Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Saisons
Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 04 septembre 2008
Eldorado
 Jeudi 11 septembre 2008
Then she found me (Une histoire de famille)
 Projection le jeudi 18 septembre 2008
La zona (La Zona, propriété privée)
 Projection le jeudi 25 septembre 2008
Faubourg 36
 Projection le jeudi 02 octobre 2008
Entre les murs
 Projection le Jeudi 09 octobre 2008
Klopka (Die falle/The trap/Le piège)
 Projection le Jeudi 16 octobre 2008
Une chaine pour deux
 Projection le Jeudi 23 octobre 2008
Die welle (La vague)
 Projection le Jeudi 6 novembre 2008
Changeling (L'Echange)
 Projection le Jeudi 13 novembre 2008
Home
 Projection le Jeudi 20 novembre 2008
Valse avec Bachir
 Projection le Jeudi 27 novembre 2008
Happy-Go-Lucky (Be Happy)
 Projection le Jeudi 04 décembre 2008
Australia
 Projection le jeudi 11 décembre 2008
Burn After Reading
 Projection le jeudi 18 décembre 2008
Le Silence de Lorna
 Projection le jeudi 08 janvier 2009
Louise Michel
 Projection le jeudi 15 janvier 2009
Revolutionary Road
 Projection le jeudi 22 janvier 2009
Frost / Nixon, l'heure de vérité
 Projection le jeudi 29 janvier 2009
The Curious Case of Benjamin Button
 Projection le jeudi 05 février 2009
Doubt
 Projection le jeudi 12 février 2009
Vicky Cristina Barcelona
 Projection le jeudi 19 février 2009
The Reader
 Projection le jeudi 05 mars 2009
Two Lovers
 Projection le jeudi 12 mars 2009
Le Bal des actrices
 Projection le jeudi 19 mars 2009
La Fille du RER
 Projection le jeudi 26 mars 2009
Stella
 Projection le jeudi 02 avril 2009
Chéri
 Projection le jeudi 23 avril 2009
Milk (Harvey Milk)
 Projection le jeudi 23 avril 2009
Je l'aimais
 Projection le jeudi 07 mai 2009
Soeur sourire
 Projection le jeudi 14 mai 2009
Millenium
 Projection le jeudi 28 mai 2009
Erreur de la banque en votre faveur
 Projection le jeudi 04 juin
The Fall
 Projection le jeudi 11 juin
Welcome
 Projection le jeudi 18
Tellement proches
 Projection le jeudi 25 juin
Towelhead (Nothing is Private)
 
 
 
La zona (La Zona, propriété privée) réalisé par Rodrigo Pla
    
Titre original La zona
Titre français La Zona, propriété privée
Réalisation Rodrigo Plá
Scénario Rodrigo Plá & Laura Santullo
Interprétation Daniel Gimenez Cacho (Daniel), Maribel Verdu (Mariana), Carlos Bardem (Gerardo), Daniel Tovar (Alejandro), Alan Chávez(Miguel), Mario Zaragoza (Inspecteur Rigoberto), Marina de Tavira (Andrea), Andrés Montiel(Diego), Blanca Guerra (Lucía), Enrique Arreola (Iván), Gerardo Taracena (Mario), ...
Musique Fernando Velázquez
Photographie Emiliano Villanueva
Pays Mexique
Année 2008
Durée 1h38min.
Genre Drame
Production Alvaro Longoria
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 18 septembre 2008
Le film est projeté en version originale espagnole sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Mexico. Trois adolescents des quartiers pauvres pénètrent dans l'enceinte de La Zona, une cité résidentielle aisée, entourée de murs et protégée par un service de sécurité privé. Ils s'introduisent dans une des maisons, mais le cambriolage tourne mal… "La Zona" parle d’une société déchirée, divisée en deux mondes qui se craignent et se haïssent. Que faire lorsque l’inefficacité et la corruption des autorités nous laissent sans protection ? Que faire dans un monde où une minorité est effrontément riche et la majorité, désespérément pauvre ? Que faire face à la terreur d’une personne qui s’isole derrière un mur, et face à la rancœur de celle qui vit de l’autre côté ?
 
 
 Ariel Awards, Mexico 2008
 
  • Ariel d'Or du meilleur acteur de soutien décerné à Mario Zaragoza
 Cartagena Film Festival 2008
 
  • Golden India Catalina de la meilleure photographie décerné à Emiliano Villanueva
  • Golden India Catalina du meilleur réalisateur décerné à Rodrigo Plá
 Sant Jordi Awards 2008
 
  • Sant Jordi Award de la meilleure actrice espagnole décerné à Maribel Verdú
 Spanish Actors Union 2008
 
  • Newcomer Award décerné à Carlos Bardem
 Toronto International Film Festival 2007
 
  • FIPRESCI (Prix de la critique internationale) décerné à Rodrigo Plá
 Venice Film Festival 2007
 
  • Luigi De Laurentiis Award (meilleur premier film) décerné à Rodrigo Plá
 Athens International Film Festival 2007
 
  • Prix du meilleur scénario décerné à Rodrigo Plá & Laura Santullo
 Stockholm International Film Festival 2007
 
  • Prix du meilleur premier film décerné à Rodrigo Plá
 Stockholm International Film Festival 2007
 
  • Prix du meilleur premier film décerné à Rodrigo Plá
  Festival de Montréal 2007
 
  • Prix du Public
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Rodrigo Plá

Réalisateur mexicain n é le 9 juin 1968 à Montevideo (Uruguay), Rodrigo Plá étudie l’écriture et la mise en scène au Centro de Capacitación Cinematográfica de Mexico. "La Zona" est son premier long métrage.

Avant cela, il s’était fait connaître avec deux courts : "Nova Mia" en 1995 et "El Ojo En La Nuca" en 2001 avec Gael Garcia Bernal. Le premier a reçu une nomination à l’Ariel du meilleur court-métrage (Mexique), ainsi que le Prix du meilleur court-métrage au Festival Latino-americano de Biarritz 1996.

Le deuxième a reçu l’Oscar du meilleur court-métrage étudiant étranger en 2001 et l’Ariel du meilleur court-métrage de fiction 2001 (Mexique).

FILMOGRAPHIE

Toute sa filmographie en tant que :

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Evene
 

Lieux de tournage

Rodrigo Pla a rencontré quelques difficultés pour trouver les endroits où matérialiser la Zona : 'Ce que vous voyez aujourd' hui à l'écran est ce que nous avons trouvé de plus en adéquation avec l'histoire. Toutes les particularités visuelles des décors naturels, comme ce style architectural identique pour toutes les maisons, dicté par un règlement de copropriété, ont fini par donner au film un plus esthétique, une cohérence dans son concept graphique.'

Le polar, évidemment

Rodrigo Pla et son épouse ont choisi le thriller pour porter à l'écran la nouvelle d'origine : 'Le polar s'est imposé parce que nous sentions qu'il conférerait au film une forte tension dramatique et que ce cadre permettrait une dénonciation claire de l'impunité, de la violence, de la polarisation sociale et des vides juridiques.'

Adaptation

Le film est inspiré d'une nouvelle écrite par Laura Santullo, coscénariste et épouse du réalisateur : 'L' histoire est née d'une préoccupation liée à la situation actuelle du Mexique mais aussi à la polarisation sociale qui s'aggrave dans le monde entier.'

  Source : http://www.evene.fr/cinema/films/la-zona-15183.php
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NOTE D’INTENTION DU RÉALISATEUR
 

La Zona parle d’une société déchirée, divisée en deux mondes qui se craignent et se haïssent. Que faire lorsque l’inefficacité et la corruption des autorités nous laissent sans protection ? Que faire dans un monde où une minorité est effrontément riche et la majorité, désespérément pauvre ? Que faire face à la terreur d’une personne qui s’isole derrière un mur, et face à la rancoeur de celle qui vit de l’autre côté ?

La Zona alerte le public sur les dérives d’un mode de vie dont les contours se précisent chaque jour davantage. En s’entourant eux-mêmes de murs, les résidents de La Zona interdisent à d’autres d’entrer, sans se rendre compte que ces murs symbolisent leur propre emprisonnement. Au nom de leur protection, ils aliènent leur droit essentiel à l’intimité, une intimité qui se voit sacrifiée au profit d’un système de surveillance vidéo qui les contrôle tous. C’est un prix trop cher à payer en échange d’une sécuritéqui ne peut jamais être totalement garantie. Quelles que soient la grandeur de la forteresse et la hauteur des murs, tant que des inégalités choquantes perdureront, il y aura toujours quelqu’unpour franchir le mur. C’était vital pour moi d’utiliser les images des caméras en circuit fermé, afin de renforcer cette atmosphère suintante de paranoïa.

C’est justement cette paranoïa qui pousse les résidents de La Zona à adopter ce comportement de masse qui étouffe la moindre action susceptible de contredire la majorité. L’histoire du film se déroule à travers les yeux d’un jeune garçon, Alejandro, qui habite dans La Zona, et qui va découvrir un monde plus vaste que celui, artificiel et rassurant, dans lequel il a toujours évolué. La violente succession d’événements qui se déroule dans La Zona et la relation qu’il noue avec le jeune cambrioleur l’obligent à remettre en question toutes ses certitudes. Déchiré entre le camp des résidents et celui des intrus, Alejandro va finir par se faire sa propre idée de la justice : "Il devrait exister une forme de justice qui nous protège tous sans nous rendre ennemis, sans laisser la haine et la misère se dresser entre nous." L’un des thèmes majeurs du film est que la loi devrait avoir pour but d’instaurer une coexistence pacifique au sein d’une société, et que même un criminel a droit à un cadre judiciaire qui décide de son châtiment.

La Zona, le lieu de tous les dangers La Zona est un personnage à part entière, c’est même le personnage phare de l’histoire. L’immersion dans ces univers clos gouvernés par la peur est passionnante : ils finissent par inventer leurs propres règles, au mépris de la loi qui s’impose à tous. Dans ce genre de système, les valeurs morales de respect et de coexistence dégénèrent graduellement pour aboutir à un comportement primitif, où "l’autre", le voleur, l’étranger, n’est plus considéré comme une personne mais comme un simple ennemi à abattre.

J’ai aussi voulu organiser la structure du récit à la manière d’un film choral, où chaque personnage trouve sa voix dans la partition et contribue à la polyphonie que représente La Zona. J’envisage cette Zona comme un organisme à part entière qui se nourrit de lui-même, et qui, à travers son incapacité à détecter ses contradictions et ses défauts, sème les graines de sa propre autodestruction.

  Source : http://www.lazona-lefilm.com/zona_note.html
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ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR ET LA COSCÉNARISTE
 

D’où vient l’idée originale du scénario : une angoisse personnelle quant au futur, le constat que vous faites aujourd’hui des sociétés modernes, un pur plaisir de fiction ?

Le scénario est l’adaptation d’un conte du même nom qu’a écrit Laura Santullo, mon épouse et co-scénariste. L’histoire est née, effectivement, d’une préoccupation liée à la situation actuelle du Mexique mais aussi à la polarisation sociale qui s’aggrave dans le monde entier. Mais plutôt que montrer la réalité brute, telle qu’elle existe, nous avons préféré réfléchir au sujet à travers une fiction, tout en y intégrant des éléments de l’actualité. Nous avons choisi de procéder ainsi, parce que dans un monde de fiction nous avons la liberté de dépasser les bornes et d’inventer, justement pour mettre l’accent sur les choses qui nous préoccupent sans nous sentir obligés de respecter au plus près la réalité.

Vous laissez le flou subsister quant à l’époque précise à laquelle se déroule La Zona. Peut-on parler de film d’anticipation ?

Dans le conte d’origine, puis dans le processus d’écriture du scénario, nous avions la sensation d’inventer une histoire qui pourrait arriver dans l’avenir, mais après avoir fait des repérages, nous nous sommes rendus compte qu’une grande partie de ce futur existait déjà. Par exemple, ces zones résidentielles privées et beaucoup de leurs caractéristiques étaient identiques à celles que nous avions imaginées. Par contre, l’aspect juridique et policier de l’histoire continue de relever uniquement du domaine de la fiction… En ce qui concerne l’ambiguïté temporelle dans laquelle évolue l’histoire, elle est effectivement intentionnelle : le film a été conçu comme un avertissement, un signal d’alarme sur ce qui pourrait arriver dans nos sociétés modernes, peutêtre plus rapidement que prévu, si personne n’en bouleverse la direction actuelle.

Qu’est-ce qui a présidé au choix des lieux de tournage ?

Trouver des lieux idéaux pour tourner a été l’une de nos plus grandes difficultés. Ce que vous voyez aujourd’hui à l’écran est ce que nous avons trouvé de plus en adéquation avec l’histoire. Toutes les particularités visuelles des décors naturels, comme ce style architectural identique pour toutes les maisons, dicté par un règlement de copropriété qui n’autorise que certains coloris aux façades et certains types de plantes dans les jardins, ont fini par donner au film un plus esthétique, une cohérence dans son concept graphique. Comme cette harmonie est justement fondée sur la nécessité de respecter des critères uniques et immuables pour la vie en commun, elle prend un tout autre sens dans notre film : c’est un signe avant-coureur de la folie qui va éclater et de l’incapacité pour les habitants de La Zona d’accepter des opinions différentes des leurs. Ça sera aussi la première expression d’un totalitarisme répressif qui prévaudra par la suite, au moment d’affronter la tragédie.

Le thriller est-il pour vous le genre idéal pour traiter de sujets brûlants comme la corruption, la haine sociale et la faillite de l’Etat ?

Dans le conte, l’aspect policier était déjà présent, donc l’idée d’utiliser ce genre pour le scénario d’un long métrage était logique. Le polar s’est imposé parce que nous sentions qu’il conférerait au film une forte tension dramatique et que ce cadre permettrait une dénonciation claire de l’impunité, de la violence, de la polarisation sociale et des vides juridiques. Et puis, mon épouse et moi sommes tous deux amateurs de romans noir. Dashiell Hammett, Chester Himes, Raymond Chandler sont des écrivains qui se sont servis du genre pour écrire des romans très divertissants mais qui dressaient aussi un tableau très critique de l’état de la société à leur époque.

La question de la légitime défense est au coeur de votre film. Pendant longtemps, notamment dans les années 1970 et 1980, le cinéma américain a abusé de ce thème dans des polars controversés. Comment situez-vous La Zona par rapport à ces films ?

C’est vrai que le film s’interroge sur la légitimité de se faire justice soi-même, mais sans lien avec cette vague de films américains. Pour nous, l’élément fondateur que nous avons tous vécu au Mexique est l’absence de l’Etat. Le sentiment d’abandon, qu’engendrent l’absence de lois et l’impunité, est la raison majeure qui pousse les résidents de La Zona à rechercher une forme dénaturée d’autoprotection. Ce qui est peut-être le plus dramatique est qu’ils finissent par devenir ce qu’ils détestent : eux qui se sont retranchés pour éviter la violence finissent par l’exercer d’une manière atroce. Dans ce cas, l’usage du droit à l’autodéfense se transforme en abus total. S’il y a quelque chose qui est clair pour nous, c’est qu’on ne pourra jamais réparer une injustice en en commettant une autre.

Vous ne montrez que rarement la violence physique à l’écran et vous choisissez même de la reléguer hors champ pour la scène finale : pourquoi ?

Je préfère laisser libre cours à l’imagination du spectateur, à sa propre représentation de la violence et de la brutalité. Laisser entrevoir ou suggérer la violence a davantage d’impact que la montrer de façon explicite et choquante. Je crois à ce pouvoir de suggestion.

Comment expliquez-vous l’attitude des habitants de La Zona pour protéger leurs privilèges : est-ce pour vous un phénomène de groupe, notamment d’hystérie et de violence collective ?

Il ne s’agit pas seulement de défendre des privilèges mais surtout de protéger sa propre vie, en tous cas du point de vue des habitants de La Zona. Le premier moteur de l’isolement derrière ces murs est la paranoïa. La peur joue un rôle prépondérant dans l’origine des événements qui se déroulent dans le film : ils ont une crainte réelle de l’agresseur et entretiennent une peur plus subtile, moins avouée, qui est celle de l’autre et de l’inconnu. L’ultime éclat de violence est celui d’une foule, dont la réaction se nourrit de la panique, de la tension accumulée, de la déshumanisation progressive de l’autre, de la rancune d’avoir vu sa tranquillité perturbée, de l’orgueil qui mène à l’impunité et de l’irresponsabilité de l’anonymat ; et la réaction de cette foule terrorisée se concrétise en une destruction implacable.

Pourquoi avoir décidé de faire du plus jeune des personnages l’innocent, celui qui est victime de la folie des hommes ?

L’idée que les deux jeunes protagonistes, celui de l’extérieur et celui de La Zona, soient du même âge et de même complexion physique nous plaisait pour jouer sur un effet miroir : ils sont égaux à bien des points de vue, et cependant avec des vies diamétralement opposées, par le simple fait d’être nés de l’un et de l’autre côté du mur. Et puis, nous pensions que la jeunesse et l’inexpérience laissaient grande ouverte la possibilité d’évolution chez ces personnages : c’est précisément à l’adolescence que tout est encore en germe, que l’on forge peu à peu celui qu’on deviendra, que l’on se construit une échelle de valeurs et que se dessine une direction de vie. Davantage que l’innocence plus ou moins liée à l’enfance, nous voulions surtout montrer l’incroyable capacité de l’être humain à se réinventer. Miguel n’a pas cette opportunité mais Alejandro la saisit pour abolir les frontières, et c’est justement là que réside pour nous l’espoir du film.

En voyant La Zona, on ne peut s’empêcher de penser à certaines références cinématographiques : Assaut de John Carpenter pour l’angoisse née de la suggestion, Furie de Fritz Lang, Dogville de Lars von Trier pour la peinture d’un microcosme cruel et inhumain, George Romero et son Zombie, où les protagonistes recréent une forme de microsociété pour se protéger de l’extérieur. Est-ce que ces références ont un sens pour vous ? En revendiquez-vous d’autres ?

Nous ne nous retrouvons pas spécialement dans ces exemples, il n’y a pas de similitude évidente avec La Zona, même si Dogville est un film qui nous a enchantés, ainsi que le cinéma de Fritz Lang. En fait, nous ne nous rappelons aucune référence cinématographique spécifique qui nous ait marqués au long du processus de fabrication du film. En tous cas, pas consciemment. Parfois, et sans le vouloir, il peut nous arriver d’utiliser des idées et des images qui ont imprimé la mémoire. Ce n’est qu’après le travail achevé, avec le temps, que Laura ou moi allons trouver des analogies, des coïncidences ou ce que l’on aimerait être des coïncidences, entre notre écriture et d’autres films, d’autres livres, comme par exemple "Sa Majesté des mouches" de William Golding qui traite magistralement de certains des sujets que nous pensons avoir abordés dans La Zona.

Est-ce que vous pensez que La Zona peut avoir le même impact sur un public qui ne vit pas dans un pays aussi marqué par l’insécurité, la pauvreté et la corruption que le Mexique ?

Nous pensons que le monde entier, et pas seulement le Mexique, est touché par l’insécurité, la pauvreté et la corruption ; l’intérêt que ces sujets peuvent susciter ne dépend pas non plus du lieu géographique où l’on vit, mais du désir de chacun d’observer ce qui l’entoure. Si on prend l’exemple de certains des vêtements que nous portons, ils sont façonnés par des multinationales qui recourent au travail bon marché des enfants dans les pays en voie de développement. Cela peut vous importer ou non, c’est une question de choix personnel : se sentir proche ou loin des malheurs qui affligent le monde. Nous avons aussi envie de penser que le mur qui encadre La Zona est une métaphore de ces autres murs, bien réels, qui s’élèvent de tous côtés pour séparer, pour enfermer, pour diviser, pour empêcher de passer. Ces murs donnent la dimension exacte de l’incapacité de l’être humain à résoudre ses problèmes : plus ils sont hauts et grands, plus ils reflètent la stupidité et l’intolérance des hommes.

Quel regard portez-vous sur le cinéma mexicain d’aujourd’hui ?

Nous croyons, pour plusieurs raisons, que le cinéma mexicain vit de beaux jours. D’abord, parce qu’il y a toute une nouvelle génération de réalisateurs, dont je fais partie, qui a réussi à tourner grâce aux aides de L’État et aux nouvelles lois qui permettent de consolider la production nationale. Ensuite, il y a une grande diversité de styles et de thèmes abordés dans le cinéma mexicain actuel : c’est le juste miroir de l’identité mexicaine qui est multiple. Enfin, il y a le bon accueil reçu par des films mexicains à l’étranger, preuve que ce cinéma-là, dans toute sa diversité, trouve des échos bien au-delà des préoccupations nationales. Maintenant, il reste encore des carences énormes, comme les problèmes de distribution des films mexicains sur leur propre territoire, et celui d’une plus juste redistribution des recettes d’exploitation des films.

Êtes-vous d’accord pour dire que La Zona est un film politiquement et/ou socialement engagé ?

Dire d’un film qu’il est "politiquement engagé" peut le faire passer comme donneur de leçons et moraliste, ce qui n’est pas le cas de La Zona. C’est plus intéressant pour nous de partager une interrogation que d’asséner une réponse. Mais, si par engagement, on entend l’honnêteté envers soi-même et ses idées, la réponse est "oui".

  Source : http://www.lazona-lefilm.com/zona_entretien.html
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sur la route du cinema
  ( ... ) A la fois film d’anticipation et comédie sociale ancrée dans une réalité qui pointe violemment les disparités et inégalités entre les riches et les pauvres, ce film est bien le choc annoncé par l’affiche. On est écoeuré de voir à quel point la paranoïa galopante et l’obsession sécuritaire rendent le monde fou, prêt à renier toute intimité en acceptant d’être filmé 24 h/24, prêt surtout à se faire justice lui-même sans chercher à comprendre ou à expliquer. Rodrigo Pla, dont c’est la première réalisation, signe un film exemplaire sans aucun effet, avec une tension qui va crescendo et ne faiblit jamais jusqu’à l’issue dont on se demande toujours si elle ira jusqu’au bout de l’horreur. La réponse est au bout de cette histoire désespérément bouleversante, maîtrisée, inquiétante. On sort de la salle complètement sonné par ce conte de la pourriture très ordinaire, juste illuminé par une embellie très courte et très provisoire !
  Source : http://www.surlarouteducinema.com
   
Telerama - Pierre Murat
  ( ... ) On n'est pas très loin de l'antique Chasses du comte Zaroff. Et tout près de La Poursuite impitoyable, d'Arthur Penn. Au sens où tous les masques tombent. Où, sous prétexte d'appliquer les lois imbéciles qu'ils ont eux-mêmes édictées, des hommes prétendument civilisés se mettent à agir comme les barbares qu'ils disent redouter. Plus que l'intrigue (l'amitié improbable de l'ado fuyard avec un jeune résident bourgeois qui découvre l'ignominie de ses parents), c'est la montée du fascisme dans un monde clos qui intéresse le réalisateur et donne son relief, son actualité au film ( ... )
  Source : http://www.telerama.fr/
   
arts et spectacles nouvelobs - Pascal Mérigeau
  ( ... ) La Zona touche fort et juste, thriller vertigineux qui chamboule les perspectives et dézingue les certitudes les mieux établies, au rythme d'une chasse à l'homme menée par des gens qui ne connaissent d'autres lois que celles qu'ils se sont données. ( ... )
  Source : http://artsetspectacles.nouvelobs.com
   
chroniques mexicaines - Trikess (FG)
 

Personne ne sortira indemne de La Zona

( ... ) Ce film nous pousse à réfléchir sur cette peur de l’autre qui peut nous conduire au pire et dont certains hommes politiques ont fait leur fond de commerce et pas seulement à l’extrême-droite. Rodrigo Plá analyse ici intelligemment les mécanismes d’exclusion et de rejet qui nous déshumanisent tous, aussi bien ceux qui en souffrent que ceux qui les mettent en pratique. Il dénonce les réflexes grégaires qui ont tôt fait de balayer nos beaux principes et la difficulté de se dresser contre une majorité fanatisée. ( ... )

  Source : http://chroniques-mexicaines.spaces.live.com
   
 le quotidien du cinema - Isabelle Tellier
 

Le scénario, très intelligemment construit, arrive à explorer toutes les conséquences de son point de départ tout en ménageant des surprises. Au fil d'un logique implacable, le pire est presque toujours sûr. Les acteurs (espagnols et mexicains) sont des inconnus, mais ça ne les rend que plus crédibles. La mise en scène n'est pas voyeuriste ni spectaculaire : juste efficace et au service de son propos. Sans monstre affreux, uniquement avec des humains comme vous et moi, mais mis sous pression, ce film-là fout vraiment les jetons et suscite une saine colère. D'autant qu'il n'est pas difficile d'y voir une métaphore à entrées multiples : des zonas existent d'ors et déjà dans de nombreux pays (aux Etats-Unis, en Amérique du Sud, en Europe), mais certains pays entiers se comportent face à leurs voisins comme des bastions jalousement gardés. Et que dire de l'occident dans son ensemble, vis-à-vis des pays en voie de développement ?

Un premier film efficace et intelligent, qui réussit à combiner thriller et réflexion politique et sociale : n'hésitez plus, courez-y !

  Source : http://www.lequotidienducinema.com/article.php?sid=3796
   
 critikat - Clément Graminiès
  ( ... ) Sans aucun ménagement, c’est ici toute la bêtise humaine qui est ici dénoncée. Maintenant en hors champ ces actes de barbaries venus d’un autre temps, le réalisateur a la finesse de ne jamais tomber dans une sorte de complaisance malsaine. A l’instar de Fritz Lang dans l’excellent Furie, Rodrigo Pla embarque son spectateur dans cette montée d’adrénaline où l’obsession de la vengeance et de la justice par soi-même ébranle tout un système de valeurs. Et à considérer l’épilogue particulièrement ambigu, force est de constater que le réalisateur a choisi de ne pas faire preuve preuve d’un optimisme débordant ...
  Source : http://www.critikat.com/La-Zona-propriete-privee.html
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