Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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 Projection le jeudi 17 septembre 2009
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Je suis heureux que ma mère soit vivante
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Mademoiselle Chambon
 Projection le jeudi 22 octobre 2009
Looking for Eric
 Projection le jeudi 29 octobre 2009
Micmacs à Tire-Larigot
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A l'origine
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My Sister's Keeper (Ma vie pour la tienne)
 Projection le jeudi 26 novembre 2009
Whatever Works
 Projection le jeudi 03 décembre 2009
La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy
 Projection le jeudi 10 décembre 2009
Oscar et la Dame Rose
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Millenium 2 : Flickan som lekte med elden
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 Projection le Jeudi 11 mars 2010
La rafle
 Projection le Jeudi 18 mars 2010
L'Arnacoeur
 Projection le Jeudi 25 mars 2010
The Ghost Writer
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Alice in Wonderland (Alice au Pays des Merveilles)
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Imogène McCarthery
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 Projection le Jeudi 03 juin 2010
Greenberg
 Projection le Jeudi 10 juin 2010
Crazy Heart
 Projection le Jeudi 17 juin 2010
An Education (Une éducation)
 Projection le Jeudi 24 juin 2010
Lebanon
 
 
 
A l'origine réalisé par Xavier Giannoli
    
Titre original A l'origine
Réalisation Xavier Giannoli
Scénario Xavier Giannoli
Interprétation François Cluzet (Philippe Miller), Emmanuelle Devos (Stéphane), Gérard Depardieu (Abel), Stéphanie Sokolinski (Monika), Vincent Rottiers (Nicolas), Brice Fournier (Louis), ...
Musique Cliff Martinez
Photographie Glynn Speeckaert
Pays France
Année 2009
Durée 2h10'
Genre Drame
Production Pierre-Ange Le Pogam & Edouard Weil
Site officiel  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 12 novembre 2009
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Xavier Giannoli est déjà un habitué de La Croisette, puisque vainqueur de la Palme d'Or du meilleur court-métrage en 1998 avec "L'interview" et en compétition avec "Quand j'étais chanteur" en 2006. En prenant pour cadre l'histoire vraie d'un petit escroc ayant réussi à se faire passer pour un chef de chantier qui va redonner espoir à toute une région, Xavier Giannoli explore avec bonheur et humanisme les affres d'une quotidienneté sociale toujours plus dure enracinant pleinement son film dans la veine naturaliste du cinéma français actuel à mi-chemin entre "Welcome" et "Ressources humaines". (…) "A l'origine" constitue pour Giannoli comme une nouvelle étape en forme de défi au sein d'une filmographie qui, de film en film, tutoie toujours un peu plus les sommets. En habitué qu'il est des tragédies amoureuses où l'intime se capte en mode majeur, le voici en effet bonifiant ses acquis et prêt à en découdre avec la grande aventure épique. (…) On est tout simplement subjugué par tant d'envie, par cette empathie pour son histoire et par tant de maîtrise dans tous les compartiments de jeu. En maître d'œuvre, Giannoli devient un orfèvre sans pour autant tomber dans l'écueil d'un formalisme esthétisant laissant à ses personnages et à son histoire la liberté de respirer et de se dévoiler. Pas de doute possible, si le cinéaste vient de monter encore d'un cran dans sa façon d'aborder son art, l'homme s'est aussi libéré d'un poids (une certaine réticence à se mettre complètement à nu) permettant à sa mise en scène de gagner encore en intensité. De quoi donner envie pour la suite ! (Sandy Gillet dans ecranlarge.com)
 
 
 Festival de Cannes 2009
 
  • A l'origine sélectionné pour la Palme d'Or (En Compétition)
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Xavier Giannoli sur Tout Le Ciné

Xavier Giannoli débute sa carrière de cinéaste dès les années 90.

Il fait ses premières armes en réalisant de nombreux documentaires et courts métrages dans lesquels figurent déjà les plus grands acteurs français.

Il met ainsi en scène Mathilde Seigner dans J'aime beaucoup ce que vous faites puis on retrouve François Cluzet et Kad Merad dans Dialogue au sommet.

Ses films indiquent son penchant pour le style comique. C'est surtout L'Interview qui fera valoir le talent du jeune réalisateur.

Porté par Mathieu Amalric, ce film remporte la Palme d'Or du court métrage à Cannes et le César en 1998.

Abandonnant le registre comique, le réalisateur tourne alors son premier long métrage, Les Corps impatients en 2003 avec Laura Smet et Nicolas Duvauchelle.

Il retrouve l'acteur deux ans plus tard dans Une Aventure où Duvauchelle tombe sous le charme d'une jeune somnambule interprétée par Ludivine Sagnier.

La même année, dans Quand j'étais Chanteur, il dirige Gérard Depardieu dans la peau d'un chanteur de bal sur le retour aux côtés de Cécile de France.

Puis, en 2008, Giannoli met en scène un escroc se faisant passer pour un chef de chantier d'autoroute dans "A l'Origine".

Il retrouve pour l'occasion Gérard Depardieu et François Cluzet qui donnent la réplique à Emmanuelle Devos.

Source : www.toutlecine.com

Toute sa filmographie en tant que :

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tout le cine
 

Inspiré d'une histoire vraie

Le réalisateur a en tête le projet de A l'origine depuis la sortie de son précédent film, Quand j'étais chanteur, en septembre 2006. En réalité, le sujet du film lui trotte dans la tête depuis longtemps. Depuis un fait divers entendu il y a une dizaine d'année. Un escroc s'est fait passer pour un entrepreneur de travaux publics, entraînant derrière lui tout un village, trop heureux de sortir du marasme économique en participant à la construction d'une route. "Je voulais filmer un dérapage humain, explique Xavier Giannoli. Un gars qui court après ce qu'il a mis en place et qui lui échappe. J'ai écrit le scénario pendant la campagne présidentielle, au cours de laquelle le thème du travail revenait sans cesse. J'ai aussi abordé cet aspect-là. Faire du cinéma, pour moi, c'est interroger l'époque à travers des histoires de sentiments."

2ème collaboration avec Depardieu et Cluzet

Ce film est aussi l'occasion pour le réalisateur de retrouver des acteurs avec qui il a déjà collaboré. Il dirige ainsi à nouveau Gérard Depardieu (Quand j'étais chanteur) et François Cluzet, (Dialogue au sommet)

A propos du metteur en scène

Xavier Giannoli est un réalisateur minutieux qui ne lésine pas sur les préparatifs de tournage et dirige ses acteurs avec passion. D'ailleurs, ils témoignent : « J'aime les metteurs en scène qui ne rechignent pas au travail », note sobrement Cluzet. « Il dirige très précisément, mais il laisse aussi faire l'acteur », renchérit Emmanuelle Devos.

4 mois de tournage

Le tournage a eu lieu du 3 décembre 2007 au 14 mars 2008 sur le Cambrésis et la Métropole Lilloise, dans le Nord.

Pas de chantier

La première urgence a été de trouver un chantier pour y tourner le film. L'entreprise Vinci est contactée et est intéressée. L'équipe du film se rend donc dans la région Centre, où se construit une autoroute. Mais, en septembre, Vinci dit non. Le tournage a lieu dans trois mois. Xavier Giannoli décide alors d'aller filmer dans le Nord, la piste d'atterrissage de la base militaire de Niergnies, près de Cambrai sert de décor.

Les intempéries du Nord

Les conditions climatiques du Nord ne sont pas réputées pour rien. Les éléments ont leur mot à dire et ne font pas dans la dentelle. Cinq semaines avec pluie, boue et froid, pas vraiment prévus au programme. « C'était l'enfer », commente François Cluzet. "Il y avait 120 personnes, 22 camions, les caméras étaient grippées à cause du gel - il faisait -10°c, se souvient Edouard Weil, le producteur. Ça passe ou ça casse. On est passé. Dans ces cas-là, Xavier ne lâche rien. J'aime travailler avec lui pour ces moments-là aussi. Il vit et respire cinéma vingt-quatre heures sur vingt-quatre."

L'ours blanc du cinéma

La présence de Gérard Depardieu sur un plateau de tournage est toujours impressionnante. Malgré sa philosophie de bon vivant, il est aussi un acteur hors pair, tout en justesse et précision. " Quand je travaille avec lui, souligne Xavier Giannoli, j'ai l'impression de tourner un documentaire sur le dernier ours blanc de la planète cinéma."

Sous haute tension

C'est sûr que les tournages ne sont pas de tout repos. Il semblerait que celui de A l'origine ait été particulièrement tendu. La production a pris environ trois semaines de retard ce qui n'a pas manqué de mettre en colère Luc Besson, le producteur. Mais ce n'est pas tout ! Les rapports entre Xavier Giannoli et François Cluzet n'ont pas toujours été tendres. Une violente dispute aurait éclaté entre les deux hommes... A tel point que l'acteur a failli plier bagages ! Heureusement, tout a fini par rentrer dans l'ordre.

  Source : www.toutlecine.com
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Comme au cinema
 

Entretien avec Xavier Giannoli

D’où vient l’idée de ce film ?

Il y a quelques années j’ai lu dans un journal un étrange fait divers : l’histoire d’un escroc qui se serait fait passer pour un chef de chantier et aurait construit une autoroute au milieu d’un champ... Pour son chantier il aurait engagé des dizaines d’ouvriers et embarqué toute une région dans son aventure. Cette histoire m’a autant intrigué qu’amusé et j’ai voulu en savoir plus. Ces quelques lignes étaient déjà romanesques.

Vous avez donc fait une enquête ?

D'abord je suis rentré en contact avec le juge Laurent Léguevaque, qui instruisait l'affaire. Un juge atypique et incroyablement érudit qui s’interrogeait beaucoup sur le mystère de cet homme, sur ses motivations. Aujourd’hui, il n’est plus juge, il a accepté de me conseiller et même de jouer son propre rôle à la fin du film. D’après ses informations, cet entrepreneur imaginaire n’avait pas gagné d’argent avec son escroquerie et l’argent n’était sans doute ni le vrai ni l’unique mobile de ses actes. Il ne s’agissait donc pas d’une banale escroquerie pour voler de l’argent à des braves gens crédules - ce qui ne m’aurait pas intéressé, car les escrocs ne me fascinent pas a priori. C’était plus que ça ...

Avez-vous rencontré l’homme en question ?

Le juge m’a délivré un permis de visite, et je suis donc allé le rencontrer plusieurs fois en prison. J’ai le souvenir d’un homme timide et modeste, c’est en tout cas ce qu’il a voulu me faire croire. Sa qualité d’écoute m’avait marqué... Tout se passait comme si les événements décidaient de qui il devait être ou devenir pour obtenir ce qu’il voulait. D’une certaine manière : un homme “de circonstances”. Rien à voir avec un escroc bavard qui brasse de l’air. En construisant cette route, il avait fait ce qu’il avait à faire, c’est tout. Il avait en quelque sorte “fait son travail” en répondant à une nécessité étrange. J’ai alors essayé de le faire parler, autant qu’il le voulait bien. De sa route, de sa vie, du monde... et même si cela m’a permis de comprendre en détail comment toute cette histoire avait été concrètement possible - un peu comme la reconstitution, d’un incroyable braquage - j’ai très vite senti la limite de ces entretiens.

Pourquoi ?

D’abord, parce qu’il me racontait les faits de son unique point de vue, en les arrangeant à sa manière. Ensuite, parce que le simple énoncé des faits ne permettait évidemment pas d’approcher la vérité humaine de ce genre d’histoire.
Plus que jamais, la réalité a besoin du romanesque pour devenir lisible, compréhensible. Les infos, tout comme une partie des documentaires télévisés, bref, un certain bavardage médiatique nous rend la réalité plus confuse et opaque. Pour se saisir du monde, je le crois sincèrement, nous avons plus que jamais besoin de la fiction.

Jusqu’où avez-vous poussé l’enquête ?

Un collaborateur, lui aussi passionné par l’affaire, m’a aidé à enquêter en rencontrant la quasi-totalité des personnes qui ont été mêlées au chantier. Certaines parlaient de notre homme comme d’un salaud qui voulait juste “jouer au patron”, d’autres comme d’un homme généreux qui a voulu les aider. Tous ces éléments contradictoires m’ont fourni un formidable matériel romanesque, et m’ont surtout permis de trouver la distance avec les faits. Car ce qui m’intéressait, c’était de m’emparer de cette histoire et de proposer mon point de vue, mon interprétation. Je ne voulais pas me limiter à essayer de reconstituer les faits mais en exprimer la vérité, une vérité.

Peut-on prétendre à autre chose quand on fait un film “d’après une histoire vraie” ?

J’ai bien sûr changé les noms etc. D’ailleurs, ma démarche n’est pas cynique ou punitive : c’est tout à l’honneur des victimes d’avoir voulu y croire.

Avez-vous écrit seul ?

Je regarde cet homme avec ce que je suis. J’écris son histoire avec ce que j’en ressens. Travailler cette histoire a été pour moi une aventure particulière, un peu comme un vertige. En fait, je crois que j’ai fait le film pour comprendre pourquoi je le faisais, et c’est évidemment cela qui est troublant : aller plus loin que l’enquête, se chercher dans une aventure humaine où l’on ressent d’une façon plus ou moins maîtrisée que quelque chose de nous-même est en train de se jouer. Ecrire un film, c’est un peu s’inventer une autobiographie possible, surtout si l’on essaye d’approcher le mystère d’un autre. D’abord en étant très concret, en mettant en scène les mécanismes de son énorme mensonge, et puis en essayant d’emporter tout cela dans un autre mouvement.

C’est-à-dire ?

Dans ce fait divers, on pressent très vite les enjeux économiques et sociaux d’une histoire qui voit “l’homme providentiel” débarquer dans une région marquée par des problèmes d’emploi. Mais faire un “film d’actualité” n’était pas du tout mon projet. D’autant plus que le scénario a été écrit bien avant la crise, et que ce fait divers a eu lieu il y a plus de dix ans. Je voulais donc dépasser l’anecdote. Car s’intéresser au destin d’un imposteur, c’est aussi s’interroger sur la crise identitaire qu’un individu peut vivre à notre époque, en étant livré à lui même, sans ressource morale, sans idéal politique ou grand dessin religieux... mais sommé de réussir socialement par ses propres moyens. C’est-à-dire par son travail. On pourrait dire qu’avant, on avait peur de mourir, et qu’aujourd’hui, on a en plus peur de ne pas exister. Ce chantier était justement pour moi un signe de vie. Le signe insensé d’un besoin de se sentir exister en se heurtant au monde, à la nature et au vent, aux femmes et aux enfants. Pour enfin se sentir vivant. Pour qu’enfin quelque chose se passe et que la vie ne soit plus programmée, décidée par d’autres. En remuant ce paysage avec ses machines, je voyais un homme qui essaye d’aménager le monde pour le rendre supportable, en refaire une aventure. D’ailleurs, j’aime l’idée que le cinéma s’adresse à ce qui n’est pas sage en nous, à ce qui peut être déraisonnable et en colère. Ce qu’a fait cet homme en construisant sa route est un acte de liberté, pour le meilleur et pour le pire. Mais la liberté ne se réduit pas à l’autonomie... cela peut être la découverte d’autres valeurs. Ce n’est pas qu’un morceau de route. C’est un trait d’union.

L’imposture ou la crise économique sont des thèmes déjà visités par la littérature, le cinéma ou des essais sociologiques, anthropologiques ...

Justement, cette route au milieu de nulle part ouvrait pour moi une nouvelle perspective. Ce qui m’a touché dans cette histoire, c’est d’abord le besoin de cet homme d’aller vers les autres. Même si au début c’est simplement pour les arnaquer ... Mais en rencontrant ces hommes et ces femmes qui veulent lui faire confiance, il va se poser la question de la responsabilité, de l’égoïsme, de la cupidité. Bref, il s’éveille au monde. Au souci du monde. Là où beaucoup de faits divers impliquant des imposteurs s’arrêtent sur le meurtre, la fuite ou une simple arrestation, celui-là libérait donc une énergie nouvelle.

C'est d'abord le personnage qui vous intéresse ...

Et ce qui a donné son mouvement à cette histoire, c’est qu’il soit peu à peu dépassé par sa propre escroquerie, dépassé par lui-même, ce qu’il ressent. Son mensonge va lui échapper. Ce qui était virtuel devient malgré lui réel, concret, dans la vie. Et à partir de là, qu’est-ce qu’il en fait ? C’est quelque chose de lui-même qu’il va sortir de la terre que ses machines remuent. C’est pourquoi je tenais tant à cette scène avec le danseur et la pelleteuse, la rencontre de la machine, du corps et de la terre. Sa rencontre avec le personnage d’Emmanuelle va l’incarner, le révéler. Elle va le rendre à la vie, aux autres. Il va découvrir qu’être aimé c’est déjà être utile. Sans cette rencontre rien n’aurait été possible. Rien.

On pourrait dire que votre film pose une question : où commence l’autre ?

En quelque sorte, oui. Est-ce que l’on arrivera, un jour, à s’arracher à l’individualisme destructeur et déculpabilisé qui, ces derniers temps, a conduit le monde au bord du gouffre ? Car je ne crois pas que l’on réussira à inventer une société rayonnante et heureuse en continuant à être cupides, matérialistes et cyniques. J’en ai assez du vandalisme moral, tant de la part des financiers et des politiques que des commentateurs. D’ailleurs, je m’amusais beaucoup au moment de filmer mon personnage en train de redistribuer l’argent qu’il a piqué à tout le monde... ce qui ne l’empêche pas de se faire traiter de “salaud” à la fin du film. Car j’ai un peu de mal à croire aux simples histoires de rédemption. Cela me paraît toujours insuffisant, incomplet. Je crois que ce que je ressens est plus chaotique. Tant mieux, ou tant pis.

C’est l’histoire d’un homme qui se cherche ...

Et comme il n’a pas les mots, il trouve les gestes... en construisant une autoroute au milieu d’un champ. Le cinéma, pour moi, commence là. Sur le tournage, je disais souvent à mon équipe : “Ce ne sont pas des camions, ce sont des sentiments.” J’essaye de faire des films d’action, mais d’action humaine. Et au fond, j’aimerais bien vivre le même genre d’aventure que mon personnage. C’est-à-dire avoir la sensation que quelque chose s’est dénoué en moi. Pas forcément résolu, mais dénoué.

Le travail est dans le sujet du film

Je raconte l’histoire d’un escroc, donc d’un insoumis, d’un rebelle. Et pourtant son étrange destin l’amène à construire tous les murs que les insoumis “classiques” veulent abattre : d’abord le travail, mais aussi la responsabilité familiale puis sociale, la culpabilité, la morale... Je trouvais cela contradictoire, donc humain. Il construit une route pour se sentir libre, mais les premiers à rouler sur cette route seront les flics qui viennent l’arrêter.

Qu’est devenu cet homme aujourd’hui ?

Personne ne sait vraiment. Les cartons à la fin du film disent la vérité. Après sa dernière incarcération il a disparu... Certains disent qu’il est en cavale dans un autre pays, d’autres qu’il est mort sous une fausse identité et que donc on ne le saura jamais. Echapper à la mort grâce à son imposture donne d’ailleurs un sens intéressant à tout cela.

  Source : www.commeaucinema.com
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fiches du cinema - Cyrille Latour
 

L’histoire d’À l’origine apparaît d’autant plus invraisemblable qu’elle est marquée par le label “inspiré de faits réels” : voilà donc de quoi la rendre intensément dramatique. Avec un tel potentiel cinématographique (un arnaqueur métamorphosé par la sincérité de ses arnaqués), d’aucuns se seraient laissés aller à une forme d’efficacité sentimentale, quelque part entre l’humanisme utopique de Frank Capra et les facilités populistes de Bienvenue chez les Ch’tis.

Et c’est là que Xavier Giannoli se démarque : en refusant toute dramatisation attendue. Comme dans ses films précédents (Les Corps impatients ou surtout Quand j’étais chanteur), on retrouve ce goût de l’esquive, ce talent bien particulier (et bien rare) pour révéler un film par ce qu’il n’est pas, dans le détail précis de ses marges plutôt qu’en son centre.

Le centre, justement, est incarné ici par un héros assez déroutant. Volontairement atone, sous les traits d’un François Cluzet impeccable de mystère et de crispation, il devient une sorte de caisse de résonance - ou plutôt de caisse enregistreuse - des émotions et des événements alentours.

A l’image, s’imprime alors toute la détresse d’une région sinistrée, dont l’espoir de survie tient tout entier dans un chantier providentiel, devenu réel à force de foi collective. L’espérance qui fait advenir ce qui était espéré : À l’origine serait-il un film mystique ? Pas vraiment, car plutôt que de filmer ce tronçon surgi de nulle part comme une apparition cathartique, Giannoli en fait un animal sauvage qu’il faut apprendre à dompter.

  Source : http://www.fichesducinema.com/spip/article.php3?id_article=1246
   
20minutes - Stéphane Leblanc
  (...) Dans le contexte social actuel, le film prend une résonnance particulière. Mais surtout, Xavier Giannoli a le sens de la narration. Il sait raconter les histoires, même les plus incroyables, et trouver les ressorts scénaristiques pour la rendre crédible. On a hâte de savoir comment ça va se terminer. (...)
  Source : www.20minutes.fr
   
laterna magika - Benoît Thevenin
 

A l’origine est adapté d’une histoire vraie, un drame social vertigineux et totalement en phase avec notre actualité.

A l’origine est fascinant, ample par sa durée (2h30) autant que par sa folle histoire. Le personnage incarné par François Cluzet est un usurpateur improbable, un petit arnaqueur qui se laisse happer par une machine monstrueuse et dangereuse. La trajectoire qu’il commence à emprunter ne tarde pas à nous donner le vertige. Le film raconte la solitude d’un personnage, qui à la fois veut s’en sortir et qui n’a que peu de scrupule à spolier autrui. Son histoire est une aventure improbable, quelque peu utopique ou en tous les cas surréaliste. Il se laisse emporter par le mouvement dès lors qu’il rencontre une jeune femme fragile pour qui il éprouve une certaine sympathie.

A l’origine au delà de la trajectoire incroyable du personnage, raconte aussi la société. Le film cadre idéalement avec le lourd contexte social des derniers mois, les délocalisations, les chantiers qui ferment, les employeurs en cessation de payements etc. On se doute assez facilement de l’issue du récit en même temps que l’on est sidéré de voir jusqu’où le personnage de Paul arrive à pousser son mensonge. Xavier Giannoli réalise là, et d’assez loin à mon avis, son meilleur film. L’histoire ne souffre d’aucun temps mort et est portée par une mise en scène ambitieuse et brillante.

A l’origine brasse des questions sociales, interroge les comportements des uns et des autres. Il y a aussi une dimension psychologique forte. Tout est réunit pour un film ample et fort, un film essentiel qui questionne notre monde actuel avec pudeur et pertinence.

  Source : laternamagika.wordpress.com
   
le temps - Norbert Creutz
  Le Français Xavier Giannoli s’inspire avec un certain brio de la crise économique avec son scénario formidable. "A l’origine" a enthousiasmé les festivaliers. Bon, c’est bien joli, tous ces films qui nous parlent du passé ou de petits combats privés, mais où reste donc le sujet qui nous préoccupe tous en ce moment, à savoir l’économie et la crise ? Avec A l’origine, Xavier Giannoli (...) l’auteur du merveilleux Quand j’étais chanteur a réussi un nouveau coup en signant l’un des films les plus applaudis de ce festival.
  Source : www.letemps.ch
   
 Critique par FERNAND DENIS - la libre
  "A l'origine" vibre d'un étonnant souffle lyrique, voire épique. Transformant un fait divers, un film social très puissant, très actuel. A l'origine" est le quatrième film de Xavier Giannoli. Celui-ci s'était fait connaître dès son premier "Les corps impatients", réussissant un joli coup en amenant Laura Smet pour la première fois devant la caméra. Ensuite, ce fut "Une aventure", film assez chichiteur dont Ludivine Sagnier était la vedette. Avec "Quand j'étais chanteur", il quittait Paris pour la province et son nouveau "A l'origine" témoigne d'une spectaculaire montée en puissance. Voilà un film d'une étonnante actualité. (Suite de cette critique sur le site www.lalibre.be)
  Source : www.lalibre.be
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