Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Saisons
Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 06 septembre 2007
Sicko
 Projection le jeudi 13 septembre 2007
A mighty Heart
 Projection le jeudi 20 septembre 2007
Curse of the golden flowers
 Projection le jeudi 4 octobre 2007
Un secret
 Projection le jeudi 11 octobre 2007
Persepolis
 Projection le jeudi 18 octobre 2007
Michael Clayton
 Projection le jeudi 25 octobre 2007
Délice Paloma
 Projection le jeudi 8 novembre 2007
L'Heure zéro
 Projection le jeudi 15 novembre 2007
Eastern Promises
 Projection le jeudi 22 novembre 2007
Cow-boy
 Projection le jeudi 29 novembre 2007
La France
 Projection le jeudi 6 décembre 2007
The Golden Age
 Projection le jeudi 13 décembre 2007
The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford
 Projection le jeudi 20 décembre 2007
Les Animaux amoureux
 Projection le jeudi 10 janvier 2008
Before the Devil Knows You're Dead
 Projection le jeudi 17 janvier 2008
No Country for Old Men
 Projection le jeudi 24 janvier 2008
Sweeney Todd
 Projection le jeudi 31 janvier 2008
In the Valley of Elah
 Projection le jeudi 21 février 2008
Paranoid Park
 Projection le jeudi 28 février 2008
Auf der anderen Seite
 Projection le jeudi 6 mars 2008
La graine et le mulet
 Projection le jeudi 13 mars 2008
The Darjeeling Limited
 Projection le Jeudi 20 mars 2008
Il y a longtemps que je t'aime
 Projection le Jeudi 10 avril 2008
Leatherheads
 Projection le Jeudi 17 avril 2008
The Mark Of Cain
 Projection le Jeudi 24 avril 2008
Se jie (Lust Caution)
 Projection le jeudi 08 Mai 2008
Le Grand Alibi
 Projection le Jeudi 15 mai 2008
Shine a light
 Projection le Jeudi 22 mai 2008
There will be blood
 Projection le Jeudi 29 mai 2008
It's a free world
 Projection le Jeudi 5 juin 2008
Into the wild
 Projection le Jeudi 12 juin 2008
Grace is gone
 Projection le Jeudi 19 juin 2008
La visite de la fanfare
 Projection le Jeudi 26 juin 2008
Deux jours à tuer
 
 
 
Le grand Alibi  réalisé par Pascal Bonitzer
   
Titre original Le grand Alibi
Réalisation Pascal Bonitzer
Scénario Pascal Bonitzer & Jérôme Beaujour
D'après l'oeuvre de Agatha Christie The Hollow (Le Vallon)
Interprétation Miou-Miou (Éliane), Lambert Wilson (Pierre Collier), Valeria Bruni Tedeschi (Esther) Pierre Arditi (Henri Pages), Anne Consigny (Claire), Mathieu Demy (Philippe), Caterina Murino (Léa), Maurice Bénichou (Lieutenant Grange), Céline Sallette (Marthe), Agathe Bonitzer (Chloé), Emmanuelle Riva (Geneviève Herbin), Dany Brillant (Michel), Alain Libolt (Le contrôleur), Hélène Devynck (La journaliste télé), Hélène Frappat (La journaliste de presse)
Musique Alexei Aigui
Photographie Marie Spencer
Pays France
Année 2007
Durée 1h 33min.
Genre Policier, Thriller
Production Saïd Ben Saïd
Site officiel  
 Sites Web sur Agatha Christie
 
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 08 Mai 2008
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Pierre Collier est mort... Assassiné chez le sénateur Henri Pages au cours d'un week-end de villégiature. Sa femme, Claire, est la coupable désignée... Elle a été arrêtée un revolver à la main à côté de la victime. Sans doute a-t-elle des raisons d’avoir voulu se venger de son mari volage. Pourtant, les apparences peuvent être trompeuses. L’arme n’est pas celle du crime, et chaque invité devient un suspect potentiel. Esther la maîtresse de Pierre, Léa son amour de jeunesse humiliée, Philippe son rival. Et pourquoi pas le sénateur en personne, passionné par les armes à feu ? Une affaire complexe à résoudre pour le lieutenant Grange, surtout lorsqu’un deuxième meurtre la fait rebondir…Un formidable casting pour un film jubilatoire ! (Studio)
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 le soir - PHILIPPE MANCHE
 

Festival du film policier : 2e !

C'est donc Le grand alibi, la nouvelle réalisation de Pascal Bonitzer avec Miou-Miou, Valeria Bruni-Tedeschi et Lambert Wilson – d'après un roman d'Agatha Christie – qui a ouvert cette deuxième édition du film policier à Liège.

Une deuxième édition forte de huit films en compétition parmi lesquels The Walker, de Paul Schrader, Jar City, de l'Islandais Baltasar Kormakur ou Coupable, le dernier Laetitia Masson. Plus consistante, sur papier du moins, que l'an dernier, la compétition s'annonce d'ores et déjà ouverte d'autant que deux films latins Lazos Rotos et La Zona risquent de jouer les trouble-fête. Chacune des huit réalisations sera montrée à deux reprises sur l'ensemble du festival. Et c'est Françoise Arnoul qui présidera le jury.

Un festival n'est jamais vraiment un festival sans son florilège d'avant-premières. L'amateur découvrira notamment le nouveau thriller de Thomas Vincent, Le nouveau protocole, avec l'omniprésent Clovis Cornillac ou le très attendu Deception, de Mark Langenegger avec Ewan McGregor et Hugh Jackman. Un beau duel d'acteurs en perspective. Les fans du remuant comédien irlandais Colin Farrell devraient trouver leur compte avec In Bruges (Jérémie Renier est également à l'affiche) dans le polar In Bruges tourné dans la Venise du Nord.

Excellente initiative que celle de présenter des films d'auteurs qui ne sont pas encore sortis en Belgique. C'est le cas du film/documentaire de Donal MacIntyre sur le parrain de la pègre de Manchester Dominic Noonan. Le cinéaste a su gagner la confiance de ce Very british gangster, c'est son titre, et l'a suivi pendaCette deuxième édition comprendra également un éclairage sur la bonne santé du cinéma marocain avec quatre films présentés dont le Heaven's door des Frères Noury ainsi qu'une section court-métrage et des séances pédagogiques.nt trois ans pour un résultat à proprement parler hallucinant.

Cette deuxième édition comprendra également un éclairage sur la bonne santé du cinéma marocain avec quatre films présentés dont le Heaven's door des Frères Noury ainsi qu'une section court-métrage et des séances pédagogiques.

Michel Legrand fera le déplacement dans la Cité ardente pour un dimanche en musique. L'occasion de revoir les indémodables La piscine ou L'affaire Thomas Crown, mis en musique par celui qui fut le compositeur de la Nouvelle Vague. Le cinéma Palace devrait rapidement afficher complet.

  Source : http://www.lesoir.be/channels/cinema/cinema-du-17-au-20-avril-a-2008-04-15-591596.shtml
   
 la libre - M. Lg.
 

Liège cible le polar sur grand écran

Lancement du 2e festival international du film policier, jusqu'au 20 avril. Liège cible le polar. Avec compétition, avant-premières et invités de marque.

Clap deuxième. Ce jeudi, gala d'ouverture au Palace et projection en avant-première marqueront le lancement en grandes pompes de la deuxième édition du festival international du film policier de Liège, créé l'an dernier au coeur de la cité de Georges Simenon.

Miou-Miou et Tsilla Chelton

Prestige des avant-premières oblige, c'est le nouveau film de Pascal Bonitzer qui marquera le coup d'envoi de ces quatre jours de thriller avec "Le Grand Alibi", adaptation du roman d'Agatha Christie. Outre le réalisateur, l'actrice française Miou-Miou marquera le festival de sa présence. D'autres grandes dames du cinéma feront également un saut en Cité ardente, telles Dolorès Chaplin ou Tsilla Chelton, célèbre "Tatie Danielle".

Du côté des écrans, la compétition officielle aligne huit longs-métrages internationaux qu'un jury présidé par Françoise Arnoul récompensera de quatre "Insignes de Cristal". Romuald Beugnon y présente "Vous êtes de la Police ?" avec Jean-Pierre Cassel, Laetitia Masson livre son "Coupable" tandis que "The Trap", du Serbe Srdan Golubovic, fait déjà l'objet de rumeurs les plus prometteuses.

Au rayon des avant-premières, Martin McDonagh signe une co-production belgo-britannique, "In Bruges", dont le casting fait se côtoyer Jérémie Renier et Colin Farrell tandis que Demi Moore livre un casse sans violence ni effusion de sang avec "Flawless" de Michael Radford. A l'affiche également : "Le Nouveau Protocole" de Thomas Vincent (France) et "Deception" de Marcel Langenegger (Etats-Unis), où le vol de 20 millions de dollars devient le levier d'une diabolique machination.

De nombreux courts-métrages belges et français ainsi qu'une sélection internationale de films d'auteurs encore inconnus en Belgique mais déjà révélés dans leurs pays d'origine animent le festival, balayé par un panorama du film noir, de l'Angleterre à Taiwan, des Etats-Unis à la Bosnie. L'événement braque également ses projecteurs sur le cinéma marocain, longtemps boudé mais pourtant empreint de vitalité, précisent les organisateurs.

Déclinant tout un volet événementiel - petits-déjeuners du festival, village festif, rallye de voitures de cinéma ou bal de la police -, le festival met à l'honneur, le dimanche, le compositeur Michel Legrand. A l'appui, une sélection de films policiers portant la patte musicale de celui qui signa la bande originale des "Parapluies de Cherbourg".

La programmation se révèle plus étoffée que l'an dernier. Mais, si Mons a développé un festival du film d'amour qui semble parfois servir davantage Elio Di Rupo que le 7e art, Didier Reynders, patron du MR, engage-t-il Liège - ville hautement cinéphile - sur la même voie, lui qui préside ce tout jeune festival du polar ? Où la majorité des sièges sont d'ores et déjà réservés par des entreprises, même si les organisateurs, ayant programmé chaque film deux fois, disent "ne plus vouloir refuser du monde".

  Source : http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=415141
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le melies
 

Le réalisateur se frotte au genre très classique du "whodunit" (de l'anglais "Who done it?" c’est–à–dire "qui l’a fait ?"), cette forme de roman policier chère à Agatha Christie dans laquelle des indices sont fournis au lecteur qui est invité à en déduire l’identité du criminel avant que la solution ne soit révélée dans les dernières pages.

Il en va du Grand Alibi comme du Cluedo tant Bonitzer donne clairement un rôle à jouer au spectateur. Les plans sont morcelés, éclatés, comme des pièces de puzzle qui attendent d’être rassemblées. Les amateurs d’enquêtes et de films noirs seront ravis par cette adaptation du roman d’Agatha Cristie "Le Vallon", dont Pascal Bonitzer tire à l’écran un polar original et captivant.

  Source : http://www.lemelies.com/5/lefilm.php?numero=2373&affiche=P
   
Studio - D. R.-B.
  On jubile à contempler le charme pas si discret de la bourgeoisie
  Source : http://www.commeaucinema.com/critiques=84677.html
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premiere
 

Passionné de cinéma depuis toujours, Pascal Bonitzer suit d'abord des études de philosophie, puis travaille pour Les Cahiers du Cinéma dès 1969. Au sein de la rédaction, il écrit des textes théoriques et des critiques de films. Parallèlement, il donne des cours à Censier. En 1976, il fait ses débuts dans le monde du cinéma en écrivant le scénario de 'Moi, Pierre Rivière' de Michel Foucault. Rapidement, il se fait un nom en tant que scénariste, et travaille beaucoup pour ses anciens confrères journalistes : Pascal Kané, Jean-Louis Comolli, André Téchiné ou encore Jacques Rivette.

En 1989, Pascal Bonitzer finit par se lancer dans la mise en scène, et réalise un court métrage, 'Les Sirènes'. Il attend encore sept ans avant de passer au long avec 'Encore', une comédie ironique. Dans le même esprit, 'Rien sur Robert' avec Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain sort en 1999. Pour les films suivants, Pascal Bonitzer tente de s'éloigner de la comédie pure et tente quelques écarts fantastiques : 'Petites coupures' et 'Je pense à vous'. Très fidèle dans ses collaborations, Pascal Bonitzer est considéré comme l'un des scénaristes français les plus talentueux.

  Source : http://www.premiere.fr/premiere/cinema/films-et-seances/fiches-personnalite/pascal-bonitzer
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cinemas gaumont pathe
 

Un brin de folie

Dans ce film, il y a la passion, la folie. C’est sans doute ce qu’il y avait de plus difficile à traiter, mais c’est aussi ce qui m’excitait le plus dans le projet. Le Grand Alibi n’est pas qu’un simple jeu intellectuel. C’est également une histoire de passion poussée jusqu’à la démence, et il fallait essayer de la traiter sans tomber dans le ridicule. Mais sans non plus éviter l’excès, le paroxysme.

Pascal Bonitzer

  Source : http://www.cinemasgaumontpathe.com/films/le-grand-alibi/
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comme au cinema
 

Cette adaptation du roman d’Agatha Christie, "le vallon", est une commande ?

C’est mon producteur, Saïd Ben Saïd, qui me l’a proposée. Il se trouve que j’avais envie, depuis un moment, d’attaquer de front le cinéma de genre, et de genre criminel. C’est par le film noir que j’ai aimé le cinéma, que ma cinéphilie s’est formée. Dans mes précédents films, je jouais avec les genres, dans une sorte de pas de deux entre comédie et drame. Dans tous, il y a au moins une tentative de suicide ou une tentative de meurtre, ou les deux. Là, j’avais l’occasion de me coltiner un "vrai" meurtre (voire deux puisque j’ai décidé, avec mon co-scénariste Jérôme Beaujour, d’en ajouter un qui n’existait pas dans le roman).

Pourquoi justement "le vallon" ?

Du point de vue de l’intrigue policière, ce n’est sans doute pas le mieux construit d’Agatha christie. De même que son titre, "The Hollow", est sans doute le plus plat d’un auteur qui pourtant en a trouvé de magnifiques. Mais son originalité (et ce qui m’a tout de suite accroché) tient à ce qu’il donne une importance spéciale et une certaine autonomie à l’intrigue sentimentale, au point que l’on se demande ce qui intéresse le plus Agatha Christie ici, de l’énigme criminelle ou des histoires d’amour que le récit déroule, et qui curieusement, assez exceptionnellement même, ne convergent pas complètement.

C’est tout de même un classique "Whodunit" ?

Bien sûr, avec hercule Poirot dans le rôle du détective. Mais il est si peu nécessaire à la résolution de l’énigme que, dans la version théâtrale qu’Agatha Christie avait faite de son roman, elle l’avait elle-même supprimé. J’en ai profité, car, dès lors que j’avais décidé d’adapter l’histoire géographiquement et temporellement, de la faire se dérouler en France aujourd’hui, Poirot, qui est toujours encombrant devenait, franchement impossible. Et le commandant Grange (Maurice Bénichou) ne le remplace pas. En revanche, je tenais absolument à respecter les règles du genre, c’est-à-dire à jouer le jeu de l’énigme criminelle et de sa résolution à la fin. ce jeu que Hitchcock, on le sait, réprouve en théorie, bien qu’il y ait sacrifié en pratique bien plus souvent qu’il ne le dit (et qu’on ne le remarque).

Une maison et ses dépendances, une famille nombreuse aux liens compliqués : c’est presque un Cluedo

J’assume totalement ce côté ludique, et l’affiche dessinée par floc’h (qui avait déjà fait celle de Petites coupures) le souligne. C’est un Cluedo si l’on veut, c’est aussi une sorte de puzzle, et j’ai voulu que formellement le film soit construit comme cela. Peu de plans- séquences. Les plans sont morcelés, éclatés, comme des pièces de puzzle qui attendent d’être rassemblées, emboîtées, mais qui se présentent dispersées sur la table. la scène du meurtre à la piscine est fabriquée ainsi : les personnages - ce sont eux les pièces - sont là, à la fois rassemblés et dispersés en désordre apparent, mais avec un ordre secret, autour de la victime... et il y a bien sûr des pièces manquantes. Il y a des trous. Ce sont surtout des trous temporels : qui faisait quoi à quel moment ? Par exemple que s’est-il passé entre le moment où Marthe nage dans la piscine, observée par Pierre, et le moment où elle revient, interrompant une confidence ou un aveu qu’Esther s’apprête à faire à claire ? Peut-être rien du tout, peut-être quelque chose de décisif. Il y a aussi les trous de mémoire, ceux de Pierre qui ne se souvient plus de son grand amour d’autrefois, mais qui en rêve, et bien sûr ceux de Philippe, liés à son alcoolisme. Une enquête policière consiste en partie à trouver et à combler les trous dans l’emploi du temps des suspects. Ces trous sont ici les ellipses, très nombreuses, du récit. Tout cela, qui m’a beaucoup amusé, n’existe pratiquement pas dans le livre : avec Jérôme, nous nous sommes donnés beaucoup de libertés. Mais à l’arrivée, curieusement, il me semble que l’on retrouve la structure du roman et l’essentiel de son intrigue.

Par rapport à vos films précédents, cette démarche vous paraît cohérente ?

Ce n’est peut-être pas à moi de dire si c’est cohérent ou non, mais au fond... J’ai plutôt débuté par la comédie ("grinçante") avec encore et rien sur Robert avant d’aller, dans mes deux derniers films, vers une tonalité de plus en plus noire et inquiétante. J’ai donc le sentiment d’un infléchissement logique, plus que d’une rupture. Le côté Agatha Christie, d’ailleurs, me permettait de rester dans cet entre-deux qui m’intéresse entre comédie et drame, de mêler le comique à la noirceur. ainsi le personnage que joue avec beaucoup de verve Miou-miou, transposition française et bourgeoise de l’excentrique lady du livre, relève de la comédie, comme celui qu’incarne Pierre Arditi, et en partie l’écrivain alcoolique que joue Mathieu Demy. D’autres peuvent paraître comiques, mais ne le sont pas en profondeur. Anne Consigny donne une dimension assez exceptionnelle à son personnage, qui a plusieurs visages superposés. Et Valeria Bruni-tedeschi apporte une note de gravité et en même temps une belle luminosité à l’amante passionnée qu’elle incarne, là où son opposé en quelque sorte (pas seulement son ennemie), Caterina Murino, apporte la noirceur de son hystérie (je parle évidemment du personnage de Lea Mantovani, pas de l’actrice admirable qu’elle est). avec Céline Sallette en Ophélie tourmentée et ma fille Agathe en petite teigne, je note que ça fait beaucoup de femmes, et ça, c’est aussi un aspect du film qui m’a beaucoup plu... et qui prolonge, voire amplifie, des obsessions de mes films précédents.

Le récit se déroule dans un milieu social bien précis : la grande bourgeoisie. Vous vous y sentez à votre aise ?

Bon, ce n’est pas un milieu populaire, ce n’est pas non plus la jungle urbaine, donc ce serait à la fois obsolète et élitiste. Mais d’un autre côté, l’univers insulaire d’Agatha Christie se transpose à mon avis sans trop de mal en France, justement peut-être à cause de l’environnement douillet, tranquille et provincial du crime. La France n’est pas, n’est plus, un grand pays, la dimension épique en a disparu. Mais il y a parfois le sentiment, sûrement illusoire, qu’on reste nationalement un îlot de relative (et peut-être précaire) stabilité, tradition, etc., dans un monde qui se disloque. Le monde d’Agatha Christie est très spécifique, très "gentry", très britannique, mais ce n’est pas un hasard après tout si tant de citoyens britanniques se fixent dans nos campagnes françaises, il doit y avoir quelque chose... la fausse tranquillité de cette bourgeoisie très préservée dont vous parlez, où la violence et le crime couvent de façon très feutrée. Nous sommes chez les notables, sans doute. Mais les notables, toujours, ont des tiroirs fermés à clés où ils enferment des secrets. Et puis, un "flingue" dans les mains d’un flic ou d’un voyou, c’est affreusement banal ; dans les mains d’un notable, ça l’est moins. moi j’ai le fantasme, sans doute un peu régressif, des grandes maisons, avec des couloirs interminables, des pièces où l’on ne va pas, des secrets qu’il ne faut pas divulguer, des souvenirs dont on ne doit pas parler. Ce n’est pas "moderne", mais je pense que ça parle à tout le monde, cela fait partie de l’enfance imaginaire de chacun. De ce point de vue, la maison du Grand Alibi ressemble à celles de rien sur RoBert ou de Petites couPures. Un espace à la fois fermé et indéfini, un labyrinthe où l’on peut se cacher, se chercher et se retrouver.

Il y a dans le film des passions fortes et même de la folie. Ce n’est pas un simple jeu intellectuel.

Oui oui, il n’y a pas que le côté ludique, le côté Cluedo. il y a la passion, la folie. C’est sans doute ce qu’il y avait de plus difficile à traiter, mais c’est aussi ce qui m’excitait le plus dans le projet. C’est également une histoire de passion poussée jusqu’à la démence, et il fallait essayer de la traiter sans tomber dans le ridicule et le grand guignol, mais sans non plus éviter l’excès, le paroxysme. Dans le livre, l’histoire se termine dans un salon autour d’une tasse de thé empoisonnée. Cette tasse de thé est à la fois invraisemblable (ce n’est pas la seule invraisemblance) et ennuyeuse. Quitte à braver la vraisemblance, j’ai préféré profiter du décor que j’ai trouvé, le vrai atelier d’un vrai artiste, vraiment situé au sommet de Paris, et à déboucher sur les toits, à donner de l’air au film. C’était "casse-gueule", au propre et au figuré, mais je n’ai pas le sentiment que c’est hors sujet. J’aime qu’il y ait dans mes films de longues scènes dialoguées, mais aussi parfois, de façon totalement incongrue, des scènes "physiques", des scènes d’action ; d’autant plus amusantes à faire que je ne sais pas du tout comment m’y prendre.

Est-ce qu’il y aurait chez vous un fantasme hollywoodien ?

Je vous l’ai dit, j’ai toujours adoré les films de genre, ceux de la grande époque de Hollywood, et particulièrement les films noirs, les films fantastiques de tourneur, aussi. Mais ça, c’est plutôt la série B. et mon film, avec sa durée plutôt brève par rapport à la norme actuelle, avec une économie un peu serrée par la force des choses, puisque nous n’avons eu l’apport d’aucune chaîne hertzienne, par exemple, ni la région ni l’Avance, relève plutôt de la série B. ce qui n’a rien pour moi de péjoratif, bien au contraire.

Comme dans certains de vos films précédents, on retrouve un intérêt pour la psychanalyse. Pierre collier, le personnage interprété par Lambert Wilson, est analyste.

Dans le livre, c’est un psychiatre ou neuro-psychiatre, qui fait de la recherche sur des maladies apparemment dégénératives et en particulier sur l’une d’elles j’imagine inventée par Agatha Christie : la maladie de Ridgeway. Dans le film, il travaille sur les maladies de la mémoire. a part ça, il est lui-même un peu malade : un don Juan mal assumé, plus angoissé que conquérant, et à sa première apparition, il est allongé sur son propre divan. Pour tous les personnages du film, le passé est pathogène. C’est un passé qui n’est pas du tout passé. le retour de Lea, c’est ça si on veut : un retour massif du refoulé, aux conséquences catastrophiques.

Ce retour du refoulé est parfois drôle et le plus souvent dramatique. C’est ce qui explique la forte présence de l’hôpital dans le film ?

Je suis bien obligé de constater qu’il y a des hôpitaux dans presque tous mes films... Je dois avoir un certain goût pour les lieux phobiques. L’hôpital est un lieu angoissant, donc c’est un lieu romanesque. Et puis, il fait un contraste avec la vieille maison patinée, même si c’est l’hôtel-dieu, donc aussi de vieilles pierres.

Pourquoi avoir repris le titre d’un film d’Hitchcock ? Le Grand Alibi, il fallait oser quand même !

Si ç’avait été un chef-d’œuvre et un film célèbre, évidemment cela aurait été outrecuidant. Mais ce n’est pas un chef-d’œuvre, loin s’en faut. Et puis, il contient cette hérésie narrative qu’est le faux flash-back. Puisqu’il est question de flash-back, je dois dire que je me suis posé la question : dans tout Whodunit qui se respecte, on donne la solution de l’énigme par un flash-back, pour que le public "voie vraiment" comment ça s’est passé, et pour pallier le fait que le raconter est supposé faible et ennuyeux. Le problème, c’est que le flash-back est aussi un procédé faible et ennuyeux, en tout cas, moi ça m’emmerdait. Le sempiternel flash-back explicatif, comment l’éviter ?

J’ai choisi de donner la solution dans l’action finale du film, de la compléter verbalement dans l’épilogue, et de laisser au public le soin de boucher les trous. Je donne dans le cours du film toutes les pièces du puzzle, dans le désordre certes, peut-être pas toutes les pièces, mais les plus importantes, pour que le public puisse faire lui-même, au-delà de la compréhension immédiate, in fine, de ce qui s’est passé, - à supposer qu’il ne devine pas d’emblée, ce qui me paraît toujours possible, - les compléments qui s’imposent. Le titre s’est imposé à moi, car c’est le paradoxe même sur quoi le film se fonde, si l’on songe à la signification du mot alibi : être ailleurs. Je ne veux pas en dire plus, je dévoilerais l’intrigue. Et même si j’ai supprimé le détective intelligent, c’est un Whodunit et j’assume, donc je m’en voudrais de la dévoiler.

  Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=84677.html
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