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Je vais bien, ne t'en fais pas réalisé par Philippe Lioret
   
Titre original Je vais bien, ne t'en fais pas
Réalisation Philippe Lioret
Scénario Philippe Lioret & Olivier Adam
D'après l'oeuvre de Olivier Adam, Kad (Kad Merad), Julien Boisselier, Isabelle Renauld, Aïssa Maïga, Simon Buret, Christophe Rossignon, Eric Hérson-Macarel, Thierry Lavat, Emmanuel Courcol, ...
Interprétation Mélanie Laurent,
Musique Nicola Piovani
Photographie Sacha Wiernik
Pays France
Année 2006
Durée 1h 40min.
Genre Drame
Production Christophe Rossignon
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le Jeudi 11 janvier 2007
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Comme elle rentre de vacances, Lili, 19 ans, apprend par ses parents que Loïc, son frère jumeau, suite à une violente dispute avec son père, a quitté la maison. Loïc ne lui donnant pas de nouvelle, Lili finit par se persuader qu'il lui est arrivé quelque chose. Rongée par l'inquiétude, elle cesse de s'alimenter et dépérit dangereusement. On l'hospitalise, mais rien n'y fait, elle se laisse glisser ...
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cinenews - Nathalie Gillet
 

Où est Loïc? Loïc a disparu un jour d'été. Il laisse derrière lui une famille en décomposition; un père rongé par la culpabilité, une mère paralysée par l'angoisse, et Lili, sa soeur jumelle indéfectible. Tout ceux-là baignent dans leur jus, à savoir la banlieue stérile de Paris. Livrés à leur existence minable. Mais Lili refuse de couper le cordon.

Elle plonge dans les tréfonds de son âme et punit son corps en exutoire. Jusqu'au jour où Loïc refait surface à travers des lettres, comme autant de petits cailloux blancs sur le chemin de Lili. Elles guident le récit, font progresser l'intrigue par petites touches, parfois maladroites ou prévisibles. Mais avec une grande pudeur. Loiret ne s'autorise aucune mièvrerie (merci) et est soutenu dans son oeuvre par une flopée d'acteurs désarmants de spontanéité.

  Source : http://www.cinenews.be/Critics.Detail.cfm?ContentsID=5463&lang=fr
   
zone02- ST
 

Alors qu'elle revient de vacances passées en Espagne, Elise Tellier, 18 ans et Lili pour les amis, apprend que Loïc, son frère jumeau, a brutalement quitté le domicile parental après une énième dispute avec son père. Depuis, plus aucune nouvelle.

Voilà, c'est à peu près tout ce que nous avons envie de vous dévoiler de Je vais bien, ne t'en fais pas, le nouveau film de Philippe Lioret (L'Equipier). Moins vous en saurez à propos de cette adaptation du roman homonyme de Olivier Adam, plus vous serez surpris par le voyage que va accomplir la jeune protagoniste de l'histoire.

Le résultat final rappelle à la fois des films comme Qui a tué Bambi ? , L'Homme qui voulait savoir et Caché. Avec un minimum de moyens, Lioret parvient à réaliser l'une des 'uvres les plus intrigantes de l'année et prouve qu'il n'a besoin ni d'hélico en péril ni de sucreries façon soap pour proposer un cinéma passionnant.

Le scénario est en béton et imprévisible, prenant du début à la fin, le casting puise à fond dans le cinéma de suspense (intelligent) et les choix audiovisuels sont sans failles. La chanson que Loïc a écrite pour sa s'ur vous mettra une boule dans la gorge et derrière les plans au simplisme de façade, vous découvrirez une subtilité renversante qui fait un sort à la petite vie tranquille des bourgeois des faubourgs français.

  Source : http://www.zone02.be/film/detail/fr/3853/Je%20vais%20bien,%20ne%20t'en%20fais%20pas.html
   
antipode - Adrien Maigre
 

A son retour de vacances, Lili, 19 ans, retrouve sa famille sans son frère jumeau Loïc, qui a quitté la maison suite à une dispute violente avec son père. Sans nouvelles de lui, elle se persuade qu'il lui est arrivé malheur. Lorsqu'elle reçoit enfin de ses nouvelles, elle décide de partir à sa recherche. Ce qu'elle va découvrir dépasse tout ce qu'elle avait imaginé ...

"Je vais bien, ne t'en fais pas" est adapté du très beau roman du même titre d'Olivier Adam, qui a co-écrit le scénario avec le réalisateur Philippe Lioret. On retrouve d'ailleurs dans le film la fine économie de dialogues propres à l'auteur. Sans caricature, sans détails surécrits, Philippe Lioret réalise avec "Je vais bien..." le portrait subtil d'une jeune adolescente en quête d'une partie d'elle-même.

Le film n'échappe pas à tous les codes du psychodrame mais la sensibilité du réalisateur les dépasse et porte l'histoire à un autre niveau. Entre la comédie de moeurs contemporaine et la tragédie douce, "Je vais bien ne t'en fais pas" est un film familial bouleversant, porté par une jeune comédienne épatante: Mélanie Laurent.

A voir absolument !

  Source : http://www.antipode.be/billet/billet.php?id=CINEMA&id_billet=1544
   
cinemaniacs - Laurent Etienne
  Philippe Lioret réussit à diriger ses acteurs. Que ce soit Kad Merad, Isabelle Renauld, et surtout Mélanie Laurent, ils sont tous parfaits. Un autre mérite est d'avoir un bon scénario. Peu à peu les personnages vont se dévoiler. Mais au lieu de se sentir plus léger, on va plutôt éprouver un certain malaise.
  Source : http://www.cinemaniacs.be/film.php?id=9655
   
 guido - SD
 

Primée au dernier Festival International du Film Francophone de Namur, Mélanie Laurent n'a assurément pas volé son Bayard d'Or tant elle porte de sa fragilité et de sa grâce le nouveau film de Philippe Lioret. Je Vais Bien, Ne T'En Fais Pas est en effet un drame sobre et atypique qui recèle autant de surprises que de sentiments contrastés.

A son retour de vacances, Lili, 19 ans, apprend la fugue de son frère jumeau. Elle essaie de comprendre les raisons d'un tel geste, mais ses parents la laissent dans la vague, invoquant une dispute entre son père (Kad Merad, inattendu) et son frère. Comme elle n'a aucune nouvelle de lui, Lili part à sa recherche et commence petit à petit à dépérir jusqu'à ce qu'elle reçoive enfin une carte postale.

C'est donc grâce au talent des deux acteurs principaux précédemment cités que ce film nous emmène dans l'inquiétante descente aux enfers de cette fille perdue sans la présence fraternelle qui équilibrait sa vie. Un film mélancolique à souhait, mais qui ne sombre jamais dans les abus de pleurnicheries ni les démonstrations trop explicites. Une petite touche de finesse dans un monde de brutes!

  Source : http://www.guido.be/fr/desktopmodules/articledetail.aspx?mid=339&itemid=2330&tabid=71&pageid=88
   
 cinopsis - Eric Van Cutsem
 

Alors qu'elle revient tout juste de vacances, Lili apprend que son frère jumeau, Loic, à peine revenu chez lui, s'est heurté à son père et a claqué la porte. Peu à peu, Lili s'inquiète de son absence et du fait qu'au bout de quelques jours, il ne la rappelle pas ...

Après un L'EQUIPIER très réussi, Philippe Lioret confirme avec ce JE VAIS BIEN, NE T'EN FAIS PAS tout le bien que l'on pensait de lui. Choisissant des sujets forts et originaux, cet ancien ingénieur du son reconverti en réalisateur parvient à intégrer mystère et réflexion dans des histoires aux personnages bien bâtis. Qui s'en plaindra ?

JE VAIS BIEN... exploite le thème de l'absence pire que la mort, absence qui entraîne l'anorexie, la dépression chez Lili, la soeur jumelle de Loïc. Elle subit une véritable descente aux enfers avant de recevoir soudain des lettres providentielles de ce frère parti brutalement. La mise en scène doublée du jeu convaincant des acteurs traduit merveilleusement la langueur de l'attente qui s'installe dans les esprits.

Et les parents semblent impuissants et apathique, englués dans un quotidien qui les empêche de s'impliquer. Mais le scénariste et auteur du roman Olivier Adam nous réserve des surprises que Lioret distille au fur et à mesure du récit nous maintenant constamment en éveil, curieux de comprendre ce qui cloche dans cette famille: est-ce simplement le départ du frère?

Un simple conflit de génération entre la fille et ses parents? Mais une belle mise en scène sans le soutien de comédiens qui jouent juste ne vaudrait pas grand-chose... Et l'on prend donc beaucoup de plaisir à voir Kad Merad dans un beau rôle dramatique montrant ici une facette moins connue de l'amuseur compère de Olivier, à assister à une superbe interprétation de Mélanie Laurent qui crève la toile, portant le film et transcendant souvent les non dits de l'histoire ou encore de voir le soin apporté aux seconds rôles qui donnent au film toute sa qualité.

Mélangeant habilement social et thriller, JE VAIS BIEN, NE T'EN FAIS PAS mérite donc le déplacement dans votre salle obscure favorite ...

  Source : http://www.cinopsis.be/rev_main.cfm?lang=fr&ID=5419&rr=1
   
 cinefemme - m.c.a
 

Inspiré du beau roman d’Olivier Adam, qui a participé à l’élaboration du scénario, "Je vais bien…" évoque avec gravité le thème de l’absence d’un être aimé et les conséquences pathologiques qui peuvent en résulter pour ceux qu’il a laissés.

Deux points forts dans ce film

D’abord l’interprétation magnifique de chacun de ses protagonistes et notamment celle de la jeune Mélanie Laurent qui vient de recevoir le prix Romy Schneider 2006. Est-ce parce qu’elle a suivi les conseils (*) que lui a donnés Gérard Depardieu qui l’a dirigé dans son premier rôle dans "Un pont entre deux rives" que cette jeune femme semble jouer, d’instinct, juste, comme un musicien peut jouer à l’oreille. Elle arrive à la fois à donner l’impression d’une énergie quasi palpable dans son envie de sortir son père de son mutisme, de soutenir le chagrin de sa mère et d’une extrême fragilité dans l’expression de son désespoir intime.

Ensuite la palette délicate, plus allusive qu’explicative, des regards de Lioret sur une famille dont chacun des membres doit, s’il veut surmonter son chagrin, se reconstruire et se définir autrement par rapport à l’absent et par rapport à ceux qui restent. En trame secrète et jamais dite de ce film, semblable à la ligne de force souterraine d’une plaque tectonique dont la fracture à tout moment peut engloutir ceux qui s’y trouvent, un constat sur nous, vulnérables humains qui avons, chacun, notre façon d’aborder le deuil et le travail qui s’ensuit pour en sortir.

Un chemin qui parfois frôle l’incrédible, la folie, l’impensable et qui trouve sa logique dans le fait qu’émerger d’un nœud d’émotions relève du mystère, du non dit autant que de l’exprimé et du montré. Les "Petits arrangements avec les morts" évoqués par Pascale Ferran dans son beau film de 1994 restent d'actualité.

(*) "Souviens-toi de ces trois règles : ne t’inscris jamais à un cours, n’apprends jamais ton texte à l’avance et ne crains pas le ridicule" (Voir "Première" septembre 2006 page 29)

  Source : http://www.cinefemme.be/cms/filmfiche.php?film=488
   
 ulg - Christelle Brüll
 

Inspiré d’un des premiers romans d’Olivier Adam, ce film dépeint la vie d’une famille qui vit correctement dans un lotissement de banlieue. Se pressentent aussi dans ce titre les non-dits, les souffrances gardées.

Comment dire aux autres qu’on les aime quand la pudeur prend toute la place ? Comment faire face à la disparition de son frère ou de son fils ?

Philippe Lioret aime filmer l’humain et faire part des sentiments des gens simples. Il souhaite mettre à jour le vivier qui se cache dans la fadeur de la vie quotidienne. Ce qui lui importe est la justesse. C’est en ce sens que le réalisateur va beaucoup travailler, en collaboration avec les acteurs, sur la prise de personnages ainsi que sur les détails comme la couleur d’un costume ou la décoration de l’appartement.

Rien ne doit être superflu ou artificiel. Nul besoin de préciser que le film repose donc en grande partie sur le jeu des comédiens. Un jeu subtil, sur le fil du rasoir qu’assume pleinement Mélanie Laurent, jeune actrice de 23 ans. L’esthétique très classique de Philippe Lioret poursuit la même recherche. La caméra reste discrète. Pas d’effets, juste de la sobriété. Cette exigence permettra au réalisateur de nous livrer un film émouvant et riche et d’éviter ainsi les pièges du psychodrame.

  Source : http://www.ulg.ac.be/le15jour/158/concours.shtml
   
 commeaucinema - Gwendoline Jamesse
 

Premier plan : le brouhaha d’une foule en mouvance sur le quai de la gare routière, Paul et Isabelle attendent leur fille Lili qui revient de vacances de Barcelone. Le ton est donné, des plans réalistes pour une famille ordinaire. Seulement, ce jour n’est pas comme les autres pour les Teillier car le frère de Lili est parti de la maison suite à une dispute avec le paternel. La jeune fille, qui ne supporte pas la rupture de sa relation fusionnelle avec son jumeau, se laisse d’abord dépérir, puis se lance à sa recherche sous l’œil désapprobateur de son père.

Kad Merad en chef de famille fruste et à la limite de l’imbuvable en apparence, Julien Boisselier et Aïssa Maïga en amis que tout le monde rêverait d’avoir et Mélanie Laurent en jeune femme désorientée, les personnages sont attachants et les acteurs bien rôdés. Par ailleurs, le spectateur ne peut que partager le malaise de Lili dans une atmosphère pesante faite d’attente, de rejet, d’ignorance et de non-dits. La lenteur de la mise en scène amplifie ce sentiment et éveille les soupçons lorsque la caméra balaye minutieusement les expressions de chaque protagoniste.

Le film prend des allures de thriller en raison d’une intrigue bien ficelée et d’un mystère gardé intact jusqu’aux dernières minutes. Pourtant, ce long-métrage n’est autre que l’histoire d’une famille déchirée, d’une amitié sans limites et d’un amour naissant. Humain, tendre, Je vais bien, ne t’en fais pas nous pousse au voyeurisme, à nous introduire dans un foyer qui n’est pas le nôtre mais qui pourrait nous en apprendre beaucoup sur les relations humaines.

  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=47933.html
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 youtube & DVDRAMA
 

Le groupe Aaron a écrit et composé une vraie merveille, titre qui s'adresse à Lili ... comprendre cette chanson renforce le message du film, dommage qu'elle soit en anglais, cela la rend bien moins accessible ... en voici les paroles traduites.

Groupe : AaRON

Titre : U-Turn - Lili

Lili, take another walk out of your fake world - (Lili, va faire un autre tour en dehors de ton monde pourri)
Please put all the drugs out of your hand - (S'il te plait débarrasse toi de ces médicaments)
You'll see that you can breath without not back up - (Tu verras que tu peux respirer sans aide)
Some much stuff you got to understand - (Il y a quelques trucs en plus que tu dois comprendre)

For every step in any walk - (Pour chaque pas dans chaque ballade)
Any town of any thought - (Dans chaque ville de chacun de tes reves)
I'll be your guide - (Je serais ton guide)

For every street of any scene - (Pour chaque rue de chaque lieu)
Any place you've never been - (Chaque endroit ou tu n'es jamais allée)
I'll be your guide - (Je serais ton guide)

Lili,you know there's still a place for people like us - (Lili, tu sais qu'il y a encore un lieu pour les gens comme nous)
The same blood runs in every hand - (Le même sang coule dans toute main)
You see its not the wings that makes the angel - (Tu vois ce ne sont pas les ailes qui font les anges)
Just have to move the bats out of your head - (Tu dois juste te débarrasser des chauve-souris dans ta tête)

For every step in any walk - (Pour chaque pas dans chaque ballade)
Any town of any thought - (Dans chaque ville de chacun de tes reves)
I'll be your guide - (Je serai ton guide)

For every street of any scene - (Pour chaque rue de chaque lieu)
Any place you've never been - (Chaque endroit ou tu n'es jamais allée)
I'll be your guide - (Je serai ton guide)

Lili, easy as a kiss we'll find an answer - (Lili, aussi facilement qu'un baiser nous allons trouver une réponse)
Put all your fears back in the shade - (Rejette tes peurs dans les ténèbres)
Don't become a ghost without no colour - (Ne deviens pas un fantôme sans couleurs)
Cause you're the best paint life ever made - (Parce que tu es la plus belle peinture que la vie ait jamais créée)

For every step in any walk - (Pour chaque pas dans chaque ballade)
Any town of any thaught - (Dans chaque ville de chacun de tes reves)
I'll be your guide - (Je serai ton guide)

For every street of any scene - (Pour chaque rue de chaque lieu)
Any place you've never been - (Chaque endroit ou tu n'es jamais allée)
I'll be your guide - (Je serai ton guide)

 

Source : http://www.dvdrama.com/blog/feel4ya/6185/
Source : http://www.youtube.com/watch?v=PemcHANpoHI

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dvdrama - Sophie Wittmer
 

Tenue correcte exigée, Mademoiselle, L'équipier,... Depuis son premier film, Tombés du ciel, tourné en 1993, Philippe Lioret ne cesse de nous étonner, de titiller notre sensibilité en distillant la détresse des hommes, leurs blessures secrètes et affirme son style d'une vibrante pudeur. Je vais bien ne t'en fait pas il atteint une maturité cinématographique qui fait de lui un cinéaste d'une rare authenticité sachant communiquer ses émotions.

Qu'est-ce qui vous a accroché dans le roman d'Olivier Adam ?

Olivier m'a donné un jour ce roman alors qu'on travaillait ensemble sur autre chose. Je l’ai trouvé magnifique et en même temps très brut. Il n'avait que 22 ans quand il l'a écrit. C'est un style très littéraire… Ce n’est pas son meilleur roman, mais j’ai été happé par cette histoire et c’est devenu très vite une urgence pour moi de la transposer au cinéma. En refermant le livre je me suis mis immédiatement d’ailleurs à gamberger, j’essayai s de trouver les ficelles pour l'adapter au cinéma, ce qui peut-être parfois assez compliqué.

Savez-vous précisément ce qui vous a touché à ce point là dans cette histoire ?

Olivier s’était focalisé sur les blessures, la vie de gens ordinaires avec une justesse inouïe, sans les maltraiter, ni, à l'inverse, les ériger en icône. Cet aspect m'intéressait fortement car je pouvais approcher une certaine vérité, pour arriver à s'identifier, à y croire tout simplement. C'est ce que je dis aux acteurs pour les diriger, j’y crois ou je n'y crois pas, il n'y a rien d'autre à dire.

Si je n'y crois pas on recommence, on cherche. Là, j'y croyais. Au delà des personnages, cette histoire possède une dimension très proche du thriller, un thriller familial, il n'y a pas de flics, pas de coups de poing, pas de poursuites en voitures, mais une réelle tension propre au thriller et c’est un récit qui révèle des personnalités inouïes. Sans trop en dire, il faut préserver le mystère, on découvre des choses hallucinantes. Pour moi il y a du James Bond là-dedans, voire même du Scarface.

A l'instar de Mademoiselle et L'Equipier, vous vous arrêtez avec une profonde justesse sur la détresse des personnages, est-ce plus important pour vous ce qui tient un film, beaucoup que son esthétisme ?

L'esthétisme, je n'y accorde effectivement aucune importance. S'il finit par y avoir une certaine forme visuelle, c'est justement l'esthétique de ne pas en avoir. Pour moi le travail du cinéaste c'est de pouvoir gérer une histoire et des personnages, le reste ne m'intéresse pas. Ici, partir c'est mourir un peu, voilà ce que ça raconte. L'histoire de ce jeune garçon qui s'engueule très fort avec son père, régulièrement, par manque de communication. Ils ne se sont jamais dit un mot tendre depuis dix ans probablement. Par pudeur, maladresse, amour-propre… de fausses raisons, stupides.

Un jour il y a une friction énorme entre eux, la sœur est mêlée à ça, et à elle non plus il ne répond pas, parti on ne sait où, se contentant de lui envoyer des cartes pour dire qu'il va bien et qu'il ne faut pas qu'elle s'en fasse. Elle décide de partir à sa recherche et…. La détresse. C'est le mot juste en effet, car sans faire de philosophie à deux balles, la détresse vient pour beaucoup de la solitude. Et la solitude est quelque chose qui nous touche tous. Le film ne parle que de ça.

Comment avez-vous travaillé avec Olivier Adam au moment d'écrire l'adaptation ? Etes-vous resté fidèle au roman ?

Non, pas du tout. J'ai vite fermé le roman pour ne garder que la substantifique moelle. J'ai donc passé trois semaines à me demander comment j’allais pouvoir raconter cette histoire, la rendre plus cinématographique. J'ai refait le parcours de chacun, réinventé des personnages, supprimé des autres, puis un jour j'ai appelé Olivier et je lui ai raconté une histoire. Au bout d'un moment il a compris qu'il s'agissait de son histoire, avec des personnages qui avaient quelque changé. Alors que je craignais qu'il le prenne mal, changer le récit d'un auteur est toujours délicat, il a trouvé ça très bien.

C'était son tout premier livre, écrit il y a dix ans, et il le trouve aujourd'hui nettement plus perfectible. Il m'a d'ailleurs joliment dit que s’il devait le réécrire aujourd'hui, il le réécrirait comme ça. C’est alors que je lui ai proposé d’écrire le scénario avec moi, voilà. Les livres d'Olivier sont souvent noirs, j’ai gardée une part de cette noirceur dans le film, mais la vie n'est pas que noire, j'ai donc mis un point d'honneur à ce que les gens soient vivants. Et quand les gens sont vivants, le sourire n'est jamais loin. Il faut l'utiliser au mieux.

La décision prise vous avez monté ce projet très rapidement je crois ...

J'ai dû abandonner un autre projet rapidement et j’ai demandé à mon complice producteur Christophe Rossignon de pouvoir enchaîner très vite sur un tournage, nous étions en plein mois de mars, je voulais tourner durant l’été. On s'est donc enfermé avec Olivier pour pondre un scénario et en mai il était écrit. Il fallait ensuite monter un financement entre mai et juillet pendant que nous préparions le tournage. Et le 18 août nous tournions les scènes d'été.

Vous aimez ce rythme, le fait qu'il n'y ait que très peu de répits une fois le projet lancé,cela vous stimule ?

C'est formidable. C'est comme sur un plateau quand on demande aux acteurs de rester sur place, de ne pas trop aller se reposer, rester dans la concentration, dans la tension du moment. Dans ces moments là on gamberge à cent à l'heure. Je ne suis pas un intellectuel, mais quand je suis sur un plateau je deviens une machine à réfléchir. Et ça c'est génial parce que je sais que tout va vite, que ce soir à 18h la journée sera terminée, et que tout ce que je dois y mettre, c'est entre 9h et 18h. Je trouve cela hyper motivant. Pendant un tournage je crois que je suis franchement quelqu'un d'autre.

Pas intellectuel, il y a certes un côté très instantané et humain dans vos films, mais en même temps un petit côté intellectuel ...

C'est le fait d'aller au fond des personnages. Dans la vie de tous les jours on ne se dit jamais vraiment tout. C'est la théorie du passe-moi le sel : tout ce que l'on peut dire comme petits mots qui ne coûtent rien, avec ce qu'il y a en-dessous. Tout cela est du domaine du ressenti, qui m'attire plus que le réfléchi. La "psychologie" des personnages, c'est un mot que je ne veux pas entendre. Il faut simplement se mettre dans la situation du moment. On a beau dire qu'on vit avec ce que nous ont inculqué nos parents, grands-parents et tout, mais le moment, la situation présente, c'est ce qu’il y a de plus magnifique, de plus puissant. C'est cela qu'il faut arriver à capter sur un plateau.

Il semble qu'à chacun de vos films il y ait en ce sens une montée en puissance, une sensibilité exacerbée, qui atteint un sommet dans celui-ci ...

Sans doute parce que le temps passe, que cela m'intéresse de plus en plus. Au fur et à mesure de nos vies, je crois que nous sommes des personnages légèrement différents, en tout cas successifs. On peut avoir des centres d'intérêts qui varient un peu. En ce moment il se trouve que je tiens à aller vers une forme de justesse, vers la véracité du propos, et en inconditionnel de cinéma, j'ai aussi envie d'avoir une belle histoire avec des enjeux importants. Et c'est là que le choix du sujet est primordial. Voilà pourquoi quand je tombe sur un sujet comme celui-ci je mets tout en oeuvre pour le réaliser.

Qu'est-ce qui vous saisi chez Mélanie Laurent pour interpréter le rôle de Lili ?

Nous avons très vite été en phase. Et quand cela arrive avec une actrice qui a le physique du personnage, qui nous a plu dans un autre film, Le Dernier Jour de Marconi… D'ailleurs je n'ai pas voulu le regarder en entier pour ne pas la fixer dans un rôle, tout comme je ne veux pas voir les décors avant d'écrire. En revanche, dans les passages que j'ai regardés, elle jouait de manière extraordinairement juste. Une comédienne qui joue aussi bien et qui se sent aussi impliquée dans le personnage, il n'y avait même pas besoin d'essais. C'était elle, point.

Qu'a-t-elle apporté au rôle selon vous ?

Elle. Il n'y a rien à dire de plus. C'est comme un magnifique bloc de marbre qui, par miracle, a déjà un peu la forme de la statue souhaitée. Il n'y qu'à sortit un petit ciseau à pierre, un peu de papier de verre, et voilà le personnage est là. C'était fragile, il n'y avait pas grand-chose à faire. Dans le même temps, sur le plateau je suis un peu dirigiste. Je dois faire rentrer un pied dans une chaussure, et certains jours le pied est un peu gonflé. C'est très compliqué. Diriger des acteurs, c'est aussi gérer leurs moments de perte de motivation, de fatigue.

Avec Kad Merad le problème ne se pose pas car il est d'un professionnalisme irréprochable, mais même avec lui j'ai pu parfois passer pour quelqu'un de tatillon, car il arrive que j'aie l'intime conviction que tel petit détail change totalement la perception d'une scène. Je ne suis pas le Napoléon des plateaux, mais il y a des moments, parfois où l’ on a ce que j’appellerai une intime conviction, et tout repose là-dessus. Plan par plan, mot par mot, image par image, j'essaie de faire que le film ressemble à l'idée de départ, de ne pas s'en éloigner, or, certains petits détails peuvent parfois nous en éloigner, il faut rester vigilent. Alors oui, en ce sens je suis perfectionniste.

Vous êtes vous laissé parfois emporter par certaines séquences, en devenant spectateur de votre propre film ...

Je cadre moi-même mes films justement pour en être le premier spectateur et parce que la caméra fait partie des acteurs, donc nous sommes vraiment ensemble. L'émotion vient ainsi naturellement et, si elle ne vient pas, c'est qu'il y a un problème, que la scène ne fonctionne pas. Parfois, et c'est quelque chose que je n'ai jamais avoué, il m'est arrivé au montage de me rendre compte qu'une scène que j'avais décidé de retourner était en fait très bien dès l'origine.

Je ne l'avais pas remarqué parce que je n'étais pas suffisamment concentré, je n'étais pas le spectateur. J'ai dit que quelque chose n'allait pas, mais c'est moi qui n'allais pas. J'essaie donc d'être toujours concentré pour ne pas avoir à recommencer bêtement un plan. Sur ce film là, étrangement, alors que l'ambiance était vraiment au travail, à la concentration et tous tendus vers le même résultat, c'était très détendu et très gai. Kad est très drôle notamment, et jamais au dépend de qui que ce soit.

Dans quelle direction souhaitez-vous continuer ? Vous ne seriez pas tenté par une comédie ?

C'est le sujet qui m'embarque. Si je trouve un sujet suffisamment fort pour en faire une comédie, je la ferai, mais il faudrait vraiment qu'il soit solide. Pour moi le cinéma doit être divertissant sans vouloir l'être. Mon envie première étant que les spectateurs sortent de la salle enrichis, divertis, heureux, émus.

En tant que spectateur, quels sont ceux qui ont dernièrement eu cet effet là sur vous ?

Entre la fin du tournage et la promo du film je n'ai pas eu trop le temps d'aller au cinéma mais je vais être extrêmement commun en citant Volver qui est un film somptueux.

A la veille de la sortie, comment vous sentez-vous, angoissé ou emporté par un tourbillon qui vous dépasse ?

Il y a ce côté tourbillon en effet qui fait qu'on a pas le temps de penser. Et puis il y a le vrai bonheur d'aller dans les salles présenter le film en avant-première, j'ai fait 50 salles différentes, où j'ai vu les spectateurs rajeunir et se féminiser. C'est exactement ce que je j’espérais, que ce film parle à tout le monde et ce qui me touche particulièrement, c’est les silences qui suivent les projections, les spectateurs sont émus, pour moi c’est le plus beau des cadeaux.

 

Source : http://www.dvdrama.com/news.php?16606

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