Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 04 septembre 2008
Eldorado
 Jeudi 11 septembre 2008
Then she found me (Une histoire de famille)
 Projection le jeudi 18 septembre 2008
La zona (La Zona, propriété privée)
 Projection le jeudi 25 septembre 2008
Faubourg 36
 Projection le jeudi 02 octobre 2008
Entre les murs
 Projection le Jeudi 09 octobre 2008
Klopka (Die falle/The trap/Le piège)
 Projection le Jeudi 16 octobre 2008
Une chaine pour deux
 Projection le Jeudi 23 octobre 2008
Die welle (La vague)
 Projection le Jeudi 6 novembre 2008
Changeling (L'Echange)
 Projection le Jeudi 13 novembre 2008
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 Projection le Jeudi 20 novembre 2008
Valse avec Bachir
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Happy-Go-Lucky (Be Happy)
 Projection le Jeudi 04 décembre 2008
Australia
 Projection le jeudi 11 décembre 2008
Burn After Reading
 Projection le jeudi 18 décembre 2008
Le Silence de Lorna
 Projection le jeudi 08 janvier 2009
Louise Michel
 Projection le jeudi 15 janvier 2009
Revolutionary Road
 Projection le jeudi 22 janvier 2009
Frost / Nixon, l'heure de vérité
 Projection le jeudi 29 janvier 2009
The Curious Case of Benjamin Button
 Projection le jeudi 05 février 2009
Doubt
 Projection le jeudi 12 février 2009
Vicky Cristina Barcelona
 Projection le jeudi 19 février 2009
The Reader
 Projection le jeudi 05 mars 2009
Two Lovers
 Projection le jeudi 12 mars 2009
Le Bal des actrices
 Projection le jeudi 19 mars 2009
La Fille du RER
 Projection le jeudi 26 mars 2009
Stella
 Projection le jeudi 02 avril 2009
Chéri
 Projection le jeudi 23 avril 2009
Milk (Harvey Milk)
 Projection le jeudi 23 avril 2009
Je l'aimais
 Projection le jeudi 07 mai 2009
Soeur sourire
 Projection le jeudi 14 mai 2009
Millenium
 Projection le jeudi 28 mai 2009
Erreur de la banque en votre faveur
 Projection le jeudi 04 juin
The Fall
 Projection le jeudi 11 juin
Welcome
 Projection le jeudi 18
Tellement proches
 Projection le jeudi 25 juin
Towelhead (Nothing is Private)
 
 
 
Chéri réalisé par Stephen Frears
    
Titre original Chéri
Réalisation Stephen Frears
Scénario Christopher Hampton
Adaptation Adaptation du roman éponyme de Colette
Interprétation Michelle Pfeiffer (Léa de Lonval), Rupert Friend (Cheri), Kathy Bates (Charlotte Peloux), Felicity Jones (Edmée), Iben Hjejle (Marie Laure), Frances Tomelty (Rose), Anita Pallenberg (La Copine), Harriet Walter (La Loupiote), Bette Bourne (La Baronne), Gaye Brown (Lilli), Tom Burke (Le Vicomte Desmond), Nichola McAuliffe (Madame Aldonza), Toby Kebbell (Patron) …
Musique Alexandre Desplat
Photographie Darius Khondji
Pays Grande Bretagne/
Année 2009
Durée 1h 30min.
Genre Romance
Production Andras Hamori, Bill Kenwright, Thom Mount & Tracey Seaward
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 02 avril 2009
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Dans le Paris du début du XXème siècle, Léa de Lonval finit une carrière heureuse de courtisane aisée en s’autorisant une liaison avec le fils d’une ancienne consoeur et rivale, le jeune Fred Peloux, surnommé Chéri. Six ans passent au cours desquels Chéri a beaucoup appris de la belle Léa, aussi Madame Peloux décrète-t-elle qu’il est grand temps de songer à l’avenir de son fils et au sien propre... Il faut absolument marier Chéri à la jeune Edmée, fille unique de la riche Marie-Laure. Alors que le moment fatidique approche, Léa et Chéri tentent de se résoudre à cette séparation imminente tout en s’apercevant qu’ils sont beaucoup plus attachés l’un à l’autre qu’ils ne voulaient bien l’admettre.
 
 
 Berlin International Film Festival 2009
 
  • Stephen Frears nominé pour l'Ours d'Or
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Stephen Frears fait ses études à la Faculté de Droit de Cambridge et débute comme assistant metteur en scène au Royal Court Theatre de Chelsea. Il bifurque ensuite vers le cinéma et trouve rapidement sa place au sein de la Nouvelle Vague britannique. Après avoir assisté Karel Reisz sur Morgan, il rejoint les Memorial Enterprises d'Albert Finney et seconde celui-ci sur le tournage de Charlie Bubbles, puis Lindsay Anderson sur If. Il réalise ensuite le court métrage The Burning, qui traite des tensions raciales en Afrique du Sud. En 1970, il fait la connaissance du scénariste Neville Smith, grand admirateur des romans noirs de Raymond Chandler et Dashiell Hammett. De cette rencontre naît le scénario de Gumshoe, histoire tragi-comique d'un "loser" fou de polars qui décide de se faire passer pour un privé. Albert Finney produit et interprète ce thriller désenchanté, qui lui offrira l'un de ses rôles les plus savoureux.

Sur la lancée de Gumshoe, Stephen Frears entre à la télévision, où il réalisera en douze ans une bonne vingtaine de téléfilms dramatiques inspirées des meilleurs auteurs britanniques : Neville Smith, Tom Stoppard, Alan Bennett, Christopher Hampton, David Hare, etc. Durant cette période, il dirige pour la première fois Dame Judi Dench dans épisode de la série télé BBC2 Playhouse. Frears et l'actrice se retrouveront sur le téléfilm dramatique Saigon, l'année du Chat. Madame Henderson présente marque leur troisième rencontre. En 1984, Stephen Frears met en scène son deuxième film policier, The Hit, road-movie existentiel teinté d'humour noir avec John Hurt et Terence Stamp. Entre 1985 et 1987, il signe trois des films les plus virulents inspirés par la déliquescence de la société britannique : My Beautiful Laundrette, Prick Up your ears et Sammy et Rosie s'envoient en l'air. Son premier film à costumes, Les Liaisons dangereuses, brillera lui aussi par son regard sophistiqué sur une fin de siècle particulièrement tourmentée. Interprété par Glenn Close, John Malkovich, Michelle Pfeiffer et la très juvénile Uma Thurman, le film remporte trois Oscars sur un total de sept nominations.
Stephen Frears
Renouant avec l'univers du film noir, Frears dirige, pour ses débuts aux États-Unis, Anjelica Huston, John Cusack et Annette Bening dans Les Arnaqueurs, pour lequel il remporte une citation à l'Oscar. Alternant entre les États-Unis et son pays natal, Frears réalisera ensuite : la comédie satirique Héros malgré lui, avec Dustin Hoffman, Mary Reilly, une brillante relecture de "Docteur Jekyll et Mr. Hyde", avec Julia Roberts et John Malkovich ; deux films inspirés de l'écrivain irlandais Roddy Doyle : The Snapper et The Van; le western contemporain The Hi-Lo Country, avec Patricia Arquette, Woody Harrelson et Billy Crudup ; la comédie romantique High Fidelity.

Réputé comme l'un des cinéastes les plus engagés du cinéma contemporain, Frears réalise en 2002 Dirty Pretty Things, une plongée dans le monde des émigrés clandestins et des trafiquants d'organes, avec Audrey Tautou, Chiwetel Ejiofor et Sophie Okonedo. Il produit aussi le téléfilm The Queen, qui se penche sur les relations de Sa Majesté Elizabeth II et du Premier Ministre Tony Blair, avec dans les rôles principaux Helen Mirren et Michael Sheen. En 2009 sort sur nos écrans Chéri, une adaptation du célèbre roman de Colette où le cinéaste retrouve Michelle Pfeiffer.

Source : http://www.toutlecine.com

Toute sa filmographie en tant que :

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Les courtisanes
 

Surnommées les "grandes horizontales", les courtisanes étaient très en vogue dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Célèbres à travers le monde pour leur beauté, leur esprit, leur conversation et leur savoir-faire, ces demi-mondaines étaient au centre de la vie sociale et politique de Paris, divertissant les hommes les plus puissants des arts, de la noblesse et de l’État tout en restant isolées de la société dans leur monde clos. Elles influaient sur la mode et leur train de vie ostentatoire soulignait l’opulence de leurs amants, très courues qu’elles étaient par les riches aristocrates européens qui se disputaient leurs faveurs. Faveurs qui, bien sûr, n’étaient pas bradées. Les courtisanes les plus renommées amassaient d’énormes fortunes, grâce à de sages investissements et de judicieux achats de propriétés et de biens. Elles ne pouvaient monnayer que leur personnalité et leur beauté et les plus perspicaces d’entre elles savaient que leur prestige ne survivrait pas à leurs charmes. Parmi les courtisanes les plus en vue de l’époque, il y eut Apollonie Sabatier, qui accueillit dans son salon des intellectuels tels que Baudelaire et Flaubert, Marie Duplessis qui fut immortalisée par Alexandre Dumas fils dans sa pièce La Dame aux camélias, Esther Pauline Lachmann qui fut connue sous le nom de La Païva et épousa le comte Henckel von Donnersmarck, et Cora Pearl, une Anglaise de naissance qui compta parmi ses amants le prince Napoléon, cousin de Napoléon III.

  Source : http://www.commeaucinema.com/notes-de-prod=105857-note-64037.html
   
La production
 

Christopher Hampton, scénariste oscarisé de Les Liaisons Dangereuses, écrivait un scénario sur Colette (1873–1954) quand il s’est lancé dans l’adaptation de son roman le plus connu, Chéri. Écrit en 1920, c’est l’histoire d’un amour impossible entre Léa de Lonval, une des courtisanes les plus courues de l’époque, et Chéri, le fils d’une ancienne rivale.

"Colette a toujours figuré parmi mes auteurs préférés et j’avais très envie de raconter sa vie. Son premier mari, Willy, était plus âgé qu’elle et fut son Pygmalion. Après une douzaine d’années de mariage, elle quitte le domicile conjugal et se lance dans le music-hall où elle apparaît dans des pantomimes orientales suggestives", raconte Hampton. "L’œuvre de Colette a toujours séduit le public par son ton chaleureux et très personnel. Colette est fascinante, comme femme et comme auteur. Et ce fut un vrai plaisir de lire ses autres romans."

C’est la part de romance dans Chéri qui a attiré Hampton. "C’est l’histoire de deux personnages qui ignorent totalement qu’ils sont amoureux l’un de l’autre," dit-il. " Léa croit éduquer ce jeune homme avant de le confier à une autre lorsqu’il sera plus mûr, et Chéri pense qu’il a le beau rôle au bras de cette très belle femme avant de passer à l’étape suivante. Ils savent que leur relation aura un terme. Mais le moment venu, chacun s’aperçoit que l’autre va lui manquer terriblement. Léa agit en héroïne et laisse Chéri partir, mais elle doit prendre sur elle-même tant le chagrin est grand. On imagine que Chéri ne s’en remettra pas vraiment non plus. "

Le milieu demi-mondain des années 1900 dans lequel les personnages évoluent intéressait beaucoup Christopher Hampton. "C’est un univers fascinant que ce demi-monde, qui a connu son heure de gloire à la fin du XIXe siècle, mais qui commençait déjà à décliner en 1906", raconte Hampton. "C’était une tranche de la société, ces courtisanes, qui avait amassé des richesses spectaculaires. Même si elles devaient être solitaires car mises au ban du reste de la société, leurs vies étaient confortables. Elles étaient cultivées et ne ressemblaient à aucune femme de leur époque. Il y avait quelque chose de très moderne chez elles et, finalement, elles étaient émancipées avant l’heure."

  Suite sur le site de Comme au Cinema
   
Le choix des acteurs
 

Pour incarner Léa, il y avait peu d’actrices envisageables, d’une beauté naturelle et d’un charisme sensuel. Un nom s’est cependant imposé : celui d’une actrice qui a déjà travaillé avec Frears et Hampton, Michelle Pfeiffer, dont l’inoubliable composition dans Les Liaisons Dangereuses lui avait valu une nomination aux Oscars en 1989.

"Michelle Pfeiffer," raconte Frears, "a le don de bouleverser. Elle était bouleversante dans Les Liaisons Dangereuses - je l’ai su dès notre première rencontre - et elle l’est dans ce film. Elle est troublante, comme si une telle beauté revêtait une part de tragédie."

Mais il n’y a pas que sa présence à l’écran et sa plastique qui la rendent idéale pour le rôle. Sa performance restitue exactement l’esprit du roman. Comme le raconte Bill Kenwright, le producteur : "Michelle a pris un risque en jouant ce rôle. Le personnage pouvait être interprété de plusieurs façons, mais la subtilité de Michelle est étonnante."

L’idée de travailler à nouveau avec Stephen Frears plaisait beaucoup à Michelle Pfeiffer : "Franchement, je ferais n’importe quel film avec Stephen et quand j’ai lu le scénario et le roman, j’étais ravie d’avoir décroché le rôle." "Ce que j’aime chez Colette, c’est que Léa n’est pas la version caricaturale d’une courtisane de l’époque," ajoute Michelle Pfeiffer. "Elle est intelligente, elle a un grand sens de l’humour et elle est aimable au sens propre. Élégante, elle a de la classe et c’est aussi quelqu’un de bon, ce qui est plus surprenant. Elle est aussi très satisfaite de la vie qu’elle mène. Les courtisanes de haute volée comme Léa étaient indépendantes et fortunées. C’étaient des femmes d’affaires intelligentes qui étaient liées à l’aristocratie. Mais quand ce jeune et beau garçon, Chéri, fait irruption dans sa vie, elle oublie ses habitudes et écoute son coeur pour la première fois. Je crois qu’elle regrette de n’avoir jamais connu l’amour et peut-être a-t-elle le sentiment que c’est sa dernière chance. On la voit aux prises avec la conscience du temps qui passe - elle a plus de 40 ans - et quand la relation touche à sa fin, elle ne peut plus se mentir sur son âge."

  Suite sur le site de Comme au Cinema
   
La reconstitution historique
 

Stephen Frears affirme se reposer entièrement sur ses chef-opérateur, décorateur et costumier. Ceux qui ont travaillé avec lui connaissent l’importance de sa contribution à l’élaboration de Chéri. Le compositeur Alexandre Desplat, Oscar de la meilleure musique pour la bande originale de The Queen, déclare : "Quand il dit ne rien y connaître à la musique et à la déco, il ment ! Stephen sent intuitivement à quoi son film aspire et sait exactement ce qui fonctionnera quand tous les éléments s’imbriqueront. Pour ce qui est de la musique, par exemple, il ne me demande pas de changer un accord ou une note, il me dit de faire plus dur, plus sauvage ou plus spirituel. Il s’implique beaucoup."

En s’inspirant de la musique française des années 1900 - période féconde qui a vu l’ascension de Saint-Saëns, Debussy et Ravel - mais aussi de l’orientalisme et du mysticisme qui influençaient l’art et la culture de l’époque, Desplat a écrit une partition qui associe le raffinement de la composition française à l’exotisme des violons chinois.

"Une partition réussie fait ressortir les émotions qui ne sont pas évidentes à l’écran, explique Desplat. Chéri a une nature mélancolique, sensible et fermée, il ne sait rien de la vie, il suit le mouvement. La musique doit faire ressortir la sensualité du film : après tout, il s’agit d’un garçon de 19 ans qui ne sait pas grand-chose mais a une grande énergie sexuelle et d’une femme qui, à la quarantaine, est une experte de l’amour physique."

  Suite sur le site de Comme au Cinema
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moncinema cyberpresse - Marc-André Lussier
 

Fidèle à Colette

De son côté, le scénariste Christopher Hampton, qui affirme être un grand admirateur de Colette, a tenté de préserver l'esprit du roman. "Il m'importait d'être fidèle à son oeuvre, d'autant plus qu'elle avait déjà tiré une pièce de son roman, de même que le scénario d'un film dans les années 50."

C'est à la faveur d'un déjeuner entre amis que Hampton a soumis le scénario de Chéri à Stephen Frears, à un moment où le projet n'allait nulle part. "Je n'avais même pas pensé à le lui soumettre, car je connais très bien Stephen, ajoute le dramaturge. J'étais certain que ce script ne l'intéresserait pas du tout!"

Stephen Frears, qui n'a pas cessé de lancer d'irrésistibles boutades pendant cette conférence de presse, fut, au contraire, séduit au point de vouloir signer la réalisation de ce film. Le cinéaste estime cependant que le dosage était difficile à trouver. "Il y a ce milieu aristocratique du début du XXe siècle, qui n'existe plus. Il fallait ainsi faire honneur au caractère ironique de l'histoire, sans en négliger l'aspect dramatique."

Quand un journaliste évoque des similitudes entre Dangerous Liaisons et Chéri, Frears se rebiffe: "Ça ne peut pas du tout être semblable, John Malkovich n'est même pas là!"

  Source : http://moncinema.cyberpresse.ca
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film de culte - Nicolas Bardot
  (...) Plus que la passion dévorante, poison d'un narcissisme amoureux qui ne parvient pas à être aussi poignant que chez Colette (...), c'est le portrait du déclin tragique d'une mondaine flamboyante que réussit Stephen Frears, femme d'un monde clos et grande horizontale à qui l'on offre le reflet infamant de ses amours avilissantes, une vieille maquerelle entichée d'un giton et toute la vulgarité qui en déborde en société. Chéri peint un crépuscule, le sien, celui de Léa, incarnée par une Michelle Pfeiffer sensationnelle, rôle cousu sur elle et fleurs fanées dans la main, déclin aussi d'autres courtisanes vieillissantes, travesties ou aux yeux trop maquillés, et laisse apparaître une lueur d'espoir à travers cet amour physique, ambigu car aussi sexué que maternel; las, en société comme en amour, les mondes sont cloisonnés. La bluette avec un beau gymnaste n'est qu'une bricole et les vrais règlements de compte s'annoncent cinglants. C'est une certaine tendresse qu'Hampton et Frears ont privilégié dans le dernier face-à-face, et l'art de Colette s'y retrouve, ce drame laissé à la porte, observé de la fenêtre, destin scellé en une phrase off. Le dernier plan cite avec acuité celui des Liaisons dangereuses, dans cette valse-hésitation entre la frivolité apparente et le désespoir résigné, face au miroir, l'heure est au triste bas les masques.
  Source : http://www.filmdeculte.com/cinema/actualite/Cheri-8947.html
   
cinema ch
  Chéri nous plonge dans une atmosphère historique qui rappelle en un sens Les liaisons dangereuses , autre film de Stephen Frears dans lequel Michelle Pfeiffer occupait alors également la vedette. Chéri nous transporte dans l’univers nostalgique de Frears: celui du drame mondain, aux décors et aux costume d’Epoque. Une fois encore, une multitude de décorateurs, menuisiers et costumiers ont participés à la création des décors. La musique, comme de coutume, a été crée sur mesure et jouée par le London’s Orchestra pour les besoins du film. Cette fois-ci, c’est dans un voyage vers le Paris de la Belle Epoque que nous transporte Stephen Frears, toujours accompagné d’acteurs au physique irréprochable, comme ici Michelle Pfeiffer et le beau Rupert Friend. C’est avec légèreté et noblesse, dans un univers dépourvus de soucis matériels, que nous est présentée, en huit clos, une très belle courtisane qui, après avoir gagné beaucoup d’argent pendant ses plus beaux jours, se retire du métier et doit faire face à la vieillesse qui va de paire avec une perte de pouvoir sur les hommes.
  Source : http://www.cinema.ch/film/Cheri
   
histoire presse - Antoine de Baecque Critique et historien du cinéma
 

Physiquement, on peut tiquer : le corps d'une actrice hollywoodienne, même de 50 ans, ressemble peu à celui d'une cocotte Belle Époque, telle que Liane de Pougy ou la Belle Otéro qui défilent au début du film dans un joli livre d'images. Mais par son orgueil retenu, sa cruauté inflexible, son art de la réplique, l'actrice brille comme l'émeraude qu'elle fait admirer dans le film.

Rupert Friend, lui, dans le rôle de Chéri, est un peu plus fade, mais cela convient assez au personnage, lâche et hésitant, puis dégoûté et suicidaire. Costumes raffinés, mobiliers Belle Époque, plateaux surchargés à Paris et à Biarritz : Stephen Frears ne nous avait pas habitués à ce cinéma très décoratif. Il jouit visiblement des milieux frelatés des cocottes qu'il met en scène, du malaise d'une génération perdue, vide de désirs et de projets, qu'il illustre. (...) Stephen Frears n'a pas perdu la main, et le sommet attendu de futilité distille aussi un poison violent.

La fin de la jeunesse et d'une certaine forme d'utopie commande l'entrée dans l'époque des intérêts matériels, de la vulgarité du monde, ce que le cinéaste anglais filme mieux qu'un autre, proche en cela du regard acéré, et parfois tendre, que Colette pouvait jeter sur une société et une histoire qu'elle connaissait parfaitement.

D'un côté, Stephen Frears nous offre la jubilation, celle des mots, des corps, des robes, des lits de soie et des salles d'apparat, de ce qui brille un peu trop fort ; de l'autre, il nous montre un monde finissant, courant à sa perte. Et, à travers une forme obsessionnelle, ces lents mouvements de caméra dont l'élégance permet de sentir la fatalité, le cinéaste fait preuve, à nouveau, d'une belle intelligence historique : l'effondrement est plus juste encore quand il est joliment filmé.

  Source : http://www.histoire.presse.fr/content/homepage/article?id=9855
   
cinemas utopia
  Dans un Paris de la belle époque reconstitué avec charme et panache, Stephen Frears signe, 20 ans après Les Liaisons dangereuses, une nouvelle adaptation littéraire française. Colette n’est pas Choderlos de Laclos : le ton est léger sans être inconsistant, sentimental sans être à l’eau de rose. Chéri est surtout porté par deux actrices magnifiques : Michelle Pfeiffer et Kathy Blates qui incarnent deux styles bien différents de courtisanes. Tendre, émouvant et souvent drôle, ce Chéri est diablement séduisant ...
  Source : http://www.cinemas-utopia.org/avignon/index.php?id=521&mode=film
   
 magazine litteraire - Minh Tran Huy
 

On retrouve ici quelque chose du Temps de l'innocence de Martin Scorsese (1993, d'après Edith Wharton), où officiait déjà Michelle Pfeiffer : un décor somptueux, d'une richesse écrasante - un decorum -, matérialisait l'étouffement des émotions de personnages prisonniers de la haute société et de ses rites impitoyables. L'univers des femmes entretenues, par définition marginalisé, est tout aussi asphyxiant, comme en témoigne la demeure de madame Peloux, encombrée de bibelots qui disent son aisance et son mauvais goût. L'amour authentique n'a sa place dans aucun de ces deux mondes, chacun cachant ses sentiments sous des répliques tantôt compassées (Le Temps de l'innocence), tantôt mordantes et spirituelles (Chéri).

Les réunions chez madame Peloux, où fusent les piques, sont filmées par une caméra bien plus statique que les scènes chez Léa, dont la maison - conçue par le grand commandeur de l'Art nouveau, Hector Guimard -, aérée et lumineuse, symbole de sa modernité et de sa liberté, s'oppose au château sombre et vieillot de son ancienne rivale. Musique, paysages et tenues sont inspirés de ce que la Belle Époque a de plus caractéristique (impressionnisme, Art nouveau...), et constituent l'écrin tout autant que la matière d'un film concis (1 h 30) et intimiste, à l'image du roman : peu de lieux et de personnages, le sens de l'ellipse et du non-dit, le même mélange d'ironie et de mélancolie - celle d'une femme qui sent l'âge venir et peser, celle d'un jeune homme qui n'a de goût pour rien à part elle et s'en rendra compte trop tard, (...) le dernier plan, de près d'une minute, sur son visage d'une beauté déchirée, dont la douleur oblitère toutes les exquises parures arborées jusque-là, figure ainsi le point d'orgue d'une histoire faussement frivole et véritablement poignante.

  Source : http://www.magazine-litteraire.com/content/recherche/article?id=13046
   
 dvdrama - C. Salmon
 

Le réalisateur nous transporte avec nostalgie dans l'univers oublié du début du XXème siècle dans un même souci d'authenticité et de détails. Une immersion qui contribue largement à la réussite de la mise en scène. A l'instar des dialogues, faussement enjoués mais toujours empreints d'une subtile ironie. Troublante concordance temporelle entre le réalisateur et l'écrivain, où l'un fait ainsi écho à l'autre par le biais de cette relation ambiguë, finalement très moderne. Une histoire sur les apparences et les non dits qu'il ne faut surtout pas compromettre. Même au prix d'une souffrance amoureuse dont chacun fera le douloureux apprentissage.

La passion n'a pas d'âge. La raison davantage ! Peinture facétieuse d'une "caste" sociale aujourd'hui disparue, à l'image de la mère de Fred, autre mondaine déclinante servie par la performance étonnante de Kathy Bates, Chéri manie ainsi avec dextérité amour et ironie. Sentiments enjoués et tristesse insondable. Pour une quête passionnelle désespérée qui se doit d'être fructueuse en dépit des ravages inexorables du temps ...

Un postulat scénaristique auquel répond à merveille un choix d'acteurs irréprochables. À commencer par le jeune Rupert Friend (notamment vu dans Orgueil et préjugé et aujourd'hui Mr Keira Knightley à la ville !). Élégant dandy, à peine sorti de l'enfance, aussi raffiné que capricieux, sur lequel la vieillissante mais toujours élégante Léa, divinement interprétée par une Michelle Pfeiffer plus radieuse que jamais, a porté son dévolu. Un marché de dupe comme ultime passion. Où chacun semble trouver pour son propre compte, les justifications de leur relation, bientôt contredites par les réalités cruelles de la séduction ...

Au final, après The Queen (autre film sur une dame vieillissante de caractère !) Chéri, adaptation fidèle du roman dont il est issu, apparaît comme une envoûtante réussite. Celle d'une histoire d'amour très émouvante, entre ferveur et mélancolie. Une passion apparue comme inaltérable. Mais qui bientôt doit se résoudre à la réalité du temps qui passe... Un récit empreint d'une certaine amertume, analyse subtile d'une âme féminine que l'âge conduit à la disgrâce et qui rappelle, non sans bon sens, que si l'amour enivre toujours, tôt ou tard, l'ivresse prend fin !

  Source : http://www.dvdrama.com/news2.php?id=32053&page=1
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