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Infamous (Every word is true)
 
 
 
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Infamous (Every word is true) réalisé par Douglas McGrath
   
Titre original Infamous (Every word is true)
Titre français Scandaleusement celebre
Réalisation Douglas McGrath
Scénario Douglas McGrath
D'après l'oeuvre de George Plimpton
Interprétation Sigourney Weaver, Toby Jones, Sandra Bullock, Isabella Rossellini, Gwyneth Paltrow, Mark Rubin, Steve Schwelling, Glover Johns Gill, Rey Arteaga, Justin Sherburn, ...
Musique Rachel Portman
Photographie Bruno Delbonnel
Pays U.S.A.
Année 2007
Durée 1h 58min.
Genre Drame, Biopic
Production Jocelyn Hayes, Christine Vachon & Anne Walker-McBay
Site officiel  
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le Jeudi 21 juin 2007
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Après le succès du "Truman Capote" réalisé par Bennett Miller, voici le deuxième biopic consacré au célèbre écrivain new-yorkais et, pour une fois, le second essai a sans doute dépassé le premier. En s’attardant sur l’ambiguïté de la relation entre le tueur Perry Smith et Capote, cette seconde réalisation met le doigt sur ce que la première s’était contentée d’effleurer. Il en va de même pour des thèmes tels que l’homosexualité de l’auteur, son enfance dans le Sud, sa frivolité ou bien encore ses relations avec le gratin de l’époque : autant de problématiques fondatrices du personnage Truman Capote, mais nécessaires à la compréhension de sa vie et de son œuvre. Davantage de profondeur dans le scénario, à laquelle vient s’ajouter une réalisation particulièrement bien menée et qui privilégie le rythme, que ce soit dans le son ou au niveau de l’image, comme un tempo venu là pour mettre encore en relief l’effervescence de la vie de l’écrivain.
 
 
 London Critics Circle Film Awards 2007
 
  • Award du meilleur acteur anglais de l'année décerné à Toby Jones
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evene - Emilie Vitel
 

La vie de Truman Capote, écrivain de génie spécialiste de l’irrévérence, s’impose ces dernières années comme une source d’inspiration privilégiée pour les cinéastes. Ainsi, à peine un an après le très réussi ‘Truman Capote’ de Bennett Miller, Douglas McGrath nous propose sa version de la période de six ans durant lequel l’auteur se consacra à l’écriture de ce qui reste sans doute son chef-d’oeuvre : De sang froid.

Le résultat est un film très élaboré, qui se distingue à la fois par un scénario solide, tour à tour haletant, émouvant, effrayant ou intrigant, et un magnifique casting, regroupant pléthore d’acteurs talentueux. De Sigourney Weaver en femme du monde avide de commérages en quête perpétuelle de reconnaissance à Jeff Daniels en inspecteur de police bourru mais déterminé, de Gwyneth Paltrow en ravissante chanteuse de cabaret dont le numéro tout en nuances donne d’emblée le ton du film à Sandra Bullock en amie d’enfance douce et spontanée, un brin vieux jeu, les prestations se suivent sans se ressembler. Daniel Craig - particulièrement charmant en brun - est très touchant en meurtrier à la fois brutal et sensible, irrémédiablement marqué par les blessures de l’enfance. Enfin le physique atypique et la voix si particulière de Toby Jones traduisent à merveille l’ambiguïté de Truman Capote, écrivain passionné et perfectionniste que l’opiniâtreté poussa à user de manipulation, y compris avec ses amis les plus chers.

Peu à peu, le fossé se creuse entre le personnage mondain pédant, insupportable, persuadé que tout lui est dû, et l’être humain qui s’ouvre peu à peu à ce meurtrier et apparaît faible, féminin. En sortant de la salle, il ne vous restera plus qu’à vous jeter sur ‘De sang froid’, tant le film vous aura donné envie de vous rendre compte de ce pourquoi Truman Capote bouleversa littéralement le cours de sa vie. Et c’est sans doute là la plus grande réussite de ‘Scandaleusement célèbre’.

  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/scandaleusement-celebre-7772.php?critiques
   
Première - Isabelle Danel
  La cohorte d'actrices et d'acteurs renommés convoqués - parfois pour deux répliques - autour de l'inconnu Toby Jones s'agite quelque peu vainement. Mais le cabotinage génial de ce dernier confère au personnage et à son histoire une légèreté grave d'autant plus terrifiante qu'elle nous soulage d'une noirceur dérangeante.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/scandaleusement-celebre-7772.php?critiques
   
Studio - Michel Rebichon
  Ces va-et-vient entre un contexte frivole, une forte attirance sexuelle et une réalité morbide fait tout le sel de cette version de la vie de Capote. D'autant que l'écrivain est interprété avec maestria, tant dans la gestuelle que dans la voix et la démarche, par l'étonnant Toby Jones.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/scandaleusement-celebre-7772.php?critiques
   
Télérama - Frédéric Strauss
  La mise en scène de 'Scandaleusement célèbre' est parfois plus brouillonne, mais plus en prise avec la vie, comme l'interprétation de Toby Jones, qui fait de Capote une sorte d'incroyable contorsionniste, pas seulement parce qu'il remue des fesses comme une folle tordue, mais parce que la légèreté et le malheur sont, en lui, inextricablement noué.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/scandaleusement-celebre-7772.php?critiques
   
 Pariscope - Virginie Gaucher
  Des bons mots et des vacheries distillées dans les beaux salons de New York aux geôles à la misère sociale, au manque d'amour, aux meurtres sordides, à la mort : un voyage dont l'écrivain ne se remettra jamais, conté avec sensualité et passion.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/scandaleusement-celebre-7772.php?critiques
   
 A nous Paris - Fabien Menguy
  Décrivant avec entrain et émotion la façon dont l'excentrique Capote tente de se faire accepter par cette petite bourgade et par l'un des tueurs, ce film remarquable et bouleversant possède la fantaisie, l'humanité et la chaleur qui faisaient cruellement défaut au premier 'Truman Capote'.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/scandaleusement-celebre-7772.php?critiques
   
 webeustache
  Le seul réel défaut de ce film pourrait être celui de sortir sur nos écrans après le succès du Truman Capote réalisé par Bennett Miller, premier biopic consacré au célèbre écrivain new-yorkais. Pour une fois le second essai a sans doute dépassé le premier. (…) En s’attardant sur l’ambiguïté de la relation entre le tueur Perry Smith et Capote, cette seconde réalisation qui lui est consacré met le doigt sur ce que la première s’était contentée d’effleurer. Il en va de même pour des thèmes tels que l’homosexualité de l’auteur, son enfance dans le Sud, sa frivolité ou bien encore se relations avec le gratin de l’époque : autant de problématiques fondatrices du personnage Truman Capote mais également nécessaires à la compréhension de sa vie tant que de son œuvre. (…) Toby Jones y est à couper le souffle. Il fonde sa prestation sur un judicieux mélange entre clownerie et sérieux, à l’image de ce qu’était Capote lui-même : la sensibilité et le génie d’un très grand écrivain couplés à la loufoquerie et à la frivolité d’un mondain.
  Source : http://www.webeustache.com/fiche-de-film.php?id=1332
   
 le monde - Jean-Luc Douin
 

Rapport troublant

Est-ce à dire que l'on peut se priver de cette seconde version, signée par Douglas McGrath, si l'on a déjà vu la première ? Ce serait considérer, à tort, qu'il est inutile d'aller voir le moindre remake, et perdre une occasion d'enrichir sa perception de l'un des phénomènes les plus fascinants en matière de création artistique. Car, exigeant une vigilance déontologique aiguë entre le réel et sa transposition, supposant un rapport troublant entre l'implication intime de l'auteur et son rôle de prédateur, l'écriture de De sang-froid poussa Capote au vertige.

Par ailleurs, Scandaleusement célèbre offre une vision légèrement différente de celle du premier opus. Disons d'abord que le confondant Toby Jones, acteur anglais sans prestigieux palmarès, n'a rien à envier à son prédécesseur oscarisé. Il est parfait dans la peau du nabot excentrique, amateur de J & B, accoutré comme une poule, entouré d'une cour de grandes dames huppées (ses "cygnes"), dont il est le confident et le Pygmalion, qu'il abreuve de potins avec son timbre bizarre, et enchante par son esprit, son panache, ses mensonges, ses sarcasmes mordants.

Scandaleusement célèbre insiste sur la frivolité. A l'intelligentsia new-yorkaise, aux élégantes ivres de gossips improvisant un twist dans leurs salons, répondent les bourgeoises de l'élite locale du Kansas. Après l'avoir vu comme un "petit coq castré", elles s'arrachent Capote dans les dîners, où il subjugue ses auditoires, bouche bée, en racontant ses rencontres avec Jennifer Jones, Ava Gardner, Marilyn Monroe, Humphrey Bogart, Marlon Brando.

L'autre parti pris de McGrath est d'insister sur l'homosexualité de l'écrivain, le caractère comique de son irruption dans ce trou perdu, puis l'ambiguïté de sa relation avec l'un des assassins, Perry Smith. Il y a, entre l'écrivain et le tueur, une fascination réciproque, chacun considérant l'autre comme un alter ego fictif, tous deux se découvrant une blessure commune, mère alcoolique et déficit d'affection, Capote voyant Smith comme son ombre ténébreuse et Smith voyant en Capote l'artiste qu'il rêvait d'être.

Cette relation soutient le film, ira jusqu'à l'amour, des rapports physiques, en dépit des réactions violentes, humiliantes, de Smith à l'égard de Capote lorsqu'il se croira trahi, utilisé. Douglas McGrath orchestre un équilibre délicat entre mensonge et sincérité, entre les moeurs artificielles et la poignante souffrance des deux hommes perdus dans un monde de perversion. Scandaleusement célèbre est une histoire de détresse et de perte déclinée entre deux chansons. Un air de Cole Porter dans un night-club, un refrain de rodéo dans la cellule d'un pénitencier. La politesse d'un désespoir camouflé derrière le faux-semblant.

  Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-891240,0.html
   
 comme au cinema - Nathalie Couturier
 

Le seul réel défaut de ce film pourrait être celui de sortir sur nos écrans après le succès du Truman Capote réalisé par Bennett Miller, premier biopic consacré au célèbre écrivain new-yorkais.

Pour le reste, rien à redire si ce n’est peut-être que pour une fois le second essai a sans doute dépassé le premier. Car si les deux opus prêchent le même parti pris en ce qui concerne le scénario et montrent uniquement les quelques années de la vie de Capote ayant encadré l’écriture de De Sang Froid, Scandaleusement célèbre met davantage en relief la complexité du tempérament de l’écrivain.

En s’attardant sur l’ambiguïté de la relation entre le tueur Perry Smith et Capote, cette seconde réalisation qui lui est consacré met le doigt sur ce que la première s’était contentée d’effleurer. Il en va de même pour des thèmes tels que l’homosexualité de l’auteur, son enfance dans le Sud, sa frivolité ou bien encore se relations avec le gratin de l’époque : autant de problématiques fondatrices du personnage Truman Capote mais également nécessaires à la compréhension de sa vie tant que de son œuvre.

Davantage de profondeur dans le scénario à laquelle vient s’ajouter une réalisation particulièrement bien menée et qui privilégie le rythme que ce soit dans le son ou au niveau de l’image, comme un tempo venu là pour mettre encore en relief l’effervescence de la vie de l’écrivain. On ne dira que deux mots concernant un casting de premier choix parmi lequel pas mois que Gwyneth Paltrow, Sandra Bullock, Daniel Craig, Isabella Rossellini ou encore Sigourney Weaver : Toby Jones y est à couper le souffle. Il fonde sa prestation sur un judicieux mélange entre clownerie et sérieux, à l’image de ce qu’était Capote lui-même : la sensibilité et le génie d’un très grand écrivain couplés à la loufoquerie et à la frivolité d’un mondain.

  Source : http://www.commeaucinema.com/news.php3?nominfos=65211
   
 VSD
 

"Truman Capote était d’une fascinante cérébralité, Scandaleusement célèbre a un cœur gros comme ça."

  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=65211.html#rp_2
   
 Score - Audrey Zeppegno
  "Amputé de tout effet de surprise, ce film passera sûrement inaperçu et c’est bien dommage parce qu’il est aussi bon si ce n’est meilleur que son prédécesseur (Truman Capote)."
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=65211.html#rp_2
   
 20 minutes - C.V.
  "A l’image de ces scènes, "Scandaleusement célèbre" éclaire les zones d’ombres d’un créateur déchiré entre l’être et le paraître."
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=65211.html#rp_2
   
 L'Express - C.Ca.
  " Le réalisateur Douglas Mcgrath (…) élabore ses propres déductions (...) Son approche de Capote est instructive et enrichissante. Amusante, aussi. Emouvante surtout. "
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=65211.html#rp_2
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comme au cinema - Alvin Dewey
 

Truman Capote cité dans le New York Times, le 16 janvier 1966

"La difficulté était de choisir un sujet prometteur… J’avais plein d’idées, mais je les ai toutes rejetées les unes après les autres, pour diverses raisons, souvent après avoir déjà effectué beaucoup de recherches. Puis un matin de novembre 1959, en feuilletant le New York Times, je suis tombé sur ce titre, dans une page intérieure : "Riche fermier, 3 membres de la famille tués"."

Tout d’abord publié en feuilleton dans le New Yorker, "De Sang-froid" a ensuite été publié par Random House en 1965. Truman Capote a prétendu avoir inventé un nouveau genre littéraire, le roman de non-fiction. Le livre a vite obtenu du succès tant auprès des critiques que du public et c’est devenu l’œuvre de référence de l’auteur.

" Truman m’a appelé un jour en disant : "Le New Yorker m’a donné le choix entre plusieurs missions. Je peux suivre une femme dans New York qui ne rencontre jamais les gens pour lesquels elle travaille et écrire des portraits d’eux uniquement d’après ce que je vois ; ou bien je peux aller au Kansas, où des meurtres se sont déroulés. Qu’est-ce que tu me conseilles ?" J’ai répondu : "Choisis la facilité, va au Kansas"."

Slim Keith à propos de Truman Capote

Truman a vite pris le chemin du Kansas avec son amie de toujours, Nelle Harper Lee, comme compagne de voyage et comme assistante. A leur arrivée, son allure et son comportement ont fait beaucoup de bruit parmi les gens du coin, dont beaucoup doutaient de ses motivations, mais ils ont fini par être sous son charme.

"Je ne crois pas qu’on ait su tout de suite que Truman travaillait à un livre sur les meurtres des Clutter. On savait simplement qu’un écrivain de côte Est devait venir… C’était un petit homme intéressant. Il faisait exprès de jouer au dingue. Il est arrivé en hiver et il déambulait vêtu d’un grand manteau, une toque sur la tête. Cela lui donnait un air extrêmement bizarre. Alvin Dewey était l’un des inspecteurs chargés de l’enquête… Au début, il avait une image plutôt négative de Truman, parce que des bruits couraient sur ses penchants, comme on dit. Puis Dewey a lu ses livres, et bien sûr, ils sont devenus bons amis."

Le procureur Duane West à propos de Truman Capote

"J’ai traité Truman comme tout autre journaliste, une fois l’affaire élucidée. Il venait souvent et tout naturellement, nous avons fait plus ample connaissance. Mais en aucune manière je ne l’ai traité avec favoritisme, je ne lui ai jamais donné d’informations. Il a tout déniché tout seul. Bien sûr, il a obtenu la majorité des informations en achetant les procès verbaux qui contenaient tous les comptes rendus du procès et grâce à ça, on pouvait connaître toute l’histoire. Il a obtenu des informations que personne d’autre n’avait, même pas nous. Mais pour être tout à fait franc, je me fichais royalement des escapades de Perry Smith et Dick Hickock à travers la Floride ou je ne sais quoi, ce qui fait le gros de " De sang-froid". On était plus intéressés par le Mexique , parce qu’il y avait là-bas des preuves déterminantes pour pouvoir les condamner."

  Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=65211.html
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commeaucinema
 

Chanson écrite par Cole Porter qui fait l'ouverture du film

Qu'est-ce qu'on appelle l'amour ?
Cette drôle de chose, l'amour
Qui peut en percer le mystère ?
Pourquoi ça joue avec mes nerfs ?

Je t'ai vu, un jour enchanté
Tu as pris mon coeur et l'as balancé
Alors je demande à Dieu sans détour
Qu'est-ce qu'on appelle l'amour ?

Tu m'as donné des jours ensoleillés
Et des nuits enchantées
Tu as fait de ma vie un rêve éveillé
Et puis une autre est arrivée
Une autre femme est arrivée

Et l'hiver m'a glacée
Et maintenant esseulée
Je me demande nuit et jour
Pourquoi je t'aime toujours

Qu'est-ce qu'on appelle l'amour ?
Cette drôle de chose, l'amour
Qui peut en percer le mystère ?
Pourquoi ça joue avec mes nerfs ?

Je t'ai vu, un jour enchanté
Tu as pris mon coeur et l'as balancé
Alors je demande à Dieu sans détour
Qu'est-ce qu'on appelle l'amour ?

  Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=65211-note-35415.html
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le monde - Claudine Mulard
 

ENTRETIEN AVEC DOUGLAS MCGRATH

Je crois comprendre pourquoi sa vie a basculé

En écrivant Infamous, saviez-vous qu'un autre film sur Truman Capote était en préparation ?

Quand j'ai terminé le scénario, j'ai appelé Bingham Ray à United Artists, pour le prévenir que je le lui envoyais. Il m'a répondu : "Mais je l'ai déjà reçu !" Il avait sur son bureau l'autre scénario, Capote, écrit par Dan Futterman. J'avais bien entendu de vagues rumeurs sur un autre projet, mais comme j'avais une idée très précise de ce que je voulais dire, j'ai persisté. Nous avions déjà tourné Infamous quand le film Capote est sorti.

Ne craigniez-vous pas que la coexistence de deux films sur la même période de la vie de Truman Capote, le moment où il écrit son best-seller De sang-froid, sature le marché ?

Bien sûr ! Et Capote, étant sorti avant le nôtre, nous a fait de l'ombre, même si nous avons reporté la sortie d'un an alors que notre film était prêt. Mais je tenais absolument à faire mon film, car je crois comprendre ce qui est arrivé à Truman, pourquoi sa vie a basculé ainsi, après avoir écrit De sang-froid. Je pense que c'est à cause du lien intime qu'il avait formé avec Perry Smith.

Comment avez-vous forgé pareille certitude ?

Capote était tellement carriériste et tellement obsédé par ce chef-d'oeuvre qu'il voulait créer... Je ne crois pas que sa vie ait pu se déglinguer uniquement par culpabilité d'avoir écrit un livre dont le succès est lié à sa conclusion tragique, la pendaison des deux meurtriers. Je suis convaincu que Perry et lui ont eu une relation intime et même physique, à un moment. Dans mon film, ils s'embrassent une fois.

Dans le livre de George Plimpton sur lequel j'ai basé mon scénario, un gardien de la prison affirme que Truman Capote lui donnait de l'argent pour qu'il les laisse tranquilles. Le gardien, qui savait que Truman était gay, en a déduit que c'était pour avoir une relation sexuelle. Mais on peut imaginer des tas d'autres raisons de vouloir se débarrasser de la présence du gardien.

Vous avez d'autres éléments ?

Oui. Après avoir consacré plus de cinq années de sa vie à cette enquête, et alors que les exécutions en étaient la conclusion dramatique, Capote a assisté à la pendaison de Dick Hickock, mais pas à celle de Perry Smith. Il éclate en sanglots et part. Il est incapable d'observer et de témoigner, ce qu'il était venu faire. Cela ne signifie pas forcément qu'il ait eu une relation sexuelle, mais j'y vois le signe d'une relation émotionnelle très profonde avec Perry.

J'ai aussi recueilli des témoignages. La femme de Sidney Lumet raconte comment, des années après, alors qu'ils se promenaient en forêt, elle a retrouvé Capote qui gémissait et appelait : "Perry ! Perry !", comme en transe. J'ai utilisé cette anecdote dans le film.

Dans le documentaire des frères Mayles sur Truman, il y a une scène révélatrice où on le voit ouvrir des lettres de Perry et geindre. Ce n'est pas l'attitude d'un reporter objectif vis-à-vis de son sujet. Il était hanté par Smith.

Avez-vous pu interroger Nelle Lee Harper (l'auteur de To Kill a Mockingbird), qui a accompagné Capote dans le Kansas ?

Non, elle est très discrète. De toute façon, Truman n'a rien dit à personne, sinon, depuis sa mort, ça aurait filtré ! Je n'ai donc pas d'aveux ni de preuves, juste une forte conviction. On ne devient fou à ce point - car il a vraiment pété les plombs ! - que si on a eu le coeur brisé, c'est ma théorie !

  Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3476,36-891241,0.html
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