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Titre
original |
Das Parfum - Die Geschichte eines Mörders |
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Titre
anglais |
Perfume : The story of a murder |
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Titre français |
français
Le Parfum : histoire d'un meurtrier |
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Réalisation |
Tom Tykwer |
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Scénario |
Andrew Birkin & Bernd Eichinger |
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D'après
l'oeuvre de |
Patrick Süskind |
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Interprétation |
Ben Whishaw, Dustin Hoffman, Alan Rickman, Sara Forestier, Rachel Hurd-Wood, Karoline Herfurth, Corinna Harfouch, ... |
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Musique |
Reinhold Heil, Johnny Klimek & Tom Tykwer |
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Photographie |
Frank Griebe |
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Pays |
Allemagne/France/Espagne |
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Année |
2006 |
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Durée |
2h 27min. |
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Genre |
Drame, Thriller |
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Production |
Andrew Birkin, Bernd Eichinger & Martin Moszkowicz |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le jeudi 12 octobre 2006 |
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Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Jean-Baptiste Grenouille naît en 1744. Dès ses premières heures, il connaît un destin aussi fascinant qu'effrayant. Enfant solitaire, malade, il devient un jeune homme à part grâce à un don unique : son odorat.
Grenouille n'a pas d'autre passion que celle des odeurs, et chaque seconde de sa vie est guidée par ce sens surdéveloppé. Survivant misérablement, il parvient à se faire embaucher comme apprenti chez les maîtres parfumeurs de la capitale. Il découvre alors les techniques et les secrets de la fabrication des parfums. Son don lui permet de composer quelques chefs-d'oeuvre olfactifs, mais son but ultime devient rapidement la mise au point de la fragrance idéale, celle qui lui permettrait de séduire instantanément tous ceux qui croiseraient son sillage.
Dans sa recherche d'ingrédients, Grenouille est irrésistiblement attiré par le parfum naturel des jeunes filles. Il va aller jusqu'à en tuer beaucoup pour leur voler leur odeur... Génie monstrueux, meurtrier hermétique aux valeurs du monde, Grenouille sème la peur dans son périple à travers le pays, et ceux qu'il croise sont maudits. Son parfum absolu est désormais son obsession. Rien ne l'arrêtera dans sa quête d'un pouvoir à nul autre pareil ... |
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Cinenews - Julien Broquet |
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Surprise en train de laisser crever son bambin dans un sordide marché aux poissons parisien, la mère de Jean-Baptiste est exécutée, vendue par les premiers pleurs de son rejeton. On est au 18e siècle. Grenouille, c'est son nom, ne sera jamais comme les autres. Grenouille a un odorat surdéveloppé. Un talent inouï qui lui permettra de composer des parfums exquis.
Mais Grenouille n'a pas d'odeur. Il est subjugué par celle des femmes. Quitte à ce qu'il faille tuer pour la capturer. Patrick Süskind voulait voir son roman adapté par Kubrick mais Stanley avait estimé, après s'être posé la question avec Martin et Milos (Scorsese et Forman), qu'il était tout bonnement irréalisable. C'est l'Allemand Tom Tykwer ("Cours, Lola cours", "Heaven") qui prouve aujourd'hui le contraire.
On imaginait Grenouille plus laid que Ben Whishaw (bientôt en Keith Richards dans un biopic sur Brian Jones) mais l'adaptation est fidèle et jamais lassante malgré près de deux heures et demie d'aventures olfactives. Une réussite que risquent malheureusement de regarder les cancres plutôt que de lire le chef d'oeuvre imposé par leur prof de français. |
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Source : http://www.cinenews.be/Critics.Detail.cfm?ContentsID=5468&lang=fr |
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Krinein - weirdkorn |
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Voilà l'adaptation tant attendue du sublime roman de Patrick Süskind, Le parfum. L'histoire sombre et dérangeante d'un être hors du commun qui a utilisé son extraordinaire talent de façon maléfique. Dans la France du XVIIIème siècle naît Jean-Baptiste Grenouille, un homme à l'odorat si fin et développé que sa perception du monde est olfactive. Son unique désir est simple : capturer les plus belles odeurs du monde afin de fabriquer le parfum ultime. Mais la plus belle des odeurs est celle du corps d'une femme et Jean-Baptiste est prêt à tout pour se l'approprier ...
De nombreux réalisateurs (Kubrick, Scorsese ou Milos Forman) avaient déjà essayé d'adapter l'ouvrage et c'est finalement l'allemand Tom Tykwer qui a hérité du projet. Au vu du résultat, le choix a été le bon puisque le cinéaste s'en sort haut la main, réussissant à suivre la trame principale du roman mais surtout à retranscrire son atmosphère si poisseuse et fantastique. Cette performance tient avant tout à la force du personnage de Jean-Baptiste Grenouille. Ben Wishaw est sensationnel dans ce rôle d'homme de l'ombre qui ne vit que pour son obsession. Il dégage un mélange de candeur et terreur, de faiblesse et de puissance qui le rapproche de l'animal.
De même, le réalisateur a poussé le niveau de détail extrêmement loin pour se fondre au mieux dans l'atmosphère du roman. La reconstitution du Paris ou de la Provence de l'époque est parfaite à l'instar de l'aspect de chaque personnage, d'une crasse putride pour le tanneur à la beauté troublante de la jeune fille à l'odeur parfaite. Grâce à ce réalisme cultivé, la perception de l'entourage a pu être amplifiée, chaque élément étant mis en relief. Pour renforcer cet effet, le réalisateur a filmé très rapidement ou langoureusement à l'aide de gros plans tous les objets à l'odeur importante au personnage principal. Ce système permet de rentrer dans la tête de Grenouille et de ressentir le monde de sa manière : à l'odorat. De plus, la musique, également composée par Tom Tykwer, s'insert parfaitement dans l'action et renforce idéalement les effets d'ambiance. Seule la dernière partie est moins réussie. Bien qu'ayant suivi les passages clé du roman, l'histoire traîne et se focalise trop sur certaines scènes qui auraient mérité d'être exposées plus rapidement.
Le parfum est clairement une bonne adaptation. Le réalisateur a eu du nez. Même sur un sujet périlleux, il parvient à tourner un très bon film qui satisfera les amateurs du roman comme les cinéphiles. Porté par une interprétation exceptionnelle du personnage central et le sentiment de sentir le monde à travers lui, le film réussit là un véritable tour de force. Il est seulement dommage qu'il ait du mal à garder son rythme dans la dernière ligne droite. |
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Source : http://www.krinein.com/cinema/Parfum-histoire-d-un-meurtrier-5043.html |
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France 2 - Jacky BORNET |
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Le roman de Patrick Süskind est, depuis sa publication en 1985, un des plus grands best-sellers contemporains, traduit dans 45 langues (même en latin !) avec 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Le projet d’adaptation existait dès sa sortie en librairie, Süskind refusant d’en céder les droits durant des lustres. Plusieurs projets furent initiés, et même Stanley Kubrick s’y intéressa. Le film, signé par l’Allemand Tom Tykwer (Cours, Lola, cours), est sur les écrans aujourd’hui et reflète un souci de fidélité remarquable pour une œuvre réputée inadaptable.
Pas facile en effet de trouver des équivalents visuels à une prose guidée par les odeurs qui s’avèrent le véritable moteur de l’action. Tom Tykwer, derrière la caméra, mais également coscénariste (avec Andrew Birkin et Bernd Eichinger, ce dernier produisant le film) cosigne aussi la musique avec Johnny Klimek et Reinhold Heil. Tant de participations dans une entreprise si risquée sont la plupart du temps garantes d’un fiasco annoncé, chacun voulant placer son grain de sel, pour aboutir souvent à un résultat disparate. Ce n’est pas le moindre tour de force du film d’être parvenu à sauvegarder l’unité narrative du roman et à transmettre la construction évolutive du récit.
S’il subsiste un bémol dans l’usage d’une voix off envahissante dans la première partie parisienne du film, la reconstitution historique est, elle, remarquable. Ainsi la première scène, décrivant la naissance traumatisante de Jean-Baptiste Grenouille dans l’échoppe jonchée d’immondices d’une poissonnerie, traduit avec minutie les premières pages du roman de Süskind. La suite ne dépareillera pas. Si l’utilisation du commentaire veut traduire la source littéraire (le roman est écrit à la troisième personne), elle reste toutefois redondante. Heureusement, Tykwer devient moins loquace par la suite.
L’adaptation suit à l’exact un récit très progressif, à l’image de son personnage complexe, obsédé par un but rédempteur dont il sera l’initiateur. Initiation savante, dans la science des parfums, qui devient morale dans son dénouement. Si elle garde la partie où Jean-Baptiste se fait ermite en Auvergne, elle l’élague, cet épisode étant sans doute la plus faible du roman. Une fois à Grasse, Le Parfum reprend ses couleurs de thriller historique, avec l’élaboration du projet fou de Grenouille qui confine au fantastique. Aussi, les dernières scènes du roman, particulièrement difficiles à mettre en scène à l’écran sans sombrer dans le ridicule, sont parfaitement fidèle à l’original. On pense aux Diables de Ken Russel. Un beau tour de force.
Au bénéfice du film revient également un bon casting, où Ben Whishaw, même s’il est un rien plus agréable à l’œil que son modèle romanesque, fait un Jean-Baptiste Grenouille des plus convaincants, au côté d’un Dustin Hoffman (Baldini, le parfumeur parisien) qui, s’il colle au personnage dans ses premières scènes, en fait un peu trop par la suite. Le remarquable Alan Rickman est, quant à lui, à sa place en veuf obsédé par le risque qu’encourt sa fille, quand le meurtrier menace Grasse.
Les esprits chagrins ne verront sans doute que les défauts, s’ils se polarisent sur la réputation d’un roman, très aimé, donc intouchable. D’autant que la nature hétéroclite de l’entreprise (coproduction française, allemande et espagnole, avec un casting international...) focalise souvent toutes les critiques. Il serait dommage que le public qui a aimé le roman passe à côté de sa mise en images somptueuse et très documentée, tout en respectant sa teneur hautement dramatique, même s’il est un poil (du nez) trop long.
Il est quasi inespéré qu’une coproduction européenne, sur un sujet aussi sensible que celle de l’adaptation d’un roman « culte », aboutisse à une telle fidélité et à accumuler tant de qualités. Sa nature très hétérogène n’est elle pas à l’image de l’alchimie qui conduit à la confection d’un parfum ? Le film de Tom Tykwer s’avère tout le moins d’une riche fragrance. |
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Source : http://cultureetloisirs.france2.fr/cinema/critiques/24840185-fr.php |
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clap - Remy Dewarat |
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Le visage d’un jeune homme dans la pénombre s’avance dans la lumière, seul son nez s’éclaircit. C’est avec ce plan génial que s’ouvre l’adaptation du Parfum de Patrick Süskind par Tom Tykwer. Après être passé entre les mains de Stanley Kubrick, puis de Roman Polanski, ce projet existe maintenant et il est le fruit magnifique du réalisateur de Lola rennt. Le cinéaste allemand réussit donc à mettre en image ce monument de la littérature du XXè siècle, réputé inadaptable avec brio.
Ben Whishaw dans le rôle de Jean-Baptiste Grenouille est le premier atout de cette totale réussite. Il est charismatique en diable et offre à son personnage tout sa détermination et son arrogance que l’on retrouve dans la scène clef où il refait à l’identique un parfum existant sous les yeux du vieux maître Baldini, interprété par un Dustin Hoffman en très grande forme. La partie consacrée à l’enfance du héros touche au sublime grâce à la personnalité des différents interprètes selon les âges avec une palme au bébé qui transcende les quelques séquences qui lui sont consacrées.
L’ambiance générale du film est parfaitement retranscrite par la photo, les décors et les costumes. On sent la pourriture de Paris ou la fraîcheur de Grasse sans que l’on y décèle quelques artifices qui soient. Tykwer utilise un montage très serré pour illustrer ce que sent Grenouille et l’effet est remarquable. Les infographistes ont recréé les ponts de la Ville Lumière, affublés de parts et d’autres d’impressionnants immeubles de manière absolument bluffante, avec l’écroulement de la maison de Baldini en point d’orgue. Tout au long de cette merveille, on perçoit cette obsession qu’a Grenouille de créer le parfum ultime. La mise en scène ne quitte jamais son sujet et Tykwer nous offre l’un des plus beaux plans jamais imaginés et pourtant terriblement audacieux : un travelling en vue subjective de l’odeur du fameux parfum survolant une foule immense tombant en transe sous son passage. Avec l’aide de ses complices habituels Johnny Klimek et Reinhold Heil sous le label Pale 3, Il signe aussi une partition qui force le respect.
Le roman de Süskind méritait un écrin à sa hauteur et Tom Tykwer lui en a fabriqué un de toute beauté. |
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Source : http://www.clap.ch/details.php?srno=848 |
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magazine deutschland - Janet Schayan |
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Pendant ce tournage, le personnage de Grenouille serait passé d’une ivresse olfactive à l’autre. Son odorat absolu aurait décomposé en molécules odorantes plusieurs tonnes de déchets de poisson dans les ruelles de la vieille ville de Barcelone, aurait reniflé des murs éclaboussés de purin, de boue et de saleté, ainsi que la sueur de centaines de figurants. Tout cela étant au service d’une noble entreprise : recréer le Paris du XVIIIe siècle pour le cinéma. En Provence, Grenouille aurait aussi pu inhaler l’odeur enivrante des champs de lavande, ainsi que l’air chauffé par les projecteurs du plateau aux studios Bavaria à Munich. Le cinéaste Tom Tykwer a porté à l’écran le roman allemand contemporain ayant connu le plus grand succès : Le Parfum de Patrick Süskind.
Le livre raconte l’histoire d’un original taciturne. Jean-Baptiste Grenouille naît en 1738 "dans le lieu le plus malodorant", dans les déchets du marché aux poissons de Paris et possède un odorat d’une finesse extraordinaire. Il finit par assassiner deux douzaines de jeunes femmes pour en tirer l’essence suprême : l’odeur de l’amour, l’odeur qui donne le pouvoir sur les autres – l’odeur qui finira par le détruire. Après sa parution en Allemagne en 1985, ce polar littéraire, ce sombre conte, ce roman passionnant restera pendant neuf ans – du jamais vu – dans la liste des best-sellers; il a été traduit en 42 langues et s’est vendu à 15 millions d’exemplaires dans le monde. Mais c’est aussi un livre que l’on estimait impossible à filmer. C’est du moins ce que pensait le grand Stanley Kubrick.
Comment traduire en images la délicate description des odeurs dont regorge le roman? D’autre part, l’auteur Süskind, dont la réputation d’excentrique a déjà servi de matière à un film, ne voulait pas en vendre les droits. Et pourtant, qui ne s’y intéressait pas, à commencer par les grands metteurs en scène d’Hollywood Scorsese et Spielberg ? Süskind a rejeté toutes leurs propositions, sans exception, pendant près de vingt ans. Le tenace producteur allemand Bernd Eichinger (Le Nom de la rose, La Chute), dont le flair pour les bons sujets de film l’avait mis sur la trace du Parfum il y a des années, finit par le convaincre. Peut-être que la fabuleuse somme de 10 millions d’euros dont on parle en coulisses a elle aussi joué un rôle.
Eichinger s’attacha la collaboration de Tom Tykwer, le réalisateur qui fit bouger le cinéma allemand à la fin des années 1990 avec le film Cours, Lola, cours. Tykwer était l’homme qu’il fallait, explique Eichinger, parce qu’il ne voulait pas que cette histoire devienne un polar racoleur, il s’intéressait surtout à la psychologie de Grenouille.
Après trois ans de préparatifs et de tournage, Le Parfum – l’histoire d’un assassin sort sur les écrans allemands le 14 septembre. Pratiquement aucun autre film tiré d’un livre n’aura un public ayant autant d’images en tête. Ce ne sont pas les meilleures conditions pour qu’il réussisse. Pourtant, les premières bandes annonces et les photos prises pendant le tournage sont séduisantes : des scènes sombres et mystérieuses éclairées à la bougie, une jeune femme extrêmement belle à la crinière rousse et à la peau d’albâtre (Rachel Hurd-Wood, dans le rôle de Laure Richis, la dernière victime de Grenouille), un décor et des accessoires fouillés jusque dans le moindre détail, qu’il s’agisse des étiquettes sur les fioles de parfum ou de la propreté douteuse de la fin du baroque.
Tykwer a donné les seconds rôles à une kyrielle de vedettes : Dustin Hoffman interprète le parfumeur Baldini qui apprend à Grenouille comment distiller et conserver les parfums. Le Britannique Alan Rickman – Professeur Snape dans Harry Potter – y joue, tout comme la grande comédienne allemande Corinna Harfouch et la jeune Jessica Schwarz. Karoline Herfurth, relativement peu connue, obtint le rôle du grand amour de Grenouille : elle joue la jeune fille aux mirabelles avec qui commencent la série d’assassinats de Grenouille et sa quête fatale de l’essence suprême.
Et qui interprète le rôle principal, le «pou» insondable, génial et monstrueux créé par Süskind, "laid, peut-être, mais pas si laid qu’on en ait peur" ? La recherche d’un Grenouille satisfaisant a été "le plus difficile dans ce film", avoue Tykwer. Avec le producteur Eichinger, ils ont cherché le bon comédien pendant un an et demi.
Qui pourrait interpréter le rôle de ce Grenouille génial et monstrueux ?
On a parlé de Leonardo DiCaprio, l’ange bouclé du Titanic et de Johnny Depp, le beau ténébreux de Chocolat. Orlando Bloom, dont toutes les filles raffolent, et Jude Law auraient également fait partie des candidats souhaités. Mais ce rôle sombre finit par être attribué au comédien de théâtre britannique Ben Whishaw. Il aurait interprété un Hamlet remarquable à Londres, c’est à peu près tout ce que l’on sait de cet acteur de 26 ans qui entre maintenant dans l’histoire du cinéma dans le rôle du monstrueux Grenouille. Et comment Tykwer a-t-il résolu l’autre grand problème, le fait que les véritables acteurs de l’histoire, les odeurs, soient invisibles ? Le cinéaste a préparé une réponse qui désarme au premier abord : "le livre non plus ne sentait rien". Le mieux est encore d’aller au cinéma pour se faire une idée du film à partir de la mi-septembre. |
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Source : http://www.magazine-deutschland.de/issue/Parfum_4-06_FRA_F1.php |
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