Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
ACCUEIL LE CCEC TARIFS SAISONS FESTIVALS LIENS CONTACT PARTENAIRES
Saisons
 Changement d'adresse
 Romanzo criminale
 Quand j'étais chanteur
 The Road to Guantanamo
Indigènes
Le parfum
Dans Paris
 C.R.A.Z.Y.
Desaccord parfait
 Babel
La science des rêves
Little Miss Sunshine
L'intouchable
 La raison du plus faible
Thank you for smoking
 Je vais bien, ne t'en fais pas
 Bobby
 Les ambitieux
 Das leben der anderen
 Scoop
 La môme
 Grbavica
 The good German
 Breaking and Entering
 The last king of Scotland
 The Queen
 Anna M.
 J'aurais voulu être un danseur
 Je crois que je l'aime
 Nue propriété
 A Guide to Recognizing Your Saints
Little children
 Angel
 Les fragments d'Antonin
Infamous (Every word is true)
 
 
 
L'intouchable réalisé par Benoît Jacquot (Avant Première)
   
Titre original L'intouchable
Réalisation Benoît Jacquot
Scénario Benoît Jacquot
Interprétation Isild Le Besco, Bérangère Bonvoisin, Marc Barbé, Jérémie Elkaïm, Louis-Do de Lencquesaing, Neetu Jhanjhi, Parikshit Luthra, ...
Musique Vijay Jaiswal & Monu Rao
Photographie Caroline Champetier
Pays France
Année 2006
Durée 1h 22 Min.
Genre Drame
Production Christophe Bruncher
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 7 décembre 2006
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Le jour de son anniversaire, Jeanne apprend de sa mère que son père est Indien, Hindou de l'Inde, rencontré en voyage. Un "Intouchable", lui dira sa mère. Jeanne est actrice, elle abandonne les répétitions de Sainte Jeanne des Abattoirs mise en scène par son amoureux. Pour partir en Inde, tout de suite, elle a besoin de fric, elle demande à son agent d'accepter un rôle de cinéma qu'elle avait refusé. On la voit jouer ce rôle comme un calvaire qu'elle s'inflige. Elle part. En Inde, elle cherchera son père, le manquera, le trouvera et le laissera. Elle revient.
 
 
Prix Marcello Mastroianni de la meilleure jeune actrice décerné à Isild Le Besco au festival de Venise (Donostia) 2006
Nominé pour Lion d'Or au festival de Venise (Donostia) 2006
Retour haut
 
 
le figaro - Marie-Noëlle Tranchant
 

Jeanne (Isild Le Besco), la jeune héroïne de L'Intouchable, apprenant que son père inconnu est un Hindou de la caste des intouchables, abandonne momentanément sa carrière d'actrice pour aller le rencontrer, à Bénarès.

La caméra ne la quitte pas d'un pas tout au long de ce périple à la fois intime et exotique, selon un mouvement cher à Benoît Jacquot :

"J'aime raconter des apprentissages, filmer des parcours d'un point à un autre, en accompagnant un personnage dans sa quête, sans jamais le perdre de vue, dit le cinéaste. En général ce sont des portraits de femmes qui me tentent, des femmes à un moment de leur vie où elles ont un seuil à franchir, un passage à trouver, une question à élucider. Là, Jeanne va vers elle-même, mais pour moi les paysages mentaux passent toujours par des paysages physiques, et l'Inde m'apparaît comme notre monde à son point le plus lointain. En Inde, on est dans une étrangeté qui a plus à voir avec l'étrange qu'avec l'étranger."

C'est ce sentiment d'étrangeté radicale que Benoît Jacquot voulait mettre en scène, et particulièrement en filmant Bénarès et ses bûchers, pôle magnétique qui l'attire depuis plus de trente ans, mais avec une extrême méfiance devant ses dangereux délires.

"Il y a une phrase de Joubert qui rend admirablement compte de ce que j'éprouve à Bénarès : "Le tombeau nous avale, il ne nous digère pas". Des gens viennent mourir dans ce lieu sacré, trois cents cadavres brûlent journellement, pour nous ce spectacle de mort vivante est très violent, et pourtant il en naît aussi une forme de douceur quand on s'aperçoit que pour d'autres, c'est une libération. Autour de Jeanne et de sa recherche du père, j'ai essayé de transcrire ce que peut être la confrontation avec l'Inde, où tout est erratique et divagant. J'appartiens à la génération hippie, et j'ai vu des gens dans mon entourage happé par des vertiges auxquels nous ne sommes pas préparés. Je fais revenir Jeanne, je ne l'abandonne pas au délire, parce qu'il m'importe de trouver un éclaircissement, une sorte d'acquiescement au monde."

  Source : http://www.lefigaro.fr/culture/20060907.FIG000000160_les_beaux_voyages_de_la_mostra.html
Retour haut
 
 
cinessonne - Xavier Lardoux
 

Biographie de Benoît Jacquot

Né à Paris le 05 février 1947, Benoît Jacquot fait ses premiers pas dans le monde de l'audiovisuel en réalisant des documentaires pour l'INA. De 1965 à 1974, il est l'assistant de nombreux réalisateurs, comme Marguerite Duras ou Jacques Rivette, et développe déjà son côté férocement intellectuel.

En 1975, il réalise son premier film, L'Assassin Musicien d'après Dostoïevski, œuvre austère et épurée qui le rapproche de Bresson, puis enchaîne dans la même veine avec Les Enfants Du Placard en 1977, qui séduisent très vite un cercle de cinéphiles.

Trois ans plus tard, un budget plus conséquent lui permet de faire tourner Isabelle Huppert dans Les Ailes De La Colombe, touchant ainsi un public plus large, mais qui peine parfois à comprendre le réalisateur.

Durant les années quatre-vingt, Benoit Jacquot se tourne vers les documentaires et le théâtre, adapte des classiques pour la télévision, et réalise deux films pour le grand écran qui passeront relativement inaperçu : Corps Et Biens, d'après un roman de James Gunn, et Les Mendiants, d'après Louis-René des Forêts.

Mais c'est en 1990, avec La Desenchantee, que Benoît Jacquot trouve son public. Il révèle une petite débutante, Judith Godrèche, signe le premier volet d'une série de films, et enregistre plus de cent mille entrées à Paris. Cinq ans plus tard, il fait tourner une autre jeune comédienne, Virgine Ledoyen, transformé pour La Fille Seule, en femme de chambre d'un grand hôtel parisien.

Le film est vendu dans le monde entier, et Benoît Jacquot reçoit des éloges internationales. Sa carrière est lancée, le budget est facile à trouver et les stars se bousculent pour passer devant sa caméra. Il ne s'arrête plus de tourner : il s'intéresse aux rapports étranges d'une femme soit-disant frigide avec son mari dans Le Septieme Ciel, retrouve Isabelle Huppert dans L'Ecole De La Chair, sélectionné en compétition au Festival de Cannes en 1998, s'interroge sur la vie d'un politicien véreux à sa sortie de prison (Fabrice Lucchini dans Pas De Scandale) ...

Passionné par le théâtre, il filme les spectacles de Lucchini et tourne même La Fausse Suivante dans une vraie salle de théâtre. Après Marivaux, il adapte les écrits du marquis de Sade (Daniel Auteuil) dans une œuvre ambitieuse et personnelle (Sade). Il continue dans le film à costumes avec son opéra Tosca, puis Adolphe où Isabelle Adjani tombe cruellement amoureuse de Stanislas Merhar.

Il est aussi l'auteur de nombreux documentaires et fictions pour la télévision, comme PRINCESSE MARIE, en 2003, avec Catherine Deneuve. Il a mis en scène "Werther" de Massenet au Royal Opera de Covent Garden à Londres. En 2004, il fait fait tourner sa nouvelle muse, Isild Le Besco, dans un road-movie existentialiste, en noir et blanc et filmé en DV, qui n'est pas sans rappeler les techniques de la Nouvelle Vague : A Tout De Suite, présenté dans la section un Certain Regard à Cannes 2004.

En 2005, il fait partie du jury du Festival de Cannes.

  Source : http://www.cinessonne.com/fe06_in_invites.php
Retour haut
 
 
le film francais - Fabrice Leclerc
 

Entretien avec Benoît Jacquot sur le film L'intouchable

À nouveau sélectionné en compétition à Venise avec L’intouchable, produit de manière totalement indépendante, Benoît Jacquot revient sur son parcours atypique et prolifique, en attendant une rétrospective prévue à la Cinémathèque.

Quel a été le point de départ de L’intouchable ?

J’avais dès l’écriture l’envie de partager un film entre Paris et l’Inde avec Isild Le Besco. Je voulais depuis longtemps aller filmer là-bas. Depuis tout jeune, en fait, lorsque j’ai vu La croisée des destins de George Cukor. Ce film a été une grande inspiration, ne serait-ce que qu’à travers ce personnage de femme occidentale partagée entre deux origines. Mon idée était que le personnage féminin de L’intouchable aille le plus loin possible pour trouver finalement quelque chose d’elle.

L’intouchable peut-il se rapprocher d’un road movie ?

Je souhaitais réaliser ce film le plus librement et donc le plus légèrement possible. Je l’ai d’ailleurs produit directement avec Isild. Ma filmographie est clairement divisée entre des films plus lourds, que l’on me demande souvent de faire, et d’autres plus légers, qui partent d’une envie propre. Même si, finalement, ces démarches opposées n’induisent pas des films si différents les uns des autres. Bizarrement, ils se répondent assez bien.

Le personnage principal du film est une actrice française, l’occasion pour vous de dépeindre un peu l’envers du décor…

Il y a en effet une scène que j’ai tournée directement dans le bureau de mon agent, dans les locaux d’Artmédia. Et c’est Manuel Munz, producteur de films importants, qui interprète l’agent de l’héroïne. C’est une scène que je pense très réaliste sur ce que peut être le quotidien d’une actrice ou d’un acteur.

C’est une démarche quasi documentaire ...

J’ai réalisé des documentaires dans ma jeunesse et cette démarche ne m’a jamais vraiment quitté. À l’époque, je voulais transformer les personnes que je suivais en héros de fiction. À l’inverse, j’ai toujours voulu que mes personnages les plus romanesques renvoient à une réalité tangible.

Avez-vous été surpris de votre sélection à Venise ?

Au fur et à mesure que le film avançait, je me préoccupais de son sort. J’ai pensé dès le début qu’il conviendrait à Venise. Je l’ai montré à Marco Muller en mars, non pas pour avoir une réponse définitive mais pour me permettre d’avancer dans la production.

Vous allez retrouver Catherine Deneuve à la Mostra ...

Tout à fait. D’ailleurs, lorsque j’ai su que L’intouchable était finalement sélectionné, je l’ai appelée et elle était un peu terrorisée à l’idée de devoir le juger. Mais il n’y a pas plus honnête qu’elle. Si elle ne l’aime pas, elle me le dira et ne le défendra pas !

Vous connaissez vous-même les difficultés de l’exercice, étant donné que vous étiez juré à Cannes en 2005 avec Emir Kusturica ...

Je l’ai vécu de manière très amusante. Je sais que Kusturica avait été plus ou moins prévenu que j’allais être en constante opposition par rapport à ses goûts. Il m’a ainsi souvent parlé de son admiration pour Robert Bresson puisque certains comparent mon cinéma au sien !

Justement, ce statut d’héritier de Bresson vous convient-il ou, au contraire, vous pèse-t-il ?

C’est comme toute réputation : elle est à double tranchant et éventuellement très fausse. Il n’y a pas de fumée sans feu et je ne peux pas nier que j’ai une forte tendance à épurer… Mais ce constat étant fait, je suis prêt à tout. Je prends plaisir à réaliser des films et je suis loin d’un état d’esprit très développé dans la profession concernant la difficulté de faire du cinéma aujourd’hui en France. Je n’ai jamais été un champion du box-office mais j’ai toujours réussi à tourner. J’ai tourné L’intouchable dans une économie très stricte (700 000 E). Mais je bénis je ne sais quel Dieu de m’avoir fait français pour exercer ma profession de cinéaste. C’est une chance que je martèle constamment et un système qu’il faut sans cesse protéger.

Vous avez exploré nombre de modes narratifs (fiction, théâtre, opéra) mais aussi de vecteurs, puisque vous avez également travaillé pour la télévision sur Princesse Marie ...

C’était une demande de Catherine Deneuve et je ne pouvais pas dire non. J’ai disposé de moyens à la télévision que je n’aurais sans doute jamais eus au cinéma. C’était un film parfaitement produit et j’en garde un souvenir merveilleux. J’ai également travaillé tout récemment pour France 2.

Un premier livre sur vous, écrit par Xavier Lardoux, a été publié au printemps ; une rétrospective est annoncée à la Cinémathèque… Quel effet cela vous fait-il ?

Je suis certes honoré, mais j’ai pris conscience que je n’avais pas l’âge que je croyais avoir ! Je suis étonné d’avoir fait autant de films, mais pour le reste, je demeure un sceptique sur tout cela, car chaque film est pour moi un recommencement, une première fois ...

Quels sont vos projets aujourd’hui ?

Je travaillais sur un film en langue anglaise, Capri 1934, une adaptation d’un texte de Moravia, mais la production vient d’être arrêtée, pour des raisons qui m’échappent un peu. En revanche, je travaille sur deux longs métrages. Le premier, avec Philippe Carcassonne, est prévu pour le printemps prochain. Il s’agira d’une histoire d’amour et d’envoûtement à la fin du XIXe siècle, probablement avec Isild Le Besco. J’entreprends également l’écriture pour Isabelle Huppert de Villa Amaria, d’après le roman de Pascal Quignard. Le film sera produit par Édouard Weil.

Propos recueillis par Fabrice Leclerc

  Source : http://www.lefilmfrancais.com/blog/index.php?2006/08/31/3733-benoit-jacquot-realisateur
Retour haut