Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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 Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 03 septembre 2009
Les Regrets
 Projection le jeudi 10 septembre 2009
The Young Victoria (Victoria : les jeunes années d'une Reine)
 Projection le jeudi 17 septembre 2009
Los Abrazos Rotos (Etreintes Brisées)
 Projection le jeudi 24 septembre 2009
Crossing Over
 Projection le jeudi 01 octobre 2009
Je suis heureux que ma mère soit vivante
 Projection le jeudi 08 octobre 2009
Mères et filles
 Projection le jeudi 15 octobre
Mademoiselle Chambon
 Projection le jeudi 22 octobre 2009
Looking for Eric
 Projection le jeudi 29 octobre 2009
Micmacs à Tire-Larigot
 Projection le jeudi 12 novembre 2009
A l'origine
 Projection le jeudi 19 novembre 2009
My Sister's Keeper (Ma vie pour la tienne)
 Projection le jeudi 26 novembre 2009
Whatever Works
 Projection le jeudi 03 décembre 2009
La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy
 Projection le jeudi 10 décembre 2009
Oscar et la Dame Rose
 Projection le jeudi 17 décembre 2009
Katalin Varga
 Projection le jeudi 07 janvier 2010
Millenium 2 : Flickan som lekte med elden
 Projection le jeudi 14 janvier 2010
Mr Nobody
 Projection le jeudi 21 janvier 2010
Le concert
 Projection le jeudi 28 janvier 2010
Up in the air
 Projection le jeudi 04 février 2010
Gainsbourg (vie heroique)
 Projection le jeudi 11 février 2010
John Rabe
 Projection le Jeudi 18 février 2010
Shutter Island
 Projection le Jeudi 25 février
Le ruban blanc
 Projection le Jeudi 04 mars 2010
Nine
 Projection le Jeudi 11 mars 2010
La rafle
 Projection le Jeudi 18 mars 2010
L'Arnacoeur
 Projection le Jeudi 25 mars 2010
The Ghost Writer
 Projection le Jeudi 01 avril 2010
Alice in Wonderland (Alice au Pays des Merveilles)
 Projection le Jeudi 22 avril 2010
Bright Star
 Projection le Jeudi 29 avril 2010
Precious : Based on the Novel Push by Sapphire
 Projection le Jeudi 06 mai 2010
Imogène McCarthery
 Projection le Jeudi 20 mai 2010
Extraordinary Measures
 Projection le Jeudi 27 mai 2010
A Single Man
 Projection le Jeudi 03 juin 2010
Greenberg
 Projection le Jeudi 10 juin 2010
Crazy Heart
 Projection le Jeudi 17 juin 2010
An Education (Une éducation)
 Projection le Jeudi 24 juin 2010
Lebanon
 
 
 
Mères et filles réalisé par Julie Lopes-Curval
    
Titre original Mères et filles
Réalisation Julie Lopes-Curval
Scénario Julie Lopes-Curval & Sophie Hiet
 D'après L'oeuvre de
Interprétation Catherine Deneuve (Martine), Marina Hands (Audrey), Marie-Josée Croze (Louise), Michel Duchaussoy (Michel), Jean-Philippe Ecoffey (Gérard), Carole Franck (Evelyne), Eleonore Hirt (Suzanne), Gérard Watkins (Gilles), Romano Orzari (Tom), Nans Laborde Jourdaa (Pierre), Meriem Serbah (Samira), Louison Bergman (Martine enfant), Arthur Lurcin (Gérard enfant), Manon Percept (Audrey enfant), ...
Musique  
Photographie Philippe Guilbert
Pays France
Année 2009
Durée 1h45'
Genre Comédie dramatique
Production Alain Benguigui
Site officiel  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 08 octobre 2009
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Julie Lopes Curval, lauréate de la Caméra d’or à Cannes en 2002 pour "Bord De Mer" nous revient avec ce film tout en pudeur sur les secrets de famille et les relations mère-fille.
Trois femmes, trois générations. Dans les années 50, Louise a quitté le domicile conjugal alors que ses enfants étaient encore jeunes. Elle n'a plus donné signe de vie. Sa fille Martine est restée dans la petite ville de bord de mer où elle est devenue médecin. Aujourd'hui Audrey, la fille de Martine, la trentaine indépendante, revient rendre visite à ses parents. Elle va trouver par hasard un cahier ayant appartenu à sa grand-mère, un journal qui pourrait enfin expliquer son départ. Eclaircira-t-il les non-dits qui altèrent depuis toujours les relations au sein de la famille ? Audrey y trouvera-t-elle les réponses aux questions qu'elle se pose sur son propre avenir ?
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Julie Lopes-Curval
Avant de s'affirmer comme scénariste, Julie-Lopes Curval touche à différents corps de métier relatifs au cinéma. Titulaire d'un DEUG d'arts plastiques en section photo au début des années 90, elle bifurque vers l'actorat en s'inscrivant au cours Florent, jusqu'en 1995. Il ne faut pas longtemps avant de s'écarter du jeu pour s'intéresser à la mise en scène et à l'écriture de pièce de théâtre. Elle se distingue ainsi avec Vitrines et La vitesse du passant, présentées au Théâtre de l'île Saint-Louis, à Paris.

1996 marque son passage du coté du 7ème art en devenant scénariste. En effet, elle signe les scénarios pour le moyen-métrage Adolescents, réalisé par Valérie Minetto, une commande à destination des participants d'un atelier audiovisuel, et pour Mon Meilleur Amour de François Favrat, où une demoiselle timide n'arrive pas à avouer ses sentiments à l'homme qu'elle désire, et se résout à écouter les récits de ce dernier sur ses conquêtes.

Elle passe à la réalisation avec le court-métrage Mademoiselle Butterfly, qui suit les errances nocturnes d'une jeune femme après une cuisante rupture sentimentale. Son premier long-métrage suit l'année suivante, co-écrit avec François Favrat. Bord de Mer raconte le quotidien d'une petite ville en bord de mer, entre les saisons de vacances et le travail à l'usine de galet, qu'une jeune habitante va tenter de fuir pour réaliser ses rêves.

Si ce premier essai lui vaut la Caméra d'Or au festival de Cannes, Julie Lopes-Curval redevient scénariste pour Favrat pour son premier long-métrage, Le Rôle de sa Vie en 2004, qui réunit Karin Viard et Agnès Jaoui, l'une dans le rôle de l'assistante de l'autre, pour une histoire d'amitié ambiguë. Elle collabore aussi au premier film d'un autre scénariste, Eric Véniard, dans Une Affaire qui roule avec Clovis Cornillac (pour la première fois dans un rôle principal) en cuisinier montant sa propre affaire et qui s'associe avec Denis Podalydès, un écrivain frustré, pour réaliser leurs rêves les plus fous.

Son retour à la réalisation intervient en 2006, avec Toi et moi. Marion Cotillard et Julie Depardieu y sont deux sœurs à la vie sentimentale branlante, embellissant leur quotidien comme un roman-photo. Son film suivant, Mères et filles, suit trois femmes de la même famille, des années 50 à de nos jours, le destin d'une mère, de sa fille, puis de sa petite fille, Catherine Deneuve devenant la fille de Marie-Josée Croze, et la mère de Marina Hands.

Source : www.toutlecine.com

Récompenses

  • Cannes 2002 : Camera d'Or décerné à Julie Lopes-Curval pour son film Bord de mer
  • Montréal World Film Festival 2004 : Récompense du meilleur scénario décerné à Julie Lopes-Curval, Jérôme Beaujour, Roger Bohbot & François Favrat

Toute sa filmographie en tant que :

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elle adore
 

Parce que la jeune réalisatrice Julie Lopes-Curval commence à avoir des références. En 2002, elle obtenait l'une des plus prestigieuses récompenses du Festival de Cannes, la Caméra d'or, pour son film "Bords de mer". Deux ans plus tard, elle signait le scénario du "Rôle de sa vie" qui contait la relation entre une actrice (Agnès Jaoui) et son assistante personnelle (Karin Viard).

À cause des mots de la réalisatrice : "J'ai d'abord pensé à un documentaire, et puis je suis partie sur l'idée de trois femmes, de trois générations différentes. J'avais envie d'une histoire dure, violente, qui montre comment l'absence de liberté, pour les femmes, est encore dans les mémoires."

"J'ai imaginé trois personnages : une femme libre d'aujourd'hui, avec la question : que fait-on de sa liberté ? Une femme "prisonnière" et ce qu'elle peut faire de sa prison. Et puis une femme prise entre ces deux générations".

  Source : http://www.elleadore.com
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tout le cine
 

Trois générations, trois types de femme

Le propos général du film de Julie Lopes-Curval est de s'interroger sur la place de la femme, de montrer son évolution au cours des années. En mêlant sa réflexion sur la condition féminine et sa propre histoire personnelle (sans que cela n'en soit un film autobiographique), la réalisatrice a imaginé trois types de femme, selon les générations décrites dans le récit : "une femme libre d'aujourd'hui, avec la question : que fait-on de sa liberté? Une femme "prisonnière", et ce qu'elle peut faire de sa prison. Et puis une femme prise entre ces deux générations".

Le choix du cœur

Dès les premières étapes d'écriture, Julie Lopes-Curval s'est inquiétée sur l'actrice qui interpréterait Louise, la première femme de la famille, qui quitte son foyer dans les années 50. Très rapidement, elle a pensé à Catherine Deneuve. Le choix de Marina Hands se fait aussi sur un coup de coeur, suite à son interprétation de Phèdre au théâtre puis à Lady Chatterley, où elle a eu "ce sentiment rare qu'une actrice pouvait être littéralement un film".

Retrouvailles

Mères et filles réunit de nouveau Marie-Josée Croze et Marina Hands qui s'étaient déjà données la réplique en 2003 dans Les Invasion Barbares de Denys Arcand.

Goût de la mer

Comme pour Bord de Mer, le premier film de Julie Lopes-Curval, l'océan tient une fois de plus une place prépondérante dans les décors et les lieux de Mères et filles. Pour la réalisatrice, outre qu'il s'agisse d'un goût personnel, cet endroit a deux fonctions : c'est "un accès à autre chose, une promesse de départ mais aussi un décor qui emprisonne (la mer dans un cadre)... Ici, en plus, c'est le bassin d'Arcachon, une baie, un horizon séparé par l'eau. Avec mon assistante, on a sillonné toute la côté et une seule maison m'a plu, c'est cette maison blanche art déco, un peu unique dans le paysage. Elle est devenue évidente pour moi".

  Source : http://www.toutlecine.com
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comme au cinema
 

Entretien avec Julie Lopes-Curval

D’où est venue l’idée de Mères et filles ?

De manière très générale, j’avais envie de parler de la place de la femme aujourd’hui, et de l’évolution de sa situation depuis quelques années : le rôle qu’on lui assigne, la liberté qu’elle a pu gagner. C’est une chose à laquelle j’ai pensé pendant mes voyages à l’étranger avec mon premier film, Bord De Mer. Le fait d’être une jeune femme m’a sans cesse été renvoyé comme quelque chose d’étonnant. Ce qui me paraissait naturel semblait singulier ailleurs. J’ai fini par m’interroger sur la condition des femmes, et aussi sur ma propre histoire familiale. J’ai d’abord pensé à un documentaire, et puis je suis partie sur l’idée de trois femmes, de trois générations différentes. J’avais envie d’une histoire dure, violente, qui montre comment l’absence de liberté, pour les femmes, est encore dans les mémoires. J’ai imaginé trois personnages : une femme libre d’aujourd’hui, avec la question : que fait-on de sa liberté ? une femme "prisonnière", et ce qu’elle peut faire de sa prison. et puis une femme prise entre ces deux générations. Cette réflexion, je voulais la cacher en quelque sorte dans une histoire simple en apparence : une femme enceinte se pose des questions, va dans sa famille, enquête... C’est important de cacher ce que l’on veut raconter et le raconter à travers chaque personnage, chaque situation, voir comment le particulier rend compte du général.

À partir de cette base, le récit s’est-il structuré rapidement ?

Oh non, l’écriture a été longue, je suis partie sur plein de pistes, il a fallu du temps pour que cette histoire se précise à Sophie Hiet, ma coscénariste, et à moi. a un moment, le film se passait dans la ville de bord de mer où a vécu Christian Dior. le couturier lui-même était l’un des personnages, que la plus âgée des femmes regardait passer : il incarnait paris, un fantasme de liberté. a un moment, une partie du récit se situait dans les années 70, on suivait la jeunesse de Martine... et puis il y avait l’idée de l’électroménager, dont les progrès ont libéré les femmes : audrey a passé plein de moments dans son enfance dans cette cuisine, elle y était bien, elle en aimait les objets. Toutes ces idées se sont mises en place petit à petit, y compris le secret que je jugeais nécessaire pour révéler la violence de la condition des femmes.

L’histoire aurait-elle pu fonctionner sans le mystère du départ de Louise ?

Ce départ est quand même au centre du film ... Mais j’espère que l’histoire particulière de cette famille peut en évoquer d’autres car dans toutes les familles, il y a des histoires fortes. C’est ce qui fait que chacun a la certitude d’avoir une famille très particulière et une histoire à part. Après c’est plus ou moins lourd, plus ou moins difficile de vivre avec... parfois, un fait passe au travers d’une génération pour ve- nir se planter en plein cœur d’une autre. Le film raconte les arrangements avec la mémoire qui sont le fait de toutes les familles. Il est parfois nécessaire d’oublier. et puis se souvenir peut devenir vital à son tour. Comment on en arrive à se souvenir, c’est là-dessus qu’on a travaillé la narration : mort récente du grand-père, la grossesse d’Audrey et son silence, les disputes, tout cela bouleverse des relations familiales déjà tendues. la découverte du cahier, c’est comme si Martine se fissurait. Mais le film ne devait pas non plus être construit autour de la révélation d’un secret, la résolution d’une énigme, au contraire j’ai vraiment travaillé que ce soit à l’écriture, au tournage, au montage, à ne pas créer une attente, mais plutôt un climat. Je crois que le moteur du film, c’est la maternité : l’instinct particulier que donne à Audrey le fait d’être enceinte. Comment elle en vient à porter en elle le fantôme de Louise, comment elle est habitée par quelque chose qu’elle ne comprend pas, qu’est-ce que ça engendre d’être mère. Et comment il faut arrêter avec l’image de la gentille maman.

Ce n’est pas autobiographique ?

Non, pas du tout. Même si j’ai, moi aussi, vécu des tensions avec ma mère. Mais nous avons toujours été très complices. S’il y a quelque chose de proche dans ma famille, c’est la difficulté à dire des choses simples. Il faut un long travail pour arriver à comprendre que, quand on vous dit une saloperie, ça peut être l’expression d’autre chose.

Comment avez-vous construit les personnages ?

Encore une fois, en cherchant à évoquer, à travers les personnages, des époques, des signes. Je voulais qu’Audrey ait cette quête de liberté, et en cela un caractère proche de sa grand-mère... Sauf qu’en cinquante ans les données ont vraiment changé : Audrey est libre, mais elle est un peu tendue avec cette liberté. En construisant d’abord sa vie professionnelle, elle a dû rater des histoires d’amour... Elle se retrouve enceinte d’un ami-amant et cette maternité l’angoisse. Et le fantôme de sa grand-mère qui l’accompagne, c’est sa mère Martine qui le lui a passé. On peut deviner que Martine n’a que rarement évoqué sa mère, son enfance. Mais elle n’a jamais pu quitter sa ville natale, elle ne peut pas partir : c’est maladif, une peur panique. Elle a su préserver les apparences, elle a une vie de famille, c’est un médecin respecté, certainement très à l’écoute, très doux. Elle a plus de mal avec ses proches. C’est une femme fragile qui se protège.

Et Louise ?

Les scènes où elle apparaît ne sont pas des flash-back : ce sont des fantasmes, des images mentales d’Audrey. C’est son imaginaire, et c’est aussi vrai pour Martine enfant. rien ne dit qu’elle ait vraiment été cette petite fille si dure. Mais j’avais envie d’une certaine vérité à l’intérieur de ce passé fantasmé : Louise vient d’un milieu modeste. Elle a sa beauté pour tout bagage, pour moi c’est un truc terrifiant, totalement injuste. On peut l’imaginer satisfaite un certain temps, mais les mots laissés dans le cahier témoignent de son malaise.

Comment résumeriez-vous les rapports entre Audrey et sa mère ?

Des rapports de culpabilité réciproque. Audrey souffre de la rigidité de sa mère, sans pour autant l’avoir rejetée totalement. Elle sent qu’il y a une blessure en elle, qu’elle imagine autour de l’abandon de la mère. Elle ne soupçonne pas l’ampleur de la blessure, à quel point leur relation est un malentendu. On est ici au-delà de la psychologie, parce que c’est toujours plus compliqué que la psychologie, et c’est comme ça que j’ai demandé à mes actrices de le jouer.

Diriez-vous que les personnages masculins sont faibles ?

Je n’en suis pas sûre, mais il faut aussi regarder autour de nous. Dans une famille, si le père est parti c’est une banalité ; si c’est la mère, la foudre tombe sur la maison... Mais le père d’Audrey reste, je pense, un pilier du couple : Martine ne s’en serait pas tirée, toutes ces années, sans lui. Et, sans lui, Audrey n’aurait pas supporté Martine... Quant au mari de Louise, c’est un geôlier, mais j’ai essayé de le sauver, un peu : je pense qu’on sent chez lui une vraie souffrance. C’est un homme qui a vénéré sa femme. le problème de ce couple c’est qu’il n’a plus de sexualité : lui la désire, elle ne veut plus être touchée. Non, mon désir n’était pas de les rendre faibles, au contraire, mais quand les personnages du premier plan sont des femmes, on dit que les hommes sont faibles. Non, l’ami d’Audrey est un chouette type, il vient la voir aussitôt, il veut l’enfant, il ne la force pas ... Ces femmes-là sont dures, c’est vrai, mais les hommes ne sont pas faibles pour autant.

Comment avez-vous choisi les comédiennes qui allaient être ces trois femmes ?

J’ai écrit en m’inquiétant de qui allait être Martine. J’ai très vite pensé à Catherine Deneuve. Je lui ai envoyé le scénario via son agent, j’ai attendu, elle a accepté de me rencontrer. On s’est vu au Lutétia, j’avais une trouille bleue, et je m’étais dit une chose : si mon admiration pour elle m’inhibe, je ne pourrais pas travailler avec elle. Et puis tout s’est passé de façon très simple. C’est quelqu’un de direct. Elle arrive sur le plateau avec son expérience impressionnante, mais elle se laisse diriger, elle ne demande que ça. C’est une femme attentionnée et très exigeante. J’avais très envie de travailler avec Marina Hands, et je savais que Catherine Deneuve en avait aussi le désir. Je crois qu’elles sont très crédibles en mère et fille. Elles se sont beaucoup appréciées. Marina est une comédienne fantastique d‘une puissance incroyable. Je l’avais vue au théâtre dans Phèdre, et j’avais été impressionnée par ce qu’elle faisait avec son corps... en voyant Lady Chatterley, j’ai eu ce sentiment rare qu’une actrice pouvait être littéralement un film. Il y a une pureté en elle, pas du tout innocente ou mièvre. Elle est étrange, parce qu’elle peut être très dure et, d’une nuance, devenir radieuse. Le personnage est complexe : c’est aussi une emmerdeuse !

Marie-José Croze est très différente : elle a quelque chose d’instinctif, elle réagit au quart de tour. Elle a été parfaite. C’est une actrice qui devient son personnage, souvent d’un film à l’autre je la trouve méconnaissable, elle réagit physiquement... J’ai eu du plaisir à travailler avec chacun des comédiens de ce film. Des gens qui vous préservent des faux-semblants, qui exigent que vous soyez là, au maximum de vous-mêmes. et on a vraiment envie de leur trouver l’espace, l’espace dont ils ont besoin pour exister.

La scène de dispute entre Audrey et Martine est très forte. Les deux femmes se disent des choses précises et cruelles. Comment l’avez-vous tournée ?

D’une traite ! C’est écrit de façon précise : Audrey se sent coupable, Martine se sent coupable, mais aucune des deux ne peut le dire alors ça part en vrille. Quand Martine dit quelque chose de rude, il faut le comprendre autrement, les mots sont des malentendus. Et c’est ça qui fait des drames dans les familles, qui fait boule de neige. La prise qu’on a gardée est la première qu’on ait tournée, il s’est passé un truc assez incroyable, on est tous restés un peu médusés après. Catherine m’a vraiment bouleversée. Elle a toujours réussi à lier une grande fragilité à la dureté de son personnage. Mais la scène de l’aveu, cette scène de nuit entre Martine et Audrey m’a paru aussi compliquée : en regardant le plan de travail, on l’appréhendait tous un peu… Je l’ai découpée en trois temps. Au scénario tout s’enchaînait, après une lecture avec les actrices, j’ai senti que ce serait plus intéressant de faire de ce moment un temps un peu suspendu. Martine adulte y fait le lien avec Martine enfant : j’avais l’impression de ne plus voir Catherine, mais de voir la petite fille des scènes au passé.

Comment avez-vous filmé les scènes de "faux flash-back" dans Mères et filles ? elles semblent plus plastiques, plus posées ...

Pourtant, je ne voulais pas marquer de différence stylistique entre les deux époques. les différences sont évidentes : elles se situent dans les costumes, dans les décors, dans le corps, le jeu, on a travaillé sur une autre articulation des mots avec Marie-josée Croze et Gérard Watkins, qui joue son mari. Il s’agissait aussi de toujours penser ces images dans un va-et-vient avec le présent : il fallait qu’il y ait des contrechamps possibles, et que le passage d’une époque à l’autre soit fluide... Mais comme ce sont des images mentales, elle peuvent avoir un côté plus simple, plus symbolique que réaliste. l’inscription du corps de Louise dans l’espace y prend un sens différent de celui de Martine ou Audrey... D’où le petit côté livre d’images des années cinquante, la famille modèle, les albums de Martine, tout ça ...

Quelle importance donnez-vous aux lieux et aux décors, le bord de mer qui pourrait rappeler votre premier film ?

Ça pourrait aussi bien se passer à la montagne! le bord de mer correspond simplement à un goût personnel. Dans Bord De Mer, l’océan avait une double fonction : c’était un accès à autre chose, une promesse de départ, mais aussi un décor qui emprisonne – la mer dans un cadre... ici en plus c’est le bassin d’Arcachon, une baie, un horizon séparé par l’eau. Je connaissais mal la région. Avec mon assistante, on a sillonné toute la côte et une seule maison m’a plu, c’est cette maison blanche art déco, un peu unique dans le paysage. Elle est devenue évidente pour moi.

Mères et filles ne dit-il pas, à travers les destins de Louise et Audrey, qu’il n’y a pas de solution miracle ? La liberté ne résout pas tous les problèmes ...

Mais elle est tout de même profondément préférable. Elle exige une connaissance de soi beaucoup plus grande, on ne peut pas tout être à la fois, mais les portes sont relativement ouvertes à un tas d’expériences. Après, la difficulté est d’être en confiance avec ses désirs propres. La liberté c’est drôlement compliqué. C’est peut- être ce qui rend les gens de ma génération plus avides de comprendre ce qu’est leur passé, pour trouver une ligne, une continuité ou tout simplement une entente... Audrey est comme cela, elle a besoin de comprendre.

  Source : http://www.commeaucinema.com
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evene - Laurence Gramard
  Après Bord de mer, carte postale mélancolique, et Toi et moi, roman-photo filmé, Julie Lopes-Curval change de ton avec Mères et filles, séduisant portrait générationnel aux ambitions féministes. Derrière un synopsis en apparence simpliste, construit autour du sempiternel secret de famille, la réalisatrice dissèque habilement l’évolution de la condition féminine française. Campé par l’impeccable trio Marina Hands, Catherine Deneuve et Marie-Josée Croze, le drame tire son originalité de la confrontation fantasmatique de deux époques, l’actuelle et celle de l’immédiat après-guerre. Evitant les marquages stylistiques prononcés, le saut temporel s’effectue sobrement à travers des décors, costumes ou attitudes éloquents. Entre l’achat d’un lave-vaisselle par une célibataire sur le point d’avorter et les complaintes d’une femme au foyer confiées sur un carnet de recettes, la fable sociale de Julie Lopes-Curval - également scénariste - interroge et nuance la liberté acquise par les femmes au cours des âges. Quant à la virulente dynamique mère-fille déployée par le duo Deneuve-Hands, elle souligne moins un comportement misanthrope qu’une incapacité à se fondre dans le moule auquel la société les a assignées. De même qu’on ne naît pas femme mais qu’on le devient, le film précise qu’on ne naît pas mère non plus. Sans être foncièrement révolutionnaire ou subversif, Mère et filles doit son intérêt au regard sensible et approfondi de sa créatrice.
  Source : http://www.evene.fr/cinema
   
dvdrama - Geoffrey Crété
 

Il y a une grâce et une sobriété totalement inattendue dans le film de Julie Lopes-Curval. (...) Rapidement, la cinéaste met en place un univers certes très sobre, mais également profondément particulier et touchant. Les personnages apparaissent les uns après les autres comme au compte-gouttes, les rapports et les dynamiques sont mis en place avec beaucoup d'adresse, et l'histoire se déroule lentement, d'une manière presque hypnotique, au fur et à mesure que le personnage de Marina Hands nous y invite. La grande force de Julie Lopes-Curval est qu'elle maîtrise totalement son univers, mais ne nous démontre pas constamment qu'elle connaît son sujet. A l'image du personnage de Deneuve qui soigne les inconnus autour d'elle mais évite toute proximité avec son entourage, les belles idées sont là. Du coup, la cinéaste parvient à s'élever au-delà de son récit et ses enjeux pour atteindre une grâce aussi simple que poétique lors de ces rencontres intemporelles entre Marina Hands et Marie-Josée Croze, les deux femmes les plus éloignées du trio féminin. Le journal ouvre dès sa découverte une porte vers le passé. Qu'elles soient fantasmées, fausses ou véridiques, ces images restent les plus marquantes.

L'autre point fort du film réside dans ses personnages esquissés avec précision. La géométrie des trois femmes permet d'en faire une découverte en parallèle et par reflet. De la mère de famille des années 50, emprisonnée intellectuellement et physiquement par un mari et une cuisine écrasante, à la jeune trentenaire bilingue qui dessine des appareils électroménagers de pointe, il n'y a qu'un pas. L'univers dans lequel Audrey a grandi l'a tant marquée que l'élément le plus important de sa vie d'adulte (son travail) est un ricochet inconscient de ses jeux d'enfance. Et le bébé qu'elle porte, embryon de la prochaine génération, la pousse à revenir vers ses racines. Une intrigue quasi-rédemptrice qui lui permettra de réparer quelques fragments de sa vie, entièrement réunie sur les lieux de son enfance comme par magie (sa famille, son amie, ses souvenirs, son travail, le père de son enfant). L'unité des lieux et la multiplicité des intrigues se font miroir. Audrey est le centre de son monde, et toute possibilité d'un avenir meilleur est en elle. Si elle accepte d'être adulte pour permettre à son enfant de grandir, elle doit faire le point sur ses souvenirs idéalisés.

Grâce à une Marina Hands extraordinaire, tout à tour légère et fébrile, et une Catherine Deneuve rarement si bien dirigée (en tout cas récemment), la puissance de chaque scène et de chaque dialogue est décuplée. La dispute entre la mère et la fille est totalement surprenante : les mots sont jetés au visage de l'autre d'une manière si violente et inhabituelle qu'on en est crispé dans son siège. Ce qui est marquant, c'est qu'au-delà d'une dernière partie plus convenue, la réalisatrice ne délivre aucune clé à ses personnages. Louise s'est-elle échappée ? Gilles l'a-t-il tuée ? Position privilégiée, le spectateur est le confident des personnages, des temps, des scénaristes même. La réponse ultime est à portée de main, mais comme le dit si bien la réalisatrice, impossible de savoir jusqu'où les souvenirs des personnages sont vrais ou faux. Louise était-elle si absente ? Martine était-elle si en colère contre sa mère ? Aucune rédemption n'est offerte aux personnages qui sont condamnés à pardonner ou oublier. Le spectateur, lui, sort de la salle hanté par les fantômes du film.

  Source : http://www.dvdrama.com
   
a voir a lire - Marine Bénézech
 

Impossible de désigner un personnage principal dans Mères et filles. Comme le titre est au pluriel, les héroïnes sont multiples. Car il s’agit bien d’héroïnes au sens littéral du terme : chacune d’elle s’est battue pour se créer sa place, exister dans la société, aux yeux des autres et assumer leurs envies et leur personnalité. Un combat, un leitmotiv quotidien qu’expose Julie Lopes-Curval, dans son troisième long-métrage après Bord de mer et Toi et moi.

Pour incarner des femmes aussi combatives, le choix des actrices s’avère crucial et demande des personnalités fortes qui soient néanmoins capables de ne pas annihiler le personnage. Marina Hands se révèle particulièrement convaincante. Dans Lady Chatterley de Pascale Ferran, l’actrice portait le film et sublimait son personnage en donnant à l’héroïne du roman de David Herbert Lawrence une véritable dimension tragique. Elle interprétait une femme libre de corps et d’esprit dans une époque où les mœurs et les mentalités ne pouvaient concevoir que les femmes disposent entièrement d’elles-mêmes. Le personnage qu’elle interprète dans Mères et filles en est le prolongement moderne ; elle a fait ses choix amoureux et professionnels en fonction de ses désirs propres. De retour en vacances en famille, elle plonge dans son passé familial et découvre, fascinée autant qu’inquiète, la vie, moins lisse qu’elle ne le pensait, des femmes des générations précédentes. Sa mère, incarnée par une Catherine Deneuve impressionnante, incarne un personnage riche et complexe, rongé par une histoire lourde à porter. L’actrice, toujours aussi cinégénique, illumine chacune de ses scènes, avec une froideur qui masque une fragilité certaine de la femme qu’elle personnifie.

La relation entre Marina Hands et Catherine Deneuve est le fil directeur de Mères et filles qui permet également de comprendre l’histoire de Louise, la grand-mère disparue sans laisser de traces, il y a cinquante ans. On voit ce personnage à travers les flash backs fantasmés du personnage de Marina Hands. Ces retours en arrière se font sans qu’une différence esthétique ne soit clairement identifiable (on évite les tons sépias et le noir et blanc), les temps passés et présents s’entremêlent et, progressivement, se retrouvent pour révéler la vérité.

Mais, si les femmes sont au cœur de l’intrigue, il ne faut pas nier l’importance du mari de Catherine Deneuve qui crée la jonction entre la mère et la fille et entre la mère et la grand-mère absente. Michel Duchaussoy apporte une douceur salvatrice face aux tempéraments exacerbés des héroïnes. Les hommes et les femmes se font souffrir à parts égales et le scénario de Julie Lopes-Curval a l’intelligence de rappeler les évolutions des mœurs en fonction des époques - ce qui évite tout raccourci féministe un peu simpliste et forcément caricatural. Mères et filles est donc un long-métrage qui s’apprécie pour ses actrices particulièrement talentueuses et pour sa réalisatrice, pleine de finesse, qui donne à voir une œuvre à la fois légère et réflexive.

  Source : http://www.avoir-alire.com
   
au feminin - C. Goudenhooft
 

Des femmes fortes aux prises avec leur temps

Dans Mères et filles, Julie Lopes-Curval explore, à travers ses trois personnages, l'évolution de la vie des femmes depuis les années 1950 : de l'envie d'indépendance d'une part, le trop-plein de liberté d'autre part, et entre les deux une situation hybride pas plus facile à vivre.

Une histoire bien menée ...

Ne vous laissez pas tromper par le cadre idyllique du bord de mer et par la simplicité de la première intrigue (Audrey est sur le point d'avorter). La complexité du scénario n'apparaît que progressivement, rendant de plus en plus palpable une tension qui n'est d'abord que latente. Au fur et à mesure, on découvre l'histoire poignante de chacune de ces femmes, avec sa propre souffrance et ses responsabilités à prendre face à ce que leur propose la vie.

... servie par des actrices remarquables

Les trois actrices, dans un registre chaque fois différent, sont remarquables. Alors qu'elle apparaît d'abord en mère détestable, Catherine Deneuve laisse voir finalement une femme traumatisée, envahie par un sentiment d'abandon de la part de sa mère et de sa fille. Marina Hands, quant à elle, surprend par la force cachée qu'elle donne à son personnage, Audrey, qui semble d'abord faible et écrasée par sa mère. Marie-Josée Croze, enfin, incarne une femme douce et sensible, qui, somme toute, choisit la liberté au prix même de sa vie.

Mères et filles est donc une histoire poignante qui, d'intrigue en intrigue, nous captive et nous émeut.

  Source : http://www.aufeminin.com
   
 temps reel nouvel obs - AP
  Derrière les histoires de familles se cachent parfois des secrets inavouables, sources de traumatisme qui peuvent perdurer sur plusieurs générations. Dans "Mères et filles", Julie Lopes-Curval nous entraîne sur les pas d'une jeune femme qui va tenter de percer le mystère de la disparition de sa grand-mère. Son film repose sur un beau et convaincant trio d'actrices: Catherine Deneuve, Marina Hands et Marie-Josée Croze. (...) Après "Bord de mer" (Caméra d'or au festival de Cannes en 2002) et "Toi et moi", Julie Lopes-Curval réalise un troisième long-métrage ancré sur les thèmes de la famille et des différences générationnelles. Son film est porté par ses trois actrices principales. Marina Hands ("Lady Chatterley"), tout en sensibilité, incarne une jeune femme d'aujourd'hui, libre, et qui ne sait pas toujours trop comment gérer cette liberté. Mais qui cherche en tout cas à découvrir certains secrets trop pesants dans sa famille. L'actrice québécoise Marie-José Croze ("Ne le dis à personne", "Je l'aimais") interprète avec justesse et sobriété la mère de Martine, dans les années 50, prisonnière d'une société qui ne lui permettait pas de s'épanouir. Enfin, Catherine Deneuve incarne une femme prise entre ces deux générations, dont l'instinct maternel a souffert de sa relation avec sa propre mère. Les trois actrices sont au diapason, entourées par des hommes qui ne sont que des figures secondaires, même s'ils sont impliqués dans cette étrange histoire. Le film a été tourné sur le bassin d'Arcachon, et si l'action se déroule dans un seul lieu, Julie Lopes-Curval nous fait passer du présent au passé, matérialisé par des changements de costumes et de décors. "On a travaillé sur une autre articulation des mots entre Marie-Josée Croze et Gérard Watkins, qui joue son mari", raconte la réalisatrice. Au final, "Mères et filles" est un film (...) très réaliste et dans lequel les dialogues et les situations sonnent justes. Et l'on croit à ces personnages qui révèlent beaucoup sur le fossé des générations, notamment sur l'évolution de la condition féminine en quelques dizaines d'années en France.
  Source : http://tempsreel.nouvelobs.com
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