Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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The Golden Age
 Projection le jeudi 13 décembre 2007
The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
 Projection le jeudi 20 décembre 2007
Les Animaux amoureux
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 Projection le jeudi 17 janvier 2008
No Country for Old Men
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 Projection le jeudi 31 janvier 2008
In the Valley of Elah
 Projection le jeudi 21 février 2008
Paranoid Park
 Projection le jeudi 28 février 2008
Auf der anderen Seite
 Projection le jeudi 6 mars 2008
La graine et le mulet
 Projection le jeudi 13 mars 2008
The Darjeeling Limited
 Projection le Jeudi 20 mars 2008
Il y a longtemps que je t'aime
 Projection le Jeudi 10 avril 2008
Leatherheads
 Projection le Jeudi 17 avril 2008
The Mark Of Cain
 Projection le Jeudi 24 avril 2008
Se jie (Lust Caution)
 Projection le jeudi 08 Mai 2008
Le Grand Alibi
 Projection le Jeudi 15 mai 2008
Shine a light
 Projection le Jeudi 22 mai 2008
There will be blood
 Projection le Jeudi 29 mai 2008
It's a free world
 Projection le Jeudi 5 juin 2008
Into the wild
 Projection le Jeudi 12 juin 2008
Grace is gone
 Projection le Jeudi 19 juin 2008
La visite de la fanfare
 Projection le Jeudi 26 juin 2008
Deux jours à tuer
 
 
 
The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford réalisé par Andrew Dominik
   
Titre original The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
Titre français L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford
Réalisation Andrew Dominik
Scénario Andrew Dominik
D'après l'oeuvre de Ron Hansen
Interprétation Brad Pitt (Jesse James), Mary-Louise Parker (Zee James), Brooklynn Proulx (Mary James), Dustin Bollinger (Tim James), Casey Affleck (Robert Ford), Sam Rockwell (Charley Ford), Jeremy Renner, (Wood Hite), Sam Shepard (Frank James), Garret Dillahunt (Ed Miller), Paul Schneider (Dick Liddil), Joel McNichol (Express Messenger), ...
Musique Nick Cave & Warren Ellis
Photographie Roger Deakins
Pays U.S.A.
Année 2007
Durée 2h 40min.
Genre Western, Drame
Production Jules Daly, Dede Gardner, Brad Pitt, Ridley Scott & David Valdes
Site officiel anglophone
 Site officiel francophone
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le Jeudi 13 décembre 2007
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 14h (Sans présentation)
  • 17h (avec présentation)
  • 20h (avec présentation)
 
 

Adaptation du livre homonyme de Ron Hansen

Après le western crépusculaire de Sergio Leone, voici un western dépressif autour de Jesse James, figure mythique de l’Ouest, incarné par Brad Pitt, qui doute de lui-même comme Paul Newman dans le "Gaucher". Toutefois, le réalisateur se montre plus fasciné par la personnalité complexe de Robert Ford, joué par Casey Afflek, révélation du film… (La Libre Cinéma ***) Le spectre d’un roi qui ne supporte plus sa couronne... un drame psychologique multiple et envoûtant. (CommeauCinema ****)

 
 
 Coupe Volpi de la Meilleure Interprétation Masculine décerné à Brad Pitt à la 64ème Mostra de Venise 2007
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cinopsis - Mélanie Che
 

Vous connaissiez la légende de Jesse James, le tireur le plus rapide de l'Ouest. Tout en préparant son prochain hold-up, le charismatique et imprévisible desperado se lance dans une guerre sans merci contre ceux qui se sont mis en tête de se couvrir d'argent – et de gloire – en lui trouant la peau. Mais la vraie menace pourrait bien venir de ses propres rangs, plus précisément de ce jeune flingueur qui vient de rejoindre son gang et dont l'admiration se teinte de jalousie ...

Il n’y a pas lieu de tergiverser: ce film va définitivement laisser son empreinte dans le style du western. Esthétisé à l’extrême, vous ne verrez pas de bang bang intempestifs, d’ego masculin mal placé, de rires gras et de pillages de trains ou de diligences à n’en plus finir. Le titre évocateur et audacieux par sa longueur et sa précision résume parfaitement le film : l’assassinat de Jesse James, la plus fine gâchette de l’Ouest, par un jeune homme lâche qui le vénérait pourtant plus que sa propre vie.

Les 5 premières minutes présentent le personnage principal et donnent le ton qui ne déviera jamais de sa route : cela s’insinue vers la poésie, c’est sombre et mélancolique et l’on sent que l’on va s’en mettre plein les yeux. Qui est Jesse James? Un être arrogant et rebelle? Pas du point de vue de son réalisateur, le Néo-Zélandais Andrew Dominik. Le personnage y est torturé, paranoïaque, se sent terriblement seul malgré une famille et des amis fidèles qui l’entourent en permanence. Il s’interroge sur ses actes et sa vie en général. En quête de réponses qu’il ne trouva probablement jamais, sa vie se veut tragique et non spectaculaire même si elle l’était à bien des égards pour l’époque. Ce qu’il fait pour vivre n’est que prétexte pour mieux servir le profil psychologique du personnage, de tous les personnages.

Brad Pitt s’offre un rôle taillé sur mesure pour les Oscar mais il a trouvé plus fort que lui: Casey Affleck, qui a la tâche ingrate d’interpréter son assassin Robert Ford, se démarque par ses regards dérangeants et sa psychologie retors. Le trémolo récurrent dans la voix, il n’a qu’une envie, celle de se rapprocher de Jesse James, être à ses côtés à chaque instant pour l’admirer, en vrai. Le fan qui veut devenir l’idole finira par succomber à ses tentations. Mettant définitivement de côté son ego, il payera toute sa vie un acte qu’il pensait héroïque. Certes, il sera acclamé mais pas de la manière dont il le souhaitait.

Enfin, impossible de ne pas mentionner la musique de Nick Cave. Scénariste du film THE PROPOSITION qui peut s’apparenter fortement à JESSE JAMES, le compositeur fait un petit caméo à la fin du film. Dieu qu’il était inspiré sur ce coup.

  Source : http://www.cinopsis.be/rev_main.cfm?lang=fr&ID=5155&rr=1
   
cinefemme
 

e titre, ample comme une nouvelle de Jim Harrison, est à l’image du beau film d’Andrew Dominik. Sombre, lyrique et efficace, languide et puissant, il est à la fois un regard sur la relation qu’un homme entretient avec lui-même et avec les autres. Et à travers celle-ci sur la relation que l’Amérique entretient avec l’âme de ses mythes.

Parodiant ce que disait Fritz Lang à la sortie de son "The big heat" : "Les films policiers ne sont pas que des films de gangsters"(*), il est évident que les westerns, du moins les meilleurs d’entre eux - on pense à "Unforgiven" de Clint Eastwood ou "Man without a star" de King Vidor - sont bien plus que des "gestes" qui ont pour cadre l’Ouest américain.

Le 3 avril 1882, Jesse James, que certains journalistes ont l’inconscience de surnommer le "bien-aimé" (**), est assassiné. D’une balle dans la tête tirée, alors qu’il lui tournait le dos, par Robert Ford, la plus jeune recrue de la bande de malfaiteurs avec laquelle, en l’espace de quinze ans, il pilla onze banques, attaqua sept trains postaux et onze diligences et commit seize meurtres.

Le propos du film est moins de s’attarder sur cet aspect de bandit de grands chemins - quoique
l’attaque d’un fourgon blindé, annoncé par le léger tremblement des cailloux qui jouxtent la voie ferrée soit un moment de grande intensité dramatique - que de révéler la schize dans la vie d’un homme qui, en même temps qu’il s’affirme comme un brutal chef de bande, vit une vie presque bourgeoise avec femme et enfants.

Personnalité divisée mais aussi personnalité mélancolique, portant comme un portefaix fatigué un passé qui le suffoque et le plonge dans des crises de démence furieuse. Au point de susciter dans l’esprit du spectateur la prégnance d’un questionnement dérangeant : Jesse James s’est-il laissé assassiner ? A-t-il, par sa conduite complice, facilité le geste de son meurtrier ? Cet assassinat serait-il un "hétéro suicide", c’est-dire un suicide souhaité mais commis par quelqu’un d’autre ?

En d’autres termes Robert Ford est-il comme le proclame le titre, conforme à l’opinion de la presse de l’époque (***) et aux chansons populaires, un lâche, un Judas ? Ou simplement un bras armé par une volonté qui, malgré l'attrait de la prime de 5.000 dollars, n’est pas entièrement la sienne ?

C’est là l’enjeu subtil d’un film qui cesse d’être un western, même s’il en garde la sauvagerie, les repères et notamment les magnifiques paysages, pour devenir un face-à-face entre deux hommes.

Ce qu’on appelle le duel final dans les classiques que sont "The big country" de William Wyler ou "The man who shot Liberty Valance" de John Ford est, ici, une confrontation qui rappelle la théorie du Maître et de l’Esclave d’Hegel.

Entre Jesse James, le mentor adulé et Robert Ford, le disciple complexé, va s’installer un jeu pervers qui parfois, notamment dans les jeux de miroir et d’appropriation des vêtements de la personne admirée, fait penser à la relation trouble de Matt Damon et Jude Law dans "The talented Mr.Ripley" d’Anthony Minghella.

Andrew Dominik, interrogé par Gaël Golhen, dans le magazine "Première" d’octobre 2007 souligne qu’il "voulait que son film relève d’une exploration de l’Amérique et de sa psyché".

Mission réussie quant à l’intelligent nouage qu’il tisse entre les forfaits de James et la tolérance dont il a bénéficié de la part des autorités des Etats Sudistes qui voyaient dans ses exactions une prolongation des causes défendues durant la Guerre de Sécession.

La scène au cours de laquelle les bandits se couvrent le visage non pas de foulards mais de tissus blancs qui évoquent les capuches d’un Ku-Klux-Klan en pleine expansion fait, mieux et plus fort que bien des discours, écho à des défaites qui sont loin d’être acceptées.

Certains trouveront que le film est un peu long. D’autres comprendront que le raccourcir n’aurait pas permis, avec la même qualité, d’installer le délabrement psychologique de James, faille dans laquelle Ford s’insère pour y déployer, énigmatique sourire aux lèvres, son sentiment d’être un raté, un bon à rien.

Brad Pitt et Casey Affleck sont épatants. Le premier a reçu, pour son rôle, le prix d’interprétation à la dernière Mostra de Venise.

L’un et l’autre sont soutenus, dans la justesse harmonique de leur jeu, par une mise en scène qui a quelque chose de la "Pavane pour une infante défunte" de Ravel. Mais au lieu d’avoir leurs propres accords de notes, ils ont leurs propres tonalités de décors.

Des ciels noirs à la traîne (comme chez Füssli), de la neige crissante (comme chez les frères Coen ***) et des champs de blés (comme chez Terrence Malik) pour Pitt.

Pour Affleck, des intérieurs confinés, un fondu impressionniste des bords de cadres et des nuages qui lardent l'azur du firmament afin de souligner ses ambigüités et hésitations.

Dans ses mémoires, Jesse James écrit "All the world likes an outlaw. For some damn reason they remenber ‘em".

La preuve : Flagey propose dans "The long riders" de Walter Hill et ce jusqu’à la fin du mois d'octobre 2007, une variation, diantrement plus énergique, du personnage. Et pour quinze jours encore, la chaîne câblée "Cine Cinema Classic" projette, en horaire zigzagant, le film de Philip Kaufman "The great Northfield Minnesota raid".(m.c.a)

(*) propos de 1953 rapporté par le quotidien "Libération" du 29 juillet 1993

(**) étrange phénomène de prise de position quasi affectueuse à l’égard d’un tueur qui transcende les époques. Il suffit de se souvenir de l’hystérie d’héroïsation autour de Che Guavara qui sévit toujours de nos jours.

(***) dont le chef opérateur, Roger Deakins, signe la photo de "The assassination ...", film largement inspiré par le roman éponyme de Ron Hansen édité chez Buchet/Chastel.

  Source : http://www.cinefemme.be/cms/filmfiche.php?film=736
   
telemoustique
 

Il y a près de soixante ans, Samuel Fuller avait déjà conté dans J'ai tué Jesse James la trahison de Bob Ford, admirateur fou et jeune acolyte de "la gâchette la plus rapide de l'Ouest". Un groupie fanatique (Ford collectionnait toutes les revues consacrées à son héros) mais aussi maladivement jaloux au point de l'abattre, le 3 avril 1882, d'un coup de feu tiré dans le dos.

D'où son titre de "lâche petit salaud" qui lui collera ensuite à la peau. La déchéance, physique et mentale, de Ford (interprété, en état de grâce, par Casey Affleck) occupe l'extraordinaire épilogue new-yorkais de ce western crépusculaire qui rappelle l'élégance mortuaire et rédemptrice de The Pledge et d'Open Range, de Kevin Costner.

Brad Pitt y incarne, lui, un Jesse James miné et épuisé, las et mélancolique, écartelé entre son désir de paix auprès de sa famille et son impérieux besoin de violence (un gamin subit d'ailleurs un tabassage en règle, ce qui ne rend pas le personnage, à l'époque pourtant considéré comme une sorte de Robin des Bois, particulièrement sympathique).

Dans un style contemplatif et épuré, entre fausses cajoleries et vraies pressions, Andrew Dominik (Chopper) laisse le temps aux personnages d'observer, de jauger, inévitablement, d'exécuter.

Le spectateur en ressort émerveillé, touché au cœur.

  Source : http://www.telemoustique.be/cps/rde/xchg/tm/hs.xsl/critiques_detail.html?revId=4408
   
dhnet - Isabelle Monnart
 

Un western sombre ... et lumineux

C'est leur dernier coup. Après ce train-là, les frères James vont ranger au clou leurs flingues et leur mauvaise vie. Retrouver leur famille, regarder grandir leurs enfants. Rentrer dans le rang mais ne pas quitter la légende. Surtout pour ce qui concerne Jesse, héros de tout un peuple qui, tel Robin des Bois, prenait aux riches pour le redistribuer aux pauvres. C'est ce Jesse-là que Robert Ford veut rencontrer à tout prix. C'est dans le quotidien de cet homme-là qu'il veut s'immiscer pour partager avec lui les quelques aventures qu'il lui reste à vivre et aller jusqu'au crépuscule d'une existence faite de cambriolages, de meurtres et de règlements de comptes. Ce n'est qu'une fois assis à la droite de son idole que Robert Ford va comprendre qu'il vaut mieux, parfois, ne pas approcher trop près de son rêve, sous peine de s'y brûler le coeur et les illusions. Alors, furieux contre Jesse et contre lui surtout, il va fomenter des plans vengeurs, jusqu'à l'assassinat qui va le faire devenir, aux yeux de tous, le lâche qui a mis un terme à la vie d'un homme qui fut pourtant tout sauf honnête.

Du souffle, de l'espace, du temps : L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford , western sombre mais lumineux, n'en manque pas. Sur des images magnifiques signées Roger Deakins, Andrew Dominik a su imposer sa vision moderne d'un genre mille fois visité. Ici, pas de duels au pistolet dans des rues poussiéreuses mais des champs enneigés à perte de vue et une violence sournoise et contenue. Et des acteurs dont on ne dira jamais assez la justesse et le talent, Casey Affleck en tête. Au point qu'il éclipse le pourtant magnifique - précisément parce qu'il ne cherche pas à l'être - Brad Pitt. Une balade de près de trois heures dans l'Amérique telle qu'on l'a tous rêvée un jour. Épatant.

  Source : http://www.dhnet.be/culture/cinema/article/187530/un-western-sombre-et-lumineux.html
   
 LaLibre - Fernand Denis
 

Jesse James, le brigand schizophrène. Après le western crépusculaire de Sergio Leone, le western dépressif selon Andrew Dominik.

L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, avec un titre pareil, le réalisateur Andrew Dominik fait peser sur son film le poids d’une tragédie. Certes, Jesse James est un pilleur de banques, de trains, mais le titre français du film que Henry King a consacré à James en 39 est le même que celui de Nicholas Ray en 57 : "Le Brigand bien aimé". C’est qu’il est une légende dont les "pulps" racontaient les exploits, faisant rêver tant de gamins, d’action et d’aventure au grand air.

Pourquoi Jesse James est-il le bandit bien aimé ? Andrew Dominik ne le dit pas, il n’imprime pas la légende, prenant à contre-pied John Ford qui, dans “L’homme qui tua Liberty Valance”, disait: “Quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende.” Dominik constate l’engouement de la foule à sa mort et laisse le spectateur perplexe en lui faisant côtoyer un individu étrange plus de deux heures durant.

Deux visages

Un individu à deux visages. Profil droit, Thomas Howard : honnête citoyen, marié, deux enfants, fréquentant l’église quand il est à la maison, une demeure confortable et bien entretenue. Profil gauche : Jesse James, “héros” dans son genre, tous les petits bandits veulent travailler avec lui. Mais son sourire est moqueur, son regard inquisiteur, sa compagnie pas très agréable. Avec lui, un orage de violence flotte toujours dans l’air, car boxer un enfant, défoncer le crâne d’un employé, tuer un ami ne lui font ni chaud ni froid.

Si l’individu est étrange, le récit l’est aussi, car Andrew fait moins le point sur James que sur celui qui voulait tant lui ressembler : Robert Ford. Ce dernier se cherchait tellement de points communs avec son idole, de la même taille à la place de petit dernier de la famille, qu’on s’interroge. Comment cette admiration a-t-elle pu se transformer en ressentiment, en haine, en trahison alors que Robert réalisait son rêve : vivre au côté de sa star, sous son toit, parmi sa famille ? Sans doute, parce que – comme le spectateur ?-, la personne qu’il idolâtrait, la vie dont il rêvait, ne correspondait pas à ses attentes, pas aux folles chevauchées (racontées dans les “pulps”), pas aux vitrines de banques pulvérisées (filmées par Henry King). Ici, le rythme est lent, l’action rare : une attaque de train au goût âpre et une fusillade lamentable entre complices. Certes, la “reward” plane dans l’air, la gloire d’un tel “trophée” aussi, mais du western, il reste surtout des paysages, des montages, un lac gelé, un ranch perdu au milieu des blés.

Complètement à l’Ouest

On parlait de western crépusculaire, celui-ci est plutôt dépressif, déglamourisé, complètement à l’Ouest. “The assassination of Jesse James…” est un peu au western ce que “Zodiac” est au thriller. Même si l’assassin est connu, l’affaire est bien plus nébuleuse, complexe qu’il n’y paraît. Dominik esquisse les thèses jusque celle du suicide assisté.

Brad Pitt est la star indispensable pour incarner cette figure de la mythologie américaine, mais c’est Robert Ford qui intrigue Dominik. Dès lors, Casey Affleck concentre tous les regards. Dans la peau d’un fan intimidé, n’ayant pas le tempérament de ses ambitions, le frère de Ben est d’une exceptionnelle densité, d’une ambiguïté de tous les regards. Il communique chaque émotion et son contraire, à l’image de ce sourire, un peu timide, un peu fragile, un peu hypocrite, un peu craintif. Et si le suspense n’est pas de mise, la prestation des acteurs ne laisse à personne le temps de s’ennuyer.

  Source : http://www.cinebel.be/fr/film/critique/15834-L'Assassinat-de-Jesse-James.htm?criticId=1239
   
 canoe - Maxime Demers
 

Adapté du roman éponyme de Ron Hensen publié en 1983, The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford raconte les sept derniers mois de Jesse James, célèbre hors la- loi et icône de la culture populaire américaine.

Le film débute en septembre 1881. Cachés dans une forêt, Jesse James (Brad Pitt) et son frère Frank (Sam Shepard) préparent leur prochain coup, l’attaque d’un train. À 34 ans, James est au sommet de sa gloire. Sa tête est mise à prix pour plusieurs milliers de dollars. Il ne le sait pas encore, mais sept mois plus tard, il sera mort.

Le film suit donc le charismatique et imprévisible hors-la-loi dans les derniers mois de sa vie, une période où, pris de panique, il se lance dans une guerre sans merci contre ceux qui se sont fixé comme objectif de l’envoyer en enfer. Mais, contre toute attente, la vraie menace viendra de son propre clan, plus précisément de Robert Ford (Casey Affleck), jeune homme timide et maladroit qui admire secrètement Jesse James et qui rêve, lui aussi, de gloire et de célébrité.

En revisitant ainsi le western, le réalisateur néo-zélandais Andrew Dominik (Chopper) s’est amusé à jouer avec les codes du genre. En résulte un western qui n’est pas tout à fait un western; un western mélancolique, envoûtant, hypnotisant. Et un spectacle visuel beau à couper le souffle. Chaque plan est parfait, sublime. La reconstitution est impeccable. Il faut voir ces longs plans où Jesse James apparaît sur son cheval dans une prairie enneigée. Car Dominik a pris le temps de filmer ses paysages. Son film est long, très long même (2h40).

Dominik s’est aussi amusé à déconstruire le mythe de Jesse James. Personnage célèbre de la culture américaine, le hors la- loi est souvent décrit comme un bandit sympathique, un genre de Robin des bois du Far West. Alors que dans les faits, Jesse James était un tueur sans merci, cruel et raciste. C’est donc plutôt ce tueur sans scrupules que Brad Pitt incarne dans le film de Dominik. Et il le fait de manière exceptionnelle. Son prix d’interprétation à Venise pour ce rôle était bien mérité sauf que, en ce qui nous concerne, on l’aurait plutôt décerné à l’interprète de Robert Ford, Casey Affleck.

Étonnant, Affleck a su insuffler à son personnage ce mélange de timidité, d’ignorance, d’intelligence et de déséquilibre qui le rend tout à fait crédible. Une grande interprétation qui pourrait lui valoir une nomination aux Oscars.

  Source : http://www.canoe.com/divertissement/cinema/critiques/2007/10/21/4592777-jdm.html
   
 voir - Manon Dumais
 

Il y a de ces films pour lesquels on aurait envie de crier au génie tant leurs qualités esthétiques et narratives crèvent les yeux. Et pourtant, comme c'est le cas pour ce deuxième film d'Andrew Dominik, qui signait il y a sept ans Chopper, un biopic mettant en vedette Eric Bana dans la peau d'un criminel notoire, force est d'admettre que même avec la meilleure volonté du monde, on s'ennuie jusqu'à l'épuisement devant The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford.

Western lyrique et contemplatif d'une beauté indéniable, ce film produit par Ridley Scott, Tony Scott et Brad Pitt nous fait voir sous un jour nouveau l'un des hors-la-loi les plus célébrés par le cinéma américain, Jesse James (Pitt), ainsi que le jeune blanc-bec pétri d'ambition qui élimina l'homme qu'il admirait plus que tout en le tirant dans le dos alors qu'il n'était pas armé, Robert Ford (Casey Affleck).

Hyper stylisé, sans jamais tomber dans le maniérisme, The Assassination... séduit d'abord par l'admirable photo de Roger Deacon, laquelle évoque par ses tons d'ocre lumineux de vieilles photos d'époque et les terrains sablonneux du Far West (ici "interprétés" par l'Alberta). Vient ensuite la distribution prestigieuse où l'on retrouve Sam Shepard, digne en frère aîné de Jesse James, Mary Louise Parker, malheureusement reléguée à l'arrière-plan en épouse du hors-la-loi, et Sam Rockwell, dans le rôle du frère aîné de Ford, qui, fidèle à lui-même, livre une interprétation un tantinet décalée.

Bien que Brad Pitt ait su rendre parfaitement toute la complexité de son personnage dans ses derniers jours, alors que James cachait sous des dehors menaçants la dépression qui le rongeait, l'on se demande pourquoi le prix d'interprétation qu'il a mérité à la Mostra n'a pas été remis à Casey Affleck, magistral dans le rôle, plus nuancé, de l'assassin poltron.

Démontrant efficacement la violence propre à l'époque, comme lors de l'attaque du train, cette adaptation du roman de Ron Hansen, bien servie par la musique de Nick Cave (que l'on croise au saloon), se révèle au bout du compte un très long et très bavard duel psychologique presque aussi soporifique que le magnifique mais non moins somnambulique Soie de François Girard.

  Source : http://www.voir.ca/cinema/cinema.aspx?iIDArticle=54356
   
 comme au cinema - Eléonore Guerra
 

Le spectre d’un roi qui ne supporte plus sa couronne

Once upon a time in the west ...

1881. Il était une fois une jeune nation assoiffée de figures mythiques qui lui offriraient enfin une identité.
Il était une fois Jesse James, bandit et héros rocambolesque de ce continent nouveau-né. Il était une fois Robert Ford, jeune homme sensible ébloui par un astre bien trop brillant pour lui.

Comment montrer la chute et la mort d’une icône silencieuse ? Comment filmer l’agonie d’une étoile ? La réponse se trouve incontestablement dans les pas d’Andrew Dominik. Habité par son sujet, le réalisateur se mue en conteur et nous entraîne par les sens dans un drame psychologique multiple et envoûtant.

Envoûtant… comme le personnage étrange et pénétrant qu’il dépeint : un homme au charisme puissant, mais dépressif et glaçant (faut-il souligner la sobre et étonnante performance de Pitt ?). Intrigant comme l’étrange Robert Ford, transcendé par un Casey Affleck qui n’en finit pas de se révéler, ici en miroir brisé de Jesse James. Fascinant comme ce duo d’ombres dont les yeux clairs s’observent et se répondent en silence ...

Et l’on marche, hypnotisés, à la suite de ces brigands rongés par la peur, la violence et la paranoïa. Et l’on se surprend à regarder derrière leur épaule, inquiets, guettant nous aussi le colt d’un Jesse James vengeur, trahi. Redécouvrant le mythe du "héros", on plonge dans le regard de la bête traquée, de l’ombre silencieuse admirée et redoutée, du spectre d’un roi qui ne supporte plus sa couronne.

Mythologie moderne et rêves de gloire, icône assassinée et disciple broyé, promenons-nous dans la légende, éblouis par la superbe photo de Roger Deakins (fidèle acolyte des Frères Coen). On entrevoit même Terrence Malick et Clint Eastwood se pencher et chuchoter à l’oreille de Dominik, enveloppés par la bande-son planante de Nick Cave.

Fascination et tension montent et s’envolent jusqu’au moment attendu et redouté, dans une déchirante scène de suicide assassiné, aussi puissante et résonnante que la mort du traître sera étouffée.

Le roi est mort, vive le roi !

  Source : http://www.commeaucinema.com/film=l-assassinat-de-jesse-james-par-le-lache-robert-ford,49309.html
   
 evene - Mathieu Menossi
 

On l’aura compris : l'intérêt du film ne repose pas sur son issue. Non, sa force est ailleurs. Andrew Dominik nous invite à traverser une ahurissante fresque psychologique, en pleine époque victorienne. Le regard de la caméra est explicitement subjectif. Un choix que suggèrent les ambiances brumeuses ou les plans filmés à travers des vitres.

La photographie est somptueuse, alternant les clairs-obscurs menaçants et la luminosité des grands espaces. L’image est enveloppée dans un voile d'onirisme où les silences à la richesse insoupçonnée invitent à la réflexion. Préférant les nuances froides d’un gris bleuté au jaune or et rouge sang d'un Sergio Leone, le film développe une formidable et déconcertante qualité esthétique. Brad Pitt, les cheveux bruns, le teint pâle, froid et fatigué, habite un Jesse James spleenétique, animé d'une mélancolie majestueuse.

Digne dans sa résignation, il attend avec sérénité son ultime soupir. L’acteur, déconcertant de vulnérabilité, bien loin de l’impulsivité d’un David Mills (‘Seven’) ou de l’agitation d’un Tyler Durden (‘Fight Club’), dégage une dimension théâtrale inattendue. Casey Affleck, l'allure innocente et gracile, incarne ce Robert Ford torturé, frustré et ambitieux. La mise en scène repose entièrement sur l'ambiguïté des deux personnages. Jesse James, conscient du danger que représente le jeune Robert Ford, semble pourtant nourrir pour lui une amitié presque paternelle. Quant à Robert Ford, on le sent tiraillé entre sa passion dévorante pour son héros et son désir de reconnaissance.

Le film est en effet très fortement marqué par cette confusion qui procède tant des choix artistiques que du jeu fantastique des acteurs. ‘L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford’ est un western contemplatif se rapprochant plus du film d'auteur que de la traditionnelle fresque épique. Un face-à-face mental vertigineux où les meurtrissures de l'âme supplantent la violence des armes.

  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/l-assassinat-de-jesse-james-par-le-lache-robert-ford-5458.php?critiques
   
 cinemovies
 

Jesse James fut l'une des premières superstars américaines.

'innombrables livres et récits sur le plus célèbre hors-la-loi des Etats-Unis. Fascinants et hauts en couleur, ceux-ci se focalisent le plus souvent sur son image publique et ses exploits... avec un soucis tout relatif de la vérité.

Ceux que Jesse James pilla, ceux qu'il terrorisa et les familles de ceux qu'il tua ne virent en lui qu'un dangereux criminel. La presse, qui suivit avec passion ses braquages tout au long des années 1870, jetait par contre sur lui et sa bande un regard des plus admiratifs. Des dizaines de romans à 1 cent alimentèrent parallèlement la légende d'un Robin des Bois ennemi juré des banquiers et propriétaires de chemins de fer, et généreux défenseur des petits fermiers exploités.

Homme du Sud, ancien guérillero, Jesse aurait agi au nom d'une cause, noble et tragique : se venger de l'Union qui avait gâché sa vie avant de le marquer dans son corps. Ses concitoyens, de plus en plus urbanisés, de plus en plus coincés et réduits à une vie d'une désolante banalité, voyaient en lui le dernier des aventuriers ; un symbole de liberté, un porte-drapeau de l'esprit Américain, un rebelle charismatique narguant la loi et n'obéissant qu'à ses propres règles. Un mythe vivant ...

Robert Ford était l'un des plus ardents admirateurs de Jesse. Ce jeune homme idéaliste et ambitieux rêvait depuis longtemps de partager les aventures de son idole. Il était loin de prévoir qu'il entrerait dans l'Histoire comme "le sale petit lâche" qui tuerait Jesse James dans le dos.

Mais qui fut vraiment Jesse James, au-delà du folklore et du battage journalistique ? Et qui fut ce Robert Ford, entré à dix-neuf ans dans le cercle des intimes de Jesse, qui réussirait à abattre chez lui l'homme que poursuivaient les polices de dix états ? Comment devinrent-ils amis ? Que se passa-t-il entre eux durant les jours et les heures précédant ce fatal coup de feu qui scellerait leurs destins ?

Nous sommes en 1881. Jesse James a trente-quatre ans et prépare sa prochaine attaque de banque. Il sait que ses ennemis sont prêts à tout pour collecter la prime liée à sa capture et se couvrir de gloire. Mais le vrai danger ne viendrait-il pas de l'homme à qui Jesse fait le plus confiance ?

  Source : http://www.cinemovies.fr/fiche_film.php?IDfilm=9362
   
 arte - Delphine Valloire
 

Dès les premières images, plane sur cet "Assassinat" l’ombre du maître Terrence Malick. À travers de multiples détails, Andrew Dominik rend ici le plus beau des hommages au réalisateur les "Moissons du Ciel" : les mers d’or des champs de blé dorés en passant par une voix-off démiurgique ou l’acteur Sam Shepard. Le film tout entier est aussi parcouru de cette même langueur élégiaque, d’une mélancolie sans remède. Car, comme Malick, Andrew Dominik ne croit pas aux mots mais il croit aux regards, à la lumière et à l’ombre au sens propre comme au figuré. Le meurtre annoncé dans le titre brise d’ailleurs sciemment le suspens pour ne laisser que des questions flotter. Dominik, réalisateur du très graphique "Chopper" avec Eric Bana dans le rôle d’un tueur en série atypique, a choisi à l’image Roger Deakins, sans doute le meilleur chef opérateur aujourd’hui, pour jouer sur cette splendeur décatie de l’Ouest, très néo-western et les faux-semblants du récit.

Au départ : un mythe, celui de Jesse James. L’homme n’était pourtant pas un modèle. Ce bandit des grands chemins qui justifiait ses crimes par la vengeance et une fidélité d’outre-tombe au drapeau confédéré, a commis bon nombre de crimes de sang-froid. Passablement raciste et psychotique, il a incarné en figure quasi-messianique le "white trash" du Sud, symbole amer et ronflant de ces petits blancs oubliés du pouvoir qui avaient trop morflé durant la guerre civile. L’histoire du film vient donc bien après l’orage de violence qui a fait sa légende et Jesse James n’en porte plus que les stigmates.

Succédant aux soixante-dix (!) acteurs qui ont incarné Jesse James parmi lesquels Tyrone Power, Robert Duvall ou James Coburn, Brad Pitt, habité, donne là sa meilleure performance, déjà récompensée par le prix d’interprétation à Venise. Tour à tour féroce ou subitement potache, sans pitié et doux, il incarne un homme hanté au charisme cannibale, paranoïaque par nécessité. Dans ses yeux, on lit la lucidité terrible du joueur qui sait qu’il perd. Énigmatique par son silence, il est le plus terrifiant d’entre tous les hommes : un fou sage. Cet astre qui fascine et qui absorbe offre à Robert Ford de l’approcher dans son intimité pour y mener une vie de satellite satisfait. Casey Affleck réussit un tour de force hallucinant dans le rôle de Robert : il réussit à être à la fois touchant et détestable, naïf et malin, idiot et retors, adorant et haïssant. Il a la force de toutes ses faiblesses.

Finalement, le film dissèque une névrose de fétichiste par le medium qui suscite le plus de fétichisme aujourd’hui, le cinéma. Et appuie là où ça fait mal : le grand mal moderne de l’image de l’Idole. Robert Ford vit dans un espoir perpétuel, celui de se rapprocher le plus possible de Jesse James, d’en collecter des miettes d’affection, un hypothétique retour de sentiment pour finir dans une frustration et une déception létales. La célébrité est un cul-de-sac mortifère. Pour Jesse James lui-même, la vie quotidienne est de plus en plus impossible, sa résistance faiblit face à la voracité du monde. L’obsession de Robert Ford pour lui est celle d’un amoureux transi, presque féminin, qui cache ses petits souvenirs dans une boîte sous son lit. Mais ses sentiments sont de ceux qui ne supportent pas le quolibet ou la moquerie. Robert meurt littéralement d’amour.

Il y a quelque chose du vampire dans cette histoire, une immortalité trompeuse qui se transmet, par la fascination et le sang répandu. Alangui dans sa baignoire de dos, Jesse propose simplement le pacte à Robert avec cette question : "Tu veux être comme moi ou tu veux être moi ?". En désespoir de cause, Jesse James finit par lui forcer la main : Dominik choisit de montrer cet acte comme un suicide par procuration, une passation de pouvoir perverse. Robert Ford avec ses faiblesses devient "l’Homme qui a tué Jesse James" et goûte au poison de la gloire ad nauseam en rejouant la fameuse scène sur les planches. Cette mise en abyme entre cinéma et scène de théâtre met elle-même en garde contre l’artificialité de toute représentation, de toute "projection", et contre les procédés de l’acteur. Robert et son frère (magnifique Sam Rockwell) glissent peu à peu de la flambe menteuse à la dépression devant les yeux du public. L’assassinat terrifie Robert, l’apaise puis le hante et le tue dans un cycle tragiquement normal. Jesse James a gagné : bandit qui a perdu son humanité en se métamorphosant en mythe, il choisit son bourreau consentant en son adorateur le plus fervent pour porter son fardeau. C’est là que ce film presque douloureux à force de beauté montre son vrai visage dérangeant, paradoxal : celui d’une histoire d’amour impossible.

  Source : http://www.arte.tv/fr/cinema-fiction/actu-cinema/10-octobre-2007/1707580,CmC=1707578.html
   
 Elle - Françoise Delbecq
  "Le traitement de l’image, avec ses ralentis, est d’une rare beauté (…) Exit le western traditionnel, il faut davantage parler de western poétique"
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=49309.html#rp_0
   
 Liberation - Philippe Garnier
  (…) la même année deux films comme celui-ci et Zodiac- des œuvres avec des stars (…) "un film intimiste, déjà une gageure pour un western (…)
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=49309.html#rp_0
   
 Telerama - Aurélien Ferenczi
  "La beauté engourdie de l’image et, aussi, la dilatation du temps dessinent une sorte de frustre paradis perdu."
  Source :
   
 Le monde - Jean-Luc Douin
  " C'est un western lyrique, beau comme un film de Terence Malick, en plus mélancolique, voué au temps dilaté, à l'attente.(…) Une complainte, rythmée par une voix off. Un poème, un pèlerinage, une poursuite de fantômes."
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=49309.html#rp_0
   
 20 minutes - C.V.
  " Si Pitt a été récompensé à Venise pour sa prestation, Casey Affleck, traître fasciné par sa victime, est la révélation du film."
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=49309.html#rp_0
   
 Le figaroscope - Marie Noëlle Tranchant
  "Ce nouveau film sur Jesse James est plutôt une longue et lente ballade qui chante le vieil Ouest et ses aventuriers avec un romantisme noir"
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=49309.html#rp_0
   
 L'express - E.L
  "L’assassinat de Jesse James… est une œuvre magnifique, poétique et crépusculaire (…)"
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=49309.html#rp_0
   
 TéléCinéObs - O.B
  "La mise en scène est puissante (…) Le film doit aussi beaucoup à ses acteurs : Brad Pitt (…)fait de Jesse James un psychopathe attachant mais Casey Affleck, dans le rôle de l’inquiétant Robert Ford, réussit l’exploit de lui voler la vedette. "
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=49309.html#rp_0
   
 Premiere
  "(Le film) dessine en creux une parabole sur la célébrité et l’enfermement des icônes, s’interrogeant également sur la représentation des mythes."
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=49309.html#rp_0
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evene
 

Dominik Deuxième !

'L' Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford' est seulement le deuxième film d'Andrew Dominik après 'Chopper' en 2000. Dans ce premier film, inspiré de l'histoire vraie d'un tueur en série australien, Andrew Dominik avait ainsi révélé l'acteur australien Eric Bana. Celui-ci a depuis tenu les rôles principaux dans 'Hulk' d'Ang Lee et 'Munich' de Steven Spielberg.

Au Canada

Le tournage du film a eu lieu dans la région d'Alberta, au Canada.

Adaptation

'L' Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford' est adapté du livre homonyme de Ron Hansen. L'écrivain a d'ailleurs été producteur associé sur le film.

  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/l-assassinat-de-jesse-james-par-le-lache-robert-ford-5458.php?actualite
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filmdeculte - Yannick Vély
 

Interview de Brad Pitt

Magnifique western crépusculaire, L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford d'Andrew Dominik était présenté sur les planches de Deauville dans le cadre du 33e Festival du Film Américain. Brad Pitt était présent à la conférence de presse pour défendre ce long-métrage à la post-production tumultueuse.

Le personnage est un être solitaire bouffé par sa célébrité. Avez-vous choisi d’incarner Jesse James pour sa proximité avec votre vie à Hollywood?

Je ne crois pas que ce soit le point essentiel du film et en tout cas ce n’est pas la première chose qui me soit venu à l’esprit quand j’ai lu l’histoire. Néanmoins, je comprends bien ce sentiment d’être poursuivi, chassé. Jesse James se sent seul au monde, perdu et isolé. Il veut changer de vie, arrêter de sans cesse reconstruire un quotidien et ça le ronge.

Pouvez-vous nous expliquer les histoires de montage autour du film?

Ce sont de jolies histoires pour les journaux à sensation. C’est un film très complexe comme les longs métrages des années 70. Andrew Dominik avait une approche très psychologique de l’histoire de Jesse James et cela nécessite du temps pour développer le récit. La première version durait effectivement 4 heures, ce qui ne pouvait être diffusé en salles. J’ai trouvé le premier montage génial.

Comment avez-vous préparé le rôle ?

BLe scénario était déjà très approfondi. Je viens du même endroit que Jesse James et j’ai travaillé sur le projet un an en amont du tournage. J’étais donc bien imprégné de l’histoire et de la psychologique du personnage. En revanche, Casey (NDLR : Affleck, interprète de Robert Ford) est un acteur plus méthodique. Il ne voulait pas prendre de bains et puait comme le personnage (rires).

Comment faites-vous la différence entre vos films grand public et des longs métrages destinés à une audience plus confidentielle ?

Je ne réfléchis pas en ces termes. Je n’anticipe pas le succès ou non des différentes productions dans lesquelles je suis engagé. C’est comme les cartes, impossible à prévoir. Je suis avant tout intéressé par les histoires et les personnalités. A mon sens, les bons films trouvent toujours leur public, tôt ou tard, pas nécessairement lors de la sortie en salles. J’ai découvert certains de mes films préférés, Billy The Kid ou Les Moissons du ciel, seulement vingt ans après leur sortie.

Pourquoi être devenu producteur ? Pourquoi ce nom, Plan B ?

J’ai créé ma société pour pouvoir accompagner des histoires sans nécessairement jouer dedans. J’ai aussi vécu comme acteur des productions qui ont mal tourné et je voulais donc davantage m’impliquer. J’avais beaucoup aimé Chopper, le premier film d’Andrew Dominik (NDLR : réalisateur de The Assassination of Jesse James by The Coward Robert Ford) et je voulais travailler avec lui, tout simplement. Sur le nom, c’est tout aussi simple. J’ai choisi Plan B car un de mes associés s’appelle également Brad (rires). Bon, ok, on n’était pas très inspiré.

Propos recueillis par Yannick Vély

  Source : http://www.filmdeculte.com/entretien/brad-pitt-1.php
   
comme au cinema
 

Le gang et ses interprêtes : Interview de l'équipe du film

En découvrant Jesse sous les traits de Brad Pitt, Ron Hansen eut l’impression de voir aboutir des années de recherches et de labeur : "La première fois que je l’ai vu sur le plateau, je n’ai pas pensé "Voilà Brad Pitt", mais, instantanément et de la façon la plus évidente :"Voilà Jesse !".

Andrew Dominik

"Je pense que le public oubliera très vite que c’est Brad Pitt. Quel meilleur hommage rendre à son interprétation ? Brad s’est particulièrement investi dans ce film et dans ce personnage. Il n’a pas craint de prendre des risques et a déployé dans ce rôle une telle autorité qu’on comprend sans peine l’aura exceptionnelle de Jesse et son impact sur les gens."

"Tous les témoins nous décrivent Jesse comme un solitaire. Certains l’ont qualifié de sociopathe, mais ce terme désigne des gens dénués de conscience et d’émotions. Ce n’était pas le cas de Jesse : sujet à des comportements extrêmes, il pouvait aller de la colère à de longues périodes méditatives. Reste qu’il ne prêtait guère d’attention à son entourage et souffrait de sérieux problèmes psychologiques."

Pitt, qui a grandi à Springfield (Missouri), à 300 Km du lieu de naissance de James, s’appuya autant sur le travail de Hansen que sur son instinct d’acteur : "Jesse était quelque peu désorienté à ce stade de sa vie. Il sentait le piège se refermer sur lui, il en avait assez de fuir constamment, de devoir changer sans cesse d’identité. Et surtout, il se sentait dépassé par sa propre légende."

Pour Ridley Scott, qui offrit à Pitt son premier rôle marquant dans Thelma & Louise : "Brad nous livre ici un portrait complexe, dépouillé des clichés traditionnels des rôles "héroïques". Une interprétation qui prouve sa maturité et l’étendue de ses talents."

Casey Affleck, partenaire de Pitt dans la trilogie OCEAN’S 11/12/13, se passionna lui aussi pour le personnage de Robert Ford et ses multiples facettes.

Casey Affleck

"J’ai une grande affection pour Robert Ford. Je ne le considère pas comme un lâche. Le personnage évolue au fil d’une existence singulièrement désordonnée dont il perd graduellement le contrôle. Ce gosse qui idolâtrait Jesse à travers des romans à quat’ sous, va le rencontrer pour de bon, intégrer sa bande, participer à une attaque de train, se lier d’amitié avec lui. Cette relation ne va cesser de se compliquer jusqu’à ce que Robert soit finalement obligé de tuer Jesse. C’est un rôle touffu, complexe, qui à la fois m’excitait et m’intimidait."

"J’avais vu dix fois le film d’Andrew Chopper, dont je suis fan. J’étais prêt à jouer n’importe quel rôle pour lui. Par chance, il m’a proposé celui qui m’intéressait le plus."

Andrew Dominik

"Ford est le personnage auquel le spectateur tend à s’identifier, mais cette identification n’est pas de tout repos, car cet homme est profondément insécurisé et déconnecté. Il représente tout ce que vous n’aimez pas en vous."

Dede Gardner

"Au cours de la première audition, Casey a fait une très bonne impression sur Andrew. Celui-ci a notamment apprécié la façon dont il exprimait l’abattement et la tristesse du personnage. Mais Casey capte aussi très bien le côté "petit malin" de Ford ses débuts. L’homme est un mélange d’aplomb, d’arrogance, d’insécurité et d’innocence – cocktail délicat qui ne simplifiait pas l’attribution du rôle."

Casey Affleck

"Je me suis efforcé de me mettre dans la peau de Robert Ford. On a peu écrit sur lui, mais beaucoup sur Jesse, l’homme qui compta le plus dans sa vie. Pour cerner sa mentalité, j’ai appris tout ce qu’il m’était possible d’apprendre sur Jesse et l’image de lui qui était véhiculée par les journaux et les romans qui bercèrent la jeunesse de Ford et nourrirent sa dévotion et ses fantasmes. Une photo de Ford m’a aidé dans ce travail. Un cliché vous révèle beaucoup de choses sur une personne, à travers sa posture, son regard, son attitude. J’ai souvent puisé mon inspiration dans celui-ci."
"Casey s’est connecté quelque part avec Robert Ford, il a su le trouver en lui, et je pense que sa merveilleuse interprétation en témoigne", dit Jules Daly.

Sam Rockwell incarne Charley Ford, frère aîné de Robert. Charley se comporte d’abord en grand frère, tour à tour moqueur et protecteur, mais leur rapport s’inverse à mesure que Robert se rapproche de Jesse et gagne en aplomb. Bientôt, c’est le cadet qui donne les ordres face à un Charley de plus en passif et déphasé.

Sam Rockwell

"Charley n’est pas un dur. Pied-bot, il fait un effort constant pour dissimuler son handicap. C’est un homme fragile, frustré, trop heureux de faire partie de la bande et d’être l’ami de Jesse. Tous les témoignages indiquent qu’il aimait Jesse, que celui-ci le lui rendait et avait toute confiance en lui."
"Durant leur séjour chez les James, Charley et Bob commencèrent à éprouver un certain désenchantement, mêlé de peur, à l’égard de Jesse. Charley n’était pourtant pas prêt à aider Bob à trahir ou tuer son ami. Il était donc en conflit, avec le désir d’être à la fois loyal à Jesse et à Bob. C’était impossible, et il en conçut une profonde culpabilité ".

  Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=49309-note-43200.html
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