Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Breaking and entering réalisé par Anthony Minghella (Avant-première)
   
Titre original Breaking and Entering
Titre français Par effraction
Réalisation Anthony Minghella
Scénario Anthony Minghella
Interprétation Jude Law, Vera Farmiga, Juliette Binoche, Robin Wright Penn, Rafi Gavron, Poppy Rogers, Martin Freeman, Ray Winstone, Mark Benton, Juliet Stevenson, Caroline Chikezie, Rad Lazar, Ed Westwick ...
Musique Dado Jehan, Karl Hyde, Rick Smith & Gabriel Yared
Photographie Benoît Delhomme
Pays U.S.A./Grande Bretagne
Année 2007
Durée 1h 59min.
Genre Drame
Production Tim Bricknell, Anthony Minghella & Sydney Pollack
Site officiel  
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Projection le jeudi 15 mars 2007
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Will traverse une période difficile avec Liv, sa compagne. Il vient en plus d'installer son cabinet d'architecte paysagiste dans King's Cross, un quartier de Londres en pleine réhabilitation. Ses luxueux locaux attirent une bande du coin qui le cambriole à répétition. Excédé, Will finit par suivre l'un des jeunes voleurs jusque chez lui où le jeune homme, Miro, vit avec sa mère, Amira, une réfugiée bosniaque. Afin d'en apprendre plus sur le gang, Will s'arrange pour sympathiser avec Amira mais rapidement, des sentiments imprévus surgissent ...
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voir - Michel Defoy
 

Breaking and Entering est d'abord et avant tout un film sur Londres, finement tourné à travers la lunette d'un cinéaste-anthropologue cherchant à rendre compte des profonds changements que vit présentement la métropole anglo-saxonne.

Changements humains, d'une part, entraînés par le métissage des cultures (vous avez dit "accommodements raisonnables"?); changements physiques, d'autre part, tels qu'incarnés ici par la revitalisation du "difficile" quartier de King's Cross.

C'est là que se dTravaillant à partir d'un scénario qu'il a lui-même écrit (et qui s'inspire d'un fait vécu), Minghella tisse une toile nourrie et intelligente. À plusieurs reprises, son récit semble cheminer vers des lieux communs. À la dernière seconde intervient alors un changement de trajectoire ingénieux, et nous voilà repartis.

Outre ses thèmes - sociaux et affectifs - très d'actualité, Breaking and Entering a pour lui une distribution particulièrement inspirée. Et derrière les Jude Law, Robin Wright Penn et Juliette Binoche se dresse Londres, qui remplit à merveille son rôle de soutien.

À voir si vous aimez Londres, le cinéma d'Anthony Minghella, r éfléchir aux enjeux sociaux dans l'air du temps éroule le récit, en marge des zones touristiques de carte postale.

  Source : http://www.voir.ca/cinema/cinema.aspx?iIDArticle=45975
   
cyberpresse - Marc-André Lussier
 

Portant à l'écran son premier scénario original depuis Truly, Madly, Deeply, le cinéaste Anthony Minghella ( The English Patient, The Talented Mr. Ripley) jette un regard sensible et contemporain sur la nouvelle réalité urbaine. Breaking and Entering (Par effraction en version française) fait ainsi écho à l'exil intérieur de deux familles qui, en surface, ne pourraient être plus différentes. La force du récit réside dans cette évocation de problématiques on ne peut plus actuelles (pauvreté, immigration, intégration), tout en confrontant les personnages - et les spectateurs - à leurs propres idées reçues.

Comme plusieurs jeunes entrepreneurs, les architectes Will (Jude Law) et Sandy (Martin Freeman), ont un jour décidé de transformer un immeuble délabré d'un quartier "difficile" , King's Cross à Londres en l'occurrence, en espace "branché" . Ils viennent à peine d'y installer leurs pénates que, déjà, l'endroit est vandalisé. Plus d'une fois. Le sentiment de dépossession est tellement fort que Will décide de faire le guet la nuit, histoire de pouvoir pincer lui-même les voleurs. Il se trouve que l'intrus en question est un adolescent, qui parvient à semer son poursuivant. Au gré d'un pur hasard, Will parviendra quand même à retracer le jeune homme. Pour en apprendre plus sur lui, l'architecte établira même un contact avec la mère de ce dernier (Juliette Binoche), une réfugiée bosniaque dont le mari fut assassiné à Sarajevo pendant la guerre.

C'est à partir de là que le récit prend une tournure aussi touchante qu'inattendue. Sans ne jamais tomber dans le sentimentalisme bon teint, Minghella s'attarde évidemment à l'histoire de cette femme qui, dans un pays étranger, tente d'élever son fils de son mieux. L'auteur cinéaste trace aussi en parallèle le portrait sentimental et familial de Will, dont la vie conjugale avec une femme d'origine suédoise (Robin Wright Penn) n'est pas tout à fait au beau fixe. Les difficultés qu'éprouve leur adolescente souffrant légèrement d'autisme font d'ailleurs directement écho à celles auxquelles fait face l'ado d'origine bosniaque.

Aussi, la notion de "vol" reste bien aléatoire. Voilà d'ailleurs ce que Minghella tente de démontrer. Un petit larcin d'ordre matériel ("Ma vie entière est dans cet ordinateur portable" constate Will quand il s'aperçoit qu'on lui a subtilisé le précieux objet) est ainsi mis en exergue d'un système où la richesse est de plus en plus mal répartie entre les individus, entre les classes sociales, entre les peuples.

Minghella propose ainsi un portrait qui arrive à point nommé dans les débats sociaux actuels, d'autant plus qu'il s'attarde principalement aux aspects intimes de ces problématiques.

Magnifiquement dialogué, le film bénéficie bien entendu de la présence d'acteurs remarquables. Jude Law évoque les bouleversements intérieurs de son personnage avec grande sobriété, et Robin Wright Penn atteint une justesse exemplaire, en dépit du fait que son personnage soit un peu plus mal dessiné. Juliette Binoche est par ailleurs crédible de bout en bout dans le rôle de cette réfugiée bosniaque. Une fois de plus, l'actrice nous gratifie d'une prestation tout aussi magnifique qu'inspirée.

Soulignons la qualité de la photographie, signée Benoît Delhomme, de même que celle de la trame musicale, composée par Gabriel Yared et le groupe Underworld.

  Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20070217/CPARTS01/702170904/5316/CPARTS01
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comme au cinema
 

Filmé à Londres et aux studios d’Elstree durant l’été 2005, Par Effraction est le premier scénario original d’Anthony Minghella à être produit depuis son premier film, Truly, Madly, Deeply, en 1991. Le réalisateur oscarisé signe ici un drame à la fois intimiste et universel, qui s’attache à la vie de personnages très différents. Jeunes professionnels d’excellente réputation, immigrés portant le fardeau de la guerre et des rigueurs économiques… Dans un quartier de Londres en pleine rénovation, les classes aisées empiètent sur les lieux où vivent les plus démunis, et les frontières de classe et de culture sont brouillées. Suite à une série de vols, réels ou métaphoriques, les protagonistes sont amenés à se rencontrer, à se lier, à se séparer et à se rapprocher à nouveau ...

Anthony Minghella confie : "Il y a longtemps, j’ai essayé d’écrire une pièce intitulée "Breaking and Entering". Un couple rentre chez lui après une fête et découvre que sa maison a été cambriolée. En faisant l’inventaire de ce qui a été volé, ils se rendent compte que certaines choses ont été apportées, et ces objets révèlent qu’ils ont des problèmes au sein de leur mariage. J’aimais beaucoup cette idée, mais je n’ai jamais pu la développer de façon satisfaisante. Et puis, il y a deux ou trois ans, nous avons racheté une vieille chapelle dans le nord de Londres pour en faire notre studio. Je me souviens que mon fils Max a dit à l’époque de façon assez inquiétante que c’était "un très mauvais endroit pour un bureau" - on retrouve d’ailleurs cette phrase dans le film.

Il allait à l’école dans le quartier et le connaissait bien. Mais j’aimais l’endroit et sa situation. Au cours de la rénovation très coûteuse, je me trouvais en Roumanie pour les repérages de Retour à Cold Mountain, et j’ai reçu des appels du bureau : "Il y a eu une effraction." ; "Il y a encore eu une effraction." Je suppose que le bureau était devenu une sorte de centre d’intérêt pour les cités du coin et que c’était amusant de pénétrer dans nos locaux.

Nous avons été cambriolés treize fois en huit semaines. "Cette espèce de "baptême du cambriolage" m’a rappelé l’idée que j’avais eue quinze ans plus tôt, et j’ai commencé à y penser d’une manière différente : un crime peut réparer quelque chose. Selon moi, quand un tort est commis, sa réparation rend tout le monde plus fort. Il y a aussi cette idée des différentes manières dont on peut voler les gens. Il existe toutes sortes de vols…"

Jude Law, qui joue Will Francis, le personnage clé de l’histoire, commente : "Ce film est une histoire sur les mondes dans lesquels nous vivons, des mondes qui se frôlent, se heurtent, qui interfèrent les uns avec les autres. Il parle des mondes que nous tenons pour acquis et auxquels nous ne faisons pas attention, ou que nous jugeons parfois avec condescendance – ce qui est à mon avis encore pire.

On donne de l’argent à une œuvre caritative, on donne ses vieux vêtements à la Croix Rouge, on se dit qu’on fait sa part alors qu’en fait, on ne fait rien pour aider vraiment les autres, au-delà de notre petit confort moral. On ne se demande presque jamais qui est vraiment la personne qui fait le ménage, qui vide nos poubelles, on ne cherche pas à savoir si ces gens sont plus instruits que nous…"

Juliette Binoche, qui incarne Amira, la réfugiée bosniaque, ajoute : "Le sujet des immigrés peut ne pas sembler porteur. En général, on met ce genre de chose dans un coin pour ne plus y penser, on ne veut surtout pas en parler. J’ai aimé qu’Anthony Minghella s’intéresse à la nature des immigrés, à la façon dont la vie peut être bouleversée à cause d’une guerre, ou de décisions d’autres gens. Comment survivre si dans votre pays, vous avez été pianiste, ou scientifique, ou enseignant, et que vous vous retrouvez d’un seul coup dans un autre pays en étant femme de ménage ?"

Martin Freeman, l’interprète de Sandy Hoffman, l’associé de Will, commente : "Il est si facile de juger quand on ne connaît pas les gens ni les situations… Nous le faisons tous. Je le fais tout le temps. On oublie souvent que tout le monde a une histoire, que tout le monde a une vie. Il est bien plus difficile de voir les choses en noir et blanc une fois qu’on connaît les éléments complexes en jeu dans la vie des autres…"

Anthony Minghella reprend : "J’avais très envie de faire un film sur ma ville, Londres. L’une des choses que j’aime dans cette ville, et qui fait la fierté de la plupart des Londoniens, c’est le fait qu’il y ait tellement de gens de pays si différents. C’est une ville très diversifiée au plan culturel, très cosmopolite. Mais ça, c’est l’analyse séduisante. Sous un autre angle moins valorisant, on se rend compte que les différences de classes ont évolué et que les frontières se sont brouillées, que tout le monde évolue à présent dans une sorte de classe moyenne globale qui a plus ou moins éliminé les ouvriers anglais. Une classe invisible a émergé, une sorte de sous-classe en fait, où la plupart des gens ne sont pas anglais mais originaires d’autres pays. Bien que nous soyons extrêmement pointilleux sur la question de l’immigration, et que nous l’utilisions souvent comme un argument politique en période électorale, force est de constater que nous dépendons des immigrés."

Juliette Binoche ajoute : "Ma grand-mère était une immigrée polonaise, elle avait un accent et elle était couturière. Quand j’ai lu le scénario, j’ai été bouleversée parce que je ne m’attendais pas à ce qu’il me touche d’aussi près. En fait, c’était à la fois très loin et très proche de moi. C’est en partie en raison de mes racines que j’ai eu envie de faire ce film. J’ai pensé que c’était une manière formidable de remercier ces générations qui traversent encore aujourd’hui d’énormes difficultés pour que leurs descendants aient une vie meilleure que la leur, qu’ils aient davantage le choix. J’ai trouvé formidable de pouvoir parler de ces gens-là."

Le réalisateur précise : "A Londres, aujourd’hui, nous dépendons d’un groupe invisible de Kosovars, de Slovènes, de Bosniaques, de Brésiliens, de Mexicains, de Nigérians, de Ghanéens, de gens qui viennent ici et font le travail que nous répugnons à faire. Ils sont invisibles aux yeux des nantis, ils sont invisibles culturellement, mais ils constituent un pourcentage élevé de cette grande ville.

Et je me suis dit que si je faisais un film sur Londres, je devais en faire un qui se penche au moins sur cette question, qui examine les différences de privilèges qui caractérisent Londres aujourd’hui. Je voulais faire un film qui puisse parler de cela sans pour autant passer pour un donneur de leçons."

  Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=60949-note-32016.html
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