Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Dans Paris réalisé par Christophe Honoré
   
Titre original Dans Paris
Réalisation Christophe Honoré
Scénario Christophe Honoré
Interprétation Romain Duris, Louis Garrel, Joana Preiss, Guy Marchand, Marie-France Pisier, Héléna Noguerra, ...
Musique Alex Beaupain
Photographie Jean-Louis Vialard
Pays France
Année 2006
Durée 1h 32min.
Genre Comédie dramatique
Production Paulo Branco
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le Projection le jeudi jeudi 26 octobre 2006
Le film est projeté en version originale fransçaise
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Dans Paris suit les aventures sentimentales de deux frères et dessine ainsi le portrait d'une famille dont la devise serait "Prends la peine d'ignorer la tristesse des tiens" ...
 
 
Le monde - Thomas Sotinel
 

Christophe Honoré propose une surprise comique

Alors que sa programmation touche à sa fin, la Quinzaine des réalisateurs a proposé, jeudi 25 mai, un objet rare et inattendu. Non qu'il soit difficile d'accès - on y rit souvent, et l'on peut s'y laisser attendrir. Mais c'est justement tout ce à quoi Christophe Honoré, le réalisateur de Dans Paris, ne nous avait pas habitués avec ses précédents films, 17 Fois Cécile Cassard et Ma mère.

Dans Paris réunit au sein d'une même famille Louis Garrel et Romain Duris (les frères Jonathan et Paul), Guy Marchand (le père Mirko) et Marie-France Pisier (la maman). Paul, l'aîné, se réfugie chez Mirko et Jonathan, après avoir rompu avec sa compagne. Il va très mal, on a peur pour lui. La trame du film est sombre, mais sa chaîne est de couleurs vives. Sur ce fond de dépression et de rancoeurs familiales, Christophe Honoré fait courir une histoire comique toute bête : au lendemain de l'arrivée de Paul à Paris, Jonathan part en courant de l'appartement familial (quelque part à l'ouest du 16e arrondissement) en pariant qu'il sera au Bon Marché en moins d'une demi-heure. Mais sa course est interrompue par des rencontres féminines à répétition et Paul et son père sont forcés à une cohabitation inconfortable, dont les acteurs font un spectacle comico-psychanalytique réjouissant.

Dans Paris est un film un peu artificieux dans sa construction ; la matière sombre de l'histoire familiale et la mise en scène sautillante s'annulent parfois. Mais la séduction qu'exercent les deux interprètes principaux se communique à l'ensemble.

Le charme fameux de Chloé Sevigny, actrice américaine et égérie de l'avant-garde artistique occidentale, ne suffit pas à égayer l'ennui que dégage Lying, premier film de l'Américain M. Blash, qui raconte le week-end de quatre jeunes femmes à la campagne. La lumière filtrée combinée aux tenues blanches des interprètes évoque les films de David Hamilton plutôt que le trouble existentiel qu'il voudrait prêter à ses personnages.

  Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-766360,36-776491@51-766753,0.html
   
Cinema Fluctua - anita b.
 

Honoré au sommet de son art

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le nouveau film de Christophe Honoré a remporté un véritable triomphe, forçant les organisateurs à rajouter une séance tant le public se pressait aux portes. Exemple type du buzz cannois, qui n’a pas nécessairement besoin des critiques pour se lancer. Face à la réussite magistrale de Dans Paris, la réaction est à la hauteur du film : hommage résolument créatif et ludique à la Nouvelle Vague, porté par des acteurs au sommet de leurs arts (tragique pour Romain Duris et Johanna Preiss, burlesque pour Louis Garrel) le film invente à chaque instant ses propres codes.

On communique par le regard, la chanson, le corps autant que par les mots dans cette fable enchantée sur la profondeur et la douleur des sentiments. On retrouve avec bonheur Guy Marchand, en papa poule dépassé par les évènements, Louis Garrel fait des étincelles en compagnies de ses jolies maîtresses, et Romain Duris confirme tout le bien que l’on commençait à penser de lui (De Battre mon coeur s'est arrêté). Le film s’offre le luxe de prendre Paris pour terrain de jeu, sur un rythme effréné.

Réjouissant serait trop peu dire : ce film est une merveille.

  Source : http://cinema.fluctuat.net/blog/4433-dans-paris-honore-au-sommet-de-son-art.html
   
Plume noire - Guillaume Orignac
 

Comment réinventer son cinéma en s'abritant derrière celui des autres ? Dans Paris, le troisième film de Christophe Honoré, fait l'éclatante démonstration qu'il faut parfois en passer par une forme imposée pour se singulariser. Dès le prologue et l'adresse caméra que fait un Louis Garrel plus héritier de Léaud que jamais, le spectateur est prévenu : voici un film littéraire, affranchi et vif, tourné dans les pas de Truffaut, d'Eustache et de Godard, un film qui paraît s'inventer sous nos yeux, et prend appui sur les libres paysages de la Nouvelle Vague pour bercer de fantaisie l'inévitable tristesse des jours.

Il faut pour cela passer ces dix premières minutes qui font craindre le pire, où Paul (Romain Duris), se sépare d'avec sa compagne Anna dans une succession de scènes rejouant l'éternel danse d'amour et de haine. Dans cet amas de clichés passionnels qui alourdissaient déjà les deux précédents films du réalisateur, Honoré semble reprendre les mailles de son cinéma avant de tout retricoter drôlement les sentiments et les relations, comme ses plans et sa narration qu'il ramasse en une seule journée. Car voilà Paul qui retourne lécher ses blessures dans l'appartement familial. Son père (Guy Marchand), y traîne en robe de chambre, tandis que son jeune frère Jonathan l'invite à le rejoindre au Bon Marché qu'il promet de rallier en moins d'une demi-heure à pieds.

Il lui faudra pourtant une journée entière à cet enfant de Doinel, une journée au cours de laquelle nous verrons Paul rire, pleurer et même murmurer une chanson qu'on croirait échappée de chez Demy, pendant que son frère multipliera les rencontres amoureuses comme autant de bornes rappelant le méticuleux sens topographique de Rohmer. Film tout entier empreint de références à ce cinéma français qui ne cesse d'enchanter, Dans Paris ne disparaît cependant jamais dans un formalisme maladroit tant ils s'ouvre à pleins battements au pouls de ses comédiens. Sa fragile réussite se tient peut-être bien là, dans cet abandon formel qui permet toutes les communions avec des acteurs libres et magnifiques dont on est très vite convaincu qu'ils forment une famille.

Derrière l'apparente simplicité du propos et de la forme se niche donc la superbe invention de liens familiaux, faits de chair et de sentiments comme de bosses et de plaies, où chaque être tente un peu de conserver sa tristesse pour la dérober sagement au regard des autres. A ce jeu, les comédiens sont tous excellents, suspendus au bord du jeu et de la vie, et même chargés de leur propre légende comme cette apparition de Marie-France Pisier en mère aussi exceptionnelle que triviale. Nul ne s'étonnera alors de trouver dans ce film simple et hardi, aussi généreux qu'habité par une connaissance intime du 7ème art, la présence fuyante d'un personnage disparu qui tisse encore sa toile dans le cœur des vivants. Car il en est des familles comme du cinéma : ils ne tiennent que par leurs fantômes.

  Source : http://www.plume-noire.com/cinema/critiques/dansparis.html
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Interview de Louis Garrel, acteur dans le film
 

Les acteurs peuvent être des singes carnivores

Louis Garrel joue aux côtés de Romain Duris, Guy Marchand et Marie-France Pisier dans le film Dans Paris de Christophe Honoré (Quinzaine des réalisateurs). On le voit aussi dans Un lever de rideau, court-métrage de François Ozon présenté hors compétition, avec Mathieu Amalric et Vahina Giocante.

La façon dont vous jouez dans Dans Paris, et le personnage que vous y interprétez renvoie à celui du jeune Jean-Pierre Léaud. Avez-vous évoqué cet acteur avec Christophe Honoré pendant le tournage ?

Il se trouve que Jean-Pierre Léaud est mon maître absolu. Je dois donc le plagier, plus ou moins consciemment. Et quand cela se produit dans un film de Christophe Honoré dont l'inspiration est ouvertement puisée dans la Nouvelle Vague, la filiation est d'autant plus évidente. Au moment du tournage, Honoré m'avait dit qu'il voulait faire un film hommage à la Nouvelle Vague, et on sait la place tenue par Léaud dans ce mouvement. "Hommage" est un mot que je n'aime pas trop : il appelle un peu l'enterrement. Je préfère celui de citation. Nous avons donc joué des citations de films, un peu à la manière des vrais amateurs.

Qu'est-ce qui vous fascine tant chez Jean-Pierre Léaud ?

C'est quelqu'un qui a un rapport céleste aux choses. Et cela l'oppose aux autres grands modèles, les acteurs américains de l'Actors Studio, qui sont eux beaucoup plus terrestres.

Par ailleurs, ce qui est vraiment très fort, et que j'admire chez lui, c'est sa capacité à jouer hors-champ, tout en étant dans le champ. Alors que les acteurs se posent toujours la question de l'entrée dans le champ, lui passe son temps à en sortir. Et quand j'ai découvert Dans Paris, c'est ce qui m'a plu dans mon personnage : la manière dont il sort en permanence du champ. Jean-Pierre Léaud a commencé le cinéma à l'âge de douze ans ; autant dire qu'il est né dans le cinéma. Et en tant qu'acteur, il passe son temps à en sortir, quand tous les autres essayent au contraire d'entrer.

Fils de Philippe Garrel et petit-fils de Maurice Garrel, vous êtes vous aussi né dans le cinéma. Cela induit-il chez vous le même comportement ?

J'ai également tendance à sortir des plateaux. C'est ce que j'ai fait cet hiver pendant les manifestations anti-CPE, auxquelles j'ai participé pendant deux mois.

C'est votre deuxième film avec Christophe Honoré après Ma mère (2004). Comment travaillez-vous avec lui ?

Christophe Honoré est d'abord un écrivain et, pour le comprendre, j'ai lu son roman Le Livre pour enfants. A partir de là, c'est sa voix d'écrivain qui m'a dirigé. On dit que les metteurs en scène dévorent leurs acteurs, mais le contraire se passe aussi. Les acteurs peuvent être des singes carnivores.

Quelles indications vous a-t-il données pour le rôle ?

Il m'a surtout demandé d'être léger. Je devais être le contrepoids de cette famille qui traversait un drame. Les cours que j'ai pris avec le clown Alain Gautré me sont revenus en mémoire. C'est lui qui m'a appris qu'un clown porte toujours un drame en lui. Ici c'est l'histoire de cette soeur décédée, que l'on découvre au bout d'un moment. J'ai aussi piqué beaucoup de trucs à Caubère qui me fascine vraiment par la manière qu'il a d'être à la fois festif et bouleversant. Lui, il faudrait vraiment que je lui envoie un chèque de droits d'auteur !

Dans la première scène du film, vous vous adressez directement au spectateur. Comment vous y êtes-vous pris ?

C'est un exercice très délicat de recherche d'équilibre, entre l'acteur et la caméra, comme un funambule ou un type sur un vélo. A vrai dire, je ne suis pas sûr de l'avoir entièrement réussi.

Comment avez-vous construit votre relation avec Romain Duris, qui joue votre frère dans le film ?

Nous étions tous deux très inquiets. Nous voulions à tout prix éviter que notre duo paraisse artificiel. Partager cette inquiétude, c'est déjà une forme de fraternité.

  Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-766360,36-776485@51-766753,0.html
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