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Titre
original |
Grbavica: The Land of My Dreams |
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Titre
français |
Sarajevo, mon amour |
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Réalisation |
Jasmila Zbanic |
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Scénario |
Jasmila Zbanic |
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Interprétation |
Mirjana Karanovic, Luna Mijovic, Ermin Bravo, Leon Lucev, Kenan Catic, Jasna Ornela Berry, Dejan Acimovic, Bogdan Diklic, Emir Hadzihafizbegovic ... |
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Musique |
Enes Zlatar |
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Photographie |
Christine A. Maier |
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Pays |
Allemagne/Croatie/Bosnie/Autriche |
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Année |
2006 |
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Durée |
1h 30min. |
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Genre |
Drame |
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Production |
Barbara Albert, Damir Ibrahimovich & Bruno Wagner |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le jeudi 01 mars 2007 |
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Le film est projeté en version originale |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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| Esma, mère célibataire, vit avec sa fille de douze ans, Sara, dans le Sarajevo de l'après-guerre. Sara doit participer à une excursion scolaire. Esma accepte un job de serveuse dans une boîte de nuit pour réunir l'argent nécessaire. Sara se lie d'amitié avec Samir qui, comme elle, n'a pas de père. Leurs pères sont des héros de guerre, morts au combat. Cependant, lorsque la fille aborde ce sujet avec sa mère, Esma répond toujours de manière évasive. Sara a le sentiment qu'elle lui cache quelque chose ... |
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Berlin International Film Festival 2006 |
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- Ours d'Or de Berlin décerné à Jasmila Zbanic
- Peace Film Award décerné àJasmila Zbanic
- Prix du jury Oecuménique décerné à Jasmila Zbanic
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LaLibre - Hubert Heyrendt |
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Des vies à reconstruire
En février dernier, Jasmila Zbanic créait la surprise au Festival de Berlin en empochant l'Ours d'or des mains de la présidente du jury Charlotte Rampling. Film de femme sur des femmes dans le Sarajevo d'après la guerre, "Grbavica" ne pouvait que séduire la comédienne et ses jurés. Le portrait d'êtres brisés que brosse la jeune réalisatrice bosniaque dans son premier long métrage est, en effet, une véritable réussite.
Grbavica, c'est un quartier de Sarajevo transformé en camp de prisonniers pendant le conflit qui a déchiré les Balkans il y a une dizaine d'années. C'est là que Zbanic place ses personnages, eux aussi marqués par les stigmates d'un passé trop présent. Esma élève seule sa fille Sara dans une situation financière des plus précaires. Elle n'a même pas de quoi payer l'excursion scolaire de Sara, un vrai garçon manqué aux cheveux courts qui sait se faire respecter par ses petits camarades. Heureusement, cette sortie est gratuite pour les enfants de martyrs (avec une réduction pour les enfants de mutilés)... C'est autour de cette question du père, de ce secret si bien gardé par une mère tentant de protéger sa fille, que se noue l'intrigue de "Gbravica", chronique dure, crue mais subtile et surtout emplie d'humanité.
Dès le superbe plan d'ouverture qui montre des femmes entassées les unes contre les autres - autant de victimes des abus des militaires - suivant une thérapie, on comprend le quotidien difficile de ces femmes presque obligées de confier leur détresse à des psychologues pour toucher une petite pension. Mais les cicatrices de la guerre sont là et la réalité de l'aveu est presque impossible à affronter.
Tout en finesse et sensibilité, la réalisatrice parvient à nous faire partager la honte de cette Bosnie meurtrie. Ainsi, dans une ville détruite qui tente de se relever de ses cendres, la vie s'écoule à deux vitesses. Alors que les adultes semblent groggy, désemparés face à la modernisation, les enfants, eux, grandissent trop vite, se promenant dans des immeubles délabrés une arme au poing. Ces deux générations, celles d'Esma et de Sara, tentent chacune à leur manière de se reconstruire, de retisser les liens sociaux, de retrouver la confiance en l'autre. Car "Grbavica" ne cherche rien d'autre qu'à nous faire partager cette difficile acceptation que l'amour peut triompher de la haine. L'amour d'une femme pour un amant, l'amour d'une fille pour sa mère et surtout l'amour d'une mère pour un enfant issu d'un viol.
Si les thèmes abordés sont graves, le traitement forcément réaliste, Jasmila Zbanic cherche néanmoins à ne jamais alourdir les choses, laissant simplement la vie s'imprimer sur sa pellicule. Notamment grâce au naturel confondant de ses deux magnifiques actrices, la confirmée Mirjana Karanovic (vue dans "La vie est un miracle" de Kusturica) et la débutante Luna Mijovic.
La mise en scène, sobre, mais aux superbes images, parvient même à dénicher la poésie au fond du désespoir, afin justement d'offrir une lueur d'espoir. Car, si les enfants retrouvent le sourire, si l'amour est à nouveau envisageable, la vie vaut certainement la peine d'être vécue ... |
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Source : http://www.cinebel.be/fr/film/critique/15986-Grbavica/ |
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telerama - Cécile Mury |
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Une mère et sa fille tentent de survivre dans une société traumatisée. Un film vibrant et maîtrisé, Ours d’or à Berlin.
La neige, à Sarajevo, recouvre d’innombrables blessures de guerre. Celles de la ville, personnage à part entière du film, au hasard des ruines qui s’y attardent. Mais aussi, bien sûr, celles, invisibles mais profondes, de ses habitants. Esma habite Grbavica, un quartier populaire, et y élève seule Sara, sa fille de 13 ans, ado boudeuse et sauvage.
Elle vit dans un petit appartement où le jour peine à se glisser, traverse quelques rues frissonnantes pour rejoindre une boîte de nuit mal famée où elle cherche à gagner, comme serveuse, de quoi payer la prochaine excursion scolaire de Sara. Et Jasmila Zbanic capte d’emblée une mélancolie diffuse dans la grisaille de ce quotidien. C’est le trauma d’une société tout entière qu’elle nous présente, avec une poignante délicatesse. Cette maîtrise, étonnante pour un premier long métrage, a d’ailleurs valu cette année à la réalisatrice un Ours d’or bien mérité au festival de Berlin.
Esma, femme forte et touchante (Mirjana Karanovic, actrice fétiche de Kusturica, comme toujours extraordinaire de sensibilité), a un secret, atroce. On le devine à ses dérobades, dès que sa fille (la jeune Luna Mijovic, parfaite en chaton écorché vif) tente d’en savoir un peu plus sur un père mort "en héros", pendant la guerre. On le pressent lorsqu’au hasard d’un frôlement dans le bus, d’un éclat de voix masculines, d’un détail infime (la mise à mort d’une truite chez le poissonnier), le visage d’Esma (re)devient brusquement celui d’une proie. Vies brisées, fantômes innombrables et exils intérieurs hypothèquent l’avenir.
A travers l’amour aussi profond qu’empoisonné, entre Sara et Esma, Jasmila Zbanic s’interroge sur la condition de victime. Quand et comment peut-on cesser de l’être ? Est-ce incurable, ou pire, transmissible ? Autour de ce couple mère-fille, chaque personnage porte le deuil à sa manière, qui d’un père mort au front, qui d’un amour jamais advenu, qui d’une carrière définitivement brisée ...
Le constat est sombre. Pauvreté, mafia, dépression, Sarajevo survivante est malade de tout ce gâchis. "Si je devais me souvenir de tout je me flinguerais", remarque l’un des héros. Mais le tableau se nuance constamment de tendresse et d’énergie. En un mot : d’espoir. Le film plaide plutôt en faveur de la mémoire. Il ne s’agit ici ni de vengeance (les bourreaux d’hier comptent moins que les traces qu’ils ont laissées), ni d’oubli, mais de vérité, condition indispensable de toute guérison. |
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Source : http://www.telerama.fr/cine/film.php?id=273616 |
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l'express - Christophe Carrière |
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Il est audacieux d'inscrire Sarajevo dans un titre, la capitale de la Bosnie-Herzégovine évoquant à coup sûr un film grave. C'est le cas. Mais la fluidité et la sobriété de ce mélodrame ôtent toute réserve. L'action, située aujourd'hui, met en scène une mère célibataire et sa fille de 12 ans. Un voyage scolaire se prépare, gratuit pour les enfants dont le père est mort à la guerre.
Dès lors, la petite ne comprend pas pourquoi sa maman s'échine à vouloir lui payer la virée. L'explication ne viendra qu'à la fin, le temps de savourer l'interprétation des deux comédiennes, et les situations tantôt cocasses, tantôt oppressantes, toujours émouvantes. |
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Source : http://www.lexpress.fr/mag/cinema/dossier/cine/dossier.asp?ida=451572 |
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humanite presse - D.W. |
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Jours peu tranquilles à Sarajevo
Grbavica, ce nom qui entre deux parenthèses anodines sous-titre Sarajevo mon amour désigne une zone populaire de Sarajevo qui, pendant la guerre, a été assiégée par l’armée serbe. Là, dans un camp spécial, les miliciens torturaient la population. Des milliers de femmes ont été violées. La jeune réalisatrice Jamila Zbanic habite tout à côté. C’est le microcosme auquel appartiennent les personnages de son premier long métrage. Esma (Mirjana Karanovic, justement admirée pour les rôles qu’elle a tenus dans plusieurs films d’Emir Kusturica) se débrouille comme elle peut d’un quotidien banal. Trouver du travail, surmonter la fatigue ordinaire, préparer les sandwichs de sa fille adolescente Sara (Luna Mijovic).
Malgré le silence que garde Esma dans le centre d’entraide qui s’occupe des femmes traumatisées, nous comprenons quelque chose de ce qu’elle a subi par des expressions que son corps dévoile. Entre mère et fille, alternent comme il se doit jeux complices et conflits. Mais autre chose se trame. La petite, qui n’a jamais connu son père, le croit mort en héros pendant la guerre. Elle semble appuyer toute l’incertitude de son adolescence sur cette pauvre gloire.
Aux dérobades d’Esma, une femme qui ne recule devant aucune des réalités du quotidien, se devine un mensonge dont la trame apparaîtra à mesure qu’Esma se rapprochera de sa propre histoire au point qu’en naissent les mots salvateurs. Nous aurons rencontré d’autres personnages sur lesquels Jasmila Zbanic sait porter notre attention quel que soit leur temps de présence à l’écran. Ainsi par exemple de Pelda (Leon Lucev), un des rares hommes dont Esma peut accepter la proximité, sans doute parce qu’ils ont en commun l’expérience du deuil et son inachèvement, parce qu’ils cherchent l’un et l’autre à la morgue les corps de proches disparus.
Pelda veut de l’argent, une vie facile, l’exil peut-être. Il veut oublier la guerre. Esma sait qu’elle n’oubliera jamais. Sarajevo mon amour, beau film d’acteurs, évoque avec une grande simplicité des parcours émotionnels complexes que la violence sous-tendue, jamais visible, pourrait à chaque instant dynamiter. Le beau travail de lumière qui éclaire la force vitale d’Esma, les évolutions, parfois brutales de Sara enrobe Sarajevo d’une palette qui confère à la ville un rôle à part entière.
De la crudité des ciels de neige à leurs pâleurs matinales, des demi-teintes des demi-jours aux lueurs de caverne des boîtes de nuit. Là se terrent ceux qui voudraient blanchir leur passé, dans les basses agressives du "turbo folk", cette musique abrutissante attachée aux souvenirs de la guerre et que les radios déversent encore aujourd’hui comme pour assommer toute mémoire. Autour du viol d’Esma et de ses ineffaçables conséquences veillent l’amour, la cocasserie, une drôlerie sans cynisme que Jasmila Zbanic manie en artiste, usant des ressources propres au cinéma pour que jaillisse la vérité de l’histoire. |
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Source : http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-09-20/2006-09-20-837024 |
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zone02 - AW d'après ST |
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Esma, mère célibataire, n’a pas la vie facile. Elle vit avec sa fille à Grbavica, dans la banlieue de Sarajevo. Et vu que la gamine, 13 ans, doit partir sous peu en voyage scolaire, elles ont urgemment besoin d’argent. Demandes auprès de la famille, petits travaux de couture, la maman va même jusqu’à se présenter au service d’aide pour victimes de la guerre pour rassembler quelques sous. Des tâches qui fatiguent, et rendent encore plus tendues les relations entre la mère et la fille. D’autant que Sara ne comprend pas les démarches de sa mère : la preuve officielle que son père est mort durant la guerre devrait lui assurer la gratuité du voyage. Alors pourquoi sa mère ne va-t-elle pas simplement demander le document ?
Ce drame familial à petite échelle, de la réalisatrice bosniaque Jasmila Zbanic (32 ans) a remporté l’Ours d’Or lors du dernier Festival du Film de Berlin. Pas étonnant que le jury ait craqué pour ce film à la thématique émouvante et présentant des prestations magistrales de Mirjana Karanovic, actrice d’Emir Kusturica, dans le rôle d’Esma et de la toute jeune Luna Mijovic, Sara. D’autant que la photographie est superbe dans sa simplicité, soulignant la fragilité d’une ville qui se reconstruit.
Mais attention! Lors de l’annonce de la victoire à Berlin, pas mal de journalistes en ont raconté un chouia trop sur le dénouement de l’histoire. Reste à espérer que soit vous avez une mémoire de poisson rouge, soit vous n’écoutez pas ce que racontent les médias. Ceci dit, Grbavica est et reste un petit film au grand coeur ! |
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Source : http://www.zone02.be/film/detail/fr/2897/Grbavica.html |
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trigon film |
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Née le 19-12-1974 à Sarajevo. Etudie à l'académie des arts du spectacle de Sarajevo. Marion nettiste aux USA, en 1995, avec la troupe du "Bread and Puppet Theatre". Fonde l'association des artistes, à Sarajevo, en 1997, et plus tard la maison de production Deblokada avec laquelle elle réalise une dizaine de courts et de documentaires ainsi que des vidéos d'art. Ses oeuvres sont présentées avec succès lors de festivals internationaux et d'expositions, entre autres à la Kunsthalle Fridericianum, à Kassel, en 2004. GRBAVICA est son premier long métrage de fiction. |
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Source : http://www.trigon-film.org/fr/director.php?id=167 |
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le petit journal - Camille de la Rochère |
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Sarajevo, 2006. De jeunes femmes en tenues affriolantes se trémoussent dans une boîte de nuit branchée de la capitale bosniaque, fréquentée par des mafieux. Ce tableau est un fidèle reflet du capitalisme sauvage qui envahit le pays depuis la fin des années 90.
Au milieu, Esma, la quarantaine, détonne dans cet univers dépravé. Mère de Sara, 12 ans, elle a décroché un travail de serveuse pour lui financer un voyage organisé par l’école. Elle payerait moitié prix si elle fournissait un certificat prouvant que son mari est mort en "shahid" (martyr) pendant la guerre. Mais pour une raison mystérieuse, elle préfère régler plein tarif, en éludant les questions pressantes de sa fille au sujet de la mort de son père.
Quand la fiction dépasse la réalité
Ce film ultra réaliste porte un message lourd, comme le souligne Jasmila Žbanić, scénariste et réalisatrice : "Aujourd’hui, vivent librement en Europe deux hommes qui ont organisé le viol de 20 000 femmes en Bosnie, la mort de 100 000 personnes et la déportation d’1 million d’êtres humains. L’Europe le sait et le permet".
Grbavica est un quartier de Sarajevo qui a été transformé en camp de prisonniers pendant la guerre. C’est un microcosme où la vie normale n’a jamais vraiment repris le dessus. La ville de Sarajevo et la musique font incontestablement partie du casting, comme en témoigne Sarajevo mon amour chanson populaire qui cloture le film avec optimisme.
Encensé par la critique européenne et justement récompensé par des prix internationaux, le secret d’Esma n’est déjà plus un secret pour personne. Souhaitons qu’il sorte la communauté européenne de son immobilisme. |
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Source : http://www.lepetitjournal.com/content/view/9950/307/ |
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le figaro - Jean-Luc Wachthausen |
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Le jury du 56e Festival du film de Berlin a couronné deux films politiques : "Grbavica", qui trace le portrait d'une Bosniaque violée, et "The Road to Guantanamo", qui raconte le calvaire de trois Britanniques musulmans emprisonnés par erreur dans les prisons de la base américaine à Cuba.
Portrait poignant d'une mère confrontée aux horreurs de son passé dans le Sarajevo d'après-guerre, Grbavica, de la cinéaste bosniaque Jasmila Zbanic, a reçu, samedi soir à Berlin, la récompense suprême, l'ours d'or de la Berlinale.
"Merci au festival d'avoir invité un film à petit budget venant d'un petit pays, a déclaré en anglais la jeune réalisatrice de 31 ans. Je veux profiter de cette opportunité pour rappeler que, alors que la guerre est finie, des criminels de guerre (l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko) Mladic et (Radovan) Karadzic courent toujours et n'ont pas été capturés alors qu'ils ont organisé des viols collectifs".
Esma (Mirjana Karanovic), qui élève seule sa fille Sara (Luna Mijovic) dans le quartier de Grbavica, à Sarajevo, porte en elle un lourd secret qui la torture : sa fille est le fruit d'un viol par un Serbe dont elle fut victime dix ans plus tôt dans un camp d'internement... Entre les deux, les rapports sont souvent conflictuels. Sara croit qu'elle est la fille d'un combattant bosniaque mort en héros sur le front et n'imagine pas un seul instant le terrible aveu que va lui faire brutalement sa mère.
Levant le voile sur une réalité sordide, Jasmila Zbanic s'est basée sur des témoignages de victimes pour illustrer ce drame et toute la difficulté pour une femme de se retrouver après une telle épreuve, d'assumer ce lourd passé. |
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Source : http://www.lefigaro.fr/culture/20060220.FIG000000257_l_ours_d_or_a_la_bosniaque_jasmila_zbanic.html |
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pipole |
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Grbavica, Ours d’or suscite la polémique !
Le film bosniaque Grbavica, lauréat de d’ours d’or du meilleur film de la 56e Berlinale, est bannie de Republika Srpska, entité des Serbes de Bosnie, car sa programmation serait inutile car les serbes n’iront pas le voir.
Ce long-métrage réalisé par Jasmila Zbanic raconte la triste histoire d’une musulmane violée par des soldats serbes lors du siége de la ville de Sarajevo durant la guerre des Balkans. |
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Source : http://www.pipole.net/12532-grbavica-ours-d-or-suscite-la-polemique.html |
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balkans courriers info |
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Grbavica : polémiques serbes sur un film de l’après-guerre bosniaque
Vu par la presse belgradoise, Grbavica de Jasmila Zbanic, lauréat de l’Ours d’Or à Berlin est une tentative vaine de faire d’un film et honnête et émouvant un débat politique. Personne, du metteur en scène aux critiques en passant par la presse people, ne semble avoir compris le message du film. Esthétiquement réussie, l’œuvre de Jasmila Zbanic est avant tout un petit film intime. |
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Source : http://balkans.courriers.info/article6534.html |
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le figaro - Dominique Borde |
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Dans "Sarajevo, mon amour", ours d'or au Festival de Berlin, la réalisatrice évoque la Bosnie déchirée à travers les rapports d'une mère et de sa fille.
D'une part, il y a la ville, sortie de la guerre sans être remise de ses blessures avec ses immeubles en ruines, ses quartiers dévastés. De l'autre, il y a la vie des habitants de Sarajevo, qui ont repris d'autres habitudes comme pour exorciser l'horreur et la peur encore trop proches. C'est le cas d'Esma, qui élève seule Sara, sa fille de 12 ans, dans le quartier de Grbavica, avec au loin le souvenir d'un père mystérieux qui serait mort en héros. Mais la terrible vérité éclatera quand la petite fille devra participer à une excursion scolaire.
Ce secret est le stigmate et le symbole de Sarajevo, que la jeune réalisatrice Jasmila Zbanic a voulu retenir pour réaliser son premier long-métrage. Elle qui vivait dans le même quartier que ses deux héroïnes a été marquée par cette atmosphère de crainte et de misère. Pourtant, ce n'est pas cette ambiance qui l'a poussée à réaliser son film.
"Je n'ai pas voulu faire un état des lieux. J'avais beaucoup plus envie d'exprimer mon monde, de communiquer mes émotions. Pendant des années, j'ai été obsédée par les femmes violées par les militaires de l'armée serbe. Et j'ai voulu transformer la haine en une histoire plus présentable." La ville n'en est pas moins le troisième personnage du film, comme le grand témoin d'un malheur indélébile et un témoignage politique pour la réalisatrice, qui a voulu modestement exprimer les douleurs les plus indicibles à travers les péripéties les plus anodines.
"La véritable magie de la vie est pour moi dans le quotidien, observe-t-elle. Même si les grands drames sont plus spectaculaires. J'ai donc voulu qu'Esma ne soit ni laide, ni jolie, mais très ordinaire. C'est la révélation de son secret qui en fera un personnage d'exception et révélera sa profonde humanité." Mais le sujet du film qui en demeure le concept essentiel, c'est le viol, ou comment la violence et la sauvagerie peuvent transformer un acte d'amour en manifestation de haine et de domination. C'est le souvenir qui a traumatisé Jasmila Zbanic, alors adolescente.
"J'avais 17 ans et l'idée des premières expériences sexuelles avait quelque chose d'excitant et de merveilleux. J'y pensais beaucoup et j'étais obsédée par les garçons. Mais quand j'ai appris que le sexe pouvait devenir une arme de guerre, j'ai été choquée, bouleversée. Je me souviens même du moment exact où j'ai eu cette révélation. Tout alors a changé pour moi. Comme j'habitais près de Grbavica, j'étais terrorisée par l'armée serbe. Et quand j'ai rencontré un metteur en scène de théâtre, j'ai tout de suite voulu travailler avec lui pour fuir ce quartier et cette ambiance."
Cris d'amour
C'est ainsi que la jeune diplômée de l'Académie d'arts dramatiques de Sarajevo fut marionnettiste dans le Vermont, puis clown avant de créer une association d'artistes avec laquelle elle produisit et réalisa de nombreux documentaires. C'est sans doute cette plongée dans la réalité qui a nourri le talent narratif de la future réalisatrice de Sarajevo, mon amour. On le sent dans sa manière de regarder la ville et d'accompagner naturellement ses personnages. "Cela m'a surtout appris à être ouverte à l'imprévu. Sur le tournage, je pouvais réagir vite. J'ai pu aussi utiliser les éléments extérieurs et tourner avec plusieurs acteurs non professionnels. Les choses réelles possèdent une énergie dont j'ai appris à me servir. Je crois que le spectateur saura le percevoir."
En revanche, on peut aussi imaginer les difficultés matérielles qui ont paralysé le tournage d'un film à Sarajevo pour Jasmila Zbanic. "La Bosnie est en effet un pays qui ne dispose ni de caméras 35 mm ni de laboratoires de cinéma. On devait envoyer la pellicule à Zagreb ou en Autriche. J'avais aussi peu d'argent. Mais les habitants m'ont facilité les choses. On a ainsi pu bloquer tout un quartier pour tourner certaines scènes. Les Bosniaques aiment le cinéma depuis que leur compatriote, Danis Tanovic, a remporté l'oscar !"
Enfin, il y a les actrices qui se sont glissées dans la peau d'Esma et de Sara, la mère aimante qui sacrifie tout pour sa fille, éprouvée, douloureuse, et l'adolescente capricieuse et ignorante. Le duo de l'affection et du malheur, de la survie et de l'éveil. "Mirjana Karanovic, qui joue Esma, est très célèbre en Yougoslavie, elle a été l'interprète de Kusturica et a su jouer toutes les nuances du personnage. Pour sa fille Sara, j'ai organisé des ateliers avec une trentaine d'adolescentes avant de trouver Luna Mijovic, qui avait un enthousiasme déconcertant. Même une scène finie, elle voulait continuer. Et les deux actrices ont eu les mêmes complicités de mère et fille."
Sorti à Sarajevo, le film a eu un gros succès en totalisant 200 000 entrées. À la fois reflet d'une réalité et témoignage d'un passé inoubliable, nul doute qu'il exprime pour les Bosniaques quelque chose de vrai et de profond. C'est ce qui fait l'originalité du travail de Jasmila Zbanic, qui vient d'écrire un film de fiction mais compte d'abord revenir aux sources en réalisant un documentaire toujours en Bosnie. Un autre cri d'amour à sa ville déchirée. |
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Source : http://www.lefigaro.fr/culture/20060920.FIG000000040_jasmila_zbanic_femme_d_apres_guerre.html |
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cineuropa - Camillo de Marco |
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Interview de Jasmila Zbanic par Cineuropa
Jasmila Zbanic, 32 ans, scénariste et réalisatrice de Grbavica – Sarajevo, mon amour, Ours d'or au Festival de Berlin, est née et a grandi à Sarajevo. Elle n'était qu'une adolescente quand a explosé la guerre qui devait déchirer l'ex-Yougoslavie pendant quatre ans, "mais mon film ne parle pas que de la guerre, il parle avant tout d'amour, d'un amour impur car mêlé de haine, de dégoût et de désespoir", explique la cinéaste.
Le scénario du film a été écrit à partir d'interviews réalisées par une amie journaliste sur les violences commises pendant ce conflit qui faisait rage jusqu'au quartier en face duquel habitait Jasmila et qui s'appelle justement Grbavica, pendant les années d'occupation serbe. "Grbavica signifie 'femme qui porte un poids', et ce quartier s'est transformé en grand camp de concentration".
Qu'est-ce qui vous a amené à raconter cette histoire ?
Jasmila Zbanic : J'ai commencé à l'écrire en 2000, quand est née ma première fille, Zoe, et j'ai été très frappée par le nombre de femmes violées en Bosnie. Pour moi, avoir un enfant a bouleversé ma vie dans un sens positif, alors je me suis demandé comment elles avaient ressenti l'arrivée d'enfants qu'elles ne désiraient pas. Dans ce cas là, c'est un amour qui n'est pas pur, un sentiment très complexe. Les émotions d'une femme doivent passer par une série de transformations pour qu'elle parvienne à aimer un enfant non-désiré. C'est une expérience qui bouleverse entièrement les femmes dans tous les aspects de leur féminité.
Quelles sont les dimensions du phénomène des viols ethniques en Bosnie ?
Selon les chiffres des Nations-Unis, près de 20 000 femmes de toutes les religions ont été violées lors de la dernière guerre de Bosnie. Bien des femmes que j'ai connues ne pouvaient pas retourner dans leurs villes après la guerre, parce que leurs violeurs s'y trouvaient encore. Les responsables de ces crimes n'ont d'ailleurs pas été punis le moins du monde. Quelques-uns, les grands noms, l'ont été, mais la réalité est qu'au quotidien, les victimes continuent de vivre à côté de leurs bourreaux. On préfère penser que ces femmes n'existent pas. Jusqu'à récemment, on ne les considérait même pas comme des victimes de guerre. C'est seulement après le film qu'a commencé une campagne qui s'est ensuite concrétisée à travers une récolte de signatures qui a obligé le gouvernement à changer la loi : à présent, on reconnaît enfin aux victimes de viols ethniques le statut de victimes de guerre.
De quelle religion êtes-vous ?
Je suis née dans une famille musulmane qui s'est retrouvée sous le régime de Tito, pour lequel la religion était qualifiée d'"opium du peuple". Personnellement, je suis artiste, et c'est ça ma religion.
Comme s'est passé, pour vous qui êtes d'origine musulmane, le travail avec une actrice comme Mirjana Karanovic, d'origine serbe ?
C'est avant tout une actrice et je suis réalisatrice. De toutes façons, elle a toujours expressément rejeté Milosevic et la guerre. J'ai cherché l'actrice qui pourrait le mieux jouer ce rôle et j'ai pensé à elle, car c'est une très grande comédienne et un formidable être humain. Nos appartenances ethniques respectives ne sont pas entrées le moins du monde en ligne de compte. Cela n'a eu aucun poids.
Grbavica, votre premier long métrage, a été produit par votre mari Damir Ismahilovic ...
Damir travaillait dans la banque. Quand j'ai fondé Deblokada, petite maison de production, il a décidé de m'aider. Les premières années ont été difficiles : nous faisions tout à deux, avec un ami. Maintenant, cela va mieux, nous avons pu nous permettre d'embaucher un employé qui reste en permanence au bureau. Nous produisons des courts métrages et des documentaires. |
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Source : http://cineuropa.org/ffocusinterview.aspx?lang=fr&treeID=1294&documentID=69181 |
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humanite - Dominique Widemann |
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Interview de Jasmila Zbanic par l'Humanité
Mon film n’est pas une métaphore
Grbavica, c’est le nom d’un quartier de Sarajevo dans lequel, pour l’essentiel, se déroule le film de Jasmila Zbanic. Une histoire de femmes dans Sarajevo aujourd’hui. Sarajevo, mon amour, c’est le titre d’une chanson un peu désuète que les habitants de la ville chantent en son honneur dès l’âge des cars scolaires. Jasmila Zbanic, jeune réalisatrice très souriante, n’est pas enchantée de ce changement d’intitulé qui, en France, confère à son film une couleur un peu fade. Elle comprend que Grbavica n’est pas pour nous un mot très facile à prononcer et notre tentative le lui confirme. Rencontre à Paris juste avant que la cinéaste ne s’envole pour présenter son film à Toronto.
La séquence initiale de votre film montre une assemblée de femmes aux regards clos dont le nombre semble s’étirer hors champ. On les retrouvera à la fin, les yeux ouverts. Le cinéma, c’est ce qui se passe entre ces deux situations ?
Jasmila Zbanic. J’ai toujours pensé qu’au cinéma la scène initiale doit établir l’émotion, dessiner le monde dans lequel le spectateur va entrer. Je montre une assemblée de femmes dont on ne sait pas tout de suite qui elles sont, ce qu’elles font là. Je m’attarde ensuite sur des visages, puis il y en a un sur lequel je m’arrête. Et là je commence à raconter une histoire parmi toutes celles que l’on aurait pu choisir. Ces yeux clos ne sont pas ceux du sommeil, l’expression n’est pas celle du rêve. C’est le moment où lregarde à l’intérieur de soi. Entre ce moment-là et la fin du film, tout pourrait en fait se passer en un clin d’oeil.
Justement, comment avez-vous opéré le choix de raconter une histoire particulière parmi toutes celles possibles dans ce que nous découvrons être un centre d’entraide pour les femmes qui ont subi des viols pendant la guerre en Bosnie ?
Jasmila Zbanic. La plupart de ces femmes vivent réellement des souffrances très intenses, des situations plutôt dénuées d’espoir. Ce ne sont pas des héroïnes. Elles ont ce que l’on pourrait appeler une force "ordinaire". Je voulais parler d’une femme possédant la force de vouloir changer. Parce que c’est une femme "ordinaire" et qu’elle a cette force, elle devient héroïque. De cet héroïsme que manifestent les gens que l’on croise tous les jours. Dès le début du film nous devinons, en partie, ce qui a pu lui arriver. Bien qu’elle ne puisse pas en parler, le traumatisme est évident. J’ai fait confiance à l’intelligence du public pour faire jouer son imagination à partir de là.
Esma, votre personnage principal, va accomplir un difficile parcours vers la vérité de ce qu’elle a vécu. La vérité, c’est le coeur de votre propos ?
Jasmila Zbanic. Je crois que la vérité est une étape indispensable à toute relation humaine. C’est indispensable à Esma, à sa fille Sara qui doute de l’amour de sa mère jusqu’à douter profondément d’elle-même. Cela vaut pour la situation aujourd’hui en Bosnie, mais mon film n’est pas une métaphore. Comme artiste, je ne souhaite pas forcément parler des aspects politiques de l’actuelle situation bosniaque, bien que je le fasse en tant que citoyenne et que, par ailleurs, le film possède des contenus politiques compréhensibles. C’est une fiction par laquelle j’ai pu me pencher sur des expériences humaines intimes et profondes.
Malgré la gravité du sujet, vous n’avez pas choisi de le filmer de manière dramatique ...
Jasmila Zbanic. Tout le temps de l’écriture du scénario, puis du tournage, je partais du point de vue d’Esma dont le quotidien se poursuit aussi banalement que possible dans un monde qui ne s’est pas arrêté de tourner malgré l’horreur qu’elle a subie. Par la photo, la lumière, la distance de la caméra, le choix des mouvements et des compositions, nous l’approchons autant qu’elle nous le permet. Nul besoin d’une dramaturgie supplémentaire. Il peut même y avoir des moments d’humour. Je souhaitais que toutes sortes d’émotions trouvent leur place. De ces choix découle également une fin ouverte. En Bosnie, pendant la guerre, près de 20 000 femmes ont été violées. Le sexe, qui peut être la plus belle expression de l’amour, est devenu une arme de guerre pour humilier les femmes. Aujourd’hui, il ne s’agit, à l’instar d’Esma, ni de vengeance ni de pardon, mais, je le répète, de vérité. |
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Source : http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-09-20/2006-09-20-837023 |
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