Le film est projeté en version originale anglaise & danoise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
Tout juste diplômé de l’université, Christopher McCandless, 22 ans, est promis à un brillant avenir. Pourtant, tournant le dos à l’existence confortable et sans surprise qui l’attend, le jeune homme décide de prendre la route en laissant tout derrière lui. Des champs de blé du Dakota aux flots tumultueux du Colorado, en passant par les communautés hippies de Californie, Christopher va rencontrer des personnages hauts en couleur. Chacun, à sa manière, va façonner sa vision de la vie et des autres. Au bout de son voyage, Christopher atteindra son but ultime en s’aventurant seul dans les étendues sauvages de l’Alaska pour vivre en totale communion avec la nature. Une ode à la Nature et un voyage inoubliable ! (CommeauCinéma) Un homme. Un voyage. Un destin. Un chef-d’œuvre… Magistral… (Studio)
Golden Globes 2008
Award de la meilleur chanson originale décerné à Eddie Vedder pour la chanson "Guaranteed"
Gotham Awards 2007
Award du meilleur film décerné à Sean Penn (réalisateur & producteur), Art Linson (producteur), William Pohlad (producteur)
Lumiere Awards 2008
Prix de la CST de l'Image et du Son décerné à Eric Gautier
Mill Valley Film Festival 2007
Award du meilleur acteur décerné à Emile Hirsch
Motion Picture Sound Editors 2008
Award du meilleur montage sonore décerné à Richard Henderson
National Board of Review 2007
Award du meilleur acteur décerné à Emile Hirsch
Palm Springs International Film Festival 2008
Award du meilleur réalisateur décerné à Sean Penn
Rome Film Fest 2007
Premier prix décerné à Sean Penn
Society of Camera Operators 2008
Award du meilleur opérateur caméra de l'année décerné à Jacques Jouffret
São Paulo International Film Festival 2007
Award du meilleur film étranger décerné à Sean Penn
silence on tourne
Avec ce film, Sean Penn trouve la vérité psychologique derrière une histoire vraie, et nous fait décourvir une expérience cinématographique différente des autres adaptations des vécus. Into The Wild est d'une certaine manière, une réalité virtuelle qui vous nous entoure, avec assez de détails authentiques, pour que le film donne l'impression au spectateur de faire le voyage aux côtés de Chris. Un très beau Road-Movie, qui comme au retour de vacances, donne l'envie d'avoir beaucoup à raconter. Et Emile Hirsch dans le rôle phare est absolûment poignant de véracité !
Ce nouveau film de Sean Penn est tiré d'une histoire vraie. Christopher McCandless a réellement existé et a réalisé ce périple avant de mourrir de malnutrition dans les plaines de l'Alaska. Sean Penn revient sur ce parcours humain hors-norme. Tel un voyage initiatique, Into The Wild parle de découvertes et de rencontres de ce jeune garçon à la recherche de sa raison d'être.
Tel son héros, le réalisateur n'a pas contourné les difficultés pour imposer sa vision de son nouveau film. Filmé intégralement en décors naturels, Into The Wild n'a aucun stigmate des grosses productions américaines. En morcelant sa narration, Sean Penn ne lasse à aucun moment et combine habilement les moments de solitude et les rencontres humaines pour donner une impression de légèreté.
Into The Wild est une grande leçon de vie et un grand moment de cinéma. Il s'en dégage une telle volonté humaine et tant de partages entre gens inconnus, qu'on ne peut rester indifférent. Sa narration, éclatée et fluide, fait oublier que le film dure près de deux heures et demie. Le héros, Christopher McCandless, semble incarner parfaitement l'esprit de Sean Penn et donne au film une véritable raison d'être, qui ne demande qu'à être partagée avec les spectateurs !
Retenant, dans son approche de la nature, l'influence rousseausite de Terrence Malick (qui l'a dirigé en 1998 dans "La ligne rouge"), Sean Penn livre une oeuvre ambitieuse, métaphysique, sorte de trip spirituel partagé avec le spectateur grâce à une mise en scène contemplative.
Marcher pour résister. Sean Penn suit les traces d’un Rimbaud moderne pour un superbe essai sur le sens à donner à la vie
Dix ans. Dix ans que Sean Penn pense à 'Into the Wild'. Depuis qu’il est tombé sur le bouquin 'Voyage au bout de la solitude' du journaliste américain Jon Krakauer. Celui-ci retrace le parcours du jeune Chris McCandless. Juin 1990, tout juste diplômé, le gamin décide de partir en vacances avant de rejoindre son campus universitaire. C’est en tout cas ce qu’il raconte à ses parents... En réalité, il a offert à Oxfam toutes ses économies censées payer ses études, a déchiré ses cartes de crédit et son permis de conduire et, sac au dos, il décide de tracer la route ! Poussant plus loin son désir de solitude et de vie au sein de la nature, il ira jusqu’à s’improviser ermite dans un vieux bus perdu au bord d’une piste abandonnée du désert arctique de l’Alaska.
Voilà un parcours atypique qui ne pouvait qu’inspirer Sean Penn, acteur écorché vif dont les détours par la réalisation sont autant de réussites. Loin de la biographie classique, Penn rend hommage à son jeune héros en concevant son film comme un véritable trip spirituel, parvenant à faire partager au spectateur les lectures de Chris McCandless - Jack London ou Henry David Thoreau évidemment, mais aussi Tolstoï ou Pasternak?-, ses réflexions philosophiques et surtout sa révolte.
En quête de sens
Car ce qui pousse celui qui se renommera Alexander Supertramp (superclochard), outre une enfance difficile construite autour d’un mensonge, c’est avant tout une véritable quête de sens. Son dégoût pour le monde petit bourgeois, pétri d’hypocrisie dans lequel il a grandi, le pousse, en effet, à réfléchir à son existence, à ses aspirations. Refusant plus que tout de reproduire le schéma que la société, représentée par ses parents, semble lui imposer -Harvard, carrière, argent... -, McCandless revit à son époque les grands rêves de liberté des années 60.
Sorte d’enfant spirituel de Jack Kerouac et de la Beat Generation, il découvre la liberté et la beauté que lui offre une Amérique encore sauvage, du Grand Canyon au Rio Grande, en passant par l’Alaska de Jack London.
Un Sean Penn philosophe
Plutôt que de respecter la chronologie de ses pérégrinations, Sean Penn a choisi de reprendre la structure éclatée du récit de Krakauer et propose une mise en scène à l’avenant, tout en liberté. Ne forçant jamais le trait, il se contente de filmer la marche de son héros, le plaçant en communion avec les superbes paysages qu’il traverse. A l’instar d’un Terrence Malick - qui l’a fait tourner dans 'La ligne rouge' -, Penn semble, en effet, fasciné par la nature qu’il observe et traite avec le même respect que McCandless. Dès lors, 'Into the Wild' s’élève, gagne en profondeur autant qu’en lyrisme pour marquer les esprits et forcer le spectateur à se poser lui aussi des questions sur le sens de son passage sur Terre.
Pour livrer cette oeuvre libertaire, Sean Penn ne pouvait que rester en lisière du système hollywoodien. Ce qu’il perd en puissance de production et de marketing, il le gagne en liberté. Sans concession, 'Into the Wild' est le film tel qu’il le rêvait. Un film où, autant que de voyages, il est évidemment question de rencontres. Et le cinéaste prend un malin plaisir à mettre sur la route de son jeune acteur Emile Hirsch - découvert dans 'The Girl Next Door' puis remarqué dans 'Alpha Dog' de Nick Cassavetes - des personnages en marge, autant de superbes gueules hollywoodiennes.
Qu’il s’agisse d’un vieux couple de hippies (Brian Dierker et Catherine Keener), d’un fermier anarchiste (Vince Vaughn) ou d’un militaire à la retraite (Hal Holbrook), tous ont contribué à forger la personnalité à la fois mystérieuse et naïve d’un jeune homme qui aura su se montrer assez courageux pour repenser sa vie et sa place dans la société. Un parcours à méditer.
Into the wild. Sans doute le meilleur long métrage de Sean Penn
BRUXELLES Son diplôme d'université en poche, son chapeau à floche sur la tête, Christopher McCandless a son avenir tout tracé. Ses parents le voient déjà tout en haut de l'affiche, ils lui ont même déjà commandé une nouvelle voiture pour remplacer sa vieille Datsun prête à rendre l'âme. Christopher sourit. Christopher dit non merci. Il sait que demain il sera loin et qu'il laissera derrière lui le futile et l'inutile, pour s'en aller rejoindre le pays de ses rêves : l'Alaska et sa nature sauvage, sa faune préservée, ses neiges étincelantes.
Sauf qu'il y a loin de sa ville natale à celle de ses rêves et que, pour la rejoindre, le voyage de Christopher va se transformer en parcours initiatique. Des champs de blé du Dakota en passant par les rapides du Colorado et les communautés hippies de Californie, c'est à la rencontre de la vie même que le jeune homme s'en est allé.
Là où d'autres se seraient appesantis sur leur sujet, Sean Penn semble le survoler, comme s'il était touché, lui aussi, par la grâce de son personnage. Qu'il filme son errance dans les plaines, son amitié avec un vieil homme, qu'il ouvre l'espace ou s'attache à des visages, tout, ici, sonne juste. Et les longs moments contemplatifs de Christopher sont autant d'instants hors du temps.
Car Into the wild, s'il est semé de belles rencontres, est aussi et surtout un grand film sur la solitude. Une solitude voulue, recherchée, éprouvée, vécue comme une victoire de chaque instant. Jusqu'au dénouement, terrible, de ce long voyage inspiré de faits réels.
La dernière photo de Christopher McCandless - incarné (ou plutôt décharné) par l'hallucinant Emile Hirsch - est, à ce titre, bouleversante. Sean Penn en ressort plus grand encore. Respect.
Six ans après avoir craché dans la soupe des va-t-en-guerre de Bush and Co, et alors que le tout-Hollywood reprend désormais en chœur l'évangile pacifiste selon saint Sean, Penn a pris la poudre d'escampette. Et nous revient avec un film de lonesome beatnik qui ne croit plus en rien, sinon en la religion du voyage. À nouveau seul, donc, mais plus que jamais sur la route. Comme si, pour lui, le moment était venu de dire que le monde et que la vraie vie ne tournent pas qu'autour de Washington et de Bagdad. Into the wild, son quatrième film derrière la caméra, nous ramène en cela à l'essentiel : la quête initiatique de l'aventure intérieure. Et cela fait un bien fou.
Le film est inspiré de l'histoire de Christopher McCandless, jeune homme qui décida un beau matin de claquer la porte d'un destin professionnel, familial et social tout tracé par papa-maman pour renaître sur la route, refaire le monde, vivre sans argent et aller s'enterrer dans la nature, en Alaska. Avec une candeur adolescente à la fois rafraîchissante et désespérée. Pour le meilleur : une vie de beatnik, justifiée par de furtives mais splendides rencontres. Et pour le pire : une vie de clodo, seul et abandonné, jusqu'à la mort.
Sobre, simple, direct, le film émeut très profondément. Tant pour le récit de cet enfant courageux qui progressivement se meurt, que parce que derrière lui, c'est bien Sean Penn et sa radicalité que l'on reconnaît. L'histoire de Chris (qui porte le prénom du frère mort de Sean), c'est un peu la sienne : celle d'un artiste qui décida un jour de quitter les mainstreams pour leur préférer les chemins de traverse.
Basé sur le livre de Jon Krakauer (Voyage au bout de la solitude) qui narre par le menu quelques années de la vraie vie de Christopher McCandless, ce récit quasi initiatique pourrait faire penser au début à un DELIVRANCE en solitaire... Mais les deux ans de liberté ultime que veut s'offrir Chris l'idéaliste pour se retrouver, pour redevenir lui-même n'ont rien d'une partie de chasse et tiennent plutôt de l'idéal rousseauiste que de l'animisme, s'inscrivant ainsi parfaitement dans l'air du temps où une perte d'identité flagrante ronge les individus de notre société.
Son expérience dans la nature tournera inévitablement au vinaigre car une telle immersion ne s'improvise pas sur un coup de tête livresque et romanesque. Il sera pris au piège de la nature qui lui renverra son choix égoïste (il abandonne famille et amis) d'un direct en plein estomac sans se soucier de sa petite existence.
Projet né il y a plus de dix ans à la lecture du roman de Krakauer, INTO THE WILD est la quatrième réalisation de l'acteur/scénariste/réalisateur Sean Penn (THE PLEDGE, CROSSING GUARD) qui, s'il n'évite pas toujours quelques simplifications, insuffle dans sa mise en scène une part de lui-même inestimable qui agacera ou ravira.
Il donne aussi à Emile Hirsch (THE GIRL NEXT DOOR, LORDS OF DOGTOWN) la chance de montrer toute l'étendue de son talent dans un rôle difficile, souvent solitaire et qui marquera certainement une étape dans la carrière de ce jeune et talentueux acteur.
Doté d'une bande son à la hauteur, d'images de paysages à couper le souffle, INTO THE WILD est une expérience en soi, une immersion parfois naïve mais toujours rafraîchissante dans une nature dont nous avons oublié l'impitoyable force.
Il est des films qui dès le départ ont pour vocation de frapper l’esprit. ‘Into the Wild’ ne manque pas sa cible. Il imprime même durablement la magnificence de ses paysages et ses valeurs authentiques au creux de la mémoire, et dans les recoins du coeur. Difficile d’échapper à l’émotion, elle est dans chaque séquence, dans chaque rencontre - surtout celle de soi-même -, qui ponctuent le nouveau film de Sean Penn. Mais il ne faut pas confondre émotion et sensiblerie. Si certaines étapes du parcours intérieur de Christopher McCandless peuvent paraître caricaturales, elles ne sont finalement que le reflet d’un idéalisme naïf, mais indéniablement authentique et sincère. Emile Hirsh interprète avec tout ce qu’il faut de courage et d’exaltation ce personnage sensible et habité, que sa quête d’absolu mènera à travers tous les Etats-Unis vers les paysages préservés d’Alaska. Au hasard de rencontres, d’amitiés fortes mais forcément passagères, son parcours est une invitation au voyage, à la découverte d’un pays que l’on imagine plus volontiers urbanisé que sauvage. La photo du Français Eric Gautier se charge admirablement de rétablir la vérité et de souligner l’étendue des richesses naturelles de la superpuissance américaine.
‘Into the Wild’ se lit plus qu’il ne se voit. Son découpage en chapitres en accentue la linéarité et le prosaïsme. Comment, alors, ne pas sentir s’animer les influences littéraires qui ont guidé un gosse à l’avenir plein de promesses vers le dénuement et la liberté ? Comment ne pas y voir aussi le souvenir de ces vagabonds volontaires devenus légendaires : London, Kerouac, et tant d’autres ? Rarement le cinéma aura rendu plus bel hommage à la littérature des grands espaces. A la fois fable écologique, plaidoyer anti-capitaliste et portrait ému d’un gosse plein de rêves, ‘Into the Wild’ est une bouffée d’oxygène, un souffle d’air pur qui vous soulève et vous emporte loin des carcans de la vie ordinaire. Un très grand film.
Tournant le dos à une existence confortable mais malheureuse à ses yeux, Christopher Mc Candless quitta sa Virginie natale au début des années 90 pour parcourir les Etats-Unis. Des champs de blé du Dakota aux méandres du Colorado, son voyage se termina deux ans plus tard en Alaska, terre d’asile pour les esprits de la Nature. Un journaliste a tenté de comprendre ce destin à la fin tragique : Jon Krakauer. Son enquête, Voyage au bout de la solitude (Into the wild, réédité en France aux Presses de la cité) fut l’un des livres les plus vendus de l’année 1996 aux Etats-Unis, transformant Christopher Mc Candless en Lord Byron de notre temps.
Un poème du lord anglais débute d’ailleurs ce voyage cinématographique. Sean Penn nous emmène au-delà des zones pavillonnaires qui dégoûtent tant Christopher Mc Candless. Les forêts des Rocheuses ou l’étendue désertique de l’Arizona remplissent l’écran et nous immergent dans la beauté sauvage. Et pour un meilleur rendu, la production s’est offert l’excellent et primé directeur de la photographie français Eric Gautier (Carnets de Voyage, les films de Resnais ou d’Assayas...). Entre ces plans de contemplation, la caméra suit de près les tribulations d’un héros de l’anti-conformisme américain.
Le visage buriné, les yeux d’un bleu à se damner, la clope toujours à la main, Sean Penn n’a plus rien à prouver à personne. Acteur mythique s’il en est, réalisateur reconnu (Crossing Guard, The Pledge), voilà qu’il se transforme également en scénariste pour son quatrième long-métrage. " Seulement quatrième long-métrage" en presque 30 ans de carrière a-t-on envie de dire, tant le génie de Sean Penn transpire sur chaque images.
Adapté d’une histoire vraie, basée sur les mémoires de son héros, Into The Wild est incroyablement beau... Tout simplement. D’autant que c’est avant tout un très bel hommage à Mère Nature, une ode à la planète, un pamphlet anti-société de conso, bourré de messages et de sous-entendu. Alors évidemment, les trois quarts du film sont très contemplatifs, un peu naïf dans leur vision des choses (naturelles comme humaines), et comme l’histoire est très simple, il ne se passe finalement pas grand chose. Mais le montage non chronologique, l’incroyable prestation d’Emile Hirsch, qui rassure décidemment sur la nouvelle génération, une bande-son divine et la poésie qui se dégage de chaque image, chaque paysage, chaque rencontre, nous balance une énorme vague d’émotion... Car Sean Penn ne juge pas, il pose sa caméra pour filmer ce qui l’entoure dans toute sa beauté, son immensité. D’ailleurs, son cinéma fait étrangement penser à celui de Terrence Malick. Alors, comme pour Malick, le film transcende… ou ennuie, c’est selon. Mais si vous vous laissez submerger par la poésie, la couleur, la douceur, l’émotion, la tristesse et la mélancolie d’Into The Wild, préparez votre sac à dos – et n’oubliez pas les mouchoirs.
Un jeune homme quitte tout pour épouser, seul, une nature sauvage, dans un film où le lyrique Sean Penn confirme ses grandes qualités de réalisateur
L'acteur Sean Penn possède, sur l'écran, une présence physique intense, qu'accompagne un bouillonnement moral non moins captivant ( lire son portrait page 64 ). Du Jeu du faucon à L'Interprète, en passant par Comme un chien enragé , Colors , Outrages , La Ligne rouge , 21 grammes et Mystic River , cet art d'interprète à fleur de peau, jamais plus juste que sur le fil du rasoir, s'est exprimé de bien belle manière. Derrière la caméra, là où il avoue préférer se trouver désormais, les mêmes qualités se sont vite retrouvées, augmentées d'une peu banale maîtrise de la mise en scène.
The Indian Runner (1991), The Crossing Guard (1995) et The Pledge (2001) affichaient tous trois des enjeux humains extrêmes, avec une sincérité frappante mais aussi l'indispensable capacité de retenir le trait pour éviter l'emphase.
Penn, 47 ans depuis le mois d'août dernier, semblait donc le réalisateur idéal pour réussir une adaptation d' Into the Wild (1), le livre inspiré au journaliste Jon Kracauer par l'histoire vraie et tragique de Christopher McCandless. Ce dernier, fraîchement diplômé de l'uni- versité et promis à un brillant futur, avait tout abandonné (offrant ses économies à Oxfam) pour prendre la route et rejoindre une nature idéalisée, jusqu'au fin fond de l'Alaska... où il allait perdre la vie, en 1992, à l'âge de 24 ans. Référence directe au grand Jack London, rappel des élans libérateurs d'un Jack Kerouac partant On the Road , désir de s'affranchir d'une société marchandisée pour vivre l'Aventure avec un grand A, confrontations du fantasme et de la réalité, du désir et de ses conséquences ultimes : tout dans cet authentique récit appelait l'attention d'un Sean Penn en empathie manifeste avec son sujet.
Un mélange de candeur et d'intelligence
Très remarquablement joué par Emile Hirsh, qui a perdu près de 20 kilos pour incarner le Christopher dramatiquement amaigri de la fin, le personnage central offre un mélange de grande intelligence et de candeur désarmante. Into the Wild est bien entendu récit d'apprentissage, s'inscrivant dans la grande tradition du genre et notamment celle des écrivains romantiques du XIXe siècle, eux aussi fascinés par une nature sur laquelle projeter son besoin d'harmonie, de pureté.
Lucide, Penn reconnaît certes pleinement la légitimité de l'échappée belle entreprise par son jeune héros. Mais il relève aussi ce que la démarche peut avoir de naïf, d'égoïste. Le film ne manque pas de s'attacher au désarroi, puis à la douleur de parents laissés dans l'ignorance à peu près absolue de la trajectoire et du sort de leur fils (parfois maladroitement) aimé. Le thème de la paternité, particulièrement cher au cinéaste, trouve ici encore à s'illustrer, porté par William Hurt comme il le fut naguère par Jack Nicholson dans The Crossing Guard .
Mais Mère Nature sollicite évidemment en priorité une caméra qui, du Dakota en Alaska, capte ses beautés avec style et pertinence. Dans Into the Wild , tout paysage géographique est aussi, peu ou prou, paysage mental. L'aptitude de Sean Penn à mêler intimement l'organique et le psychologique fait merveille comme jamais. La palette de couleurs et le magnifique travail du chef opérateur français Eric Gautier ( Coeurs , Gabrielle , Carnets de voyage ) achève de relier le film au meilleur cinéma américain des années 1970.
Pour son quatrième long-métrage comme réalisateur, Sean Penn retourne à la nature. A Londres samedi, l'acteur- réalisateur américain évoque un film révolté. Et ne cache pas ses convictions politiques.
Mercredi, Sean Penn recevait un triomphe à la Festa de Rome avec "Into the Wild", l'acteur-réalisateur faisait un saut par le Festival de Londres pour répondre avec une bonne volonté surprenante aux questions d'une petite vingtaine de journalistes internationaux.
Depuis "The Pledge" en 2001, Penn s'était plutôt concentré sur sa carrière de comédien. Repassant derrière la caméra, il réalise un projet qui lui tient à coeur depuis plus de dix ans : l'adaptation de "Voyage au bout de la solitude", récit par le journaliste Jon Krakauer du parcours incroyable de Chris McCandless. Lequel, jeune diplômé en 1990, décide de tourner le dos à sa famille pour tracer la route et retourner à la nature pour finalement vivre et mourir en ermite en Alaska.
Retenant, dans son approche de la nature, l'influence rousseausite de Terrence Malick (qui l'a dirigé en 1998 dans "La ligne rouge"), Sean Penn livre une oeuvre ambitieuse, métaphysique, sorte de trip spirituel partagé avec le spectateur grâce à une mise en scène contemplative.
Ce récit d'un homme qui refuse de se plier aux exigences d'une société de la médiocrité est plus qu'un film pour le réalisateur. Il s'agit d'une histoire nécessaire... "Je pense être sorti de ce livre comme beaucoup de gens qui l'ont lu, bouillant à l'intérieur de pouvoir partager ce sentiment d'être à un carrefour sur le chemin de la vie. Vous savez quelle part de vous est authentique et laquelle ne l'est pas... Et vous savez qu'il va falloir être capable d'en abandonner une pour réellement participer au monde. C'est une idée très attirante de disparaître dans la nature, de laisser volontairement ses propres mensonges être submergés par l'authenticité de tels paysages. Surtout quand on est jeune. Il ne s'agit pas seulement de se purifier, c'est plutôt une sorte de cap à franchir, un test envers soi-même pour savoir si l'on peut consciemment se dégager de plus en plus du confort offert de la culture occidentale. Dans mon pays, je crois que c'est devenu nécessaire de poursuivre ce genre de révolution, de défi personnel."
En effet, le film est peut-être plus d'actualité aujourd'hui qu'il y a une quinzaine d'années, au moment de l'odyssée de Chris McCandless, tant les changements historiques, politiques, sociologiques ont été nombreux. "De mon point de vue, c'est finalement mieux que cette distance existe. Il me semble que cette histoire est plus urgente aujourd'hui..."
Autoportrait déguisé ?
Quand on sort d'"Into the Wild", on a presque l'impression d'y lire l'autoportrait de la star, toujours en révolte. Penn ne cache d'ailleurs pas sa proximité avec son jeune héros, interprété par Emile Hirsch. Comme lui, l'envie de tout plaquer s'est faite sentir. "Je la ressens tous les jours. Je l'ai toujours ressentie. Dans ma vie, il m'est arrivé à plusieurs reprises de faire des choses analogues, même si je n'ai évidemment jamais été aussi loin que Chris. Je pense même que cette envie sort revigorée de ce film. Si c'est très tentant, le plus important n'est cependant pas là. Et c'est quelque chose que Chris a écrit, que je n'invente pas dans le film, c'est la prise de conscience à laquelle il est arrivé à la fin de son aventure, la leçon qu'il a tirée de sa solitude. C'est cela qui fait que cette histoire est d'autant plus urgente aujourd'hui pour moi et pour beaucoup de gens : nous sommes arrivés à un moment où il faut que nous nous retrouvions dans une sorte de communauté des êtres humains. C'est pourquoi j'encouragerais ce genre de parcours chez les jeunes. Ils ne doivent jamais perdre ces valeurs. Car une fois qu'on a fait l'expérience d'une vie remplie, qu'on a compris pourquoi on la vivait, on ne peut plus s'en passer..."
Une vie inséparable de la mort, qui plane tout au long d'"Into the Wild" et sur laquelle Sean Penn base sa philosophie. "Science et religion ne s'accordent que sur le fait que nous allons tous mourir. La question, c'est de savoir pour quoi ? La religion est venue empoisonner tout cela en parlant du sens de la vie. Ce n'est pas une pensée profonde, ça tombe sous le sens mais, selon moi, arrivé à la fin de sa vie, il faut pouvoir donner un sens à sa mort. C'est à partir d'elle que j'évalue la vie. C'est ça le sens de la vie. C'est la philosophie du sens de la mort selon Sean Penn...", s'amuse-t-il.
Acteur toujours sur la brèche, Sean Penn ne masque pas la colère qui le ronge, qui l'a aidé à venir au bout d'un tournage très difficile. "Je ne sais pas si c'était nécessaire d'être en colère pour plonger dans cette aventure, mais je dois admettre que je suis largement rempli de rage... Je ne la recommanderais à personne mais je reconnais que ça a toujours marché pour moi ! Cependant, ici, elle n'était qu'accessoire. Cette histoire m'a profondément ému, m'a excité de différentes manières. Je n'ai pas vraiment réfléchi à cela; ce que je peux dire, c'est que j'ai ressenti la nécessité impérieuse de faire ce film..."
Un acteur engagé
Cette rage et les excès qui l'accompagnent, qui ont souvent fait les choux gras de la presse people, Sean Penn la met depuis quelques années à profit dans son combat politique. Même s'il continue de se sentir Américain avant tout... "Je n'ai jamais nourri aucun ressentiment envers mon pays. Je suis un peu énervé contre les ennemis de l'Etat qui ont pris le contrôle de la Maison-Blanche et contre cette sorte d'acceptation d'un état de fait, du peu d'indignation que cela suscite... Mais ici, c'est un sujet totalement différent. Ce pays sera un pays formidable quand les gens qui l'habitent seront formidables. Et les paysages resteront magnifiques tant qu'on ne les détruit pas... Je suis né en aimant ce pays et je mourrai en l'aimant."
Ce qui n'empêche pas la star d'afficher ses convictions, notamment sur la course aux primaires démocrates... "Je crois que l'homme le plus influent en politique aujourd'hui, c'est Barack Obama car s'il se retirait demain de la course pour soutenir John Edwards, Edwards serait président. Mais je pense que c'est Hillary Clinton qui sera choisie. C'est évident, mais cette évidence ne me convient pas... Quand on se déplace vers le centre, on agit au centre. Et le centre, c'est déjà la droite...", s'emporte-t-il tout en refusant de s'engager lui-même en politique."J'ai trop de films à faire !"
S'ils sont tous de la trempe d'"Into the Wild", on ne s'en plaindra pas.
Bientôt trente années de pérégrinations artistiques pour Sean Penn, tombé dans la marmite dès le plus jeune âge. Fils d'un cinéaste (Leo Penn) et d'une actrice (Eileen Ryan), cet Angelinos biberonné aux mamelles d'Hollywood a aujourd'hui rejeté l'industrie du rêve. Son dernier film – qui est aussi le plus personnel – radicalise l'invitation aux voyages de son cœur : alternatifs, indépendants. Portrait, sur fond d'actualité, du plus attachant des acteurs-réalisateurs américains.
La solitude
Elle est indissociable de Penn. Qui en fait l'éloge dans Into the wild, tiré du Voyage au bout de la solitude de Jon Krakauer. Le journaliste américain y conte les tribulations d'un voyageur solitaire. Jeune diplômé en 1990, Chris McCandless décide un beau jour de tout quitter et d'aller s'enterrer en ermite dans la nature. "Je sais que l'expérience de la solitude peut vous procurer beaucoup de bonheur. Mais je sais aussi combien ce bonheur est précaire, fragile, et ne vaut plus rien du tout si vous ne pouvez pas le partager avec quelqu'un."
L'évasion
Le film est un vibrant éloge de la fuite. Mais, ajoute Sean Penn, adepte de la philosophie de Jack Kerouak, c'est dans la fuite, le voyage, l'évasion que se trouve la véritable aventure intérieure de l'homme. "Cette histoire est celle d'une quête effrénée de liberté. Si ça pouvait inspirer quelques jeunes, et leur donner le courage de quitter leur petit cocon… Le problème, c'est que c'est la peur qui domine le monde. Or, partir, c'est apprendre à la domestiquer."
L'autoportrait
Un homme qui dit non aux autoroutes de la gagne et du business pour faire le choix de la route et des chemins de traverse ? Derrière la métaphore, l'autoportrait vire à l'évidence. Penn confirme : "Je partage avec Chris et le héros de mon film le besoin d'aller ailleurs. De me perdre sur la route, dans le voyage, de façon presque obsessionnelle. Dans ma vie, il m'est arrivé à plusieurs reprises de faire de telles choses, même si je n'ai jamais été aussi loin que Chris. Je suis particulièrement touché par la prise de conscience à laquelle il est arrivé à la fin de son aventure. C'est en cela que cette histoire de solitude est d'autant plus urgente aujourd'hui pour moi, comme pour beaucoup de gens. Nous sommes arrivés à un moment où il faut que nous nous retrouvions dans une sorte de communauté d'êtres humains. C'est pourquoi j'encouragerais ce genre de parcours chez les jeunes : partez, la route est semée de rencontres et d'aventures. Les jeunes ne doivent jamais perdre ces valeurs. Croyez-moi, une fois qu'on a fait l'expérience d'une vie remplie, qu'on a compris pourquoi on la vivait, on ne peut plus s'en passer."
La nature
Intéressé par la prose de Walt Whitman et de Henry David Thoreau, comme par l'univers naturaliste de Terrence Malick (qui le dirigera bientôt dans Tree of life), Penn considère l'Amérique comme un temple de la nature. La Terre-Mère n'a jamais si bien porté son nom. Elle est tantôt berceau où l'on se love, tantôt caveau où l'on se terre. "C'est une idée très attirante de disparaître dans la nature, et d'aller noyer ses propres mensonges sous la beauté et l'authenticité de tels paysages. Surtout quand on est jeune. C'est comme si ça vous purifiait de l'intérieur. Mais c'est aussi et surtout un cap à franchir, un test envers soi-même pour savoir si l'on est capable de se libérer du confort et des aliénations matérielles de la culture occidentale. Vous comprendrez aisément que dans mon pays, c'est une quête vitale."
Le père
Il est au centre de sa filmographie. Ses quatre films y font plus qu'allusion. Le père – ou l'absence de père – est la référence. Tantôt il étouffe. Tantôt il protège, ou fait justice. Sean Penn n'est pas pour rien le fils de Leo, cinéaste qui fut la cible des chasseurs de sorcières maccarthystes. "Il en a bavé. Pour avoir été un homme de gauche, il s'est retrouvé “blacklisté”. Mais il est resté invariablement fidèle à ses convictions et à ses idéaux. Je lui dois énormément. Surtout ceci : quand vous croyez fermement à quelque chose, n'ayez pas peur d'aller à contre-courant. N'ayez pas peur de vous retrouver isolé, affaibli par le discours dominant. Restez fidèle à vos opinions." Les siennes – sociales – l'ont par exemple mené en Irak ou encore à la Nouvelle-Orléans au lendemain de la déferlante Katrina.
Ses engagements
Pour avoir pris la parole avant tout le monde, et flingué les va-t-en-guerre de l'administration Bush, Penn s'est lui aussi retrouvé sur la liste noire. C'était en 2002. Aujourd'hui, Hollywood lui rend hommage. Lui, il reste fidèle à ses engagements. "C'est vrai, je suis énervé contre les ennemis de l'Etat qui ont pris le contrôle de la Maison-Blanche, et contre cette sorte d'acceptation d'un état de fait, du peu d'indignation que cela suscite. Les hors-la-loi, ce sont eux. Pour le reste, je suis né en aimant ce pays et je mourrai en l'aimant."
Le Nord
Familier des expériences limites, des voyages au bout de la nuit et des virées crues en caravane, Sean Penn est l'homme du feu (U-turn, dans le désert brûlant d'Oliver Stone) et de la glace. Si le feu semble attiser ses démons, la glace de l'Alaska filmée ici symbolise son âme pure et ses idéaux adolescents.
No
"Je dois admettre que je suis largement rempli de rage. Je ne la recommanderais à personne, mais je suis fait ainsi."
Christopher McCandless dit "Alexander Supertramp" (12 février 1968 – 18 août 1992) est un aventurier américain, qui a fait l'objet du récit biographique Voyage au bout de la solitude (Into the Wild) de Jon Krakauer adapté au cinéma en 2007 par Sean Penn sous le titre Into The Wild.
Jeunesse
Christopher McCandless est le fils de Walt McCandless (né en 1936) et de Wilhelmina Johnson (née en 1945). Son père est né à Greeley, dans le Colorado et devient ingénieur en physique ; d’un premier mariage, il a quatre enfants puis se remarie en 1967. Deux enfants (Christopher et Carine) naissent de ce second mariage. Il s’installe à Annandale, dans la baie de Chesapeake.
D’après Jon Krakauer, la personnalité de Chris McCandless était particulièrement complexe : il avait un sens aigu de son domaine privé mais pouvait se montrer convivial ou extrêmement sociable ; il mesurait également les gens à l’aide d’un code moral particulièrement rigoureux. Ses relations avec ses parents se détériorèrent le jour où il apprit les circonstances dans lesquelles son père s’était séparé de sa première épouse (Walt McCandless eut un fils, Quinn, de sa première épouse quelque temps après avoir épousé Wilhelmina Johnson).
Son esprit se tournait vers l'idéalisme et le panthéisme. Rejetant la société moderne de consommation, il avait un certain dégoût de l'être humain qui le poussa à s'isoler. Jeune, il dévorait les livres de Henry David Thoreau, d'Emerson et de Jack London et partageait les idées philosophiques de ces auteurs. En 1986, Chris McCandless obtient son diplôme du lycée Woodson. À cette époque, il part pendant plusieurs semaines vers l’Arizona, via la Virginie et le Texas. Il entre ensuite à l'université d'Emory. Il obtient son diplôme d'université en 1990 et quitte sa famille peu après.
Personnalité de Chris McCandless
Selon ses parents, Chris avait toujours été un être motivé, un gagnant qui ne supportait pas d'abandonner un projet qui lui tenait à cœur. Il avait donc une volonté de fer résistant à beaucoup d'épreuves. Têtu, il n'écoutait pas beaucoup les remarques de ses proches qui lui faisaient remarquer son égocentrisme.
Quand Christopher avait 12 ans, son père et lui allèrent marcher dans les montagnes lors d'une de leurs habituelles randonnées d'été. Lorsqu'ils arrivèrent aux 3 000 mètres qui les séparaient de la vallée, tous deux remarquèrent que la suite du chemin vers le sommet était dangereuse et escarpée. Walt décida alors qu'il était temps de redescendre, mais Chris ne voulait pas et protesta. Il voulait continuer et marcher jusqu'en haut de la montagne. Son père finit par le faire descendre. "S'il avait eu 14 ou 15 ans, je l'aurais laissé monter tout seul, explique Walt. Mais il était trop jeune. C'était toujours comme ça avec Chris, on devait sans cesse le rattraper par le col de la chemise."
Chris était en effet un grand sportif, troisième meilleur coureur de son État et de sa catégorie. Il adorait la course à pied, participant à des cross et s'entraînant souvent. Ainsi devient-il l'entraîneur de l'équipe de cross country au lycée. Ses camarades se souviennent sûrement encore des rudes entraînements que Chris leur faisait subir. Il les égarait dans des rues inconnues et des quartiers peu fréquentables pour que, quand ils retrouvent le chemin, ils se donnent à fond. Il était rusé et intelligent et s'en servait, pensant que la seule façon d'atteindre un but était le mental, l'esprit et la volonté.
Les aspirations de Chris pour la vie sauvage lui ont été inspirées par son grand-père, vivant à la campagne. Ils s'adoraient et ne pouvaient se séparer.
Quand il arriva à l'université, où il eut d'ailleurs d'excellentes notes, il ne se liait pas d'amitié avec les autres étudiants, rejetait souvent ses anciens camarades et ne participait pas aux activités extra-scolaires de son université. Chris ne recevait pas beaucoup et ne sortait que très rarement de sa petite chambre minimaliste. Il préférait trouver le bonheur dans les livres de Thoreau, Tolstoï ou encore Jack London.
"Il était inévitable que Chris parte, raconte sa sœur. Personne n'aurait pu l'en empêcher."[réf. nécessaire] Après la remise des diplômes et l'anniversaire de son père, Chris partit. Il n'écrivit pas à sa famille, ne lui téléphona pas et ne la prévint pas de ce voyage qu'il considérait comme l'aboutissement de quatre années de travail stupide. "Je pense que si Chris ne m'écrivait pas c'était qu'il y avait une raison. Il vivait sa vie et en profitait, j'essayais de le comprendre et d'attendre son retour."
Les dernières années
Christopher McCandless quitte Atlanta en juillet 1990. Ses pérégrinations le mèneront tout au long du sud des États-Unis, à travers la Géorgie, la Louisiane, le Texas, le Nouveau-Mexique, l'Arizona, la Californie, l'Oregon, le Montana puis, via le Canada, l'Alaska.
Detrital Wash
est une rivière coulant en Arizona ; elle prend sa source dans les montagnes qui se trouvent au nord de Kingman et se jette dans le fleuve Colorado, en face du lac Mead, proche de Las Vegas. Pendant l’été, la condensation peut provoquer des orages transformant le lit asséché de la rivière en torrent boueux. Chris McCandless atteint Detrital Wash le 6 juillet 1990. Il stationne sa voiture au fond du lit asséché de la rivière mais se trouve brusquement chassé par un orage, qui lui laisse juste le temps de se réfugier sur les berges, tandis que la voiture était noyée par l’eau. Il abandonne le véhicule et poursuit sa route à pied. La voiture fut découverte trois mois plus tard par un botaniste, qui en fit don à l’État. Elle est encore utilisée
Californie et Pacifique
Chris McCandless quitte Detrital Wash le 10 juillet 1990 et se rend dans la Sierra Nevada, où il travaille dans un ranch avant de partir pour Arcata (Californie). Il remonte la côte du Pacifique en direction de l’Oregon. Le 10 août, il reçoit une amende pour avoir fait de l’auto-stop près de Willow Creek : par inadvertance, il donne l’adresse de ses parents, qui reçurent l’amende non payée à la fin du mois.
Chris McCandless redescend ensuite vers l’Arizona et parvient, le 28 octobre 1990, à Topock. Il explore la région de la rivière Colorado et entre au Mexique ; arrêté tandis qu’il tente de rentrer aux États-Unis sans papiers d’identité, il passe une nuit en prison le 18 janvier 1991. Le 3 février 1991, il arrive à Los Angeles pour obtenir une nouvelle carte d’identité. Pendant plusieurs semaines, il vit dans les rues avec les clochards, les vagabonds et les ivrognes. En mai 1991, il s’installe à Bullhead City, où il trouve un emploi comme serveur chez McDonald's, qu’il quitte cependant au bout de trois semaines.
Il arrive plus tard au bord de la Salton Sea, océan miniature situé au sud de Las Vegas et créé par un accident technique survenu au cours des années 1960 (un canal du Colorado, ayant rompu ses digues, se déversa pendant plusieurs mois dans la plaine Salton, noyant fermes et habitation : l’eau noya ainsi 1 000 kilomètres carrés de désert et créa une mer intérieure). Il y vécut pendant plusieurs semaines au milieu des vagabonds, puis quitta la région pour San Diego puis pour l’Alaska.
Montana et Alaska
En mars 1992, Chris McCandless arrive au Montana, à Carthage, où il travaille dans un ranch afin de faire des économies et de partir en Alaska. Il quitte le Montana le 15 avril 1992 et arrive en Alaska 6 jours plus tard. Il est alors pris en auto-stop par Gaylord Stuckey, qui l’emmène à Fairbanks où ils arrivent le 25 avril. Chris Mc Candless part alors vers le sud, en direction de la piste Stampede où il arrive deux jours plus tard.
La piste Stampede
La piste Stampede a été tracée dans les années 1930 par un mineur nommé Earl Pilgrim et conduit à des concessions d’antimoine, situées à 60 km de la ville de Healy. La piste subsiste toujours, malgré l’abandon de la mine ; elle est exclue du parc national Denali et traverse la rivière Teklanika. En 1961, elle fut partiellement transformée en route : la compagnie Yukan, chargée de réaliser les travaux, acquit alors trois vieux autobus hors d’usage qu’elle transforma en logement sommaire ; lorsque les travaux furent arrêtés, deux des autobus furent rapatriés mais l’un d’eux demeura sur place, à 40 km à l’ouest de Healy.
C’est dans cet autobus que Chris McCandless s’installe le 28 avril 1992 ; il y passe les cinq derniers mois de sa vie (112 jours de survie dans une nature sauvage), se nourrissant essentiellement, outre de petits animaux qu'il chassait à la carabine, de racines de pomme de terre sauvage (Hedysarum alpinum) : il aurait par la suite consommé par erreur les graines d'une plante très proche (Hedysarum mackenzii) ; toxiques, elles l’auraient empoisonné.
Le 6 septembre 1992, Ken Thompson, Gordon Samuel et Ferdie Swanson se rendirent à l’autobus pour chasser l’élan ; ils y rencontrèrent un jeune couple qui, alerté par l’odeur, se tenait à quelques mètres de l’autobus, effrayé. Ce fut Gordon Samuel qui passa la tête par une fenêtre cassée et aperçut un sac de couchage d’où dépassait la tête de Chris McCandless.
Le corps fut ramené à Anchorage et autopsié ; le coroner conclut à un décès par malnutrition. Son corps fut incinéré et ses cendres remises à sa famille, le 20 septembre 1992.
Controverses
La sortie simultanée, en 2007, d'un film de fiction et d'un documentaire consacrés au voyage de Chris McCandless (Into the Wild, de Sean Penn et Call of the Wild, de Ron Lamothe) a permis de mettre en lumière le décalage entre l'histoire racontée par Jon Krakauer dans son ouvrage – histoire dont s'est directement inspiré Sean Penn – et la réalité factuelle. Il est ainsi apparu que, contrairement à ce que laissent entendre Krakauer et Penn, McCandless n'a jamais détruit ses pièces d'identité. Son portefeuille, intact, a en effet été retrouvé dans son sac à dos, qui fut découvert dans le bus de la piste Stampede par Will Forsberg, un trappeur habitant la région. Le portefeuille contenait la carte de sécurité sociale de McCandless (alors que Penn montre McCandless détruisant cette carte au début de son film), ainsi que son certificat de naissance, son permis de conduire, des cartes de bibliothèques, une inscription sur les listes électorales et une carte de santé émise dans le Nevada. Il contenait également 300 US$. Ces éléments, ignorés par Krakauer, jettent une lumière nouvelle sur l'aventure de McCandless : on peut en effet prudemment en déduire qu'il avait bien l'intention de retourner à la civilisation au terme de son séjour en pleine nature. Certains estiment par conséquent que Krakauer a forcé le trait en faisant de McCandless un héros romantique en rupture complète avec la société. Penn, quant à lui, peut se défendre en indiquant qu'il a fait œuvre de fiction en s'inspirant d'une histoire vraie.
Dans la dernière édition de son livre, Krakauer a également suggéré qu'en fait, McCandless aurait pu être intoxiqué par des semences de pomme de terre sauvage moisies. Cette thèse est également démontée par Ron Lamothe dans son documentaire Call of the Wild.
Loin du point de vue idéaliste et romantique de beaucoup de lecteurs de Krakauer, certains habitants de l’Alaska portent un jugement très sévère sur cette aventure. Ainsi, un garde forestier du Parc national de Denali, Peter Christian, souligne que McCandless était très insuffisamment préparé et ne possédait même pas une carte de la région ; il estime qu’il s’agit d’un véritable "suicide". Le jeune homme ne savait pas qu’il existait un bac manuel en fonction sur la rivière, à quelques centaines de mètres de la Stampede trail, ainsi qu’un abri contenant des vivres de secours.
Judith Kleinfeld, dans un article publié dans le Anchorage Daily News, rapporte que "beaucoup d’habitants de l’Alaska ont réagi avec colère devant cette stupidité. "Il faut être un idiot complet", disent-ils, "pour mourir de faim en été à 30 km seulement de la route du parc"" [réf. nécessaire]. Curieusement, jusqu'à la sortie du documentaire Call of the Wild en 2007, personne n'avait jamais mentionné le fait que McCandless disposait bien d'une carte routière, qui fut d'ailleurs remise par les autorités à ses parents en septembre 1992, avec d'autres objets lui appartenant.