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Titre
original |
C.R.A.Z.Y. |
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Réalisation |
Jean-Marc Vallee |
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Scénario |
François Boulay & Jean-Marc Vallée |
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Interprétation |
Michel Côté, Marc-André Grondin, Danielle Proulx, Émile Vallée, Pierre-Luc Brillant, Maxime Tremblay, Alex Gravel, ... |
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Musique |
David Bowie |
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Photographie |
Pierre Mignot |
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Pays |
Canada |
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Année |
2006 |
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Durée |
2h 9min. |
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Genre |
Comédie dramatique |
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Production |
Pierre Even & Jean-Marc Vallée |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le Jeudi 21 septembre 2006 |
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Le film est projeté en version originale française |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Né le 25 décembre 1960 dans une banlieue de Montréal, Zachary est le quatrième des cinq fils de Gervais et Laurianne Beaulieu. Tandis que sa mère décèle en lui un don de guérisseur, son père en fait vite son préféré. Mais cette complicité prend fin brutalement lorsque le bourru Gervais surprend le gamin affublé d'une robe de femme.
À l'adolescence, raillé par son frère aîné, le toxicomane Raymond, Zachary lutte contre ses pulsions homosexuelles, notamment en sortant avec sa voisine d'enfance, bien qu'il se sente attiré par le petit ami de sa cousine préférée. Un incident ambigu avec ce dernier lors du mariage de son frère Christian provoque une crise familiale, qui incite Zachary à partir pour Jérusalem, à la recherche de lui-même. |
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Le Vif - Louis Danvers |
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Grandir, c'est partir un peu
C'est un singulier portrait de famille que nous propose le Québécois Jean-Marc Vallée dans C.R.A.Z. Y. Le jeune cinéma relève décidément la tête du côté de Montréal.
Voici trois ans à peine, c'était encore le "vétéran" Denys Arcand qui faisait l'événement du cinéma québécois avec son magnifique Les Invasions barbares. Mais la jeune génération qui se révèle aujourd'hui semble désormais capable de donner la cadence. Après l'excellente surprise de La Vie avec mon père, de Sébastien Roze (sorti la semaine dernière et qu'il ne faut pas manquer), Jean-Marc Vallée fait une irruption bienvenue sur nos écrans avec un remarquable C.R.A.Z.Y. Tout comme celui de Roze, le film de Vallée parle de la famille, et singulièrement des rapports masculins (entre père et frères, et des frères entre eux) au sein de celle-ci.
Cette chronique inventive et sensible va des années 1960 aux années 1980, et suit de la naissance à l'entrée dans l'âge adulte la trajectoire de Zachary Beaulieu, alias Zac. Cadet de quatre garçons faisant la fierté d'un père un peu macho et d'une mère aimante, notre jeune héros va peu à peu se sentir différent des autres, et se révéler en effet singulier dans un petit monde où chacun semble bien défini dans un rôle précis : le frère intello à lunettes, le frère sportif aux cheveux coupés en brosse, le frère rockeur un peu voyou sur les bords...
Zac, lui, ne demanderait pas mieux de réunir les qualités viriles que son paternel espère visiblement trouver en lui. Mais il se découvre tout au contraire et avec inquiétude un penchant pour les garçons, un penchant qui va progressivement se transformer en pente savonneuse sur laquelle il glissera vers la réprobation générale ou presque des siens ...
Zaco le héros
C.R.A.Z.Y. détaille avec art et intelligence les efforts aussi vains que sincères du jeune homme pour nier son inclination profonde et brider une personnalité qu'il lui faudra pourtant, au bout du compte, laisser s'exprimer pour donner à sa vie l'élan qui lui manquait. Récit d'apprentissage dans la meilleure tradition du genre, le film aligne les saynètes révélatrices, tantôt franchement amusantes, tantôt fort embarrassantes, parfois simultanément l'un et l'autre. Ceux qui ont aimé Toto le héros, de Jaco Van Dormael, et Ma Vie en rose, d'Alain Berliner, ne pourront manquer d'apprécier le travail subtil et précis de Jean-Marc Vallée.
Joué de manière épatante par Emile Vallée (Zac enfant), Marc-André Grondin (Zac adolescent), et Michel Côté (le père), enrichi d'une musique volontiers liée à l'évolution de son personnage central (de Pink Floyd à David Bowie, en passant par les Stones), C.R.A.Z.Y. allie charme et pouvoir percutant, justesse des émotions et plaisir du spectacle, et fait affleurer, sous une surface au trait parfois caricatural, une vérité humaine éminemment partageable. Au Québec, un énorme succès public et critique l'a déjà accueilli, le film attirant plus d'un million de spectateurs dans les salles (pour une population de 7,5 millions d'habitants) avant de glaner 13 récompenses à la cérémonie des jutras, équivalent local de celle des césars en France !
Inspiré, de son propre aveu, par un Frank Capra "qui savait faire des films comme La vie est belle (1), des films procurant une sensation de bonheur intense", Vallée signe une £uvre à la fois personnelle et apte à séduire un vaste public. Déjà prophète en son pays, souhaitons-lui de récidiver ici ...
(1) It's a Wonderful Life (1946), à ne pas confondre avec le film plus récent de Roberto Benigni. |
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Source : http://www.levif.be/CMArticles/ShowArticle.asp?articleID=1352§ionID=5 |
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OfficeCOM - Louis-Paul Rioux |
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À des lieux de son incohérent et racoleur thriller LISTE NOIRE, C.R.A.Z.Y. donne enfin l'occasion à Jean-Marc Vallée de montrer l'étendue de son talent de cinéaste.
S'inspirant d'expériences vécues par son coscénariste, Vallée a conçu une chronique familiale attachante et sensible, qui trace en filigrane l'évolution sociale et morale du Québec des quarante dernières années, à travers le destin d'un jeune homme qui cherche à nier sa vraie nature pour obtenir l'approbation de son père.
Tout en étant émaillé de touches fantaisistes, qui jouent de manière amusante et parfois étonnante sur le contraste entre les désirs profonds du héros et sa dure réalité, le récit adopte une belle justesse de ton, notamment à l'occasion des fêtes familiales ou lors des discussions entre les deux parents préoccupés par l'avenir de leur rejeton. En outre, au sein de sa réalisation dynamique et souvent inventive, Vallée a su utiliser avec une grande efficacité dramatique plusieurs chansons populaires (de Patsy Cline à David Bowie en passant par Charles Aznavour).
Dès lors, peu importe que les personnages des autres frères demeurent schématiques (l'intellectuel, le sportif flatulent, le benjamin glouton et même l'aîné drogué qui, malgré son importance déterminante dans l'intrigue, suit une évolution un peu trop prévisible). Admirablement dirigés, les interprètes procurent au spectateur plusieurs moments fort touchants. |
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Source : http://www.officecom.qc.ca/Media-film/Fiche/CRAZY.html |
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chroniscope - CEDRIC |
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Du rire et des larmes
Rien ne nous est épargné : des blagues de potache aux allusions salaces des parents, des silences cruels du père aux crises familiales éprouvantes, le spectateur en voit de toutes les couleurs, pour son plus grand plaisir. La salle rit à pleins poumons, essuye quelques larmes, parfois les deux en même temps : ce film sous ses allures de tranche de vie banale arrive à toucher en plein coeur, et c'est d'abord ce qu'on en retient en sortant du cinéma : on a passé un moment fort et agréable.
Zac est un garçon sensible dès son plus jeune âge, fils à maman aux pseudo-dons de guérisons télépathiques en lesquels sa mère tient absolument à croire, autant qu'en son bon Dieu qu'elle respecte profondément. Son père voit d'un très mauvais oeil l'évolution de son garçon : il craint qu'il ne devienne une fif' - terme québecois, diminutif de fifille, traduit par pédé dans les sous-titres du film. Et c'est là le début des ennuis pour le jeune Zac ...
Ce personnage, auxquels certains ont reproché qu'il ne laissait pas assez percevoir son mal-être, est en réalité criant de vérité. Son homosexualité rejetée dès le plus jeune âge bien qu'évidente même pour lui, son silence et sa conduite quasi-exemplaire à l'adolescence, la difficulté même tardive de s'avouer la vérité en font un personnage bien ancré dans la réalité, moins flamboyante qu'on nous l'a parfois montrée, moins catastrophique qu'on nous l'a souvent dépeinte.
Une histoire de famille
La relation de Zac avec son père, placée au coeur d'une bonne partie du film, est fondamentale. D'abord parce qu'elle est la cause des maux de tous : de Zac qui souffre de voir son père le rejeter, et de Gervais, le père, bien intentionné mais touché en plein dans son grand coeur par la peine que lui cause la sexualité de son fils, pour qui il veut tout le bonheur du monde, tout son bonheur du monde, et on y croit.
Cette histoire est une belle histoire, car c'est une histoire qui pourrait être vraie, et dont ont été sélectionnés les moment les plus importants, tous ceux qui n'étaient pas assourdissants de silence au sein de cette famille sympathique qui nous est présentée. Comme je le disais plus haut, c'est une histoire triste et c'est une histoire drôle. C'est une histoire de famille en somme, avec ses frères chahuteurs, ses parents maladroits et affectueux, ses enfants qui apprennent très vite cette vie qui n'est pas un long fleuve tranquille.
À travers quelques époques clés de la vie de Zac, on arrive à cerner cette famille Beaulieu sans longueur malgré les deux heures dix de bande. Les acteurs sont touchants, simples, forcent rarement le trait. Les différentes époques traversées dépaysent ceux d'entre nous qui ne les ont pas vécues, autant que l'accent et les expression québecoises imagées. “Meuh me traite pas de fif' toi le sans-dessin”, avouez que c'est plus croustillant que “Me traite pas de pédé connard” !
Si l'éloge que j'ai fait de ce film jusqu'ici n'est pas évidente, je concluerai simplement en disant qu'il est formidable et qu'il serait bien dommage de le manquer. |
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Source : http://www.chroniscope.com/critique_1_634.html |
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cyberpresse - Régis Tremblay |
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Hymne à la famille
Sans trop l’avoir cherché, le jeune cinéaste québécois Jean-Marc Vallée a donné naissance à une nouvelle famille Plouffe ! Son long métrage C.R.A.Z.Y, qui sort en salles le 27 mai, met en scène les Beaulieu, une famille montréalaise très moyenne qui grandit dans les années 60 et 70. Un drame familial aux inimitables accents de sincérité, qui pourrait bien faire des Beaulieu les chouchous des Québécois, pendant tout l’été ...
«Je voulais faire un hymne à la famille. Existe-t-il quelque chose de plus fort, de plus beau et de plus douloureux que les histoires de famille ? Je tiens cela de ma propre famille, de mes relations avec mes frères, inextricablement tissées d’affection et de tensions. Je le tiens aussi des confidences de mon scénariste François Boulay. Car les Beaulieu, c’est aussi les Boulay !" déclare le réalisateur Jean-Marc Vallée, lors de la première mondiale de C.R.A.Z.Y. à Québec, cette semaine. La première montréalaise n’aura lieu que le 24 mai.
Jean-Marc Vallée est visiblement fébrile, tout comme son équipe de comédiens, quelques heures avant la première au cinéma StarCité. Il y a Michel Côté, qui incarne Gervais Beaulieu, le père. À ses côtés, on trouve Marc-André Grondin, ce jeune comédien qui joue Zacharie, le fils mal aimé aux tendances homosexuelles. Il y a aussi Pierre-Luc Brillant, c’est-à-dire Raymond, l’aîné matamore, pour ne pas dire macho, le préféré du père, mais qui deviendra le mouton noir de la famille.
Au moment du portrait de famille croqué par notre photographe Raynald Lavoie, il est évident que les Vallée, Côté, Grondin et Brillant ont eu beaucoup du plaisir à tourner ce "film de gars" !
Pour Jean-Marc Vallée, C.R.A.Z.Y. fut une longue aventure. Son ami François Boulay lui avait tant parlé de sa famille qu’il a fini par lui demander de coucher ses souvenirs sur papier. "Je ne les attendais plus quand, un beau jour de Noël, j’ai reçu une grosse enveloppe sur laquelle était écrit : Souvenirs en vrac de ma vie. Et c’était signé : François Boulay ! Tout de suite, je l’ai dévoré: j’en ai ri, j’en ai braillé, j’ai été quelquefois choqué !" se rappelle le jeune réalisateur.
Cette histoire était un cadeau du ciel pour Jean-Marc Vallée, qui était catalogué depuis son premier long métrage, Liste noire, un polar tourné en 1995, avec Michel Côté, déjà. "Je ne voulais plus tourner de film de genre où il y a beaucoup de tape-à-l’œil. Bien sûr, C.R.A.Z.Y. est rempli d’effets visuels, mais c’est toujours au service de l’émotion, pas de l’action. Nous avons particulièrement soigné les décors, les accessoires et les costumes, puisque la plus grande partie du film se déroule dans les années 70. Mais nous ne voulions pas faire un film rétro simplement pour le plaisir, mais pour recréer le plus fidèlement possible cet univers, cet espace dans le temps où tout avait une couleur bien particulière. Nous voulions que tout respire la mentalité du temps", ajoute Vallée.
Mission accomplie. Tout apparaît vrai, presque documentaire dans C.R.A.Z.Y, du mobilier de bungalow typique aux vieilles automobiles en passant par la musique de Pink Floyd et de David Bowie. Mais pour une fois, au cinéma québécois, cette panoplie ne sert ni à parodier, ni à ridiculiser : C.R.A.Z.Y. ne cède pas à la tentation de la grosse comédie à sketchs kitschs.
L’autre écueil était le mélodrame. Il aurait été facile de tourner des scènes remplies de cris et de larmes sur la difficile relation père-fils, sur l’enfant incompris et sur le deuil qui frappe cette famille ...
"Je n’arrêtais pas de dire aux acteurs : retenez-vous, je ne veux voir personne brailler... sauf Zach et Gervais, une seule fois. Bien souvent, les personnages vivent leurs moments les plus intenses en fond de scène... ou de dos, comme c’est le cas pour Zacharie, lorsqu’il regarde au loin par une fenêtre, dans une chambre en Israël. Je voulais que le spectateur devine son émotion sans la voir inscrite sur son visage. En fin de compte, le mot-clé de ce film est la pudeur..." |
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Source : http://lesoleil.cyberpresse.ca/journal/2005/05/14/cinema/03969_hymne_a_la_famille.php |
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7SUR7 |
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e film québécois C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée a très largement dominé la cérémonie des 26èmes Génies, l'équivalent canadien des Oscars, raflant dix récompenses dont celles de meilleur film et de meilleur réalisateur. Il a aussi été couronné par les prix du meilleur scénario, du meilleur premier rôle masculin pour la performance de Michel Coté et du meilleur second rôle féminin pour celle de Danielle Proulx.
C.R.A.Z.Y, la chronique d'une famille catholique québécoise dans les années 60 et 70 et du fils cadet qui lutte contre son homosexualité pour se faire accepter par son père, avait reçu douze nominations avant le gala qui s'est déroulé lundi soir à Toronto. C.R.A.Z.Y a également remporté la bobine d'or, récompensant le film ayant réalisé le plus d'entrées au box-office canadien. Le film a rapporté 6,3 millions de dollars au Canada. Mais, illustration de la coupure entre le cinéma québécois et celui du Canada anglophone, il a récolté 6 millions de dollars au Québec et 300.000 dollars dans le reste du Canada. |
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Source : http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/det/art_182461.html?wt.bron=hlnRPArtikels |
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Le devoir - Martin Bilodeau |
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Dix ans après Liste noire, Jean-Marc Vallée fait revivre le Québec moderne d'autrefois dans C.R.A.Z.Y., une oeuvre ambitieuse et magique. C.R.A.Z.Y. aboutit sur nos écrans la semaine prochaine. Rendez-vous avec un vrai fou.
Il a 42 ans et resurgit dans le paysage du cinéma québécois une décennie après Liste noire, qui l'a fait connaître. Des téléfilms en anglais l'avaient d'abord parqué sous d'autres cieux. Puis, un projet complètement fou l'a contenu dans l'ombre pendant cinq ans. Pas étonnant qu'au bout de ce long processus, le fruit du labeur de Jean-Marc Vallée s'appelle C.R.A.Z.Y.
C.R.A.Z.Y., c'est d'abord un acronyme formé à partir des prénoms des cinq fils de la famille Beaulieu (Christian, Raymond, Antoine, Zachary et Yvan). C'est aussi le titre d'une chanson de Patsy Cline, dont Gervais (Michel Côté), leur papa mélomane, est un inconditionnel. Enfin, et surtout, c'est le maître mot de cette chronique folle, vertigineuse, magique, par laquelle Vallée nous fait revisiter le Québec «moderne» d'autrefois, depuis la Révolution tranquille jusqu'au lendemain du référendum de 1980.
Dans le film toutefois, on ne souffle mot de ces événements, inoculés dans le «système» d'une famille de la classe moyenne parquée en banlieue. Et si on peut lire dans cette histoire de répression, d'amour conditionnel et de libération, la courbe sismique d'un pays en mutation, il reste que Vallée s'est avant tout penché sur les microfibres d'un tissu social québécois qu'on n'avait pas aussi bien palpé depuis Les Bons Débarras. «C'est un film très réfléchi, mais viscéralement intuitif, m'expliquait Vallée lors de notre récente rencontre. [...] Il a fallu cinq ans pour le structurer, mais en même temps, mon souci était d'atteindre la simplicité.»
Et dans cette simplicité, chèrement acquise, surgit la vérité. Celle d'une famille ordinaire qui, comme toutes les familles ordinaires, vit ses joies au grand jour et ses épreuves en vase clos. Derrière la porte des Beaulieu, il y a donc le brouhaha d'une famille modeste, dominée par un père et une mère (Danielle Proulx) qui règnent à tour de rôle et distribuent à leurs cinq fils une affection aussi maladroite que sincère. Du lot se détache la figure de Zach (Marc-André Grondin), garçon pas comme les autres qui, pour préserver l'amour de son père, va refouler sa différence. L'enfant, puis l'adolescent et le jeune adulte vont ainsi livrer des batailles intérieures, mystifier le père, barber le grand frère (Pierre-Luc Brillant), défier Dieu, dans l'espoir d'apaiser leur tourment. Né une nuit de Noël, ce petit Jésus baptisé d'un nom de roi mage a aussi hérité de dons de guérisseur qui font la fierté de sa maman, une femme pieuse et superstitieuse qui va compenser le manque à gagner affectif qu'il ressent vis-à-vis de son père.
«Moi aussi je me sentais différent quand j'étais jeune. Comme Zach, j'avais une tache de cheveux décolorés derrière la tête, et ma mère me répétait que j'étais spécial, que j'avais sûrement des dons. Je trouve ça beau de croire à ces choses-là, à ces petites magies-là. J'aime être accompagné de ça dans ma vie.»
Avec humour, émotion, magie, Vallée raffine plan après plan sa reconstitution d'une famille en tous points fidèle à son modèle, pas si lointain, gardien des apparences, soudé par les sermons du curé et dont la progéniture était conçue dans la position du missionnaire.
«C'est un film sur la tolérance et l'amour, mais c'est aussi un hommage à la famille de la classe moyenne, résume Jean-Marc Vallée. Dans sa simplicité, dans sa quête de bonheur, dans sa souffrance, cette famille est très représentative de la classe moyenne de banlieue de l'époque et même, je pense, d'aujourd'hui.
Vallée a écrit le scénario de C.R.A.Z.Y. en collaboration avec François Boulay, un ami de longue date, dont l'histoire personnelle a inspiré les grandes lignes de celle-ci. Père de deux enfants (dont Émile, sept ans, qui joue Zach enfant dans le film), le cinéaste a pour sa part prolongé et abouti des préoccupations soulevées dans ses courts métrages antérieurs (dont Les Fleurs magiques, qui déjà en 1994 mettait en vedette Marc-André Grondin). «Avec François Boulay, on s'est inspirés de nos backgrounds respectifs, de nos vies et de nos souvenirs. On a pris plaisir à les écrire et à les intégrer au film, tant sur le plan des décors que sur celui des costumes, des voitures, et bien sûr de la musique.»
Mélodies
Des dizaines de chansons, dont les droits onéreux ont été acquis par Vallée lui-même, pulsent la trame de C.R.A.Z.Y. Certaines illustrent l'univers du père, dont la chanson-titre et Hier encore, d'Aznavour, que Gervais chante «à la demande générale» dans tous les partys de famille. D'autres, plus rock, et plus fréquentes, illustrent la révolte de Zach (Sympathy for the Devil, Space Oddity, Tout écartillé, etc.) ou reflètent son humeur. «Par nature, le rock, c'est baveux. Chanter le rock, c'est crier fort que t'es pas pareil. Mais Zach peut pas faire de bruit, si bien qu'il se jette dans le rock, écoute les Stones, Bowie, Charlebois, etc.».
L'esthétique du film est inspirée de cette musique : abrasive, accidentée, brusque, néanmoins soudée par la cohérence du regard et la pertinence du propos. «J'ai répété à tout le monde, dans tous les départements, que je ne voulais pas d'un beau film d'époque. Je voulais que ce film ait l'air vrai», rappelle Jean-Marc Vallée.
Ironiquement, il a longtemps pensé réaliser C.R.A.Z.Y. aux États-Unis, en anglais, avec un budget plus important. Michel Côté, avec qui il était resté ami depuis Liste noire, l'a convaincu de le faire au Québec et de lui faire endosser le rôle de Gervais -- son meilleur à ce jour. «À l'origine, le film était ambitieux et éclaté... beaucoup plus que ce qu'on a fait finalement», souligne le cinéaste sans l'ombre d'un regret. Rétrospectivement, il reconnaît qu'il avait besoin de ce retour aux sources. «Après Liste noire, j'ai fait deux films de genre aux États-Unis, puis je me suis tanné de dire oui à ça. J'ai longtemps espéré qu'on m'offrirait de bons scénarios. Jusqu'à ce que je me décide à en écrire un, que je pourrais aussi réaliser. Et ç'a donné ça.» Ça, ce n'est pas rien. C'est même le meilleur film québécois depuis longtemps ainsi qu'une grande leçon de cinéma populaire. |
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Source : http://www.ledevoir.com/2005/05/21/82309.html |
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infoculture - Pierre Ranger |
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Jean-Marc Vallée dévoile
son film le plus personnel
Il s’est fait connaître grâce à son premier long métrage Liste Noire, une intrigue policière qui a obtenu un franc succès en 1995. Après les films Los Locos (1997) et Loser Love (1999) et quelques séries télévisées, le cinéaste Jean-Marc Vallée revient en force avec son tout dernier long métrage C.R.A.Z.Y., un drame familial percutant des plus personnels. Il partage son expérience.
Votre film C.R.A.Z.Y., qui raconte les joies et les problèmes d’une famille québécoise de banlieue sur une période d’une trentaine d’années et, plus particulièrement, la difficulté qu’éprouve un père à accepter la différence de son fils Zachary, contient-il des éléments autobiographiques ?
L’histoire est librement inspirée de la vie de François Boulay, mon coscénariste, et de ses souvenirs avec son père et ses quatre frères. En cours de route, je voulais aussi m’éloigner un peu de ce qu’il avait vécu, pour que le tout soit plus assumé. Les éléments sur l’identité sexuelle sont très proches de lui tandis que les conflits intérieurs sur les croyances religieuses et les expériences dans une famille de classe moyenne sont représentatifs de ma jeunesse. Il a fallu cinq années d’écriture pour terminer le scénario et 10 ans pour compléter le film.
Dans son traitement, relativement aux rêves d’enfant et au rapport à la narration, C.R.A.Z.Y. évoque Léolo de Jean-Claude Lauzon. Partagez-vous cette opinion ?
Avant de débuter le tournage, je m’amusais à dire que mon film était mon petit Léolo à moi. C’est vrai qu’il y a certaines analogies avec ce film, notamment sur le plan du rêve et de la famille. Nous avons même dû réduire le côté fantaisiste à la suite des demandes de Téléfilm Canada qui trouvait le projet trop ambitieux. Mais ces rêves sont essentiels à l’histoire puisqu’ils permettent à Zachary de s’évader pour qu’il puisse assouvir ses fantasmes et qu’il vive ses ambiguïtés. Avec C.R.A.Z.Y., je voulais aussi m’éclater et m’amuser à l’étape du montage.
De tous les films que vous avez tournés, celui-ci semble être le plus cinématographique, n’est-ce pas ?
Absolument. Tout ce côté magique a été exploré avec des effets visuels transparents qui étaient avant tout au service de l’émotion. Du côté de la technique, nous avons utilisé tout ce qui s’offrait à nous et il y a eu un travail colossal à l’étape de la post-production. Nous nous sommes servis de ces effets pour montrer certains fantasmes d’où les brisures dans le son, la musique à contrepoint, toujours dans le but d’exploiter le médium.
Nous vous connaissons surtout pour le succès de votre long métrage Liste Noire que vous avez tourné en 1995 avec Michel Côté dans le rôle principal. C’était important pour vous de le retrouver et qu’il incarne le père de famille ?
Plus j’écrivais le scénario avec François Boulay, plus je me rendais compte à quel point Michel Côté était la personne idéale pour interpréter ce rôle. Il est hallucinant. Autant ses personnages dans Cruising Bar ont été révélateurs de son talent de comique autant son rôle dans C.R.A.Z.Y. démontre son côté dramatique. Michel s’est de plus impliqué dans ce film à tous les niveaux et ce, dès la toute première fois qu’il a lu le scénario en 2000. Je tiens également à honorer les autres comédiens qui interprètent les membres de la famille Beaulieu et qui sont tous très talentueux.
Dans les scènes de réunions familiales, on retrouve souvent de nombreux personnages. Est-ce que cela a représenté un défi supplémentaire de diriger autant de personnes à la fois ?
C’était effectivement très compliqué de gérer tout ce monde en même temps. La première scène que nous avons tournée était celle du party de Noël où se retrouvaient 30 à 50 figurants. Tout le monde parlait en même temps, c’était très difficile de diriger les comédiens. Je suis tombé malade à ce moment, je n’étais pas approchable et j’étais persuadé que je faisais de la merde. Puis, une semaine plus tard, les choses se sont clarifiées, j’ai repris le flambeau et tout est rentré dans l’ordre. En bout de course, ce tournage s’est avéré unique et exceptionnel. Tous les artisans se sont approprié l’histoire et avaient le désir commun de faire un grand film.
Les années 60 et 70 traitées dans le film sont de belles époques à tourner.
Tout à fait. Les gens de ma génération deviennent nostalgiques en voyant C.R.A.Z.Y. Il se rappellent cette période d’insouciance où tout semblait permis. C’est un film sur notre enfance. Mais en même temps, je ne voulais pas qu’on mette trop l’accent sur le fait que c’est un film d’époque. Je voulais que le long métrage soit vrai avant tout et qu’il respire la vie. Dans ce sens, je crois que même si nous traitons de ces époques, C.R.A.Z.Y., qui est un hymne à la famille et à la tolérance, est aussi très actuel et c’est pourquoi il arrive à intéresser et à divertir toutes les générations confondues.
Vous parlez de tolérance. Zachary, le personnage principal, semble perturbé à propos de son orientation sexuelle. Croyez-vous que le film peut faire avancer la cause des jeunes gais qui ont de la difficulté à assumer leur situation ou à se faire accepter par les autres membres de leur famille ou par des amis ?
Je le souhaite sincèrement. De jeunes adolescents se suicident parce qu’ils n’assument pas leur orientation sexuelle dans des milieux hostiles. Je serais très satisfait si le film pouvait au moins provoquer le débat ou même pousser la réflexion sur le propos et aider ces jeunes. |
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