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Film précédent |
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Titre
original |
Changement d'adresse |
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Réalisation |
Emanuel Mouret |
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Scénario |
Emanuel Mouret |
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Interprétation |
Emmanuel Mouret, Frédérique Bel, Fanny Valette, Dany Brillant, Ariane Ascaride, Claire Breniaux, Clément Delmas, Magali Leroy, Jérôme Flaum, Frédéric Niedermayer, Hans Joachim Kruse, ... |
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Musique |
Franck Sforza |
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Photographie |
Laurent Desmet |
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Pays |
France |
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Année |
2006 |
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Durée |
1h 32min. |
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Genre |
Comédie romantique |
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Production |
Frédéric Niedermayer |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le Jeudi 07 septembre 2006 pour l'ouverture de la 56ème saison |
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Le film est projeté en version originale française |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Une unique séance pour le gala d'ouverture à 20H |
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| Emmanuel Mouret revient nous parler des déboires amoureux de ces jeunes à la recherche de l'âme sœur. Son personnage fétiche, qu'il incarne lui-même à l'écran, est un professeur de musique, David, naïf, introverti, un peu poète. En quête de logement, il se retrouve en colocation avec Anna, responsable d'un magasin de photocopies. En toute amitié fraternelle, ils vont partager les lieux mais aussi leurs confidences sur leurs aventures amoureuse, David avec Julia, Anna , avec Gabriel. Et les déboires ne manqueront pas ... |
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Le Monde - Jacques Mandelbaum |
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Eblouissantes variations sur les jeux de l'amour
Lors de la présentation du troisième long métrage d'Emmanuel Mouret en mai, à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, on a cru lire ici et là que le réalisateur proposait une synthèse d'Eric Rohmer et de Woody Allen. La formule, séduisante mais approximative, vaut ce que valent toutes les formules.
Il semble plus juste d'établir une autre filiation, une sorte de rencontre de Fernandel et Jean-Pierre Léaud, pour vraiment rendre justice au cinéma de Mouret : en l'abordant par les acteurs plutôt que par une mise en scène dont les réminiscences rohmériennes, avérées, ne jouent pas forcément en faveur du jeune cinéaste.
Rattaché à la catégorie assez rare des réalisateurs-acteurs (Mouret incarne le même personnage d'amoureux maladroit dans la plupart de ses films), le cinéaste apporte de prime abord un sens très sûr, très fin, très élaboré du casting, et, partant, des mécanismes dramaturgiques qui résultent de l'archéologie et de la matière des corps qui servent son histoire.
Qu'est-ce en effet, considéré en soi, que l'argument de Changement d'adresse, sinon le canevas mille fois remis sur le métier, de part et d'autre de l'Atlantique, d'un canon de la comédie sentimentale, selon lequel chacun des protagonistes s'inflige mille détours et mille morts avant de comprendre que la chaussure qui convient à son pied se trouvait dès le départ tout à côté de lui, dans la peau du classique et tendre confident ?
Dans Changement d'adresse, cela donne la trame suivante : David, jeune provincial embarrassé qui enseigne l'art du cor, s'installe à Paris en colocation avec Anne, jeune fille délurée et expansive rencontrée dans la rue, et qui tient une boutique de photocopies. Après une première et naturelle tentative de rapprochement charnel, les deux partenaires conviennent que le fondement d'une colocation réussie relève de l'entretien d'une saine amitié plutôt que de celui des braises de la passion.
Chacun s'occupe donc de son côté à son affaire, elle avec un client de passage dont elle tombée illico amoureuse et qu'on ne verra jamais, lui avec Julia, une jeune étudiante timide mais infiniment séduisante qu'il poursuit de ses assiduités à mesure qu'elle se soustrait à son désir.
Le grand intérêt du film réside pourtant moins dans l'art, subtil mais attendu, de ménager les nombreux rebondissements de son action, que dans la manière beaucoup plus étonnante grâce à laquelle le réalisateur incarne et infléchit cette dernière. Au chapitre de l'incarnation, c'est d'abord un quatuor totalement hétérogène qui fait, en un réjouissant miracle, tenir les personnages. Dans le rôle de la délicieuse Anne : Frédérique Bel, l'écervelée hystérique de "La minute blonde" de Canal+.
Dans le rôle de la timide Julia : Fanny Valette, la jeune actrice qui monte (La Petite Jérusalem, de Karin Albou). Dans le rôle de Julien, en caricature de bellâtre qui séduit Julia : le chanteur Dany Brillant. A cette architecture improbable, qui fait ressembler le film au jeu des quatre coins, s'ajoute dans le rôle de David l'élément Mouret, qui représente à lui tout seul (Fernandel + Léaud) une étrange et indémêlable équation esthético-morphologique.
Cette imbrication de plaques et de strates étrangères les unes aux autres se complique encore en raison de la désinvolture consommée avec laquelle le cinéaste pousse l'absurde du modèle qui l'inspire. En faisant cohabiter tendrement les deux amoureux qui s'ignorent, en leur faisant explicitement énoncer les raisons qui les destinent l'un à l'autre, de même qu'en accusant à ce point l'indifférence, voire l'absence, de leurs partenaires de passage, Emmanuel Mouret déplace en fait subtilement l'enjeu de ce type de comédie.
Il désarme en l'occurrence le matériau classique, fondé sur l'équivoque et la surprise, et le transforme en matière ductile, poreuse, plus sensible aux mystères et à la rencontre des corps qui l'animent qu'aux fils d'une intrigue d'emblée dénouée.
Tout le cinéma de Mouret est ainsi à l'image du personnage qu'il compose à l'écran, qui allie la force de la typologique classique à l'indécision du personnage moderne. Soit l'affirmation tranquille d'un être qui s'annule soi-même, à proprement parler l'incarnation d'une chimère.
C'est exactement de cette manière - après Promène-toi donc tout nu (1999), Laissons Lucie faire (2001) et Vénus et Fleur (2004) - que le réalisateur impose, doucement mais sûrement, sa conception toute personnelle de la comédie de moeurs, dans une note rare qui réunit les fragrances intemporelles de la scorie burlesque, de la délicatesse ahurie et de la légèreté si assumée qu'elle confine au néant. |
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Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-785817,0.html |
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Cyberpresse - Anabelle Nicoud |
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Changement d'adresse: fable sentimentale
David est professeur de cor. Il s'amourache de Julia, son élève. Passe une nuit avec sa colocataire, Anne. Julia perd la tête pour Julien, Anne pour Gabriel. Puis pour David.
Pour son troisième long métrage, Emmanuel Mouret prête son physique de grand dadais touchant de maladresse et de gentillesse à David, jeune provincial débarquant à Paris. À la recherche d'un appartement, il tombe sur une belle blonde romantique et excentrique, Anne, (Frédérique Bel). Leur cohabitation donne lieu dès les premiers plans à de charmants quiproquos, provoqués par le cor qu'enseigne David, et par la surprenante mais non moins touchante naïveté d'Anne.
David tente tout pour séduire sa froide et timide élève, Julia, 19 ans, (Fanny Valette). Il lui arrache des sourires, lui vole un baiser et est sur le point de prendre son coeur quand débarque Julien (Dany Brillant). Julia se livre corps et âme a ce bellâtre sur le retour. Puis le perd. Se fait consoler par David, remis sur pied par les bons soins d'Anne. Pendant ce temps-là, Anne attend toujours des nouvelles de Gabriel, l'homme qui fait l'amour sans embrasser.
On pourrait croire la recette du marivaudage et de la comédie sentimentale épuisée, dépassée. Pourtant le jeune cinéaste Emmanuel Mouret s'emploie à la remettre au goût du jour dans ses longs métrages (Laissons Lucie faire et Vénus et Fleur). Élégamment et efficacement. On retrouve avec plaisir le Paris rive-gauche, un peu bourgeois et un peu bistrot, des films de la nouvelle vague, loin des "boboseries" des films de Cédric Klapisch. Le "Paris des cartes postales", dit Emmanuel Mouret. Paris tel que le rêvent ceux qui n'y vivent pas.
Changement d'adresse s'inscrit dans la tradition des comédies sentimentales. En fait beaucoup, sans en faire trop. Campe sa légèreté dans l'élégance et la sobriété, son humour dans une douce mélancolie. Et convainc, au besoin, qu'on peut montrer des sentiments de manière juste et profonde, et que des petits drames humains peuvent avoir la légèreté d'un bon mot.
À la qualité de l'écriture et de la réalisation, il faut ajouter le juste emploi de quatre comédiens de talent, outre M. Mouret. Frédérique Bel ravit dans le rôle d'une Anne doucement fofolle, sexy sans y prêter attention. Réussissant pleinement le grand écart entre la télévision, où elle s'est fait connaître pour un pastiche de blonde nunuche sur la chaîne Canal Plus, et le cinéma d'auteur, elle rappelle des actrices alliant sex-appeal et sincérité. La beauté froide, troublante et mystérieuse de Fanny Valette, découverte dans La Petite Jérusalem, s'épanouit en contrastant avec l'excentricité d'Anne.
Enfin, les amoureux du cinéma de Robert Guédiguian s'amuseront de voir sa muse Ariane Ascaride, connue pour ses rôles de mère courage, dans la peau d'une bourgeoise parisienne, la mère de Julia.
Présenté lors de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes cette année, le film s'était attiré les faveurs de critiques pourtant peu enclins aux compliments. En ressentant un bien-être un peu nostalgique au sortir du film, on saisit cette joie fugace et légère du sourire d'un inconnu. |
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Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20060819/CPARTS01/608190684/5316/CPARTS01 |
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Fluctuanet - Laurence Reymond |
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Révélation de la Quinzaine des réalisateurs cette année, Changement d’adresse est un petit bijou comique et lunaire
Variation sur les airs bien connus de la fable version Eric Rohmer et du conte initiatique à la Truffaut, Emmanuel Mouret y réussi à imposer sa personnalité en tant que cinéaste mais aussi acteur. Plus mathématicien que philosophe, son équation amoureuse se révèle totalement imparable.
Comme on pose une équation, posons d’abord la situation de ce Changement d’adresse : David, joueur et professeur de cor (interprété par Mouret lui-même, avec toute la douceur un peu passée de ses traits), tombe amoureux de sa jeune étudiante, Julia. Mais Julia est une timide un peu pimbêche qui le laisse dans l’incertitude. Anne, la sémillante colocataire de David, l’encourage et lui prodigue d’invraisemblables conseils amoureux, alors qu’elle-même fantasme sur un des clients de son magasin de photocopies.
Dans ce quatuor aux accords bien réglés, au rythme d’un tango amoureux - un pas en avant, deux pas en arrière -, Mouret intègre un élément perturbateur de taille : Dany Brillant. Alors que David pense enfin pouvoir déclarer sa flamme à Julia lors d’un week end à deux, ils rencontrent un homme viril, direct, séducteur qui, manque de chance, séduit Julia, avant de repartir au petit matin pour des affaires pressantes. A partir de là, l’équation amoureuse de David s’écroule, face à celle de Julia, en pleine découverte du grand amour.
Construit à la manière d’un conte rohmérien, Changement d’adresse propose sa propre éthique, à travers ces personnages/instruments d’une mélodie triste et gaie des sentiments. Les points communs avec le maître sont évidemment plus qu’assumés par Mouret, qui complique à souhait le parcours de David, lui imposant de cruelles épreuves pour mieux lui révéler son "destin".
Mais si Mouret ne se pose pas la question de la foi ou d’une possible transcendance, il s’amuse avec délices des petites scènes du quotidien, de ces questions qui nous paraissent existentielles bien qu’elles se règlent le plus souvent en deux mots. D’où l’importance ici de la musique et du rythme, métaphores de ces parcours qui se cherchent et se trouvent parfois par hasard. Mouret se livre à l’art de la fugue, avec sa légèreté habituelle, et contourne la difficulté de jouer d’un personnage qui, tel un cor, n’est pas forcément celui qui sonne le mieux.
Croisement entre Woody Allen, pour la timidité et la maladresse, et Antoine Doinel, pour les invraisemblables situations où il se retrouve, David apparaît comme une nouvelle figure du grand solitaire burlesque. Mais la grande force de ce Changement d’adresse libertin, c’est de donner à chacun une profondeur, une palette musicale développée. La froide Julia va ainsi connaître les affres du désespoir amoureux, avant d’être rejointe par son bel hidalgo, qui contre toute attente était réellement tombée amoureux d’elle.
Un mauvais numéro de téléphone donné par erreur (une réminiscence du Conte d’Hiver, le plus beau des contes signés Rohmer ?), une colocataire trop facilement trouvée (l’excellente Frédérique Bel, qui sort avec panache de sa Minute Blonde, l’émission de Canal +), et l’évidence elle-même s’emmêle et se perd un instant. Désordre et imbroglio, Changement d’adresse nous livre une interprétation délicate et légère d’un air bien connu. Avec du cor. |
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Source : http://www.fluctuat.net/3224-Changement-d-adresse-Emmanuel-Mouret |
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Association Cultures, Humanisme et Citoyenneté - Christiane Chemla |
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Une comédie légère, pleine de charme, très séduisante
On retrouve avec David, le personnage des films précédents ("Laissons Lucie, faire" et "Vénus et Fleur"), un être un tantinet ahuri, avec ses yeux ronds, ses gestes gauches, ses éternelles hésitations. Les autres personnages sont tout autant typés avec Anna, l'exubérante qui ne cesse de parler, Julia, l'apathique, qui a peine à dire trois mots, Julien, le rival beau parleur de David. Avec une mise en scène minimale, Mouret privilégie le comique de personnage, les situations farfelues, et des dialogues en forme de marivaudage qui disent beaucoup sur les personnages dont on voit évoluer les sentiments.
La musique, classique en général, accompagne ces jeunes dans cette quête amoureuse où les sentiments vont et viennent au gré des circonstances, signe des temps actuels. A Cannes certains ont fait le rapprochement avec Rohmer, d'autres avec Woody Allen, d'autres encore avec Buster Keaton. Mouret, avec sa propre personnalité, nous offre ici une comédie légère, pleine de charme, très séduisante. |
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Source : http://www.asso-chc.net/article.php3?id_article=557 |
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Cyberpresse - Anabelle Nicoud |
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Emmanuel Mouret: éloge de la maladresse
Si Antoine Doinel avait rencontré Pierre Richard, cela aurait pu donner Emmanuel Mouret. Grand brun au regard tendre, le réalisateur français s'écrit des rôles d'amoureux empoté, à qui la pellicule donne la chance de vivre sa maladresse. Sans peur du ridicule. Au cours de notre entrevue avec le réalisateur, c'est pourtant nous qui échappons notre stylo. Emmanuel Mouret ne cille pas. Le réalisateur et acteur de ses trois longs métrages, est un interviewé qui séduit par sa volubilité.
Dans Changement d'adresse, il se glisse dans la peau du héros maladroit, tout comme dans Laissons Lucie faire (2001) et Vénus et Fleur (2004). Avec adresse. "Je n'ai pas trop de mal à me projeter dans le personnage", dit-il. Faire mille détours pour inviter une femme à prendre un café. Bafouiller. Se sentir encombré par son propre corps. "J'ai toujours trouvé la maladresse très belle", confirme-t-il.
Un homme, deux femmes. David, est professeur de cor. Jeune provincial fraîchement débarqué dans la capitale, il "tâtonne maladroitement" dans les rues de Paris, entre deux adresses. Erre d'abord dans les bras de sa blonde colocataire, Anne. Puis dans ceux de sa jeune élève, Julia. Le réalisateur s'attarde pour la troisième fois sur les atermoiements amoureux d'un homme et de deux femmes. Une blonde excentrique et une brune sibylline, de préférence. Ici, Frédérique Bel, connue pour son personnage pastiche de playmate télévisuelle, en blonde. Là, Fanny Valette, brune insondable.
Pourquoi un homme entre deux femmes? "Sans cela, il n'y aurait pas d'histoire. S'il n'y avait que deux personnages, l'histoire s'arrêterait tout de suite", énonce-t-il, comme une évidence. Un homme et deux femmes, donc. Cinéphile, Emmanuel Mouret revisite l'univers de Truffaut et de Rohmer. Pour les sentiments. Tout un "cinéma qui compte beaucoup pour moi", dit-il. À cette influence nouvelle vague s'ajoute celle, plus burlesque, des films de Woody Allen. Pour les saillies verbales. "J'aime les personnages qui parlent à cœur ouvert et n'ont pas peur du ridicule", considère Mouret.
Emmanuel Mouret revisite, s'inspire. Des films, et de Paris. "Ma façon de concevoir le cinéma, c'est de revisiter les lieux communs", précise-t-il. "L'intérêt, c'est de leur retrouver une singularité." De là naît un regard émerveillé, jamais naïf. "Le sentiment amoureux paraît toujours quelque chose de très simple, d'évident, mais de complexe", défend-il.
L'histoire des cœurs balanciers de Changement d'adresse a bien failli ne jamais voir le jour. Faute de financement. " Les financeurs du cinéma d'auteur ne trouvaient pas le film assez radical. Côté divertissement, on le trouvait trop film d'auteur ", explique le réalisateur.
Il a fallu que Louis Dussault, producteur québécois, ait le coup de foudre pour le scénario pour que le film se fasse. Et connaisse un succès critique lors de sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs, au festival de Cannes. Puis un succès en salle : 200 000 spectateurs français ont déjà vu le film.
Emmanuel Mouret se demande, non pas si son marivaudage rohmérien fera des entrées au Québec, mais si les jeux de séduction qu'il se plaît à filmer pourraient avoir lieu ici. " Vous ne croyez pas? " questionne-t-il. Les jeux de l'amour et du hasard ne finissent pas de séduire le réalisateur. Résolument auteur. Éternellement amouraché. |
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Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20060819/CPARTS01/60819023/1043/CPARTS01 |
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DVDRAMA - Propos recueillis par Christophe Berthemin |
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Interview du réalisateur Emmanuel Mouret
Présenté à la Quinzaine des réalisateurs cette année à Cannes, Changement d’adresse, est aujourd’hui présenté dans les salles françaises. Histoire de faire d’une pierre…trois coups, nous avons rencontré Emmanuel Mouret qui est à la fois le réalisateur du film, l’auteur et aussi l’acteur principal.
D’où vous est venue l’envie de jouer et de réaliser en même temps ?
C’est un choix qui s’est décidé petit à petit. Comme je jouais dans mes courts, mon producteur a voulu que je joue dans Laissons Lucie Faire, mon premier long. Ensuite, comme Vénus et Fleur était le portrait de deux jeunes femmes, ce n’était pas possible (rires). Pour celui-ci, le producteur avec qui j’ai travaillé a aussi insisté pour que je joue dedans. En même temps, c’est quelque chose que j’aime, l’intérêt étant d’amener quelque chose de particulier. Truffaut disait que lorsqu’un réalisateur joue dans son film, c’est la même différence qu’un film écrit à la main et un film écrit à la machine. Il y a sûrement quelque chose de plus intime et de plus personnel. En plus, j’ai grandi avec les films burlesques dans lesquels les auteurs mettaient souvent leurs corps en scène. J’ai toujours aimé le cinéma de Keaton, Chaplin, Guitry et dans un autre type de comédie, celui de Ernst Lubitsch, Billy Wilder, Woody Allen ou Leo McCarey… mais j’en oublie plein d’autres.
Justement, qu’est-ce qui vous intéresse tant dans le burlesque ?
Dans la plupart des films burlesques, il y a une forme de naïveté. Ils sont d’ailleurs touchants parce qu’ils évoquent notre propre naïveté par rapport à la vie. On a beau afficher tous les masques ou faire le désabusé, on reste très naïf. Je crois que l’homme ne peut se défaire d’une certaine candeur et il y a dans cette candeur une figure qui m’intéresse, celle de l’émerveillement possible. Par exemple, quand on est amoureux, on est forcément candide car il n’y a pas d’élan sans inconscience.
Le casting est assez atypique…
Pour Frédérique Bel, je cherchais une comédienne qui puisse avoir une vraie fantaisie, être drôle mais aussi troublante, qui puisse être très amoureuse, sincère, mélancolique et très volubile. On m’a parlé d’elle par rapport à La Minute Blonde mais je m’étais dit que ce n’était pas possible car c’était trop caricatural. L’ambition de cette comédie était de placer des situations cocasses et drôles mais aussi avec des sentiments sincères pris au sérieux. J’ai ensuite vu des essais qu’elle avait fait pour le film d’un ami, c’était un rôle dramatique, et elle avait cette sincérité et cette authenticité que je n’avais pas vues à la télé. J’aime quand le casting amène une certaine fraîcheur ou alors mettre des gens plus connus mais juste si on les découvre dans quelque chose de différent.
… Comme c’est le cas pour Dany Brillant.
Oui, j’ai vu Dany dans l’émission des Miss France car il y chantait. Il a ce coté généreux et avenant. Il peut être séducteur et en même temps très drôle. C’est ce qui m’a séduit. D’emblée, il a aimé le scénario et il avait déjà aimé mon précédent film. C’est étrange mais au départ, Dany voulait être comédien et pour payer ses cours de comédie, il chantait des reprises dans des boîtes. Un jour, il a écrit sa première chanson, c’était Suzette et, alors qu’il voulait faire du cinéma, c’est sa carrière de chanteur qui a décollé. Il a donc crée ce personnage de Dany Brillant dont il dit d’ailleurs que c’est son premier rôle. En tout cas, il aime jouer et il nous a surpris car il joue très bien. Il a beaucoup de détachement, d’humour et il est très cultivé. En gros, il a emballé toute l’équipe.
Entre les silences de Fanny Valette et les longs bavardages de Frédérique Bel, il n’était pas trop difficile pour vous d’alterner des scènes de jeu ?
Non, car justement, c’était ce contraste là qui m’intéressait. Ce n’était pas difficile à jouer car dans la majeure partie des scènes avec Frédérique, c’est elle qui mène le jeu donc c’est très agréable à jouer. Avec Fanny, il s’agissait de scènes de désir… donc c’était très agréable à jouer aussi (rires).
Vous aimez donc également les cors?
Oui. Je voulais qu’il soit musicien pour arriver à Paris dans une situation précaire et en arriver à la colocation. Ensuite, j’ai réfléchi à l’instrument et je me suis rendu compte que dans les films, il s’agissait souvent de violons, de pianos ou de guitares pour le rock. J’ai donc voulu en prendre un autre et quand j’ai pensé au cor, les jeux avec son nom me sont venus. Comme c’est un film sur le désir, tout allait pour me satisfaire.
Avez-vous connu ce même genre de colocation ?
Non, je n’ai jamais vécu en colocation et c’est intéressant car ceux qui l’ont vécu s’y retrouvent et les autres fantasment car c’est avant tout une situation de fantasme que d’être en colocation avec une charmante jeune femme… dans des chambres sans cloisons et avec la baignoire dans le salon. J’écris davantage mes films avec ce qui me fait rêver qu’avec des articles de journaux car je ne fais pas des films à messages. En plus, c’est une situation classique. Le logement a toujours eu un rôle au cinéma comme chez Wilder dans La Garçonnière ou dans Sept ans de réflexion mais aussi dans Sérénade à Trois de Lubitsch.
Après Lucie et Lucien dans Laissons Lucie faire, il y a ici Julie et Julien. Ces choix de prénoms sont-ils une façon pour vous de rapprocher vos personnages ?
Oui, c’est une façon d’être ludique même si je ne suis pas le premier à utiliser ça. En tout cas, ça pousse l’ironie et en s’appelant de la même manière, on se dit qu’il va se passer quelque chose entre eux. C’est donc plus pour jouer avec les attentes du spectateur.
Beaucoup de cinéastes, lorsqu’ils filment Paris, réfutent l’étiquette carte postale. Vous, au contraire, dès le générique vous y faites référence. Est-ce une manière d’assumer l’esthétisme de la ville ?
Oui, je préfère personnellement la simplicité car on y retrouve plus de fraîcheur qu’en prenant des chemins détournés pour vouloir à tout prix être original et tomber dans le maniérisme. De plus, ça fait un clin d’oeil au public et aux spectateurs. Enfin, c’est quelque chose de vrai car lorsqu’on arrive à Paris, on a réellement l’impression de voir des cartes postales partout, du moins des images qu’on a vu sur des cartes postales ou au cinéma. Je crois que le cinéma fonctionne avec des lieux communs, c’est d’ailleurs un lieu où l’on se retrouve en commun.
Vous avez été touché par l’accueil du film à Cannes ?
C’était la deuxième fois que je venais avec un film à Cannes et nous avons encore été très bien reçus. Comme j’étais tendu et que j’avais vu le film plein de fois au mixage, je suis parti pendant la projection pour ne revenir que lors des cinq dernières minutes. Même si je savais que le début du film penchait vers le rire, je voyais plus la fin dans le sourire et pourtant, en entrant dans la salle, plein de gens applaudissaient. On a tourné fin janvier, en mars, on apprenait en montage que le film allait à Cannes, fin mai, c’était le Festival et là, fin juin, le film sort en salles. Tout est très rapide donc je suis un peu dépassé mais je suis ravi de tout ça.
Vous travaillez très vite…
Oui et j’espère être à nouveau dans cinq mois en tournage pour tourner Un baiser s’il vous plaît, dans lequel on s’interrogera sur les conséquences possibles d’un baiser. Cela tournera autour de plus de personnages que dans celui-ci. On est actuellement en plein casting.
Et je présume que vous y interpréterez un amoureux maladroit…
Oui, enfin un maladroit qui devient amoureux. En tout cas, je suis pressenti pour jouer dedans mais je dois encore passer des essais. Je pense que je pourrais être pistonné (sourire).
Vous seriez tenté de garder ce personnage sur plusieurs films comme dans la tradition du genre ?
En fait, comme j’ai joué dans mes courts et dans mon premier long, Laissons Lucie faire, certaines personnes y voient déjà un forme de récurrence. Après, quand ce phénomène arrive au cinéma, c’est que le personnage a eu un succès public qui appelle à la continuité. Le mien continue mais sous d’autres noms. Ce qu’il y a de récurrent, effectivement, c’est que j’interprète un amoureux maladroit. |
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Source : http://www.dvdrama.com/excessif/excessif/news.php?15750&page=2 |
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