Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
Après la comédie douce amère « Les Convoyeurs attendent » et le drame psychologique "L'autre", Benoît Mariage signe ici son troisième long métrage. Ancien militant de gauche, devenu journaliste d'une émission télévisée de sécurité routière, Daniel Piron (Benoît Poelvoorde) a – du moins le croit-il – une idée de génie pour un film. Son ambition est que ce film le revalorise à ses yeux, aux yeux de sa femme (Julie Depardieu), de la société, bref, aux yeux du monde entier. Et ainsi, il serait enfin heureux. Mais hélas pour lui, le tournage du film en question ne se passe absolument pas comme prévu et tourne à la catastrophe comico-tragique. C'est le naufrage total. Mais paradoxalement, cet échec l'amène à la plus belle des rencontres : celle avec lui-même.
cinergie - Matthieu Reynaert
Quatre ans après l’accueil mitigé réservé à L’Autre, Benoît Mariage est de retour, avec son comédien des Convoyeurs attendent (1999), Benoît Poelvoorde, devenu depuis une véritable star. Enfants de la région, les deux Benoît ont fait l’événement à l’ouverture du festival de Namur, où leur Cowboy a, enfin, été dévoilé. Enfin, car on sait que le tournage et le montage ont été longs et tortueux. Alors, l’attente en valait-elle la peine ?
Si, aux premiers abords, Cowboy paraît s’inscrire dans la lignée des Convoyeurs…, il ne tarde pas à affirmer son identité. Un aspect patchwork, sans doute dû à l’abondance de matériel d’un film qui s’est longtemps cherché. Cependant, alors que le récit avait tendance à se déliter dans les Convoyeurs…, ici la formule fonctionne parfaitement. Le récit en trois actes classique est petit à petit délaissé pour une exploration plus atypique des tourments de son personnage principal, Daniel Piron.
Piron, c’est bien sûr Poelvoorde. Journaliste télé frustré d’être réduit à la présentation de Airbag, une capsule sur la sécurité routière dont le tournage est l’occasion de scènes comiques d’anthologie - pour nous spectateurs ! Ancien militant de gauche qui s’encroûte, Piron décide alors de réaliser un documentaire. Son sujet est décalqué sur un fait réel, la prise d’otage en 1980 d’un bus scolaire par Michel Strée. Il veut donc réunir le preneur d’otage, rebaptisé Sacchi (Gilbert Melki), et ses victimes, presque trente ans plus tard. Mais Piron ira de déconvenues en déconvenues. Non seulement Sacchi est devenu un gigolo et son producteur (Bouli Lanners) lui colle un cameraman incapable (François Damiens), mais surtout, il découvre qu’il n’a pas l’étoffe nécessaire à son projet. Tout se délite et Piron est tenté de manipuler les faits pour parvenir à ses fins.
On retrouve alors les questions qui agitent Benoît Mariage documentariste (notamment pour feu Striptease). Un axe méta-filmique qui ne devra pas rebuter ceux qui ne font pas partie “du milieu”, car c’est d’abord un itinéraire humain que l’on suit. On retrouve d’ailleurs l’amour immodéré de Mariage pour les “petites gens” et pour la beauté triste qui se dégage du quotidien. Une vision que Piron aura fort à faire pour découvrir. Il se croyait encore militant, mais il révèle bientôt son mépris pour ceux qu’il filme. C’est là le deuxième axe thématique du film. Il n’est certainement pas exagéré de le qualifier de film de gauche. Mariage véhicule, par contraste et c’est la bonne idée, des valeurs d’entraide et de tolérance, et nous met parfois violemment en face de nos contradictions (alors que Poelvoorde et Lanners ont une discussion enflammée, Poelvoorde refuse de donner une pièce à l’enfant qui vient laver ses carreaux au carrefour). Un engagement intelligent et un rien désabusé. La magnifique scène finale, au son de “Non, non, rien n’a changé” des Poppies, garantit de tirer une larme à tous ceux qui ont cru, ou croient encore, changer la vie.
Le film réussit le pari de s’installer dans les éclats de rire les plus francs et de se clôturer dans une émotion sincère. Pour balayer ce spectre, Mariage peut faire confiance au talent de Benoît Poelvoorde, qui livre sa composition la plus subtile (plus complexe que dans Entre ses mains) et nous rappelle qu’il est un grand acteur. Même François Damiens (alias Didier l’Embrouille), nous surprend sur la longueur d’un rôle qui semble, au départ, très caricatural (comme dans Dikkenek). Citons encore Julie Depardieu, qui reforme le temps de quelques scènes le couple créé avec Poelvoorde dans Podium.
Truffé de références belgo-belges (valses des accents, souvenirs de la Marche Blanche, caméo hilarant d’Olivier Gourmet), le film laisse aussi sa chance à un jeune musicien wallon, Saule (du groupe Saule et les Pleureurs) qui, pour sa première bande originale de film, s’en tire avec les honneurs. Par ailleurs, Mariage n’a pas son pareil, comme dans les Convoyeurs…, pour construire de temps en temps, des cadres d’une grande beauté formelle et des images très poétiques, tandis que sa caméra scrute, elle sans pitié, les imperfections des peaux et des visages de ses protagonistes.
Bref, drôle, émouvant, plastique et politique, Cowboy a tout pour plaire. Gageons que le public sera au rendez-vous d’une production certes atypique, mais qui fait honneur à notre cinématographie nationale. Verdict prévu en fin d’année.
Premier regard sur le film tant attendu de Benoît Mariage avec un Benoît Poelvoorde bouleversant.
Un cow-boy au pays des Indiens ! Il n'y a peut-être pas de hasard. Si on a annoncé en fanfare que le film tant attendu de Benoît Mariage ferait l'ouverture du Festival de Namur le 28 septembre, ce même Cow-boy, qui sortira en salle en décembre, se livre en ce moment aux premiers regards publics à mille miles du Vieux Continent. Retenu parmi la flopée de films présentés au Festival des films du monde de Montréal, le film du Namurois, porté par un autre Namurois célèbre, Benoît Poelvoorde, va sans doute surprendre, émouvoir, faire rire, dérouter, interpeller, faire craquer outre-Atlantique. Car cette œuvre profondément personnelle, qui nous embarque dans une reconstitution de prise d'otages façon « Strip-tease », pour mieux nous cueillir avec des questions existentielles touchant l'intime et le cinéma, est à l'image de son auteur et de son interprète principal, deux quadras qui s'interrogent sur le sens de leur vie. Fragile, en doute, hésitant, confus, fou, désarmant et bouleversant.
Tout perdre pour retrouver l'essentiel
L'histoire s'inspire d'un fait divers réel. En 1980, le jeune Michel Strée détournait un bus scolaire de Vielsalm vers Bruxelles dans le but d'obtenir la parole sur les antennes de la RTBF, afin d'attirer l'attention sur les inégalités sociales du pays. Mais ne vous y méprenez pas, l'aventure de Strée, interprété avec bagout par Gilbert Melki, n'est que prétexte pour évoquer les rêves trahis, les idéaux oubliés. Comme si après s'être consacré à « l'autre », Benoît Mariage disait l'importance et la difficulté de s'écouter. D'écouter celui qu'on a été pour être fier de ce qu'on est. Car la fin ne justifie jamais les moyens.
Doit-on tout perdre pour retrouver l'essentiel ? Sur un ton tragi-comique, le cinéaste belge tente une réponse en filmant le naufrage total d'un homme qui n'imagine pas que l'échec peut être salutaire, qui croit qu'il faut briller pour être aimé et qui n'a pas encore compris que la reconnaissance du monde ne vaut en rien celle de ceux qu'on aime.
Cow-boy, nourri de beaux seconds rôles (Bouli Lanners, François L'Embrouille, Olivier Gourmet ) est donc un film de retrouvailles. Entre Mariage et Poelvoorde, complices depuis Le signaleur il y a dix ans. Entre Benoît Poelvoorde et Julie Depardieu, déjà mari et femme dans Podium. D'ailleurs, dans la première partie du film, on dirait que Poelvoorde n'a pas quitté le costume du pathétique Bernard Frédéric, obsédé lui aussi par le devant de la scène. C'est peut-être pour ça qu'on osera dire que Cow-boy peut également être le film des retrouvailles entre Benoît Poelvoorde et Poelvoorde Benoît qui trouve en ce personnage de journaliste has been, cherchant à revenir en filmant les protagonistes d'une prise d'otages 25 ans après, l'expression de ses propres doutes et dérives.
Souvent, l'acteur a confié que Mariage était le cinéaste qui le connaissait le mieux et que c'est avec lui qu'il irait loin. Avec Cow-boy, et surtout dans la scène finale où la caméra saisit toutes les nuances de son visage isolé au milieu d'une chorale, on sait qu'il touche là un état de grâce rare et difficile. Bien au-delà des Convoyeurs attendent. Car jaillit soudain une bouleversante fragilité, une incroyable humanité. Comme si, soudain, l'acteur laissait tomber tous les masques du pitre génial qu'il est – dans ce registre, on l'attend dans Astérix – pour faire paraître l'humain terriblement humain qui, contrairement au cow-boy des westerns de John Ford, ne s'en va pas solitaire. Même Anne Fontaine n'avait pas obtenu ça dans Entre ses mains ! Bravo Benoît ! Les deux, évidemment. Rendez-vous à Namur.
Après le court-métrage "Le signaleur" sélectionné à la Semaine de la Critique et "Les Convoyeurs attendent", Benoît Mariage retrouve son complice et ami Benoît Poelvoorde pour la troisième fois. L'on retrouve également une belle brochette de complices de toujours avec Bouli Lanners, Philppe Bourgueil et la délicieuse Julie Depardieu (Podium).
Avec le soutien de la CF
Soutenu par la Communauté Française pour 620000 euros, le film Cowboy est une production de K2 avec K-Star. Le film sera emmené sur les écrans belges par Belga Film en octobre 2006.
D'une histoire vraie !
L'histoire s'inspire directement d'un fait divers réel qui s'est déroulé en Belgique. En 1980, Michel Strée détournait un bus à Vielsam avec deux complices et forçait le chauffeur à prendre la route de Bruxelles. Sur le parking de la RTBF, il tire plusieurs coups de feu en direction des cameramen et photographes. Ils sont finalement maîtrisés dans mes couloirs de la RTBF sans que cela ne fasse des victimes. aujourd'hui, Michel Strée vit entouré d'oiseaux qu'il prépare à leur remise en liberté.
Festival International du Film Francophone de Namur ( Fiff): COW-BOY en tête d'affiche
Le 22ème Festival International du Film Francophone de Namur se déroulera du 28 septembre au 5 octobre 2007. C'est le très attendu nouveau film du cinéaste namurois Benoît Mariage, "Cow-Boy", qui ouvrira les festivités ! Après la comédie douce amère "Les Convoyeurs attendent" et le drame psychologique "L'autre", Benoît Mariage signe ici son troisième long métrage. Il y retrouve ses fidèles complices : Benoît Poelvoorde dans le rôle principal et Dominique Janne à la production.
Ancien militant de gauche devenu journaliste d'une émission télévisée de sécurité routière, Daniel Piron (Benoît Poelvoorde) a – du moins le croit-il – une idée de génie pour un film. Son ambition est que ce film le revalorise à ses yeux, aux yeux de sa femme (Julie Depardieu), de la société, bref, aux yeux du monde entier. Et ainsi, il serait enfin heureux. Mais hélas pour lui, le tournage du film en question ne se passe absolument pas comme prévu et tourne à la catastrophe comico-tragique. C'est le naufrage total. Mais paradoxalement, cet échec l'amène à la plus belle des rencontres : celle avec lui-même.
"Après 'L'autre', raconte Benoît Mariage, j'avais envie de légèreté, d'une douce ironie. Et rire de ce qu'on aime, c'est l'aimer deux fois plus. J'avais surtout envie de parler de mon expérience d'homme de quarante ans, du difficile accès à son intimité, de sa frilosité face à la paternité, de son besoin viscéral de reconnaissance, plus généralement de ces peurs qui génèrent souvent un comportement immature."
Autour de Benoît Poelvoorde, le film réunit Gilbert Melki, François Damiens, Julie Depardieu, Bouli Lanners et Jean-Marie Barbier, avec la participation de Philippe Nahon et Olivier Gourmet. La production est assurée par K2, K-Star, UGC Images, avec l'aide de la Communauté française de Belgique, de la RTBF, RTL-TVI, Belga Films, Scope Invest, la Région Wallonne et Wallimage.
Le tournage au fil du temps ...
C'est à Charleroi qu'a débuté le tournage du film de Benoit Mariage dans lequel Ben interprête le rôle de Daniel Piron, journaliste en pleine crise existentielle qui anime des émissions sur la sécurité routière. Lors de l'une d'elle, il rencontre Sacchi. Ce dernier avait, 25 ans auparavant, détourné un car scolaire ... de quoi inspirer notre journaliste !
Pour l'occasion, un dispositif important a été mis sur pied et le sortie R9 ( sortie expo) était bloquée pour le tournage. Les services de police de Charleroi ont été réquisitionnés pour reconstituer un contrôle routier de police. Le tournage aura en grande partie lieu sur le parking de la rue de l'Ancre.
Le Vif/L'Express a reçu longuement Benoît Poelvoorde. En grande forme après une "crise de la quarantaine", l'acteur a commenté l'actualité, a invité le chanteur Saule et évoqué son nouveau film Cow-boy, de Benoît Mariage.
Admettons-le : il est rare qu'un rédacteur en chef fasse l'unanimité au sein de sa rédaction. C'est pourtant arrivé - près de chez vous ! - cette semaine au Vif/L'Express. La venue de Benoît Poelvoorde, à qui, exceptionnellement, nous avons demandé de prendre les rênes du magazine, a été rendue possible à l'occasion de la présentation de son nouveau film, Cow-Boy , qui fera l'ouverture du Festival de Namur, ce vendredi. Un film où Benoît Poelvoorde excelle dans le rôle d'un homme en pleine crise de la quarantaine, qui jette un regard désabusé, mais revanchard sur les échecs qui ont marqué la première moitié de sa vie.
Pourquoi lui ? Il faut bien en convenir : pour les médias, Benoît Poelvoorde est ce que l'on appelle familièrement « un bon client ». Un homme aux antipodes du système GPS, qui emmène ses interlocuteurs précisément là où ils ne comptaient pas aller. Jamais à court d'idées, même s'il répugne à commenter certains faits de l'actualité « qu'il ne connaît pas suffisamment ». Jamais avare non plus du bon mot qui fait mouche. Son langage très direct, parfois très cru, souvent décalé, mais toujours pertinent, a fait régner dans la rédaction une ambiance qu'elle n'avait jamais connue auparavant.
Un homme qui a autant de talents - il dessine également - et qui dévore deux à trois livres par semaine est forcément ouvert sur le monde et a plein de choses à nous dire. Certes, parfois, les chemins empruntés par Benoît Poelvoorde sont fort tortueux. Un exem-ple ? Vous lui parlez de la problématique de la mobilité... Il vous raconte, hilare, qu'il a pris récemment en stop un étudiant « black » qui prétendait être l'ancien recteur de l'UCL et l'ex-petit ami de Catherine Zeta-Jones... Ça ne peut arriver qu'à lui !
"Ah! Ces ministres rougeauds de la Communauté française qui défilent chaque année à Cannes pour y dévaliser les fûts de bière"
Mais, derrière ce qui peut apparaître comme un « show permanent », c'est surtout le caractère profondément humain et l'accueil qu'il réserve à chacun qui interpellent. Comme le dit joliment Michel Strée - dont l'histoire a inspiré le scénariste de Cow-Boy -, Benoît Poelvoorde est « un être profond, sensible, écorché, attachant ». Ses coups de gueule sont rafraîchissants. Contre le venin séparatiste qui s'insinue sournoisement à tous les étages. Contre le show-biz qui, très souvent, perd la boule et gonfle les ego. Contre les ministres rougeauds de la Communauté française qui défilent chaque année à Cannes pour y dévaliser les fûts de bière...
Ses coups de c£ur, eux, nous ramènent en permanence - et parfois de manière obsessionnelle - à l'humain. En regardant les ombres qui l'entourent, en écoutant certains de ses silences, on devine que les fêlures et les fragilités n'ont pas été absentes de sa vie, en particulier ces derniers temps. Mais Benoît Poelvoorde arrive - comme il le dit lui-même - à un âge où il a envie de se battre pour ce en quoi il croit profondément, à commencer par le film, très touchant, de son ami Benoît Mariage. Sa trajectoire fait encore monter l'impatience de le voir passer, un jour, de l'autre côté de la caméra. Cela ne saurait tarder...
Pour les besoins du film Cow Boy, dont le tournage vient tout juste de débuter à Charleroi en Belgique, l'acteur Benoît Poelvoorde s'est mis dans la peau d'un journaliste. Cow Boy n'est donc pas un western mais une comédie dramatique. Le film, réalisé par Benoît Mariage (Les Convoyeurs Attendent) et produit par K-Star pour 7,8 millions d'euros, raconte l'histoire de Daniel, journaliste en pleine crise existentielle qui anime des émissions sur la sécurité routière. C'est là qu'il rencontre Sacchi, qui avait détourné un car scolaire 25 ans auparavant... de quoi inspirer Daniel !
Pendant les huit semaines de tournage en Belgique, Poelvoorde sera entouré de Julie Depardieu, déjà présente aux côtés de l'acteur dans Podium, et Gilbert Melki, qui interprètera le mystérieux Sacchi.
Par ailleurs, l'actualité de Benoît Poelvoorde est très chargée. En effet, il est annoncé dans pas moins de trois autres projets : Selon Charlie (sortie le 11 janvier 2006), Du Jour Au Lendemain, mais surtout le très attendu troisième volet des aventures de nos Gaulois préférés. Dans Astérix Aux Jeux Olympiques, Poelvoorde jouera le rôle de Brutus, le fils de Jules César/Alain Delon. Il n'est donc pas près de disparaître de nos écrans.
Ce n'est pas un saloon, mais, accoudé au bar, Benoît Poelvoorde attend sa Duvel. Chez lui, c'est à côté de sa Duvel. Alors Poelvoorde est doublement chez lui, à Namur, où le festival du film francophone projette en gala d'ouverture "Cow-boy", le film des deux Benoît, des deux Namurois : Mariage et Poelvoorde.
Trois salles ont été réservées, c'est dire l'impatience des Namurois pour ce long métrage dont la graine trouve son origine dans un fait divers qui a marqué l'inconscient collectif. En 1980, à Vielsalm, un jeune homme détourne un bus scolaire dans le but de dénoncer les injustices sociales au micro de la RTB. Vingt-cinq ans, plus tard, un journaliste (Piron/Poelvoorde) imagine de retrouver l'idéaliste, ses otages et d'embarquer tout le monde dans le car originel pour y tourner un documentaire sur leurs retrouvailles. Pour Benoît Mariage, c'est l'occasion de se frotter à l'exercice imposé du cinéaste, le film dans le film, en forme d'autocritique savoureuse sur la fabrication du documentaire. Pour Benoît Poelvoorde, c'est oser le grand écart, de la comédie à la tragédie, du rire à l'émotion. Costume noir, chemise blanche, fine cravate, Benoît Poelvoorde qu'on disait déprimé, n'a rien d'un poor lonesome... cow-boy. Il tient au contraire la forme des grands jours.
C'est l'idée de présenter le film à Namur qui vous met dans cet état ?
A Namur, il y a un stress très différent. C'est plus dur pour moi, j'ai peur de décevoir. Dans d'autres pays, si les gens n'aiment pas, je ne les croiserai pas dans la rue. Ici, oui. Je préférais même que la ville ne sache pas que le film existe, que Namur puisse rester une zone neutre, agréable.
Il faut dire que cette ouverture ressemble pour vous à la ligne de départ d'un sacré marathon. Après "Cow-boy", il y aura "Les deux mondes", "Astérix aux Jeux olympiques", "Les randonneurs à SaintTropez".
Un marathon, on peut le dire. Je suis allé à Paris, il y a deux jours, je suis passé chez Pathé, chez UGC, on m'a présenté mon planning.... Je n'irai pas partout, j'ai trop la trouille des voyages mais quand j'aime un film, je le défends. Et "Cow-boy", je l'adore, je le défendrai à cor et à cri.
Parce qu'on y découvre un Poelvoorde authentique.
Benoît Mariage m'a amené dans l'état du personnage, il m'a fait lâcher prise. Comme on a déjà tourné ensemble, qu'on est voisins, qu'on est très amis, il y a beaucoup de confiance dans nos rapports. Je me suis totalement laissé porter, je ne me rendais pas compte de ce que je faisais, car je suis très premier degré. En découvrant le film, deux ans après l'avoir tourné, il m'a bouleversé car Benoît m'a filmé de près avec l'amour d'un réalisateur.
Et la confiance. On ne vous avait jamais demandé pareil grand écart, de la comédie pure à une profonde tristesse.
Oui, et entre les deux, le personnage fait un immense trajet à l'intérieur de lui-même. En tournant le film, je ne me suis pas du tout identifié à Daniel Piron et à ses échecs. Je l'ai joué au premier degré. C'est après que je me suis rendu compte que le film parlait de moi, parlait de Benoît aussi. C'est très troublant. Dans la scène du repas, tout à la fin du film, quand tout le monde parle autour de moi, je suis surpris par mon regard, je ne le connaissais pas. C'est incroyable, car c'est inconsciemment que j'ai lâché prise.
Après "Entre ses mains", j'ai entendu beaucoup de commentaires du genre "Enfin, il peut faire autre chose que le clown". Mais je gardais un certain contrôle. Dans le film de Benoît, c'est naturel. Et il m'a fallu une heure pour me remettre après la projo, car le film me parle personnellement. C'est pour cela que je dis que c'est ce que j'ai fait de mieux, car il rejoint ma vie. C'est nouveau pour moi. Plus j'avance et plus j'aspire à faire du cinéma comme cela. Je me fous un peu que les choses soient bien ficelées, bien montées. Ce qui est important, c'est de savoir filmer l'être humain de près, avec bienveillance, avec charité. Il y a quelque chose d'organique dans le cinéma. Ce ne sont pas que des phrases et des images, ce sont des idées, des sentiments, des sensations. Je suis plus attiré par cela maintenant, c'est pourquoi j'aime tellement les films de Gus Van Sant. Plus je vieillis, plus j'ai envie de faire des films comme cela.
Mais on ne vous les propose pas.
Non, en France, je suis rangé parmi les acteurs qui font des "coups". On ne me propose pas des rôles où je peux jouer un homme dans sa détresse, dans sa solitude, dans ses errements. Et cela n'empêche pas de rigoler un peu. C'est ce que Benoît Mariage réussit très très bien. Bien sûr, "Cow-Boy" est tragique, mais on en rit. Et c'est formidable à jouer.
"Cow-boy", c'est aussi l'histoire d'un homme confronté à son idéal.D'une certaine façon, la manière de travailler du cinéma belge est idéale. On travaille dans une liberté absolue car on ne s'embarrasse pas de hiérarchie parasite. On fonctionne en groupe, pas en individu. En France, ce n'est pas possible. Les acteurs mangent à une table, l'équipe technique à une autre. Un ingénieur du son ne donnera pas son avis. Nous, on discute, on remet en question des scènes, on réécrit sur le coup, on cherche. Cela a été dur pour moi de faire les trois autres films après.
"Cow-boy" est un voyage intérieur mais aussi de Vielsalm à la Mer du Nord, à travers la Belgique. Pensez-vous qu'elle en a encore pour longtemps ?Je le souhaite. Je ne pense pas qu'il faille dramatiser. Je ne suis pas informé ou qualifié pour en parler, mais d'un point de vue de citoyen, j'ai passé mes vacances d''nfant avec des Flamands. Je pense qu'on ne comprend plus ce que nos représentants disent et on laisse la place à ceux qui simplifient. Montrer un drapeau belge qui brûle, c'est sensationnel mais cela ne flatte pas l'intelligence. Diviser le pays n'a aucun sens mais si c'est pour se rattacher, rattachons-nous au Luxembourg. S'ils ne sont pas d'accord, cela ne prendra qu'une petite semaine pour les envahir. ( rires)