Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Scoop réalisé par Woody Allen
   
Titre original Scoop
Réalisation Woody Allen
Scénario Woody Allen
Interprétation Hugh Jackman, Scarlett Johansson, Geoff Bell, Christopher Fulford, Nigel Lindsay, Ian McShane, Fenella Woolgar, Doreen Mantle, David Schneider, Meera Syal, Kevin McNally, ...
Photographie Remi Adefarasin
Pays U.S.A./Angleterre
Année 2006
Durée 1h 36min.
Genre Comédie, Romance
Production Letty Aronson & Gareth Wiley
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 08 février 2007
Le film est projeté en version originale
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 

Le journaliste anglais Joe Strombel (Ian McShane) meurt avant de découvrir l'identité du "Tueur du Jeu de Tarot" qui court en liberté à Londres. Sondra Pranksy, une jeune étudiante américaine, en stage à Londres, décide de reprendre l'affaire. Durant une séance d'hypnose du magicien Sid Waterman (Woody Allen), Sondra se rend compte qu'elle peut voir et entendre Joe.

De l'au-delà, Joe lui envoie des messages qui la guident dans son enquête. Elle entraîne bien malgré lui Sid le magicien sur les traces du scoop de sa vie. Lors de son enquête, elle rencontre un aristocrate britannique beau et riche, Peter Lyam (Hugh Jackman) dont elle tombe immédiatement amoureuse. Mais elle se rend vite compte que son flirt pourrait aussi la mener rapidement au "scoop" qu'elle recherche...

 
 
telemoustique
 

Après le pessimiste et amoral Match Point, Londres sert à nouveau d'écrin à l'imagination fertile d'un cinéaste qui n'a plus rien à prouver mais qui continue de s'amuser à mixer la comédie romantique, le polar et le fantastique. Un incroyable sens du rythme, une direction d'acteurs sans failles (il faut voir comment Scarlett Johansson prend de l'assurance tout au long de l'enquête!), des bons mots dévastateurs: Scoop joue à fond la carte de la légèreté et du charme, même si la mort y pointe plus d'une fois le bout de son nez et que les sentiments y sont trompeurs.

Décidément attiré par le ciel couvert de Londres, le prolifique Woody vient déjà d'y tourner un troisième film, Cassandra's Dream, avec Colin Farrell et Ewan McGregor!

  Source : http://www.telemoustique.be/cps/rde/xchg/tm/hs.xsl/critiques_detail.html?revId=3418
   
 resonance online - Frédéric
  Woody Allen signe après le chef-d’œuvre de l’an dernier "Match Point", une comédie policière et romantique de tout premier ordre dans laquelle la qualité ne se sacrifie jamais sur l’autel du divertissement. Woody nous prouve s’il le fallait encore que son talent est immense et que son inspiration ne s’émousse pas avec les années. Pendant un peu plus d’une heure et demie, le répliques fusent, souriantes, drôles, percutantes, implacables, tandis que le scénario se déroule dans une rigueur et une précision dignes d’une horloge suisse. Maestria absolue du début à la fin. Et même au-delà de la fin du film, comme si certains détails ne se révélaient réellement qu’une fois la séance terminée. "Scoop" va hanter votre soirée comme Joe est venu hanter les vivants, vous vous amuserez à décortiquer encore et encore l’intrigue, les indices et les répliques disséminés avec soin par l’orfèvre.
  Source : http://www.resonance-online.com/article.php?fiche=10265
   
 cafe du web
 

Pour la deuxième fois dans sa carrière, Woody Allen tourne à Londres, faisant non seulement des infidélités à Manhattan mais aussi au jazz qui généralement forme la bande-son de ses films, pour encore une fois nous régaler de très beaux morceaux classiques. Inutile de dire que j’ai été absolument emballée par cette charmante comédie policière, "totally Allen". Dans le rôle du "Grand Sentini", excellent magicien au demeurant, il est tel qu’en lui-même, intarissable, racontant bêtise sur bêtise, tentant vainement de détourner l’apprentie-journaliste, bien déterminée à écrire le scoop de sa vie.

On retrouve le Woody des débuts ; comme il n’a plus l’âge de jouer les jeunes premiers, il interprète ici ce prestidigitateur forcé d’être le père adoptif d’une Scarlett Johansson en super forme. Non seulement est-elle belle mais elle dévoile un vrai talent comique après la femme fatale de "Match Point" ou les autres rôles en demi-teinte qu’elle interprétait jusqu’à présent.

Quant à Hugh Jackman, le principal suspect de nos deux détectives-amateurs, c’est peu dire qu’il est séduisant et parfaitement à l’aise, à la manière du Cary Grant des films d’Hitchcock. Ian McShane complète la distribution dans le rôle du journaliste, désormais fantôme, mais toujours à l’affût du bon papier et n’ayant rien perdu de son humour incisif. Bref un régal de petite comédie policière, qui fait beaucoup penser aux films d’Hitchock justement ("to Catch a Thief" avec Cary Grant justement) ou encore à la très ludique série des "Thin Man" avec William Powell et Myrna Loy.

Par ailleurs, le film n’est pas sans rappeler "Manhattan Murder Mystery" dans lequel il renoua, le temps d’un film, avec son égérie, Diane Keaton et où ils forment aussi un couple de détectives-amateurs fort drôles. Allen n’a peut être pas signé ici son meilleur film comme le prétend un critique cinématographique blasé prétendant qu’il a refait un film de ses débuts, mais personnellement je recommande chaudement "Scoop" car il contient plein d’ingrédients de ce qu’on appelait autrefois des "séries B" et qui s’avéraient finalement de très bons petits films.

Bref 96 minutes de suspense et d'humour.

  Source : http://www.cafeduweb.com/system/content/content.php?content.649
   
antipode - Adrien Maigre
 

Pour faire court, on pourrait décrire Scoop de Woody mineur mais de petit bijou de comédie. Et suite au spectaculaire coup de jeune qu'apporta Match Point dans sa filmographie, Scoop ne pouvait que décevoir. Bien que le film ne reste pas dans les mémoires comme la meilleure de ses réalisations, il parvient à mêler la dimension fantaisiste de ses enquêtes policières précédentes à l'univers fantastique des films comme Alice. Inspiré de William Powell, des comédies avec Bob Hope, et même de films d'Hitchcock, Scoop se veut un hommage au journalisme et, comme toujours, au cinéma.

Woody Allen brise la routine et nous offre ce que l'on attendait pluis de lui: d'abord le retour pour la seconde fois à l'écran d'une comédienne avec laquelle il a déjà travaillé: Scarlett Johansson, la première exception depuis son ex-femme Mia Farrow en 1993. Ensuite, le retour à la comédie policière après Crimes et délires, Meurtre mystérieux a Manhattan, Escrocs mais pas trop et Le Sortilège du scorpion de Jade.

Sans oublier son abandon pour la seconde fois de son New York natal, personnage à part entière de la plupart de ses oeuvres. Suite à son coup de foudre pour Londres dans Match Point, Woody y installe sa nouvelle intrigue. Enfin, après s'être confiné derrière la caméra depuis Anything Else, Woody signe son retour comme acteur avec Scoop. Un régal pour les fans de son personnage névrosé et lunatique.

Elégance, sens de l'espace et de la durée, finesse du jeu au sein d'une mécanique réglée comme une partition de vaudeville : même au repos, Woody Allen reste un maître du genre.

A ne surtout pas manquer !

  Source : http://www.antipode.be/billet/billet.php?id=CINEMA&id_billet=1530
   
cinefemme - M.C.A.
 

Woody a quelque chose en commun avec le pic-vert au même prénom (Woody Woodpecker) : on est content de le retrouver même si on a une impression de déjà vu.

Sur le fond reprise de thèmes déjà abordés : l’enquête menée de façon maladroite mais tambour battant ("Manhattan Murder Mystery"), l’incarnation de la mort encapuchonnée et faux en main ("Love and death" ), le complexe d’Œdipe ("New York Stories" ), les personnages hors intrigue qui la commentent ( les chœurs de "Mighty Aphrodite"), l’opposition entre aristos anglais et roturiers américains ("Match Point"), l’intérêt pour les modestes artistes de scène ("Broadway Danny Rose"), le tueur en série ("Shadows and Fog").

Sur la forme des dialogues qui claquent, brillants et rapides, des bons mots qui allègent une tendance logorrhéique, un duo d’acteurs qui fonctionne selon les topiques de la bonne comédie made US (Gary Grant et Rosalind Russel ou Katharine Hepburn, Clark Gable et Claudette Colbert…).

Peu importe que l’intrigue soit tirée par les cheveux - une apprentie journaliste tombe sous le charme de l’homme qu’elle soupçonne d’être un serial killer - la comédie est au rendez-vous. Echevelée, fantaisiste, oscillant entre humour noir et répliques dont la vis comica les prédestine à devenir cultes : "Je ne prends pas un gramme, mon angoisse me sert d’aérobic", "Je suis de confession hébraîque, mais je me suis vite converti au narcissisme".

Woody Allen a raison de jouer dans ses films, il leur apporte ce quelque chose de fragile, d’hésitant dû à son à son léger bégaiement, et de burlesquement humain qui attire la sympathie et l’intérêt. Face à lui une délicieuse Scarlett Johansson dont le physique et l’esprit enchantent. Il est toujours risqué d'établir un parallèle entre deux actrices mais elle a, comme la Marilyn valorisée par Billy Wilder dans "Some like it hot" ou "Seven year itch", une capacité de faire rire et de fasciner par une plastique pulpeuse incarnée avec innocence.

Pour Hitchcock le support du cinéma était le voyeurisme (celui du réalisateur et du spectateur) pour Allen ce serait plutôt l’illusion, qui comme celle du prestidigateur Splendini de "Scoop" ou du magicien Voltan (*) permet de créer une ambiance, qui, durant un bref moment, supplantera le réel pour y substituer une autre réalité, truquée et fabriquée sans doute, mais capable d’apporter surprise, détente et plaisir.

(*) dans "The curse of the jade scorpion"

  Source : http://www.cinefemme.be/cms/filmfiche.php?film=481
   
fluctuat - Sophie Berdah
 

Sans doute certains grimaceront, regrettant la cynique malveillance ou l’introspection sourde des précédents films de Woody Allen. Mais ce serait oublier que son univers est infiniment libre. Il faut donc accepter son dernier film pour ce qu’il est : un cru loufoque et kitsch, un grand éclat de rire qui balaie sur son passage les journalistes, les amoureux, les imposteurs et les tendres héros.

Que pouvions-nous espérer de Woody Allen, un an après la sortie de son prodigieux Match Point ? Les paris allaient bon train, et c’est justement sur cette idée de pari qu’a rebondi Allen, nous prenant une nouvelle fois de cours : si demeure Scarlett Johansson filmée dans son cadre londonien - ciels gris, twin-sets et jardins -, sont éliminés la sensualité et le climat inquiet qui émanaient de son dernier succès. Le cinéaste nous ramène cette fois sur le chemin des comédies folles et enlevées, un peu façon Banana’s, beaucoup façon The Party de Blake Edwards. Car Scoop est un cru loufoque et kitsch, un grand éclat de rire qui balaie sur son passage les journalistes, les amoureux, les imposteurs et les tendres héros.

Follement, irrésistiblement, Woody Allen s’amuse de ses protagonistes comme de lui-même : joie de le revoir à l’écran grimé ici en pathétique magicien juif, Sidney Waterman alias Splendini (Splendini !), chemises à jabots, accessoires cheaps et blagues maladroites ("J’ai gagné mon premier carpaccio au poker - Le peintre ? - Oh non, c’était du thon  "). Il sera entraîné bien malgré lui dans une trépidante enquête aux côtés de la blonde et pimpante Sondra Pransky.

Autre délice, et surprise cette fois, de retrouver, loin de la vamp campée dans Match Point, Scarlett Johansson en étudiante en journalisme mal fagotée, la teinture de cheveux ratée, dans ce rôle pourtant attendrissant. Prête à tout pour publier son premier scoop, Sondra compte démasquer le redoutable "Tueur aux tarots ", serial killer des beaux quartiers, tout en se débattant d’une idylle avec lui qui pourrait lui être fatale... Complications, suspense et coups de bluff : devant tant de dangers et de changements de cap, Sondra insuffle une nouvelle jeunesse à ce pauvre Splendini, hissant leurs impostures au rang des grandes comédies.

Mais serions-nous aussi indulgents si cette comédie n’était signée Woody ? Sans doute certains grimaceront, regrettant la cynique malveillance qui teintait Match Point, la nostalgie grise de Manhattan, ou l’introspection sourde qui émanait d’Interiors ou de Stardust Memories. Ce serait oublier que l’univers d’Allen est infiniment libre, qu’il bénéficie de multiples entrées qui combattent, par le biais du rire, une angoisse de la discordance et du facteur "chance " face à l’adversité. Dans l’univers d’Allen, il n’y a pas de justice, et jouer au pitre n’est qu’une façon élégante de tromper l’ennui. De fait, le rythme des séquences nous indique que l’heure tourne et qu’un drôle d’ultimatum presse.

Comment dès lors ne pas se faire plaisir ? Woody Allen transforme son approche de la mort en une vision si colorée, si kitsch : là où l’ouverture du film rappelle la première image du baroque Fellini Roma, il est clair que le purgatoire est une farce dont on doit se moquer. Savoureux tour de passe-passe. Et Allen s’en amuse et nous embarque avec lui, fonce en criant au volant de sa Smart - après cette séquence, impossible de croiser une Smart sans penser à lui. Impossible aussi, désormais, de croiser un maillot de bain rouge, un magicien ou un gros titre façon "fait divers " sans imaginer une intrigue allenienne qui nous mettrait en garde, une grande farce ridicule qui nous guetterait tous au son du Lac des Cygnes ou de la Tritsch-Tratsch Polka.

  Source : http://www.fluctuat.net/3383-Scoop-Woody-Allen
   
 le quotidien du cinema - Frédérick Lanoy
 

Après un Match point délicieusement sombre et amoral, Woody Allen décide de changer radicalement de ton pour une comédie en mode mineure que l’on aurait tort de bouder. En effet, si Scoop n’est assurément pas un grand cru, un petit Woody vaut mieux que bien des grands films de "maîtres ".

Fidèle à son cinéma, Allen brocarde une intrigue à base d’aristocrate anglais soupçonné de meurtres, d’un journaliste fantôme tenace et de love story délicieuse. Le tout saupoudré de bon mots, de quiproquos et du charme de la magnifique Scarlett Johansson. Assurément, le divertissement est léger. Il n’en reste pas moins délectable.

Après 40 ans de carrière et presque autant de films, le prolifique cinéaste new yorkais –adulé en France, ignoré aux Etats-Unis- s’exile une nouvelle fois à Londres pour signer ce Scoop que l’on pourrait définir comme le penchant lumineux de Match Point. On y retrouve le même milieu aristocrate anglais sclérosé dans un cadre rigide à la nuance près que c’est Scarlett Johansson qui est intronisée dans les hautes sphères par le biais d’un Hugh Jackman charismatique en diable.

Toutefois, comme dans le délicieux Meurtres Mystérieux à Manhattan la détective story reste légère et la satire sociale tourne court pour se concentrer sur des quiproquos brillamment écrits. Presque entièrement focalisé sur le duo Allen / Johansson, les bons mots fusent et on ne compte plus les répliques hilarantes débitées à une vitesse hallucinante par un Woody en très grande forme ("Je suis de confession hébraïque mais je me suis converti au narcissisme.")

Certes, les amateurs sont en territoire conquis et ne manqueront pas d’être séduits par les exceptionnelles qualités d’écriture de Scoop. Les autres risquent de retrouver tout ce qui peut rebuter chez le cinéaste : mise en scène théâtralisante (mention spéciale au radeau de la mort qui ressemble à s’y méprendre au Huis clos de Sartre), facture générale excessivement bavarde, rebondissements attendus d’une intrigue policière accessoire. Il faut également admettre que Scoop fait partie d’une branche relativement faible dans l’oeuvre du réalisateur, celle de Escroc mais pas trop, Anything else ou Hollywood ending.

Pourtant, cela ne signifie pas que Scoop est exempt d’idées brillantes. Le recours au fantastique dans un spectacle de foire rappelle irrésistiblement La rose pourpre du Caire tandis que le mélange de quiproquos et d’enquête criminelle renvoie au charme du Sortilège du scorpion de Jade, un Woody Allen fort sympathique et trop souvent sous estimé.

Le charme de l’interprétation achève de faire de Scoop une délicieuse récréation. Surtout connu pour être héros de cinéma d’action, Hugh Jackman prouve qu’il est aussi à l’aise dans la peau d’un aristocrate anglais que dans celle de Wolverine. Quant à Scarlett Johansson, élue nouvelle muse du cinéaste après Match point, elle illumine de sa beauté et de son naturel la nouvelle fantaisie du réalisateur new yorkais.

Un petit délice, ça ne se refuse pas.

  Source : http://www.lequotidienducinema.com/article.php?sid=873
   
 nord cinema - Joanna Levy
 

C’est l’histoire d’un journaliste qui, par-delà la tombe, confie à une étudiante américaine de passage à Londres le scoop de sa vie ou plutôt de sa mort, en l’occurrence : Peter Lyman, fils de Lord Lyman serait le tueur au tarot. Ladite apprentie journaliste va donc mener l’enquête, accompagnée par un magicien répondant au nom de Splendini. Voilà pour la trame du film. Ce qui nous donne une comédie comme on en fait plus, sauf quand c’est Woody qui s’y colle.

Du pur Allen, c’est-à-dire des dialogues pétillants et un fou rire à chaque réplique, une histoire rondement menée et une comédie ciselée de main de maître. Woody Allen est irrésistible en prestidigitateur angoissé chronique, bégayant à souhait. Quant à Scarlett Johansson, elle est époustouflante de naturel et ses lunettes ridicules ne lui ôtent rien de sa sensualité. Simplement sublime. Le duo inattendu fonctionne à merveilles, ça fait des étincelles, et c’est délicieux. Et c'est finalement ce couple qui vole la vedette à celui, bien plus glamour mais bien moins attachant formé par Scarlette Johansson et Hugh Jackman. Ce dernier est impeccable mais il n'est là que pour les besoins de l'intrigue, le vrai héros c'est cet anti-héros qu'est Woddy Allen.

Un film, une performance. Performance d’acteur, de réalisateur, de dialoguiste. Tous ces rôles étant, comme par hasard, tenus par une seule et même personne. En un mot, Woody Allen est un génie. On le savait déjà, on le vérifie encore une fois. Un pur régal.

  Source : http://www.nord-cinema.com/fiches/noscritiques1478.html
   
 critikat - Fabien Reyre
 

Il n’aura finalement pas fallu grand-chose pour que Woody Allen retrouve une seconde jeunesse. Une ville (Londres), une actrice (Scarlett Johansson), ont permis au réalisateur new-yorkais de renouer avec la splendeur de ses plus grands films dramatiques : Match Point restera assurément l’un des sommets d’une filmographie exceptionnelle, quelque peu ternie au début des années 2000 par une poignée de comédies dispensables (Escrocs mais pas trop, Le Sortilège du Scorpion de Jade, Hollywood Ending, Melinda, Melinda). Alors, véritable nouveau départ ou coup d’éclat isolé ? Sa dernière comédie, Scoop, ne révolutionnera pas son cinéma mais, malgré des airs de déjà vu, ce nouveau cru est un réel délice.

On ne change pas une équipe qui gagne : Woody refait donc équipe avec Scarlett pour un film qui se présente comme l’antithèse de Match Point. On retrouve dans Scoop les rues de Londres, l’aristocratie anglaise et la sensualité résolument cinégénique de l’actrice, mais cette fois au profit d’une de ces comédies qui ont fait le succès du cinéaste. On pourrait légitimement craindre un pas en arrière, redouter l’impression d’usure ressentie devant l’humour balourd d’Escrocs mais pas trop et, surtout, la lassitude de revoir, encore et encore, Woody Allen faire le même film pour la énième fois.

Mais Scoop, de façon quasi miraculeuse, tient admirablement la route. Le scénario évoque celui de Meurtre mystérieux à Manhattan (1993) : Sondra Pransky (Scarlett Johansson), jeune Américaine étudiante en journalisme en vacances à Londres, rêve du scoop qui fera d’elle un grand reporter estimé. En assistant au spectacle du magicien Splendini (Woody Allen), elle entre en contact avec le défunt Joe Strombel (Ian McShane), célèbre journaliste mort subitement en enquêtant sur un serial-killer et qui, depuis l’au-delà, va pousser la jeune femme à poursuivre l’investigation. Ses recherches vont la mener droit à Peter Lyman (Hugh Jackman), séduisant politicien aristocrate, que tout désigne comme le principal suspect. Mais le coup de foudre est immédiat et Sondra va devoir garder la tête froide si elle veut connaître la vérité ...

Délicieusement farfelu, Scoop ressemble de loin à un pot-pourri des thèmes fétiches du cinéaste : la magie (Alice, Ombres et brouillard, Le Sortilège du Scorpion de Jade), l’enquête policière (Meurtre mystérieux à Manhattan) et, surtout, la screwball comedy des années 1940, genre qu’il a repris à son compte avec Diane Keaton et qu’il retrouve avec bonheur aux côtés de Scarlett Johansson. C’est d’ailleurs le plus beau coup d’éclat du film : leurs scènes en tandem sont irrésistiblement drôles, véritable démonstration de cette rare alchimie qui fait les plus grands couples de cinéma.

Si leur duo fonctionne, c’est probablement parce que le cinéaste ne s’octroie plus le rôle de l’amant, mais celui du mentor : ainsi son personnage passe-t-il l’essentiel du film à se faire passer pour le père de l’héroïne. Débarrassé de la tentation, de plus en plus gênante avec le temps, de choisir des partenaires éternellement jeunes (Juliette Lewis, Helena Bonham-Carter, Julia Roberts, Téa Leoni), Woody Allen projette toute sa fascination pour Scarlett Johansson dans une mise en scène bienveillante avec son actrice, qui le lui rend bien : tout à la fois drôle, séductrice, débrouillarde et un peu cruche, Sondra est un personnage en or et la comédienne fait son miel de ce rôle qui lui permet d’exploiter des talents comiques insoupçonnés.

Dans Match Point déjà, l’introduction de Johansson en femme fatale vénéneuse, engoncée dans une robe blanche décolletée, amenait un érotisme inédit dans le cinéma allenien. Ici, la nouveauté vient du mélange explosif entre le personnage de Sondra, qui en l’état aurait pu être joué par Diane Keaton ou Mia Farrow, et la sensualité naturelle de l’actrice. Le contraste est saisissant et le réalisateur peut remercier sa comédienne de lui avoir permis, en deux films, d’offrir de nouveaux attributs à ses personnages féminins.

Bien que beaucoup moins importante que dans Match Point, la haute société londonienne sert de toile de fond à de joyeux quiproquos entre nos deux héros, yankees jusqu’au bout des ongles, et le monde mystérieux et plein de secrets de l’aristocratie anglaise, symbolisé par ce politicien étrangement fade dont Sondra ne sait trop s’il est le mari idéal ou le parfait coupable. Incarné par un Hugh Jackman égal à lui-même (transparent) et donc étrangement cohérent avec le rôle, l’aristocrate est ici encore l’occasion pour Allen de développer le discours entamé dans son précédent film : le raffinement factice d’une noblesse en voie d’extinction cache une hypocrisie finalement bien pire que la vulgarité et l’outrance de ses compatriotes, aussi exaspérants soient-ils.

A rebours de la noirceur de Match Point, Scoop joue la carte d’un optimisme triomphant jusque dans la mort. Qui d’autre que Woody Allen pourrait faire des blagues en présence de la Grande Faucheuse ? Personne, et cet humour, absurde et désespéré, terriblement absent de l’œuvre du cinéaste depuis quelques années, nous avait bien manqué.

  Source : http://www.critikat.com/article.php3?id_article=934
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fra cityvox - Emilie Dupont
 

Après Match point, une nouvelle partie commence... Le réalisateur a été bouleversé par deux événements : Londres et la sensuelle Scarlett Johansson. Woody Allen n'avait tourné en dehors de Manhattan que très rarement et encore moins deux fois de suite avec la même actrice, et voilà qu'il réïtère l'expérience.

Cela n'était pas arrivé depuis sa séparation avec Mia Farrow en 1993. Scarlett incarne l'exception. Elle est selon notre cinéaste-clarinettiste favori l'actrice idéale, mélange de glamour et de talent. Elle apporte une tension érotique peu commune qui crève l'écran. Après Meurtre mystérieux à Manhattan, Escrocs mais pas trop et Le Sortilège du scorpion de Jade, Scoop marque le retour de Woody Allen à la comédie policière avec en bonus quelques touches de bouffonnerie.

L'humour est la pièce maîtresse du film. Hugh Jackman, le partenaire à l'écran de Scarlett Johansson raconte en quoi travailler avec Woody Allen provoque un problème de taille. En effet, le réalisateur adore improviser, principalement ses propres répliques. L'ennui, c'est que cela devient compliqué de garder son sérieux en toutes circonstances.

  Source : http://www.fra.cityvox.be/cinema_paris/scoop-woody-allen-met-le-cinema-a-la-une_3500512/PageNews
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Interview de Woody Allen
 

Interview de Woody Allen : "Scarlett et moi voulions refaire un film"

Après Match Point, Woody Allen revient en duo avec Scarlett Johansson dans Scoop. Interview de l'homme qui se trouve à la fois devant et derrière la caméra.

On sait que vous aimez mener de front plusieurs projets. Comment cela s'est-il passé avec SCOOP ?

Woody Allen: Après MATCH POINT, Scarlett Johansson et moi avions envie de refaire un film ensemble. SCOOP était une idée que j'avais en réserve et qui nous convenait. J'ai donc pensé que c'était une bonne occasion de le faire.

Quel a été le moteur de l'écriture : le côté énigme, l'histoire d'amour, le personnage de cette jeune journaliste tenace que joue Scarlett ?

Au départ, il s'agissait d'un reporter, si obstiné, si déterminé, qu'il revient de l'au-delà pour boucler une enquête. Je voyais cela comme un hommage aux grands journalistes d'investigation.

Vous avez ensuite fait de ce personnage une jeune étudiante en journalisme

A l'origine, c'était un homme, l'idée première m'était venue avant de connaître Scarlett. Mais en rédigeant le script, il m'a semblé que ce rôle lui était destiné.

SCOOP est le deuxième film que vous tournez à Londres, et un troisième est en post production. Seriez-vous tombé amoureux de cette ville, à l'inverse du personnage que vous jouez ici ?

C'est une ville qui a beaucoup d'attraits pour un cinéaste. J'aime énormément tourner à New York, mais Londres est une ville accueillante. La météo est idéale, les conditions financières et artistiques sont bonnes. C'est très plaisant d'y travailler.

Avez-vous des extérieurs favoris à Londres, comme vous pouvez en avoir à New York ?

Je ne connais pas encore assez bien Londres, et j'ai plaisir à l'explorer, à parcourir ses rues. C'est une très jolie ville. On obtient facilement les autorisations de tournage, et si vous ajoutez la beauté de ses ciels couverts, diffusant une belle lumière douce... Tout cela est très tentant pour un cinéaste.

Après MATCH POINT, SCOOP vous a permis d'explorer encore d'autres facettes de Londres.

Étant citadin dans l'âme, je suis séduit, comme tout le monde ici, par l'abondance des parcs et jardins, par ces belles maisons blanches, par la campagne environnante et ces superbes résidences où il fait si bon tourner.

À travers le personnage de Sid Waterman – alias Splendini – vous renouez avec un thème qui vous tient à coeur: la magie.

C'est vrai, la magie m'a captivé dès l'enfance et je continue à apprécier. Je trouve toujours fascinant et très amusant tous ces attirails qui donnent aux numéros de magie une teinte exotique : coffres laqués "cheap" à souhait, foulards de soie multicolores, épées, anneaux d'argent ...

Et la tenue de magicien ?

Aussi, encore que je me sois autorisé certaines fantaisies.

Parlons de Sid et de son évolution dans ce film. Il m'a rappelé certains personnages de vos films ou de vos nouvelles qui connaissent un changement soudain et radical dans leur vie.

C'est un ressort classique du film à suspense, comique ou dramatique, qui consiste à projeter un quidam dans une histoire insensée à laquelle il est totalement étranger. Ce n'est évidemment jamais sans raison qu'on implique un innocent dans ce genre d'embrouille. Dans SCOOP, Sid se laisse convaincre par Sondra parce que c'est une fille adorable et pleine d'énergie. Il commence par s'intéresser à son histoire, décide de l'aider, mais finit par être quelque peu dépassé par les événements.

Dans les dernières scènes, on a l'impression qu'il se fait une obligation d'aller jusqu'au bout rien que pour elle.

Il l'aime bien. Son bon sens lui suggère ne pas se mêler de cette affaire qui ne peut que lui attirer des ennuis, mais Sondra est originaire de son pays, de son quartier, et c'est quelqu'un avec qui il peut aisément sympathiser. Il va donc de l'avant, grisé par l'enthousiasme communicatif de cette fille obstinée, tombée amoureuse de l'objet même de sa quête.

Vos derniers films mettent en vedette de jeunes protagonistes. Dans SCOOP, Sid et le fantôme de Joe Strombel se montrent très protecteurs, voire paternels, à l'égard de Sondra. Est- ce un virage conscient dans votre manière de raconter une histoire ?

C'est une évolution naturelle. J'ai tenu pendant des années la vedette de mes films. L'âge venant, j'ai passé le relais à d'autres, plus jeunes – surtout lorsqu'il s'agissait de rôles à connotation romantique.

Le personnage de Lyman et l'interprétation qu'en donne Hugh Jackman auraient-ils été inspirés par Cary Grant ? Je pense spécialement à SOUPÇONS d'Alfred Hitchcock

Non, je crois que cela fait partie de la personnalité de Hugh. Il est tellement élégant et aimable, il bouge avec tant de grâce que certaines comparaisons sont inévitables. On les avait déjà faites il y a quelques années, à propos de Hugh Grant.

Aviez-vous vu Hugh Jackman à la scène dans "The Boy from Oz"?

Non, en fait je ne connaissais aucun de ses films, je ne savais pas à quoi il ressemblait, mais j'avais entendu des propos très flatteurs à son sujet. Il est venu nous voir en coup de vent, et j'ai découvert ce bel homme, suave, charmant, plein d'humour. Je lui ai tout de suite offert le rôle. C'est une chance qu'il ait été libre. Je ne connaissais pas davantage Ian McShane dont je n'avais vu ni la série "Deadwood" ni les films précédents. C'est ma directrice de casting, Juliet Taylor, qui m'a mis sur sa piste, et il s'est passé une fois encore ce qui arrive si souvent avec Juliet: la découverte d'un acteur ou d'une actrice dont j'ignorais tout, et qui se révèle dès la première minute un choix idéal.

Dans MATCH POINT, vous aviez révélé une dimension dramatique insoupçonnée chez Scarlett Johansson. Ici, c'est son talent comique que vous mettez en valeur. Comment la dirigez-vous? Quelle sorte de partenaire est-elle pour vous?

Elle me procure une joie sans partage. C'est simple: elle a tout. Elle est belle et intelligente, drôle, sexy, gentille, coopérative et aussi douée pour le drame que pour la comédie. J'ai l'impression d'avoir touché le jackpot! Au fil des ans, j'ai travaillé avec certaines personnes – Diane Keaton, notamment – qui avaient tous les talents. Scarlett en fait partie. Elle irradie le plateau par sa seule présence, elle déborde d'énergie et répand autour d'elle une ambiance totalement positive. C'est un plaisir de travailler avec elle. Je ne parle pas seulement pour moi, car toute l'équipe l'adore et se réjouissait de la retrouver après MATCH POINT.

Arrive-t-elle à garder la cadence dans vos échanges ?

Mais c'est moi qui ai du mal à ne pas être distancé ! En fait, c'est une des rares personnes qui a toujours le dessus sur moi. J'ai beau inventer des répliques dévastatrices, elle a toujours le dernier mot. Moi qui me flatte d'être rapide, je ne peux que respecter et admirer quelqu'un qui me coiffe régulièrement au poteau. Je n'exagère pas. Tous ceux qui ont assisté au tournage pourront vous le confirmer.

Pour en revenir à l'aspect comédie à suspense, vous êtes-vous remémoré certains titres en écrivant SCOOP ?

Bien que film soit plus léger que MATCH POINT, on y trouve un élément de mystère et de malfaisance. J'ai pensé à ces histoires policières, parfois comiques, mais le plus souvent sérieuses, qui me plaisaient quand j'étais plus jeune : la série L'INTROUVABLE, avec William Powell et Myrna Loy, certaines comédies avec Bob Hope, sans oublier de nombreux films d'Hitchcock. Dans ma filmographie, un de mes films préférés est MEURTRE MYSTÉRIEUX À MANHATTAN. Dans ce registre particulier, la comédie est sans doute un peu moins efficace que le drame, mais je n'y peux rien: SCOOP est une comédie, et je souhaitais un ton léger, avec même quelques touches de bouffonnerie. C'est le genre de film que j'aime voir et tourner. Je peux seulement espérer que le public partagera ce plaisir.

(Entretien recueillis par Jason Simos pour Cinenews)

  Source : http://www.cinenews.be/News.Detail.cfm?ContentsID=5509&lang=fr
   
Interview de Hugh Jackman
 

Comment décririez-vous SCOOP?

C'est une comédie sophistiquée, spirituelle, très drôle, avec quelques moments d'une tonalité plus noire. Je suis un fervent admirateur du cinéma de Woody Allen et j'ai retrouvé dans ce script le parfum de certaines de ses anciennes comédies. Pour résumer en deux mots : Sondra Pransky (Sca r lett Johansson) et Sid Waterman (Woody Allen) apprennent que le fringant politicien Pe ter Lyman (moi-même) pourrait être… un tueur en série. Fils de Lord et promis à un bel avenir, Lyman est un personnage brillant, distingué, qu'on aurait du mal à imaginer en serial killer. Les indices s'accumulent cependant, tandis que Sondra commence à tomber amoureuse de Peter. Et les choses se compliquent ...

Mais qui est donc Peter Lyman?

C'est le genre d'homme qu'on voit régulièrement à la “une” des tabloïds anglais, genre Hello ! ou OK !, qui raffolent de la gentry. C'est un séducteur débonnaire, issu d'une famille hautement respectable, qui s’affiche avec les top models en vogue.

Comment Sondra le rencontre-t-elle ?

C'est le fantôme d'un journaliste qui lui a donné cette information selon lequel Peter serait un tueur. Elle y croit dur comme fer, déterminée à mener l'enquête jusqu'au bout, avec l'aide de Sid. Peter, qui vit dans un monde quelque peu fossilisé, est fasciné par cette créature effervescente, d'une beauté ra yonnante et d'une franchise redoutable. Oserais-je dire que lui aussi commence à en tomber amoureux ...

Votre description de Sondra m'évoque ces journalistes de l'âge d'or du cinéma, combatives, pleines de fougue et que rien n'arrêtait.

C'est un peu dans cet esprit que Scarlett la joue.

Comment Woody Allen vous a-t-il a proposé le rôle de Peter ?

Mon agent m'avait informé que la directrice de casting de Woody Allen souhaitait me voir pour leur prochain tournage londonien. Woody Allen à Londres ? Cela sonnait étrange… Petit avertissement : je ne devais pas me vexer si l'entrevue s'arrêtait au bout deux minutes. Finalement, cela a duré trois minutes, ce qui m'a paru de bon augure ! Ça s'est déroulé à peu près comme ceci: "Bon, alors, voilà, je vais tourner ce film, et je sais que vous avez sans doute des trucs plus importants à faire. Mais, à supposer que vous ayez envie de lire ce script – ce qui n'est probablement pas le cas – et à supposer que ça vous plaise, sachez que j'aimerais bien le tourner avec vous." Voilà. Nos rapports ont tout de suite été d'une simplicité biblique, et le sont restés. Ce tournage a été l'une de mes meilleures expériences à ce jour.

Vous avez travaillé avec lui à double titre, puisqu'il joue aussi dans le film.

" Travailler avec Woody Allen" ! J'adore redire cette phrase, bien qu'il me faille encore me pincer pour y croire. Travailler avec lui, c'est formidable parce qu'il fait régner sur le plateau une ambiance incroyablement sereine. Il est d'un calme olympien, et à 15 heures pile, il vous libère et vous rentrez chez vous, comme un petit fonctionnaire! Il ne multiplie pas les prises, ni les répétitions. J'avais, par exemple, une scène où je devais embrasser Scarlett – il fallait bien que quelqu'un se sacrifie - et Woody a bouclé cela en un clin d'oeil. Le bon côté de la chose, c'est que j'ai pu dire honnêtement à ma femme: "Chérie, ça n'a pas duré plus de vingt secondes." Il y a quand même eu un problème, et de taille: Woody adore improviser, principalement ses propres répliques. Il vous laisse aussi broder si vous le souhaitez, ce qui est sympa. L'ennui, c ' est que chaque fois qu'il improvise, c'est tordant… et différent à chaque prise.

Du coup, j'éclatais régulièrement de rire, ce qui finissait par le vexer. "Non, non, s'il vous plaît, Sid est un rustre, il n'a rien de drôle", me disait-il. Et moi de répondre : "D'accord, mais essayez donc de le rendre un peu plus sinistre, car si vous continuez comme ça, j'aurai du mal à me retenir. "C'était également merveilleux de voir Woody face à Scarlett. Ils ont une relation tout à fait unique, et je comprends qu'il ait voulu la reprendre dans la foulée de MATCH POINT. Ils sont très drôles ensemble et nous ont beaucoup fait rire sur le plateau.

Comment se passe le travail avec Scarlett ?

C'est une fille qui peut tout faire. Elle irradie l'écran, elle chante divinement, elle danse… toute l'équipe était sous le charme. C'est aussi quelqu'un de très terre à terre, de très équilibré. Je n'ai eu que du bonheur à tourner avec elle. Je viens d'ailleurs de la retrouver sur THE PRESTIGE de Chris Nolan.

Votre personnage garde une part de myst è re et d'ambiguïté. Comment avez- vous abordé cela ?

S'agissant d'une comédie autant que d'une énigme policière, le spectateur n'est jamais sûr de l'innocence de Peter Lyman. Je suis Australien, de parents anglais, et je trouve que les gens d'ici ne se laissent pas facilement approcher. Il faut un temps fou pour connaître vraiment un Anglais. C'est pourquoi j'ai voulu faire de Peter un type charmant, mais un peu réservé, ce qui renforce son ca ractère énigmatique et laisse planer le mystère jusqu'au bout.

Comment se déroule un tournage en Angleterre avec un réalisateur aussi foncièrement américain que Woody Allen ?

Les gens l'adorent. On a vu débarquer pour une seule journée de travail des comédiens pre stigieux qui avaient tout simplement envie de travailler avec lui. Il n'en revenait pas et était presque honteux de n'avoir à leur offrir qu'une ou deux répliques. Par ailleurs, on ne tourne pas beaucoup de films à Londres, et encore moins de productions de cette qualité. Tous ceux qui ont collaboré à SCOOP l'ont ressenti comme un privilège et un honneur. Pour ma part, ce tournage a été un pur bonheur. Je l'ai vécu comme une très belle exprience dont je serai éternellement reconnaissant.

(Entretien recueillis par Maitland McDonagh)

  Source : http://www.cinelibre.be/scripts/fr/Films.Fiche.cfm?id=973&Content=Acteurs
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