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Titre
original |
Anna M. |
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Réalisation |
Michel Spinosa |
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Scénario |
Michel Spinosa |
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Interprétation |
Isabelle Carré, Gilbert Melki, Anne Consigny, Geneviève Mnich, Gaëlle Bona, Pascal Bongard , Julie Brochen , Catherine Epars, Samir Guesmi, François Loriquet, Geordy Monfils, Francis Renaud , Eric Savin, ... |
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Photographie |
Alain Duplantier |
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Pays |
France |
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Année |
2007 |
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Durée |
1h 46min. |
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Genre |
Drame |
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Production |
Patrick Sobelman |
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Site officiel |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le jeudi 19 avril 2007 |
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Le film est projeté en version originale rançaise |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Atteinte de l'illusion délirante d'être aimée, Anna, jeune femme douce et réservée, se persuade que le docteur Zanevsky est amoureux d'elle. Dès lors, rien, jamais, n'entamera sa conviction... Mais après l'espoir, viendra le dépit, puis la haine....
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Pariscope - Arno Gaillard |
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Michel Spinosa filme avec subtilité ce vertige humain, il aime cette femme qui crie, cherche un autre, un espoir, un amour. Isabelle Carré porte, habite le film de bout en bout. |
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Source : http://www.evene.fr/culture/agenda/anna-m-16897.php?critiques |
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comme au cinema - Nathalie Couturier |
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Anna M appartient à cette catégorie de films qui provoquent un sentiment de malaise chez le spectateur. Comme le bruit de la craie sur le tableau noir, le long-métrage de Michel Spinosa (La Parenthèse Enchantée)dérange.
Subtil dans sa mise en scène, cet opus suit le parcours intérieur d’une jeune femme érotomane qui tombe amoureuse d’un médecin croisé par hasard et qui, poussée par sa maladie, poursuit ce dernier de ses assiduités à travers trois phases psychiatriques définies : l’Espoir, le Dépit, la Haine.
Si de nombreux films s’étaient jusque-là déjà attelés à montrer la folie amoureuse, tout l’ intérêt d’Anna M réside dans ce que le réalisateur opte cette fois pour le point de vue même de la personne atteinte. Dans le cas présent, Michel Spinosa utilise la phocale d’Anna, elle-même. Un choix beaucoup moins classique que celui du couple au sein duquel elle fait irruption sans y avoir été invitée et dont elle brisera réellement le quotidien et l’intimité les poussant même à déménager et à changer d’activité pour fuir sa folie.
Une mise en scène novatrice qui plonge le spectateur dans le vertige de la folie et dans la descente aux enfers de cette jeune femme illuminée et merveilleusement incarnée par une Isabelle Carré décidément toujours juste.
Très loin de son personnage de rousse flamboyante et croqueuse d’hommes dans Quatre étoiles, elle renoue ici avec un type de personnages entiers comme celui qu’elle incarnait dans le film qui l’a révélée au grand public, Se Souvenir Des Belles Choses.
Dissimulée derrière un physique très lisse, Isabelle Carré livre une interprétation troublante et volcanique de ce personnage, dans la même veine que celle d’Isabelle Adjani dans Camille Claudel ou, plus proche de nous, d’Isabelle Huppert dans La Pianiste, deux grandes actrices à qui, semble-t-il, elle n’a plus grand-chose à envier. |
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Source : http://www.commeaucinema.com/film=74106.html |
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figaroscope - MARIE-NOËLLE TRANCHANT |
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Michel Spinosa plonge dans les arcanes de la pathologie amoureuse avec une précision de clinicien, tout en développant la puissance dramatique d’un thriller intimiste, à l’atmosphère inquiétante et envoûtante. Où finit la passion, où commence la démence ? Isabelle Carré, douce et provocante, vulnérable et violente, frêle et dangereuse, exaltée et lucide, se tient sur le fil, bascule, sombre, émerge de son obsession sans qu’on puisse dire si elle l’a vaincue. Son interprétation émouvante suscite la compassion et l’effroi par son extrême humanité. Ce sont ses vertiges, mais au bord de nos gouffres. |
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Source : http://www.figaroscope.fr/cinema/2007041100023858.html |
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Studio - Béatrice Toulon |
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La sobriété de la mise en scène concentrée sur le personnage d’Anna, le jeu des acteurs, la force de ce voyage dans un cerveau malade vaut le déplacement. |
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Source : http://www.evene.fr/culture/agenda/anna-m-16897.php?critiques |
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nord-cinema - André Ruellan |
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Vvoilà un film excellent et effrayant, qui fait réagir au gré d'un découpage original montrant la progression de la démence par une suite plus ou moins brève d'épisodes affirmant la singularité du scénario. Cette pauvre amoureuse d'Anna, ne fait pas que dévoiler les mystères de la restauration de livres anciens : elle prend le spectateur en otage, en témoin de sa chasse, du choix de sa proie, de son aplomb, de sa parfaite dissimulation et de l'obstination maladive et jalouse de ses errements calculés et menés de main de maître, face à l'inertie de ses victimes.
Quelle catastrophe quant on est pris dans le collimateur de telles personnes, et effondré par la duplicité de cette malade, de multiples sensations se bousculent dans le cerveau du spectateur, déchiré entre la compassion et la révolte. L'interprètation est exemplaire: on perçoit l'ampleur du drame peu à peu sur le visage de la gentille Isabelle Carré, dans un rôle très physique, odieux et pitoyable. C'est du vrai talent. Le second personnage de ce film frissonnant est dévolu au remarquable Gilbert Melki, en toubib compréhensif, mais vite dépassé par les circonstances. Il y met beaucoup d'allure et de finesse. |
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Source : http://www.nord-cinema.com/fiches/film,1903.html |
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au feminin - Christophe Combarieu |
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Dans le rôle de cette mythomane persuadée d’être aimée par son médecin, Isabelle Carré éblouit une fois de plus. On reste sans voix devant sa subtile performance, à la fois terrifiante et émouvante, qui fait rimer amour avec dangereuse folie, digne de Robert de Niro dans Taxi driver.
Voilà un thriller choc, minant, qui ne peut que marquer les esprits, et faire réfléchir sur les réelles perceptions d’autrui. Carrément flippant ! |
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Source : http://www.aufeminin.com/news/culture/cinema/n2407.html |
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les echos - ANNIE COPPERMANN |
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Suspense et élégance
Michel Spinosa, qui signe ici son troisième film en douze ans, s'est, pour brosser le portrait d'une érotomane (érotomanie : "illusion délirante d'être aimée", selon Le Petit Robert), abondamment documenté. Et n'a, dit-il, rien exagéré. Entre étude clinique, thriller anxiogène et fantastique discret, il mène en tout état de cause assez machiavéliquement son histoire, et les glissements progressifs de son héroïne vers la folie quasi meurtrière semblent presque naturels ...
Jusqu'où peut aller la folie d'aimer ? Jusqu'à la haine, précise l'un des cartons qui découpent ce film à la fois froid et prenant en autant de chapitres où le suspense est savamment distillé. Parfois un peu maniéré, mais le plus souvent d'une grande élégance, le film doit beaucoup, face à un Gilbert Melki tétanisé, à Isabelle Carré, qui montre toute l'étendue de son registre : de fragile et attendrissante, elle peut se muer en monstre froid avec la même aisance. Pour elle, et malgré un dénouement déconcertant, ce film dérangeant mérite le détour. |
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Source : http://www.lesechos.fr/info/loisirs/4561735.htm |
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avoir-alire - Romain Le Vern |
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On ne s’attendait pas à un tel uppercut de la part du réalisateur de La parenthèse enchantée, et pourtant : Anna M. secoue sévèrement tous nos sens. Grand film.
Totalement déconseillé à ceux qui détestent les expériences risquées et les plongées dans les tréfonds de l’âme humaine (dans ce qu’elle peut avoir d’inavouable), ce film, suicidaire dans sa démarche, son sujet et son exigence, est une descente aux enfers convulsive. Refusant tout débordement complaisant et larmoyant, Michel Spinosa traite sans faiblir un cas d’érotomanie.
Celui d’Anna M., anonyme qui s’incruste dans la vie des autres, petite fille dans un corps adulte pas maître de ses pulsions et asséché par le manque de désir, qui s’invente une romance avec un docteur renommé allant jusqu’à bouleverser l’harmonie tranquille de son couple. Le refus de facilité - le réalisateur y tient et ça se sent - s’exprime également dans le parti pris qui consiste à adopter le point de vue de celle qui agresse le couple et non pas l’inverse, auquel cas les ficelles du thriller auraient été plus démonstratives.
En contrepartie, il offre une béance à l’interprétation plus dense et complexe. Si on considère le personnage d’un point de vue plus social que pathologique, on est libre de voir une catalyseuse de tensions qui révèle les secrets bourgeois et gratte le vernis des apparences. Mais ce film qui rend malade sans effets tapageurs réussit l’exploit de creuser plus profond qu’une simple psychanalyse en bobine. La mutation de cette femme marquée à vie par une cicatrice indélébile sur la jambe renvoie précisément aux dérives organiques chères à Cronenberg, Haynes, De Van, mais finit par ne ressembler qu’à elle-même. Pour une seule grande raison : Isabelle Carré, indiscutable.
De plus en plus monstrueuse au fur et à mesure que son personnage sombre, l’actrice (ou ce qu’il en reste) incarne ce voyage au bout de la folie jusqu’à l’écœurement en communiquant le dégoût du corps, de soi, des autres avec une conviction vorace. Son visage d’ange offre un contrepoint paradoxal et diabolique à ce requiem sauvage qui n’en finit plus de déranger. |
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Source : http://www.avoir-alire.com/article.php3?id_article=9326 |
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le figaro - MARIE-NOËLLE TRANCHANT |
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Dans un de ses poèmes en prose, Mademoiselle Bistouri, Baudelaire décrit le comportement névrotique d'une femme obsédée par les médecins et observe : "Quelles bizarreries ne trouve-t-on pas dans une grande ville, quand on sait se promener et regarder ? La vie fourmille de monstres innocents."
La phrase aurait pu servir d'épigraphe au film de Michel Spinosa, d'autant mieux que le cinéaste utilise remarquablement les décors parisiens pour y instiller solitude et angoisse. Dans ce troublant thriller psychiatrique au titre freudien, il observe un cas d'érotomanie avec une précision presque clinique, et en même temps un sens dramatique et poétique qui dépasse la froideur du constat pour nous mettre en empathie avec l'héroïne souffrante. La division en chapitres : illumination, espoir, dépit, haine, rend compte des phases successives du délire pathologique dans lequel sombre Anna, mais apporte aussi une scansion intime qui marque le crescendo passionnel et les degrés du suspense. Après tout, ces mots appartiennent au lyrisme amoureux le plus classique. Leur sobriété comme celle de la mise en scène encadrent la démence qui s'extériorise pour les autres en harcèlement de plus en plus menaçant et violent, et suggère, c'est toute la force du film, à la fois la proximité et l'écart vertigineux entre les sentiments "normaux ", pulsions sexuelles, désir affectif, élan mystique, et leurs dérives obsessionnelles.
Isabelle Carré interprète avec une empathie saisissante un de ces "monstres innocents" dont parle Baudelaire. La candeur juvénile de son physique, son air sage de jeune femme solitaire et effacée, vouée aux travaux délicats de restauratrice de livres anciens, abritent d'incroyables puissances de fixation, d'exaltation, de possession, de destruction. Elle les déchaîne presque méthodiquement, dès lors qu'elle a jeté son dévolu sur l'homme qui sera à jamais l'élu de son coeur (Gilbert Melki, excellent). C'est pathétique et inquiétant à souhait. |
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Source : http://www.lefigaro.fr/culture/20070411.FIG000000166_un_monstre_innocent.html |
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Studio - Béatrice Toulon |
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La sobriété de la mise en scène concentrée sur le personnage d’Anna, le jeu des acteurs, la force de ce voyage dans un cerveau malade vaut le déplacement. |
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Source : http://www.studiomagazine.fr/ |
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Elle - Michel Palmiéri |
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Anna M. Anna aime, bien sûr, si ce verbe peut décrire le sentiment délirant qu’elle porte au Dr Zanevsky. Car Anna souffre. Atteinte d’une pathologie insidieuse, lourde et mal connue, l’érotomanie, elle vit dans l’illusion d’un amour partagé, même si nié par l’autre. Nourrie des gestes les plus anodins, des phrases les plus banales, cette névrose obsessionnelle structure le film de Michel Spinosa.
Jusqu’au chapitrage, qui reprend les stades successifs de la maladie : "Illumination", "Espoir", "Dépit", "Haine". Ainsi l’identité préservée du sujet – un prénom, une initiale – renvoie-t-elle à l’exposition de cas cliniques, genre fascinant, dont Sigmund Freud a depuis longtemps mis en évidence le caractère romanesque. Utilisant brillamment les décors comme la musique, obsédante, magnifique, Michel Spinosa concentre son propos sur la progression dramatique. Articulée sur un scénario rigoureux, impulsée par une héroïne imprévisible et incontrôlée, l’action véhicule une angoisse croissante jusqu’à épouser la norme classique du thriller, palpitant, haletant, hypertendu. Isabelle Carré est Anna. Elle lui apporte son ossature frêle, sa complexion délicate et son énergie phénoménale.
La comédienne s’approprie le personnage, rendant inimaginable tout autre choix pour ce rôle-titre. Gilbert Melki lui offre une réplique sobre, juste. Tous deux participent à crédibiliser l’invraisemblable, ce processus mystérieux par lequel Anna M. devient Anna N. |
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Source : http://www.elle.fr/?page=loisirs_cinema_en_salle_films_article&id_article=838 |
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premiere - Christophe Narbonne |
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En choisissant d'adopter le point de vue de son héroïne gravement destroy, le délicat Spinosa surprend: son film s'inscrit, en toute modestie mais résolument, dans le sillage névrotico-fantastique d'un Roman Polanski. À l’instar des grands films malades du maître (Répulsion, Rosemary’s Baby), Anna M. suggère plus qu’il ne démontre. S’attache à l’aspect clinique plutôt qu’à la théorie. Érotise la peur pour mieux désarçonner le spectateur. N’évite pas toujours un certain maniérisme. Et distille sournoisement son poison narratif en jouant de l’empathie éprouvée pour l’actrice principale, blonde diaphane a priori inoffensive. Le tout avec une ambition formelle où le rythme le dispute à l’élégance. Isabelle Carré s’est glissée dans ce contre-emploi avec une aisance confondante. (…) Jouant habilement des contrastes, Anna M. dérange. Ce n’est pas la moindre de ses qualités. |
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Source : http://www.premiere.fr/premiere/cinema/films-et-seances/fiches-film/anna-m/(affichage)/press |
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radio france |
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Le tableau de Zurbaran
Michel Spinosa a délibérément mis le même tableau dans la chambre d'Anna et dans l'univers du Dr Zanevsky, l'homme qu'elle harcèle et qui est interprété par Gilbert Melki.
"C'est un élément très important. C'est une toile de Zurbaran qui se trouve au Musée de l'Hermitage à Saint-Pétersbourg. Je l'ai choisie pour l'influence baroque qu'elle donne à l'histoire. Une influence qui passe par la lumière et les teintes dont le tableau est comme une charte de couleurs pour le film. Par ailleurs, cette toile pour Anna est un miroir qui lui est tendu de son enfance et dans laquelle elle se reconnaît. Accrochée au-dessus de son lit, cette peinture est comme une petite soeur, un double avec lequel elle dialogue sans doute. Enfin ce tableau est un indice qui permet à Anna de retrouver à la fin la piste de cet homme qu'elle aime et qu'elle poursuit. Lui aussi est connecté avec ce tableau, et c'est pour Anna le signe le plus absolu que cet homme-là ne pense qu'à elle et lui est destiné." |
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Source : http://www.radiofrance.fr/franceinter/ev/fiche.php?ev_id=109 |
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le figaro |
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Partant d'un cas clinique d'érotomanie, le réalisateur nous entraîne dans un thriller intimiste.
MICHEL SPINOSA dit "pratiquer l'alternance" tout en conservant une même ligne directrice. "J'aime bien interroger l'amour", confie le cinéaste. Son premier film à l'humeur sombre, Emmène-moi, portait sur des rapports névrotiques et passionnels. Et puis, il y a sept ans, changement de ton dans La Parenthèse enchantée. Il s'essayait au désordre amoureux avec cette comédie sur fond de libération sexuelle. Une chronique joyeusement mélancolique qui se déroulait entre l'arrivée de la pilule et celle du sida, période de 1967 à 1981 que Françoise Giroud avait appelée la parenthèse enchantée. Le temps a passé, Michel Spinosa a éprouvé un nouveau désir, celui de "faire un film sur la jalousie". C'est un livre, La Jalousie amoureuse, de Daniel Lagache, qui l'a mis sur la voie des érotomanes.
Avec Anna M., son nouveau long-métrage, il part d'un cas clinique d'érotomanie pour nous entraîner dans un thriller intimiste et terrifiant avec une Isabelle Carré terriblement juste dans la psychose amoureuse. "Le premier psychiatre à avoir théorisé sur l'érotomanie est Gaétan Gatian de Clérambault, explique le réalisateur. Il définit cette pathologie comme l'illusion délirante d'être aimé par quelqu'un de valorisant, haut placé, tourné vers les autres. Beaucoup de prêtres, d'hommes mariés, de médecins sont leurs cibles. Pour les psychiatres, l'érotomanie est une projection narcissique. Les érotomanes choisissent donc un objet valorisant. C'est une manière de se sentir exister, d'échapper à la néantisation et à la dépression." Un sujet si passionnant que, pour en percer tous les mystères, Michel Spinosa a bivouaqué pendant de longs mois dans la bibliothèque de la Faculté de médecine, près de l'Odéon. "J'ai lu des articles publiés dans des revues psychanalytiques, des thèses d'internes en psychiatrie consacrées à l'érotomanie, des lettres d'érotomanes. Il y a des cas cliniques plus insensés les uns que les autres. Des destins souvent tragiques."
Illusion délirante d'être aimée
À la suite d'un grave accident, Anna (Isabelle Carré) est soignée par le docteur Zanevsky (Gilbert Melki). Après de longs mois de rééducation, elle se convainc qu'il est amoureux d'elle alors qu'il n'a fait que son travail de médecin et qu'il est heureusement marié. Anna, atteinte de l'illusion délirante d'être aimée, lui envoie des lettres enflammées et des cadeaux, le poursuit, le harcèle, le menace... "Clérambault avait décelé dans le déroulement de cette maladie trois étapes : l'espoir, le dépit et la haine, avec, en ouverture, une phase rapide qu'il a appelée l'illumination. Cette illumination est une révélation." Anna est saisie par la vocation de l'amour, elle est persuadée que Zanevsky lui envoie des signes et lui impose des épreuves pour voir si elle est digne de son amour. "On peut penser que mystiques et érotomanes présentent les mêmes symptômes. Ils ont la sensation impérieuse et inébranlable d'avoir été choisis. Simone de Beauvoir, qui parle des érotomanes dans Le Deuxième Sexe, établissait un parallèle avec les mystiques. Pour ce faire, elle évoquait la destinée de Marguerite-Marie Alacoque, à qui j'emprunte cette phrase :"Vous devez vivre entièrement pour lui, toute pour lui*, qui est prononcée en voix off. J'ai fait lire à Isabelle Carré la biographie de sainte Thérèse de Lisieux, dont un des chapitres est intitulé, La Vocation de l'amour. Et puis, enfin, il y a la présence marquante du Cantique des Cantiques qui traverse le film."
Pour Michel Spinosa, tout est signe et question d'atmosphère. "J'aurais pu réaliser un film naturaliste, faire du reportage. Mais j'ai préféré aller au-delà du cas clinique pour plonger le spectateur dans la peur, dans une inquiétante étrangeté. Anna représente une menace permanente." Un tableau, L'Enfance de la vierge, de Zurbaran, est un autre symbole. "Le film est placé sous l'influence du baroque. L'émergence du baroque correspond à l'émergence de l'irréel, de la folie dans le quotidien, transfiguré grâce à la lumière." Et cette lumière, Michel Spinosa veut y croire. "J'aime à imaginer que pour Anna, après la haine viendra la sublimation, l'acceptation du délire. Ce serait une nouvelle phase au travail de Clérambault ! C'est une idée qui m'a été insufflée par les écrits d'Elisabeth Kübler-Ross, qui est à l'origine de la fondation de l'unité de soins palliatifs. Elle a travaillé sur les étapes du deuil. Il en existe cinq dont le déni, la colère, la dépression... La dernière est l'acceptation." |
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Source : http://www.lefigaro.fr/culture/20070411.FIG000000167_chronique_terrifiante_d_une_jalousie_amoureuse.html |
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liberation - Didier PERON |
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Anna, une jeune femme qui travaille à la restauration des vieux livres à la Bibliothèque nationale, vit seule avec sa mère dans un petit appartement parisien. Un soir, elle sort et se jette contre une voiture qui ne la tue pas mais l'envoie à l'hosto. Là, elle est examinée par le docteur Zanevsky. Parce qu'il la palpe et lui dit qu'il faudra qu'ils se revoient dans quelques semaines pour vérifier si tout va bien, Anna se convainc que Zanevsky (Gilbert Melki) est amoureux d'elle. Le problème, c'est que le bon docteur Zanevsky est marié, père de famille, qu'il vit bourgeoisement dans un grand appartement des beaux quartiers et qu'Anna n'est pour lui qu'une patiente parmi d'autres. Le problème, c'est qu'Anna n'est pas qu'une fille un peu collante, elle est surtout complètement folle.
Délire. En 2002, Lætitia Colombani avait réalisé un film sur le même thème, A la folie... pas du tout, avec Audrey Tautou et Samuel Le Bihan. A l'époque, Michel Spinosa avait déjà écrit son scénario et il s'était comme qui dirait fait coiffer au poteau par cette Folie concurrente.
Les assiduités d'Anna auprès de cet homme rangé et peu porté manifestement sur l'infidélité ne sont pas qu'une fantaisie de scénariste. Michel Spinosa s'est appuyé sur la lecture du livre du grand psychiatre et psychanalyste, Daniel Lagache, la Jalousie amoureuse (PUF), sa thèse parue en 1947, dans laquelle il est notamment question des cas d'érotomanie. La description de ce trouble psychique fut donnée en 1921 par Gaëtan de Clérambault. L'érotomane développe la conviction d'être aimé d'une personne, sur laquelle se fixe en trois phases caractéristiques (espoir, dépit, haine) un délire passionnel qui ne connaît aucun apaisement. Aucune réciprocité n'est possible et cependant tous les signes disponibles sont interprétés dans le même sens, confirmant des sentiments et une relation qui de fait ne se concrétisent jamais sinon par des mouvements contraires et contrariants : harcèlement de plus en plus agressif par le ou la malade, protestations véhémentes de l'objet du délire.
Ruses. Anna se cogne avec une violence contre les fins de non-recevoir de son amant halluciné, mais ce rejet la confirme dans ses inflammations. Le film décrit étape par étape les assauts de la jeune femme, qui envisage sérieusement de tuer la femme de Zanevsky puis se contente de porter plainte contre lui pour coups et blessures (alors qu'elle vient de lui emboutir sa bagnole), rédigeant le lendemain des lettres qu'il jette à la poubelle.
Le cinéaste lorgne du côté de la période française de Polanski, aussi bien Répulsion que le Locataire, mélange de fantastique et d'humour noir. Le comique d'une situation peut se briser en quelques secondes et laisser apparaître l'imminence d'un danger mortel ou la tragédie d'un isolement programmé. L'érotomane vit l'amour comme une dépossession, défoncé à bloc au vide affectif rempli de chimères, de liens rompus avant même d'être noués. Qui dira qu'il ne connaît pas, un peu, beaucoup, de quoi il retourne ?
Isabelle Carré est à peu près de tous les plans et elle parvient à rendre les nuances d'un personnage complexe qui inspire aussi bien la frayeur que la sympathie. Rôle où elle alterne sans caricature la dissimulation de la fausse petite fille et la rage de la cinglée avant internement. L'être aimé est obligatoirement un «être de fuite» qui s'échappe en dépit des ruses de la déraison pour le retenir. A la fin, le manque seul lui suffit. |
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Source : http://www.liberation.fr/culture/cinema/246803.FR.php?mode=PRINTERFRIENDLY |
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Studio - Thierry Cheze |
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ENTRETIEN AVEC Isabelle Carré
Elle court, elle court, Isabelle… Exceptionnelle d’amour, d’espoir et de rage mêlés, en jeune femme d’un couple parti adopter un enfant au Cambodge, dans Holy Lola, Isabelle Carré vient à peine d’achever le tournage de Charly, de Cédric Kahn, qu’elle a déjà enchaîné avec Kangourous d’Anne Fontaine. Récompensée, cette année, de son deuxième Molière, pour L’ hiver sous la table, elle est à un moment décisif et particulièrement joyeux de sa vie d’actrice, celui où le champ des possibles s’élargit, et décuple son énergie et ses envies. Le moment parfait pour tenter de comprendre ce qui lui trotte dans la tête.PhNOM PENH. "En débarquant au Cambodge pour Holy Lola, je me suis pris ce pays en pleine poire ! Les odeurs, les rues… Phnom Penh est une ville incroyable, où se succèdent des constructions des années 50 et des paillotes donnant l’impression d’être au xixe siècle. Sans compter la rapidité hallucinante avec laquelle des ouvriers travaillent sur des échafaudages de fortune pour bâtir de nouveaux immeubles. En face de notre hôtel, il s’en est construit trois en deux mois ! Cette ville qui se transforme à une vitesse folle est aussi un lieu paradoxal. On y trouve des cybercafés à tous les coins de rue, alors que l’eau potable est une denrée plus que rare dans certains quartiers. Il y a dans ce pays quelque chose de très apaisant, et pourtant de très cruel."
Rêve d'enfant
"À un moment, je voulais être architecte, juste à cause du mot, que j’adorais ! (Rires.) Puis avocate, car je trouvais formidable de parler pour défendre les gens, puis danseuse – sans doute le désir le plus viscéral ancré en moi. Plus qu’actrice. Vers 4 ans, j’avais bien eu le désir de ce métier, mais il s’était vite évaporé, avant que ça ne me revienne, bien plus tard, en voyant Une femme à sa fenêtre avec Romy Schneider."
La danse africaine
"Je l’ai découverte, enfant, à l’American Center [de Paris]. J’en ai fait de 4 à 7 ans, avant de me mettre à la danse classique en dilettante. Et évidemment, quand j’ai voulu m’y consacrer de façon sérieuse, vers 13 ans, il était trop tard. Je n’avais plus le physique nécessaire. J’ai donc renoncé, et il m’a fallu longtemps pour me remettre à danser. J’éprouvais un profond rejet. Puis, un jour, je me suis inscrite dans un cours de danse africaine, et j’y ai trouvé une prof qui m’a emballée ! J’aime cette discipline, car, contrairement à la danse classique, on ne se situe jamais dans la performance. Il n’y a aucun jugement. Chacun peut interpréter les mouvements ; il suffit de se glisser dans le rythme de la musique. Ces cours font sortir les tensions inhérentes à mon métier. Pendant le tournage des Sentiments [de Noémie Lvovsky, 2003], quand je ne tournais pas, j’y passais tout mon temps. De façon générale, je me sens plus libre grâce à cette danse, parce que, là encore, à la différence de la danse classique, il n’y a aucun cap à franchir : on est tous ensemble, enfants et adultes, confirmés et débutants. Cette spontanéité et cette gaieté me sont devenues indispensables."
L'ouie
"Des cinq sens, c’est l’ouïe qui a le plus d’importance chez moi. Au théâtre, par exemple, j’entends vraiment quelqu’un qui remue sa chaise ou essuie ses lunettes au dernier rang d’une salle de 800 places. Et pour préparer mes rôles, l’ouïe m’est tout aussi essentielle, car j’adore m’aider avec de la musique. Cela me met dans un état particulier de concentration. Sur Holy Lola, c’est Reality, de Bowie, qui m’a accompagnée. Cet album me permettait de bien regarder, d’être disponible. Et quand je l’ai écouté dans l’avion du retour, j’ai dû arrêter, parce que toutes les sensations éprouvées pendant le tournage me revenaient en plein cœur. Ce n’est qu’aujourd’hui, un an plus tard, que je peux enfin le réentendre sans être au bord des larmes !"
L'angoisse
"J’ai l’impression que mes angoisses se sont déplacées par rapport à mes débuts. J’ai compris que tout cela fait partie du jeu. Elles nous sont nécessaires, car elles nous bousculent. Être trop sûr de soi représente un grand danger pour un comédien. Ce n’est pas grave de débarquer sur un plateau en ayant mal dormi à cause de ses peurs. Cela fait partie de l’excitation. Comme un enfant inquiet et excité face à l’inconnu. Mais il faut prendre garde que ces angoisses ne conduisent pas à des blocages, ces fameux moments insidieux où l’on croit ne plus rien savoir faire, ces situations inconfortables où l’on s’enferme, souvent seul, à cause de la pression que l’on se met sur son travail."
L'éducation artistique
"Mon plus beau souvenir d’enfance reste les visites que nous faisions, avec mon père et mon frère, dans les musées d’art moderne. Je me souviens notamment des sculptures de Tinguely, ces machines dont chacun des éléments entraîne les autres… J’ai eu ce privilège d’être baigné très jeune dans cette éducation artistique, et j’en suis reconnaissante à mes parents. Car, quand je vais, aujourd’hui, dans un musée, je me sens prête à être émue, à recevoir des choses."
La trasmission
"J’adorerais donner des cours. Vivre de l’autre côté ce que l’éducation artistique a apporté de merveilleux à mon enfance ! J’ai envie de voir et d’écouter des enfants, de profiter, en les observant, de la sensation que procure le fait de monter pour la première fois sur une scène et de découvrir un monde incroyablement épanouissant, que l’on n’imaginait pas. Je rêve de capter leur visage à ce moment précis. J’ai envie de partager cette découverte avec eux."
La politique
"Mon seul engagement, c’est aller voter. Pour le reste, il y a des moments où la politique m’intéresse jusqu’à l’obsession. Et puis, très vite, je rejette tout en bloc. Je n’ai pas la télévision, donc je ne suis pas habituée aux atrocités, aux images de violence. Il paraît qu’à force de les voir, elles finissent par toucher moins. Moi, je ne m’y fais pas ! J’ai choisi d’écouter RFI, car, là, au moins, il y a un journaliste africain qui s’émeut, s’emporte, et n’annonce pas le nombre de victimes d’un attentat meurtrier comme le résultat d’un match de foot ! Mais je suis aussi épuisée par le règne des “petites phrases”. La dernière campagne électorale américaine en est l’illustration parfaite. On avait l’impression qu’elle se résumait à une affaire personnelle entre deux hommes. On en oubliait qu’il s’agissait de diriger un pays. Et pas n’importe lequel ! C’est une autre source de rejet, pour moi, de voir à quel point ces gens-là se déconnectent de la réalité et roulent pour eux-mêmes en oubliant toute notion de responsabilité."
La solidarité
"Je ne suis inscrite à aucun parti, car je crois davantage au tissu associatif qu’à la politique. J’ai vécu un choc au Cambodge, en rencontrant deux retraités qui ont créé “Pour un sourire d’enfants”, une association avec laquelle ils ont réussi à scolariser 3 500 enfants, à les faire cesser de travailler dans des décharges, à les “échanger” contre des sacs de riz – pour compenser le manque à gagner des familles –, à créer pour eux un village avec des écoles, des pensionnats, un restaurant, des lieux pour apprendre un métier… Voir ce que deux personnes de 70 balais sont capables de faire, sans fortune personnelle, pose la question de l’action des politiques. Et me décourage vraiment !"
L'engagement
"Le mien s’est d’abord tourné vers le parrainage d’enfants dans le monde. Il est resté personnel et anonyme, jusqu’à ce que j’en parle à une journaliste qui a indiqué les coordonnées de l’association "Un enfant par la main". Quelques jours plus tard, les responsables m’ont appelée pour me remercier des demandes de parrainages supplémentaires que cela leur avait apportées. J’ai alors changé mon fusil d’épaule, et j’ai fait part de mon engagement. Quand on me demande aujourd’hui si, à travers de telles actions, je ne cherche pas à me rendre sympathique, je réponds que je m’en fiche ! Quoi qu’on fasse ou pas, les gens porteront – et c’est leur droit – un jugement. Or on ne peut pas influer sur ce jugement. Il n’y a donc qu’une seule chose à faire : ce qu’on estime juste. Tout le reste – et en particulier la notion d’image – m’est égal. C’est comme quand, dans un couple, on essaie d’interpréter les pensées de l’autre. C’est impossible. Et puis, à essayer de changer telle ou telle chose en fonction d’avis extérieurs, je m’y perdrais totalement."
Martin Luther King
"Récemment, j’ai lu les discours de Martin Luther King. J’ai trouvé incroyable sa capacité à citer des passages religieux tout en restant vivant et concret. Son discours n’est ni bien-pensant, ni manichéen, ni moraliste. Mais il se révèle sensible, voire – malgré son aspect concret – poétique. Ce qu’il dit est imparable ! Je suis fascinée par son intelligence, qui sait toucher les gens. Avec ses seules convictions, cet homme a été capable de changer la réalité politique de son pays. Qui pourrait, aujourd’hui, avoir autant d’impact ? Qui pourrait drainer les foules et changer radicalement les choses ? Je ne vois pas…"
La bonne bouffe
"Le plaisir de manger est essentiel et sensuel. Ce n’est pas une question de luxe ou d’argent. Ça fait partie des bonheurs de la vie. Ce goût est venu progressivement, à partir du moment où j’ai eu la chance de me retrouver dans de grands restaurants et d’approcher cet art. C’est-à-dire le jour où j’ai été invitée, avec la troupe de L’école des femmes, chez Paul Bocuse. Dès la première bouchée, j’ai découvert des sensations inédites ! En ce moment, je raffole du amok à la cambodgienne [poisson cuit dans du lait de coco] avec du riz gluant."
Le bonheur de rire
"Actuellement, je tourne Kangourous, avec Benoît Poelvoorde. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point je ris ! J’éprouve une grande reconnaissance pour les gens qui ont cet humour, cette possibilité de délirer et de déclencher des fous rires chez les autres. Qui possèdent ce regard décalé, ce sens de l’absurde, cette faculté d’improvisation et de transformation des choses qui offrent une vision inédite de la réalité."
L’adoption
"Avant de tourner le film de Bertrand [Tavernier], je n’y avais pensé que de façon hypothétique. Et c’est vrai que Holy Lola a bouleversé mon rapport à l’adoption. Aujourd’hui, je l’envisage vraiment, mais cela ne m’empêche pas d’avoir aussi le désir de donner la vie. En fait, quand je me projette comme mère, je me vois bien avec deux ou trois enfants, des adoptés et des “faits maison”. (Rires.) Un sentiment de perfection absolue." ANCRER SON MÉTIER DANS SA VIE. "Je me sens bien quand il n’y a aucune rupture entre ma vie et le jeu. Cela ne veut pas dire qu’une fois un tournage terminé, je continue à jouer. Mais je n’ai jamais l’impression de sauter une espèce d’obstacle quand je joue. Et, une fois les représentations terminées, je ne ferme jamais à double tour la porte du placard, par peur qu’elle ne s’ouvre plus. Je trouve agréable que ce métier soit ancré dans la vie, dans ma vie. C’est une façon de m’épanouir."
Le refus de la souffrance
"Lorsque j’ai débuté, j’avais une idée du métier de comédien plus romanesque que celle que j’ai aujourd’hui. Elle est liée à Romy Schneider, à l’exaltation et à la souffrance qu’elle faisait passer. Plus ça va, plus je comprends qu’on peut être heureux tout en jouant des rôles tristes. On n’est pas obligé de gratter une plaie pour ça. On a tout en nous. C’est un cliché très ancré et une conception très judéo-chrétienne de penser qu’un artiste doit souffrir pour avoir beaucoup à donner. Qu’il doit être à vif pour transmettre ses émotions. Qu’il doit être tourmenté pour jouer des rôles tourmentés. Moi, je pense que quand on est bien, on est plus disponible, et donc plus généreux, plus convaincant, quel que soit le registre."
La solitude
"J’ai toujours été solitaire. Je ne subis pas la solitude. Cela fait partie de ma personnalité. Mais, paradoxalement, sur un plateau, j’adore la compagnie des gens ; j’adore ce petit monde que nous formons. J’aime retrouver des personnes que j’ai connues des années auparavant et voir comment elles ont évolué. J’aime partager le travail avec une équipe, l’aspect artisanal que cela représente, l’enthousiasme des gens à chaque poste quand ils sont sur un plateau."
Le gout de la lecture
"Cela m’est venu assez tard, entre deux tournages ou deux pièces. C’est le théâtre qui a déclenché cette passion. Quand j’ai travaillé sur Mademoiselle Else, par exemple, j’ai lu tout Arthur Schnitzler, ce qui m’a alors donné envie de me plonger dans sa correspondance avec Stefan Zweig, puis dans les autres auteurs de cette époque… De fil en aiguille, la lecture me permet de connaître quelqu’un comme si je l’avais rencontré. Et cela me passionne !"
Laisser une trace
"Cette idée ne suscite aucun écho en moi. Pour moi, les gens qui laissent des traces sont des mythes. Et je n’en serai jamais un ! J’espère juste, si j’ai de la chance, arriver à vivre de mon métier, à travers des rôles qui me permettront d’étendre mes connaissances et ma liberté dans mon travail. C’est là ma seule ambition !" |
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Source : http://www.studiomagazine.fr/film/autour_zoom.asp?id=13841&ida=116438 |
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Entretien avec Michel Spinosa
Quelle est la genèse d’ Anna M. (2006) ?
J’avais envie d’écrire un film sur la jalousie et, très vite, j’ai lu La jalousie amoureuse de Daniel Lagache, un livre qui collecte des cas cliniques sur des jaloux pathologiques mais aussi, parfois, des érotomanes. J’ai découvert cette psychose très grave à ce moment-là.
Cela vous a immédiatement inspiré ?
Oui, ce type d’histoires réelles est un peu un cadeau pour un scénariste. Les psychiatres divisent le développement de cette pathologie en trois actes : un début rapide intitulé Illumination, suivi de trois phases : Espoir, Dépit, Haine. Et puis les érotomanes sont souvent des femmes et comme j’ai plutôt l’habitude, le goût et l’envie de raconter des histoires dont les personnages principaux sont des amoureuses, cela tombait très bien. J’ai donc tout de suite voulu livrer un récit du point de vue d’une femme érotomane. À partir de là, j’ai passé beaucoup de temps à la bibliothèque de la Faculté de Médecine à Odéon, pour lire ce qui a été écrit sur le sujet.
Il y a de nombreux documents sur ce thème ?
Énormément. Des livres, des thèses, des articles… et ce, depuis les débuts de la psychiatrie jusqu’à très récemment. Et plus j’en lisais, plus cela me passionnait.
Qu’est-il ressorti de ces lectures ?
D’abord, que ce sont des cas extrêmement fréquents ! Et que les comportements des érotomanes sont tous très ressemblants. Des événements majeurs dans leur attitude se retrouvent d’un cas à l’autre : l’envoi de lettres et de cadeaux à l’être aimé, le harcèlement téléphonique, les filatures, et la façon dont les érotomanes, comme tous les paranoïaques, se montrent pour la plupart extrêmement imaginatifs et inventifs. Mais surtout j’ai été fasciné par l’énergie folle qui se dégage de ces passions amoureuses. Et le fait que ces passions, en un sens, nous soient si proches : quand on tombe amoureux, on est tous un peu érotomanes : on est fébrile, on guette et on interprète la moindre parole, le moindre signe…
Comment avez-vous exploité cela cinématographiquement ?
L’aspect haletant et imprévisible de toutes ces trajectoires, leur côté inquiétant aussi, dangereux, m’ont très vite donné envie d’un récit à suspense, très tendu, où le personnage aurait toujours un temps d’avance sur nous. J’ai commencé par écrire la biographie d’Anna, un récit d’une cinquantaine de pages dont j’ai ensuite tiré un scénario.
Pourquoi avoir chapitré votre film et inséré des intertitres ?
Je l’avais déjà fait sur La parenthèse enchantée, mon précédent film, et j’aime bien ça. Pour Anna M., il m’a semblé naturel d’intégrer au film ces mots simples qui sont aussi ceux des psychiatres pour décrire les phases de la pathologie.
Y a-t-il une particularité à écrire un scénario sur l’érotomanie, comme les dialogues à double sens par exemple ?
Les dialogues à double sens, susceptibles d’être mal interprétés par Anna, sont indispensables pour servir de déclencheur à ce délire, cette « illusion délirante d’être aimée ». Ce qu’Anna croit entendre de la part du personnage joué par Gilbert Melki devait donc être donné dès le début du film. Mais il suffisait de peu de mots, d’expressions apparemment très anodines. Des répliques comme : « Appuyez-vous sur moi, n’ayez pas peur », ou encore « Bien sûr il faut qu’on se revoie »… sont aussi simples que dangereuses quand elles sont adressées à quelqu’un comme Anna. Il n’était surtout pas nécessaire d’écrire des dialogues ouvertement ambigus, car une phrase banale suffit pour faire signe et faire sens de façon exagérée pour une érotomane et donc pour mon héroïne.
Les décors sont très présents, très écrasants autour d’Anna. Pourquoi ?
Je voulais avant tout réaliser un film de sensations, un film dans lequel l’héroïne perd le sens du réel, mais avec laquelle nous faisons corps en permanence. Toujours être avec elle, épouser son point de vue, partager son sentiment de vertige. Et donc filmer ce corps, l’isoler. J’ai placé Anna au coeur d’une grande ville pour qu’elle y soit perdue, en territoire inconnu. Je voulais aussi que l’on comprenne qu’Anna vit un peu dans une autre dimension, et pour cela la ville autour d’elle devient par moments une ville mentale, comme un long couloir qui n’en finirait plus, à la limite du fantastique. Un Paris monumental dans lequel elle serait écrasée. C’est aussi une ville riche alors qu’Anna vient d’un milieu plus simple, ce qui augmente son décalage avec la réalité, son statut d’étrangère, pas à sa place.
Autre élément de décor, ce tableau visible dans la chambre d’Anna, et qui revient aussi dans l’univers du personnage incarné par Gilbert Melki…
C’est un élément très important. C’est une toile de Zurbaran qui se trouve au Musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg. Je l’ai choisie pour l’influence baroque qu’elle donne à l’histoire. Une influence qui passe par la lumière et les teintes dont le tableau est comme une charte de couleurs pour le film. Par ailleurs, cette toile pour Anna est un miroir qui lui est tendu de son enfance et dans laquelle elle se reconnaît. Accrochée au-dessus de son lit, cette peinture est comme une petite soeur, un double avec lequel elle dialogue sans doute. Enfin ce tableau est un indice qui permet à Anna de retrouver à la fin la piste de cet homme qu’elle aime et qu’elle poursuit. Lui aussi est connecté avec ce tableau, et c’est pour Anna le signe le plus absolu que cet homme-là ne pense qu’à elle et lui est destiné.
Pourquoi Anna est-elle souvent couchée ?
Parce qu’elle est tournée vers le ciel. C’est le ciel et elle. C’est sa dimension mystique. Et les moments où on la voit couchée dans l’herbe ou dans un lit sont les seuls instants passifs de ce personnage par ailleurs très exalté.
Il fallait absolument une dimension mystique à Anna ?
Elle s’est imposée très vite, elle est même indissociable de ce type d’héroïne. Mystiques et érotomanes présentent les mêmes symptômes : tout commence pour elles par une illumination, la sensation impérieuse et inébranlable d’avoir été choisies. Elles sont saisies par la vocation de l’amour, persuadées d’entretenir une relation unique avec l’autre, un autre qui leur envoie des signes et leur impose des épreuves pour voir si elles sont dignes de cet amour. Un autre qui peut être Dieu ou, comme ici, dans le film, un médecin. En ce sens, Anna est une mystique laïque.
Cette dimension mystique m’a aidée à me détacher de l’aspect clinique de l’histoire. Je voulais réaliser un thriller intimiste, un film fantastique, pas une illustration médicale. C’est ce qui m’a d’ailleurs demandé le plus de travail, me détacher de l’illustration d’un cas clinique, pour vraiment raconter une histoire et donner vie à tous les personnages autour. Il ne fallait pas qu’ils soient des faire-valoir, mais bien partie prenante du récit.
Qu’est-ce qui a enfin déterminé le choix d’Isabelle Carré pour incarner tout cela ?
Au-delà du fait que c’est une actrice que j’admire énormément, il fallait une comédienne capable d’incarner le vertige de la folie tout en amenant le spectateur à être en empathie avec le personnage le plus longtemps possible. J’avais la certitude qu’Isabelle permettrait ça. Il y a chez elle une très grande force et une délicatesse qui lui sont propres. Il y a aussi une part qui est encore de l’enfance chez elle. Or, la psychose d’une érotomane va chercher très loin dans l’enfance et l’adolescence. Ça m’intéressait enfin qu’un personnage qui va aussi loin dans la violence, soit incarné par une actrice qui n’avait pas du tout cette image-là et qui est capable de tout jouer. Avec Isabelle, j’ai eu plus que tout cela, elle a été tellement inventive que je peux dire qu’Anna est autant sa créature que la mienne.
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Source : http://www.cinemotions.com/modules/Interviews/interview/9472 |
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