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Titre
original |
Eastern Promises |
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Titre
français |
Les Promesses de l'ombre |
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Réalisation |
David Cronenberg |
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Scénario |
Steven Knight |
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Interprétation |
Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel, Armin Mueller-Stahl, Jerzy Skolimowski, Sinéad Cusack, Donald Sumpter, Sarah-Jeanne Labrosse, Raza Jaffrey, ... |
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Musique |
Howard Shore |
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Photographie |
Peter Suschitzky |
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Pays |
Grande Bretagne, U.S.A., Canada |
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Année |
2007 |
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Durée |
1h 40min. |
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Genre |
Drame, Mafia russe |
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Production |
Robert Lantos & Paul Webster |
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Site officiel |
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Scoops |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le Jeudi 15 novembre 2007 |
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Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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David Cronenberg signe, persiste et convainc une fois encore dans ce très efficace thriller, qui se déroule dans le milieu de la mafia russe de Londres. Viggo Mortensen se fait une formidable tête de bandit russe à col blanc et y livre assurément l’une de ses plus convaincantes prestations, aux côtés d’un étonnant Vincent Cassel, qui impose décidément son talent sur le continent américain (…) Un nouvel hommage au cinéma de l’adrénaline et des sensations fortes. (in Le Soir - N.Ce.)
Avertissement : Le réalisme de certaines scènes est susceptible de choquer la sensibilité de certains spectateurs ! |
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People's Choice Award décerné à David Cronenberg au Toronto International Film Festival 2007 |
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comme au cinema - Gaël Le Bellego |
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Qui, mieux que Scorsese, a su associer pègre et cinéma ? Ces familles d’Italo nerveux, un flingue sous le plat de tagliatelles, à fumer du barreau de chaise et tirer la joue au "petit ". Sauf qu’ici, rien à voir : déjà, la mafia russe a remplacé les ritals. On le sait, les Pays de l’Est sont la région croquemitaine du moment. Comme si, depuis la fin de la Guerre Froide, les affreux cocos se répandaient comme un poison dans les veines de l’Occident. Une famille plus atomisée donc, moins friendly, sans foi ni morale, avec une faim de loup des steppes.
Ensuite, Cronenberg, ce n’est pas Scorsese : moins de rondeurs lyriques, mais de l’organique, du disséqué, de la chair nue. Le bébé du film, que l’on ne voit qu’à la fin, est ce lien ombilical, ce cordon, qui relie dans le sang et les (mauvaises) humeurs tous les personnages, bons ou mauvais. Il est le fruit du péché, du vice (du viol), donc de la honte, et pourtant un peu divin enfant (né à Noël comme par hasard). Il force la collision entre deux mondes : celui, mainstream et banal comme une blonde, incarné par Naomi Watts, et celui des criminels, rouges déviants, qui cache leur barbarie derrière un air matois de façade (sublime Armin Mueller-stahl).
C’est avant tout un film sur la notion de ce qui est juste, ne l’est pas, ou ne semble pas l’être
Il fait s’affronter la morale dictée par le devoir (le comportement de Nikolaï / Viggo Mortensen) et l’éthique, guidée par l’amour et le ressentiment (Naomi Watts en pasionaria de la cause orpheline). Un tic-tac qui offre une alternance de scènes rituelles (les tatouages du clan Vori V’Zakone, comme des "Signes d’identité " pour reprendre le titre d’un livre de David Lebreton), et d’élans généreux et bons.
Le film se resserre autour de 4 ou 5 personnages, ce qui, par effet de loupe, permet de mieux juger du talent des acteurs. Notamment des deux "frères " ennemis : Viggo Mortensen, avec son visage en triangle, froid comme un SS, à éteindre sa clope sur sa langue pour faire plus méchant, mélange bien la force et l’ironie ; Vincent Cassel, en pitbull fou et arrosé de vodka ne nuance rien et c’est très bien comme ça. |
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Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=84867.html |
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comme au cinema |
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A History of Violence n’était pas un leurre : Cronenberg est bel et bien redevenu l’auteur unique qu’on adorait dans les années 70-80.
Cédric Delelée (article entier disponible dans Mad Movies n°201, page 27) |
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Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=84867.html |
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rtl info |
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David Cronenberg signe un portrait violent et sensible de la mafia russe
Le réalisateur canadien David Cronenberg dépeint la mafia russe de Londres, avec ses codes d'honneur, sa violence endémique, mais aussi une humanité inattendue dans son nouveau thriller "Eastern Promises", projeté en première au Festival des films de Toronto. Le cinéaste de "La mouche", "Le festin nu", "Crash" et "Une histoire de la violence", ne fait pas dans la dentelle une nouvelle fois avec ce film dont certaines scènes sanglantes risquent de rester longtemps gravées dans la tête des cinéphiles.
"J'essaie à chaque fois de faire un film le plus déprimant possible", plaisantait le cinéaste canadien samedi, lors d'un point de presse, précisant au passage que s'il était lui-même dépressif, il n'aurait pas l'énergie de diriger ses acteurs. "A certains moments, je me suis dit il y a trop d'espoir (dans ce film)", a ajouté, souriant, David Cronenberg, flanqué de ses interprètes.
Dans "Eastern Promises", Naomi Watts incarne une infirmière qui entreprend de retrouver les origines d'un bébé né prématurément suite au décès de sa mère, une adolescente russe réduite à l'esclavage sexuel à Londres. Ses recherches la guident vers un parrain de la mafia russe locale (Armin Mueller-Stahl), qui sous une façade respectable cache un passé insoupçonné, son fils Kirill, interprété par l'acteur français Vincent Cassel et leur chauffeur, joué par Viggo Mortensen.
"Il y a des réalisateurs qui veulent montrer à quel point les gens sont imprévisibles, à quel point la vie est compliquée (...) mais seule une infime minorité y parvient", dit M. Mortensen, vantant le travail de Cronenberg avec qui il a déjà travaillé dans "Une histoire de la violence". Dans "Eastern Promises", pas de gros plans de Big Ben, de pubs, de Hyde Park, ou de jardins anglais, Cronenberg filme le Londres de la rue, celui des immigrants, des guerres de clan, des ramifications souterraines, des cadavres perdus, ou presque, dans la Tamise.
David Cronenberg "présente Londres telle que vous le voyez rarement au cinéma, même dans les films policiers", a souligné Viggo Mortensen, au coeur d'une scène de combat particulièrement sanglante dans un bain public. Dans cet univers où la méfiance est loi, seuls les tatouages témoignent de l'origine d'une personne. Chacun d'eux est un chapitre de l'existence, une preuve de la noblesse de sang, de l'appartenance à un clan.
Un peu comme dans "Le parrain" de Coppola, les personnages de Cronenberg jouent dans un anglais cassé, parsemé d'argot des immigrants. "Ma première préoccupation lorsque j'ai commencé le tournage du film était d'être crédible en tant que Russe parlant l'anglais parce que l'anglais n'est pas ma langue maternelle", a affirmé Vincent Cassel. Ce nouveau cru de Cronenberg doit prendre l'affiche dans une dizaine de jours sur le continent nord-américain, puis prendre la route de l'Europe et notamment de la Russie où le public local devrait être le meilleur juge de l'interprétation de Cassel et Mortensen.
Le Festival international des films de Toronto, le plus important en Amérique du Nord, se poursuit jusqu'au 15 septembre. Contrairement à Cannes, Venise ou Berlin, il n'y a ni compétition ni palmarès ce qui détend l'atmosphère sur place. Après Cronenberg, l'acteur américain devenu réalisateur Sean Penn doit présenter dans les prochains jours son nouveau film "Into the wild", également une des oeuvres les plus attendues cette année dans la métropole canadienne. |
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Source : http://www.rtlinfo.be/news/article/32098 |
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cyberpresse - Sonia Sarfati |
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Eastern Promises: aussi noir que brillant
Si Eastern Promises, ancré dans la veine plus réaliste de l'oeuvre de David Cronenberg, présente, à première vue, des airs de parenté avec A History of Violence - ne serait-ce que par sa tête d'affiche, Viggo Mortensen - il ne faut surtout pas voir là un... parent pauvre de la filmographie "cronenbergienne".
Ce film prend à la gorge dès ses premières images - il y en a une qui, d'ailleurs, se fait trancher là, sous nos yeux - pour ne lâcher prise qu'on bout d'une centaine de minutes brutales... mais pas que brutales. L'humanité des personnages, même parmi les plus méchants, les nuances et la complexité de leur psychologie, les mystères identitaires qui planent sur certains d'entre eux, tout cela permet de dépasser les clichés et mène à des situations inattendues. Des revirements (d)étonnants. Et une finale presque trop... idéale dans contexte aussi tourmenté.
Il faut dire que pour porter ce récit, le réalisateur torontois utilise une distribution sans faille.
L'intrigue se déroule à Londres. Un Londres multiculturel. Celui qui intéresse le scénariste Steve Knight (qui, après Dirty Pretty Things, poursuit ici son exploration des communautés ethniques de sa ville). En scène cette fois-ci, le quartier qui accueille les immigrants russes.
D'abord, dans un hôpital, une sage-femme à moitié russe, Anna (Naomi Watts), tente de sauver une adolescente. En vain. La jeune fille meurt en couches. Dans ses maigres affaires, un journal intime. Écrit dans la langue de Dostoïevski. Pour le traduire, Anna se tourne vers Semyon (Armin Mueller-Stahl), propriétaire d'un restaurant dont elle a trouvé la carte entre les pages du journal.
Aux côtés de cet homme, son fils, Kirill (Vincent Cassel), instable et partagé entre sa jalousie et son amitié (ou peut-être plus) pour le chauffeur de la famille, Nikolai (Viggo Mortensen). Impassible, bien mis, propre de sa personne, ce dernier est tout désigné pour... faire le sale boulot.
Ce qu'ignore Anna, c'est que Semyon, avec ses manières affables, est le chef de la mafia russe. Qui promet du travail à des adolescentes du pays d'origine qui, une fois en terre britannique, deviennent des esclaves sexuelles carburant à la drogue. L'auteure du journal étaient de celles-là.
Bref, rapidement, Anna en sait trop. La toile se resserre autour d'elle alors que les révélations se multiplient, que les masques tombent. Et que le spectateur pénètre dans les arcanes d'une organisation méconnue. Aussi fascinante que mortelle.
Pour dire cette histoire (de violence), David Cronenberg distille les touches d'émotion, les doses savamment entre des scènes d'une férocité et d'un réalisme à couper le souffle. En ce sens, celle du bain turc, où Viggo Mortensen, nu, lutte contre deux assassins vêtus de noir et armé de couteaux, est un moment. Une scène d'anthologie. On peut se mettre la main devant les yeux. David Cronenberg, lui, n'a jamais détourné la caméra. Puissant.
Le réalisateur semble avoir trouvé sa muse en Viggo Mortensen. Et vice-versa. Telle communion est rare. Et elle gagne le reste de la distribution: Naomi Watts donne chaleur et empathie à Anna; Vincent Cassel est formidable dans la peau d'un personnage en voie de rupture; Armin Mueller-Stahl fait un chef de mafia russe aussi attachant que dangereux. Quant à Mortensen, il est aussi efficace dans l'action que dans l'immobilité, aussi éloquent quand il distribue les coups que lorsque, de son seul regard bleu, il scanne lieux et individus.
Et ces trois derniers, l'Américain aux ascendances danoises, le Français et l'Allemand, de s'exprimer dans un anglais cassé au russe. Alors? C'est crédible. En tout cas, aux oreilles francophones ou anglophones. Faudrait demander aux russophones ce qu'elles en pensent. C'est peut-être pour elles un crime de... lèse-tsar. |
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Source : http://www.cyberpresse.ca/article/20070915/CPARTS01/709150629/1043/CPARTS01 |
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radio canada - Michel Coulombe |
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Du sang et du sentiment
On met à peine quelques secondes à comprendre qu'Eastern promises est un film de David Cronenberg. Rapidement on découvre une adolescente enceinte qui tient à peine sur ses jambes. Elle demande de l'aide, car elle perd son sang. Du sang, on en reverra à quelques occasions au cours des cent minutes qui suivront. Ainsi en va-t-il du réalisateur de Crash et de The fly.
"Si l'on tue quelqu'un, il montre la plaie et aussi le sang qui gicle. L'oeil que l'on crève. Les doigts que l'on coupe. Avec une évidente fascination."
Eastern promises est le prolongement direct du précédent film de David Cronenberg, A history of violence. Dans les deux films, la vie d'une famille est perturbée au contact d'une organisation criminelle. A history of violence épousait le point de vue de gens en apparence tout à fait ordinaire. Eastern promises inverse la perspective. Le récit est construit autour de la mafia russe et des codes qui la régissent. Dans le premier film, Viggo Mortensen interprétait un homme au-dessus de tout soupçon. Dans le second, imperturbable, le corps couvert de tatouages, il est à l'emploi d'un chef de clan. Dans les deux cas, son personnage, plus complexe qu'il n'y paraît, porte un lourd secret.
Retour à Londres
David Cronenberg est l'une des figures emblématiques du cinéma canadien. N'empêche, l'action de Spider se passait à Londres. Celle de A history of violence dans l'Indiana. Et Eastern promises marque un retour dans la capitale anglaise. Quant aux premiers rôles, ils sont tenus par des Américains et des Anglais, auxquels s'ajoutent, cette fois, un Français (Vincent Cassel), un Allemand (Armin Mueller-Stahl) et une Irlandaise (Sinéad Cusack). Si l'oeuvre du réalisateur de Eastern promises révèle quoi que ce soit du cinéma canadien, c'est, d'abord, un net problème identitaire.
Au coeur même du film, il y a la voix d'une adolescente immigrée. Au risque de sa vie, elle raconte son histoire. Sa vérité. Tant et si bien que son modeste journal personnel devient un objet très convoité. Certains entendent son cri de détresse, d'autres y voient une menace. Il s'agit là de l'élément le plus touchant de ce film, où la vie et la mort, indissociables, sont les deux faces d'une même pièce.
David Cronenberg signe un film nettement plus abordable, et moins tordu, que Crash, Spider ou Naked lunch. Une oeuvre sombre, réaliste, linéaire, défendue par une solide distribution. En fait, son principal défaut est probablement de marcher sur les traces de A history of violence.
Chose curieuse, tandis que le cinéaste brosse le tableau d'un monde violent, au final, il se montre plutôt sentimental. Mais pouvait-il en aller autrement d'un film dont l'action se passe, essentiellement, autour de Noël et du jour de l'An... |
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Source : http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/cinema/2007/09/14/001-eastern-promises-critique.asp |
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cyberpresse - Sonia Sarfati |
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David Cronenberg : une autre histoire de violence
David Cronenberg est une manière de docteur Jekyll et mister Hyde. Comment, autrement, expliquer que cet homme sympathique, dont les yeux s'accrochent aux vôtres pour raconter avec générosité, expliquer avec profondeur, voix douce et regard allumé, réalise des films qui font aussi peur et sont aussi violents? Mystère.
Et ce mystère-là, le réalisateur d'Eastern Promises, présenté en première mondiale au Festival de Toronto où il a été chaleureusement accueilli, se garde le droit de le préserver. Sourire.
Un peu comme il l'avait fait dans A History of Violence, le cinéaste canadien s'aventure de nouveau, avec son plus récent film, sur un terrain plus classique et réaliste que ceux qu'il a explorés avec Naked Lunch, eXistenZ ou Crash. Auquel il retournera un jour. Peut-être. Peut-être pas. "Vous savez, il y a tous les projets que l'on souhaite faire et, parmi eux, ceux qui parviennent à obtenir le financement pour être faits", indiquait le réalisateur, de passage cette semaine à Montréal.
Ainsi, il met sur le dos d'une coïncidence le fait que ses deux derniers longs métrages aient un air de parenté - d'autant plus qu'ils sont portés par le même acteur, Viggo Mortensen. Parents, d'accord, mais cousins éloignés plutôt que frères. "A History of Violence est une histoire très américaine alors qu'il n'y a pas un seul personnage américain dans Eastern Promises. Mais je vous accorde que les deux feraient un excellent programme double."
C'est d'ailleurs cet aspect multiculturel qui a plu au cinéaste quand il a lu le scénario de Steve Knight (Dirty Pretty Things). "Le film se déroule à Londres, une ville dont le multiculturalisme ressemble à celui de Toronto... et même de Montréal. Contrairement aux États-Unis où les gens s'installent et deviennent Américains, ici, ils peuvent apporter avec eux ce qu'ils sont." Les bonnes choses... comme les moins bonnes.
Campé dans la capitale anglaise, donc, Eastern Promises raconte l'histoire d'une sage-femme (Naomi Watts) qui enquête sur une adolescente morte en couche dont elle trouve le journal intime. Enquête qui l'entraîne dans les arcanes de la mafia russe. La met en présence de son chef (Armin Mueller-Stahl), du fils de ce dernier (Vincent Cassel) et de leur homme à tout faire, incarné par Viggo Mortensen. Lequel semble être devenu l'acteur fétiche de David Cronenberg. "Nous avons beaucoup en commun, de nos idées politiques à notre manière de travailler." Ainsi, avant de commencer le tournage, l'acteur a appris à parler russe et est allé en Russie, dans le village d'où vient son personnage, incognito, afin de se préparer à se glisser dans la peau de Nikolai. Une peau tatouée. Très.
"Les tatouages, explique David Cronenberg, n'avaient pas une grande importance dans les premières versions du scénario, sur lesquelles j'ai beaucoup travaillé. Mais Viggo a découvert qu'ils sont omniprésents dans le monde criminel russe. Ils racontent carrément le parcours de celui qui les porte." D'où l'attrait, pour les membres de l'organisation, des bains trucs. Où ils peuvent "lire" la peau de leurs alliés et adversaires.
Un tel endroit se prête d'ailleurs à une scène mémorable d'Eastern Promises, où Viggo Mortensen affronte deux tueurs vêtus de noir et armés de couteaux. "Il était impossible que, de manière crédible, la serviette attachée autour de ses hanches reste en place pendant cette lutte. Il m'a dit: Je dois tourner nu. C'est la seule discussion que nous avons eue sur le sujet." La sauvagerie est extrême. Pas du tout stylisée. D'un naturel effrayant.
L'acteur avait, d'une part, étudié le passé de son personnage afin de savoir où il avait appris à se battre "parce qu'on ne combat pas de la même manière selon qu'on a été formé par le KGB ou dans la rue", note David Cronenberg. Qui, lui, ne fait jamais de storyboard des combats qu'il va tourner.
"Je construis ces moments de manière très physique. Je me sens comme un sculpteur et, dans une scène comme celle-là, je ne veux rien masquer. La violence, c'est la destruction du corps humain. Je montre donc la destruction du corps humain. Pour faire écho à cette réalité. Sans la romantiser à la manière hollywoodienne."
Le résultat parle de lui-même. Ceux qui ne voudraient pas "l'entendre" n'ont qu'à se mettre les mains devant les yeux. David Cronenberg ne donne pas dans ce genre de compromis. C'est mister Hyde qui tient la caméra.
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Source : http://moncinema.cyberpresse.ca |
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polyscope - Mahdi Khelfaoui |
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Sur une trame assez simple en surface, Eastern Promises, le nouveau film de David Cronenberg, ne ressemble à priori pas à du Cronenberg. À priori seulement car le roi du faux-semblant s’amuse toujours et continue à explorer les méandres du cerveau humain, en usant d’outils qui lui sont chers : la violence et le rapport ambigu à la réalité. Le réalisateur canadien réussit ainsi à faire d’une pierre deux coups : se refaire une santé commerciale (son dernier film, A History of Violence était déjà un relatif succès aux box-office) tout en demeurant fidèle aux thèmes qui font sa marque de fabrique.
Comme dans A History of Violence, les personnages d’Eastern Promises portent sur eux leurs valeurs morales. Le jeu de Cronenberg consiste à créer des nuances en utilisant la mise en scène, les maquillages et les dialogues (affreux accent russe dont sont affublés les maffieux) comme autant d’élément de stigmatisation. En d’autres mots, il est facile de reconnaître au premier coup d’œil qui est le héros et qui est le vilain. C’est la règle d’or du cinéma hollywoodien, mais Cronenberg la pousse à son extrême en jouant sur l’ambiguïté des personnages et en changeant ponctuellement les valeurs qu’ils portent en eux. Cette façon de faire a le mérite de mêler les cartes et d’interroger l’esprit critique du cinéphile habitué à un traitement psychologique de surface et d’un manichéisme infantilisant.
Les quelques scènes d’une violence inouïe qui ponctuent le film nous renvoient aux habituels délires gores du réalisateur : gorges tranchées, membres découpés, yeux perforés. Nous sommes en terrain connu, à la différence près que contrairement à des films comme Shivers ou The Fly, Cronenberg ne se réfugie plus derrière les codes cinématographiques du film fantastique ou d’horreur, mais expose plutôt une violence " réaliste " qui est du coup beaucoup plus dérangeante.
Pas étonnant de constater également que la sexualité présentée dans Eastern Promises soit montrée sous un angle cruel ou " pervers " à l’image de l’homosexualité violemment refoulée de Kirill ou du traitement réservé aux jeunes prostituées. Comme si la sexualité chez Cronenberg ne pouvait être tout bonnement romantique ou simplement répondre à l’esthétique des canons hollywoodiens, mais devait plutôt servir de véhicule nous renvoyant constamment à nos désirs les plus ambigus, nos pulsions et nos contradictions les plus enfouies et les plus sombres. Cronenberg s’attache à produire un cinéma dénué de jugement moral. L’œil de sa caméra est là pour montrer, jamais pour démontrer. À aucun moment du film, la violence n’est condamnée, expliquée ou justifiée. Débarrassé des lourds discours moralisateurs et inutiles que l’on retrouve plus souvent qu’autrement dans le cinéma actuel (voir l’exemple affligeant de The Constant Gardener), le spectateur se voit proposer de vivre le film à travers ses propres sensations et faire par la suite l’effort de réflexion qui le mènera à tirer ses propres conclusions du sujet. C’est aussi à cela que l’on reconnaît les bons réalisateurs.
Finalement, d’un point de vue formel, la réalisation, sobre et économe est supportée par des acteurs évoluant sur la bonne tonalité (mention à Viggo Mortensen). Les décors et l’éclairage contribuent à renforcer l’ambiance lourde et ténébreuse d’un Londres méconnaissable. Bref, un art de la mise en scène simple mais efficace qui représente un peu tout ce qu’on est incapable de faire ici au Québec depuis trente ans. |
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Source : http://www.polyscope.qc.ca/spip.php?article622 |
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voir - Manon Dumais |
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Au Festival international du film de Toronto, nous avons recueilli les propos de Steven Knight, scénariste d'Eastern Promises de David Cronenberg, et des acteurs Viggo Mortensen, Vincent Cassel et Noami Watts.
À quelques jours de sa sortie en salle, plusieurs critiques ont fait grand cas de la violence d'Eastern Promises du réalisateur canadien David Cronenberg, qui semble aller encore plus loin que dans son précédent film, A History of Violence. Lui-même figurant dans une scène mémorable qu'une rumeur laisse croire qu'elle serait peut-être coupée au montage, Viggo Mortensen, qui arborait fièrement son légendaire t-shirt du Canadien lors de la rencontre, a voulu remettre les pendules à l'heure :
"La violence des films de Cronenberg est bien en deçà de ce que l'on voit dans les autres films. Les gens se souviennent peut-être plus de celle-ci, car elle réaliste, physique et sincère. David nous montre que la violence détruit les corps et l'esprit, et entraîne de lourdes conséquences."
À propos de cette fameuse scène où il se bat nu contre deux truands en costards, l'acteur poursuit: "J'avais confiance en David. Comme lui, je voulais que cette scène soit aussi vraie que le reste du film."
Par ailleurs, afin de se préparer pour son rôle de mafieux russe et ainsi apporter plus de réalisme à l'ensemble, Mortensen s'est rendu en Russie pour y rencontrer d'ex-prisonniers qui l'ont aidé à perfectionner son accent russe, ces derniers lui ayant dit qu'il était si rare qu'un acteur n'ait pas l'air ridicule en imitant leur accent. Le bellâtre d'origine danoise s'est même passionné pour les tatouages, allant même jusqu'à en suggérer aux maquilleurs.
"Celui que j'ai dans le dos, explique-t-il,
signifie: "Le plus important, c'est de rester humain". Pour moi, cette phrase traduisait la compassion qu'éprouve mon personnage à un certain moment du récit. Toutefois, les ex-prisonniers m'ont révélé que cela voulait dire de ne pas respecter la police, de faire sa propre loi."
S'étant livré sensiblement aux mêmes recherches que son partenaire, l'acteur français Vincent Cassel, qui ne comprend pas pourquoi on lui fait jouer une fois de plus un Russe, rappelez-vous Birthday Girl, se souvient: "C'est complètement fou en Russie! J'ai l'impression que tout y est possible et que tout se passe maintenant, car on ignore ce qui arrivera demain. J'étais en Russie et je rêvais d'y tourner lorsqu'on m'a dit que David voulait me rencontrer à propos d'un film qui se déroulait dans le milieu de la mafia russe londonienne."
Un ange passe
Dans cet univers sombre, l'Australienne Naomi Watts incarne une sage-femme qui renoue avec ses origines russes grâce à sa rencontre avec un raffiné et redoutable restaurateur interprété par le grand acteur allemand Armin Mueller-Stahl: "Armin est un acteur brillant, un homme gentil et chaleureux qu'on aimerait avoir pour père ou grand-père. Il a des yeux clairs et perçants et c'est ce qui le rend aussi impressionnant."
Avant le tournage, la blonde actrice, qui a dû apprendre à conduire une moto, s'est plongée dans l'étude du trafic humain en plus de rencontrer des sages-femmes. Pourtant, c'est un heureux événement qui a transformé sa façon d'aborder son personnage: "J'ai appris que j'étais enceinte la troisième semaine de tournage. Cela faisait assez longtemps que je voulais un enfant, je crois donc que j'avais l'instinct maternel dès le départ, mais le fait que j'allais devenir mère m'a aidée beaucoup à jouer mon personnage. Je suis sûre que si je devais jouer aujourd'hui dans 21 Grams, je ne le ferais pas de la même façon."
Inspirés de faits réels
Scénariste de Dirty Pretty Things de Stephen Frears, l'Anglais Steve Knight a fait des recherches auprès du FBI et avoue s'être inspiré de gangsters new-yorkais pour créer les personnages d'Eastern Promises: "C'est ainsi que j'ai rencontré un restaurateur qui trempait dans la mafia russe, mais qui ne correspondait pas aux clichés habituels. Celui-ci, par exemple, lisait Pouchkine."
Par la suite, la première rencontre entre l'auteur et le réalisateur a été de courte durée. "David donne beaucoup de liberté, il pointe les problèmes, mais n'impose pas ses solutions. La rédaction s'est donc déroulée très vite. Dès le départ, il avait noté des problèmes avec la fin du récit. Nous ne voulions pas d'une fin conventionnelle. Nous souhaitions illustrer la vie de banlieue, l'entre-deux-mondes et la vie de mafieux. Grâce au personnage de la sage-femme, les personnages se rencontrent et se séparent... et peut-être se reverront-ils un jour..." conclut le scénariste. |
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Source : http://www.voir.ca/cinema/cinema.aspx?iIDArticle=53440 |
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comme au cinema |
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Entretien Avec David Cronenberg
Est-ce une direction nouvelle ? Deux films de suite avec Viggo... Deux thrillers ? Est-ce une nouvelle tendance ? Je sais que vous allez dire non ...
Pas du tout ! Ce film aussi est assez étrange. Il y a beaucoup de choses sur le langage et l’utilisation du langage... C’est presque un accident que ce soit un thriller, même si j’espère qu’il aura le même succès que A History Of Violence. Mais sa tonalité est très différente.
Une fois de plus des personnalités duelles !
Ce qui distingue Nikolaï du héros précédent, c’est qu’il joue un voyou à l’accent russe très marqué. Il n’est plus question de Tom ou Joey comme dans A History Of Violence. Nikolaï est une créature exotique. Viggo, et son personnage, est un acteur. Il se montre très drôle, mais en même temps c’est un prédateur dangereux. Il peut d’ailleurs se montrer aussi effrayant ou aussi drôle devant la caméra ou dans la vie. A un certain moment, il dit de ses tatouages «Ce ne sont que des marques sur la peau». Mais nous savons bien qu’il n’en est rien. Ces marques s’inscrivent jusque dans le cœur. Il a altéré son corps aussi sûrement que s’il avait subi une opération de chirurgie plastique. On en a parlé sur le Net : un soir, il est entré dans un pub ; il y avait un couple de Russes au bar, près de lui. Soudain, ils ont arrêté de parler et il a vu qu’ils regardaient les tatouages sur ses doigts avec un regard horrifié. Ils se sont levés aussitôt et ont quitté le bar ! Ce n’est pas un acteur de la «méthode», mais il fait beaucoup de recherches dans ce genre.
J’ai lu les deux tomes de Russian Criminal Tatoos. C’est effrayant ce que cela révèle sur la cruauté du système en Russie !
Ces tatouages sont comme une langue pure que les anciens veulent conserver, mais elle est terrible. En découvrant ces livres, on est entré dans l’univers de ces tatouages beaucoup plus profondément que dans le scénario original. C’est comme un passeport, en prison. Pour ce qui est de la famille, on a un peu inventé, mais en partant de ce que nous savions des vori v’zakone. Cela veut dire «voleurs dans la loi», on n’entre dans la famille que parce que l’on est un voleur. Il faut être des frères en-dehors de la société. C’est quelque chose qui est né dans le goulag, avant même Staline. Au départ, les vori n’avaient pas le droit de posséder quoi que ce soit, ce qui les distinguent de la mafia sicilienne. Le vrai code était : pas de famille (ta mère est une putain), pas de travail, on ne paye pas d’impôts, on ne travaille jamais pour le gouvernement. Ils s’exilaient volontairement de leur propre société. C’est cet exil volontaire qui se transforme en code, en morale, et c’est ce qui leur donne une identité. Nous avons exporté tout cela à Londres où tout change, tout subit une mutation.
Mais même une famille criminelle reste une famille ...
Bien sûr... Il y a même un problème de succession entre le père et les fils. Il y a une rivalité entre les deux fils, l’un étant biologique, l’autre «adopté». Et il y a une autre famille, celle d’Anna. Dans les deux familles, il y a de l’amour et de la haine, de l’envie et de la jalousie. C’est assez shakespearien. Steve Knight, le scénariste, s’intéresse beaucoup aux cultures marginales, étrangères... Aux USA, il y a le melting pot : on cherche à donner aux gens une identité nationale. Au Canada, on a plutôt tendance à les laisser se fondre dans leurs communautés d’origine.
Ce qui est étrange, c’est que vous êtes devenu une sorte de référence absolue pour les acteurs. Tout le monde rêve de tourner avec vous. C’est étrange parce qu’au début de votre carrière vous aviez la réputation de ne pas aimer les acteurs.
C’est d’autant plus étrange que je n’ai jamais détesté les acteurs. Mais quand on est un jeune cinéaste, avec un budget minuscule, et qu’on a quinze jours pour tourner un long- métrage avec des accidents de voiture et des effets spéciaux, on est très fragile. Les acteurs, dans ce contexte, deviennent presque des «obstacles» ; d’une certaine façon on a envie qu’ils ne soient que des pions qu’on déplace sur un échiquier, parce qu’on n’a pas le temps, et en même temps, on a envie qu’ils soient parfaits, qu’ils vous donnent tout ce que vous avez rêvé. Pour qu’un acteur donne tout ce qu’il a à donner, il faut du temps, beaucoup de temps... s’ils ont une bonne idée, il va falloir changer quelque chose, l’angle de la caméra, la lumière... Et quand on n’a pas le temps, il faut trouver un équilibre boiteux. Donc, quand j’étais débutant, j’avais parfois l’impression qu’ils étaient des éléphants dans mon magasin de porcelaine ...
Ce que j’ai appris, avec le temps, c’est qu’on peut avouer cela à ses acteurs. Je ne voulais pas révéler mes faiblesses. J’avais un peu honte de ça. Quand on a une heure pour tourner une scène et que l’on doit ensuite filmer un accident, puis tuer le flic, on a la tentation de dire à l’acteur : «Reste juste assis et lis ta réplique !» Et si l’acteur dit : «Je devrais peut- être aller à la fenêtre...» on est tenté de lui répondre : «Non, on n’a pas le temps de changer la lumière». Mais je ne le disais jamais. Je trouvais des moyens de les manipuler. Plus tard, j’ai découvert que je pouvais leur dire la vérité, que je n’avais pas le temps, qu’il fallait qu’on réfléchisse pour rendre la scène intéressante. Ça a été un grand changement. Mais en fait c’est arrivé assez vite. Dès mon deuxième film, en fait. C’était plutôt lié au «genre». Je faisais des films d’horreur à petit budget. Et les fans de ce genre aiment les acteurs qui jouent mal. Ça leur plaît.
Peu de gens réalisent à quel point le casting est essentiel pour faire un film. Des gens me disent : «Oh, tu as Viggo et Naomi sur ton film ! Qui les a choisis ?» Comme si je n’intervenais pas dans le choix des acteurs ! Plus on investit dans le casting, plus le film deviendra élégant, plus il prendra de signification, meilleur il sera. Même si je défendrai toujours les acteurs de mes premiers films, je crois que c’est The Dead Zone, avec Christopher Walken, qui a marqué un tournant. On a dit que c’était l’un de ses meilleurs rôles, la meilleure adaptation d’un roman de Stephen King (c’est lui qui le dit, bien sûr), et c’est là qu’on a commencé à me considérer comme un bon directeur d’acteurs.
Tous vos acteurs, sur ce film, m’ont dit à peu près la même chose : "Il sait où il va, il sait ce qu’il fait."
Mais moi aussi j’entends dire ça par beaucoup d’acteurs ! J’ai entendu dire que beaucoup de metteurs en scène tournaient énormément en espérant que, par miracle, tout allait prendre forme au montage. Je crois que le travail de base d’un cinéaste, c’est de savoir ce qu’il veut faire et de le faire ! J’ai beaucoup de collaborateurs avec qui je travaille depuis longtemps, j’aime ça. Mais quand je vois quelque chose de bien, je sais que c’est bien. Je n’ai pas besoin de multiplier les prises. Je le dis aux acteurs, et ils apprécient. Les acteurs doivent être dirigés, et ils adorent ça. J’ai entendu parler de metteurs en scène qui ne regardent que leur story-board et jamais leurs acteurs ...
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Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=84867-note-43188.html |
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