Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Saisons
Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 04 septembre 2008
Eldorado
 Jeudi 11 septembre 2008
Then she found me (Une histoire de famille)
 Projection le jeudi 18 septembre 2008
La zona (La Zona, propriété privée)
 Projection le jeudi 25 septembre 2008
Faubourg 36
 Projection le jeudi 02 octobre 2008
Entre les murs
 Projection le Jeudi 09 octobre 2008
Klopka (Die falle/The trap/Le piège)
 Projection le Jeudi 16 octobre 2008
Une chaine pour deux
 Projection le Jeudi 23 octobre 2008
Die welle (La vague)
 Projection le Jeudi 6 novembre 2008
Changeling (L'Echange)
 Projection le Jeudi 13 novembre 2008
Home
 Projection le Jeudi 20 novembre 2008
Valse avec Bachir
 Projection le Jeudi 27 novembre 2008
Happy-Go-Lucky (Be Happy)
 Projection le Jeudi 04 décembre 2008
Australia
 Projection le jeudi 11 décembre 2008
Burn After Reading
 Projection le jeudi 18 décembre 2008
Le Silence de Lorna
 Projection le jeudi 08 janvier 2009
Louise Michel
 Projection le jeudi 15 janvier 2009
Revolutionary Road
 Projection le jeudi 22 janvier 2009
Frost / Nixon, l'heure de vérité
 Projection le jeudi 29 janvier 2009
The Curious Case of Benjamin Button
 Projection le jeudi 05 février 2009
Doubt
 Projection le jeudi 12 février 2009
Vicky Cristina Barcelona
 Projection le jeudi 19 février 2009
The Reader
 Projection le jeudi 05 mars 2009
Two Lovers
 Projection le jeudi 12 mars 2009
Le Bal des actrices
 Projection le jeudi 19 mars 2009
La Fille du RER
 Projection le jeudi 26 mars 2009
Stella
 Projection le jeudi 02 avril 2009
Chéri
 Projection le jeudi 23 avril 2009
Milk (Harvey Milk)
 Projection le jeudi 23 avril 2009
Je l'aimais
 Projection le jeudi 07 mai 2009
Soeur sourire
 Projection le jeudi 14 mai 2009
Millenium
 Projection le jeudi 28 mai 2009
Erreur de la banque en votre faveur
 Projection le jeudi 04 juin
The Fall
 Projection le jeudi 11 juin
Welcome
 Projection le jeudi 18
Tellement proches
 Projection le jeudi 25 juin
Towelhead (Nothing is Private)
 
 
 
Film précédent  
Eldorado réalisé par Bouli Lanners
    
Titre original Eldorado
Réalisation Bouli Lanners
Scénario Bouli Lanners
Interprétation Bouli Lanners (Yvan), Fabrice Adde (Didier ou Elie), Philippe Nahon (Le collectionneur), Didier Toupy (Le naturiste), Françoise Chichéry (La maman d'Elie), Stefan Liberski & Baptiste Isaïa (Les garagistes), Jean-Jacques Rausin & Renaud Rutten (les motards), Jean-Luc Meekers (L'homme du parking)
Musique Renaud Mayeur
Photographie Jean-Paul de Zaeytijd
Pays Belgique - France
Année 2008
Durée 1h 25min.
Genre Comédie dramatique
Production Jaques-Henri Bronckart
 
 
 

Pour le gala d'ouverture Séance unique à 20h00


 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le Jeudi 04 septembre 2008
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
 
 
Yvan, dealer de voitures vintage, la quarantaine colérique surprend le jeune Elie en train de le cambrioler. Pourtant il ne lui casse pas la gueule. Au contraire, il se prend d’une étrange affection pour lui et accepte de le ramener chez ses parents au volant de sa vieille Chevrolet. Commence alors le curieux voyage de deux bras cassés à travers un pays magnifique, mais tout aussi déjanté. "Eldorado" est tout à fait le genre de folie à la fois absurde et géniale qui se fait tellement rare au cinéma. Un film drôlement attachant …" (CommeauCinema.com)
 
 
 Critique Internationale à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2008
 
  • Prix Label Europa Cinémas décerné à Bouli Lanners
  • Prix Regards Jeunes décerné à Bouli Lanners
  • Prix de la Fédération nternationale de la presse cinématographique (Fipresci) décerné à Bouli Lanners
 Mostra Internazionale del Nuovo Cinema 2008
 
  • Mention spéciale décernée à Bouli Lanners
  • Prix Pesaro Cinema Jeune décerné à Bouli Lanners
 Festival Ekwa (Réunion) 2008
 
  • Prix du Jury Ekwa du long métrage décerné à Bouli Lanners
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Acteur, réalisateur, scénariste et directeur de casting, Bouli Lanners (Philippe) est né en Belgique (Moresnet-Chapelle, Verviers) en 1965 (43 ans précisément il les a fêtés le 20 mai), en face d’un verger. Peintre (Académie des beaux-arts de Liège), autodidacte, il est passé par tous les postes et tous les métiers sur les tournages avant de se rendre populaire sur Canal+ Belgique avec Les Snuls.

Depuis lors, il réalise des films et enchaîne les seconds rôles au cinéma dans des productions belges et françaises: Les convoyeurs attendent, Petites misères, Aaltra, Bunker Paradise, Enfermés dehors, Quand la mer monte, Un long dimanche de fiançailles, Cow-Boy… Il est actuellement à l’affiche de Astérix aux jeux olympiques dans lequel il joue le Roi des Grecs. On le verra prochainement dans Où est la main de l'homme sans tête des frères Malandrin, dans J'ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel Benchetrit, dans Louise Michel de Delépine et Kuerven et enfin dans Eldorado, son second long-métrage dans lequel il interprète le rôle principal.

En 1999, il écrit et réalise Travellinckx, un road movie en super 8 mm noir et blanc qui a fait le tour du monde des festivals. Deux ans plus tard, Muno, confirme la singularité du réalisateur et est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes. En 2005, il réalise son premier long-métrage, Ultranova, qui est primé à la Berlinale: portrait tendre et ironique d'un groupe de paumés et regard décalé sur sa Wallonie natale.

Eldorado son deuxième long-métrage sortira en juin 2008 en France et en Belgique. Parallèlement, Bouli aime toujours marcher dans les bois, naviguer sur les canaux et peindre. Ses deux prochains longs-métrages sont en écriture.

Source : http://www.versusproduction.be

Bouli Lanners

FILMOGRAPHIE

Réalisations

  • Eldorado - long métrage (2007)
  • Ultranova - long métrage (2005) WESTERN - clip musical (2002)
  • Muno - court métrage (2001)

Tout sa filmographie en tant que :

Bouli Lanners sur Cinergie

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Origines du film
  L’idée du film est inspirée d’un fait réel : une nuit, en rentrant chez moi, j’ai surpris deux cambrioleurs, l’un planqué sous mon lit, l’autre sous mon bureau ! Un moment de vie improbable ; trois types qui ont la trouille et une longue nuit de discussions. À partir de cet événement pour le moins inoubliable, j’ai construit et imaginé un récit où les anecdotes se transforment, s’étoffent et finissent par s’assembler. L’aventure entre Yvan et Elie est une vraie fiction, qui mélange des choses vécues et des moments de pure invention.
  Source : http://www.commeaucinema.com
   
Devant et derrière la caméra
  À l’écriture, je n’ai jamais envisagé d’interpréter le rôle d’Yvan. C’est mon producteur Jacques-henri Bronckart qui a lancé l’idée et ses arguments ont réussi à me convaincre. C’est vrai que le personnage tel qu’il était écrit me ressemblait beaucoup. Je me retrouvais donc devant et derrière la caméra, expérience assez dingue rendue possible grâce à mon équipe. Pourtant ça n’a pas toujours été facile pour moi de juger de la qualité des rushes tout en me voyant perpétuellement à l’image, en short, ou encore en caleçon, au milieu d’une rivière. Une grande leçon d’humilité.
  Source : http://www.commeaucinema.com
   
Souvenir de voyage
  Quand j’étais petit, tous les week-ends, on faisait l’aller-retour La Calamine-Bastogne pour aller voir mes grands parents. J’étais collé à la fenêtre et je regardais le paysage défiler, la voiture était comme un cocon et c’était le bonheur. Maintenant encore, je reste un grand contemplatif. Si le paysage peut défiler sans que je ne bouge, c’est à nouveau le bonheur. Le travelling latéral, c’est la plus belle invention du monde. Donc, il faut toujours que j’en foute au moins un dans tous mes films, c’est plus fort que moi.
  Source : http://www.commeaucinema.com
   
La musique
  De l’écriture au montage, je travaille en musique. Elle fait partie intégrante du film. J’avais envie d’une bande son qui colle au poil avec ce que j’avais en tête. J’ai eu la chance d’être présenté à Renaud Mayeur dont les riffs chauds et rugueux correspondaient tout à fait à ce que j’écoutais en boucle depuis le début de l’écriture. An Pierlé et Koen Gisen ont composé un morceau d’une beauté pétrifiante. Mon ami Stefan Liberski m’a offert sa petite création comme on offre un verre dans un bistrot. Et pour compléter le tout, on a acheté les droits de trois morceaux auxquels je tenais vraiment : Les Milkshakes de mon adolescence, Jesse Sykes … Le tout donne cette bande originale, puissante et envoûtante, dont je rêvais depuis le début.
  Source : http://www.commeaucinema.com
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actu 24
 

Eldorado cartonne au box office du pays. Primé à Cannes, il a attiré 10.000 personnes dans seulement 5 salles. Quatre copies vont s'ajouter à l'offre.

Le film a attiré près de 10.000 personnes en quelques jours, ce qui lui vaut la 5e place au box-office national, avec seulement 10 copies en circulation dans tout le pays. Vu le succès en salles et pour faire face à la demande des exploitants, le distributeur et le producteur ont décidé d'ajouter quatre copies supplémentaires.

Eldorado, qui a déjà valu trois récompenses à son réalisateur remporte un incroyable succès, selon l'attachée de presse de la production. Si l'on comptabilise le nombre d'entrées par copie, "Eldorado" était, poursuit l'attachée de presse, "Un succès belge d'autant plus important qu'il dépasse les sorties américaines actuelles", ajoute-t-elle.

Eldorado projeté sortira en France sur plus de 60 copies.

  Source : hhttp://www.actu24.be
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Entretien avec Fabrice Adde & Bouli Lanners
 

Entretien avec Fabrice Adde

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Je viens de Normandie. Je suis un fils de paysans. Au départ, je ne voulais pas être acteur parce que chez moi, on avait un rapport à la culture qui était plus proche de l’agriculture que de la culture. Vers 17-18 ans, j’avais une personnalité proche du néant. J’avais fait techniques de commercialisation, comme mon voisin. Ca ne me plaisait pas. Du coup, j’ai arrêté. J’ai été travailler à l’usine pendant un an. J’ai fait des petits boulots dans la boulangerie et la pêche, j’ai vendu des journaux dans des campings… Et comme j’avais quand même mon bac, j’ai tenté une formation en Arts du spectacle. Ca ne me plaisait pas non plus parce que ça consistait à être assis à écrire des trucs. Comme je faisais rire mes copains, je me suis alors dit que j’allais essayer de faire du théâtre. Je suis rentré dans une école à Caen pendant 2 ans et demi et j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé ma voie. Une fois que j’ai eu fini cette école, je ne me sentais pas prêt à entrer dans le milieu professionnel. Je voulais tenter l’INSAS mais j’ai raté. J’ai appris une semaine après qu’il y avait un concours pour une super école à Liège. Je suis parti à la road-movie vers le conservatoire de Liège (il rit) où j’ai été pris pour quatre ans. J’ai vraiment envisagé l’école comme une structure de liberté pour pouvoir faire les choses. C’est à l’issue du conservatoire, en rentrant d’une pièce à Paris, que j’ai rencontré Philippe Grand’Henri dans le train, qui m’a dit que j’aurais peut-être bien la tête pour jouer le personnage d’Elie. J’étais très fatigué ce jour-là, fatigue sur laquelle j’ai joué par après.

Quelques mots sur la direction d’acteurs de Bouli Lanners ?

J’ai d’abord réalisé un travail autonome, en m’appuyant sur l’audition. Il s’agissait d’un travail dans la bouche qui est assez lourd, pour travailler sur la fatigue. J’apportais quelque chose au départ puis avec Bouli, on a commencé à répéter les scènes 3 semaines avant le début du tournage. On s’est posé la question de savoir si on réécrivait quelque chose pour les 2/3 du film. Puis pour le 1/3 restant du film, on écrivait le matin et on tournait l’après-midi. Concernant sa direction d’acteurs, il m’a choisit donc j’estime qu’il me fait confiance. Après, moi je lui proposais des choses, plus dur, plus doux, selon les répliques… Le maximum qu’on ait fait, c’est 7 prises, ce qui est vraiment très peu. Étant donné que l’on répétait la veille, je connaissais mon texte jusqu’à l’oublier. Ma nièce peut apprendre un texte par coeur. Le plus dur, c’est d’oublier son texte, d’être dans la situation avec l’autre. Et puis après, c’était des questions de curseur. Bouli me demandait ce que je pensait de la prise puis me proposait d’essayer une plus doux par exemple. Je ne tenais jamais à bafouiller. Je n’aurais pas pu le supporter. Pour les champs-contre- champs par exemple, je restais avec lui. Il faut savoir que certains se cassent dans ce cas-là ! D’ailleurs, je crois que cette présence se ressent dans le film. Je l’aidais, on s’aidait. C’est quelqu’un qui a besoin de détente aussi donc je déconnais avec lui. Plus c’est détendu et récréatif, plus le moment où l’on filme sera créatif.

Comment avez-vous abordé le rôle d’Elie ?

J’ai fait un travail sur l’enfance, sur la mauvaise foi aussi. J’ai relu "Essai sur la fatigue", de Peter Handke. J’ai vu "Macadam Cowboy" et "Panique à Needle Park" pour voir différents types de road-movies. Analyser le personnage joué par Harry Dean Stanton, dans "Paris Texas", qui a aussi une casquette rouge, qui est grand également et qui marche dans le désert m’a aidé aussi. Mais à un moment donné, on dit: "Moteur, action, ça tourne", tu oublies tout ça mais c’est là malgré tout.

Dans "Eldorado", vous apparaissez pour la première fois à l’écran. Qu’est-ce que ça fait de se voir sur un écran gigantesque à Cannes, centre du monde l’espace de quelques jours ?

Je m’y attendais un peu parce que c’est un film énorme. C’est comme quand tu plantes des patates, à un moment donné, tu te dis que tu vas pouvoir récolter et manger des frites. Ca flatte le narcissisme, ça flatte un peu l’ego. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est l’impact, l’ovation. C’est comme une sorte d’accomplissement parce que au fond, qu’est-ce que je fous là moi ? Je ne suis pas le fils de machin… Je suis le fils de Louis Adde, je suis le fils de rien. (sic) Je ne suis pas un enfant de la balle. J’ai le sentiment de porter la parole de déshérités. D’un coup, je suis là. Donc c’est possible, sans Star Ac, etc. À la limite, ça me flatte que quelqu’un qui soit de la contre-culture, du milieu underground, soit là à Cannes, pour quelques jours le centre du monde. Moi, j’ai rien à faire ici. Je n’oublierai pas que la veille de la présentation du film en projection, les gens ne me servaient pas à boire, m’empêchaient de rentrer dans les soirées, même si j’avais une accréditation ! Je ne sais pas, c’est ma gueule ou quelque chose… Je n’ai pas le physique de l’emploi. Je ne connais pas encore bien les codes et tout ça. Ca, c’est un peu d’esbroufe mais il ne faut pas être dupe. Cannes n’est pas le centre du monde. Je veux juste faire mon métier.

Avez-vous des projets au cinéma ?

Je n’ai pas de plan de carrière. J’aimerais bien continuer. Je vais jouer un éclusier dans un court métrage de Nicolas Boucart, qui va sans doute être produit par Versus (NdA : la boîte de production liégeoise de Jacques-Henri Bronckart, producteur de tous les films de Bouli Lanners). C’est l’histoire d’un mec qui est une allégorie du désespoir. Il pleut toujours sur lui, il a constamment un petit nuage au-dessus de lui. J’adore ça car c’est transcendant. Je vais jouer ça en novembre normalement, en Picardie. Et puis en théâtre, j’ai un super projet au National, à Bruxelles, Je vais jouer du 19 février au 7 mars prochains un texte qui s’appelle "Jeunesse blessée" de Falk Richter. On va travailler en Allemagne dix jours, puis au National et puis ce sera au Festival de Liège. J’ai un rôle magnifique. Je suis un jeune acteur mais j’ai quand même déjà bien essuyé les planches. Je fais mon travail comme vous faites le vôtre. Je ne sais faire que ça. Très humblement, c’est ce que je fais de mieux.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune désireux de se lancer dans l’aventure ?

Déconner, ne pas se prendre au sérieux. Se poser aussi la question du désir. Est-ce qu’il a réellement envie d’être là, de faire ce métier ou est-ce qu’il a juste envie de se montrer ? Il faut travailler. C’est un métier où il faut se connaître soi-même, lire, voir des films mais en même temps, pas trop. Rester en contact avec le réel. Ne pas juger les gens. Être sensible, recevoir, ne jamais être dans le conflit pour exister, être dans le grand oui. Ne prenez pas de manager, ne faites pas de casting, faites une formation, faites du théâtre dans votre cave. (il rit)

Entretien avec Bouli Lanners

Comment définiriez-vous Eldorado ?

Pour moi, c’est un road-movie de résistance, dans le pure genre road-movie avec tout ce que peut porter un road-movie au niveau cinématographique, c'est-à-dire au niveau de la lumière, du cadre, de l’imagerie, de la musique, etc. Donc on est vraiment dans un film de genre avec deux personnages décalés, comme souvent dans les road-movies. C’est un film de résistance parce qu’il parle d’une rencontre et aujourd’hui, rencontrer quelqu’un, c’est un acte de résistance dans une société où tout le monde a peur.

Le film commence par une accroche assez atypique sur Dieu et son fils unique notre seigneur Jésus-Christ. Tout de suite, le ton est donné. Quelques mots sur cette scène ?

Cette scène n’était pas du tout écrite. On tournait une scène à l’extérieur du garage de Nahon (NdA : Philippe Nahon, un des acteurs hauts en couleurs du film). Et à un moment donné, ce gars était là. On ne sait d’où il est venu donc c’est peut-être vraiment le Christ parce qu’il est arrivé comme ça, du ciel. Certains disent l’avoir vu sur l’autoroute faisant du stop le matin. Il a passé la journée avec nous. Il avait la bible des bikers et il parlait, il parlait… Personnellement, j’adore ce genre de personnages évidemment. Si ça ne tenait qu’à moi, j’arrêterais le tournage et je partirais avec lui. Mais il fallait que je continue mon tournage. (il rit) Il est resté bouffer avec nous puis je lui ai proposé de le filmer. C’est là qu’il a sorti cette phrase et je me suis dit que c’était magnifique, que c’était le film. Donc il nous a résumé le film ! Après, on lui a fait un contrat, on l’a payé, on l’a déposé à la gare à Saint Trond et il a pris un ticket en première classe et il est parti à la mer. Magnifique ! Pour moi, c’était le Christ.

Il est parti pour son Eldorado …

Pour son Eldorado à lui oui ! En première classe. J’ai trouvé ça super !

Est-ce une rencontre semblable qui vous a vu choisir la personne qui joue le rôle du toxicomane qui vient frapper à votre vitre à la fin du film ?

J’avais écrit une scène sur ce parking. Je voulais qu’on puisse oublier assez vite qu’Elie s’en va pour qu’on passe à autre chose. Donc très vite, il fallait un personnage qui vienne frapper à la fenêtre. Non, en fait lui, on l’a cherché. En réalité, c’est un ancien toxicomane qui fait du théâtre et qui s’en est sorti. Il a eu le courage de réendosser cet uniforme-là et donc il joue vraiment. Il n’est pas du tout comme ça. Il est parfait dans le rôle. Il s’appelle Jean-Luc Meekers. Pour lui, c’était extrêmement émouvant de rejouer ça et d’être accueilli après par le public donc j’étais super content de travailler avec lui. J’aime bien mélanger des comédiens totalement inattendus comme ça dans des castings, ce qui donne quand même une force aux personnages du film.

Dans votre premier long métrage, "Ultranova", vous n’étiez pas présent devant la caméra. Comment avez-vous vécu cette expérience qui vous a vu passer des deux côtés de celle-ci pour la première fois ? Vous étiez certes présent dans "Travellinckx", mais c’était en voix off …

Pour "Travellinckx" en fait, je n’avais pas le choix : il n’y avait personne d’autre parce qu’on était 5 quand on a fait le film. Donc j’étais le seul qui pouvait encore parler. (il rigole) Je ne voulais pas jouer dedans au début, c’est mon producteur qui a insisté. J’avais très peur de le faire et puis d’avoir très peur, au moins ça m’a permis d’extrêmement bien préparer la chose, de scinder l’équipe en 2, de répéter vraiment pendant plusieurs semaines avec Fabrice et avec mon épouse, Elisabeth Ancion, qui est metteur en scène au théâtre, qui nous donnait des retours sur le jeu tandis que pour la mise en scène, j’avais les retours du chef-opérateur, de Jean-Paul (NdA : Jean-Paul de Zaeytijd, le directeur de la photographie), de Kathy – mon assistante. Mais une fois qu’on a commencé le tournage, finalement ça a été beaucoup plus simple que je ne le croyais parce que j’avais une équipe magnifique qui m’entourait, où je me sentais totalement en sécurité. Je ne me sentais jamais en porte-à-faux parce qu’on avait bien répété. La seule chose, c’est que c’était fatigant parce qu’il n’y avait jamais un moment où je pouvais me reposer, quand le metteur en scène peut se reposer, il fallait que je répète avec Fabrice. Quand le comédien peut se reposer, il fallait que je sois présent sur le plateau en tant que metteur en scène… Humainement, ça a été un tournage exceptionnel. Ca a été plein de bonheur pour tout le monde. Ca ne joue pas du tout sur la qualité du film mais on prend parfois énormément de bonheur à faire un film et celui-ci s’est fait avec une absence totale de souffrance.

Nous aimerions en savoir plus sur l’"état concours"… Votre voiture est-elle état concours par exemple ?

(Bouli Lanners rit) J’avais l’impression que non mais apparemment, le film est état concours. C’est le seul truc que j’aie jamais eu qui soit état concours. J’ai des vieilles bagnoles mais elles ne sont pas du tout état concours, loin de là.

Et si on travaille un peu les tapis ?

Oui, j’ai une 504 qui pourrait l’être mais… Et puis j’ai une autre 504 pick-up qui l’est pas du tout du tout. J’ai un petit bateau qui n’est pas du tout état concours et ma péniche n’est pas état concours elle non plus. Vous pouvez demander à ma mère, j’ai rarement eu des choses qui étaient état concours. C’est peut-être aussi un peu mon Eldorado à moi ça, l’état concours ...

La bande originale du film m’a fait penser au travail de Robert Rodriguez pour le "Kill Bill" de Tarantino… Une BO du film sortira-t-elle ?

Non, il n’y aura pas de BO. Il y a le morceau d’An Pierle qui est sorti avec le clip. Il était prévu de faire une BO mais apparemment, il n’y a pas assez de morceaux pour faire un album complet. C’est un petit regret parce que beaucoup de gens la demandent. Peut-être qu’on sortira un truc hors-commerce. Tarantino et moi, on doit écouter un peu les mêmes trucs. J’écoute énormément de musique, comme Tarantino, et je pense qu’on écoute de choses en commun. J’ai pu remettre aussi des vieux morceaux à moi que Tarantino ne connaît pas, notamment les Milk-Shakes, qui commencent le film, que j’écoutais quand j’avais 20-21 ans et qui sont pour moi des groupes cultes. Je suis super content d’avoir retrouvé les propriétaires des droits etc. C’est assez gai de retrouver des morceaux qu’on écoutait quand on était jeunes et de pouvoir tout à coup dire : "Est-ce que je peux vous l’acheter pour le mettre dans mon film ?" et rencontrer la personne qui a composé les morceaux. Ca, c’est des vieux rêves d’ado. J’avais fait un petit CD pour l’équipe avec une trentaine de morceaux, qui pouvaient être des morceaux potentiels du film. Et sur cette base-là, un ami qui travaille en musique m’a présenté Renaud Mayeur, qui est le chanteur et le guitariste des Anges, et qui faisait des petits riffs de guitare, sans savoir que c’était des musiques de films. Donc c’est comme ça qu’on a travaillé ensemble. Il m’a fait 30 petits morceaux en 15 jours. On avait très vite la musique du film. An Pierle m’a fait ce magnifique morceau de fin. Stefan Liberski, en écoutant tout ça, m’a fait un petit morceau à la guitare, alors que je n’avais rien demandé. Pour moi, une bande son, c’est super important. Donc elle est là depuis le début et porte déjà l’écriture. Il ne faut pas coller le truc après, sinon ça ne fonctionne pas.

Jacques-Henri Bronckart et sa société liégeoise Versus Productions vous ont fait confiance dès que vous avez effectué vos premiers pas derrière la caméra. Comment définiriez-vous la relation qui vous unit ?

C’est un vrai couple, un vrai couple réalisateur-producteur. Je pense que la relation réalisateur-producteur, c’est l’essentiel, c’est la base d’un film. C’est le créatif et le commercial mais c’est un commercial qui a aussi l’instinct, qui a le nez fin. Jacques-Henri Bronckart, contrairement à pas mal de producteurs, est un producteur cinéphile. Il continue à aller voir un film tous les jours. Il va voir tout ce qui sort. C’est vraiment quelqu’un qui aime le cinéma. Il n’est pas que dans les chiffres, il a le nez. Il a ce truc de chef d’entreprise, de meneur d’hommes. Il n’y a jamais de blocage sur l’artistique, j’ai une liberté totale, ce que tous les réalisateurs n’ont pas. On discute toujours de tout et il me fait une totale confiance comme je lui fais confiance en production. Le débat est ouvert. Je sais exactement combien coûte le film. Je me bats un peu pour les salaires. Il accepte la chose. Je voulais que les gens soient payés correctement, aux barèmes qui étaient tout à fait normaux, contrairement à d’autres productions et Jacques-Henri me suit là-dedans. Nous sommes un vieux couple : ça fait 10 ans qu’on travaille ensemble donc on a eu nos crises, on est passé au-dessus de nos crises. Et là maintenant, on est dans une relation où les choses ne sont plus de l’ordre de la passion mais du respect mutuel. Et on sait qu’on travaillera encore ensemble parce qu’il y a ce respect-là et on se connaît très bien. J’ai d’ailleurs signé avec Jacques-Henri pour mes deux prochains projets.

Si toutes les scènes ont été tournées en Belgique, on se croirait parfois sur le continent américain tant les paysages filmés révèlent parfois une nature aussi belle que sauvage. Que vous évoquent les Ardennes ?

Je suis ardennais, mes parents sont ardennais… Je passais toujours par des petits villages comme Sibret, Chenogne, Senonchamps, etc. J’ai toujours fait cette route entre La Calamine dans les cantons de l’est parce que mes parents avaient émigré là. Nous prenions toujours cette route parce qu’il n’y avait pas d’autoroute à l’époque. Pour moi, c’est cette Ardenne-là qui a toujours été un peu l’Amérique. Mes parents ont vécu l’offensive Von Rundstedt. Leurs villages étaient sur la ligne de front. Ils ont été bombardés. Leur ferme a été brûlée. Ma mère a vécu dans des baraquements construits après la guerre pendant 7 ans. Donc il y a ce côté un peu américain que mon père a vécu et qui était encensé quand on était petits. Pour moi, les Ardennes, c’est un peu l’Amérique. Quitter La Calamine, aller vers les Ardennes, c’était aller en Amérique, à dimension d’un petit garçon évidemment.

"Travellinckx" est d’ailleurs un peu autobiographique ...

À fond ! Quand on passait à Houffalize et qu’il y avait des impacts de balle dans une maison, mon père disait : "là, c’est des trous de balles." Et il y avait vraiment ces impacts de balles à Houffalize. Je connais tous les monuments militaires de la région. Le premier cinéma où j’ai été, c’était à Bastogne. On allait au Patton. J’ai été complètement bercé par tout ce truc post-américain. Je connais tous les généraux allemands… Mon western, c’était ça. L’Ardenne des hauts plateaux du côté de Bastogne, ce n’est pas l’Ardenne des forêts. Le vent souffle, il fait très froid en hiver. C’est l’Arizona, c’est mon Amérique à moi.

Pouvez-vous nous parler d’un des acteurs qui apparaît dans votre film, Jean-Jacques Rausin, comédien fétiche de Xavier Seron, que vous avez je crois chargé de réaliser le making-of du film ...

J’avais vu les courts métrages de Xavier et j’avais adoré. Jacques-Henri aimait bien aussi. J’avais vu "Rien d’insoluble" et celui qu’il avait fait avant, "Je me tue à le dire". J’aimais bien ce qu’il faisait. Je déteste les making-of classiques. Je voulais un truc un peu particulier et j’ai proposé Xavier à Jack, mon producteur, qui m’a donné son aval. Il est venu avec l’idée d’un comédien qui hantait le plateau, à savoir Jean-Jacques Rausin, parce qu’ils travaillent toujours ensemble. Dans le making-of, il joue un mec qui essaie d’être comédien sur le film et qui se fait mettre à la porte de partout. Et à la fin, je me suis dit qu’il devait avoir un vrai rôle dans le film. Je l’ai donc mis comme gars avec le quad. Et il est super ! C’est un bon comédien et il donne tout d’un coup une dimension à ce couple avec Renaud Rutten. J’adore ces personnages borderline. Il jouait tellement fort qu’à un moment donné son oeil était devenu tout rouge. C’était très bizarre. Il était tellement dans le personnage qu’on croyait qu’il s’était fait piquer. Il avait les deux yeux tout rouges tellement il était imprégné par son personnage. On lui a dit d’y aller mollo, faute de quoi il allait nous faire une rupture d’anévrisme. (il rit)

  Source : http://www.ardennesmagazine.be
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DH Net - Patrick Laurent
 

Un road-movie drôle et touchant, à ne pas manquer. Un petit bijou d'humanité à la belge

Passionné de vieilles voitures plutôt solitaire et marginal, Yvan surprend un soir un cambrioleur planqué... sous son lit. Et qui refuse de sortir de sa planque, sauf s'il peut partir avec l'argent dont il a besoin pour retourner chez lui. Yvan refuse mais n'appelle pas la police, préférant attendre dans son fauteuil que l'intrus se dévoile enfin.

La scène d'ouverture donne le ton : surréaliste, tendre, terriblement humain. Très belge. Et pas seulement à cause de l'accent : les décors et les modes de vie sentent aussi bon le terroir.

La suite, tout aussi improbable, est nettement plus touchante. Soupçonnant son voleur, prénommé Elie, de cambrioler pour s'offrir de la drogue, Yvan l'abandonne sur un bord de route, au milieu des champs. Lorsqu'il repasse, quelques heures plus tard, le gaillard amorphe n'a pas bougé d'un centimètre. N'écoutant que son bon coeur, Yvan décide de le raccompagner chez lui, loin de là, près de la frontière française. Un voyage plein de surprises.

Tout au long de leur périple, les deux compagnons vont croiser des personnages encore plus étranges qu'eux : une commerçante qui ne se déplace même pas pour faire payer ses produits aux clients, un vieux chauve nudiste qui se fait appeler Alain Delon, des parents incapables de la moindre tendresse, un garagiste branché sur l'avenir lorsqu'il écluse les bouteilles d'alcool ou des motards nullement surpris de voir un chien jeté d'un pont d'autoroute !

Les séquences loufoques et les scènes noires s'entremêlent pour former un ensemble étonnant, parfois très drôle, souvent touchant. On a envie de croire que tout va enfin bien se passer pour ce duo peu gâté par la vie doté d'une solide philosophie à cinq sous. Jusqu'à la scène finale, qui serre la gorge et remet tout en perspective. Quoi qu'il arrive, il faut continuer à aller de l'avant ... tant qu'on a la chance d'être vivant.

Avec Eldorado, Bouli Lanners confirme les nombreux prix que lui avait déjà rapportés Ultranova. La Belgique est décidément un petit paradis pour grands cinéastes.

  Source : http://www.cinebel.be
   
La Libre - Fernand Denis
 

Sur la route, un break. La traversée lumineuse de la Wallonie, un formidable road movie conduit par Bouli. Primé à Cannes.

On dirait du Wenders. C'est un peu comme si, fin des années 70, début des années 80, au lieu de s'envoler pour l'Utah et le Nevada, le réalisateur de "Paris, Texas" s'était contenté de passer la frontière entre l'Allemagne et la Belgique.

"Eldorado", c'est comme si Wenders avait tourné en Wallonie, avec Bouli dans le rôle de Wim, Jean-Paul De Zaeytijd dans celui de Robby Muller, Renaud Mayeur celui de Ry Cooder. Et ce qu'il y a de magique, c'est que ça roule. En Chevrolet 79.

Le tox et le baraqui

Yvan, genre baraqui, rentre chez lui, à la tombée de la nuit. Un carreau est pété, le salon sans dessus dessous, il a été cambriolé. Il contemple les dégâts quand du bruit se fait entendre à l'étage. Le temps de s'armer d'un tuyau d'échappement et le voilà fouillant la chambre suspecte. Il y a quelqu'un sous le lit. Qui ne veut pas sortir. Yvan s'énerve, menace, patiente, négocie et finit par s'endormir. L'explication a lieu le lendemain matin, Yvan fait ainsi connaissance d'un jeune tox à la recherche de quelques pièces pour payer sa dose. Il en a tellement pitié qu'il finit par le ramener chez lui, à la frontière française, pas la porte à côté.

En voiture, un break Chevrolet 79, et c'est parti pour un road movie très wendersien de par ses couleurs, ses cadrages, ses routes rectilignes, ses grands espaces déserts, ses lieux insolites - pompes à essence -, ses personnages un peu décalés, déjantés, après tout Yvan vend des grosses américaines vintage.

Sauf que la Wallonie, c'est pas l'Arizona ou le Colorado, et même si l'esprit est le même, le résultat à l'écran est forcément bien différent. Sauf que Lanners n'est pas Wenders non plus, c'est un snul, il ne faut pas l'oublier, il a un sens certain de l'humour qui fait plutôt défaut au réalisateur allemand. On vous laisse la surprise de son truc pour ne pas s'endormir au volant, ou de la caravane choisie dans un champ surréaliste de remorques abandonnées. Il a presque un sens du fantastique quotidien, avec ce collectionneur de voitures qui ont une bosse mortelle.

Dans un road movie, le trajet qui importe n'est pas celui qui se calcule en kilomètres mais celui que les personnages font à l'intérieur; comment les rencontres, les incidents, les paysages conduisent d'un état à un autre.

Bijou sensible et pudique

Yvan et Elie vont faire un beau voyage à travers une Wallonie fantasmée et incongrue à la fois, mais aussi l'intérieur d'eux-mêmes. Qu'est-ce que ça peut donner la rencontre d'un toxico et d'un baraqui ? Surprise, tout le contraire d'un film glauque, dépressif, misérabiliste. Ça peut déboucher sur une scène incroyablement bouleversante et pudique, avec trois fois rien, juste deux gars, un potager et une maman qui les regarde.

Tellement pudique, que le spectateur doit se débrouiller avec la fin. Pessimiste ou optimiste ? C'est selon la confiance qu'on a dans l'homme. Après tout, Yvan et Elie se débattent avec cela depuis le début, c'est au tour du spectateur de s'y frotter, d'y mettre du sien. Un authentique bijou d'intelligence, de subtilité, de sensibilité cette fin.

En passant de "Ultranova" à "Eldorado", Bouli réalisateur a chargé sa toile d'une humanité qui était restée au stade de l'intention. Quant à Bouli acteur, il n'a pas eu peur de se mouiller, de se mettre à nu avec pudeur. Il a trouvé en Fabrice Adde, un formidable partenaire d'une sobriété d'autant plus percutante. Y a pas que le Standard qui oeuvre à la reconstruction de l'imaginaire wallon !

  Source : http://www.cinebel.be
   
cinenews - Didier Stiers 
 

De l'émotion, du rire et du rock: voilà à peu près ce avec quoi Bouli Lanners s'est débrouillé pour nous faire un bon film. Eldorado, son deuxième long-métrage, démarre sur une histoire vraie. En rentrant chez lui un soir, Bouli tombe nez à nez avec deux cambrioleurs. Des toxicos. Une nuit de discussion plus tard, le trio se sépare, comme si de rien n'était, ou presque. La fiction, maintenant: en réintégrant ses pénates, Yvan (Bouli Lanners), dealer de vieilles américaines, découvre Elie , un jeune camé qui refuse de sortir de sous le lit où il s'est planqué. Le lendemain, la situation se détend quelque peu; Yvan propose finalement au jeune homme de le ramener chez sa mère.

En imaginant ce road-movie "wallon" aux sonorités rock'n'roll, le réalisateur nous emmène une fois encore à sa suite dans des décors étonnants (tel ce camping désert) où s'opèrent des rencontres improbables et se croisent des histoires tragicomiques. Comme dans la vie, quoi, pour peu qu'on y fasse un rien attention. Difficile donc de ne pas s'attacher à cet Eldorado et ses personnages tellement humains, émouvants même, et récompensé par trois prix à Cannes où il a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.

  Source : http://www.cinenews.be
   
 fiches du cinema
  Il se passe de toute évidence quelque chose de stimulant du côté de la Belgique. Eldorado est, tout comme Rumba et Moscow, Belgium un vrai coup de cœur. Comme les deux autres, il est gai mais pas que, marginal mais réellement généreux. Un film de très bonne compagnie.
  Source : http://www.fichesducinema.com
   
cinenews - Didier Stiers
 

De l'émotion, du rire et du rock: voilà à peu près ce avec quoi Bouli Lanners s'est débrouillé pour nous faire un bon film. 'Eldorado', son deuxième long-métrage, démarre sur une histoire vraie. En rentrant chez lui un soir, Bouli tombe nez à nez avec deux cambrioleurs. Des toxicos. Une nuit de discussion plus tard, le trio se sépare, comme si de rien n'était, ou presque. La fiction, maintenant: en réintégrant ses pénates, Yvan (Bouli Lanners), dealer de vieilles américaines, découvre Elie (Fabrice Adde), un jeune camé qui refuse de sortir de sous le lit où il s'est planqué. Le lendemain, la situation se détend quelque peu; Yvan propose finalement au jeune homme de le ramener chez sa mère ...

En imaginant ce road-movie "wallon" aux sonorités rock'n'roll, le réalisateur nous emmène une fois encore à sa suite dans des décors étonnants (tel ce camping désert) où s'opèrent des rencontres improbables et se croisent des histoires tragicomiques. Comme dans la vie, quoi, pour peu qu'on y fasse un rien attention. Difficile donc de ne pas s'attacher à cet 'Eldorado' et ses personnages tellement humains, émouvants même, et récompensé par trois prix à Cannes où il a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs.

  Source : http://www.cinenews.be
   
cinopsis - Eric Van Cutsem
 

Plusieurs fois primé à Cannes (dans des prix hors compétition), ELDORADO est un road movie qui ne peut (ni ne veut) renier ses origines 100% belge: situations surréalistes, décalées, le tout sous un ciel plombé que Bouli Lanners filme amoureusement, tendrement sur fond d'une excellente musique envoûtante.

Inspirée d'un fait réel vécu par le réalisateur/scénariste, cette rencontre improbable entre deux êtres que seul le fait d'être paumé dans un monde absurde rassemble, est un merveilleux voyage au centre de l'humain.

Bouli Lanners a la justesse de ton qui convient, manipule tristesse et sourire et décèle la moindre parcelle d'humanité au fil du déroulement de ce voyage au milieu de situations étranges et improbables. Son humour fait souvent mouche (avec des phrases du genre: "t'attache tes cheveux au plafond, comme ça si tu t'endors tu piques du nez et ça fait mal", il fait même dans le conseil sécurité au volant) et sa mise en scène sert son récit...

Côté interprétation, Bouli Lanners se glisse derrière et devant (en Yvan) la caméra avec talent et se paye le luxe de nous faire découvrir un nouveau venu en la personne de Fabrice Adde (Elie), une bonne pâte que l'on risque de revoir quelquefois dans le cinéma belge ...

  Source : http://www.cinopsis.com
   
 commeaucinema - Christophe Maulavé
 

A l’ouest rien de nouveau, mais à l’est oui et surtout en Belgique. Bouli Lanners nous offre son Eldorado, un film à l’image du bonhomme : drôlement attachant. Un homme surprend chez lui un cambrioleur bizarre et accepte de le reconduire chez ses parents. Une étrange amitié commence à naître entre les deux hommes tout au long d’un étrange road-movie où ils vont croiser plusieurs marginaux.

Bouli Lanners en a écrit l’histoire (le point de départ est vient du fait qu’il a vraiment surpris deux voleurs chez lui), et il joue à l’écran un personnage différent de lui mais dont on imagine bien qu’il est une sorte de double. Cependant il a réussi à éviter de faire juste un film rigolo comme une blague belge. Bouli Lanners derrière la caméra est un réalisateur qui a un vrai regard de cinéma, Eldorado (qui a d’ailleurs reçu trois prix à Cannes) est plein d’idées de mise en scène. Ainsi il nous montre le désert d’un champ en filmant surtout l’immense ciel au-dessus, la campagne en Wallonie apparaît comme la pampa d’un western. On y découvre des endroits étranges et des gens encore plus étranges. Si l’eldorado c’est souvent une sorte de lieu idéal pour vivre, alors il semble que ce ne soit pas chez les employés en costumes (donc nous, en général) des villes qu’on soit heureux. Le film prend le chemin des marginaux de tout poil (la vraie vie est ailleurs) mais, presque sans s’en rendre compte, Bouli Lanners nous fait explorer les sentiers de l’âme (la fraternité il n’y a que ça de vrai). Le film compte beaucoup de scènes burlesques très drôles et très fines : on s’engueule sur le respect de l’autre coincé dans une caravane sous la pluie, ou retourner la terre d’un potager fait prendre conscience qu’il faut faire quelque chose pour ses proches avant qu’il ne soit trop tard.

  • - Pourquoi t’es venu ici ?
  • - ... à côté ils ont un chien.

l y a Yvan le solitaire bourru qui bricole des vieilles voitures, et il y aura ce mec trouvé chez lui qui dit pas grand-chose. Ils vont bon gré mal gré aller l’un vers l’autre le temps d’un voyage sur la route plein de rencontres surprenantes. Eldorado nous prend par la main pour nous toucher au cœur. C’est d’abord une comédie ironique douce-amère, mais aussi pourquoi pas une œuvre lucide sur le sens de la vie. Bouli Lanners est certainement un gros tendre et un grand inquiet, alors son film joue beaucoup avec la dérision.

  • - Qu’est ce que tu vas faire maintenant ?
  • - ... voir si mes chaussettes sont sèches.

Eldorado est tout à fait le genre de folie à la fois absurde et géniale qui se fait tellement rare au cinéma.

 

Source : http://www.commeaucinema.com

   
 Première - Alex Masson
  (…) on aurait tort de limiter un film à sa belle singularité faussement décalée, puisqu’il refuse de se résigner, pour se recentrer sur ce qui fait son moteur : une bouleversante humanité.
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 Métro - Alexandra Bogaer
  (...) ce road trip déjanté et très drôle dépoussière l'image d'un plat pays gris et tirste.
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 Le Monde - Isabelle Regnier
  Absurde, tragique, cocasse et sentimental (…) Ce film est un bijou.
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 Les Inrocks - Jean-Baptiste Morain
  (…) il parvient à téléporter ses personnages qui roulent en Chevrolet dans un espace proprement américanomorphe et géopolitique.
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 Télérama - Aurélien Ferenczi
  Pourtant, sous sa déprime légitime, Eldorado – quel titre dérisoire ! - est un film tour à tour irrésistiblement comique et profondément émouvant.
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 Le Nouvel Observateur - Alexandra Louvet
  Cette âme qui fouille, cherche (et trouve) le regzard et l’humanité de son prochain, c’est celle de Bouli Lanners, un artiste multiforme(…).
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 CinéLive - Arnold
  Atypique, poétique, formellement abouti et souvent très drôle, Eldorado est une grande réussite qu’il serait criminel de louper.
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 Elle - Françoise Delbecq
  Un petit paradis.
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 Le Journal du Dimanche - Stéphanie Belpêche
  (…) une tragi-comédie qui ne triche pas, alternant un humour absurde irréaliste (…) et une noirceur réaliste.
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 20 minutes
  Ce périple sur les routes belges contient juste ce qu’il faut d’humour désespéré et d’amertume douce pour séduire.
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 Libération - Didier Péron
  Road-movie à bord d’une Chevrolet bleue en compagnie d’un tandem façon Laurel et Hardy à l’humour décalé.
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 TéléCinéObs - J.-P.G.
  Eldorado est un road-movie touchant et bourré de tendresse qui réussit à ne jamais sacrifier sa sincérité et sa pudeur au pittoresque ou au folklore.
  Source : http://www.commeaucinema.com
   
 Les Cahiers du cinéma - Alain Spira
  Une fois de plus, le cinéma belge affirme son exception culturelle, ainsi que l’originalité dévastatrice de ses cinéastes et la personnalité de ses acteurs.
  Source : http://www.commeaucinema.com
   
 Studio - T.B.
  Eldorado est un road movie tragi-comique, déglingué de l’intérieur, d’une humanité imparable.
  Source : http://www.commeaucinema.com
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