont probablement influencé sa démarche, mais il évite ainsi de trop s'attarder sur des détails qui de toutes manières seraient restés défraîchis un an après Ray – lui aussi avec ses imperfections. Plus habitué au genre policier, le réalisateur impose malgré lui son petit suspens au sein du couple n'étant capable de communiquer que sur scène (tiendra, tiendra pas ?) et une comédie musicale non annoncée, mais pourtant suffisamment énergique et admirablement bien interprétée par ses deux comédiens en personne pour retenir l'attention sur plus de deux heures, et ce malgré quelques longueurs.

On recherche la performance, c'est une évidence (Reese Witherson révélée pour de bon, devant une caméra comme derrière un micro) mais la passion déchaînée par les tourtereaux dans le cœur des fans ne trouvera que trop peu d'équivalent dans l'aspect privé de leurs débuts, professionnels comme sentimentaux. Walk the line n'est donc pas le grand film auquel il voudrait prétendre et que l'on aurait peut-être aimé découvrir, mais un ultime message amical et commémoratif à deux amoureux terribles loin d'être déplaisant.

  Source : http://www.excessif.com
   
LE Monde - Thomas Sotinel
 

Notre héros grandit dans le sud des Etats-Unis, au milieu des champs de coton, avec un frère qu'il adore. Bientôt, ce dernier meurt dans des conditions atroces, et le héros se réfugie dans son amour de la musique. Après des années de difficultés, son talent est reconnu mais les démons venus de son enfance misérable font de lui un toxicomane. C'est dans l'amour qu'il trouve sa rédemption.

Ce résumé vaut pour deux longs métrages : Ray et Walk the Line, biographies filmées ("biopics", dit-on à Hollywood) consacrées l'une à Ray Charles et l'autre à Johnny Cash. Si l'on a vu la première, on pourra jouer au jeu des différences en découvrant la seconde, mais la comparaison tournera au désavantage de Walk the Line, le film, qui emprunte son titre et son thème à l'un des grands succès de Cash : Walk the Line, la chanson, est la complainte d'un homme dévoyé qui retrouve le droit chemin par amour.

Le film de James Mangold n'est pourtant pas dépourvu de mérites : le premier d'entre eux a les traits de Reese Witherspoon, qui joue June Carter, une jeune femme issue d'une dynastie de musiciens, douée d'une voix médiocre que compense un grand talent d'interprète. C'est pour elle que Johnny Cash (interprété ici par Joaquin Phoenix) mène sa tumultueuse bataille avec ses addictions – à l'alcool, aux amphétamines – et, de ce point de vue, on comprend le personnage.

Mais, pour le reste, le film se heurte à la contradiction qui mine les biopics contemporains. Puisqu'on ne peut plus aujourd'hui effacer d'un coup les traits saillants d'un personnage (comme on le fit de l'homosexualité de Cole Porter), on s'efforcera de les rendre anodins.

Plus que l'interprétation engagée et démonstrative de Joaquin Phoenix (qui chante lui-même, avec une réussite mitigée, les chansons de Cash), c'est la mise en scène qui conduit à cette impression de voir à l'écran un brave type qui passe de temps en temps par des phases pénibles, et non un jeune homme béni des dieux pour son talent, qui s'efforce de se détruire.

Mangold a une manière de ne pas trop faire durer les scènes, de les inscrire dans des décors d'époque (les années 1950 et 1960) qui édulcorent ce que l'on sait de l'histoire de Johnny Cash. Un savoir que l'on peut acquérir en écoutant ses enregistrements.

  Source : http://www.lemonde.fr
   
Les echos - PHILIPPE CHEVILLEY
 

Cantique d'Amérique : Joaquin Phoenix incarne avec génie Johnny Cash, un des plus grands artistes rock américain.

Dylan a dit de lui qu'il incarnait l'âme de l'Amérique. Entre rock et country, Johnny Cash (1932-2003) a fait le pont entre Elvis Presley et Woody Guthrie. Alors que les étoiles du rock and roll s'éteignaient les unes après les autres, le chanteur compositeur, originaire de l'Arkansas, a continué de briller. Jusqu'au tournant du nouveau millénaire, où il a enchaîné quatre albums miraculeux, un testament musical épuré au goût de ciels immenses. A titre posthume est sorti en 2004 "Hymn to my Mother", l'enregistrement de cantiques, qu'enfant, il chantait avec sa mère dans les champs - une des premières scènes du film " Walk the Line", de James Mangold, consacré à ce mythe de la musique populaire américaine.

Il fallait un sacré acteur, robuste et assez fou pour l'incarner. Joaquin Phoenix est ce prodige. Il est Johnny Cash dans le moindre geste, la moindre intonation de voix. Car Phoenix, comme sa partenaire Reese Witherspoon, qui joue le rôle de la chanteuse June Carter, interprète les standards de son personnage. Coaché par un musicien émérite, T-Bone Burnett, il s'est métamorphosé, l'espace d'un tournage, en musicien, crooner et bête de scène. Tous les plans de concerts ont l'émotion du direct, la fièvre des chemises mouillées, le goût violent de l'alcool.

Un "Roméo et Juliette" rock

Phoenix est Cash dans sa mâle incertitude, son humanité butée, son traumatisme d'enfance - la perte d'un frère, le désamour d'un père - ses crises de violence et ses abattements. Reese Witherspoon est June Carter dans sa gaieté blessée, sa soif d'amour, sa générosité de soeur et d'amante. Le film de James Mangold, c'est la rencontre entre ces deux acteurs habités. Et c'est déjà beaucoup.

Le cinéaste a choisi de raconter la première partie de la vie de Johnny Cash, son coup de foudre pour June Carter, jusqu'à leur mariage en 1968 - ils ne se quitteront plus et mourront la même année à trois mois de distance. Un "Roméo et Juliette" rock, qui voit les deux artistes piégés par leur vie conjugale et l'enfer des tournées. Jusqu'à ce que le chanteur divorcé de sa première femme (dont il a eu quatre enfants) et rongé par la drogue et la déprime soit sauvé par June.

Une belle histoire, trop belle sans doute, que James Mangold ne parvient pas à sauver tout à fait du mélo. Heureusement, Joaquin Phoenix ne se départ jamais de cette rage sourde, de cette folie de créateur rebelle qui voudrait tout dynamiter, mais qui se maintient sur le fil, marche sur la ligne, "walk the line". Les scènes explosives dans la prison de Folsom - où Johnny Cash donne un concert à la fin des années 1960 - sont magistrales.

La demande en mariage sur scène constitue un happy end réjouissant (et très rock and roll). Mais pour le fan du genre, le morceau de bravoure est l'audition au studio Sun de Memphis, où le génie de Cash se révèle. Un instant de vie furieux, où le talent éclate et frappe au coeur. " Walk the Line" refait descendre du ciel un grand d'Amérique.

  Source : http://www.lesechos.fr
   
Avoir à lire - Falila Gbadamassi
 

Une incursion précieuse et passionnante dans la vie du légendaire Johnny Cash, qui met l’accent sur sa surprenante histoire d’amour avec June Carter. Du plaisir comme seul le cinéma sait vous en procurer.

Dernière biographie à succès en provenance d’Hollywood, alors que tout le monde a encore en tête le triomphe de Ray de Taylor Hackford, sorti voici un an, Walk the line nous relate une partie de la vie tumultueuse de Johnny Cash, l’une des légendes du rock’n’roll américain, assez méconnu en Europe, interprété ici par Joaquin Phoenix.

Né en 1932 à Kingsland (Arkansas), J.R. Cash, homme de foi, aura eu deux passions dans sa vie : la musique et June Carter, incarnée à l’écran par Reese Whitherspoon. C’est sur l’histoire de ce couple que revient ce film musical, royalement servi par le duo d’acteurs récemment récompensé aux Golden Globes pour la justesse de leur prestation. En tant qu’acteurs, mais aussi en tant que chanteurs, puisque ce sont leurs propres voix qui figurent sur la bande originale.

Pour ceux qui ne connaissaient pas l’artiste exceptionnel qui nous a quittés en 2003, cinq mois après la disparition de l’amour de sa vie, Walk the line est l’occasion de combler une lacune musicale impardonnable. Les fans, eux, savoureront l’introspection inestimable que propose le réalisateur en ouvrant une petite fenêtre sur les sentiments qui ont pu animer et motiver aussi bien l’homme que l’artiste. Avant de devenir une star incontestable, notamment dans les années 60, "The man in black" aura dû affronter de nombreux démons - la drogue, entres autres - et aura parcouru longtemps les routes d’Amérique.

A ses côtés durant ces tournées éprouvantes, June Carter, son épouse, ou plutôt maîtresse-femme, aura été l’actrice majeure de sa rédemption grâce à son amour brûlant qui les consuma pendant de nombreuses années. The ring of fire, une chanson co-écrite par June Carter et l’un des nombreux succès de Johnny Cash, en est un vibrant témoignage.

Walk the line, titre inspiré de la chanson éponyme, nous offre un savoureux cocktail d’émotion et de musique. Et quelle musique ! Le public ne s’y est pas trompé, Johnny Cash ayant vendu aux USA plus de disques que les Beatles ! Même reconnaissance chez les professionnels, puisque l’artiste, qui a obtenu dix Grammy Awards, est l’un des locataires du Rock and Roll Hall Fame et du Country Hall of Fame, une double distinction seulement partagée par Elvis Presley, l’un de ses anciens compagnons de tournées.

C’est dire que l’attente autour de ce long métrage était conséquente. James Mangold, visiblement inspiré par la démesure du musicien, lui rend un magnifique hommage à la hauteur de son impressionnant talent. Les spectatrices auront bien du mal à ne pas succomber aux ténèbres de la star incarnée à la perfection par un Joaquin Phoenix épatant dans sa composition.

Décidément, le savoir-faire hollywoodien nous surprend encore. La biographie académique que l’on pouvait redouter s’avère être une œuvre foisonnante et fascinante. La quintessence du grand cinéma américain dont l’universalité se vérifie encore, le film cassant la baraque un peu partout dans le monde.

  Source : http://www.avoir-alire.com
   
Le petit journal - Blandine Bouillon
 

La biographie de la rock star Johnny Clashest le sujet du 3è long-métrage de James Mangold. Aujourd'hui sur les écrans allemands « Walk the line » a déjà reçu plusieurs prix aux Golden Globes 2006.

Tout comme le chanteur qu’il met en scène, Walk the line remporte déjà des succès. Aux Golden Globes 2006, il s’est vu décerné le prix du meilleur film de comédie ou comédie musicale. Quant à ses acteurs principaux, Reese Witherspoon et Joaquin Phoenix, ils ont reçu les prix de la meilleure interprétation féminine et masculine.

Ils ont en effet le mérite d’avoir joué les célèbres chanteurs en interprétant leurs chansons, le tout sans play-back. Et c’est plutôt réussi ! On ressort des deux heures de film époustouflé par la qualité de la musique et des prestations vocales des acteurs. Un résultat que l’on doit aussi au producteur de musique T-Bone Burnett, spécialiste de la country.

Les deux vies de l’homme en noir

Le spectateur est plongé dans l’Amérique des années 60, notamment le Tennessee et l’Arkansas où a beaucoup vécu Johnny Cash, dit l’homme en noir. Il s’agit d’une Amérique de la terre et de la nature mais aussi d’une Amérique des salles de concerts vibrant sur un rock électrique, reflet des deux vies de la star. Johnny Cash se hisse en haut des charts dès 1955 avec des tubes tels que Cry cry cry ou Walk the line. James Mangold filme ses débuts dans la musique avec les enregistrements chez Sun Records, l’échec de son premier mariage et son amour pour la chanteuse June Carter. Bien sûr, il n’élude pas sa dépendance aux amphétamines. Autant de thèmes qui inspirèrent à la star de nombreuses chansons, presque autant de succès.

Biographie posthume

Le film ne reconstitue pas une biographie exhaustive mais se veut fidèle à la vie de l’homme en noir. Le réalisateur s’est particulièrement inspiré des deux livres de Johnny Cash lui-même : The man in black, et Cash : an autobiography. Travaillant depuis plusieurs années sur le film, il a rencontré le couple des chanteurs, tous deux décédés en 2003 –Johnny Cash suite à des complications dues au diabète et June Carter à cause de problèmes cardiaques.

Ceux-ci auraient respectivement choisi les comédiens qui les incarnent. Joaquin Phoenix a d’ailleurs déclaré sur son rôle et celui de sa partenaire : " Nous avons vécu des choses difficiles ensemble, parce que nous savions qu’il fallait prendre le bon des personnages comme le mauvais". Leur prestation est en tout cas une belle occasion de redécouvrir la musique des rock stars des années 60-70.

  Source : http://www.lepetitjournal.com
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DHNET - Patrick Laurent

Depuis The Doors d'Oliver Stone, les portraits de rockers mythiques semblent systématiquement suivre le même schéma, mélange d'autodestruction, d'excès et de génie sur le mode sex, drug and rock'n'roll. Structure respectée dans Walk the line, la biographie de Johnny Cash. Du moins dans un premier temps. Au milieu des clichés sur l'artiste torturé mais inspiré auquel tout semble soudain réussir sauf auprès de sa famille, le réalisateur James Mangold introduit un élément plutôt surprenant et assez fleur bleue: le grand amour. Celui qui relie le pionnier du country rock à June Carter, ex-enfant star et chanteuse humoristique qui se refuse à lui et pour laquelle il en pince depuis toujours. Entre eux, il y a plus que de la complicité. Mais ils sont mariés chacun de leur côté, et, dans l'Amérique des années 50, le divorce tient encore du tabou menant droit à la damnation éternelle.

Si elle ne dissuade pas, loin de là, de mener toutes les expériences interdites, cette romance sert de fil conducteur invisible à la carrière et la vie d'une idole pas comme les autres, qui arpentait les routes avec Elvis Presley sans la moindre infrastructure. Étonnamment romantique pour un bad guy adulé par les prisonniers qui se reconnaissaient dans ses chansons.

L'admiration de James Mangold pour le chanteur qui mettait sa propre vie en musique est palpable tout au long des 2 h 17 du film. Et c'est sans doute cela qui le pousse à autant de retenue, de nuances dans les descriptions. Verser dans l'hagiographie, ce serait trahir Johnny Cash et June Carter, tous deux décédés en 2003 à cinq mois d'écart à peine. La volonté de leur rendre hommage le pousse à demander aux deux interprètes principaux, Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon, de s'approprier les paroles et les musiques de chansons mythiques qu'ils chantent réellement eux-mêmes.

L'un et l'autre apportent une profondeur, une âme à leur personnage. Pas étonnant qu'ils aient chacun reçu un Golden Globe avant d'être nominés pour les Oscars des meilleurs acteurs. Grâce à eux, mais aussi à une mise en scène pleine de grâce ou à des prestations scéniques parfois magiques, Walk the line fait partie de ces oeuvres qui font aimer la musique. Et les artistes, sans pour autant les transformer en superhéros. Touchant.

Ne chante jamais, c'est trop affreux !

Pour Walk the line, Reese Witherspoon n'a pas suivi les conseils de son professeur.

PARIS Le 5 mars prochain, lors de la cérémonie de remise des Oscars, Reese Witherspoon deviendra peut-être la nouvelle reine d'Hollywood, comme le pensent les bookmakers. Difficile à imaginer en la voyant entrer en robe de laine noire dans la suite d'un palace parisien. Du haut de ses 157 centimètres, avec cette bonne humeur qui semble ne jamais la quitter et un visage étonnamment juvénile (mère de deux enfants, elle court sur ses 30 ans), il se dégage d'elle une sympathie naturelle peu en rapport avec le statut de diva du 7e art. Lumineuse et envoûtante en brunette dans Walk the line, elle l'est aussi en blondinette à la ville.

"Je me sens très proche de ce rôle. J'ai d'ailleurs grandi en écoutant June Carter et la musique country. Nous avons un peu les mêmes racines. Quand j'étais petite, je voulais devenir chanteuse. À 12 ans, j'ai été voir un professeur de chant. Il m'a dit: Ne chante jamais, c'est trop affreux! Quand on m'a proposé de le faire pour Walk the line, j'ai tout de suite dit que j'étais une mauvaise chanteuse. Ils m'ont dit d'essayer quand même. Et comme j'aime bien devoir surmonter un challenge..."

Elle s'est donc offert la peur de sa vie en donnant, superbement, de la voix. "Chanter, c'était l'épreuve de vérité pour moi. Je n'avais jamais fait ça, surtout devant un public de 300 personnes. J'avais le trac. Horrible."

Avis partagé par... son fils et sa fille. "Ils n'aiment pas quand je chante. Pour eux, je suis une maman, et une maman, ce n'est pas cool... Pourtant, à cause d'eux, j'écoute surtout de la musique pour enfants, plutôt que les artistes que j'aime bien, comme les White Stripes... La country, qui parle de pauvreté, de spiritualité, d'améliorer la vie et naturellement de l'amour, me plaît bien aussi. Aux États-Unis, elle a un succès énorme. Surtout dans le centre du pays, où on y investit des sommes considérables. Elle traverse toutes les modes. Pour l'instant, ce qui fait un malheur, c'est le country rap, avec un groupe comme Outkast."

Et Johnny Cash, figure centrale de Walk the line ? "Avant de tourner le film, je respectais sa musique. Je pensais qu'il était plus dur qu'il ne l'était réellement. Je le voyais en hors-la-loi qui avait réellement fait de la prison -peut-être pour meurtre...- comme il le dit dans ses chansons. À la lecture du script, et après avoir fait des recherches, je me suis rendu compte que c'était un acteur! Étonnant et brillant: il jouait vraiment le prisonnier. Une grande performance: il entrait complètement dans la peau du personnage. Mais ce n'était pas lui du tout. Ce qu'il aimait en June Carter, c'était sa force. Dans les années 50, on réprouvait ouvertement le divorce. Pourtant, elle a quitté deux maris, et voyageait seule en voiture avec des hommes comme Elvis Presley, Jerry Lee Lewis ou Johnny Cash, des Bad guys. Elle fait partie des femmes qui ont fait avancer notre culture."

Pour mieux comprendre sa liaison étonnante avec Johnny Cash, Reese Witherspoon a tenu à rencontrer ses enfants. "June en a eu trois, dont un avec Johnny. Lui, il en a eu quatre d'une union précédente. J'ai eu l'occasion de discuter avec le fils et une des filles de June. Ils n'ont pas émis le moindre reproche sur le film, mais ne s'y sentent pas spécialement attachés. Je les comprends. Si on faisait un film sur mon mari et moi, je ne sais pas comment mes enfants y réagiraient. Ce serait bizarre."

Comme le titre, Walk the line, assez peu évocateur du sujet pour le public européen. "Pourquoi ce titre-là? Je l'ignore. Mais dans ce business, c'est certainement pour une question d'argent. Je suppose que tourner L'histoire de Johnny Cash aurait coûté 30 millions de dollars. Alors que le budget de Walk the line est de 28 millions de dollars. Dès qu'on creuse, on arrive toujours à la même conclusion à Hollywood..."

Source : http://www.dhnet.be

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Interview De Reese Witherspoon
 

A l'occasion de la sortie de Walk the line, la pétillante Reese Witherspoon qui interprète June Carter, la femme de Johnny Cash nous a accordé une interview à l'hôtel plazza athénée. L'occasion de parler certes de country music mais aussi de sa nomination aux oscars.

June Carter et moi...

Ce qui est drôle c'est qu'à l'école dans une de mes premières pièces de théâtre, j'ai interprété la mère de mon personnage, June Carter ! June Carter a un peu le même passé que moi. J'ai été vulnérable comme elle mais j'ai essayé de garder et de véhiculer un certain nombre de valeurs. Je crois que June était comme cela. Elle était vraiment en avance sur son temps, c'était la seule femme à se balader de ville en ville dans la voiture de "bad guy" comme Johnny Cash, Jerry Lee Lewis ou Elvis Presley.

Elle était très progressiste mais souhaitait aussi préserver un certain nombre de valeurs. C'était une femme vraiment très forte, c'est elle qui a quand même sauvé Johnny Cash de l'emprise de la drogue ! Je crois qu'elle lui a redonné confiance en lui. June jouait de beaucoup d'instruments assez étranges, elle savait même jouer du banjo. J'ai appris à jouer de tous ses instruments alors que je ne connaissais même pas la guitare. Mais il le fallait si je voulais rentrer dans mon personnage. Joaquin a fait une vraie performance, vous avez vu comme il a travaillé la tonalité de sa voix ? Même s'il n'a pas la même voix que Johnny, je crois qu'il a réussi à en capter l'esprit.

La Country Music selon Reese Witherspoon ...

La majorité des Américains écoutent de la country music, surtout la population du centre. Il y a aussi aujourd'hui de la country rap avec des groupes comme Outcast. C'est un genre musical vraiment très populaire.

Je sais que dans l'imagerie européenne, les Américains du centre sont assez conservateurs et ont souvent une mauvaise image mais les gens s'occupent les uns des autres. Ils n'ont pas beaucoup de moyens et font avec ce qu'ils peuvent. Il y a là-bas quelque chose de vraiment spirituel. Je crois que c'est ce qu'a réussi à capter leur musique, la country music. Elle sait mieux qu'aucun autre genre de musique parler de la vie de tous les jours et aussi de spiritualité, il y a notamment dans les chansons de Johnny Cash quelque chose du domaine de l'au-delà et pourtant il parle de choses quotidiennes. (…) En ce moment j'écoute beaucoup de musique pour enfants, cependant j'aime beaucoup les White Atripes.

La revanche d'une blonde

A une époque, je voulais devenir une star de la country… Mon modèle était Dolly Parton. A 12 ans, je faisais des concours de chanteuses. En fait, j'ai rapidement arrêté car on m'a dit que je n'étais pas assez douée pour devenir chanteuse… C'est drôle car mes enfants ne supportent pas de voir chanter…
Aujourd'hui les chanteurs ne jouent que sur la célébrité qu'ils obtiennent grâce aux médias.

On peut tout trafiquer avec les nouvelles technologies. A l'époque, il y avait un véritable enjeu car le seul moyen de devenir célèbre c'était de montrer ce qu'on savait faire sur scène et croyez-moi, la scène ne pardonne pas. Maintenant à cause de la célébrité vous devenez intouchable. Ce qu'a fait Johnny Cash était assez incroyable et nouveau, il est devenu une star en restant accessible et en sachant parler simplement des choses de la vie de tous les jours aux gens qui l'entouraient. Il y avait une relation étonnante entre lui et son public. Regardez ses concerts en prison !

Et puis, à une époque où l'on reprenait toujours des standards et Elvis Presley, Johnny Cash et Jerry Lee Lewis sont arrivés avec leurs chansons, c'était une très grande nouveauté !

Les Oscars

C'est évidemment très flatteur d'avoir gagné un Golden Globes et d'avoir été nommée aux Oscars pour ce rôle. J'essaie malgré tout de garder la tête sur les épaules, je sais que dans mon métier, un jour on est en haut puis le jour d'après, en bas. Les autres nommées pour la meilleure actrice sont toutes excellentes, ça va vraiment être dur. J'ai beaucoup d'admiration pour Judi Dench avec qui j'ai déjà travaillé. Quant à Keira Knightley, j'espère qu'elle aura l'Oscar de la meilleure actrice, elle est éblouissante dans Orgueil Et Préjugés. C'est d'ailleurs mon film préféré de l'année.

Et maintenant ?

Avec Ryan Phillips, on a une sorte de deal. Une année, c'est moi qui bosse, l'autre c'est lui et comme ça on peut s'occuper de nos enfants. Cette année, c'est lui qui bosse. Ouf !

Actuellement, je produis un film avec Christina Ricci qui parle d'une fille qui a une tête de cochon. C'est assez étrange ...

  Source : http://www.commeaucinema.com

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