|
|
|
 |
Evénement : Le CCEC a le privilège de pouvoir projeter ce court-métrage
le jeudi 13 mars 2008, qui ne sera visible que dans les festivals du monde entier.
Lors de sa présentation à la Mostra de Venise, "The Darjeeling Limited" était précédé d'un hilarant court métrage, "Hotel Chevalier" (déjà célèbre pour l'apparition de Natalie Portman dans son plus simple appareil). Mais ce petit film est avant tout une introduction au personnage lunaire interprété par Jason Schwartzman en donnant quelques clés sur ses blessures, et même sur son son accoutrement (il est constamment vêtu d'une robe de chambre). Natalie Portman reprend aussi son personnage dans le long métrage : à cet effet, elle s'est déplacée en Inde pour une journée de tournage. Elle a ensuite passé une dizaine de jours à visiter le pays, et plus particulièrement les environs de Jodhpur, au Rajasthan, où le film a été intégralement tourné. |
|
|
|
|
| |
|
 |
Titre
original |
The Darjeeling Limited |
 |
Titre
français |
A bord du Darjeeling Limited |
 |
Réalisation |
Wes Anderson |
 |
Scénario |
Wes Anderson, Roman Coppola & Jason Schwartzman |
 |
Interprétation |
Owen Wilson (Francis Whitman), Adrien Brody (Peter Whitman), Jason Schwartzman (Jack Whitman), Amara Karan (Rita), Wallace Wolodarsky (Brendan), Waris Ahluwalia (The Chief Steward), Irfan Khan (The Father as Irrfan Khan), Barbet Schroeder (The Mechanic), Camilla Rutherford (Alice), Bill Murray (The Businessman), Anjelica Huston (Sister Patricia Whitman), ... |
 |
Photographie |
Robert D. Yeoman |
 |
Pays |
U.S.A. |
 |
Année |
2007 |
 |
Durée |
1h 31 min. |
 |
Genre |
Comédie |
 |
Production |
Wes Anderson, Roman Coppola, Lydia Dean Pilcher & Scott Rudin |
 |
Site officiel Français - Anglais |
|
|
 |
La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
 |
Le jeudi 13 mars 2008 |
 |
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français |
 |
Le film est projeté sans entracte ni publicité |
 |
Les séances : |
| |
- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
|
|
| Synopsis : Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l’Inde afin de renouer les liens d’autrefois. Pourtant, la "quête spirituelle" de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vice ... Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c’est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu’aucun d’eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d’amitié et de fraternité ... L’affiche prometteuse tient parole et l’on passe 1h30 à naviguer entre des émotions colorées dans un univers surprenant. En sortant de la salle, le sourire en banane et le cœur plein de poésie, on n’a qu’une seule envie : que personne ne rate le Darjeeling Limited ! |
 |
 |
dvdrama |
| |
Une comédie d'une mélancolie à fendre le coeur. Le meilleur Anderson est celui qui passe pour être son film le plus mineur. (Romain Le Vern)
Une traversée drôle et émouvante (Sophie Wittmer)
Certainement le plus beau film de Wes Anderson ... Tendre, émouvant, drôle et réalisé avec beaucoup (beaucoup) d'amour. Un vrai coup de coeur. (Kevin Dutot) |
| |
Source : http://www.dvdrama.com/news-24079-cine-a-bord-du-darjeeling-limited.php |
| |
|
 |
avoir a lire |
| |
Anderson a filmé avec ses trois pieds nickelés joyeusement dépressifs une aventure à la fois loufoque et mélancolique où rien n’est laissé au hasard (importance du détail, bande-son nickel chrome). La mise en scène confirme les promesses des précédents longs métrages et les interprètes, tous parfaits, colorisent les émotions fluctuantes de leurs personnages. Un film joyeusement triste ... |
| |
Source : http://www.avoir-alire.com/article.php3?id_article=10071 |
| |
|
 |
Festival International du Film d'Amour de Mons |
| |
Étonnante et exotique comédie ponctuée d'effets dramatiques inattendus, The Darjeeling Limited est un objet difficilement descriptible. Après l'étonnant The Life Aquatic With Steve Zissou, le cinéaste Wes Anderson propose une nouvelle curiosité à mille lieues de ce qu'on attend habituellement d'une comédie américaine. |
| |
Source : http://www.fifa-mons.be/programmation/fiche_film/137 |
| |
|
 |
CinéLive - Arnold |
| |
On ne regarde pas A bord du Darjeeling limited, on s’en imprègne. On en savoure chaque minute, chaque plan, chaque dialogue. Et on en redemande. |
| |
Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=88526.html |
| |
|
 |
buzzline - noodles |
| |
Une petite perle signée Wes Anderson. Complètement barré, absurde, nostalgique, frais et mélancolique, The Darjeeling Limited subjugue par ses personnages improbables, mal fagotés mais s'alliant si bien, son ambiance unique, sa musique et son scénario parfait. Un modèle de minutie et de puissance narrative baignant dans une délicatesse infinie.
Aussi insolite que sévèrement barré pour ne pas dire absurde, Anderson s'amuse à modeler son film et son histoire dans un univers à part. Cette histoire de trois frères à la recherche d'un bonheur et d'un idéal perdus surprend et émeut comme elle sait divertir en nous immergeant dans une ambiance douce, éphémère et aérienne. En cause ? L'enfance et les relations fraternelles comme parentales.
Cet univers si particulier et caractéristique, c'est le Darjeeling Limited, un train Indien à passagers restreints, maline métaphore sur la vie et ses aléas. Plus le film avance, plus les situations se décantent au gré des rencontres, des dialogues et des situations aussi pittoresques et tombées de nulle part que des coïncidences. En se focalisant sur la réunion de trois frères improbables, Wes Anderson propose un voyage inoubliable qui prend forme lors d'une longue scène en "travelling" épluchant la vie de tous les personnages dans l'entourage des frères en fin de bobine.
Au gré d'un récit aussi fragile et sensible que solide comme un roc, Wes Anderson brode une histoire unique malgré le premier abord. En réinventant chaque code et en surprenant le spectateur, le réalisateur éblouit par sa maîtrise narrative. On se retrouve à planer, bercé par une bande originale aux sonorités indie's comme pop rock. Le cadre servant de décor y est également pour beaucoup. Confinés la plupart du temps dans les wagons de ce Darjeeling Limited, le spectateur établit un curieux lien de proximité alternant intimité, décors filant à petite allure et arrêts impromptus sans cause spécifique dans des paysages uniques. Une sorte de délire mélancolique en apesanteur...
L'écriture fine et intelligente propose au public une relecture de thèmes archi rabachés avec aisance et originalité. C'est en disant le moins que l'on démontre le plus qu'il s'agisse de situations comme d'acteurs. Tous ont retenus la leçon avec brio et se permettent même de parachuter l'ensemble dans un univers au combien décalé. Facile donc de comprendre chaque personnage avec un minimum d'indices le concernant.
Constitué de scènettes toutes plus folles les unes que les autres, ces mini histoires font de ce Darjeeling Limited un grand film à part entière où tout s'emboîte à la perfection et surtout comme jamais.
C'est beau, drôle et émouvant. Insufflant une dynamique sans pareil à un tel récit, qu'il s 'agisse de performances artistiques comme de mise en scène, le long métrage de Wes Anderson est d'une stupéfiante beauté poétique, bohème et crystaline au charme imparable. Une oeuvre au doux parfum d'une Sofia Coppola matiné de ce que sait faire de mieux Anderson à savoir une peinture douce et amère de plusieurs générations tiraillées entre leurs liens familiaux.
Simple, efficace, sans détour inutile : The Darjeeling Limited impressionne et s'impose comme une réussite majeure en mode mineur. Impérial de A à Z quelque soit l'étape de ce voyage initiatique complètement surréaliste mais tellement humain.
On ne veut pas que ça s'arrête et si le voyage peut vous paraître trop court, rien ne vous empêche de remonter dans le train la séance d'après... |
| |
Source : http://www.buzzline.fr |
| |
|
 |
7sur7 - Sébastien Cools |
| |
Aux commandes d'un 5e long métrage, Wes Anderson conduit un Darjeeling Limited pour le moins animé, qui nous emmène dans un voyage émotionnel et drôle, propice à explorer tant les liens fraternels des Whitman que les saveurs de l'Inde. Conquis d'avance notamment par les oeuvres de son confrère indien Satyajit Ray (1921-1992), le réalisateur américain a découvert le sous-continent pour de vrai grâce à un voyage de préparation et au tournage. Anderson et ses co-scénaristes, Jason Schwartzman et Roman Coppola (fils de Francis, frère de Sofia), se sont d'ailleurs inspirés de leur propre périple pour alimenter le film en rebondissements. Le fruit de leur travail commun rend au final assez fidèlement l'esprit décalé et dépaysant de l'"Incredible India".
Anderson, à qui l'on doit entre autres La Famille Tenenbaum et La Vie aquatique, retrouve ici plusieurs collègues précieux: Owen Wilson (5 tournages ensemble), Anjelica Huston (engagée 3 fois), Jason Schwartzman (déjà héros de son Rushmore) et un furtif Bill Murray (pour une 4e collaboration). Autre valeur sûre du casting, la belle Natalie Portman apparaît dans le court métrage (superflu) introduisant le film, Hotel Chevalier, tourné à Paris, à l'hôtel... Raphaël.
Parallèlement aux décors pittoresques, la BO contribue aussi largement au charme du film. Ses morceaux sont empruntés d'une part aux films de Satyajit Ray, d'autre part aux Kinks, aux Rolling Stones, à Peter Sarstetd ou encore Joe Dassin.
Entre comédie, récit initiatique et carte postale, A bord du Darjeeling Limited, rappelant quelque part le récent Little Miss Sunshine, est à voir pour son rythme, ses acteurs, son aventure humaine ainsi que le pays qu'il rend beau et accessible. |
| |
Source : http://www.7sur7.be |
| |
|
 |
voir - Kevin Laforest |
| |
Un des éléments les plus remarquables dans The Darjeeling Limited est la dynamique entre les frères, qui passent la majeure partie de leur quête "spirituelle" à se chamailler pour des peccadilles. Jason Schwartzman, Adrien Brody et Owen Wilson rendent de façon très convaincante (et souvent hilarante) cette interaction fraternelle, malgré le fait qu'il soit difficile de déceler un air de famille entre eux: "Je crois que Jason et Adrien pourraient être des frères, avance Anderson, mais c'est vrai qu'Owen est vraiment différent d'eux. Mais Jason, Owen et moi sommes amis et nous voulions travailler ensemble, et Adrien est quelqu'un avec qui je voulais tourner depuis longtemps. Et bien qu'ils ne se ressemblent pas, ça clique entre eux."
Le scénario est en partie basé sur l'expérience personnelle d'Anderson, qui a lui-même deux frères, mais ce n'était pas le seul élément déclencheur du projet: "C'était en fait trois choses: les frères, l'Inde, et le train. J'avais tout ça en tête, puis avec Roman et Jason, on a imaginé une histoire, en faisant usage de nos expériences à chacun."
Anderson a aussi été influencé par Husbands, de Cassavetes, dans lequel trois hommes remettent en question leurs vies, et évidemment par le cinéma indien: "C'est en partie les films de Satyajit Ray qui m'ont donné envie de faire du cinéma en premier lieu, et ils m'ont certainement incité à aller en Inde, tout comme les documentaires que Louis Malle y a tournés et Le Fleuve, de Jean Renoir. Et quand je suis allé en Inde, l'endroit me semblait familier, parce que ces films m'en avaient tant montré."
Sans s'apparenter outre mesure aux films de Bollywood, The Darjeeling Limited partage tout de même avec ceux-ci une palette de couleurs vibrante et une propension à passer avec désinvolture du drame à la comédie. Selon Anderson, ceci est simplement dû au fait d'avoir tourné en Inde: "Nous sommes allés en Inde pour voir ce que nous pouvions y découvrir, se rappelle-t-il, pas pour voir ce que nous pouvions inventer. Visuellement, tout dans le film est basé sur ce qu'on a trouvé là-bas, ce qui nous a surpris, ce qu'on a appris. L'Inde est un pays rempli de mystère; il y a tellement de choses qu'on ne comprend pas de l'extérieur, tellement de religion, tant de gens... C'est formidablement inspirant", conclut le cinéaste. |
| |
Source : http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1§ion=7&article=54079 |
| |
|
 |
commeaucinema - Eléonore Guerra |
| |
En un mot : génial
On fait souvent ce rêve étrange et pénétrant d’une famille inconnue, et qu’on aime, et qui nous aime, et qui n’est chaque fois ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre, mais qui nous aime et nous comprend. Oui, décidément, avec Wes Anderson c’est Famille je vous (h)aime.
Bon, allez cette fois on va tenter la sincérité absolue, la confidence sans artifice, l’aveu timide… le cœur mis à nu. Car notre crime est des plus simples : nous voici sans voix face à la nouvelle merveille (au sens antique du terme) de Wes Anderson.
Poète cruellement encore trop méconnu, le chef de La Famille Tenenbaum et autre excellent Rushmore sort pourtant délicatement la tête de La Vie Aquatique pour nous offrir ici une sublime (et décapante) allégorie de l’amour fraternel et de la quête de soi.
Et c’est avec ses talents de peintre de l’image et de conteur de l’absurde qu’il nous mène, encore une fois, par la main pour une aventure double et duelle : à la fois hilares et émus, on ne résiste pas un instant à cette fratrie bancale (enlevée par un Owen Wilson troublant), mais sidérante de vérité.
L’expérience est aussi agréablement jouissive que délicieusement déroutante : le cœur au bord des yeux, on ne peut s’empêcher d’être secoués par un furieux rire face aux péripéties (absurdement picaresques) de ces trois handicapés des sentiments, ces trois gosses perdus dans leurs costumes d’adultes, et qui pourtant nous ressemblent comme des frères ...
Parce que oui, vraiment, notre crime est des plus simples : cette famille dysfonctionnelle c’est un peu la nôtre, ces angoisses existentielles sont celles que l’on tait… et ces trois paumés, c’est nous. |
| |
Source : http://www.commeaucinema.com/film=a-bord-du-darjeeling-limited,88526.html |
| |
|
 |
dvdrama - Romain Le Vern |
| |
Répétition et différence: Wes Anderson emmène trois frères déguisés en clowns tristes sur la route des Indes. Il faut voir A bord du Darjeeling Limited pour Bill Murray qui loupe son train et donc toute l'histoire du film. Pour le Darjeeling qui ne peut plus avancer. Pour les regards fiévreux d'une indienne. Pour la tête de serpent mal réveillé de Adrien Brody. Pour les maux bleus de Natalie Portman. Pour le peignoir de Jason Schwartzman. Pour les cicatrices de Owen Wilson. Pour les Rolling Stones et Joe Dassin.
Comme nous sommes très chanceux, la projection de A bord du Darjeeling Limited au cinéma est précédé d'un court métrage et pas n'importe lequel: Hotel Chevalier signé par Wes Anderson qui entretient des liens étroits avec le long puisqu'il met en scène l'un des trois personnages principaux, à savoir Jason Schwartzman, et définit déjà le caractère aérien et déphasé d'un mec qui pourrait passer sa vie en peignoir en attendant l'amour de sa vie (Natalie Portman qui surgit comme si elle descendait d'un rêve). Ce court métrage a beaucoup fait parler de lui sous prétexte que l'on peut voir la belle Natalie dans le plus simple appareil. Ce serait pourtant oublier que son corps nu dévoile des bleus d'amour.
Des marques douloureuses qui ne s'effacent pas. Rien n'est dit explicitement sur ce qui a pu se passer mais on comprend tout dans les silences des personnages. Le court s'achève sur une petite musique de flonflon à la française qui reviendra tout le long du «grand film» bercé par ce même romantisme désuet. Les deux autres frères sont idéalement choisis (Owen Wilson, totalement dépressif avec un visage cicatrisé et Adrien Brody, totalement élégant avec les lunettes noires de son vieux et sa tête de serpent mal réveillé). Au lieu de compiler des vérités toutes faites sur la famille (le grand thème du cinéaste, déjà au coeur de La famille Tenenbaum et La Vie aquatique), Anderson brode sur les liens défaits. Ceux entre trois frères abîmés par l'existence qui partent en Inde pour faire ledit lien entre le père et la mère. Au départ isolés, les frangins finissent liés comme des triplés mal assortis. Les comédiens possèdent la Bill Murray's touch. C'est-à-dire cette capacité à traduire beaucoup en faisant le moins possible.
D'ailleurs, l'introduction du film est focalisée sur Bill Murray qui se précipite pour prendre un train et finit par le louper. Sur le quai de la gare, en plein sprint, il est devancé par Adrien Brody qui, lui, réussit à rejoindre le train Darjeeling. Une manière de nous dire avec humour que si Bill Murray l'avait eu à temps, Wes Anderson nous aurait raconté une toute autre histoire. Visuellement, toute l'intro avec Bill Murray se traduit par un style visuel très proche d'une série B d'action à la sauce Indienne. Donc totalement différent de ce qui va suivre. Ce n'est que le début. D'un bout à l'autre, A bord du Darjeeling Limited fourmille d'idées plus folles les unes que les autres. C'est d'autant plus étonnant que ce film-ci, encore plus que les autres Wes Anderson, laisse une impression pas désagréable, presque flottante, de différence et de répétition. On a beau retrouver tout ce qui fait son style habituel; on est toujours cueilli par une prise de risque au détour d'un plan. Le film avance à la vitesse du train (le Darjeeling du titre) qui dans une scène ne peut plus circuler même s'il est encore sur des rails. Une situation surréaliste qui confirme la prédilection du réalisateur pour les débordements joyeusement tristes du quotidien palot.
Au moins, on ne s'ennuie pas: le film prend une direction différente toutes les cinq minutes, même lorsqu'il s'agit de mélanger les histoires entre elles (la partie complètement dingue avec Barbet Schroeder en mécanicien louche dépassé par les événements). Formellement, l'utilisation des panoramiques et des travellings donne une dynamique et une dimension très étranges. Sous l'assurance de la mise en scène (le cinéaste sait pertinemment ce qu'il veut cadrer et donc montrer) qui peut passer pour de l'arrogance ou de la froideur, il perce toujours - et on dit bien toujours - une tristesse hallucinante qui affecte autant les playboys de pacotille que les défigurés dépressifs. C'est grâce à ça qu'il échappe à la pose: Wes Anderson propose un cinéma proche et loin de ses personnages qui refuse d'imposer un jugement sur eux et au contraire les accompagne sans trop se poser de questions dans leur quotidien ou leurs fantasmes. A travers ses images, naît un vrai amour pour les familles en panne. C'est ça qui est beau: la maîtrise formelle ne peut pas contenir tout ce bordel des sentiments. C'est d'autant plus déroutant qu'on ne sait pas s'il en faut en rire ou en pleurer et cette confusion contamine le spectateur qui passe par une gamme d'émotions très variées allant de l'hilarité à la tristesse comme la perplexité.
Comme dans ses précédentes tentatives, Anderson construit des petites histoires d'amour minuscules qui ne manquent pas de grandeur. Comme cette idylle dans le train entre l'un des frères (Jason Schwartzman) et une jeune Indienne dont les désirs sont bridés par son compagnon. Le film est rempli d'enjeux de ce genre. Mais le cinéaste ne les traite pas comme des anecdotes superficielles et leur donne une vraie intensité. Sa méthode est simple: utiliser un air de musique décalé et laisser parler des regards. Un regard subjugué (Schwartzman et la miss, tous deux séparés d'un wagon, qui se mettent à la fenêtre pour griller une cigarette et connaissent le coup de foudre). Un regard embué de larmes (les adieux simples de ces deux tourtereaux sur un quai de gare). C'est d'ailleurs Anjelica Huston dans le rôle de la mère qui résume à elle seule la morale de ce récit où l'on cherche tant à communiquer et à partager: on peut dire beaucoup sans utiliser de mots. Le spectateur ressent ainsi beaucoup de choses sans pouvoir les exprimer. C'est pourquoi on n'en sort pas totalement indemne. Le lien affectif qui naît entre nous et ce récit de clowns tristes est si intense qu'on a immédiatement envie d'aller le revoir en sortant. C'est un genre de sentiment diffus que l'on ne ressent pas si souvent dans le cinéma actuel. C'est dire à quel point sous son architecture subtile, sous son coté sûr de lui jusque dans ses vertiges narratifs, le film s'avère d'une fragilité absolue et menace à chaque instant de se briser.
Un peu comme la grande chronique polyphonique de La famille Tenenbaum où chaque personnage révélait des souffrances dissimulées sous la litanie des jours blafards. Au passage, signalons le défi le plus impossible de Wes Anderson dans A bord du Darjeeling Limited: utiliser un morceau de Joe Dassin en conférant un relief très émouvant à des paroles que l'on a déjà entendues jusqu'à l'overdose et qui ordinairement confinent à la ringardise. De manière plus générale, la somptueuse bande-son contient d'autres standards que l'on réécoute ici comme si c'était la première fois. Pour toutes ces raisons, Wes Anderson est ce peintre qui voit sous ses doigts naître les couleurs du jour. Et qui n'en revient pas. |
| |
Source : http://www.dvdrama.com/film-13116-a-bord-du-darjeeling-limited.php |
|
 |
 |
comme au cinema |
| |
En quelques films, Wes Anderson s’est imposé comme un cinéaste à part. Décalé, drôle, inventif, observateur d’une humanité dont il sait comme personne tracer le portrait à travers des destins et des situations atypiques, il a le don de mettre en scène des histoires incroyables dans lesquelles tout le monde se reconnaît pourtant.
L’histoire d’ A Bord Du Darjeeling Limited trouve sa source dans trois des thèmes qui lui sont les plus chers : les trains, l’Inde et la relation entre frères. Le scénariste et réalisateur avait déjà abordé la nature des liens familiaux dans Rushmore en 1999, La Famille Tenenbaum en 2002 et dans La Vie Aquatique en 2005.
Dans A Bord Du Darjeeling Limited, trois frères qui ne sont pas parlé depuis un an décident de faire un voyage ensemble pour se retrouver. A bord d’un train qui sillonne les déserts du Rajasthan, les trois frères vont découvrir les merveilles de l’Inde et vivre une aventure à la fois spirituelle et plutôt animée.
Wes Anderson raconte : "J’ai toujours voulu faire un film dans un train parce que j’aime beaucoup l’idée d’un cadre dramatique constamment en mouvement. Et puis j’ai déjà fait un film dans un bateau, le moment était donc venu de passer au train !" Depuis l’invention du cinéma, les trains ont toujours inspiré les cinéastes.
En 1895, le film des frères Lumière, L’arrivee Du Train En Gare De La Ciotat, ne durait même pas une minute mais il avait terrifié les spectateurs. L’image de la locomotive roulant vers eux avait provoqué un véritable mouvement de panique et tout le monde s’était levé en criant pour s’écarter de sa route.
En 1903, Edwin S. Porter créait le premier film narratif avec The Great Train Robbery. On pourrait aussi citer Le Mecano De La "General" de Buster Keaton. Depuis cette époque, de nombreux films comme Le Crime De L’orient- Express de Sidney Lumet ou Quatre GarÇons Dans Le Vent de Richard Lester ont utilisé les trains.
L’histoire de A Bord Du Darjeeling Limited ne se déroule pas dans une vieille locomotive, mais dans un train plus moderne parcourant le gigantesque réseau ferroviaire de l’Inde, une nation encore pauvre mais en pleine expansion, riche de nombreuses cultures, couleurs, spiritualités et étrangetés.
Wes Anderson n’était jamais allé en Inde avant de faire ce film, mais il cultivait depuis longtemps une passion pour ce pays née de la vision de superbes paysages dans quelques-uns de ses films préférés comme Le Fleuve de Jean Renoir, dont l’histoire se déroule sur les bords du Gange, et ceux pleins d’émotions du cinéaste indien Satyajit Ray.
En plus de cette passion, Wes Anderson était très attiré par l’idée de faire un film comique doux-amer dans un univers incroyablement différent du monde occidental. Après avoir réfléchi aux bases de son histoire, Wes Anderson a contacté ses amis Jason Schwartzman et Roman Coppola pour écrire le scénario avec lui et partir en Inde. Avant leur départ, les trois hommes ont écrit pendant un moment à Paris.
Jason Schwartzman se souvient : "Au risque de frôler le cliché romantique, nous avons commencé par écrire une bonne partie du film le soir dans des cafés français ! Et puis nous sommes partis en Inde en mars 2006. Une fois sur place, nous avons vraiment eu le sentiment d’être au cœur de ce que nous avions écrit."
Roman Coppola commente : "Nous nous sommes beaucoup inspirés de nos expériences amicales respectives et des voyages que nous avions faits pour écrire les personnages. Nous avons partagé nos histoires." De ce travail collectif sont nés les trois frères Whitman. Leur voyage se déroule un an après l’enterrement de leur père. Depuis cet événement, les trois hommes ne se sont plus parlé.
Après avoir subi un accident de moto dont il garde encore de nombreuses séquelles et un impressionnant bandage autour de la tête, Francis, l’aîné, décide de réunir ses frères. Il les entraîne dans un voyage qu’il a organisé dans les moindres détails. Il souhaite les amener à l’illumination, ou du moins vers une relation plus complice entre eux... Peter, le cadet des trois frères, arrive au rendez-vous complètement angoissé à l’idée d’avoir un enfant avec une femme dont il a toujours pensé qu’il allait divorcer.
Quant à Jack, le benjamin, il arrive en Inde obsédé par son ex-petite amie qu’il a laissée à Paris, et passe son temps à écouter les messages qu’elle reçoit sur son répondeur dont il connaît le code d’accès.
Ces trois personnages ont, d’une certaine façon, accompagné Wes Anderson, Jason Schwartzman et Roman Coppola au cours de leur périple en Inde et ont été influencés, tant au niveau de l’écriture de leurs caractères que de leurs réjouissantes tribulations, par l’ambiance mystique et bourdonnante du pays.
Wes Anderson raconte : "Il n’existe aucun lieu semblable sur terre. C’est un endroit où les moindres aspects de la vie quotidienne sont radicalement différents des nôtres, et cela a beaucoup influencé le scénario. Même si l’histoire se concentre sur la relation entre les frères Whitman, le train et le voyage à travers ce pays très ancien sont des éléments vraiment essentiels de ce film."
C’est en s’inspirant du choc des cultures qu’ils ont eux-mêmes vécu durant leur voyage que les trois scénaristes ont écrit la plupart des gags et mésaventures du film.
Jason Schwartzman explique : "Sur place, là-bas, nous avons eu beaucoup d’idées que nous n’aurions pas pu imaginer ailleurs. Nous avons vécu des moments fantastiques que nous avons transposés d’une façon ou d’une autre dans notre scénario. L’Inde et le train sont devenus des personnages à part entière.
Au début du fi lm, les personnages sont tellement dans leur monde que ces deux éléments ont l’air de n’être qu’une toile de fond, et plus l’histoire avance plus leur présence devient forte. Les frères font une véritable rencontre avec l’Inde et plus ils la découvrent, plus ils deviennent proches les uns des autres."
Roman Coppola ajoute : "Nous espérons tous que l’ambiance et l’esprit de l’ Inde, dont les frères Whitman font l’expérience, vont être perceptibles à l’écran et toucher les spectateurs."
La productrice Lydia Dean Pilcher raconte : "Je savais que Wes Anderson préparait un film sur un train en Inde, mais je pensais que c’était un documentaire. J’étais très curieuse d’en savoir plus et quand j’ai lu son scénario, j’ai été à la fois surprise et touchée. J’ai été émue par l’histoire de ces trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père. Les rassembler en Inde, dans un pays complètement étranger, était une idée vraiment originale. Quand j’ai rencontré Wes, il m’a expliqué que pour ce film, il souhaitait travailler comme il ne l’avait jamais fait. Il voulait pouvoir tourner plus librement, en s’affranchissant des structures souvent très lourdes des studios. Les acteurs allaient s’habiller et se maquiller eux-mêmes pour être dans les mêmes conditions que leurs personnages. Il voulait absolument qu’ils aient l’air d’être de véritables voyageurs. Sa perception du projet était passionnante."
Lydia Dean Pilcher poursuit : "Vouloir tourner en Inde a été l’une des grandes idées de Wes Anderson. Dès le début du tournage, nous avons compris à quel point le mouvement du train et cet environnement fascinant où tout pouvait arriver, tenaient une place capitale dans la création du film. Wes l’avait pressenti et anticipé. Il savait parfaitement que ce contexte allait apporter une ambiance et un ton très particuliers au film."
Roman Coppola explique: "L’idée était de mettre les personnages dans un train pour leur faire vivre un voyage complètement chaotique, plein de situations incroyables et inattendues."
Bien qu’ayant organisé précisément son tournage, Wes Anderson est resté ouvert à tous les éléments comiques, esthétiques ou spirituels que l’Inde pouvait lui offrir. Pour Roman Coppola, cette façon de faire a donné une énergie très caractéristique au film car l’esprit de ce pays imprègne progressivement le spectateur et lui donne l’impression de vivre lui-même une véritable expérience spirituelle. |
| |
Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=88526-note-45936.html |
|
 |
|