Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 06 septembre 2007
Sicko
 Projection le jeudi 13 septembre 2007
A mighty Heart
 Projection le jeudi 20 septembre 2007
Curse of the golden flowers
 Projection le jeudi 4 octobre 2007
Un secret
 Projection le jeudi 11 octobre 2007
Persepolis
 Projection le jeudi 18 octobre 2007
Michael Clayton
 Projection le jeudi 25 octobre 2007
Délice Paloma
 Projection le jeudi 8 novembre 2007
L'Heure zéro
 Projection le jeudi 15 novembre 2007
Eastern Promises
 Projection le jeudi 22 novembre 2007
Cow-boy
 Projection le jeudi 29 novembre 2007
La France
 Projection le jeudi 6 décembre 2007
The Golden Age
 Projection le jeudi 13 décembre 2007
The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
 Projection le jeudi 20 décembre 2007
Les Animaux amoureux
 Projection le jeudi 10 janvier 2008
Before the Devil Knows You're Dead
 Projection le jeudi 17 janvier 2008
No Country for Old Men
 Projection le jeudi 24 janvier 2008
Sweeney Todd
 Projection le jeudi 31 janvier 2008
In the Valley of Elah
 Projection le jeudi 21 février 2008
Paranoid Park
 Projection le jeudi 28 février 2008
Auf der anderen Seite
 Projection le jeudi 6 mars 2008
La graine et le mulet
 Projection le jeudi 13 mars 2008
The Darjeeling Limited
 Projection le Jeudi 20 mars 2008
Il y a longtemps que je t'aime
 Projection le Jeudi 10 avril 2008
Leatherheads
 Projection le Jeudi 17 avril 2008
The Mark Of Cain
 Projection le Jeudi 24 avril 2008
Se jie (Lust Caution)
 Projection le jeudi 08 Mai 2008
Le Grand Alibi
 Projection le Jeudi 15 mai 2008
Shine a light
 Projection le Jeudi 22 mai 2008
There will be blood
 Projection le Jeudi 29 mai 2008
It's a free world
 Projection le Jeudi 5 juin 2008
Into the wild
 Projection le Jeudi 12 juin 2008
Grace is gone
 Projection le Jeudi 19 juin 2008
La visite de la fanfare
 Projection le Jeudi 26 juin 2008
Deux jours à tuer
 
 
 
Auf der anderen Seite (De l'autre côté) réalisé par Fatih Akin
   
Titre original Auf der anderen Seite
Titre français De l'autre côté
Réalisation Fatih Akin
Scénario Fatih Akin
Interprétation Nurgül Yesilçay ( Ayten Öztürk), Baki Davrak (Nejat Aksu), Tuncel Kurtiz (Ali Aksu), Hanna Schygulla (Susanne Staub), Patrycia Ziolkowska (Lotte Staub), Nursel Köse (Yeter), Lars Rudolph (Herr Obermüller), Andreas Thiel (Konsulatsmitarbeiter), ...
Musique Shantel
Photographie Rainer Klausmann
Pays Allemagne/Turquie
Année 2007
Durée 2h 2min.
Genre Comédie dramatique
Production Fatih Akin, Klaus Maeck & Andreas Thiel
Site officiel Turque / Allemand
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 28 février 2008
Le film est projeté en version originale allemande & turque sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Adaptation du livre homonyme de Ron Hansen. Entre l'Allemagne et la Turquie, le destin de six personnages en quête de pardon et de réconciliation. Révélé par "Gegen die Wand", Fatih Akin confirme brillamment avec ce mélodrame à six personnages en mouvement. S’il creuse le même thème, le jeune réalisateur change radicalement de style, avec un scénario complexe mais fluide. En compagnie d’Hanna Schygulla, il s’impose en héritier de Fassbinder, politique et sentimental. (La Libre Cinéma ***)… Un film qui vaut de l’or et qui nous veut du bien. Qui ouvre à l’autre, en nous ouvrant à nous-mêmes… (Le Soir – MAD ***)
 
 
 Antalya Golden Orange Film Festival 2007
 
  • Award du meileur réalisateur décerné à Fatih Akin
  • Award du meileur montage décerné à Andrew Bird
  • Award du meileur acteur de second rôle décerné à Tuncel Kurtiz
  • Award de la meilleure actrice de second rôle décerné à Nursel Köse
  • Award spécial du jury décerné à Fatih Akin
 Festival de Cannes 2007
 
  • Award du meilleur scénario décerné à Fatih Akin
  • Prix du Jury Oeucuménique
 Cinemanila International Film Festival 2007
 
  • Lino Brocka Award décerné à Fatih Akin
 European Film Awards 2007
 
  • Award du meilleur scénario décerné à Fatih Akin
 Parlement européen pour le Cinéma 2007
 
  • Prix Lux décerné à Fatih Akin
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DH Net - Patrick Laurent
 

Grandir au contact des autres. Le coup de coeur du Festival de Cannes

Il est des films qu'on devrait juste conseiller fortement d'aller voir. Sans rien en dévoiler. Parce que leur magie réside dans une mise en scène inspirée, une musique légère, un regard qui en dit long, une force de vivre communicative, des thèmes d'une grande sensibilité discrètement évoqués par la simple confrontation de séquences antinomiques. Ces petits bijoux, tout en ambiance et en intelligence, vont bien au-delà de leurs histoires.

"De l'autre côté", du Germano-Turc Fatih Akin, émarge à cette catégorie. À travers deux parcours diamétralement opposés (un retraité turc est renvoyé dans son pays pour avoir tué une prostituée turque elle aussi, tandis que la fille de cette dernière, que le fils du meurtrier tente de retrouver pour l'aider, s'exile clandestinement en Allemagne à cause de ses activités terroristes et y tombe amoureuse d'une grande blonde), le réalisateur de "Crossing the bridge" aborde moins le thème de l'immigration que de l'ouverture d'esprit. Sans porter de jugement, et via des exemples de la vie quotidienne, il montre toute la difficulté de surmonter ses a priori tout en restant attaché à ses racines, de grandir au contact des autres alors qu'il est si tentant de se sécuriser en se repliant sur soi-même et des valeurs qu'on pense, à tort, universelles.

Un grand film, ni intello ni ennuyeux, qui touche d'abord les émotions avant de susciter bien des réflexions. À voir absolument si, pour vous, le cinéma ne se résume pas aux grands spectacles pétaradants hollywoodiens qu'on aime tant.

  Source : http://www.cinebel.be/fr/film/critique/1002306-De-l'autre-c%C3%B4t%C3%A9.htm?criticId=1319
   
La Libre - Fernand Denis
 

Hambourg - Istanbul. A travers un vibrant mélodrame, Fatih Akin met en scène lumineusement le rapport des Turcs à l'Europe

On n'a pas oublié "Gegen Die Wand", ce film coup-de-poing qui révéla à la planète cinéma un jeune metteur en scène allemand d'origine turque : Fatih Akin. On attendait avec impatience le deuxième, mais entre-temps, il a tourné un documentaire musical sur Istanbul, "Crossing the bridge".

Voici donc sa nouvelle fiction: "De l'autre côté". On y retrouve des individus cherchant leur équilibre entre deux cultures, allemande et turque en l'occurrence. Toutefois, en investissant une autre classe sociale, Akin change radicalement de forme. D'un film à fleur de peau, glauque, voire trash, on passe à une oeuvre beaucoup plus sophistiquée particulièrement dans sa construction très élaborée, complexe, mais d'une clarté qui appartient aux grands. Le scénario fut récompensé à Cannes.

Dans les deux sens

Le personnage central du récit est un jeune homme d'origine turque vivant à Hambourg, particulièrement lettré puisqu'il enseigne la littérature allemande à l'université. Son père, modeste émigré, vient d'avoir une idée assez singulière. Il a rencontré une prostituée turque dans l'exercice de ses fonctions et lui a offert de s'installer chez lui pour le même prix. Un soir, cette femme s'effondre de chagrin devant le jeune professeur : elle n'a plus aucune nouvelle de sa fille à laquelle elle expédie tout son argent, lui faisant croire qu'elle est vendeuse dans un magasin de chaussures. Quand la mère meurt à la suite d'un coup de colère du père, le jeune prof part pour Istanbul à la recherche de la fille.

On a déjà vu cela cent fois ? Pas vraiment, car l'histoire part alors dans l'autre sens. Pendant que ce jeune prof cherche la fille en Turquie, celle-ci se trouve en Allemagne où elle recherche sa mère. Dans les deux cas, les personnages sont passés de "l'autre côté" à la recherche d'un autre et d'eux-mêmes simultanément. Et ils ont d'autant plus de mal à trouver qu'ils se sentent tiraillés entre deux univers, deux cultures, deux regards, deux opinions. Est-ce se trahir que de changer d'opinion ? Si le questionnement est viscéral, jamais Fatih Akin ne le joue prise de tête.

Interconnexion

Palpitant à suivre, merveilleusement construit, le film, épousant les contours du mélodrame - coups du destin compris -, met en scène des personnages attachants et surtout des émotions en mouvement. Six individus se croisent, se frôlent, se ratent, mais quoi qu'ils fassent, leur destin est interconnecté et leurs décisions, leurs déplacements influeront sur la recherche personnelle de chacun. Tous trouveront quelque chose, pas forcément ce qu'ils cherchent, ce que le spectateur attendait. La grande force du film d'Akin, c'est qu'il met en scène des personnages de chair, déchirés par des émotions très fortes. C'est qu'il fait vibrer un authentique et poignant mélodrame. Mais, au second degré, on ne peut manquer d'y voir une représentation des sentiments, des relations, des tiraillements illustrant les rapports entre la Turquie et l'Europe. Cette symbolique, Akin la pousse jusqu'à la mythologie cinématographique, avec, côté allemand, le retour bouleversant de l'égérie de Fassbinder, Hanna Schygulla, et, côté turc, l'emploi de Tunzel Kurtiz, acteur fétiche de Yilmaz Güney, la seule Palme d'or turque. Fatih Akin n'est plus une révélation, mais une confirmation d'un grand talent qui ne connaît pas de frontières.

  Source : http://www.cinebel.be/fr/film/critique/1002306-De-l'autre-c%C3%B4t%C3%A9.htm?criticId=1307
   
cinenews - Ruben Nollet
  Je dois reconnaître que je n'ai pas fait partie de ceux qui avaient été convaincus par le couronnement de Fatih Akin au Festival de Berlin il y a trois ans. Pour moi, 'Gegen die Wand' n'était qu'un vaste assemblage de pathos hystérique signé par un homme qui se prenait bien trop au sérieux. Mais avec 'Auf der anderen Seite', Akin prouve qu'il est également capable d'une approche sensible et (plus ou moins) modérée. Le film tisse six histoires ensemble qui, au final, semblent toutes avoir un lien entre elles. On démarre auprès d'un professeur de littérature allemand, pour ensuite passer à son père turc, puis la femme qui entame une relation avec ce vieil homme, ensuite sa fille, puis une de ses jeunes amies, pour enfin arriver auprès de la mère. Akin ne nous épargne pas en termes de moments choc (tout comme 'Gegen die Wand' était son film sur l'amour, ici, il nous fait part de sa vision de la mort) mais le sentiment qui surnage au final est malgré tout plein d'espoir. Objectivement, on pourrait considérer 'Auf der anderen Seite' comme une oeuvre dont l'unique objectif serait de nous arracher des larmes et nous faire passer quelques heures avec une insupportable boule dans la gorge. Mais quand c'est fait avec autant de finesse qu'ici, il n'y a plus rien à redire.
  Source : http://www.cinenews.be/Critics.Detail.cfm?ContentsId=7192&lang=fr
   
 liberation - Olivier SEGURET
 

C'est un curieux phénomène que constate le critique à l'heure d'écrire ses premières lignes sur De l'autre côté, le nouveau et bouleversant film de Fatih Akin : il est pratiquement impossible d'en raconter l'histoire sans en emmêler l'écheveau alors que, à l'écran, son déroulement est limpide et même cristallin. Tentons au moins de lisser le ruban qui unit les six personnages principaux : le jeune prof allemand de souche turque Nejat, fils du vieux grigou immigré Ali, lui-même amant de la prostituée hambourgeoise Yeter, cette dernière étant la mère de la belle activiste kurde Ayten, qui deviendra à Brême la maîtresse de Lotte, dont la mère Susanne fera, in fine, et dans les plus tragiques circonstances, la connaissance de Nejat ...

Dialogue douloureux

Jamais ce sextette ne sera réuni au complet, et c'est d'ailleurs tout l'enjeu du film, qui chorégraphie avec une grâce virtuose leurs croisements, leurs ratages, leurs frôlements et la non-coïncidence de leurs vies pourtant interdépendantes. A travers eux, ce n'est pas seulement une impressionnante galerie de portraits humains confrontés à la mort dont Akin restitue la fresque palpitante, c'est aussi le dialogue douloureux et malade entre Turquie et Allemagne, deux pays liés par les larmes de l'exil et le sang des cercueils, qu'il restitue.

Cinéaste allemand d'origine turque, unanimement adopté par la planète cinéphile depuis son fameux Head On (ours d'or de la Berlinale 2003), Fatih Akin confirme avec De l'autre côté le talent proprement scénographique dont il est doué. Pas un seul plan inutile, une fluidité de récit exemplaire, un oeil tout-puissant sur les paysages naturels comme sur les décors urbains et, peut-être par-dessus tout, un superbe génie de la direction d'acteurs. A ce stade, impossible de ne pas louer la totalité du casting (lire la fiche technique ci-dessus et ajouter mentalement des coeurs partout), même si le seul bonheur de retrouver Hanna Schygulla justifie que l'on s'attarde ici un peu plus sur son cas : dans le rôle de Susanne, personnage qui oscille jusqu'à l'épuisement entre le spectre et la femme, la rayonnante vieille majesté fassbinderienne nous ouvre le ventre d'une émotion dont on ne se croyait plus capable.

Messages. Si cette émotion sobre baigne de toute sa tension De l'autre côté, il ne faut pas s'imaginer pour autant un mélo lacrymal et futile, dont le souvenir s'évaporerait aussi vite que les larmes qu'il nous tire. Politique, universel et à bien des égards philosophique, le film de Fatih Akin distille avec une redoutable efficacité ses messages d'alerte aux deux sociétés turque et allemande comme au monde tout entier.
La prostitution, l'éducation, la littérature, l'amour, le pardon, la bienveillance sont les sujets transparents mais bien réels du cinéaste ; il en irrigue son film de part en part, jusqu'à lui donner la consistance d'une leçon de vie impérissable.

  Source : http://www.liberation.fr/culture/cinema/festivaldecannes/actu/vu/255733.FR.php
   
 comme au cinema - Morgane Postaire
 

De l’Allemagne à la Turquie, un film aux mille couleurs

Après Head-on, c’est avec grand plaisir que l’on retrouve Fatih Akin derrière cette caméra qu’il sait si bien maîtriser. Dans son dernier long métrage, De l’autre côté, le cinéaste nous entraîne des couleurs de Brême à celles d’Istanbul, survolant les frontières avec grâce et gravité.

En effet, l’histoire est dure et compliquée mais c’est avec un vrai bonheur qu’on se laisse emporter et submerger par tous ces visages et ces nombreux parcours si divers et si proches à la fois. Chacun des personnages mène sa vie. Mais, qu’ils soient d’Allemagne ou de Turquie, tous se croisent. Nejat, Ali, Ayten, Yeter, Lotte et Susanne suivent leurs routes et croisent celles des autres. Les vies s’emmêlent, l’histoire d’un instant ou à tout jamais. Des amitiés naissent, des vies s’écroulent, mais le plus important, chacun se construit grâce à ces rencontres, au-delà de celles-ci.

Sur fond de thèmes très actuels et fortement politisés, Fatih Akin nous propose de suivre ses personnages, de les accompagner. On part avec lui, sur cette route qui traverse les frontières. Il nous montre alors avec une grande justesse, sans trop en faire, le quotidien de ces héros touchés par le deuil, confrontés à la réalité politique de leur pays, aux problèmes d’immigration… Le regard que le réalisateur pose sur ces différentes histoires est beau, loin de tous clichés et d’une trop grande sensibilité.

Film interculturel et intergénérationnel, il touche, transporte et interroge.

  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=67798.html
   
 comme au cinema - Amélie Chauvet
 

Impressions Cannoises

Quatre ans après son Ours d’or au festival de Berlin pour son film Head-on, le réalisateur allemand d’origine turque Fatih Akin est présent pour la première fois au festival de Cannes avec son nouveau long-métrage, De L'Autre Côté.

Voyage entre l’Allemagne et la Turquie, le film suit les destins croisés d’une dizaine de personnages, d’un pays à l’autre. De L'Autre Côté nous propose une vision de l’Europe à la fois sociale, politique, familiale et professionnelle. S’il aborde beaucoup de problématiques à la fois, Fatih Akin réussi néanmoins à les traiter chacune brillamment, soulevant chaque problème avec réalisme et sans cliché. Quelques touches d’humour viennent ponctuer le film, notamment au début avec la relation entre Ali et la prostituée, ou, plus tard, dans la rencontre entre Ayten et Lotte.
Tourné en trois langues différentes, le film se veut rassembleur, européen si ce n’est mondial, et ce au-delà des différences de chacun… Quelques messages universels passent ainsi comme vers la fin, lorsque la mère de Lotte retrouve Ayten en Turquie.

Mélange des cultures, pardon, deuil sont autant de thèmes que Fatih Akin aborde avec complexité mais talent… Malgré une crise d’inspiration suite à son Ours d’or, le réalisateur a su trouver les mots justes pour nous raconter cette belle histoire.

Fatih Akin : "Je sentais qu’on me mettait la pression pour faire mieux que mon précédent film. Je voulais moi-même un meilleur résultat d’un point de vue artistique. Il fallait que j’arrive à me prouver que je n’étais pas allé au bout de mes possibilités."

"Le cinéma tient une place considérable dans ma vie, mais il n’est rien à côté des problématiques telles que la naissance, l’amour et la mort. Pour passer vraiment à l’âge adulte, je me suis dit qu’il fallait que je réalise trois films. On peut appeler ça une trilogie, si l’on veut – mais en tous les cas, il s’agit de trois films indissociables, car ils traitent respectivement de l’amour, de la mort et du mal. Head-on parle d’amour. De L'Autre Côté parle de la mort – la mort dans la mesure où chaque décès est une naissance : la mort et la naissance ouvrent toutes deux la voie à d’autres dimensions."

Un côté profondément humain donc, mais aussi social, qui fait de ce film non pas un chef d’œuvre, mais une histoire très agréable, bien écrite et bien montée. De quoi satisfaire largement notre appétit de critique ciné avide de bons films !

  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=67798.html
   
 Le Monde
 

Construit avec un efficace sens de l'ellipse, ce film impressionne par sa maîtrise, sa profondeur humaine, son plaidoyer pour l'échange culturel, la manière dont il remet en cause les notions de patrie et de 'chez-soi', la sérénité de l'apaisement. (Jean-Luc Douin)

La belle idée de Fatih Akin, c’est que l’on est toujours De l’autre côté et que le miroir peut et doit être traversé dans les deux sens. (Thomas Sotinel)

  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/de-l-autre-cote-8678.php?critiques
   
 Libération - Philippe Azoury
  C'est la force innée du film, de se montrer sévère avec la Turquie, l'exercice de la force, l'autorité politique qui en brime les voix tout en donnant ce pays à aimer, profondément.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/de-l-autre-cote-8678.php?critiques
   
 Le Figaro magazine - Laurence Haloche
  On sort la tête pleine et le coeur lourd d'avoir partagé avec chaque personnage un moment intense, dont le souvenir demeure longtemps après le générique.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/de-l-autre-cote-8678.php?critiques
   
 Studio - Thierry Cheze
  Sa gestion des rebondissements, les moments où la mort surgit par surprise pour nourrir le rythme d'un récit jamais ronronnant sont admirables.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/de-l-autre-cote-8678.php?critiques
   
 Télérama - Pierre Murat
  Après 'Head-on', Fatih Akin nous bouleverse encore.
  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/de-l-autre-cote-8678.php?critiques
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nouvel obs
 

Le film du cinéaste allemand d'origine turque, qui raconte les parcours croisés de six personnages entre l'Allemagne et la Turquie, a été longuement applaudi.

Un parfum de Palme germano-turc a flotté mercredi 23 mai 2007 sur la Croisette, avec "De l'autre côté", du réalisateur Fatih Akin. Le film a été montré le matin à la presse avant sa présentation officielle dans la soirée. Très applaudi, le long-métrage raconte les parcours croisés de six personnages, entre l'Allemagne et la Turquie.

Un ton humaniste

Des événements tragiques vont faire que ces six personnages, à plusieurs moments, vont se chercher, se croiser sans se voir, se retrouver. Sur un ton profondément humaniste sans être complaisant, le réalisateur crée de beaux moments d'émotion en évoquant les relations père-fils ou mères-filles de ces six personnages, en parallèle aux relations Turquie-Allemagne. Ce n'est cependant pas un film politique, même si l'on pense aux questions de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, de l'immigration et de la différence entre droit du sol et droit du sang.

Un film universel

C'est un film beaucoup plus universel, un film sur le pardon et la réconciliation, un film sur les rapports humains dans ses aspects les plus intimes et les plus touchants. L'actrice Hanna Schygulla a affirmé avoir voulu, depuis longtemps, travailler avec un cinéaste issu de la communauté turque d'Allemagne, et en particulier avec Akin après la consécration de "Head on", couronné d'un Ours d'or au festival de Berlin en 2004.. "Quand il a été primé à Berlin il m'a rappelé le jeune Fassbinder, parce qu'il a fait le "V" de la victoire", a-t-elle affirmé. Le réalisateur a quant à lui déclaré : "Le succès est une chose merveilleuse, parce qu'il ouvre des portes, comme celles de Cannes".

  Source : http://tempsreel.nouvelobs.com
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comme au cinema
 

Rencontre avec Fatih Akin

Ne surtout pas abandonner dès les premiers cent mètres

Je me suis tellement investi dans le tournage de Head-on que je ne savais vraiment pas ce que j'allais faire ensuite. C'est la première fois que cela m'arrive car, auparavant, je savais systématiquement à quel projet j'allais m'atteler avant même d'achever le film en cours. Je me suis donc retrouvé dans une situation pénible, sans savoir quoi faire. Ironiquement, le succès considérable de Head-on n'a fait qu'empirer les choses car je ne m'y attendais pas. Même si c'était formidable, le succès ne m'a pas facilité la vie. J'ai eu un vrai blocage. Je sentais qu'on me mettait la pression pour faire mieux que Head-on. Je voulais moi-même obtenir un meilleur résultat d'un point de vue artistique. Il fallait que j'arrive à me prouver que je n'étais pas allé au bout de mes possibilités avec Head-on. Comme j'utilise souvent des métaphores sportives, je me répétais sans cesse que je ne devais pas abandonner la course dès les premiers cent mètres. Il fallait donc que je fasse encore mieux que Head-on. Et que j'aille plus vite que Carl Lewis et que je me transforme en Ben Johnson.

Quand je suis devenu père

Quand je suis devenu père, cela m'a beaucoup marqué. Mon fils est né en 2005. Du jour au lendemain, il a fallu que je sois plus responsable et que je songe à l'avenir. Auparavant, j'étais plutôt du genre nonchalant. Grâce à la naissance de mon fils, j'ai senti la pression artistique qui pesait sur moi s'envoler. Cela a incontestablement influé sur mon écriture. C'est aussi mon activité d'enseignant dans une université de Hambourg, et le fait de communiquer mon expérience aux étudiants, qui m'ont aidé. De même, le tournage de mon documentaire, Crossing The Bridge, m'a soulagé. Quand je suis allé en Turquie pour rencontrer tous ces chanteurs et ces musiciens, cela a agi comme une thérapie.

Mes "devoirs"

Le cinéma tient une place considérable dans ma vie, mais il n'est rien à côté de problématiques telles que la naissance, l'amour et la mort. Pour passer vraiment à l'âge adulte, je me suis dit qu'il fallait que je réalise trois films. On peut appeler ça une trilogie si on veut – mais en tous les cas, il s'agit de trois films indissociables car ils traitent respectivement de l'amour, de la mort et du mal. Head-on parle d'amour. De L'Autre Cote parle de la mort – la mort dans la mesure où chaque décès est une naissance : la mort et la naissance ouvrent toutes deux la voie à d'autres dimensions. Avec De L'Autre Cote, j'ai le sentiment d'avoir atteint une nouvelle dimension, mais qu'il manque encore quelque chose qui sera au coeur du troisième film – un film qui parlera du mal. Je pense qu'il est nécessaire que au bout de ma démarche. Je pense à ces trois films comme à mes "devoirs" – une fois qu'ils seront terminés, je pourrai passer à autre chose. Je pourrai peut-être aborder le film de genre, et m'essayer au film noir, au western et même au cinéma d'horreur.

L'art d'aimer

L'Art d'aimer d'Erich Fromm m'a beaucoup influencé. Les rapports humains me fascinent. Pas seulement les relations entre hommes et femmes, ou les rapports sexuels, mais aussi entre parents et enfants. L'ensemble des relations humaines. Pour moi, toutes les guerres qui se déroulent dans le monde viennent du fait que l'homme n'aime pas suffisamment son prochain. Je crois que c'est la paresse qui engendre le mal. Il est plus facile de haïr que d'aimer.

Fatih Akin et la Turquie

Tournage en Turquie

J'ai finalement démarré le tournage le 1er mai 2006. On a tourné De L'Autre Cote en Allemagne – à Brême et Hambourg – et en Turquie – à Istanbul, sur la côte de la mer Noire et à Trabzon. Le tournage a duré environ 10 semaines. Pour un metteur en scène, la Turquie est un formidable décor. L'Allemagne, beaucoup moins. C'est un pays qui peut se révéler séduisant, mais il faut déployer énormément d'efforts pour trouver des lieux intéressants, ou bien les créer de toutes pièces. En Turquie, la lumière est extraordinaire grâce à la situation géographique du pays. Pour moi, tourner à Istanbul, c'est comme tourner à New York. Ce sont deux villes séduisantes et cosmopolites. Chacune d'entre elles est une mégalopole. J'adore filmer les villes. J'ai été élevé dans une grande ville. C'est l'univers que je connais le mieux. Dans De L'Autre Cote, la ville est un personnage à part entière. Parce qu'elle ne parle pas turc, Lotte, qui est étrangère, se perd en débarquant à Istanbul. Mais je tenais à briser le cadre urbain en insérant des plans de la campagne et du littoral.

Entre deux cultures

J'ai à la fois des origines turques et des origines allemandes. Je suis né en Allemagne, mais je suis partagé entre deux cultures. J'ai été élevé en Europe, mais mes parents m'ont aussi inculqué une culture turque. Cette dernière a toujours tenu une place importante dans ma vie. Quand j'étais petit, j'allais en Turquie avec ma famille tous les étés. Parce que je suis moi-même partagé entre deux cultures, il est logique que mes films le soient également.

Une relation d'amour et de haine avec la Turquie

J'entretiens une relation d'amour et de haine, très complexe, avec la Turquie. Je me suis vraiment intéressé à la Turquie à la fin de mes études, en 1995. J'ai décidé d'y tourner mon premier court métrage, Weed, en 1996. J'ai découvert une autre facette de la Turquie, et ce pays m'a de plus en plus fasciné. J'ai renoué avec ma culture turque. Plus je tourne en Turquie, plus j'essaie de comprendre ce pays. Mais, plus je le comprends, plus je suis triste. Je déteste la politique et le nationalisme. Il faut voir ce qui se passe là-bas actuellement ... L'histoire se répète. Les mêmes erreurs sont commises, comme toujours. J'aime ce pays, mais tourner en Turquie me pompe mon énergie, mes larmes et mon sang.

La bureaucratie turque

L'image de la bureaucratie turque dans De L'Autre Cote n'est pas sévère – elle est kafkaïenne. Il ne s'agit pas d'un point de vue critique, mais d'une réalité qui se passe de commentaire. Dans le film, lorsque l'activiste politique est arrêté devant Ayten, la foule en délire applaudit. Le pire, c'est que ça s'est passé exactement comme cela au cours des répétitions : les figurants se sont mis à applaudir spontanément. Cela ne se produit que lorsque ceux qui sont arrêtés sont considérés comme des ennemis de l'Etat. Le fascisme prolifère dans les rues d'Istanbul.

Un nombre incalculable de drapeaux turcs

On voit beaucoup de drapeaux turcs dans De L'Autre Cote. Cela vaut la peine d'essayer de les compter. J'imagine que les nationalistes y verront un témoignage de mon amour pour la Turquie, mais je n'ai pas ajouté un seul drapeau. Ils étaient tous là. Je n'ai rien changé aux décors naturels. Je les ai filmés tels quels. J'ai peut-être un peu forcé le trait – mais il y a tellement de drapeaux turcs !

Secrets de tournage par Fatih Akin

L'intelligence, ça rend sexy

J'estime que l'intelligence, ça rend sexy – et j'ai donc fait du personnage de Nejat un prof. Et un prof d'allemand d'origine turque, cela bouscule certains préjugés qui sévissent toujours en Allemagne. Les Turcs jouent actuellement un rôle-clé en Allemagne dans les domaines culturel, politique et scientifique. Ils ne se contentent pas de faire le tapin. Yeter considère que les études sont tellement importantes qu'elle accepte de se prostituer pour être en mesure de payer l'université à sa fille. Nejat se reconnaît dans cette soif de connaissances. Il y a une ironie qui m'a plu dans le fait que lorsque Nejat arrive à Istanbul, il prend la place d'un intellectuel allemand qui tient une librairie.

Les études peuvent sauver le monde

Le niveau d'alphabétisation – et les études – jouent un rôle fondamental dans De L'Autre Cote. Il y a un livre qui symbolise le conflit entre Nejat et son père. Mais quel livre choisir ? Cela s'est avéré une décision très difficile pour moi. Je ne voulais ni de Siddhartha, ni de Bilbo le Hobbit, ni de quoi que ce soit de trop ouvertement symbolique. Du coup, je me suis dit que j'allais faire de la pub à un ami à moi qui a écrit un bouquin formidable. J'ai donc choisi Die Tochter des Schmieds (La Fille du forgeron) de Selim Ozdogan. S'agissant du film, la lecture est un élément-clé. La lecture symbolise les études : il n'y a que les études qui puissent sauver la planète.

Hanna et Tuncel

J'ai imaginé cette mère allemande qui débarque à Istanbul pour retrouver sa fille qui a disparu. J'ai très tôt songé à Hanna Schygulla pour le rôle. J'avais fait sa connaissance à Belgrade en 2004, et elle m'a envoûté. Je m'étais vraiment mis en tête de travailler avec elle. Certains journalistes allemands m'ont comparé à Fassbinder, mais je ne suis pas d'accord. Je viens de la rue, et non pas du théâtre. Je me sens plus proche de Yilmaz Güney – un artiste qui s'est rebellé contre les conventions. Fassbinder était à Hanna ce que Güney était à l'acteur Tuncel Kurtiz à qui j'ai également pensé très vite pour De L'Autre Cote. Mais mon but n'était pas de les utiliser comme des icônes du cinéma de Fassbinder et de Güney. Pour autant, il aurait été prétentieux de ma part de tenter de les diriger comme aucun autre metteur en scène avant moi. Je ne voulais pas que la direction d'acteur s'en ressente. Mon boulot, c'est de raconter des histoires. Et Hanna, comme Tuncel, correspondaient parfaitement à l'image que je m'étais faite des parents du film.

Sampling

En tant que réalisateur, la principale difficulté consiste à ne pas me répéter. J'aime m'étonner moi-même et, en dernière instance, surprendre le spectateur. J'espère que mes films ne se ressemblent pas. J'imagine qu'on ne pourra en juger que lorsque j'aurai réalisé une demi-dizaine d'autres films. Quand j'ai de nouvelles idées, elles surgissent toutes en même temps, et elles ont des origines diverses. Je recycle même certaines idées, comme le sampling dans le hip-hop – j'adore ça. Comme, par exemple, lorsqu'on utilise des rythmes de basse connus pour faire du neuf avec du vieux, ce qui est aussi une manière de rendre hommage à des musiques plus anciennes. C'est ainsi que j'ai réutilisé certaines thématiques de Crossing The Bridge dans De L'Autre Cote. Le personnage de l'activiste politique, Ayten, m'a été inspiré par les chanteurs kurdes. Ici, en Occident, on n'a pas à se battre pour la liberté d'expression. Mais le combat pour la justice est toujours d'actualité en Turquie.

La passion rend sexy

Quand on se bat pour une cause avec passion, cela rend sexy. Et il me fallait un personnage sexy pour De L'Autre Cote. Ayten est très instinctive. Elle connaît le monde de la rue, et elle est très séduisante. Elle est très politisée. Au départ, l'actrice Nurgül Yesilçay se sentait en déphasage avec la culture politique du personnage. Quand elle a fini par donner son accord, elle s'est donnée à fond. J'ai été subjugué par sa connaissance approfondie du personnage. Je connais pas mal de femmes comme Ayten, et Nurgül ne leur ressemble pas. Ayten est comme mon alter ego au féminin. Elle a une idée à un moment donné, et puis elle se surprend elle-même en en changeant l'instant d'après.

Suis-je engage politiquement ?

J'ai envie de changer le monde – est-ce que cela fait de moi quelqu'un d'engagé politiquement ? Le film se propose de changer le monde – cela en fait-il un film engagé politiquement ? Il est sans doute plus philosophique qu'autre chose, même si je crois que tout est devenu politique aujourd'hui. A notre époque, je pense qu'il est impossible de séparer la vie de la politique et de l'art. J'ai des idéaux, mais je peux parfaitement changer d'avis demain – je m'efforce de ne pas être dogmatique. Quelle que soit la croyance des gens – en religion ou en politique –, tout a ses limites, tout prend une direction déterminée. Je voulais faire un film qui prenne le contre-pied de tout cela. J'ai tenté de réaliser ce film en prenant du recul, en me mettant à la place d'un spectateur extérieur. Mais ça ne m'a pas semblé possible. Parfois, ce n'est pas l'intellect qui décide. J'imagine qu'il s'agit d'une part de moi beaucoup plus irrationnelle, qui vient du coeur.

L'Allemagne et la Turquie

En tant qu'Allemands, Susanne et Lotte représentent l'Union européenne, tandis qu'Ayten et Yeter représentent la Turquie. Tout ce qui se passe entre eux dans De L'Autre Cote est emblématique des rapports entre ces deux systèmes politiques. La dispute entre Susanne et Ayten sur l'Union européenne m'a amusé. Mais mon opinion n'a pas d'importance. Pour cette scène, je me suis inspiré de conversations que j'ai entendues autour de moi. A la fin du tournage, Susanne l'Allemande et Ayten la Turque constatent que leur perception de la réalité a radicalement changé. Dans la séquence de la librairie à la fin où elles se prennent dans les bras l'une de l'autre, j'ai remarqué un petit détail, mais seulement au montage. Tout près des deux femmes, on aperçoit deux petits drapeaux : l'un allemand, l'autre turc. Mon collaborateur et ami, Andreas Thiel, qui est décédé pendant la dernière semaine de tournage, les y a mis. Cela a une signification. J'imagine qu'il s'agit aussi d'un film sur les rapports entre ces deux pays.

  Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=67798.html
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