Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Saisons
Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 06 septembre 2007
Sicko
 Projection le jeudi 13 septembre 2007
A mighty Heart
 Projection le jeudi 20 septembre 2007
Curse of the golden flowers
 Projection le jeudi 4 octobre 2007
Un secret
 Projection le jeudi 11 octobre 2007
Persepolis
 Projection le jeudi 18 octobre 2007
Michael Clayton
 Projection le jeudi 25 octobre 2007
Délice Paloma
 Projection le jeudi 8 novembre 2007
L'Heure zéro
 Projection le jeudi 15 novembre 2007
Eastern Promises
 Projection le jeudi 22 novembre 2007
Cow-boy
 Projection le jeudi 29 novembre 2007
La France
 Projection le jeudi 6 décembre 2007
The Golden Age
 Projection le jeudi 13 décembre 2007
The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
 Projection le jeudi 20 décembre 2007
Les Animaux amoureux
 Projection le jeudi 10 janvier 2008
Before the Devil Knows You're Dead
 Projection le jeudi 17 janvier 2008
No Country for Old Men
 Projection le jeudi 24 janvier 2008
Sweeney Todd
 Projection le jeudi 31 janvier 2008
In the Valley of Elah
 Projection le jeudi 21 février 2008
Paranoid Park
 Projection le jeudi 28 février 2008
Auf der anderen Seite
 Projection le jeudi 6 mars 2008
La graine et le mulet
 Projection le jeudi 13 mars 2008
The Darjeeling Limited
 Projection le Jeudi 20 mars 2008
Il y a longtemps que je t'aime
 Projection le Jeudi 10 avril 2008
Leatherheads
 Projection le Jeudi 17 avril 2008
The Mark Of Cain
 Projection le Jeudi 24 avril 2008
Se jie (Lust Caution)
 Projection le jeudi 08 Mai 2008
Le Grand Alibi
 Projection le Jeudi 15 mai 2008
Shine a light
 Projection le Jeudi 22 mai 2008
There will be blood
 Projection le Jeudi 29 mai 2008
It's a free world
 Projection le Jeudi 5 juin 2008
Into the wild
 Projection le Jeudi 12 juin 2008
Grace is gone
 Projection le Jeudi 19 juin 2008
La visite de la fanfare
 Projection le Jeudi 26 juin 2008
Deux jours à tuer
 
 
 
Before the Devil Knows You're Dead (7h58 ce samedi-là) réalisé par Sidney Lumet
   
Titre original Before the Devil Knows You're Dead
Titre français 7h58 ce samedi-là
Réalisation Sidney Lumet
Scénario Kelly Masterson
Interprétation Seymour Hoffman (Andy Philip), Ethan Hawke (Hank), Marisa Tomei (Gina), Albert Finney (Charles), Aleksa Palladino (Chris), Michael Shannon (Dex), Amy Ryan (Martha), Sarah Livingston (Danielle), Brian F. O'Byrne (Bobby), Rosemary Harris (Nanette) ….
Musique Carter Burwell
Photographie Ron Fortunato
Pays U.S.A.
Année 2007
Durée 1h 56min.
Genre Policier, Thriller, Drame
Production Michael Cerenzie, William S. Gilmore, Brian Linse & Paul Parmar
Site officiel  
Scoops  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Projection le Jeudi 10 janvier 2008
Le film est projeté en version originale sous titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Ce samedi matin-là, dans la banlieue de New York, tout semble normal dans la vie des Hanson. Alors que le père passe un test de conduite, sa femme ouvre la bijouterie familiale. Leur fils aîné s'inquiète du contrôle fiscal qui débute lundi. Et comme d'habitude, son frère cadet se noie dans ses problèmes d'argent. Mais à 7h58, ce samedi-là, tout va basculer ... C’est le grand retour de Sidney Lumet qui signe une œuvre lorgnant sur des films comme "Mystic River" de Clint Eastwood ou "La Nuit Nous Appartient" de James Gray ... Une sombre tragédie autant qu’un film brillant.
 
 
 Boston Society of Film Critics Awards 2007
 
  • Award du meilleur casting (Best Ensemble Cast)
 Los Angeles Film Critics Association Awards 2007
 
  • Award du meilleur second rôle féminin (Best Supporting Actress) décerné à Amy Ryan
 Satellite Awards 2007
 
  • Award du meilleur ensemble d'acteurs (Best Ensemble)
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fiches du cinema
  7h58 ce samedi-là (un titre français qui ne rend pas hommage à la poésie du titre original, tiré d’un toast irlandais) nous plonge dans les méandres d’une famille sans histoire, qui va être frappée par la tragédie par la faute de ses enfants. Le scénario de Kelly Masterson fragmente l’histoire suivant les points de vue de chaque membre de la famille, auscultant chaque évènement qui mènera finalement au braquage raté et à la fusillade qui coutera la vie à la mère, Nanette. Dans la première partie du film, Lumet oppose les points de vue des deux frères : l’un, au bord du gouffre, tente de conserver ses principes, tandis que l’autre, plus pragmatique, ne cherche que son intérêt personnel. La seconde partie a la bonne idée d’élargir sa portée au patriarche (Albert Finney, émouvant). Lumet n’a pas perdu la main, et le découpage du film impose une tension dès les premières séquences. La filiation avec ses grands chefs d’œuvres est évidente : si la persévérance du personnage de Finney rappelle celle du Pacino de Serpico , le désespoir d’un Hank le ferait pencher du côté du John Cazale d’ Un après-midi de chien . Reste le problème que pose Andy, incarné par le toujours excellent Philip Seymour Hoffman : son personnage apparaît en fin de compte trop négatif par rapport à l’ensemble de la famille, même s’il offre à l’acteur un beau rôle de composition. La conclusion, elle, met l’accent sur la dimension hautement tragique de l’œuvre, et dénote avec la formulation narrative de l’ensemble.
  Source : http://www.fichesducinema.com/spip/article.php3?id_article=274
   
mon cinema - Aleksi K. Lepage
 

Étrangement monté, sans toujours suivre les évènements de façon chronologique, mélangeant passé, présent et futur à coups de flashbacks et de sauts dans le temps, Before the Devil Knows You're Dead n'a cependant rien d'un thriller à gimmick formel, façon Memento. On comprend assez vite qu'il s'agit là, au fond, sous le costume du thriller, d'une sorte de drame familial d'une tristesse inouïe. On n'ose en dire davantage ici afin de vous préserver le punch qui n'a vraiment rien de jojo.

Personnages antipathiques, montage un peu retors, couleurs glauques, lenteurs maussades, atmosphère et musique pâles et funèbres, Before the Devil Knows You're Dead, malgré une publicité généreuse, ne sera pas du top 10 au box-office. Ce film «vieille école", réalisé avec méthode et grand soin, est peut-être le chant du cygne d'un cinéaste qui, en presque 60 ans de métier, n'a pas que «livré la marchandise" mais offert quelques grands moments de cinéma américain (12 Angry Men, Dog Day Afternoon, Serpico, Network).

À moins que le bonhomme ait encore l'énergie et l'enthousiasme de pondre un autre film, on dira, sans crier au génie, que le vieux Lumet termine très honorablement sa carrière par une oeuvre sombre, lente, à mille lieues des modes, donc indémodable; une oeuvre sans compromis.

  Source : http://moncinema.cyberpresse.ca
   
showbizz - Helen Faradji
 

Mis en scène avec une ruse absolue et une précision redoutable, le film suit en alternance les quatre membres de la famille avant et après l’événement dramatique, adoptant à chaque fois leur propre point de vue. Simple, efficace et net, il crée ainsi un rythme prenant, encore souligné par des astuces de montage élégantes et laisse alors à ses acteurs toute la place nécessaire pour exercer leur art. Et art il y aura. D’abord chez Ethan Hawke en petit frère fébrile et angoissé, puis chez Marisa Tomei en épouse trophée très convaincante et Albert Finney (une deuxième fois chez Lumet après Murder on the Orient Express en 1974) en père résolu. Mais surtout chez Philipp Seymour Hoffman absolument renversant – comme toujours pourrait-on dire, mais on ne se lassera probablement jamais de le souligner- en grand frère aussi mal dans sa peau que dans sa vie. Encore une fois, le titre souvent donné à Lumet de magnifique directeur d’acteurs se vérifie. Pour les beaux yeux du cinéaste, chacun donne alors une épaisseur et une densité extraordinaires à ces personnages au bord de l’abîme, au cynisme affreux.

Peignant en noir corbeau un portrait de l’Amérique avide, sans morale ni espoir, fouillant dans ce que les âmes peuvent receler de plus malsain, «Before the Devil Knows You’re Dead" souffre peut-être de quelques longueurs et d’une musique parfois trop soulignée. Des maigres défauts qu’une séquence finale aussi bouleversante que terrifiante viendra pourtant balayer de son souffle grandiose et malveillant. On en sort avec un poids énorme sur la poitrine mais aussi avec l’impression d’avoir vu un maître à l’œuvre.

  Source : http://www.showbizz.net/section_critiques_cinema.php?Id=2154
   
media film - Martin Bilodeau
  Contrairement à ce que ses récents opus laissaient croire, Sidney Lumet (NETWORK, THE VERDICT) n’a pas perdu la main. À 83 ans, ce radiographe des peurs et des tourments de l’Amérique (la justice sociale constituant le pivot de ses films depuis 12 ANGRY MEN, en 1957) semble toutefois avoir perdu espoir en l’humanité. À preuve: cette puissante et captivante réflexion sur l'état lamentable des moeurs contemporaines. Le scénario astucieux du dramaturge Kelly Masterson, digne d’une tragédie grecque, raconte les jours qui ont précédé et suivi le drame, en alternant les points de vues des trois protagonistes masculins, de sorte que chaque séquence éclaire rétrospectivement la précédente. Le sujet, mais également le traitement (plans larges, lumière blafarde, musique inquiète, etc.) réveillent en nous le souvenir bienheureux et douloureux des SERPICO et DOG DAY AFTERNOON, du même Lumet. Sa mise en scène solide, génératrice d’une tension psychologique constante, met en valeur les talents de Philip Seymour Hoffman, Ethan Hawke et Albert Finney, impeccables dans des rôles riches et contrastés.
  Source : http://www.mediafilm.ca/films-detail.asp?Id=1872
   
 le cinema - Martin Gignac
 

La structure du récit ressemble à trois poupées russes qui s'emboîtent continuellement l'une par-dessus l'autre, et ce, pendant deux heures. La prémisse s'attarde à Hank, elle revient dans le temps avec Andy, repart de plus belle vers l'avant, pour retourner en arrière auprès de Charles. Et hop, un nouveau crochet vers le cadet, l'aîné, le patriarche, etc. Heureusement, ce procédé ne se veut pas trop confus. Les sauts se déroulent subtilement et il y a souvent de l'information écrite directement à l'écran pour ne pas perdre le spectateur.

Cette spirale, si elle finit par titiller la patience dans la dernière demi-heure, est un excellent moyen de raconter une histoire qui s'apparente beaucoup au film noir classique. Les imprévus bouleversent les situations qui se dérèglent, amenant avec elles malheurs et inconforts. Le scénario, immuable et imposant, s'avère diabolique, très ingénieux, devenant de plus en plus sombre à mesure qu'approche cette conclusion terrible et définitive. Sans doute que les frères Coen auraient été heureux de baigner dans cette atmosphère de plus en plus étouffante.

La réalisation de Lumet, solide et efficace, est également soignée dans ses quelques plans-séquences, sa juxtaposition d'ombres et son utilisation envoûtante de la musique de Carter Burwell (justement complice des frangins Coen depuis Blood Simple). Le créateur du brillant Prince of the City est toutefois reconnu pour sa direction d'acteurs et ici, elle est pratiquement sans faille. D'American Gangster à No Country For Old Men, les œuvres américaines sorties dans les dernières semaines ne laissent pas beaucoup de place au sexe féminin et Before the Devil Knows You're Dead ne fait pas exception. Les femmes sont généralement invalides, décédées, rouspéteuses ou carrément nues, comme cette Marisa Tomei qui fait office de trophée. Les erreurs et les folies meurtrières concernent plutôt les hommes. Ethan Hawke par ricochet qui ne sait pas comment réagir et qui passe son temps à prendre la fuite. Albert Finney en filigrane réagira d'une drôle de façon à toute cette violence. Et surtout Philip Seymour Hoffman, très bien dans The Savages (qui sortira en décembre) mais qui trouve ici son meilleur rôle depuis Capote. Ensemble, ces trois hommes font des flammèches, et ce, même s'ils finiront par s'électrocuter.

Dans son message tempéré et critique, ce nouveau récit de Lumet s'apparente beaucoup à celui de l'excellent We Own the Night. La famille fait mal et elle divise ses troupes de façons qui dépassent l'imagination.

  Source : http://www.lecinema.ca/critique/1348/
   
 calendrier culturel - Richard Gervais
 

Sidney Lumet démontre son sens aigu de l’analyse de personnages excessifs dans sa plus récente réalisation. Before the Devil Knows You’re Dead constitue une captivante descente aux enfers d’individus ne reculant devant rien pour regarnir leurs comptes en banque.

Ce thriller de haut vol au suspense parfois insoutenable provient de la scénariste Kelly Masterson dont c’est la première incursion au cinéma. Son récit stupéfiant accumule les situations dramatiques sans qu’on puisse lâcher prise. S’amusant à construire et à déconstruire son intrigue, elle bouleverse avec talent la chronologie des événements.

Quant au casting, c’est un véritable coup de maître. Albert Finney excelle comme toujours, Ethan Hawke joue à merveille le frérot maladroit et Marisa Tomei est efficace et séduisante. Quant aux fans de Philip Seymour Hoffman, ils jubileront; il y incarne un personnage marquant, presque autant que dans Capote, ce qui n’est pas peu dire.

Before the Devil Knows You’re Dead est un film splendide, à tous points de vue.

  Source : http://www.calendrierculturel.com/beforec.htm
   
 le devoir - Martin Bilodeau
 

Le scénario du dramaturge Kelly Masterson, un nouveau venu au cinéma, raconte les jours qui ont précédé et suivi le drame, en alternant les points de vue. De sorte que chaque séquence éclaire rétrospectivement la précédente, en creusant le sillon individuel des personnages, révélant ainsi l'ampleur de sa solitude et de son impuissance. À mi-parcours, le père, rêvant que justice soit faite, ouvre son enquête et découvre ce qu'on sait déjà. Quelle sera la réaction de ce vieil homme face à une vérité aussi monstrueuse? C'est là qu'on sent que le regard de Finney, impeccable dans le rôle du père sanguin et éventuellement sans coeur, s'aligne sur celui de Lumet. Et que le discours du film, tourné à la manière d'un thriller des années 70 (plans larges, lumière blafarde, musique inquiète), prend tout son sens, et surtout toute sa force.

De fait, ce 45e long métrage de Sidney Lumet, le plus prolifique de sa génération, est sans contredit son meilleur depuis Night Falls on Manhattan, en 1997. À des degrés divers, on y retrouve tous les thèmes chers au créateur de Network: les pièges de la convoitise, la dissolution des repères moraux, la lâcheté des hommes, l'intérêt des individus, qui va toujours dans le sens contraire des intérêts du plus grand nombre. Mieux: on découvre à Before the Devil Knows You're Dead des parentés thématiques et esthétiques avec certains des meilleurs films de Lumet: The Verdict (pour sa réflexion sur l'innocence), Dog Day Afternoon (pour sa révolte désespérée et la forme narrative privilégiée) et Long Day's Journey Into Night (pour la prison familiale).

De fait, il y a du Eugene O'Neil (et de la tragédie grecque) dans cette sourde rivalité des deux frères, magnifiquement campés par Ethan Hawke (l'innocent pas si innocent que ça) et Philip Seymour Hoffman (le vilain vulnérable), à l'amour propre blessé par le père qu'ils ont déçu et qui, en voulant se racheter socialement, tombent dans tous les pièges. Devant le jury de Douze hommes en colère, sans doute auraient-ils été innocentés. Le verdict de Sidney Lumet à l'endroit de ses personnages est tout aussi empreint de mansuétude. Et cela même si le monde dans lequel ils évoluent est à jeter aux poubelles.

  Source : http://www.ledevoir.com/2007/11/24/165768.html
   
 comme au cinema - Christophe Maulavé
 

Le film repose sur une histoire racontée par petits bouts et dans le désordre. Au centre il y a le cambriolage d’une bijouterie qui tourne mal, et l'on découvrira au fur et à mesure ce qui s’est passé avant avec des flashbacks, ainsi que les conséquences du hold-up par la suite.

Cette narration avec ses nombreux retours en arrière n’a rien d’un effet de style, c’est plutôt ce style qui donne de l’effet au film. Le suspense naissant du besoin de découvrir comment plusieurs personnages se retrouvent reliés à un hold-up dramatique, la vraie tension du film viendra de cette chronologie perturbée. Sous cette forme, le film s’attache à montrer les causes d’un évènement, et leurs conséquences. Philip Seymour Hoffman et Ethan Hawke interprètent avec beaucoup de conviction deux frères, qui tour à tour décident ou subissent. De quoi se lamenter d’être le jouet du destin comme dans Shakespeare ("Oh, I am fortune's fool !" s’écrie Roméo) quand un espoir de vie meilleure mène à sa perte. Hoffman et Hawke sur-jouent un peu parfois, comme si l’un voulait passer pour meilleur acteur que l’autre. Autour d’eux il y a aussi Marisa Tomei en épouse trouble et Albert Finney en père troublé. Soit un carré d’as d’acteurs qui participe à l’intensité dramatique de l’histoire.

Le titre original "Before the devil knows you’re dead" évoque les choix malheureux que l’on peut faire : puissiez-vous être au paradis avant que le diable n’apprenne votre mort. 7h58 Ce Samedi-là commence directement par un cambriolage qui dérape, va suivre et précéder un engrenage de souffrances psychologiques qui va engendrer un engrenage de violences imprévisibles. Sidney Lumet réussit là une sombre tragédie autant qu’un film brillant.

  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 Telerama - Pierre Murat
  Lumet a le talent sans égal de révéler des abîmes de cynisme, tant chez les personnages que chez les spectateurs
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 Le Point - F.-G. L.
  "On pense avoir affaire à un thriller, mais c’est une tragédie familiale d’une noirceur phénoménale"
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 Studio - Thomas Baurez
  "En restant au plus près de chaque individu, l’histoire racontée respecte les codes de la tragédie américaine, qui voit en chaque homme le dépositaire de son destin."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 Elle - Florence Ben Sadoun
  "C’est avant tout un film à la mise scène brillante, signée par Sidney Lumet qui, à 83 ans aujourd’hui, déborde d’énergie et de créativité."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 Les Inrocks - Amélie Dubois
  "(…) Une véritable onde sismique nous traverse à la découverte à la découverte du dernier opus du cinéaste américain."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 20 Minutes
  "Ce thriller au suspense diabolique est emporté par les prestations conjuguées de Philip Seymour Hoffman, Ethan Hawke et Albert Finney."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 Libération - Gilles Renault
  "Le tout nouveau 7 h 58 ce samedi-là, dans sa funeste grandeur, appartient clairement à la catégorie "haut du panier", qui pétrit encore la même pâte tragique pour la faire monter avec toute la dextérité d'un artisan dont on serait bien en peine de déceler l'âge canonique."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 Le Figaro - Thomas Sotinel
  "Le cinéma de Lumet (…) prend une urgence et une violence qu’il n’avait atteintes que rarement, sans qu’aucune lueur d’espoir, aucune pause ne vienne soulager la tension permanente."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 TéléCinéObs - F.F
  "(…) le film est une mosaïque brillante, avec des retournements extraordinaires."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 Paris Match - A. S.
  "Le grand Lumet chorégraphie avec maestria et vivacité cette spirale démoniaque qui va précipiter toute une famille dans un chaos fatal."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
   
 CinéLive - Marc Toullec
  "Sobre dans l’art du cadrage et mesurant au cordeau le moindre effet dramatique, la mise en scène tire le meilleur des comédiens et d’un scénario diaboliquement agencé."
  Source : http://www.commeaucinema.com/film=7h58-ce-samedi-la,84709.html
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comme au cinema
 

Il aura fallu cinq ans pour que le jeune producteur Michael Cerenzie se jette à l’eau et adresse le scénario de 7h58 Ce Samedi-là, premier script de Kelly Masterson, à un cinéaste aussi réputé que Sidney Lumet. Mais Cerenzie était persuadé, malgré l’absence de casting et de financement, qu’il était fait pour le réalisateur : "Le scénario était extrêmement bien écrit, avec une structure narrative intéressante et des personnages forts ". Et il avait raison, c’est Lumet en personne qui l’a rappelé pour lui faire part de son appréciation : "J’ai trouvé que c’était une histoire formidable, surprenante de page en page. J’étais ravi... Cupidité, culpabilité, trahison et vengeance, tout y était. J’ai pensé à quelques modifications et comme c’était plus facile, plus rapide et probablement moins cher, j’ai préféré les faire moi-même ". Il y voyait un vrai mélodrame fait de "blessures et d’affronts que vous gardez pour vous pendant cinq ou dix ans voire une vie entière... ".

Un mélodrame donc, un drame populaire où l’exagération de l’expression, des gestes, des sentiments prédomine : "Le mélodrame a une portée très large. Ce qu’il demande de vous, c’est de faire taire l’incrédulité pour des circonstances de plus en plus monstrueuses ". Lumet défend son point de vue face à tous ceux, comme Michael Cerenzie, qui ne verraient dans ce film qu’un "thriller dramatique " : "Si vous travaillez sur un drame bien fait, l’histoire doit réellement sortir des personnages […] Les mélodrames sont vraiment remarquables quand l’écriture ou la réalisation, aidés par le talent des acteurs, peuvent représenter l’histoire de ces personnages sans jamais avoir à en dire davantage sur eux ".

Cette histoire de deux frères ordinaires, entraînés dans une spirale d’évènements épouvantables à cause des leurs mauvaises décisions, est une réelle tragédie familiale. Une tragédie comme au théâtre dont sont issus les acteurs principaux du film : Philip Seymour Hoffman, Ethan Hawke, Marisa Tomei ou encore Albert Finney. Et on leur attribue beaucoup, et notamment le co-producteur William Gilmore, persuadé que "le projet dépendait avant tout beaucoup du choix des acteurs ". Cerenzie raconte que "Sidney, en lisant le script, avait quasiment la distribution en tête. C’était littéralement gravé dans son esprit ".

Pour Lumet, "Philip Seymour Hoffman est aujourd’hui l’un des meilleurs acteurs aux Etats-Unis. Marisa Tomei est un trésor. Il n’y a pas deux prises qui soient pareilles avec elle et toutes sont vraies. Ethan Hawke est véritablement un acteur qui travaille ses rôles. Quant à Albert Finney, c’était très émouvant pour nous deux de travailler de nouveau ensemble. Il est resté toujours aussi humble, à la fois modeste, respectueux du travail des autres, et très généreux ".

  Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=84709.html
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comme au cinema
 

Interview de Sidney Lumet

Depuis 2000, on vous croyait définitivement retourné à la télé et voilà qu’en l’espace de deux ans, vous venez de signer deux films. Qu’est-ce qui vous a donné envie de revenir au cinéma ?

En fait, je crois que je n’ai jamais vraiment quitté la télévision ou le cinéma. Les deux n’ont jamais cessé de m’intéresser car ce sont deux moyens d’expression très différents, qui offrent des choses très variées.

Vous êtes quand même resté absent des écrans de cinéma durant 7 ans, entre Gloria et Jugez-moi coupable

7 ans ??? Non, ce n’est pas possible, je ne crois pas être resté 7 ans sans faire un film… (il s’empare du dossier de presse du film et y consulte sa filmographie) Voyons voir, Gloria en 1999 et Jugez-moi coupable… en 2006 ! Vous avez raison… En fait, ce qui s’est passé, c’est que j’ai assisté entretemps à une démonstration de caméra Haute Définition. J’en suis aussitôt tombé amoureux. Avec ce nouveau matériel, il y a une solution pour chaque problème, c’est très différent des caméras 35mm, beaucoup plus maniable. Et en plus, ça vous permet de restituer ce que les choses sont réellement.

En plus de 100 ans de cinéma, il y a eu de magnifiques images mais jamais on a réussi à capter le VRAI bleu du ciel ou le VRAI vert de l’herbe. Et si vous voulez faire un film naturaliste comme Un après-midi de chien, la première des choses à faire, c’est de faire sentir au spectateur qu’il s’agit d’une histoire qui est vraiment arrivée. Sans ça, il s’agira d’un tout autre film. Et, à l’époque, même si nous avons fait de notre mieux, nous ne sommes pas parvenus à restituer cet aspect visuel dans toute sa réalité. Le bleu du ciel est bleu mais ce n’est pas le vrai bleu du ciel. Et donc, quand j’ai découvert la vidéo HD, lors d’une démonstration chez Sony à New York, j’ai été estomaqué. C’était une scène de rue, à Broadway, et on y voyait quatre flics noirs. Et bien on voyait carrément les différentes nuances de peau de ces quatre policiers !

Et ça, c’est quelque chose qui est impossible avec la pellicule ! J’ai réalisé qu’il y avait là quelque chose de très intéressant et j’ai donc décidé de lancer la série Tribunal central. C’était une très bonne série, produite pour le câble, ça racontait le quotidien et les coulisses de la Cour de Justice de New York. Ça n’a pas été un carton, la série a duré à peine deux saisons mais ça m’a permit de me familiariser avec la HD. 7h58 ce samedi-là a été réalisé comme ça, je voulais avoir un style proche du reportage télé. J’ai utilisé deux ou trois caméras par scène et je pouvais souvent filmer une scène entière en une seule prise, en faisant mes champs/contre-champs en direct. Aujourd’hui, maintenant que j’ai découvert la HD, je ne veux plus travailler autrement.

Avez-vous suivi les travaux de vos collègues qui se sont eux aussi intéressés à la HD ? Je pense notamment à Michael Mann avec Collateral

Bien sûr. Mann n’aurait jamais pu faire ce film en 35mm. Enfin, je veux dire qu’il aurait pu le faire mais que cela lui aurait pris neuf ans et qu’il aurait dû utiliser toute l’électricité de Californie pour arriver à un tel résultat. (rires) Avec la HD, non seulement vous avez besoin de moins d’éclairage mais en plus vous pouvez obtenir une image encore plus stylisée qu’avec la pellicule. La HD, c’est le nec plus ultra parce que tout est électronique, alors que pour la pellicule, il y a une part du processus qui est chimique. Et puis, les caméras sont plus petites, plus légères, c’est un vrai plaisir de tourner, une libération.

Pourquoi ce casting, qui contient pas mal de nouvelles têtes dans votre univers ?

Je trouve qu’il y a, à l’heure actuelle, une génération d’acteurs particulièrement brillants. Je ne me souviens pas d’une telle richesse par le passé. Regardez Brad Pitt dans Babel, par exemple, il est formidable. Et tous ces comédiens ne sont pas juste des bêtes de studio. Ils s’intéressent à plein de choses, produisent des films de qualité… Des gars comme George Clooney ou Matt Damon tournent dans des grosses machines pour avoir ensuite la liberté de faire de plus petits films qui leur tiennent à cœur. C’est sans doute l’héritage de la génération d’Al Pacino, de Robert de Niro ou Meryl Streep mais franchement, les jeunes acteurs américains actuels m’enthousiasment vraiment.

Comment arrivez-vous à trouver l’équilibre entre les mots et l’image ?

Cet équilibre est toujours un problème. (long silence) Dans les drames, il y a la plupart du temps une énorme emphase sur le visuel, on en rajoute plus que ce que nécessite l’histoire. Bon nombre de grands metteurs en scène se concentrent sur cet aspect. Je vais bientôt me rendre au Festival de Toronto et ils m’ont demandé de donner une master class. Pour ce faire, j’ai choisi de faire projeter Les Plus belles années de notre vie de William Wyler. C’est un très grand film, non seulement par son sujet, par les performances de ses acteurs mais aussi par sa simplicité. C’est une magistrale leçon de cinéma.

Il y a une scène où l’un des personnages rentre chez lui après plusieurs années d’absence. Au petit matin, il frappe à la porte. Son fils lui ouvre puis sa fille arrive et, devant leur étonnement, il leur fait signe de se taire. En face de lui, à l’autre bout d’un long couloir surgit sa femme. Lors d’un long plan large, il la rejoint alors lentement, sous le regard des enfants, et la serre dans ses bras. Ce plan est d’une magnifique simplicité. Il n’y a aucun effet de montage, aucun insert de gros plan, et pourtant ça vous brise le cœur. Wyler est un des cinéastes de l’âge d’or d’Hollywood les plus sous-estimés, simplement parce qu’il a connu beaucoup de gros succès. C’est assez énervant cette facilité à dénigrer artistiquement les gens qui ont du succès.

Wyler a été la victime de ce genre de préjugés, de même qu’un Spielberg aujourd’hui. J’ai toujours admiré la simplicité et la rigueur de cinéastes comme Wyler, John Ford, Jean Vigo ou même Bergman. Ce sont des gens qui respectaient le spectateur, parce qu’ils comptaient sur son intelligence et sur sa faculté à s’émouvoir. Aujourd’hui, la plupart des grands cinéastes complexifient leurs films à dessein, prennent du recul, truffent leurs scènes d’éléments disparates… Je ne parle pas de films comme Star Wars, évidemment, qui relèvent clairement d’un autre genre, mais je parle des drames en l’occurrence. Beaucoup de cinéastes actuels qui traitent ce genre refusent la simplicité.

Et pourtant, 7h58 ce samedi-là présente une narration assez complexe, bourrée de flashbacks

C’est vrai. En ce qui concerne le mélodrame, c’est autre chose. Pour moi, la meilleure chose qui puisse arriver à un mélodrame, c’est de devenir plus qu’un mélodrame. L’un des aspects essentiels du mélodrame, c’est que le spectateur doit être déstabilisé. L’histoire, l’intrigue, la trajectoire des personnages doivent être surprenantes. 7h58 ce samedi-là a été délibérément écrit comme ça, de manière à ce que la chronologie y apparaisse éclatée. En même temps, le challenge était de ne jamais perdre le spectateur là-dedans, d’éviter à tout prix la confusion. Si vous vous demandez à un moment "Mais à quel moment sommes-nous ?", là, c’est le désastre. Et en plus de ça, il fallait également fuir comme la peste l’instrumentalisation des personnages, ne pas les montrer comme des pantins à la merci de nos bidouillages structurels. Pour ça, il fallait toujours montrer ce que cette série d’événements entraîne pour chaque personnage, dans sa vie de tous les jours mais aussi et surtout dans sa vie intérieure. C’est le propre de ce genre de films.

L’histoire impose le style du film

Exactement. Toujours. En ce qui me concerne en tout cas. C’est mon grand désaccord, depuis des années, avec la théorie des auteurs. (rires)

Vos héros ont souvent été des battants, des hommes qui avancent coûte que coûte pour savoir qui ils sont vraiment. Pourtant, les personnages de 7h58 ce samedi-là sont d’authentiques héros de tragédie, marqués par l’engrenage implacable du destin. Est-ce que cela reflète votre vision actuelle de la vie ou bien étiez-vous simplement intéressé par les mécanismes narratifs d’une telle histoire ?

J’espère que ça reflète ma vision de la vie. Je ne suis pas un optimiste mais …

Vous croyez en l’être humain ...

Juste ce qu’il faut. (rires) Après, pour revenir au côté tragique du film, c’est surtout qu’il s’agit ici de personnes irrattrapables : elles ont fait des choses terribles. Même si ce n’était pas leurs intentions premières, leur comportement aboutit quand même à un véritable carnage, à un désastre. Il n’y a pas de hasard, il y a toujours des conséquences à payer quand on entreprend quelque chose. Et c’est ce qui fait, pour moi, que le film devient un peu plus qu’un mélodrame. Attention hein, je ne m’excuse pas ici d’avoir fait un mélodrame, j’adore ce genre et je ne comprends pas pourquoi il est si méprisé. Mais je dois quand même dire que mon film est plus sombre que ne l’est un mélodrame en général. Après, quant à savoir si je suis devenu plus pessimiste que par le passé… Je ne sais pas… Je n’ai pas de prétentions et je n’aime pas jouer les grandes consciences mais… Peut-être est-ce dû à… (il cherche ses mots) Vous savez, c’est quelque chose d’assez incroyable de vivre aux Etats-Unis à l’heure actuelle, avec la guerre, toute cette folie… Cela dure depuis de nombreuses années et là aussi, à l’origine, ça a dû partir d’une toute petite chose, qui a fait boule de neige et qui a entraîné tous ces massacres.

Justement, en tant que cinéaste new-yorkais, qu’est-ce qu’a changé le 11 septembre 2001 dans votre vie ?

Je ne sais pas. Ça nous a tous changés, ça c’est sûr. Vous savez, je suis un vétéran de la Seconde Guerre mondiale et je n’ai jamais rien vu de tel que ce qui s’est passé ce jour-là à New York. Jamais. Ce matin-là, je traversais le pont pour me rendre dans le Queens, au studio où je travaillais. Il faisait un temps magnifique, j’avais rarement vu un aussi beau ciel au-dessus de la ville. Je n’oublierai jamais ce que j’ai vu alors : la seconde tour ne se contentait pas de brûler, il en émanait, emporté par le vent, un torrent de papiers. Les papiers des bureaux. C’était comme une longue ligne blanche qui traversait la rivière en direction de Brooklyn. Je n’avais jamais vu ça. Toutes les voitures roulaient au ralenti, les gens regardaient tous ce terrible spectacle… Curieusement, je sais bien que ça n’est sans doute qu’une impression, mais depuis, il semble que la ville n’a jamais été aussi belle, il fait un temps splendide depuis six ans. En plus, New York est devenue l’une des villes les moins chères au monde. Beaucoup d’étrangers sont venus s’y installer, il y a comme un esprit de concorde qui flotte dans l’air. C’est une ville qui a su rester très humaine, sans doute parce qu’elle résiste à l’emprise de l’administration.

Vous avez été l’un des rares, à l’époque, dans le milieu du cinéma américain, à ne pas céder à une sorte de psychose culpabilisatrice. Vous avez d’ailleurs déclenché une polémique en retournant travailler sur votre série Tribunal central dès le 12 septembre ...

C’est vrai. Tout le monde était paralysé. J’ai alors dit à mon équipe : "Si vous êtes nerveux, si vous voulez rentrer chez vous, je vous en prie, rentrez. Mais si vous restez, je vous préviens, nous allons continuer à tourner.". Et ils sont restés. Le travail, c’est tout, dans la vie. C’est très important. Ce qu’ils ont fait en détruisant ces deux tours est suffisamment horrible pour ne pas rester dans la même logique négative. Ceux qui le pouvaient se devaient de réagir et de continuer à vivre. Le lendemain, nous avons donc repris le travail. Je sentais beaucoup de ressentiment à cause de ça, l’atmosphère était assez lourde. Mais le jour d’après, nous sommes partis tourner en extérieurs. Là encore, il faisait très beau et quelque chose semblait avoir changé. J’ai senti que tout le monde s’était d’un seul coup détendu. Les membres de l’équipe m’ont alors dit : "Vous aviez raison, il valait mieux continuer à travailler plutôt que de rester chez nous à regarder encore et encore les mêmes images de destruction à la télé.".

Vous tournez depuis plus de 50 ans, vous avez connu le succès et les honneurs, parmi lesquels l’hommage que vous rend actuellement la Cinémathèque Française. Que ressentez-vous quand vous regardez en arrière ?

Ça va vous paraître étrange, mais je ne regarde jamais en arrière. Je ne revois pas mes films, ni à la télé, ni en vidéo. Quand on vient me chercher pour présenter l’un de mes films dans un cinéma ou un festival, je viens dire ce que j’ai à dire puis je m’en vais, je ne reste pas avec le public pour regarder le film. Ce n’est pas parce que je ne suis pas curieux, c’est juste parce que, une fois qu’il est terminé, je ne peux plus rien faire pour le film. C’est fini. La carrière que j’ai eu, les grands acteurs que j’ai dirigé, tous les gens formidables avec qui j’ai travaillé, je n’ai qu’une chose à dire là-dessus : j’ai eu beaucoup de chance. J’ai eu la chance de savoir où était ma place dans la société et de faire de belles rencontres, c’est tout.

Et quand vous regardez devant vous alors ?

Pour ce qui est du monde, ce n’est pas très rose. Politiquement, j’ai peur que nous nous acheminions peu à peu vers un désastre. Par contre, en ce qui me concerne, j’ai toujours envie de travailler. La Haute Définition est une véritable aubaine. C’est une bénédiction que de pouvoir continuer à tourner à mon âge, avec une caméra qui tient dans la main. Là, normalement, je vais enchaîner avec un nouveau film baptisé Getting Out. C’est un drame et un film d’action, ça parlera d’une évasion de prison. J’ai hâte de le tourner.

Propos recueillis et traduits par Arnaud Bordas (un grand merci à Jean-Christophe Buisson)

  Source : http://www.dvdrama.com/news2.php?id=22258&page=2
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