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Titre
original |
The last king of Scotland |
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Titre
français |
Le dernier roi d'écosse |
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Réalisation |
Kevin Macdonald |
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Scénario |
Jeremy Brock |
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D'après
l'oeuvre de |
Giles Foden |
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Interprétation |
Forest Whitaker, James McAvoy, Kerry Washington, Gillian Anderson, Simon McBurney, David Oyelowo, Abby Mukiibi Nkaaga, Adam Kotz, ... |
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Musique |
Alex Heffes |
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Photographie |
Anthony Dod Mantle |
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Pays |
Grand Bretagne |
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Année |
2007 |
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Durée |
2h 5min. |
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Genre |
Drame, Biopic, Historique |
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Production |
Lisa Bryer, Andrea Calderwood, Christine Ruppert & Charles Steel |
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Site officiel |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le Jeudi 22 mars 2007 |
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Le film est projeté en version originale |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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| Quand un jeune médecin (James McAvoy) se rend en Ouganda en 1970, pour y faire du bénévolat, il ne s'attend pas à être mêlé dans un voyage choquant à travers le lieu le plus sombre sur terre : le coeur humain. The last king of Scotland est un thriller puissant, basé sur des faits réels du monde d'Ouganda sous la dictature d'une des figures mondiales les plus barbares : Idi Amin Dada. Le film présente une performance tour de force de Forest Whitaker en tant que Idi Amin et met en scène 2 portraits inoubliables: celui du dominateur charismatique et psychopathe qui sauvage son pays ; et celui d'un témoin de l'histoire qui trouve le courage de prendre position sur l'ennemi. |
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Academy Awards 2007 |
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- Oscar du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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BAFTA Awards 2007 |
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- Alexander Korda Award pour le meilleur film anglais décerné à Andrea Calderwood, Lisa Bryer, Charles Steel, Kevin Macdonald, Peter Morgan & Jeremy Brock
- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
- Award du meilleur scénario adapté déecrné à Peter Morgan & Jeremy Brock
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Boston Society of Film Critics Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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British Independent Film Awards 2006 |
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- Award du meilleur réalisateur décerné à Kevin Macdonald
- Award de la meilleure photographie décerné à Anthony Dod Mantle
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Broadcast Film Critics Association Awards 2007 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Chicago Film Critics Association Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Dallas-Fort Worth Film Critics Association Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Florida Film Critics Circle Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Golden Globes 2007 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Los Angeles Film Critics Association Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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National Board of Review 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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National Society of Film Critics Awards 2007 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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New York Film Critics Circle Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Online Film Critics Society Awards 2007 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Satellite Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Screen Actors Guild Awards 2007 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Southeastern Film Critics Association Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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Stockholm Film Festival 2006 |
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- Award de la meilleure photographie décerné à Anthony Dod Mantle
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Washington DC Area Film Critics Association Awards 2006 |
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- Award du meilleur acteur décerné à Forest Whitaker
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cinenews - Guy Van Ingelgom |
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Forest Whitaker se glisse de manière plus qu'impressionnante dans la peau du dictateur ougandais Idi AminDada, et l'incarne avec un réalisme époustouflant. Dans ce film qui se base sur des faits réels, mélangés à des éléments de thriller fiction, le réalisateur de documentaires Kevin MacDonald (l'homme a précédemment gagné un Oscar pour 'Un jour en septembre' et a récolté plein de louanges pour 'La mort suspendue'), lève un coin de voile sur la politique de l'ex dictateur menée à l'aide de son docteur/ protégé écossais fictif Nicholas Garrigan (James McAvoy).
Tant l'aspect charismatique que celui à la limite de la folie tout en retenue d'Amin sont mis en avant, ce qui donne l'image évidente de l'insatiabilité qu'affichait l'homme. L'époustouflante performance de Whitaker est sans aucun doute la force motrice de cette pellicule, mais il ne faut pas omettre l'excellent travail d'acteur de McAvoy, la mise en scène toute en certitude, le soundtrack impressionnant, un ensemble qui forme un boulot intéressant laissant une impression positive. Une impression qu'un scénario parfois inégal entame à peine. |
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Source : http://www.cinenews.be/Critics.Detail.cfm?ContentsID=5989&lang=fr |
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lemonde - Jean-Luc Douin |
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Le Dernier Roi d'Ecosse : portrait d'un bouffon sanguinaire
Faire le portrait cinématographique d'un dictateur induit un dosage subtil. La plupart des grands tyrans de l'histoire furent des personnages extravagants, dont l'évocation garantit le spectacle. Mégalomanie, folie et monstruosité sont des traits de caractère susceptibles de vicier les images d'ambiguïté, pour peu qu'on succombe à leur fascination. Lorsqu'ils représentèrent Hitler et les nazis, Ernst Lubitsch (To Be or Not To Be), Charlie Chaplin (Le Dictateur) et Jerry Lewis (Ya ya mon général) choisirent de dynamiter l'image de marque du despote par le rire, la dérision, la subversion carnavalesque.
Cette démarche peut s'avérer douteuse dans le cas d'un dictateur africain. On a vite fait de frôler le racisme en soulignant les traits clownesques d'un roi nègre. Barbet Schroeder fut otage de cet écueil lorsqu'il réalisa un documentaire sur Idi Amin Dada, le chef d'Etat ougandais (Général Idi Amin Dada, 1974).
En fixant sa caméra sur cet outrancier chef d'Etat sans s'embarrasser d'explications pédagogiques, il favorisait la confusion entre cet individu fou furieux et n'importe quel dirigeant africain. Le cinéma vérité se brouillait d'exotisme. Dans ce cas, filmer devenait un abus de pouvoir, même s'il s'agissait de dénoncer l'abus de pouvoir du monarque.
En adaptant, assez librement, Le Dernier Roi d'Ecosse, roman de Giles Foden ("Petite bibliothèque" des éditions de L'Olivier), le cinéaste britannique Kevin McDonald et son scénariste Peter Morgan (également auteur du script de The Queen) contournent assez malicieusement les dangers de complaisance ou d'amalgame. Il s'agit de la confrontation imaginaire entre l'authentique Idi Amin Dada et un personnage fictif qui, après avoir été séduit par le charisme du dictateur, en découvre toutes les forfaitures.
Le héros du film est un jeune médecin anglais envoyé dans un dispensaire rural d'Ouganda. Nommé médecin personnel du général psychopathe, il se rend coupable d'aveuglement et de surdité. Il endosse les remords d'un Occident peu vigilant sur les exactions des chefs d'Etat avec lesquels ils entretiennent des relations, et dont parfois ils bénéficient des bienfaits. Et pose implicitement une question cruciale, tant sur le plan social et politique que sur le plan de son statut dans le récit cinématographique : être spectateur ou acteur ?
Comme un coq en pâte
Dernier roi d'Ecosse est l'un des titres ronflants que s'octroya Idi Amin Dada. Converti à l'islam, champion de boxe poids mi-lourds, il sert dans l'armée britannique et, en 1971, s'empare du pouvoir en renversant le président Obote par un coup d'Etat.
Il exercera sa dictature jusqu'en 1979, faisant exécuter ses prétendus opposants par des escadrons de la mort, expulsant du pays la population asiatique (il veut rendre l'Afrique aux Noirs), offrant l'asile en 1976 à un avion transportant des Israéliens détourné par des terroristes palestiniens... Parmi les milliers de cadavres décapités ou mutilés retrouvés sous son règne figuraient des ministres, juges, professeurs, membres du clergé, journalistes, hommes d'affaires. Et l'une de ses épouses suspectée d'infidélité.
Tout cela est progressivement révélé dans le film, au fur et à mesure que le jeune médecin, moteur de ce thriller, prend la mesure du caractère imprévisible, paranoïaque et sanguinaire de celui auprès duquel il vit comme un coq en pâte et qui l'a choisi comme confident, conseiller, complice involontaire de ses crimes.
Lors de la prise d'otage des Israéliens à Entebbe, le jeune Occidental subit à son tour une terrifiante torture dans un final grand-guignolesque ; le scénario le rend coupable d'avoir cherché à assassiner Amin Dada et d'avoir eu des relations sexuelles avec une de ses femmes.
Le Dernier Roi d'Ecosse brosse le portrait d'un reître démagogue et diabolique, un assassin égocentrique qui voit des espions partout, mais use par ailleurs de son charme, prodiguant des efforts gamins afin d'être aimé. C'est l'immense Forest Whitaker qui l'incarne, tour à tour bouffon et patibulaire, brute ténébreuse aux vestes bardées de médailles ou colosse en kilt, arrogant sur son trône ou arborant airs débonnaires, belles voitures et jolies femmes. Un rôle à Oscar. |
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Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-866820,0.html?xtor=RSS-3476 |
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actuacine - Thibault Giquel |
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Réalisateur remarqué de l’excellent documentaire "La mort suspendue", Kevin McDonald retrouve les chemins de la mise en scène avec "Le dernier roi d’écosse", un biopic sur le dictateur Idi Amin Dada. Mélangeant les faits réels et fictionnels, ce nouveau film est un stupéfiant réquisitoire contre l’ancien chef d’état ougandais. Jeune médecin insouciant, Nicholas Garrigan (James McAvoy, La révélation du film) choisit d’aller exercer en Ouganda comme on part en vacances.
Peu de temps après son arrivée, il est appelé auprès de Idi Amin Dada, le nouveau leader du pays, pour soigner sa main. Le jeune médecin ne manque pas de faire grande impression auprès du chef de l’état au point que ce dernier lui propose le poste de docteur officiel du président. A travers le regard de cet observateur insouciant et privilégié, c’est toute l’excentricité et la cruauté de Idi Amin Dada que l’on va découvrir. "Etes vous prêts ? Etes vous prêts ?".
C’est par ces quelques mots en guise d’avertissement que débute "Le dernier roi d’Ecosse". Une question anodine qui, non sans interroger le personnage de Nicholas Garrigan, interpelle également le spectateur. Abordant son sujet de manière frontale, Kevin McDonald ne nous épargne pas les terribles exactions de Idi Amin Dada, dressant un portrait sans concession du dictateur. Avec une certaine efficacité, le réalisateur et les scénaristes adaptent le livre de Giles Foden selon une volonté d’immersion progressive. Sans aucun doute, l’une des meilleures réussites du film. Une plongée dans l’esprit fou d’un dictateur qui démarre comme un rêve pour se conclure comme le plus terrible des cauchemars. Effrayant.
Cependant, en choisissant de nous présenter un observateur purement fictionnel, le personnage de Nicholas Garrigan, le film perd de sa pertinence. Car, ce sont biens les émotions et les souffrances du jeune médecin qui nous sont présentées et non celles du peuple ougandais. Comme si ce personnage reflétait une métaphore de la communauté internationale (et plus particulièrement des britanniques) qui n’a pas su voir en Idi Amin Dada le terrible boucher de l’Afrique. Est-ce la le problème de cette fiction, un film fait par et pour des occidentaux ? Il en résulte une impression étrange, ne sachant pas vraiment ou commence et ou se termine la fiction dans les faits présentés.
Une interrogation qui demeure jusqu’au bout, assénés par une fin très cinématographique, réussie mais à la limite du grand guignol. "Le dernier roi d’Ecosse" n’en perd pas sa probité et sa pertinence pour autant, le constat final est assourdissant, mélange implacable d’émotions et de terreurs. A découvrir pour un récit historiquement bien construit et pour son casting de haute tenue. Dans le rôle de Idi Amin Dada, l’interprétation de Forest Whitaker est impressionnante, tout aussi effarante et convaincante que celle de Sean Penn dans "Les fous du roi". |
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Source : http://actuacine.net/2006/fiches/scotland.htm |
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afrik - Falila Gbadamassi |
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Forest Whitaker apparaît sous les traits du dictateur ougandais Idi Amin Dada dans le Le Dernier roi d’Ecosse du réalisateur britannique Kevin Macdonald. Son interprétation magistrale du dictateur, vu à travers les yeux de son médecin personnel écossais, nous plonge dans la réalité d’un régime qui a endeuillé l’Ouganda entre 1971 et 1979.
La vie d’Idi Amin Dada portée à l’écran. C’est le défi cinématographique qu’a relevé, avec beaucoup de succès, le cinéaste britannique Kevin Macdonald dans sa dernière œuvre Le Dernier roi d’Ecosse. Forest Whitaker est exceptionnel dans la peau du dictateur ougandais qui envoûte et finit par terroriser un jeune médecin écossais, Nicholas Garrigan, campé par James MacAvoy. Le film débute en 1971, quelques heures après l’arrivée au pouvoir d’Idi Amin Dada.
Le jeune médecin vient alors de débarquer dans un pays où il a l’ambition de se rendre utile en tant que médecin, mais aussi l’envie de satisfaire sa soif d’aventure. Sa rencontre fortuite avec le nouveau leader ougandais scelle son destin et le propulse dans un univers cauchemardesque que sa naïveté ne lui permet pas alors d’entrevoir.
Une relation imaginaire pour rendre compte de la complexité d’un dictateur
Nicholas Garrigan est, à l’instar de nombreux Ougandais, lui aussi fasciné, au début, par l’homme qui ne lui cache pas non plus sa sympathie. Alors qu’il a accepté de devenir son médecin personnel, les masques commencent pourtant à tomber et Idi Amin Dada se révèle. Excessif, paranoïaque, machiavélique, le chef d’Etat ougandais massacre tous ceux qui, estime-t-il, constituent une menace pour son régime. Indirectement, le praticien écossais sera d’ailleurs la cause de certains d’entre eux. Les multiples facettes de celui qui se surnommait "le dernier roi d’Ecosse", se donnent à voir, de la plus sympathique à la plus noire.
Le dictateur paraît même quelque fois touchant, mais c’est sans compter le monstre qui sommeille en lui. En toile de fond, le massacre de plusieurs opposants politiques, les expéditions punitives de ses escadrons de la mort, l’expulsion, en 1972, de la population asiatique du pays ou encore la détérioration de ses relations avec la communauté internationale, en sont la preuve tangible. Son régime est sanguinaire et plonge le pays dans la désolation.
Kevin Macdonald ne fait jamais dans la caricature. Il passe même sur la réputation d’anthropophage qui a nourri le mythe du président africain. Sa réalisation est concise et fait la part belle aux psychologies des deux hommes. L’innocence de l’un contraste avec la perversité de l’autre. Le personnage de Garrigan est aussi l’expression de la conscience dont l’ancien leader ougandais semble être dépourvu.
Le Dernier roi d’Ecosse captive aussi par son parti pris original. Idi Amin vu au travers du regard de son médecin, inspiré de l’œuvre éponyme de Giles Foden. L’oeuvre est aussi une métaphore des relations troubles que les occidentaux entretiennent avec les dirigeants africains (ce sont les Anglais qui ont porté Idi Amin au pouvoir). Le Dernier roi d’Ecosse, qui a été entièrement tourné en Ouganda, offre en définitive une approche originale de la vie d’un homme politique, déchu en 1979, qui a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de son pays.
Encore aujourd’hui, comme l’a constaté Forest Whitaker qui l’a incarné, les sentiments des Ougandais envers le dictateur se déclinent sur une gamme de sentiments qui va de la fascination à la haine. Son interprétation, déjà saluée par les Golden Globe, les trophées du cinéma anglais et qui risque encore de l’être aux prochains Oscars, constitue un bon début d’explication à ce phénomène. |
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Source : http://www.afrik.com/article11204.html |
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telemoustique - F.V. |
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Thriller habile et portrait saisissant de l'un des dirigeants les plus sanguinaires de l'histoire, Le Dernier Roi d'Ecosse (un des nombreux titres dont s'affublait lui-même Amin Dada) tisse savamment sa toile autour de la double personnalité du tyran, tantôt dominateur barbare, tantôt leader charismatique au magnétisme électrique. Servi par un scénario sans aucun temps mort, Forest Whitaker excelle dans une composition schizophrène époustouflante proche du mimétisme. Déjà couronnée par un Golden Globe, sa prestation lui vaut à présent une nomination à l'Oscar du meilleur acteur. La statuette serait amplement méritée. |
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Source : http://www.telemoustique.be/cps/rde/xchg/tm/hs.xsl/critiques_detail.html?revId=3667 |
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nord-cinema - Anne Bernex |
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Parade du médecin et du tyran
Vous voilà pris au piège du tyran et de ses sbires par un fin stratège: l'immersion d'un jeune médecin anglais dans l'intimité du dictateur ougandais qui s'était autoproclamé, à l'image de ses fantaisies les plus abjectes, "dernier roi d'Ecosse". A n'en pas douter, la réalisation de Kevin Macdonald est un chef d'oeuvre de maîtrise et de profondeur: psychologie des personnages, reconstitution historique mais surtout étude sur le phénomène de dépersonnalisation.
Car en effet, le spectateur voit tout au travers des yeux d'un médecin, tombé sous le charme du dictateur, fasciné par ses multiples facettes, son goût pour la provocation, ses manies de séducteur, mieux encore: sa folie pure. Folie qui, savamment dissimulée sous des rires nerveux et autres rictus, rend le jeune confident aveugle, presque anesthésié par ce qu'il est incapable de constater, ou plutôt de reconnaître: l'éradication de milliers de "semblables" qui sont autant d'opposants au régime.
Des hommes. Car le dictateur n'est pas une farce: il existe, en horreur, dans les archives, où l'on titre: "Général Idi Amin Dada, despote sanguinaire, auteur de crimes innommables". Lâche, menteur, cynique, exécrable mais aussi sincère, humain, attachant: c'est ce visage là qui nous apparaît le plus souvent pour mieux nous témoigner l'esprit manipulateur du personnage. Car que se cache-t-il derrière un sourire, une marque d'affection ou une simple discussion autour de rafraîchissements?
Notre jeune médecin, absolument à l'aise dans l'intimité du despote, prend plaisir à connaître l'homme sans se douter que celui-ci est en train de lui tendre un de ses plus savants pièges: culte de la personnalité, illuminations en guise de réponses, rires fracassants en guise de sympathie. Il faut dire que l'anglais voyageur est attiré par une personnalité plus que déroutante: le peuple ougandais a jeté hors de ses terres son oppresseur Milton Obote pour lui préférer le "dernier roi d'Ecosse", ancien champion de boxe, prêt à combattre pour tous et toutes. On connaît la suite. Il faut dire aussi que toute prise de pouvoir commence par la fascination du pire, déguisé en espérance, sapé de générosité salace et fictive. Immergé dans la terreur, Sir Carrigan ne se doute de rien, n'a peur de rien, d'ailleurs la peur n'existe pas.
Il n'existe qu'une relation de confiance, croit-on, entre ces deux phénomènes. Jeu du chat et de la souris. La stratégie du général fait force, l'innocence du médecin "malgré lui" nous trompe puisqu'il incarne, à lui seul, la part de responsabilité morale et politique des Anglais face à leur ancienne colonie. Le titre de "collaborateur" imbibe dès lors l'homme de confiance d'une puante indifférence. Porté par un acteur au sommet de son art, génial Forest Whitaker, cette terrifiante mais sublime adaptation du roman de Giles Foden nous montre non pas comme il est facile de dénoncer le régime totalitaire, mais plutôt comme il est aisé de se faire prendre au piège d'une sanguinaire collaboration.
Voir et être vu, entendre et être entendu, écouter et être convaincu. Epatant ! |
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Source : http://www.nord-cinema.com/fiches/noscritiques1822.html |
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nord-cinema - André Ruellan |
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L'histoire et le personnage nous sont connus. Seul ajout imaginaire, un tout jeune médecin écossais qui paie rudement sa naïveté envers le tyran qui le séduit. Le réalisateur a parfaitement compris et restitué l'atmosphère terrifiante de l'Ouganda placé sous le joug d'Amin Dada et de ses sbires, alternant le pittoresque d'une image richement colorée, aux effrayants effets d'ombre et de lumière qui dévoilent en gros plans la folie meurtrière.
L'ascension toute relative et obligatoirement provisoire de ce maigrelet médecin dans le giron du pouvoir, est savamment dosée au fil d'épisodes plus ou moins rassurants ou affolants qui décrivent les protagonistes. J'ai moins aimé le final d'un spectaculaire superflu, mais dans son ensemble, ce film est remarquablement crédible, d'autant que le comédien américain Forest Whitaker représente ce que l'on peut attendre de mieux dans l'interprètation d'un rôle tour à tour jovial et effroyable.
Quel talent et quel courage pour exprimer un tel mimétisme. |
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Source : http://www.nord-cinema.com/fiches/noscritiques1822.html |
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evene - Mélanie Carpentier |
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Très belle adaptation du roman de Giles Foden, ‘Le Dernier Roi d’Ecosse’ met en scène les rapports qu'entretenaient dans les années 1970 le dictateur Idi Amin Dada avec son médecin personnel. De 1971 à 1979, celui qu’on surnommait le "Boucher de l'Afrique", impose un régime de terreur en Ouganda causant la mort de 300.000 personnes.
Ce qui aurait pu n’être qu’un blockbuster de plus, stéréotypant l’Afrique, se révèle une brillante leçon d’histoire et de cinéma. Ici, le continent noir est montré dans ce qu’il renferme de pire et de meilleur. Sans excès. Le film surprend par la sincérité de son propos, son désir d’objectivité, la rigueur de sa narration et le choix d’une bande-son opportune. Le parti pris de capter l’intimité d’Amin Dada tout en révélant la montée en puissance d’une mégalomanie sans concession montre une aptitude nouvelle d’Hollywood à évoquer l’Afrique avec pertinence.
Forest Whitaker campe à la perfection cette démesure et cette menace grandissante, effraie par son réalisme et son ambivalence - capable d’effrayer le spectateur qu’il avait auparavant séduit. La mise en scène soignée évite les écueils traditionnels : pas de violence à outrance, pas de misérabilisme, pas d’exotisme exacerbé. Compressant l’Histoire, ce long métrage de 2h15 se gorge d’une intensité dramatique rare et semble enfin tenter de comprendre - autant que possible - l’Afrique. |
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Source : http://www.evene.fr/culture/agenda/le-dernier-roi-d-ecosse-15957.php?critiques |
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comme au cinema - Marine Bedaux |
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L'apprentissage de la lucidité par l'aveuglement
Voulant fuir la vie trop convenue d'un jeune médecin en Ecosse, Nicholas Garrigan (James Mcavoy) s'envole pour l'Ouganda par pur hasard. Bien qu'ayant quelques envies humanitaires il se laisse rapidement entraîner dans le sillage de Idi Amin Dada (grandissime Forest Whitaker), le nouveau chef d'Etat du pays.
La qualité historique du film tient certainement au passé de documentariste de Kevin Macdonald. Cela dit, la rigueur de la narration et la mise en scène sont exemplaires pour une première réalisation de fiction. Il nous permet d'approcher le pays autant dans sa simplicité et sa pauvreté, au début du film, que dans les abus d'Amin.
Le film tient aussi par le spectaculaire charisme de Forest Whitaker qui ne laisse jamais le spectateur comprendre son personnage. Entre douceur et cruauté, l'acteur récompensé dernièrement aux Golden Globes incarne toute l'ambiguïté d'un dictateur, toute la fascination qu'il est capable de créer. Le roi d'Ecosse comme il se fait appeler montre son ambivalence par ses relations avec le jeune médecin. Celui-ci a quitté son pays pour partir à l'aventure et découvre en Ouganda un "paradis". Il est bien le seul mais Nicholas Garrigan ne vit pas réellement dans le pays puisqu'il est partie intégrante de la bulle présidentielle. Ce n'est qu'à la fin, au sommet de la folie du dictateur, qu'il prend conscience des réalités, du déclin du pays qu'il pensait aider et qu'il a délaissé à sa manière en s'aveuglant face au soleil Amin dont il n'arrivait pas à détourner les yeux.
La retranscription de cette époque est excellente et le personnage inventé du docteur permet vraiment d'entrer dans l'intimité de l'homme mis ici en question. C'est un film sur une dictature qui évite de montrer la violence. Un film où le jeune européen va, malgré lui, incarner le pays tout entier par sa croyance, sa dévotion pour l'homme au pouvoir et par sa déception, son retour à la réalité violent comme des anneaux traversant la peau. Un film qui mélange Histoire et fiction pour une démonstration intelligente des abus que l’on ne devrait jamais oublier. |
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Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=68153.html |
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metrotime - Chris Craps |
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Entretien avec le réalisateur Kevin Macdonald
Idi Amin voulait devenir Roi d’Ecosse metro Dans ‘Le dernier roi d’Ecosse’, McDonald raconte l’histoire d’un jeune médecin écossais (James McAvoy) qui devient le médecin personnel d’Idi Amin Dada (un extraordinaire Forest Whitaker). Mais l’opportuniste naïf réalise trop tard que son très puissant patient est un mégalomane parano qui décide de la vie et de la mort, comme s’il était un dieu.
Certaines personnes diront J’ai déjà vu Braveheart
En effet. Des tas de gens croiront, se basant sur le titre, qu’il s’agit d’une suite du film de Mel Gibson. Nous avons fait une projection-test à Los Angeles, où nous avons invité des gens à venir voir notre film. Après la projection, nous leur avons demandé pourquoi ils avaient accepté de venir. Ils nous ont répondu : L’idée d’un film sur l’Ecosse au Moyen-Age avec Forest Whitaker dans le rôle principal nous intriguait.
Nous savons tous qu’Idi Amin a fait peu de jolies choses, mais n’était-il pas un produit typique du colonialisme ?
Dans un certain sens, oui. Car ce sont les Britanniques, les Américains et les Israéliens qui l’ont mis au pouvoir. Ils voulaient se débarrasser du leader précédent (Milton Obote) parce que celui-ci menait une politique de gauche et ils craignaient qu’un pays africain supplémentaire se retrouve sous la sphère d’influence des Soviétiques. Ils ont donc soutenu le coup d’état d’Amin. Mais ils pensaient qu’ils pouvaient le commander. Ils se trompaient visiblement.
Ils croyaient qu’ils l’avaient sous contrôle parce qu’il avait servi dans l’armée britannique, chez les King’s Africa Rifles, le régiment britannique en Afrique de l’Ouest. Ses supérieurs directs là-bas étaient des Ecossais et il s’entendait bien avec eux. Il les trouvait chaleureux et aimables et adorait leurs kilts et cornemuses. Il a d’ailleurs adopté des tas d’éléments culturels des Ecossais et voyait des similitudes entre eux et les Ougandais. Ou pour être plus exact, il considérait les Ougandais comme les Ecossais d’Afrique. Il pensait que les Ecossais mettraient un terme à l’influence anglaise en Afrique. Il disait: “Je ferai la même chose pour vous. Je serai votre dernier roi et je chasserai les Britanniques d’Ecosse.
Y a-t-il une analogie entre le médecin et vous, le cinéaste ?
Absolument. Si le film a quelque chose à raconter, c’est à propos de l’intrusion dans une autre culture et l’illusion de savoir ce qui se passe, alors qu’en réalité, on n’en a pas la moindre idée. En tant qu’Européen, vous croyez que vous pouvez tout faire, que vous pouvez tout prendre, tout simplement, que vous pouvez acquérir une expérience et repartir sans conséquences. Mais le médecin dans le film découvre, bien sûr, que ce n’est pas aussi simple.
Nous avons tous une certaine image d’Idi Amin. Est-ce une image exacte ?
Les faits ne sont pas toujours tels que vous croyez. Et ça, c’est un des aspects intéressants chez Idi Amin. Il était quelqu’un qui créait une mythologie autour de lui. Et il représentait quelque chose dans l’imagination occidentale: un chef africain très stéréotypé, sauvage et cannibale qui couchait avec des milliers de femmes et agissait comme un idiot.
Mais en Ouganda, on a une autre image de lui. Des tas de gens, des intellectuels même, trouvaient qu’il y avait tout de même des choses à admirer chez Idi Amin. Et ça, c’est étrange. Ils ont là-bas une contradiction dans la tête. Ils savent qu’il a fait assassiner un cousin, une tante, un frère ou un ami, mais ils trouvent tout de même qu’il a fait des tas de choses bien. C’est une chose que les Occidentaux ont du mal à comprendre. Je ne le comprenais pas non plus, jusqu’à ce que je parte moi-même en Ouganda.
Bon, nous n’essayons certainement pas de défendre Idi Amin. Il n’était sûrement pas un personnage digne d’admiration, mais il avait néanmoins des qualités dignes d’admiration. Dans le film, on remarque qu’il avait un grand sens de l’humour et pouvait être très charismatique. Mais il est, hélas, tombé dans la paranoïa. Je pense que nous avons ainsi réalisé un portrait très exact de lui. Et les Ougandais qui ont travaillé avec nous ont confirmé que c’est authentique par rapport à sa personne.
Comme avez-vous dirigé Forest ?
Forest a absorbé Amin. Il a mangé ce que mangeait Amin et est sorti avec les amis d’Amin. Il voulait savoir ce que c’était que d’être Amin. Il est donc resté Amin pendant des semaines. Quelqu’un comme ça est parfois difficile à diriger. Comme Forest était toujours dans son personnage, il était parfois assez intimidant, certainement pour son partenaire James McAvoy. Cela, en revanche, était une très bonne chose pour les interprétations. On pouvait vraiment sentir que tout le monde sur le plateau était tendu. |
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Source : http://www.metrotime.be/Idi_Amin_voulait_devenir_br_Roi_d_Ecosse.html |
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comme au cinema - Ian Nathan |
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Entretien avec Forest Whitaker
Qu’avez-vous ressenti en voyant le film terminé ?
Une impression vraiment intense... et le sentiment que nous avions réussi à capter quelque chose. J’ai vu le film trois fois, et je trouve qu’il est très puissant.
Le réalisateur cherchait apparemment une certaine ambiguïté dans le personnage d’Amin Dada
C’est ainsi que je voulais le jouer moi aussi. Chaque fois que l’on s’intéresse aux différents aspects de la personnalité de quelqu’un, on est plus complet, et l’image qu’on donnait de cet homme jusqu’ici était vraiment réductrice et négative. Lui ajouter différentes zones de pensée en fait davantage un être humain. Je n’ai pas du tout souhaité le représenter comme quelqu’un de bien, de gentil ou de sympathique ; pas une seule fois je n’ai pensé « je vais le jouer comme un type sympa », mais j’ai trouvé qu’en jouant son sens de l’humour et sa passion, cela pouvait donner envie aux gens - comme Nicholas par exemple - de se trouver avec lui. Mais je n’ai pas fait cela consciemment. C’est parti d’éléments simples comme « Il aime l’Ecosse, il n’aime pas les Anglais... » puis j’ai lentement commencé à accumuler et assimiler tous ces sentiments différents, et c’est cela qui s’est mis à ressortir dans le film, au-delà de tout jugement personnel.
Avez-vous été surpris par certaines choses lors de vos recherches ?
J’ai été particulièrement étonné par le point de vue des Ougandais. Certains étaient capables de se réconcilier avec cet homme qui a pourtant tué un si grand nombre d’entre eux. Ils m’ont dit qu’il avait changé le pays en mieux ; qu’avec lui, ils n’étaient pas des esclaves, comme c’était le cas dans des pays voisins comme le Kenya. J’ai
rencontré des hommes d’affaires qui n’avaient jamais vraiment eu l’opportunité de faire des affaires avant. C’est toujours bizarre de les entendre concilier ces deux aspects. A mon avis, il aurait été difficile pour beaucoup de cultures, surtout occidentales, d’avoir ce genre de point de vue. Des gens l’ont méprisé, d’autres l’ont idolâtré. Et il y avait entre les deux un groupe beaucoup plus large qui le reconnaissait comme l’un des rares Africains ayant joué un rôle majeur sur la scène internationale.
Quelle a été la réaction face à une équipe occidentale qui venait faire un film en Ouganda ?
Le réalisateur et les responsables de la production ont rencontré le Président de la République. Le film a bénéficié d’un soutien total du gouvernement. Nous avons pu utiliser leurs tanks, leur armée, leurs aéroports, leur Parlement... Difficile d’imaginer environnement plus accueillant. Ils nous ont laissé fermer les rues, et les gens eux-mêmes semblaient excités par le projet. Simplement parce qu’on ne tourne pas de films là-bas, nous avons eu un réel impact économique aussi bien en termes de rentrées financières que d’emplois. Ensuite, ils ont eu l’impression de faire partie de leur Histoire,
cette histoire que nous allions raconter au monde. J’ai été témoin d’un véritable enthousiasme de la part de proches de Dada. Ils se demandaient ce que j’allais faire, si j’allais juste donner moi aussi la même image que tous les autres, ou si j’allais creuser plus profondément.
Pour vous, cela a-t-il été un rôle traumatisant à jouer ?
Cela a demandé un travail énorme, et selon la scène, ça me bouleversait parfois sur le plan émotionnel, mais cela donnait aussi par moments un sentiment de puissance. Au fur et à mesure du tournage, quand je me suis senti plus à l’aise en l’incarnant, je me souciais moins de savoir si mon accent était crédible. Au tout début, j’ai dû prononcer un discours, et j’étais nerveux parce que je savais que ces gens en face de moi avaient connu Idi Amin Dada. Je savais que les plus âgés l’avaient sans doute entendu parler à Kampala et cela me rendait très anxieux. Il y a eu aussi des moments difficiles liés à des émotions soudaines, intenses, suscitées par cette personnalité dominée par la paranoïa et la peur.
Certains acteurs disent que lorsque l’on joue un personnage à l’âme sombre, cela peut laisser des traces. Avez-vous emporté une part d’Amin Dada avec vous ?
Je me suis efforcé de m’en défaire tout de suite, mais il y a des choses qui sont restées. Par exemple, quand je faisais référence à lui, je parlais à la première personne. C’est heureusement fini maintenant et depuis un bon moment ! Il y a eu aussi certaines phrases que j’ai tellement utilisées qu’elles me venaient systématiquement. Vous savez, on essaie de vivre toute la vie d’un homme dans une brève période de temps... Après cela peut être difficile.
Vous a-t-il été possible de comprendre Amin Dada ?
Je crois qu’il a commencé par se sentir abandonné, et que cela a été déterminant pour lui. Il s’est ensuite senti acculé et menacé. J’ai essayé de faire passer cela. Puis il s’est comporté comme un soldat, « ce sont mes ennemis, comment les stopper, comment les détruire ? ». Il a été autrefois un soldat qui obéissait aux ordres, et on lui disait alors qui était l’ennemi, mais devenu Président, il devait prendre ces décisions lui-même alors qu’ il y avait autour de lui des gens qui essayaient clairement de le détruire. Il avait aussi cette paranoïa, ce sentiment que certains de ses proches cherchaient à lui nuire. Pourtant, quand il a accédé au pouvoir pour la première fois, il s’est entouré d’un cabinet très intelligent, les meilleurs d’entre les meilleurs, et lentement, on le voit glisser vers la peur, la crainte d’être trahi et de perdre le pouvoir. Il s’efforce alors de trouver une solution et de montrer sa puissance.
Comment James Mcavoy et vous avez travaillé les relations entre Nicholas et Amin Dada ?
Cela s’est fait naturellement, il est arrivé avec son point de vue très clair et j’avais le mien. Cela n’aurait évidemment pas fonctionné aussi bien sans la relation qui s’est nouée entre nous. C’est vraiment comme une relation amoureuse avec trahison et rupture... Dans l’histoire, Nicholas arrive avec une vision toute britannique des choses. Il débarque presque comme un touriste et se retrouve soudain dans une situation exceptionnelle. Séduit par la personnalité d’Amin Dada, il ne sait plus comment s’en sortir. Le moment où il se retrouve dans l’avion à la fin du film est très fort.
Acceptez-vous la métaphore selon laquelle Nicholas représente l’attitude de l’Ouest envers l’Afrique ?
Tout à fait, je crois même que c’est une part importante de cette histoire. Cette naïveté, l’incompréhension de la culture d’un pays et la pensée que l’on peut lui appliquer ses propres lois et ses propres principes... Mais cela ne marche pas comme ça, en Afrique et ailleurs. Nicholas arrive dans cet état d’esprit. Il est les yeux et les oreilles du public, et il devient aussi métaphoriquement l’Ouest. Idi Amin Dada est déchiré par cette relation, puis par le fait que cet homme couche avec sa femme. Il essaie alors de le détruire.
Selon vous, qu’aurait pensé Amin Dada de ce film ?
Il aurait certainement trouvé qu’il présente un portrait de lui plus complet que ceux déjà réalisés. J’aimerais bien le savoir... Quand j’ai commencé à essayer de faire ce film, il était encore vivant, et ç’aurait été intéressant de pouvoir parler avec lui. |
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Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=68153-note-32146.html |
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