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Titre
original |
Persepolis |
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Réalisation |
Vincent Paronnaud & Marjane Satrapi |
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Scénario |
Vincent Paronnaud & Marjane Satrapi |
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D'après
l'oeuvre de |
Marjane Satrapi |
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Avec les voix de |
Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Simon Abkarian, Gabrielle Lopes Benites , Gabrielle Lopes, François Jerosme, Arié Elmaleh, Mathias Mlekuz, ... |
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Musique |
Olivier Bernet |
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Pays |
France |
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Année |
2007 |
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Durée |
1h 35min. |
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Genre |
Animation, adaptation de bd |
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Production |
Xavier Rigault & Marc-Antoine Robert |
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Site officiel |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Projection le jeudi 11 octobre 2007 |
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Le film est projeté en version originale française |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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| Adaptation sur grand écran des quatre albums de la célèbre bande dessinée homonyme, écrite et dessinée par Marjane Satrapi, qui nous livre un portrait de la société iranienne vue par une jeune fille et sa famille de Téhéran. Un grand, beau et émouvant film d'images. Une fresque qui, avec lucidité, humour et distance, apprend à grandir. Un 400 coups au crayon noir et à l'encre de chine. A voir de 7 à 77 ans. |
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Prix du jury décerné à Vincent Paronnaud & Marjane Satrapi au festival de Cannes 2007 |
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Prix spécial du jury décerné à Vincent Paronnaud & Marjane Satrapi au Cinemanila International Film Festival 2007 |
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La Libre - Fernand Denis |
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La demoiselle rebelle. Vingt ans de la vie de Marjane Satrapi entre mettre le voile ou les voiles de Téhéran
Marjane, c'est une sacrée petite fille. Entre devenir prophète ou Bruce Lee, son coeur balance. Evidemment, tout cela amuse ses parents. Ils en ont bien besoin. Le régime du Chah est aux abois, la situation politique est chaotique. Entre papa-maman plutôt pro-occidentaux et un oncle communiste, Marjane aimerait beaucoup comprendre et surtout manifester ses opinions. Un phénomène, cette Marjane ! Un foulard sur la tête ne suffira pas à la faire taire. Il ne fera que chauffer, faire bouillonner un peu plus son cerveau, remonté par la nouvelle dictature. C'est que les mollahs sont pires que le Chah. Et comme la guerre avec l'Irak ne calme pas son irrépressible besoin d'expression, ses parents l'envoient, à 14 ans, chez les bonnes soeurs à ... Vienne. Dépaysement garanti, alors que son corps change et son coeur s'emballe.
Adapté de la bande dessinée de Marjane Satrapi, publiée à partir de 2000, "Persépolis" est un exemple du foisonnement, de l'explosion créative actuelle du cinéma d'animation. Entre la percée fulgurante de la 3D menée par Pixar, l'explosion des codes disneyien par Dreamworks et son Shrek, l'imagination de chez Ardman, l'utilisation lumineuse du procédé de motion capture par Volkman, l'ouverture au monde façon Ocelot, sans parler de Miyazaki, des Triplettes de Belleville, de Panique au Village et tant d'autres, les pistes sont animées de multiples courants. Marjane Satrapi, en association avec Vincent Paronnaud, s'est lancée sur celle de l'autofiction.
Personnelle et universelle
Et elle en a des choses à raconter Marjane avec sa langue bien pendue. Les barbus et Rocky, les punks et sa grand-mère solaire, la faim et les chagrins d'amour ...
L'extrême sobriété du dessin et son auto-ironie précipitent le spectateur dans une expérience absolument inédite. "Persépolis" mixe avec brio 20 ans d'histoire de l'Iran et 20 ans de l'histoire d'une fille qui se débat avec sa puberté, ses sentiments, son tempérament rebelle. Comme Woody Allen, Marjane Satrapi réussit le tour de force d'être simultanément personnelle et universelle. Cela tient à sa faculté de se regarder le nombril sans complaisance. Cela tient aussi à son coup de crayon qui gomme tout exotisme, tout pittoresque pour ne garder que la beauté des formes. Un coup de crayon magique puisqu'il agit comme un accélérateur, enchaînant les ellipses virtuoses permettant de raconter, en une heure trente, une histoire si dense. Il agit aussi comme un exhausteur de sentiments lorsque, par exemple, les corps tchadorisés de la tête aux pieds de deux commissaires de la révolution se transforment en ombres immenses qui tentent de l'étouffer. Un crayon magique, enfin, puisqu'il a la voix de Chiara Mastroianni quand c'est Marjane, de Catherine Deneuve quand c'est sa mère et Danielle Darrieux quand c'est son inoubliable grand-mère.
Mêlant politique et intime, dérision et gravité, noir et blanc, Orient et Occident, punk et pasdaran, révolution et dépression, sincérité et anecdote, fantaisie et tragédie, idéal et gros mots, animation et autofiction, "Persépolis" est irrésistiblement émouvant et drôle. |
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Source : http://www.cinebel.be/fr/film/critique/1001804-Persepolis.htm?criticId=999 |
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DH Net - Patrick Laurent |
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Un dessin animé politique, drôle, intelligent, tout simplement splendide. Un vrai coup de coeur
Shrek n'a rien à craindre : en dépit des voix de Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni et Danielle Darrieux, ce dessin animé irano-français quasiment entièrement tourné en noir et blanc ne constituera pas un concurrent de poids au box-office mondial. L'animation en 2D (le style évoque surtout la bande dessinée d'auteur) et le thème politique (la vie d'une fille rebelle à l'esprit vif sous le régime iranien) rebuteront plus que probablement les fans de grands divertissements familiaux. À tort peut-être : par moments d'une grande drôlerie, Persepolis figurera sans l'ombre d'un doute tout en haut de la liste lorsque s'établira le bilan cinématographique de l'année 2007.
Sur un ton caustique, Marjane Satrapi retrace son propre parcours, celui d'une petite fille insolente, à l'énergie débordante, fière d'avoir un oncle "communisse" et prête, à 8 ans à peine, à manifester pour le renversement du tyran, le Chah.
Entourée d'une grand-mère et de parents aimants, compréhensifs, aimants et intelligents, elle va déchanter en découvrant la difficulté d'évoluer librement pour une fille à l'esprit indépendant dans le nouveau régime religieux.
Extrêmement critique vis-à-vis des pratiques de son pays mais aussi des Occidentaux qui transforment son premier exil en enfer, la dessinatrice s'attache principalement à décrire avec drôlerie une héroïne libre dans sa tête via ses flirts plus ou moins catastrophiques, ses rencontres avec des intellos viennois à la tête embrumée par les substances illicites et ses relations familiales hautes en couleur.
D'une beauté stylistique à couper le souffle, Persepolis touche par la justesse des descriptions, sa psychologie raffinée, les détournements cocasses de situations dramatiques, une philosophie très positive de la vie. Avant d'ouvrir le débat d'idées sur les convictions, la politique, l'accueil ou la tolérance, par exemple. À condition que les enfants soient déjà ados, ce dessin animé haut de gamme pourrait séduire toute la famille. Un vrai coup de coeur. |
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Source : http://www.cinebel.be/fr/film/critique/1001804-Persepolis.htm?criticId=1007 |
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le soir - FABIENNE BRADFER |
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On craque littéralement pour cette gamine un peu canaille, intelligente et pertinente qui se cogne à l'intégrisme, au choc des cultures, à l'âge adulte. On craque aussi pour la manière dont Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud se sont complètement approprié le langage cinématographique pour donner une nouvelle dimension aux albums BD de Satrapi. On aime autant le propos défendu que le caractère naïf et épuré du trait combiné à merveille avec la poésie de l'animation.
Persepolis est le mariage heureux et non conventionnel du 9 e art et du 7 e art. En noir et blanc, avec des touches de couleur. C'est pertinent, drôle, incisif, sensible, inventif, onirique et dépouillé, selon une esthétique soignée qui croise l'expressionnisme allemand et le néoréalisme italien. A travers le regard de Marjane qui grandit sous nos yeux, on vit les événements politiques iraniens et la brutalité d'un régime. Mais au-delà de la trame historique, le drame intime de Marjane a une ampleur universelle qui touche. Courez voir sans retenue ce petit chef-d'oeuvre original, drôle et humaniste (prix du jury à Cannes), qui offre une bouffée d'air frais parmi les shrekeries animées et formatées qui dominent les écrans de l'été. |
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Source : http://www.lesoir.be/culture/cinema/persepolis-bonne-nouvelle-2007-06-27-537012.shtml |
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cinenews - David Morelli |
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Dans le genre casse-gueule de l'adaptation de bande dessinée au cinéma, 'Persepolis' s'en tire la tête haute. Adapté par son auteur, Marjane Satrapi, ce film d'animation montre au travers des yeux de petite fille et d'adolescente rebelle que Satrapi a été, la lente dégradation de l'Iran, de la chute du Shah à la chape de plomb fondamentaliste imposée par le régime des Mollah. Récit autobiographique, chronique douce-amère du passage à l'âge adulte, message d'amour/haine à un pays qui a cassé son rêve de liberté, 'Persepolis' mélange subtilement les genres.
Par le biais des anecdotes tragi-comiques de la vie mouvementée de la petite Marjane, on en apprend énormément sur la vie quotidienne à Téhéran. Porté par une animation en noir et blanc faussement naïve et un ton réaliste teinté de poésie et d'humour, 'Persepolis' est un régal qui a les mêmes –petits- défauts (quelques baisses de rythme) et -grandes- qualités que la bande dessinée de référence. Un petit bijou animé (comme âme) à la portée universelle. |
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Source : http://www.cinenews.be/Critics.Detail.cfm?ContentsID=6575&lang=fr |
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cinopsis - Eric Van Cutsem |
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Récompensé à Cannes par le prix du jury (ex-aequo avec STELLET LICHT), PERSEPOLIS est basé sur une bande dessinée de Marjane Satrapi, BD qui s'inscrit complètement dans la veine des récits autobiographique qui touche depuis quelques années déjà le neuvième art (avec des auteurs comme Nakazawa, Trondheim, etc).
Avec ses dessins simples, genre ligne claire, presque naïfs, ce dessin animé qui joue sur de somptueux noirs et blancs repose principalement sur la force des dialogues et du sujet. Abordant au travers des yeux de la petite Marjane, puis de l'adolescente et de l'adulte, la vie en Iran, Marjane Satrapi parvient à donner une 'vision de l'intérieur' des divers mouvements politiques et religieux qui ont bouleversé son pays d'origine.
Le dessin sous-tend toujours parfaitement et de bout en bout le sujet qui lui, reste finalement très objectif et critique sans être pour autant pamphlétaire. C'est aussi l'humour en forme de cri de désespoir qui émaille l'ensemble de ce PERSEPOLIS qui donne au film toute sa consistance et sa force ...
A ne pas manquer ! |
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Source : http://www.cinopsis.be/rev_main.cfm?lang=fr&ID=5876&rr=1 |
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L'essentiel - Thierry Verhoeven |
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Une histoire douloureuse
L’histoire de Persepolis est parfois douloureuse. On parle d’arrestations, de disparitions, de tortures, de dénonciations sous le pouvoir du chah comme sous le pouvoir chiite. On parle de la terrible guerre entre l’Iran et l’Irak. On voit la religion étouffer les libertés. On voit aussi les excès religieux tournés en ridicule. On voit comment la jeunesse iranienne vit quand même sa jeunesse, presque clandestinement. Cette jeunesse iranienne, comme Marjane, le personnage principal du film Persepolis, a un sacré tempérament malgré la dureté et la répression du régime iranien.
Car elle a un sacré tempérament, Marjane. Marjane a 8 ans. Elle est iranienne. Elle vit à Téhéran, la capitale du pays, avec sa famille. On est en 1978. Le chah d’Iran, dictateur, est encore au pouvoir mais plus pour longtemps.
Une révolution qui bouleverse tout
La vie de Marjane bascule presque en même temps que l’histoire de son pays. Sa grand-mère lui apprend que son grand-père était communiste et a été fusillé sous le pouvoir du père du chah. En 1979, c’est la révolution iranienne. Le chah d’Iran doit fuir. L’oncle de Marjane, lui aussi communiste, est libéré. Il croit encore à la révolution même quand elle change de visage, quand les islamistes arrivent au pouvoir et que le régime se durcit. L’oncle sera emprisonné et exécuté. « En 2 ans, notre quotidien a changé de visage et nous aussi » dit Marjane. On la voit alors avec le foulard sur la tête. Mais avec son sacré tempérament, elle inscrit au dos de sa veste, en orthographe anglaise approximative, « PUNK IS NOT DED » (le punk n’est pas mort).
Elle achète en cachette des cassettes audio d’Iron Maiden après avoir été fan des Bee Gees et avoir trouvé le groupe ABBA, « nul ». Elle conteste sa professeure de religion. Pour lui éviter des ennuis à l’école, ses parents l’envoient en Autriche. Elle découvre la vie occidentale et une pension de « bonnes soeurs » qui ressemblent étrangement aux gardiennes de la révolution de l’Iran qu’elle vient de quitter. Sacré tempérament, Marjane, dans sa vie d’adolescente aussi. Ses premières amours et premières désillusions. Le retour à Téhéran. La déprime. Puis la rage de s’émanciper, d’aller à l’université. Elle est amoureuse et doit se marier pour éviter les ennuis avec les religieux. Mais sa vie de couple traditionnel l’ennuie. Elle quitte son mari et l’Iran. Elle s’envole pour la France.
Exil et liberté
Dans ce combat pour la liberté, Marjane est soutenue par sa famille et surtout par sa grand-mère. Une grand-mère qui déteste le foulard, fume la pipe et parle franchement. Elle n’hésite pas à dire des gros mots comme «con», «petite bite» et même « salope ». Une grand-mère qui sent bon parce qu’elle cueille tous les matins des fleurs de jasmin et les glisse dans son soutien-gorge. Une grand-mère qui a encore les seins bien ronds car, dit-elle, elle les trempe tous les jours 10 minutes dans l’eau glacée.
En partant pour la France, Marjane ne reverra plus sa grand-mère qui mourra en Iran. «Toute liberté a un prix», dit Marjane. Et Persepolis est un film libre. Libre parce qu’au travers du noir et blanc et de ses formes rigides qui mettent à distance le spectateur, ce film nous montre ce qu’est la vie. |
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Source : http://cours.funoc.be/essentiel/article/article_actu.php?idart=704&sem_numero=38 |
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Interview de Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud |
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C'est un phénomène, l'auteur, Marjane Satrapi, aussi bouillonnante et expansive que son complice Vincent Paronnaud est zen et réservé. Révélée au début des années 2000 avec la sortie du premier des quatre tomes de "Persépolis", elle s'associe avec son meilleur ami, un dessinateur ayant touché au court métrage d'animation. L'un et l'autre rêvent de se lancer dans l'expérience de l'animation avec le désir de ne ressembler à personne. Mission réussie sous forme d'une exceptionnelle standing ovation d'une vingtaine de minutes à l'issue de la première projection cannoise, et consécration matérialisée par un prix du jury. Un succès qui a irrité pas mal de barbus à Téhéran ...
Comment avez-vous vécu la réaction iranienne ?
Marjane Satrapi : vous savez, c'est juste une lettre du ministère iranien de la Culture adressée à l'ambassadeur de France à Téhéran. Ce serait dommage de ne parler que de cela et pas des années de travail que ce film représente. C'est leur point de vue et je le respecte comme les autres critiques. Pas plus, pas moins.
Persépolis est-il un film politique ?
Marjane Satrapi : oui et non. La politique est l'arrière-plan de cette histoire. Pour moi, ce film parle davantage de : comment on grandit quand tout change brutalement autour de vous ? Comment on tombe amoureux la première fois ? Comment on se marie et puis on le regrette quelques mois plus tard ? Comment avoir une vie normale au milieu de tout cela ? C'est un film universel et chacun peut d'autant plus s'y reconnaître grâce à l'animation, car c'est l'animation qui rend l'histoire plus universelle. Et puis, l'histoire s'arrête en 94, ce n'est pas l'Iran de maintenant. D'ailleurs, il n'y a pas un seul pays au monde où d'importants changements politiques n'ont pas transformé la vie des gens. C'est comme cela depuis toujours et cela continuera. Ce n'est pas un film politique en tant que tel, c'est un film sur la condition humaine. Ce film n'est pas un tract, pas un film sur l'Iran, c'est un film sur une fille qui grandit.
C'est même un film très drôle sur une fille qui grandit. D'où vient votre humour ? D'Iran, de vos parents ?
Marjane Satrapi : l'humour est le seul moyen pour survivre. Mon sens de l'humour doit être iranien, car on en a tellement pris dans la figure depuis des siècles, que le seul moyen de survivre, c'est de rire. Mais surtout, l'humour est le plus haut degré de compréhension de l'autre. Tous les hommes pleurent pour les mêmes raisons parce qu'ils ont mal aux dents, parce que leur père vient de mourir ou leur enfant a un problème. En revanche, les hommes ne rient pas pour les mêmes raisons. Rire avec quelqu'un, c'est en quelque sorte entrer dans sa façon de penser, c'est comprendre son esprit. Certaines blagues font rire un petit village. D'autres, une province, d'autres, un pays. Et puis, il y a Charlie Chaplin, Harold Lloyd, les Monty Pythons qui font rire le monde entier. Pour moi, l'humour est le sommet de l'art, le sommet de l'intelligence. Et puis, dire les choses avec humour était la seule façon, pour moi, de ne pas basculer dans le cynisme.
Quel était votre sentiment dans la salle alors que 2 600 personnes regardaient votre vie défiler sur 150 mètres carrés ?
Marjane Satrapi : ce n'est pas ma vie, c'est celle de Marjane. Mon métier est de raconter une histoire, la meilleure possible. Il ne s'agit pas pour moi de raconter la vérité, ce n'est pas un travail journalistique, mais la vérité n'est jamais loin.
Vous avez grandi en Iran, vous êtes installée en France depuis des années, vous sentez-vous biculturelle ?
Marjane Satrapi. : ce n'est pas ma vision du monde. Je ne le vois pas divisé entre hommes et femmes, entre religieux et laïcs. La vraie division du monde n'est pas entre Orient et Occident, entre Nord et Sud, mais entre les cons et pas cons, entre une société démocratique et une société pas démocratique. Et pour moi, une société démocratique, c'est une société où les hommes et les femmes sont égaux. En Iran, une femme vaut la moitié d'un homme. Mais aujourd'hui, 70 pc des étudiants sont des étudiantes. Elles étudient deux fois plus et elles vont s'émanciper, elles vont travailler, elles vont être économiquement indépendantes et, à long terme, les choses vont changer. D'autres pensent qu'il vaut mieux donner la démocratie en bombardant les gens et en installant des distributeurs de Coca. Il faut arrêter de croire en cette prétendue grande civilisation occidentale. Vous êtes civilisés parce que vous n'avez pas faim. Fermez les magasins et coupez l'électricité à Paris, la civilisation ne dura plus longtemps. Le premier stade pour atteindre la démocratie, c'est donner à manger à tout le monde. Le deuxième, c'est donner l'instruction et l'éducation pour permettre de communiquer. Pour moi, le clash des cultures n'existe pas. Une fois qu'on est instruit, éduqué, on a des références communes.
Quelles possibilités offrait l'animation par rapport au dessin ?
Vincent Paronnaud : le mouvement, bien sûr. Mais il ne suffit pas de filmer les cases. La bande dessinée n'est pas un storyboard pour le cinéma, c'est une forme de narration à part entière. Il fallait donc penser à une écriture cinématographique. L'animation apporte énormément et on a veillé à rester sobre. C'est vraiment une autre manière de raconter. Le fond reste le même si le film est plus symbolique par rapport à la bédé, plus spontanée. |
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Source : http://www.lalibre.be/article.phtml?id=5&subid=105&art_id=356524 |
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