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Titre
original |
La Fille du RER |
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Réalisation |
André Téchiné |
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Scénario |
Odile Barski, André Téchiné & Jean-Marie Besset |
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D'après
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La pièce de théâtre "RER" de Jean-Marie Besset |
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Interprétation |
Emilie Dequenne (Jeanne), Catherine Deneuve (Louise), Michel Blanc (Samuel Bleistein), Mathieu Demy (Alex), Ronit Elkabetz (Judith), Nicolas Duvauchelle (Franck), ... |
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Photographie |
Julien Hirsch |
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Pays |
France |
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Année |
2009 |
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Durée |
1h 45min. |
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Genre |
Drame |
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Production |
Saïd Ben Saïd |
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LA PROJECTION AURA LIEU A IMAGIX - MONS |
LE JEUDI 19 MARS 2009 |
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La présence d'Émilie Dequenne est annoncée à l'issue de la séance de 20h
En collaboration avec Imagix & TELE MB (Télévision Mons-Borinage) |
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Émilie Dequenne
1981 : Naissance le 29 août à Beloeil en Belgique.
1986 à 1989 : Elle suit des cours à l’Académie de musique de Baudour.
1994 à 1996 : elle est membre de l’Atelier théâtre "La Relève".
1997 : Bonne élève, elle termine ses études secondaires à 16 ans. Elle poursuit des études de sciences politiques, tout en rêvant de cinéma et de théâtre.
Mai 1998 : poussée par sa tante, elle participe au tournoi d’éloquence du club "Richelieu" de Mons- Borinage et remporte le prix de la ville de Mons.
1999 : toujours grâce à sa tante, qui a repéré l'annonce dans un journal, elle se rend au casting de "Rosetta", un film de Luc et Jean-Pierre Dardenne. Presque aussi déterminée que le personnage, elle décroche, face à 2 000 concurrentes, le rôle-titre d'une jeune femme, mi-petit soldat, mi-petit chaperon rouge, prête à tout pour obtenir puis conserver un emploi. Le conte de fées ne s'arrête pas là, puisque sa performance lui vaut en 1999 un Prix d'interprétation au Festival de Cannes, ex-aequo avec une autre fille du Nord, Severine Caneele, pour "L'Humanité."
2001 : pour son deuxième long métrage, Emilie Dequenne change totalement de registre en incarnant l'héritière Marianne de Morangias dans le film d'aventure "Le Pacte des loups", superproduction en costumes signée Christophe Gans. On la retrouve la même année en jeune fille complexée face à Jugnot dans "Oui, mais…" d’Yves Lavandier.
2002 : elle campe pour Claude Berri "Une femme de ménage" qui illumine le quotidien du bougon Bacri. La même année, on la retouve aussi dans "Jean Moulin" d’Yves Boisset.
2003 : pleine de fraîcheur, l'actrice, loin de l'univers âpre des Dardenne, s'illustre désormais dans la comédie "Mariées mais pas trop" de Catherine Orsini. Elle n’en oublie pas le théâtre, où elle joue dans "Lysistrata" d'Aristophane, mise en scène de Natacha Gerritsen avec Philippe Torreton, Rona Hartner, Diane Dassigny.
2004 : après "L'Américain" de Patrick Timsit, elle joue les séductrices dans "L'Equipier", mélodrame de Philippe Lioret, voire les mangeuses d'hommes dans "Avant qu'il ne soit trop tard" de laurent Dussaux.
2005 : on la retrouve à l'affiche de deux films d'époque, la fresque "Le Pont du roi Saint-Louis" de Mary McGuckian et l'intimiste "La Ravisseuse" d'Antoine Santana.
2006 : elle passe avec aisance du classicisme du "Grand Meaulnes" de Jean-Daniel Verhaeghe d'après Alain Fournier, à la fantaisie des "Etats-Unis d'Albert" d’André Forcier. On la retrouve la même année au théâtre dans "Mademoiselle Julie" d'August Strindberg, mise en scène de Didier Long.
2007 : Emilie Dequenne s'essaie au thriller avec "Ecoute le temps" d’Alanté Kavaité et goûte, aux côtés de Sandrine Kiberlain et Denis Podalydès, à "La Vie d'artiste" de Marc Fitoussi.
2009 : elle est à l’affiche chez André Téchiné avec "La Fille du RER".
Récompenses
- Récompense de la meilleure actrice pour son interprétation dans Rosetta au Festival de Cannes 1999
- Récompense du meilleur espoir féminin pour son interprétation dans Rosetta aux Chicago Film Critics Association Awards 2000
- Récompense de la meilleure actrice Belge pour son interprétation dans Rosetta aux Joseph Plateau Awards 2000
- Récompense de la meilleure jeune actrice pour son interprétation dans Le Pacte des loups au Cabourg Romantic Film Festival 2001
- Récompense de la meilleure actrice pour son interprétation dans Oui, mais ... au Avanca Film Festival 2002
Emilie Dequenne sur IMDB
Emilie Dequenne sur Actrices de France
Emilie Dequenne sur Cinergie |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le jeudi 19 mars 2009 |
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Le film est projeté en version originale française |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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| Jeanne (Emilie Dequenne) vit dans un pavillon de banlieue avec sa mère Louise (Catherine Deneuve). Les deux femmes s’entendent bien. Louise gagne sa vie en gardant des enfants. Jeanne, sans trop de conviction, cherche un emploi. Un jour, en lisant une annonce sur le net, Louise croit que le destin frappe à sa porte. Elle nourrit l’espoir de faire engager sa fille chez Samuel Bleistein (Michel Blanc), un avocat de renom qu’elle a connu dans sa jeunesse. L’univers de Jeanne et celui de Bleinstein sont à des années lumières de distance ... Pourtant, ils vont se rencontrer à cause d’un mensonge inouï que Jeanne va échafauder. Le scénario du film revisite un fait-divers survenu en juillet 2004 avec une agression antisémite inventée ayant suscité un extraordinaire emballement médiatique et politique avant que la vérité ne soit établie. |
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André Téchiné est né à Valence d'Agen le 13 mars 1943. Passionné par le cinéma, il dépense son argent de poche d’adolescent dans les salles obscures. Pour vivre sa passion, il quitte sa province pour Paris, à 20 ans. Il échoue au concours d’entrée de l’IDHEC et choisit les chemins de traverse, en participant à l’aventure des Cahiers du cinéma. C’est d’ailleurs lui qui rédige la critique remarquée de La peau douce de François Truffaut. Pour gagner sa vie, il travaille comme assistant sur les plateaux.
Ainsi, il participe au tournage des Les Idoles, film culte de Marc’o, en 1967. Mais, la réalisation le titille et il met en scène un premier court-métrage Les Oiseaux Anglais. Il réalise, en 1970, Pauline s’en va, avec Bulle Ogier, égérie du cinéma d’auteur des années 70. Son film a du mal à trouver un distributeur puis un public. Le maître s’assagit-il sous la contrainte ? Toujours est-il que son deuxième opus Souvenirs d'en France (1975), avec Jeanne Moreau, reçoit en revanche un accueil chaleureux, tout comme, un an plus tard, Barocco, une sombre intrigue amoureuse sur fond de meurtre dans le nord de l’Europe. Pas de rigolade donc, mais une patte talentueuse qui convainc définitivement la critique. Il peut alors s’atteler à la réalisation des Soeurs Brontë, film historique à gros budget, retraçant la destinée des célèbres sœurs, auteurs romantiques. En 1981, il réalise Hôtel des Amériques, qui marque le début de son cycle de films réalistes. Il s’applique désormais à mettre du lyrisme dans des scénarios dépeignant le quotidien. Patrick Dewaere et Catherine Deneuve y incarnent deux amants par défaut qui peinent à se convaincre eux-mêmes du bien-fondé de leur histoire. Catherine Deneuve devient alors l’une de ses partenaires privilégiée.
Après quelques réalisations pour le petit écran, il signe Rendez-vous, une quête initiatique récompensé à Cannes. Puis en 91, il tourne J'embrasse pas, un nouveau film semi autobiographique, racontant la vie d’un jeune provincial troublé par la vie. En 93, Ma saison préférée et ses héros romantiques, l’emmènent de nouveau à Cannes et lui apporte un nouveau succès. |
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| En 94, répondant à une commande d’Arte, il se plonge dans la chronique adolescente avec Les roseaux sauvages et teint son film d’une couleur inconnue dans son œuvre : celle de la sensualité. Le film reste fidèle à certains thèmes de prédilection de Téchiné, comme la famille ou l’homosexualité. Téchiné est partagé entre la volonté d'échafauder des récits complexes (le film-puzzle Les Voleurs en 1996) et une recherche d'authenticité (Loin, tourné au Maroc en caméra DV). Découvreur de talents, comme Elodie Bouchez ou Pascal Gregory, il fait aussi tourner de grandes pointures : Emmanuelle Béart traverse la France occupée dans Les Égarés et, en 2004, Les temps qui changent réunit, à Tanger, le couple mythique Deneuve-Depardieu. En 2009, alors que la Cinémathèque française lui rend hommage à travers une retrospective de son oeuvre, il réunit Catherine Deneuve, Michel Blanc et Emilie Dequenne dans La Fille du RER.
Source : http://cinema.fluctuat.net/andre-techine.html
Filmographie
Toute sa filmographie en tant que :
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Jean-Marie Besset (né le 22 novembre 1959 à Carcassonne) est un auteur français, principalement de pièces de théâtre. Il a passé son enfance et son adolescence à Limoux (Aude). Arrivé à Paris, pour ses études, il se rapproche du monde du théâtre et commence à écrire des pièces. Il écrit pour le théâtre alors qu'il est diplômé de l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC) en 1981 et de l'Institut d'études politiques de Paris en 1984. Il partage son temps entre New-York, où il écrit auprès de son ami Hal Wit, et la France où ses pièces sont jouées. Depuis 1995, il participe à plusieurs spectacles avec la compagnie BCDV de Gilbert Désveaux.
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En 2000, BCDV lance le Festival des Nouveaux Auteurs de la Vallée de l’Aude (NAVA) dans la région de Limoux, lieu d'enfance de Jean-Marie Besset. Expérience renouvelée chaque année, la 7e édition du festival NAVA a proposé en 2006 :
- "Monologue/Art, vérité et politique/Poèmes de guerre”,de Harold Pinter, avec Jean-Louis Trintignant
- “Loin de Corpus Christi”, de Christophe Pellet, mise en espace de Jacques Lassalle
- “Eddelstein”, de Patrick Feigelson et Roland David Valayre, mise en espace de Gilbert Désveaux
- “R.E.R.”, de Jean-Marie Besset, mise en espace de Jean-Marie Besset et Gilbert Désveaux
Nommé 10 fois aux "Molières" (6 fois comme Auteur et 4 comme Adaptateur), il est lauréat du SACD (Syndicat National de la Critique Dramatique, 1993), Prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD (1993), Chevalier (1995) puis Officier (2002) des Arts et des Lettres, Prix du Jeune Théâtre puis Grand Prix du Théâtre de l'Académie Française (1998 et 2005).
Pendant la saison 1999-2000, il est directeur délégué du théâtre de l'Atelier. En 2001, il est élu au Conseil d'administration de la SACD. Depuis 2002, il fait partie du comité de lecture du Théâtre du Rond-Point.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Besset |
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Comme au cinema |
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Le 9 Avril 2008 - Catherine Deneuve et André Techiné font la paire
C’est bien connu les réalisateurs ont toujours un/des acteur(s) fétiche(s) qu’ils filment sous tous les angles et dans toutes les postures tout au long de leur carrière. André Téchiné a ainsi jeté son dévolu sur Catherine Deneuve.
Le réalisateur s’approprie l’actrice française pour la sixième fois. Elle sera avec Emilie Dequenne (La Vie D'Artiste) une des héroïnes de son prochain long-métrage.
"La Fille du RER" s’inspirera du fait divers qui a ébranlé les médias ce mois de Juillet 2004 où une jeune femme mythomane avait fait croire à une agression dans le RER. Il se concentrera notamment sur le pataquès médiatique de l’affaire extrapolée antisémite ... Tout un programme. |
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Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=113213.html |
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Comme au cinema |
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Avant de penser en faire un film, quel souvenir gardiez-vous de “l’affaire du RER D”, survenue le 9 juillet 2004 ?
Le souvenir du fait-divers le plus médiatisé et le plus politisé de ces dix dernières années. Mais c’est grâce à la pièce de Jean-marie Besset, intitulée R.E.R, que je me suis vraiment remémoré toute cette affaire. J’ai été secoué par la violence du geste de cette jeune femme et par tout ce qu’il a pu susciter. Cette histoire devenait un miroir de toutes les peurs françaises, des angoisses profondément ancrées dans notre société, un révélateur de ce qu’on appelle l’inconscient collectif. Comment le mensonge d’un individu se transforme en vérité par rapport à la collectivité et à ses hantises ? C’est un sujet passionnant.
Le film est divisé en deux parties. D’abord les circonstances et puis les conséquences du mensonge.
Oui, une des premières idées a été de couper le film en deux. D’abord raconter la généalogie d’un mensonge puis les conséquences démesurées que cette fabulation va entraîner, jusqu’à la décision de justice. J’ai gardé de la pièce de Jean-marie Besset le travail de documentation, tout ce qui appartenait au domaine public. En revanche, la partie plus intime, le travail sur les personnages et leurs relations a été complètement changé. Et je me suis aussi servi des commentaires sur le fait-divers. J’ai repris de façon rigoureusement exacte les propos prélevés dans la réalité de l’époque. J’ai simplement mis l’accent sur le fait que la communication fonctionnait sur un dossier judiciaire vide.
Mais avez-vous inventé l’histoire d’amour entre Jeanne (Emilie Dequenne) et Franck (Nicolas Duvauchelle) ?
La véritable héroïne du fait-divers était attachée à son compagnon et à sa mère. Quand on l’a interrogée sur les raisons de son acte, elle a répondu qu’elle voulait “exister davantage” aux yeux de ces deux personnes. Le triangle est donc bien réel. Mais ce n’est qu’une référence. A partir de là, j’ai tout inventé.
“Exister davantage”, c’est un peu vague. Le grand mystère reste donc les motivations de ce mensonge
Les motivations de l’héroïne ne sont pas transparentes. Elles ne peuvent pas l’être. Son mensonge la dépasse. Il était important pour moi de préserver son caractère énigmatique. Même si j’ai tendance à penser qu’il s’agit d’une demande d’amour qui prend une forme monstrueuse, ça reste déroutant, ça dérange. Et au fond, je pense que c’est le caractère scandaleux et monstrueux de ce personnage qui m’a poussé à faire le film. J’en ai un peu assez des personnages tièdes au cinéma. Avec Jeanne, il y avait soudain quelque chose d’inhumain qui surgissait, ça devenait un personnage extraordinaire, à la fois un personnage réel et un personnage de film fantastique. C’est peut-être ce qu’on appelle un personnage subversif, je n’en sais rien. On se heurte à un bloc de résistance si on veut comprendre. Il s’agit toujours avec un film de traquer l’invisible. Et en même temps, il n’était pas question pour moi de l’envisager comme une pure martienne, pas du tout ! Au contraire, elle a une joie de vivre, elle file sur ses rollers, physique et rêveuse. En tout cas, j’avais envie d’aimer cette fille, sans la noircir ni la blanchir, celle par qui le scandale arrive.
C’est quelqu’un qui a cru toucher le bonheur du doigt et soudain tout lui est retiré
Toute la relation amoureuse avec Franck, je l’ai suivie pas à pas depuis la rencontre jusqu’à la séparation, sans ellipse. J’ai voulu que leur désir se renforce de séquence en séquence et qu’un lien se crée à vue. C’était à la fois une expérience de cinéma et une expérience érotique de donner naissance à un couple. Je n’avais pas de programme pour ça. Ce n’était pas du scénario. Par exemple, j’ai montré leur dialogue en webcam comme un explorateur car je ne connaissais pas ce moyen si moderne et répandu d’établir un contact. Ça se fait dans un temps qui est le même mais dans un espace qui est différent. Ça défie les règles classiques du champ-contrechamp et par ailleurs, c’est tout à fait réaliste. Les regards ne peuvent pas se croiser. Les présences sont à la fois virtuelles et réelles. On est de plain-pied dans l’imaginaire intime à forte charge sexuelle. Au contraire, quand je montre les actualités à la télévision, on est dans l’imaginaire collectif de l’info et de la Vérité. J’ai tenu à présenter la véritable victime d’une agression antisémite selon la version “grand messe” du journal télévisé. C’est du document brut greffé dans le film. Il a sûrement joué un rôle dans la fabrication du mensonge de Jeanne. C’est le cas de beaucoup d’éléments dans la première partie du film que l’on retrouve déformés dans la fable de sa déposition. En tout cas jusqu’au coup de couteau, qui n’arrive qu’au bout d’une heure, le film n’a rien de dramatique. J’ai recherché au contraire une forme de plaisir et de disponibilité. J’ai utilisé avec insistance les rollers pour donner cette liberté de mouvement, ce sentiment de joie d’être sur terre et de pouvoir décoller. Je voulais quelque chose de léger comme une danse. Dans cette première partie, il fallait surtout éviter de programmer la tempête à venir. Je déteste le côté “l’ombre du drame qui rôde”. Il fallait montrer tout simplement des moments de bonheur.
Dans la deuxième partie du film, on s’intéresse aux conséquences du mensonge de Jeanne, à l’emballement médiatique. C’est la description de l’état d’une société.
C’est le deuxième volet. Pour moi, c’est presque un deuxième film qui commence. Quand l’affaire est tout à coup relayée par la télévision, quand sa mère (Catherine Deneuve) lui annonce que l’on parle d’elle à la télé, Jeanne n’en revient pas. La fiction qu’elle avait inventée, bricolée dans son coin avec les quelques éléments à sa disposition (dont la réelle montée de l’antisémitisme sous forme d’agression physique) devient tout à coup un “succès”. Soudain ça prend ! Et l’histoire que tout le monde raconte alors, sur laquelle tout le monde se doit d’avoir une opinion, échappe totalement à la détresse d’une jeune mythomane de banlieue. Dans son monde à elle, elle serait allée au commissariat porter plainte, on n’aurait pas trouvé de coupables, puisqu’il n’y en avait pas, et l’histoire serait finie. Toute cette affaire aurait pu et du s’arrêter là. Mais non. Alors, pourquoi ? Comment expliquer le “succès” de cette fiction bricolée ? Le film expose les étapes de l’emballement mais il laisse le spectateur libre de sa réponse. Chacun devra essayer de comprendre pourquoi cette affaire est devenue énorme. Moi, je ne voulais surtout pas faire un film à thèse ou à débat. Le point de vue le plus saillant est celui du personnage de Mathieu Demy, quand il dit que c’est l’Etat qui a littéralement inventé toute cette affaire du RER D, et non cette malheureuse ! Mais ce qui rend cette affaire si intéressante et si riche, c’est qu’elle est non seulement le reflet de toutes nos peurs mais aussi le danger de notre ordre moral.
Le film joue avec des éléments de tragique comme de comique. Bien sûr que cette histoire est tragique mais l’exagération qui s’ensuit est presque drôle.
Il ne faut jamais avoir peur de ces éléments ! C’est justement quand c’est comique ou tragique qu’une histoire fait preuve de vitalité. Je joue chaque fois la séquence pour elle-même, pour l’émotion qu’elle dégage, pas pour la suite du scénario.
Quelle émotion par exemple pour la scène du dealer ?
Pour la scène du dealer, c’est le coup de couteau . il fallait que ça fasse mal. On m’a dit “Attention au polar !”, “Attention au gore !” Peu importe ! On devait découvrir que Frank, le champion de lutte, est un être de chair et de sang. J’ai assumé l’action avec le plus de précision possible, sans effet de ralenti ou d’accéléré, en jouant sur l’évolution du rapport de force, avec l’illusion de la durée réelle et l’utilisation d’un espace concret.
Le film n’est pas linéaire. Il brasse beaucoup de personnages. Il y a la présence du passé et une autre famille, très différente, en contrepoint du couple mère/fille que constituent Emilie Dequenne et Catherine Deneuve.
A la toute première scène du film, on voit la mère qui recherche sur le net des offres d’emplois pour sa fille. Et puis le nom de Bleistein apparaît. C’est un nom qu’elle avait oublié et qui remonte à la surface. C’est ce nom juif qui lance l’histoire. Il ne devait pas rester abstrait. J’ai décidé de montrer les individus qui portent ce nom. Trois générations. Le fils, le père et le grand-père, chacun dans sa singularité. Et puis la figure de Judith, l’étrangère à la fois intégrée et décalée. Toute cette matière humaine forme un petit monde comme un petit film parallèle. Et puis des interférences vont se créer avec l’histoire de Jeanne. Et même des connexions étroites. A la fin, le grand-père Bleistein écrira un livre sur elle et son petit-fils. Nathan lui fera parvenir de Venise sa première déclaration d’amour. Je voulais faire un film-chant où poème et narration se confondent, le contraire d’un film dossier.
Au cœur du film, il y a le thème de l’identité
C’est le cas de le dire puisqu’au cœur du mensonge de Jeanne, il y a le désir de devenir juif sur le mode persécutif, c’est une identification. Et puis il y a la question de la Bar Mitsvah pour Nathan qui devient un enjeu et une source de conflit pour les membres de la famille. Il est étrange d’ailleurs que l’appartenance à la collectivité passe pour Jeanne par la garde-à-vue et la sanction de justice tandis que pour Nathan, elle passe par la cérémonie religieuse qui le rattache à une communauté. J’ai mis en parallèle ces deux expériences identitaires à la fin du film. Mais sur cette question si actuelle de l’identité, le sens unique et figé est un repli fatal. Si l’identité n’est pas plurielle et discontinue, elle devient vite absence de liberté. |
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Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=113213-note-63695.html |
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dvdrama - Kevin Dutot |
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( ... ) Téchiné filme ses comédiens au plus près et tente de cerner les motivations de son personnage principal, qui restent cependant assez mystérieuses vu son entourage attentionné et son apparent équilibre. C'est cette part de doute et ces questions sur Jeanne qui titillent notre curiosité sur toute la durée du métrage, qui semble receler divers niveaux de lecture peu accessibles à la première vision... Mais si l'on se contente de cette étude de fait divers assez surprenante et qui trace finalement un portrait sombre et cruel de notre société, le film de Téchiné est déjà une jolie réussite. Une oeuvre assez inattendue qui soulève de profonds malaises tout en concentrant son intention sur ceux de cette jeune femme... et tout ça semble si proche au final. |
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Source : http://www.dvdrama.com/news2.php?id=32278&page=2 |
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avoir-alire - Frédéric Mignard |
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Progressant sans précipitation jusqu’à l’acte charnière, Téchiné nous plonge tout d’abord en immersion dans une vie banlieusarde a priori banale, rythmée par les voyages incessants du train qui font écho au quotidien de la foultitude francilienne commutant dans un environnement sinistré. C’est dans cet anonymat sociologique que le désir d’individualité de la jeune fille cherchera à s’exprimer dans l’affabulation, pour crier son envie d’être aux yeux de ses proches. Pourtant, contrairement au sentiment de grisaille régnant habituellement dans cette périphérie urbaine, le cinéaste, toujours aussi solaire, y apporte la luminosité inhérente à son œuvre et confère à son héroïne, Emilie Dequenne, une fougue lumineuse qu’on ne lui connaissait pas. L’actrice, d’une beauté ensorcelante, joue d’abord la comédie romantique avant de se retrouver dans les rouages du polar (l’affaire de drogue auquel est mêlé son copain), un changement de genre que manipule parfaitement le réalisateur, qui, caméra à la main, la suit, entre traque et fascination.
( ... ) Des seconds rôles apparaissant par intermittence durant le premier acte, sans lien direct avec la trame principale, mais qui vont rejoindre le train de l’histoire centrale dans la deuxième partie, celle du mensonge et de ses conséquences. Au-delà du message politique (dénonciation de la manipulation des masses par l’Elysée à l’époque), le cinéaste se livre à une subtile réflexion sur la notion d’identité symbolisée par le vide identitaire de Dequenne et le fort sentiment communautaire de la famille juive de l’avocat. L’usurpatrice en mal d’être, et le fils du couple Demy-Elkabetz, qui se pose symboliquement des questions quant à son identité juive, à la veille de sa cérémonie religieuse, se retrouvent côte à côte dans une cabane, loin du monde tumultueux des adultes, pour un moment de grâce, de ceux que Téchiné a su semer tout au long de son parcours. Pas de doute quant à la paternité de cette œuvre forte et intelligente, il s’agit bien là de la "fille de son pERe". |
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Source : http://www.avoir-alire.com/article.php3?id_article=11293 |
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