Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Thank you for smoking  réalisé par Jason Reitman
   
Titre original Thank you for smoking
Réalisation Jason Reitman
Scénario Jason Reitman
D'après l'oeuvre de Christopher Buckley
Interprétation Aaron Eckhart, Maria Bello, Cameron Bright, Adam Brody, Sam Elliott, Katie Holmes, David Koechner, Rob Lowe, William H. Macy, J.K. Simmons, Robert Duvall, Kim Dickens, ...
Musique Rolfe Kent
Photographie Jim Whitaker
Pays U.S.A.
Année 2006
Durée 1h 32min.
Genre Comédie
Production David O. Sacks
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le Jeudi 21 décembre 2006
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

Porte-parole de l'Academy of Tobacco Studies, Naylor va à la télévision et dans les assemblées et prétend en toute mauvaise foi que rien ne prouve que la cigarette est vraiment nuisible à la santé et que, même si c'était le cas, ce n'est pas la responsabilité des gouvernements de protéger les gens d'eux-mêmes. Ces déclarations enragent le sénateur Finistirre, qui veut mettre des têtes de mort et l'inscription "poison" sur les paquets de cigarettes, et valent même des menaces de mort à Naylor.

En revanche, il peut toujours compter sur le soutien de ses collègues du M.O.D. (Merchants of Death Squad), d'une lobbyiste de l'industrie de l'alcool et d'un défenseur des fabricants d'armes, et sur celui de son fils, qui admire sa capacité à argumenter de n'importe quoi à son avantage.

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cinopsis - Eric Van Cutsem
 

Un débat télévisé: Nick Naylor, membre de l'Académie des Etudes sur le Tabac, est invité en même temps qu'un certain nombre de victimes de ce fléau. Cynique, beau parleur, il parvient à éluder les questions anti-tabac et à retourner l'assemblée entière en sa faveur. Et c'est normal car Nick est l'évangéliste du tabac ...

Fils d'Ivan Reitman (GHOST BUSTERS, MY SUPER EX), Jason tient certainement de papa le goût pour des comédies un peu déjantées. Cependant, pour son premier long métrage, on peut dire qu'il a mis la barre assez haut et l'a franchie avec brio... THANK YOU FOR SMOKING tient en effet de la gageure. Jugez-en plutôt: mettre dans le même film une comédie, une superbe satire au vitriol et en même temps une réflexion sur les lobby du tabac, il fallait oser le faire et surtout parvenir à le réussir.

Des dialogues cyniques qui font mouche à tous les coups ("C'est dégoûtant! C'est américain!"), des aphorismes pas piqués des hannetons ("Celui qui fume dans un film de nos jours est soit un psychopathe soit un européen") et des interprètes heureusement non "starisés" servant le tout sur un plateau, voilà la recette choisie par les producteurs de cette satire au ton délicieusement politiquement incorrect.

Jamais on ne s'ennuie et l'on sort du film l'esprit en effervescence tant le scénario a été écrit pour vous titiller les méninges, vous montrant qu'il y a morale et "morale", et que l'on peut faire de la propagande pour tout et n'importe quoi du moment qu'on trouve la bonne personne pour faire passer cette propagande. Petit bijou d'écriture ciselée, THANK YOU FOR SMOKING laisse à penser que Jason Reitman, en un seul film, a devancé d'une tête son père ...

Un fils à suivre donc ...

  Source : http://www.cinopsis.be/rev_main.cfm?lang=fr&ID=5313&rr=1
   
cinebel - Isabelle Monnart
 

Cynique, malin et efficace. Coup d'essai coup de maître pour Jason Reitman

Avec ses camarades des lobbies de l'alcool et des armes à feu, Nick Taylor, du département cigarettes, est sans doute l'un des hommes les plus détestés des Etats-Unis. Il s'en moque : lui, ce qui lui plaît dans ce job (déjà, il a un job), c'est de causer. Et de causer si bien, d'être si convaincant, qu'il vendrait un bâton de glace à un esquimau. Redoutable hâbleur, il met donc tout son savoir-faire au service de l'industrie du tabac, n'hésitant pas à accomplir les basses besognes : représenter la clope dans les débats télévisés - en assurant un pauvre garçon cancéreux que les cigarettiers vont investir de l'argent dans la lutte contre le cancer -, livrer des valises de cash à l'ancien Marlboro Man, aujourd'hui très mal en point, pour acheter son silence, et on en passe.

De mauvaise conscience, donc, Nick Taylor n'en fait pas vraiment preuve. Mais l'homme est aussi un père et dans ce rôle-là, il est plutôt mauvais. Quand le constat de son échec lui revient à la tête tel un boomerang, quand il perd son boulot, lâché par ses supérieurs, Nick se dit qu'il y a là quelque chose de grillé dans son petit univers et ses vagues convictions partent en fumée ...

Dès le générique, le film de Jason Reitman (le fils de l'autre, oui oui) est enthousiasmant. Le nom de chaque acteur devient une marque de cigarette, écrite sur la tranche d'un paquet imaginaire. Le reste est à l'avenant : les héros s'adressent à la caméra, l'image se gèle, le temps d'une explication, des petits inserts rigolos viennent agrémenter les débats, les personnages sont tous bien campés et, surtout, sur le fond, Thank you for smoking est un film malin, qui dénonce avec bien plus d'efficacité les travers et l'hypocrisie de la société américaine que bien des documentaires ne l'ont jamais fait.

Mieux : personne ne grille la moindre clope en une heure trente. Sauf John Wayne, dans un vieux film à la télé. Et il se fait descendre !

  Source : http://www.cinebel.be/fr/film/critique/1000604-Thank-you-for-smoking.htm?criticId=387
   
cinenews - Ruben Nollet
 

"Pour pratiquer un job comme le mien, il est nécessaire d'avoir une certaine flexibilité morale"... voilà ce que déclare Nick Taylor à son jeune fils Joey, au cours du film 'Thank you for Smoking'. Cette citation en résume laconiquement le contenu! Il faut savoir que Mr. Taylor défend les intérêts de l'industrie du tabac, n'hésitant pas pour arriver à ses fins, à "oublier", voir détourner certaines vérités. Cette manière de procéder (le Spin Control) est devenue la grande peste de ces 20 dernières années. Hé oui, communiquer n'est plus une question de contenu, mais repose sur la qualité de l'argumentation, et la manière de formuler les choses ...

A ce sport, Nick est champion! Alors que tout le monde sait que fumer détruit la santé, notre homme parvient à s'attirer la sympathie de la foule lors de débats. En fin stratège, il utilise au maximum son intellect acéré, ses talents d'orateur, ses airs charmants de poupon. Rien n'est laissé au hasard lorsqu'il s'agit de régler un procès, coûte que coûte !

Ce genre de personnage sans scrupules est généralement perçu comme étant le grand méchant de l'histoire, mais ce n'est pas le cas dans 'Thank You for Smoking', où le "héros" scintille de mille feux sous les projecteurs. Vous l'aurez compris, il s'agit d'une satire d'où suinte le cynisme, le genre de production où le personnage principal et ses "collègues", dealeurs d'alcool ou marchands d'armes, se chamaillent pour savoir qui fait le plus de victimes.

Une comédie diabolique interprétée par un magistral Aaron Eckhart !

  Source : http://www.cinenews.be/Critics.Detail.cfm?ContentsID=5267&lang=fr
   
cinemovies - Reynald Dal Barco
 

Prochainement à l'affiche du Dahlia Noir de De Palma, l'acteur Aaron Eckhart brille d'ores et déjà de tout son éclat dans Thank You For Smoking : satire politiquement très incorrecte, spécialement réalisée pour les lobbyistes du monde entier et le modèle américain.

Malgré ce que pourrait laisser croire son titre, malgré son intrigue campée dans le business du tabagisme, Thank You For Smoking n'est pas un film dans la veine de Révélations. D'ailleurs, vous ne verrez aucune cigarette être allumée dans le film. Si l'on retrouve encore le sénateur Jeffrey Wigand (campé à l'époque par Russell Crowe), le dénonciateur des vendeurs de nicotine est ici incarné par le (toujours) fabuleux William H. Macy. Comédie franchement bidonnante et terriblement satirique, le premier film de Jason Reitman (fils du réalisateur Ivan Reitman) est le reflet d'une réalité que notre modèle politico-économique appréhende mal (quoique), mais qui, dans la société américaine, est institutionnalisée depuis des lustres, à savoir la toute-puissance du lobbying.

Comme le souligne la communication du film : "Le lobbying désigne l'activité de groupes de pression ou d'influence qui souhaitent faire entendre leur revendications en pesant sur les décisions des hommes et des femmes politiques de leur pays. Aux Etats-Unis, c'est un droit consacré par le 1er amendement de la Constitution. Multinationales, banques, syndicats, laboratoires pharmaceutiques, associations anti-avortement ou pro-armes à feu (telle que la célèbre National Rifle Association), rares sont les organisations qui n'ont pas un bureau permanent à Washington."

Pour une fois, le héros n'est pas le gentil, mais le méchant, en l'occurrence Nick Naylor (Aaron Eckhart), payé à coup de centaines de milliers de dollars pour contrecarrer ou retourner à son avantage les incessantes attaques des opposants au tabagisme (son pire ennemi : Jeffrey Wigand). Si l'on entend souvent (à raison, sûrement) que le tabac est dangereux, là, on ose observer qu'il permet de lutter contre la maladie de Parkinson, on vante son esprit cool et la détente qu'il procure - enfin tout un argumentaire véritablement de mauvaise foi, le tout baignant dans un cynisme à vous couper le souffle.

Exemple ? Tous les jours, Nick a l'habitude de retrouver ses deux meilleurs amis professionnels pour le déjeuner, en l'occurrence Bobby Jay (David Koechner), lobbyiste des fabriquants d'armes, et Polly Bailey, lobbyiste des fabricants de boissons alcoolisées. Tous les trois se sont autoproclamés "Le bureau des MDM", sous-entendu "Marchands de Mort". Ces trois-là en arriveront même à s'engueuler dans le film pour savoir quel est celui qui tue le plus de citoyens américains chaque année.

L'ironie constitue l'autre trait de caractère du décapant Thank You For Smoking. Un exemple valant tous les discours, continuons à extraire du film une tirade fumeuse. Lors d'un repas, Nick voyant son ami Bobby manger, pour le dessert, une espèce de tarte Tatin recouverte de Cheddar, déclare : "Mais c'est dégueulasse !" Et l'autre de répondre : "Normal ! C'est américain."

Puisqu'on en est aux citations, rappelons que le film est l'adaptation du pamphlet écrit par Christopher Buckley en 1994, et que la majeure partie des dialogues est tirée directement du livre (qui connut un véritable succès au Etats-Unis). La mise en chantier du film ne fut pas une mince affaire. Pendant dix ans, les droits d'adaptation furent la propriété de la société de Mel Gibson qui, à l'origine, se voyait dans le rôle de Nick Naylor. Visiblement, Mad Max ne lâcha pas si facilement les droits aux nouveaux producteurs. Entre la récupération des droits, la réécriture du scénario et le réel développement du film, il s'écoulera quatre ans - le tournage a débuté en janvier 2005.

A l'image de Little Miss Sunshine, Thank You For Smoking a connu outre-Atlantique un succès crescendo. Petit à petit, l'oiseau a fait son nid. Surprenant ? On ne connaissait pas les Américains aussi attachés à l'autocritique. Thank You For Smoking fait appel encore à la responsabilité éducative (lire notre prochaine interview). Loin de la facilité, Aaron Ekhart joue les pourfendeurs d'ego. Au final, l'éthique du personnage redeviendra droite comme un "i". En attendant, de nombreux fous rires sont prévus au programme ; et les quelques vannes de dédain égrenées tout au long film en direction des fumeurs par ces requins industriels devraient vous faire lâcher la cigarette pour un bon bout de temps.

  Source : http://www.cinemovies.fr/fiche_critique.php?IDfilm=7318
   
 telerama - Cécile Mury
 

Les tribulations cynico-hilarantes d’un vendeur de nicotine. Politiquement incorrect et réjouissant

"Merci de fumer"... Le titre, à lui seul, est déjà provocateur. En ces temps de diabolisation du tabagisme, il fallait oser. Jason Reitman l’a fait. Il aurait aussi bien pu intituler ce premier film comme la fameuse chanson des Stones : Sympathy for the Devil, en VF "Connivence avec le démon". Car Nick Naylor, (anti-) héros de cette croustillante satire, exerce un job très sulfureux : il est le porte-parole de la société Big Tobacco, version fictive de n’importe quel puissant consortium de cigarettiers américains. Ses activités se résument à un mot : "lobbying", et sa moralité à un adjectif : "flexible". Grassement payé pour être honni d’un bord à l’autre du pays, Nick Naylor adore ça. Mais il sait aussi retourner l’opinion à coups d’arguments matois, de talk-shows en colonnes de journaux.

Jason Reitman, qui adapte un pamphlet de Christopher Buckley (publié en France sous le titre Salles fumeurs), prend un malin plaisir à embarquer le spectateur dans la rhétorique aussi tordue qu’imparable de son personnage. On l’invite sur un plateau télé, en compagnie d’un adolescent fumeur et cancéreux ? Il finit ovationné par un public ému aux larmes, qui, au départ, était prêt à le lyncher. Il participe, dans la classe de Joey, son fils de 12 ans, à la journée des métiers ? Il exhorte sournoisement les chers petits à griller une première petite clope : "Pensez par vous-même ...

Ne vous laissez pas influencer..." Bref, il ne s’arrête jamais. Profondément, presque gaiement cynique, Naylor est aussi... charmant. A ce jeu dangereux, manipulation et séduction, le comédien Aaron Eckhart fait merveille. L’œil vif, le sourire éclatant, il a la tête de l’emploi, et la malice en prime.

Ne vous y trompez pas : Thank you for smoking n’est pas une apologie du tabac. Tout le monde en prend pour son grade, dans un festival de répliques qui tuent et de séquences hilarantes. Bien sûr, un certain néopuritanisme est visé. Le sénateur en pleine croisade antitabac (William H. Macy en sandalettes, irrésistible) suggère, par exemple, de truquer l’histoire du cinéma, en remplaçant, entre les doigts de Humphrey Bogart ou de Marlene Dietrich, les cigarettes par des sucres d’orge ...

Mais les géants du tabac ne sont pas mieux traités : le supérieur de Nick Naylor est une brute épaisse (J.K. Simmons, très drôle), et le grand patron se meurt d’un cancer du fumeur (l’impérial Robert Duval, dans un grand numéro de "parrain" de la clope). Quant à leurs pratiques, elles sont clairement exposées. Une campagne de réhabilitation de la cigarette est mise au point via Hollywood (dont Thank you for smoking, film indépendant, se moque allègrement au passage) et ses stars. Et une valise de dollars fait taire un vieux cow-boy Marlboro en phase terminale ...

Au-delà de la guerre du tabac, le film pose habilement la question de la responsabilité individuelle : Nick Naylor répète qu’il fait ce boulot pour "rembourser ses emprunts", comme tout le monde, comme chaque maillon pseudo-innocent d’une société coupable. Jason Reitman se garde pourtant de donner des leçons de morale. Quant à l’habituel happy end hollywoodien en forme de rédemption, il faudra s’en passer.

Pas de jugement non plus dans les rencontres régulières de Nick avec ses deux meilleurs ( seuls ?) amis : les représentants du lobby des armes et de l’alcool. Se surnommant eux-mêmes les MDM, ou "marchands de mort", ils se livrent à un concours d’ignominie, à qui cause le plus de décès par jour, qui est le plus détesté... Ces scènes, férocement drôles, sont les points d’orgue du film, la preuve que l’Amérique est encore capable de se moquer d’elle-même.

  Source : http://www.telerama.fr/cine/film.php?id=273571
   
 nord-cinema - Joanna Levy
 

Politiquement plus qu'incorrect, délicieusement cynique, volontairement provocateur, Jason Reitman signe ici un film drôle et grinçant qui fait mouche dans sa critique subtile, ou presque, du lobbysme à outrance. Aaron Eckhart est brillant dans le rôle de Nick Naylor, avocat du diable interprété, lui, par l'industrie du tabac. Nick est un tchatcheur professionnel qui persuaderait un Inuit d'acheter un frigo grâce à son sourire désarmant, ses répliques cinglantes et ses raisonnements infaillibles.

Sa relation avec son fils lui donne une dimension humaine non négligeable. Attaqué de toute part par les militants anti- tabac, une journaliste sans scrupule et un sénateur haineux, Nick s'en tire avec brio sur tous les tableaux et nous offre des dialogues d'une justesse et d'un humour percutants. Au final, un film plutôt réussi, surtout pour un premier long-métrage, servi par une distribution sans fausse note où tout le monde en prend pour son grade, la preuve que l'Amérique est toujours capable de se moquer d'elle-même.

  Source : http://www.nord-cinema.com/fiches/film,1471.html
   
 cinemapolis - Maïlys Charlier
 

Thank You For Smoking est une comédie américaine grinçante, où l'ironie prime tout au long du film

Le premier long métrage de Jason Reitman décrit la société américaine dans toute son horreur : lobbying en faveur des multinationales, légalisation des armes à feu, la trop grande importance du profit dans une société ultracapitaliste... Le scénario est tiré du roman homonyme de Christopher Buckley et traite d’un sujet épineux : le lobbying, devenu une activité institutionnalisée aux Etats-Unis. Celui-ci est un droit du premier amendement de la constitution américaine et a pour but de peser sur les décisions des hommes politiques.

Dans ce film indépendant, Aaron Eckhart campe Nick Naylor, lobbyiste de talent, séduisant et charmeur. Divorcé, la quarantaine et père de Joey, 10 ans. Il est payé par la firme Big Tobacco (grande entreprise de cigarettes américaines) pour son seul talent : parler. Son travail consiste à démontrer les ravages que provoque la prévention antitabac. Conférences de presse, talk-shows télévisés… Nick Naylor parvient à convaincre beaucoup de monde avec son sourire et son génie oratoire. Cependant, son ex-femme le croit incapable d’être un bon père et, à son grand désarroi, Joey révèle un don proche de celui de son père ...

Une morale ? Il n’y en a pas vraiment ou alors elle est inversée… Le personnage principal du film défend les géants du tabac. Un scénario politiquement incorrect, donc. Le réalisateur en profite pour glisser quelques critiques sur le système américain : la peine de mort toujours existante, le pays en guerre pour du pétrole, les mensonges du gouvernement… Sans doute une jolie façon de faire passer un message. Mais les vraies critiques sont portées sur les pratiques immorales du lobbying. Thank You For Smoking raconte avec humour et dérision le parcours du lobbyiste Nick Naylor et les épreuves qu’il doit traverser : enlèvement, licenciement, humiliation par une jeune journaliste et le pire, élever son fils ...

Jason Reitman tourne là son premier film et c'est une réussite, empreinte de cynisme et d'humour noir. Les acteurs sont épatants dans leur rôle : Katie Holmes notamment est surprenante en journaliste prête à tout pour réussir, assez aguicheuse et sûre d’elle ; un personnage très loin de la fragile Joey Potter de Dawson… Quant à Aaron Eckhart, il est parfait dans ce rôle de canaille défendant l'indéfendable. A noter aussi le petit clin d'œil du réalisateur à l'écrivain dont le roman a inspiré le film : Christopher Buckley fait en effet une courte apparition dans Thank you for smoking, où il lit dans le métro l’article d’Heather Holloway sur Nick Naylor.

Bref, un vrai plaisir que ce film qui commente le phénomène grandissant du lobbying.

  Source : http://www.cinemapolis.info/?2006/10/04/126-thank-you-for-smoking-de-jason-reitman
   
 le grand action - Bernard-Pierre Molin
 

Quel drôle de sujet ! En pleine diabolisation du tabac et sous une présidence Républicaine traditionnellement favorable aux groupes de pression, il fallait être sacrément glonflé pour adapter l’histoire de Chistopher Buckley : une charge drolatique sur les lobbyistes et les politiques, intimement liés dans la vie publique américaine.

Mais passer du roman à l’écran prit tout de même 10 ans ! C’est Jason Reitman, court-métragiste à succès et fils du réalisateur Ivan Reitman, qui s’y est collé, soutenu par un jeune producteur venu de la net-économie, David O. Sacks. Reitman a réussi à rendre sympathiques des personnages qui ne le sont pas à priori. C’est, avec l’humour, la première force de ce film, radicalement décalé et politiquement très incorrect. Thank You For Smoking est l’un des exemples les plus séduisant de la vigueur du cinéma indépendant aux Etas-Unis. Et une preuve que la liberté de ton y est encore possible.

  Source : http://www.legrandaction.com/thank-you-for-smoking/index.html
   
 imedias - Julien Thomas
 

Comédie grinçante sur le lobby de l’industrie du tabac aux Etats-Unis, le premier long-métrage de Jason Reitman se distingue par des répliques cinglantes, un cynisme enchanteur et une très bonne distribution

« Michael Jordan joue au basket. Charles Manson tue des gens. Moi, je parle ». Nick Naylor (Aaron Eckhart) n’est pas l’avocat du diable, il est le démon en personne. Enfin plutôt un ange diabolique. Défendre l’indéfendable (la cause de l’industrie du tabac) fait appel à toute sa force de conviction. Séducteur au sourire désarmant et aux formules implacables, Nick doit d’une part combattre la politique de prévention contre le tabagisme, et de l’autre convaincre son ex-femme qu’il est un bon père pour leur fils Joey.

L’enfant permet de donner une dimension humaine au personnage joué par Aaron Eckhart. Dans ce rôle d’ordure sympathique, l’acteur semble se sentir comme un requin dans l’eau. La distribution ne contient aucune fausse note. On le savait déjà, mais William H. Macy, J.K. Simmons et Robert Duvall sont vraiment des seconds rôles de luxe.

Satire du marketing politique qui a pris le contrôle du système américain, Thank You for Smoking frappe d’abord par son cynisme. Adapté du pamphlet de Christopher Buckley, le ton est acerbe, mais conserve toujours son humour. Jason Reitman a été immédiatement emballé par l’histoire. Bien que ce film soit son premier long-métrage, le jeune cinéaste a su insuffler du rythme et de la cohésion à son récit.

Les "marchands de mort"

Les dialogues aiguisés, dont beaucoup viennent directement du livre, fusent. Nick au nouveau petit ami de son ex femme, un petit peu trop regardant sur l’éducation du petit Joey : « Je suis son père. Toi tu es juste le mec qui baise sa mère ». Boum. Dès la première scène du film, on comprend que Nick est un beau parleur qui peut se sortir de situations désespérées uniquement grâce à des mots. Convié à un show télévisé, il débute l’émission entouré de militants anti tabac et sous les huées du public. Après quelques pirouettes verbales, il sort grand vainqueur du débat en serrant la main du « Cancer Boy ». Les trouvailles du film sont multiples mais la plus marquante est probablement l’idée d’une réunion de lobbyistes surnommés les « marchands de mort ». Nick, lobbyiste du tabac, y partage ses parades avec ceux de l’alcool et des armes. God bless America !

  Source : http://www.imedias.biz/film/critique-thank-you-for-smoking-1307.php
   
 le monde - Thomas Sotinel
 

Thank You for Smoking : l'admirable cynisme d'un marchand de mort

Rien de tel qu'un rôle de sympathique salaud pour poser un acteur. Nicolas Cage (qui n'avait pas besoin de cette démonstration) s'est brillamment tiré de l'épreuve avec le marchand d'armes de Lord of War. C'est au tour d'Aaron Eckhardt de resplendir en exerçant l'une des professions les plus méprisables que l'on puisse imaginer - lobbyiste de l'industrie du tabac. On le découvre sur un plateau de télévision, entre le responsable d'un institut sanitaire et un adolescent rendu chauve par la chimiothérapie. En trois coups de cuillère à pot, Nick Naylor (Eckhardt) réussit à faire croire que les grands trusts du tabac sont résolus à dissuader les adolescents de fumer et ridiculise ses opposants.

Tiré d'un roman du satiriste Christopher Buckley (Salles fumeurs, Livre de poche), Thank You for Smoking est le premier long métrage de Jason Reitman, qui se trouve être le fils d'Ivan, pilier du cinéma comique américain (Les Bleus, S.O.S. Fantômes). Or il se trouve que le scénario a affligé Nick Naylor d'un fils d'une douzaine d'années que l'on découvre derrière son pupitre d'écolier, en ce jour du rituel scolaire américain qui voit les parents venir expliquer à la classe de leur progéniture toute la beauté de leur métier. En arrivant, Nick croise un pompier en tenue (voilà pour les gags visuels appuyés, dans lesquels on peut voir l'héritage d'Ivan Reitman) et, lorsqu'il passe devant son fils, celui-ci l'implore : "S'il te plaît, papa, ne gâche pas ma vie."

Plus qu'une satire politique

C'est tout le contraire qui va se passer puisqu'il va emmener son garçon en Californie, où il est chargé de suborner quelques responsables hollywoodiens afin que les stars se remettent à fumer. Accessoirement, il doit aussi corrompre le cow-boy Marlboro qui se meurt du cancer, afin que l'ex-icône finisse ses jours dans le silence.

Ces travaux sont accomplis avec une virtuosité qui laisse l'enfant en admiration devant son père. C'est là que Thank You for Smoking s'élève au-dessus de sa condition de satire politique. Aaron Eckhardt est un acteur étonnant, qui s'est fait connaître en incarnant l'atroce cadre qui séduit une employée sourde et muette dans In the Company of Men, de Neil LaButte. Mais il était aussi remarquable en Hell's Angel au grand coeur dans Erin Brockovich. Il joue ici de ces deux registres, la prédation virile et la séduction tendre, en mettant ces deux tactiques au service de la même stratégie : la satisfaction immédiate de ses besoins économiques et affectifs.

Autour de ce monstre qui fait sans cesse valoir qu'il ne fait qu'obéir à des pulsions largement partagées s'agite un petit monde de figures washingtoniennes ou hollywoodiennes qui, chacune, donnent à leur interprète l'occasion de s'amuser. Sans épuiser la liste, on évoquera le club des MoD (merchants of death, marchands de mort), qui réunit toutes les semaines les représentants des lobbies du tabac, de l'alcool (Maria Bello) et des armes à feu (David Koechner). Ces séquences en trio sont l'occasion de concours de cynisme à couper le souffle. Et Rob Lowe en agent hollywoodien est un régal de ridicule et d'immoralité.

Seule (et l'on jure ici que cette réserve n'est pas une manifestation de corporatisme), Katie Holmes faillit totalement à sa tâche, qui lui demandait d'incarner une journaliste assez assoiffée de scoops pour faire don de son corps à sa source. Non que ce soit invraisemblable, mais la jeune actrice est incapable d'exhaler les vapeurs méphitiques qui viennent si naturellement à ses collègues.

  Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-812205,0.html
   
 comme au cinema - Eléonore Guerra
 

Et si Erin Brockovich retournait sa veste ... ?

Vous êtes fan de Jeffrey Wigand, héros de Revelations ? Vous vouez une admiration sans borne à Erin Brockovich ? Nous vous présentons aujourd’hui Nick Naylor, leur exact opposé, l’homme que vous adorerez détester… ou détesterez adorer, au choix. Nick Naylor ou « l’homme qui réussirait à vous convaincre d’acheter un paquet de clopes à votre petit neveu de 8 ans ».

En 1994 sort aux Etats-Unis « Thank You For Smoking », pamphlet littéraire de Christopher Buckley dénonçant les abus du lobbying à outrance. Le lobbying - une activité décriée sur le Vieux Continent, mais véritable sport de niveau aux US - consiste pour des groupes de pression (tabac, alcool, etc.) à influencer les pouvoirs publics dans le sens de leurs intérêts. Grâce à sa charge satirique envers la culture capitaliste américaine, l’ouvrage est un succès critique et commercial et ne tarde pas à faire de l’œil à Hollywood.

Après être passé par de nombreuses mains – dont celles de Mel Gibson – le projet est confié en 2002 à Jason Reitman, petit nouveau ayant su se faire remarquer par des courts-métrages audacieux tels que In God We Trust. Quatre ans plus tard, force est de constater que l’idée était loin d’être mauvaise ! Fini les bons sentiments – on préfère oublier la relation entre Nick et son fils, un peu trop sucrée – et la morale familiale : Thank You For Smoking gratte là où ça chatouille. Et à ce jeu de massacre, même les petits cancéreux en prennent pour leur grade ...

Avec un cynisme jubilatoire et une irrévérence politique salutaire, Nick Naylor (Aaron Eckhart délicieusement carnassier) nous susurre un discours odieux… mais tellement facile et vrai ! Bien entendu, fumer c’est mal et les multinationales du tabac sont des suppôts de Satan… mais de là à arrêter de fumer, euh… En grossissant le trait, on voit toute la monstruosité du système et on n’en est que plus scandalisés. Pourtant, le pire - et le plus drôle - dans cette réflexion caustique est qu’on se laisserait honteusement et facilement embarquer par les propos démagos et le sourire enjôleur de Nick. Et que dire du génial mais terrible Club des Marchands de Morts ?

Non, c’est trop. On vous l’avoue, pendant 1h30 on aurait envie de chanter en chœur avec Nick : In Dollar We Trust… C’est vraiment pas beau ...

  Source : http://www.commeaucinema.com/news.php3?nominfos=45909
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