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Titre
original |
The Road to Guantanamo |
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Réalisation |
Michael Winterbottom & Mat Whitecross |
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Scénario |
Michael Winterbottom & Mat Whitecross |
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Interprétation |
Riz Ahmed, Farhad Harun, Waqar Siddiqui, Afran Usman, Shahid Iqbal, Sher Khan, Jason Salkey, Jacob Gaffney, ... |
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Musique |
Harry Escott & Molly Nyman |
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Photographie |
Marcel Zyskind |
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Pays |
Grand Bretagne |
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Année |
2006 |
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Durée |
1h 35min. |
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Genre |
Drame |
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Production |
Melissa Parmenter & Michael Winterbottom |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le Jeudi 28 septembre 2006 |
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Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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En septembre 2001, Asif doit retourner dans son pays natal, le Pakistan, pour se marier. Il part avec trois de ses amis musulmans. Après quelques jours de détente au Pakistan, les quatre amis, Ruhel, Shafiq, Monir et Asif se rendent dans une mosquée à Karachi où un imam les exhorte de se rendre en Afghanistan pour aller aider la population.
Le prix du transport n’est pas cher et c’est pour eux une occasion de partir à l’aventure. Malheureusement, quand ils arrivent à Kandahar, les bombardements américains ont déjà commencé… Basé sur l’histoire vraie de quatre Anglais arrêtés, torturés et emprisonnés à Guantanamo, The Road to Guantanamo est un acte d’accusation virulent contre une politique d’internement illégale et indéfendable. Comment les Etats-Unis peuvent-ils honorer la lutte antiterroriste tout en respectant la dignité humaine ?
Réponse : en “aménageant” les droits humains. A situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : procédures d’arrestation, d’interrogation et de détention ne respectent pas les droits internationaux, torts psychologiques et physiques, absence de tribunaux compétents, oubli du droit à la présomption d’innocence. Ruhel, Shafiq, Monir et Asif ont été piégés dans une des places fortes des talibans. Ils seront conduits au camp X-Ray de Guantanamo Bay à Cuba où ils seront torturés, accusés de crimes atroces et de complicité avec Ben Laden et Mohammed Atta.
Cinéaste réputé et atypique, Michaël Winterbottom signe avec The Road to Guantanamo un film fort. Avec un budget restreint, une équipe réduite, des acteurs novices et toutes les difficultés liées au tournage dans des pays tels que le Pakistan ou l’Afghanistan, le réalisateur nous emmène au cœur d’une odyssée mélangeant images d’archives, interviews et passages mis en scène. The Road to Guantanamo est un road movie, un film de guerre, un film politique, un film d’aventures, qui a remporté l’Ours d’argent de la meilleure réalisation au festival de Berlin.
Christelle Brüll |
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Ours d'argent de Berlin du meilleur réalisateur décerné à Michael Winterbottom & Mat Whitecross au Festival de Berlin 2006 |
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cinenews - David Morelli |
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"The Road to Guantanamo" est un coup de poing dans la gueule, une démystification choquante des valeurs démocratiques que nous pensions définitivement acquises en Occident. Cette route jusqu'à la tristement célèbre prison, quatre jeunes Anglais l'ont parcourue jusqu'à la lie. Partis célébrer le mariage d'un ami au Pakistan, ils se sont retrouvés embarqués dans la paranoïa post-11 septembre. Ils ne rentreront chez eux que deux ans plus tard, après avoir connu l'enfer: emprisonnement arbitraire, maltraitances, harcèlement psychologique et moral, déni de justice.
Winterbottom ("In this World") fait témoigner les protagonistes du sort qui leur fut réservé du simple fait d'avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment avec la "mauvaise" religion. Mélangeant les styles documentaire et fictionnel, "The Road to Guantanamo" est plus qu'un pamphlet sur les dérives fascistes d'une Amérique en croisade. C'est une question qu'il nous pose, droit dans les yeux: comment une telle prison peut-elle encore exister à l'heure où vous regardez ce film?! |
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Source : http://www.cinenews.be/Critics.Detail.cfm?ContentsID=4895&lang=fr |
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cinopsis - Eric Van Cutsem |
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En septembre 2001, Ruhel, Shafiq et Monir se rendent au Pakistan pour assister au mariage de leur ami Asif. Ils se retrouvent tous les quatre à Karachi et se rendent dans une mosquée avec le cousin pakistanais de Shafiq. Là, un imam les exhorte à se rendre en Afghanistan pour y aider la population menacée. Le prix du trajet en autocar est bon marché et l’Afghanistan est pour eux synonyme d’aventure.
Et effectivement, c'est le début d'une longue et pénible expérience pour les trois jeunes gens ...
Michael Winterbottom est un réalisateur qui n'a pas peur de délivrer un message. Que ce soit dans un film évidemment engagé comme WELCOME TO SARAJEVO ou un film futuriste comme CODE 46, il tente toujours de glisser une critique acerbe d'un système, une dénonciation qui frappe juste là où le bon sens aurait dû officier depuis longtemps.
Avec un portrait mi-fiction mi-documentaire sur les trois jeunes gens qui se sont faits embarquer de force à Guantanamo, passant pour des terroristes redoutables mais relâchés sans preuves des mois et des mois plus tard, Winterbottom dénonce un système qui s'auto-justifie au travers d'une peur paranoïaque de l'autre, cet étranger qui ne peut être qu'un terroriste puisqu'il est à l'endroit où il ne devait pas être. Et quand bien même il est vrai que l'on se demande ce que ces trois jeunes hommes ont été faire en Afghanistan, il est impossible d'admettre que l'on traite des êtres humains comme des chiens dans un camp de prisonniers appartenant au pays "le plus démocratique du monde" ...
Les mots "Honour to defend freedom" qui s'affichent dans le Guantanamo de Winterbottom sont bien sûr le trait d'ironie suprême d'un pays qui se moque bien de l'honneur et de la liberté. En mêlant habilement les images d'archive, les interviews et la fiction documentarisée, le réalisateur nous fait entrer de plein pied dans la 'petite' histoire des Etats-Unis, celle que un 'doubleyou' n'a pas envie que l'on apprenne trop vite ...
Au regard des derniers événements survenus en Iraq, il est évidemment très clair que l'on est pas encore au bout de nos surprises et que le film de Michael Winterbottom tombe plutôt bien -ou comme un cheveu dans la soupe- selon le point de vue où l'on se place ... |
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Source : http://www.cinopsis.be/rev_main.cfm?lang=fr&ID=5073&rr=1 |
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cyberpresse - Nathalie Petrowski |
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The Road to Guantanamo, le premier choc de la Berlinale
Ça se passe toujours de la même manière. Au moment où la routine cinématographique s'installe et déclenche chez les festivaliers des fantasmes de sommeil ou de fuite dans les magasins, arrive un film qui les cloue à leur siège et leur administre un puissant électrochoc.
C'est l'effet qu'a eu The Road to Guantanamo du Britannique Michael Winterbottom hier matin.
Jusqu'à maintenant, les films de la compétition ont récolté des applaudissements tantôt chaleureux, tantôt polis, mais rien de comparable à la puissante clameur qui s'est élevée dans la salle de cinéma au moment du générique de The Road to Guantanamo et qui s'est poursuivie à la conférence de presse du réalisateur et de son équipe. |
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Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20060215/CPARTS/60215064/1017/CPARTS |
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Comme au cinema - Eléonore Guerra |
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Une plongée bluffante dans les dérives de la machine militaire
Asif Iqbal, jeune britannique d’origine pakistanaise, est en âge de se marier. Il doit, pour cela, s’envoler pour le Moyen-Orient afin de rencontrer sa fiancée. Une fois là-bas, il ne tarde pas à être rejoint par ses amis Shafiq, Monir, Ruhel puis Zahid. Ils sont jeunes et ne pensent qu’à profiter de la vie : visiter le coin, aider les populations environnantes (l’Afghanistan)… Rien de bien particulier en somme.
Seulement voilà : tout ceci se déroule en septembre 2001, juste après les attentats meurtriers perpétrés par Al Qaida sur le sol américain. Ce qui n’était qu’une simple virée entre potes se transforme alors en parcours du combattant (maladie, bombardements), puis en fuite, jusqu’à l’impensable : la détention. Asif et ses amis sont soupçonnés d’appartenir à une branche talibane dangereuse et accusés d’avoir participé aux attentats du 11 septembre. De camps de détention en centres d’interrogatoires et de tortures, ils se retrouvent à Guantanamo, sans aucun chef d’inculpation… mise à part, peut-être, leur couleur de peau.
Scénario catastrophe ? Non, histoire vraie
Réalisateur provocateur, mais éclectique, Michael Winterbottom s’était déjà brillamment essayé à la critique politique avec les excellents Welcome To Sarajevo et In This World. Sans cesse dans l’expérimentation, le cinéaste s’attaque aujourd’hui à un docu-fiction brûlant, dérangeant et diablement actuel. The Road To Guantanamo fait mouche. Ponctué des témoignages des "rescapés", le film prend aux tripes et nous pose en témoins passifs de l’implacable – et absurde – machine militaire. Le propos est volontairement engagé et le parti pris affiché. Personne ne sort grandi de l’expérience : ni du côté des terroristes, ni du côté des "libérateurs", quelle que soit leur nationalité. L’image est efficace : expérimentale (les scènes vues en vision nocturne) sèche, violente, sans jamais être crue ou gratuite.
Quoi qu’on pense de la situation géopolitique actuelle, le message est passé : plus jamais ça. |
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Source : http://www.commeaucinema.com/news.php3?nominfos=52352 |
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imedias - Julien Thomas |
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Récompensés par l'Ours d'argent à la dernière Berlinale, Michael Winterbottom et Mat Whitecross proposent une fidèle reconstitution d'une terrifiante descente aux enfers. L'histoire vraie de quatre jeunes Anglais pris dans la tourmente de la paranoïa post 11 septembre.
The Road To Guantanamo fait partie de ses films dont on ressort avec un sentiment tenace : la rage en l'occurrence. Impossible de rester indifférent à l'incroyable, et pourtant réelle, entreprise de déshumanisation infligée à ces innocents. Le touche-à-tout Michael Winterbottom, associé à Mat Whitecross, a choisi la forme du docu-fiction pour raconter l'histoire vraie de ces quatre Anglais musulmans pris dans la paranoïa de l'après 11 septembre. L'un d'entre eux doit se marier au Pakistan. Ses trois amis le rejoignent. Alors que l'Afghanistan semble promis à une attaque des Américains après les attentats du 11 septembre 2001, les quatre amis décident de passer la frontière.
La première partie du film ressemble à un road movie. Un fois arrivés en Afghanistan, les quatre jeunes Anglais parcourent ce pays en pleine ébullition. Les bombes se rapprochent. On perd la trace d'un des quatre. Les trois autres sont arrêtés par les Américains. Commence alors la descente aux enfers. Tout est mis en œuvre pour déshumaniser les prisonniers, les détruire psychologiquement afin qu'ils « avouent » être des combattants, des membres d'Al Qaïda.
Images réelles et fictives
La partie décrivant les conditions de détention dans la tristement célèbre prison de Guantanamo est évidemment très instructive. Tout simplement, parce que peu de choses ont filtré. Mais aussi parce qu'elle existe encore. Le trois jeunes hommes qui ont inspiré l'histoire ont eu un droit de regard sur le long-métrage. « Notre idée était de les laisser nous raconter leur histoire eux-mêmes parce qu'ils la racontait très efficacement » explique Michael Winterbottom. En ressort un film réaliste et prenant, où s'alterne images réelles et fictives.
Au final, The Road To Guantanamo est donc un film coup de poing, qui prend véritablement aux tripes. C'est aussi un élément un élément très utile pour tenter de comprendre ce que les victimes de la paranoïa post 11 septembre ont pu endurer.
A méditer. |
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Source : http://www.imedias.biz/cinema/focus-the-road-to-guantanamo-7023.php |
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voir- M.D. |
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Voyage au bout de l'enfer
The Road to Guantanamo, de Michael Winterbottom, retrace les improbables mésaventures de trois jeunes musulmans anglais injustement accusés de terrorisme. Entrevue avec le coréalisateur du film Mat Whitecross. Ils étaient partis assister à un mariage au Pakistan, ils aboutiront derrière le grillage d'un tristement célèbre "rien inclus" de Cuba. Dans The Road to Guantanamo, l'Anglais Michael Winterbottom raconte magistralement l'incroyable voyage de trois de ses compatriotes qui, victimes de leur naïveté et d'un sale coup du destin, passeront de longues vacances en enfer.
Septembre 2001. Ruhel (Farhad Harun), Shafiq (Riz Ahmed) et Monir (Waqar Siddiqui) quittent Tipton, une banlieue de Birmingham, en Angleterre, pour aller assister au mariage de leur pote Asif (Arfan Usman) dans un petit village près de Faisalabad. Ils passent quelques jours à Karachi, où ils visitent une mosquée. Là, le message d'un imam appelant les hommes à porter secours aux Afghans voisins les convainc de sauter dans un bus pour Kandahar. Ils arrivent en ville alors que l'armée américaine commence à bombarder les environs.
La suite est un tourbillon de poussière, de bruit et de terreur. Après avoir perdu Monir en route, Ruhel, Shafiq et Asif sont trimballés d'un bord et de l'autre. Ils finiront par tomber aux mains des forces étatsuniennes. Soupçonnés d'appartenir à Al-Qaida, ils sont déportés à Guantanamo. Ils rentreront chez eux en mars 2004, exonérés de tout blâme. Méconnue chez nous, l'affaire des trois de Tipton a fait grand bruit en Angleterre. Michael Winterbottom et son coréalisateur, Mat Whitecross, nous en rapportent les faits de façon directe et brutale.
Privilégiant une approche qui tient à la fois du documentaire et de la fiction, les deux réalisateurs ont recréé les événements aussi fidèlement que possible en se basant sur le témoignage d'Asif et de ses camarades. Ces derniers se racontent également à la caméra. Leurs confidences s'intercalent de façon très efficace dans le montage. Des images extraites de bulletins de nouvelles ajoutent un point de vue supplémentaire, qui permet de saisir certaines choses depuis l'autre côté du miroir.
Sur le plan technique, soulignons en vrac la qualité du traitement de l'image, la nervosité des séquences d'action et le réalisme des scènes de prison, qui donnent le frisson. Après avoir tourné la fantaisiste comédie Tristram Shandy: A Cock and a Bull Story, le polyvalent Winterbottom revient à des préoccupations plus sérieuses - voir son Welcome to Sarajevo. Le résultat est convaincant. (M.D.) |
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Source : http://www.voir.ca/cinema/cinema.aspx?iIDArticle=42611 |
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cafe-geo - Nicolas Bauche |
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Etrange cortège que cette file indienne de prisonniers vêtus d’orange et entravés d’épaisses lunettes et d’écouteurs. Ecrasés de chaleur, ils rejoignent un avion spécialement affrété sous la haute garde de militaires américains. Direction Cuba et les camps de Guantanamo Bay. C’est là, dans cette enclave des Etats-Unis, que s’achève le périple des protagonistes de The road to Guantanamo, quatre amis venus de Tipton en Grande-Bretagne et dont le voyage en Asie mineure les précipite dans la gueule du loup américain.
De la villégiature aux interrogatoires musclés, le montage haletant de Winterbottom et Whitecross marie les images d’archives à la fiction pour filmer ce sinistre voyage initiatique. Toute en incises, la structure de The road... reprend à son avantage ce que le prolixe Michael Winterbottom avait expérimenté dans ses œuvres passées, Welcome to Sarajevo ou 24 hours party people : des images hétérogènes, à la fois documentaires et nées de reconstitutions, décryptent ce fait divers édifiant où une poignée d’innocents se débattent avec un système politique - l’Alliance du Nord -, qui les dépasse.
C’est donc moins à l’analyse du dispositif coercitif - les chenils carcéraux du camp X-Ray -, qu’à une opposition dogmatique que nous invite The road to Guantanamo. Les premières images du film montrent une conférence de presse où George W. Bush affirme, sous l’œil vigilant de Tony Blair, l’immoralité des partisans d’Al Qaida. Comment se protéger de ceux qui briment les valeurs fondamentales de l’Occident ?
Comment ne pas mettre en sourdine la Convention de Genève et les Droits de l’Homme pour contrer une menace terroriste blessant au cœur les Etats-Unis ? "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! " La formule est fameuse et pourrait résumer à merveille les vues étasuniennes. Winterbottom lui préfère un autre adage, défense véhémente d’innocents ayant le don de "se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment ".
Loin du militantisme vengeur, The road to Guantanamo prouve à nouveau le goût du réalisateur pour les trames polémiques et son désir d’inscrire son cinéma dans des zones sensibles. Déjà, In this world décrivait la géographie des villes frontières et des camps de réfugiés afghans. Thématique maîtresse de l’œuvre du cinéaste, elle guide ses pas dans cette fiction documentaire qui s’achève sur une boucle sublime. Enfin libérés, les héros retournent à nouveau en Afghanistan pour assister aux noces de leur ami. Entre temps, deux ans se sont écoulés, l’ordre géopolitique a été bouleversé mais leur amitié est indéfectible. |
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Source : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=868 |
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cafe-geo - NOlivier Milhaud |
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L’œil du géographe
Mauvais lieux
Le message politique de ce film est d’une banalité affligeante : la torture, c’est mal. Retraçant une histoire tragique et vraie, The Road to Guantanamo mêle reconstitution cinématographique, images de journaux télévisés, et interviews en plan fixe de ceux qu’on appelle outre-Manche les Tipton three - trois Britanniques originaires de Tipton (Angleterre) capturés par erreur en Afghanistan avec des talibans et enfermés à Guantanamo comme partisans soupçonnés d’Oussama Ben Laden.
On pourrait d’ailleurs décrier la confusion entre Guantanamo et Abou Ghraib qu’entretient l’image d’un détenu complètement nu poursuivi par un chien féroce, ou se gausser du parti pris résolument anti-américain de nos deux réalisateurs, manifestement bouleversés par le sort tragique de nos trois héros, et qui ne cherchent pas à vérifier leur témoignage en croisant les sources.
Le film va heureusement beaucoup plus loin qu’une dénonciation en règle des conséquences tragiques d’une war on terror mal ficelée. En montrant des visages, en filmant des paysages, en suivant une route, où Guantanamo n’est par chance qu’une étape, il propose une vision étonnamment réaliste du monde. Au plan géographique, la richesse ne se dément pas : superbes vues sur les paysages désertiques d’Asie centrale, sur la pauvreté des campagnes qui contraste tant avec la modernité de l’aéroport de Karachi, sur les différenciations socio-spatiales nettes entre les centres villes modernes et les périphéries rurales pauvres, sur les inévitables turistas qu’attrapent les Occidentaux là-bas, sur le fossé avec la vie tranquille et confortable de l’Angleterre, sur la condition de déracinés qu’éprouvent les émigrés d’origine pakistanaise au Royaume-Uni ...
A une échelle plus fine, la reconstitution de Guantanamo, du Camp Delta et du Camp X-Ray (aujourd’hui à l’abandon), est remarquable de précision, avec les cages métalliques qui servent de cellules telles qu’on a pu les voir à la télé, le soleil cubain, la force de réaction immédiate effectivement composée de cinq soldats dotés de casques et protège-jambes, jusqu’au détenu qui lit Harry Potter (livre préféré des prisonniers qui sont là-bas).
Sur le plan moral, la démonstration est implacable : toute torture est stupide, qu’elle s’abatte sur des victimes, comme nos héros, ou sur des supposés coupables comme leurs comparses, musulmans d’Asie centrale pris dans une guerre violente et mondialisée dont les tenants et les aboutissants les dépassent. Michael Winterbottom et Mat Whitecross soulignent avec force l’absurdité d’une torture qui dégrade pour dégrader, ses résultats concrets en matière de renseignement étant toujours plus que fragiles.
Avoue-t-on sous la torture la vérité ou la volonté que la souffrance cesse au plus vite ? On pourrait penser aux analyses de Foucault sur l’éclat des supplices, sur cette "politique de l’effroi : rendre sensible à tous, sur le corps du criminel, la présence déchaînée du souverain " (Surveiller et punir, 1975 : 60). Sauf qu’ici, le cinéma montre à l’écran ce que l’administration américaine cherche bien au contraire à cacher, au loin, sur une île, et non pas sur son territoire continental, mais aux confins de Cuba. 130 km² de Cuba d’ailleurs occupés depuis un siècle par la marine américaine, au grand dam de Castro. Après avoir expulsé les Espagnols au début du 20e siècle, Washington avait fait inscrire dans la Constitution cubaine son droit de disposer de deux bases dans l’île pour "protéger l’indépendance " du pays !
Rendre la prison visible reste sans doute le meilleur moyen de la dénoncer. Filmer la vulnérabilité des corps humains et des visages fait toujours accéder à l’éthique et à la responsabilité envers autrui, comme nous le rappelait Lévinas. Et c’est sans doute là le tour de force du film : donner visage à des prétendus terroristes, visages cachés par les masques que leur imposent les Etats-Unis lorsqu’ils sont à Guantanamo et qu’on voit bien sur l’affiche du film, visages invisibles dans les journaux télévisés qui ne parlent que de "dangereux combattants " sans les montrer, visages que le spectateur découvre, mesurant l’interconnexion entre des vies quotidiennes banales, saisies au plus près, à l’échelle locale, et leur sort tragique quand on les projette dans l’échelle globale d’une guerre mondialisée.
Les deux réalisateurs entendaient souligner "le gouffre entre ce que l’on pense des gens qui sont à Guantanamo et la réalité de cette rencontre " avec des gens si ordinaires. L’utilisation d’images de journaux télévisés occidentaux s’avère ici très efficace, bien que manichéenne : la double perspective dont parlent les deux cinéastes à propos des trois garçons, oppose "la leur sur le sol bombardé, et celle des reporters aux côtés de ceux qui lâchent les bombes ".
Et pourtant la démonstration rend si bien visible l’erreur géographique de l’administration américaine. En entendant lutter contre le réseau Al-Qaida, les Américains se sont attaqués au territoire afghan. Si bien que le contresens est vite fait entre les Afghans, leur territoire et les terroristes : on ne peut pas être dans la ville de Kunduz, une des dernières places fortes des Talibans du nord, sans être forcément un Taliban. Et on ne peut pas être un Taliban sans être un terroriste.
Les interrogateurs américains reproduisent cette erreur classique de la géographie des identités - confondre un lieu avec ses habitants et réduire les habitants à leur lieu - tout au long du film. Nos trois héros sont-ils anglais ? Ce sont alors des traîtres, comme les insulte un des gardiens. Mais s’ils sont anglais, peuvent-ils être musulmans, se demande un interrogateur américain, qui confond appartenance nationale et conviction religieuse. Si l’un d’eux prie dans sa cellule, c’est qu’il implore sans doute le secours de la Reine d’Angleterre, ajoute un autre gardien. Il semble que dans la tête des geôliers, nos trois jeunes gens sont des terroristes puisqu’ils ont été amenés à Guantanamo, et ils sont à Guantanamo puisqu’ils sont des terroristes ! Leur culpabilité les a amenés dans ce mauvais lieu, et leur détention atteste de leur culpabilité.
La boucle est bouclée, et rien ne peut les tirer de cette logique géographique pervertie, sauf à la fin, un alibi lui aussi géographique : ils étaient en liberté surveillée en Angleterre pour un délit, alors que les Américains les reconnaissaient sur une vidéo avec Ben Laden à la même date. Nos trois héros sont innocentés, même si l’administration américaine refuse de le reconnaître officiellement, et les réalisateurs en profitent pour rappeler que sur les 700 à 800 prisonniers passés par Guantanamo, seuls 10 ont été inculpés (aucun pour crime), mais pas encore jugés de façon régulière...
Le film illustre bien une logique géographique bien connue : ne jamais être au mauvais endroit, au mauvais moment. La confusion entre le lieu et l’identité de l’autre fonctionne à toutes les échelles avec une terrible logique. Le Mal d’un côté, le Bien de l’autre. Les Talibans d’un côté, la coalition de l’autre. Les terroristes en tenue orange à l’intérieur des cages de la prison, les soldats américains en kaki qui les surveillent de l’extérieur.
N’est-ce pas une raison cachée du déchaînement de violence qui s’empare des geôliers quand ils doivent amener un détenu dans le lieu d’interrogatoire, quand ils le font auparavant s’allonger par terre, mains sur la tête, quand ils le prennent avec une force inouïe pour le traîner jusqu’à la salle d’un interrogatoire musclé ? Franchir la frontière entre le Bien et le Mal ne se fait pas sans terreur. Chacun, de part et d’autre de cette frontière géographique autant que morale, frontière idéologiquement construite et réactivée par tant de dispositifs spatiaux, médiatiques et pénitentiaires, a peur de l’autre qui lui fait face. Triste géographie de notre monde. |
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Source : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=868 |
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voir - N.W. |
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L'idée de The Road to Guantanamo est venue à Mat Whitecross par les journaux, qui faisaient tous grand cas de l'événement. L'histoire lui a semblé trop horrible pour être vraie, le genre de fait divers qui n'est possible que dans les films... Le processus d'adaptation cinématographique a semblé aller de soi: "À l'époque où l'on a commencé à parler de la libération des trois de Tipton, ces Anglais d'origine pakistanaise qui avaient été détenus à Guantanamo sous prétexte d'allégeance à Al-Qaida, relate Whitecross joint au téléphone, nous étions en train de finaliser Nine Songs avec Michael Winterbottom.
Mike souhaitait déjà commencer à travailler sur un nouveau projet. Comme nous parlions souvent de l'histoire des trois de Tipton, j'ai insisté: "Tu dois faire un film là-dessus. On y parle de terrorisme, de jeunes musulmans britanniques, de Guantanamo... C'est à la fois pittoresque, politique et profondément humain. C'est la meilleure histoire que j'ai entendue de ma vie!""
Si Whitecross savait que son collègue aimerait l'idée, il est néanmoins resté surpris d'entendre ce dernier lui dire: "Génial! Tournons-le ensemble!" Jusqu'au dernier moment où, après avoir rencontré les avocats des trois ex-détenus, puis les ex-détenus eux-mêmes, ils ont enfin eu le feu vert, Whitecross n'y a pas cru. Mais quand Winterbottom a dû abandonner le projet pour quelque temps et que Whitecross est resté seul avec les trois "héros" pendant un mois, il a su qu'il faisait réellement partie de l'équipe. À partir de là, tout s'est enchaîné très vite.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, aucun membre de l'administration états-unienne n'a essayé de leur mettre des bâtons dans les roues: "J'aimerais bien savoir comment ils s'y seraient pris pour nous arrêter ! lance Whitecross avec défi. Nous ne présentons rien qui ne soit pas déjà rendu public. D'ailleurs, c'est l'une des premières choses que les journalistes nous ont reprochées à Berlin, où le film a été lancé: "Pourquoi ne montrez-vous pas quelque chose qu'on n'ait jamais vu?!"
Mais nous avons fait le choix de montrer les mêmes histoires, sous un angle différent. Je ne crois pas que notre film puisse changer les choses. Mais si nous réussissons à convaincre ne serait-ce qu'une seule personne de la nécessité d'abolir cet endroit horrible qu'est Guantanamo, nous aurons accompli notre mission." |
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Source : http://www.voir.ca/cinema/cinema.aspx?iIDArticle=42611 |
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Interview des acteurs Shafiq Rasul, Ruhal Ahmed et Asif Iqbal |
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Le plus dur à Guantanamo est le sentiment d'isolement
Ruhal Ahmed est, avec Shafiq Rasul et Asif Iqbal, l'un des "trois de Tipton", des jeunes Britanniques d'origine pakistanaise, capturés en Afghanistan en octobre 2001 et détenus à Guantanamo. Libérés en mars 2004, ils sont les héros du dernier film de Michael Winterbottom, The Road to Guantanamo.
Pourquoi avez-vous accepté de participer au film de Michael Winterbottom ?
RUHAL AHMED Ce film veut dire beaucoup pour nous. Nous voulons montrer au monde que nous étions innocents, et que la torture existe, même aux Etats-Unis. Dans un monde civilisé, on ne peut pas traiter les gens comme ça, même s'ils sont coupables. Et mettre notre histoire en images est plus fort que de la donner à lire. Le film nous donne un visage, les spectateurs voient notre histoire se dérouler devant leurs yeux, cela a plus d'impact. Même si les violences que nous avons subies dans la prison de Kandahar puis à Guantanamo ont été atténuées à l'écran.
Qu'est-ce qui a été le plus dur ? La violence physique ou la violence morale ?
La violence physique a bien sûr été très difficile à supporter. Le fait que les règles à suivre dans nos cellules changent en fonction des équipes de gardiens était pénible aussi. Mais le plus dur, ça a été le sentiment d'isolement. Nous ne savions pas ce qui se passait à l'extérieur, si nos familles savaient où nous étions. D'ailleurs, elles ne le savaient pas. Et les militaires et diplomates britanniques qui sont venus nous voir ne nous aidaient pas à prouver notre innocence. N'avoir personne à qui se raccrocher était très difficile.
Vous êtes restés deux ans dans le camp de Guantanamo. Avec le recul, quel sens donnez-vous à votre incarcération ?
C'était ma destinée. Je crois que j'étais fait pour y être, et pour être libéré. Ça m'a fait comprendre la valeur de la vie. Et politiquement, cela m'a rendu conscient des manipulations et des abus commis par les gouvernements. Les gouvernements trompent les gens. Tony Blair a toujours menti au sujet de Guantanamo. Dès le premier jour, il savait exactement ce qui s'y passait. Et de toute façon, le Royaume-Uni a lui aussi son Guantanamo, c'est la prison de haute sécurité de Belmarsh, où sont incarcérés tous les suspects de terrorisme. Quant à la guerre en Irak, Blair avait plusieurs motifs pour partir en guerre : les armes de destruction massives, mais aussi le pétrole. S'en prendre comme ça à Saddam Hussein après l'avoir soutenu pendant des années, c'est comme traiter d'un seul coup son meilleur ami de terroriste. Ce n'est pas cohérent.
Que pensez-vous de la politique antiterroriste de Tony Blair ?
Depuis le 11 septembre, et encore plus depuis les attentats du 7 juillet 2005 à Londres, on vit dans la peur constante que tout peut arriver. Et cette peur est accentuée par la politique antiterroriste du gouvernement et de la police. On prend trop de précautions, et du coup on en fait trop. La police tire sans sommations. On l'a vu avec Jean Charles de Menezes, le Brésilien qui a été tué après les attentats ratés du 21 juillet 2005. Et on l'a vu récemment quand la police est entrée dans la maison d'une famille londonienne, a blessé un des fils avant de reconnaître qu'elle n'avait aucun élément contre eux. Il y a trois semaines, nous revenions de Madrid, où The Road to Guantanamo venait de sortir. Lorsque nous sommes arrivés à l'aéroport de Birmingham, la police des frontières est montée à bord de l'avion, avec des policiers armés de mitraillettes. Ils nous ont retenus sans raison pendant trois quarts d'heure, avant de nous laisser sortir. Tout cela est absurde.
Votre expérience vous pousse-t-elle vers des activités politiques ?
Avec Shafiq et Asif, je participe à une campagne d'Amnesty International contre la torture et les prisons illégales établies par les Etats-Unis à travers le monde. Mais nous ne voulons pas faire de politique. Pour l'instant, nous nous occupons de la promotion du film, nous ne savons pas ce que nous ferons après.
Propos recueillis par Eric Maurice |
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Source : http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=63677 |
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interview des coréalisateurs Michael Winterbottom et Mat Whitecross |
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Ce film vient d'être présenté (et obtenir l'Ours Blanc) au Festival International de Berlin. Documentaire fiction, il raconte l'histoire vraie de 3 jeunes musulmans britanniques arrêtés au Pakistan et envoyé à la prison de Guantanamo, puis libérés après avoir subis sévices et tortures. Il sera montré à la télévision britanniques au printemps, et diffusé en salle, en même temps qu'en DVD et sur Internet afin que, comme l'ont dit les coréalisateurs, le maximum de personnes puissent le voir le plus tôt possible.
Les 3 jeunes britanniques dont les tragiques expériences servent de trame à "La Route de Guantanamo", y ont passé 2 ans, suspectés d'être des "terroristes", puis relâchés, ils ont déposé plainte contre le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld notamment pour torture.
La plainte déposées mentionne qu'ils ont été "battus à maintes reprises avec des crosses de fusils, punis, ont reçu des coups de pieds et ont été tabassés. Ils ont été maintenus dans des positions pénibles pendant des heures, menottés serrés, provoquant des blessures profondes qui ont laissé des cicatrices permanentes. Ils ont aussi été menacés par des chiens sans muselière, obligés de se dévêtir entièrement, ont subi de force des fouilles corporelles répétées anales et d'autres orifices et ont été soumis à des températures extrêmes alternativement de chaud et de froid pour causer intentionnellement des souffrances.
" Ils ont porté plainte contre Rumsfeld parce qu'ils pensent que les tortures qu'on leur a infligé étaient "le résultat d'actions délibérées et prévisibles conduites par Rumsfeld et des officiers supérieurs pour se moquer ou se dérober à la Constitution, la loi américaine, aux obligations des traités et au respect des normes obligatoires depuis longtemps établies en droit international". Ils ont rendu public un dossier de 115 pages sur leur traitement à Guantanamo. Des responsables de la Croix Rouge y ont réagi avec horreur affirmant que si les allégations contenues dans ce dossier sont vraies, cela équivaut à des crimes de guerre.
Ruhel Ahmed, Asif Iqbal, Shafiq Rasul, tous trois britanniques musulmans, âgés entre 19 et 23 ans, se sont rendus en 2001 du centre de l'Angleterre au Pakistan, où, Iqbal devait, dans le cadre d'un mariage pré-arrangé par sa mère à Islamabad, y rencontrer et épouser une jeune femme. Les deux autres jeunes devaient servir de témoins. Mais les trois jeunes de passage à Karachi ont répondu à l'appel d'un imam d'une mosquée locale pour se porter volontaire pour l'Afghanistan. Ce qui a débuté comme une épopée en bus dans le pays voisin sur le point d'être attaqué par les Etats-Unis, et qu'ils ont entrepris pour aider et à titre d'expérience selon leurs dires, c'est transformé en cauchemar avec traitements dégradants et tortures. Tombés dans de mauvaises mains, ils ont été emprisonnés puis transférés à Guantanamo. Aucune charge n'a jamais été portée contre eux et c'est le gouvernement britannique qui a négocié leur libération.
Les 3 Tipton, comme ils ont été surnommés, une fois rentrés en Grande Bretagne ont raconté les détails de ce qu'ils avaient subi. Le coréalisateur du film, Michael Winterbottom, est déjà connu pour avoir remporté le premier prix du Festival International de Berlin en 2003 avec son film "in this world", film dans lequel il fait le portrait de personnes qui s'enfuient d'Afghanistan combinant documentaire et fiction et pour lequel il a employé des réfugiés comme acteurs.
Wh = Whitecross
WI = Winterbottom
Qu'est ce qui vous a poussé à faire un film sur Guantanamo ?
Wh : Ce qui nous a attiré dans cette histoire, c'est ce que nous avons lu dans les journaux britanniques ; c'était absolument incroyable. Et tous les éléments en ont été corroborés. Cela semblait être une histoire extraordinaire qui s'est transformée en un voyage en enfer.
WI : Dans un sens c'est une histoire très classique – des gens ordinaires dans des circonstances extraordinaires - et ils le racontent d'une façon tellement attachante et simple, c'est ce que nous avons essayé de faire dans ce film. Nous ne faisons pas un film politique – ils ne discutent pas de politique, ils n'attaquent personne, ils racontent simplement leur histoire. Guantanamo a été crée spécialement à Cuba en dehors de toute juridiction. La raison pour laquelle ce camp ne se trouve pas en Amérique c'est parce que ce serait illégal de les y emprisonner. C'est un endroit de cauchemar. Si vous voyez l'histoire de "personnes qui ont atterri là bas," cela vous remet en mémoire le fait qu'il y a encore 500 personnes qui y sont détenues. Ce ne sont pas des terroristes cinglés – ce sont des personnes, et ils ont les mêmes droits que les autres. Le slogan sur les portes de la prison c'est "lié par l'honneur pour défendre la liberté" Mais vous ne pouvez défendre la liberté en enfermant des gens sans passer par la justice.
Dans le film vous mélangez interviews, images d'actualités et reconstitutions. Ne craignez vous pas que les spectateurs ne puissent distinguer entre ce qui est réel et ce qui est joué ?
WI : Nous avons seulement voulu raconter l'histoire de la meilleure façon possible, et de la manière la plus fonctionnelle. Et cela nous a semblé important que les personnes concernées soient dans le film parce qu'il nous faut nous souvenir que c'est une vraie histoire. Et aussi de manière à ce que les spectateurs puissent comprendre qui ils sont. Quand on les a rencontrés pour la première fois, ils ont raconté leur histoire d'une façon incroyablement ordinaire. Ils ont parlé des diarrhées et de la mauvaise nourriture, comme n'importe qui, qui partirait voyager en Afghanistan ou au Pakistan. Ils n'ont pas d'opinion politique à exprimer, ils ne veulent pas placer leur histoire dans un contexte politique. Ils disent simplement : "C'est ce qui m'est arrivé". On démarre avec eux alors qu'ils se rendent au Pakistan pour un mariage, ce sont des adolescents, très naïfs, et ils finissent à Guantanamo comme s'ils étaient les plus dangereux terroristes au monde.
Dans le film vous montrez des soldats américains abusant des prisonniers. Est –ce que vous essayez de diaboliser les Etats-Unis en les montrant ainsi ?
Wh : Le fait est que nous recréons ce que les garçons nous on dit. Et le fait est que la plupart des gardes qu'ils ont rencontré et qui les détenaient étaient extrêmement brutaux. C'est la façon dont ils ont été traités. Bien sûr, il y avait aussi des gardes qui les traitaient humainement.
Est-ce que ce film sera montré aux Etats-Unis ?
WI : Nous l'espérons. Le film a été financé en Grande Bretagne, et nous l'avons montré au Festival International de Berlin dans l'espoir de le vendre à un maximum de pays. Et nous espérons le vendre aux Etats-Unis. Finalement ceux qui vont fermer Guantanamo ce sont les gens de l'administration américaine. C'est les seuls qui le peuvent. Donc plus il y a d'américains qui le voient qui sont contre Guantanamo, plus tôt viendra le jour ou Guantanamo sera fermé.
Beaucoup peuvent être d'accord sur le fait que Guantanamo est une prison inacceptable, mais comment pensez vous que les gouvernements tels celui des USA devraient s'occuper des ces "combattants ennemis" qui ont, en quelque sorte, un troisième statut ?
WI : C'est quoi "combattants ennemis" ? Je pense que la façon d'utiliser le langage est l'une des choses les plus terribles qui soit arrivée ces dernières années. Je pense qu'il y a une stratégie volontaire de changer les noms des choses dans l'espoir de pouvoir faire certaines choses que normalement on ne pourrait pas faire. Au lieu d'appeler cette guerre une guerre en Afghanistan, on appelle cela "guerre contre le terrorisme". Cela veut dire quoi ? Si cela avait été une guerre en Afghanistan, il y aurait eu des prisonniers de guerre, et lorsque celle-ci s'est terminée, ils auraient du rentrer chez eux. Cela veut dire que des individus sont retenus prisonniers pendant 4 ans sans pouvoir avoir recours à la justice.
The Road to Guantanamo passera à la télévision britannique au printemps, et aussi simultanément dans les salles, et sera diffusé en DVD et sur internet. Pourquoi rompez vous avec la tradition et montrez vous votre film sur tant de supports à la fois ?
WI : Pour ce type de film sur ce qui se passe maintenant, nous voulons que les gens le voient maintenant, aussi là où il y a le plus d'audience c'est à la télévision. Nous ne voulons pas vraiment avoir à attendre un an avant qu'il ne soit diffusé à la télévision parce qu'il a été vu au cinéma ou l'audience est moins importante. Et puis l'idée c'est que le DVD, Internet, sont des supports complémentaires plutôt que compétitifs en ce qui concerne l'audience. Nous voulons juste que le plus de personnes voient ce film le plus tôt possible.
Susan Stone – Berlin – 17/02/06
Source et Copyright : Der Spiegel on line http://www.speigel.de
Traduction bénévole pour information à caractère non commercial par MD pour Planète Non Violence |
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Source : http://www.planetenonviolence.org/ |
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