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Titre
original |
Das weisse Band - Eine deutsche Kindergeschichte |
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Titre anglais |
The White Ribbon |
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Titre français |
Le ruban blanc |
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Réalisation |
Michael Haneke |
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Scénario |
Michael Haneke |
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Interprétation |
Christian Friedel (l'instituteur), Leonie Benesch (Eva), Ernst Jacobi (le narrateur (l'institeur âgé)), Ulrich Tukur (le Baron), Ursina Lardi (Marie-Louise, la Baronne), Fion Mutert (Sigmund), Michael Kranz (le Précepteur), Burghart Klaußner (le Pasteur), Steffi Kühnert (Anna, sa femme), ... |
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Photographie |
Christian Berger |
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Pays |
Autriche, Allemagne, France, Italie |
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Année |
2009 |
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Durée |
2h24’ |
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Genre |
Crime, Drame, Mystère |
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Distributeur |
Cinéart |
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Site(s) officiel(s) |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le Jeudi 25 février 2010 |
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Le film est projeté en version originale allemande, italienne, polonaise et latine sous-titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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| En s’introduisant dans une société sclérosée - un petit village du nord de l’Allemagne protestante à la veille de la première Guerre mondiale -, Michael Haneke montre comment un idéal est perverti dès qu’on l’érige en absolu. Sa démonstration est implacable et a une résonance immense face à tous les radicalismes du monde puisqu’il décrit, dans un noir et blanc sublime, l’enfance du mal. Une Palme d’or 2009 qui fait sens. (Le Soir) |
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Cannes Film Festival 2009 |
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- Prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI Prize) décerné à Michael Haneke
- Palme d'Or décernée à Michael Haneke
- Prix cinéma de l'Education national (Cinema Prize of the French National Education System) décerné à Michael Haneke
- Mention spéciale dans le cadre du jury œcuménique
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Chicago Film Critics Association Awards 2009 |
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- Récompense du meilleur film étranger
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European Film Awards 2009 |
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- Récompense du meilleur réalisateur décerné à Michael Haneke
- Récompense du meilleur film
- Récompense du meilleur scénario décerné à Michael Haneke
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Golden Globes 2010 |
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- Golden Globe du meilleur film étranger
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Los Angeles Film Critics Association Awards 2009 |
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- Récompense de la Meilleure photographie décernée à Christian Berger
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National Society of Film Critics Awards 2010 |
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- Récompense de la Meilleure photographie décernée à Christian Berger
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San Sebastián International Film Festival 2009 |
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- Récompense de la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI Prize) décernée à Michael Haneke
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Toronto Film Critics Association Awards 2009 |
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- Récompense du meilleur film étranger
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Academy Awards (Oscars) 2010 |
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- Christian Berger nominé pour la meilleure photographie
- Le Ruban Blanc nominé pour le meilleur film étranger
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BAFTA Awards 2010 |
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- Stefan Arndt, Veit Heiduschka, Margaret Ménégoz & Michael Haneke nominés pour le meilleur film de de langue non anglaise
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American Society of Cinematographers 2010 |
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- Christian Berger nominé pour la meilleure photographie
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London Critics Circle Film Awards 2010 |
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- Michael Haneke nominé pour le meilleur réalisateur de l'année
- Le Ruban Blanc nominé pour le meilleur film
- Michael Haneke nominé pour le meilleur scénariste
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Biographie
Michael Haneke est un réalisateur et scénariste autrichien né le 23 mars 1942 à Munich.
Michael Haneke est le fils de l'acteur protestant Fritz Haneke et de l'actrice catholique Beatrix von Degenschild. Haneke a grandi dans la ville de Wiener Neustadt, située au sud de la capitale autrichienne. Il a étudié la philosophie, la psychologie et l'art dramatique à l'Université de Vienne.
Il devient critique de cinéma de 1967 à 1970 puis travaille en tant que rédacteur pour la station de télévision allemande Südwestrundfunk. Passé à la mise en scène, il dirige, tant en Autriche qu'en Allemagne, plusieurs pièces du répertoire traditionnel, d'August Strindberg à Johann Wolfgang von Goethe en passant par Heinrich von Kleist. Il assure également la mise en scène d'opéras et monte ses spectacles entre Munich, Berlin et Vienne. Haneke fait ses débuts comme réalisateur pour la télévision en 1973, adaptant certains classiques littéraires comme Le Château de Franz Kafka.
Son premier film pour le cinéma, Le Septième Continent, d'abord refusé par la télévision, sort en 1989. Trois ans plus tard, le controversé Benny's video fait connaître Haneke au-delà des frontières austro-allemandes. Mais c'est Funny Games qui confirme sa réputation de polémiste et met au grand jour son style froid, implacable et percutant de clinicien traquant sans relâche les tares humaines et la barbarie qui sommeillent dans la civilisation occidentale en général et autrichienne en particulier.
Son plus grand succès public vient en 2001 avec La Pianiste dont la sulfureuse thématique sexuelle provoque quelques chahuts au sein de la critique et du public mais lui vaut le Grand prix du jury à Cannes et honore d'un double Prix d'interprétation Isabelle Huppert et Benoît Magimel. Haneke poursuit alors une carrière de réalisateur à portée européenne. Il remporte avec Caché (sur lequel la presse est unamime) le Prix de la mise en scène du Festival de Cannes en 2005. Sollicité par des producteurs américains suite au succès outre-Atlantique de certains de ses films, Haneke réalise lui-même en 2008 le remake de son classique Funny Games avec Tim Roth et Naomi Watts dans les rôles principaux. Il s'agit d'une reproduction exacte, plan par plan, de l'œuvre originale.
Le jury du Festival de Cannes 2009 présidé par Isabelle Huppert lui attribue la Palme d'or pour Le Ruban blanc, son premier film en costumes et en noir et blanc qui narre le basculement d'une société villageoise allemande dans l'obscurantisme à l'aube de la Première guerre mondiale.
Style
Le rythme des films de Haneke sort de l'ordinaire. Il n'hésite pas à étendre la durée de ses récits (généralement sans véritables intrigues) ou de ses plans, incluant dans la plupart de ses œuvres des périodes d'ennui, de vide, de frustration et d'irritation. C'est surtout dans la représentation de la violence que le cinéaste innove. Sans être stylisée ou spectaculaire, la barbarie apparaît dans ses films de manière structurelle. Elle est d'ailleurs plus suggérée que véritablement montrée. Elle n'est généralement pas justifiée, ce qui rend sa mise en scène encore plus sèche et brutale. De manière implacable, le réalisateur cherche sans cesse à mettre le spectateur dans une situation d'inconfort, brisant ses attentes traditionnelles face à un film. De fait, la manière habituelle de percevoir une œuvre cinématographique est bouleversée. Voulant également provoquer dans le public des réactions vives et émotives, Haneke tente de l'interroger sur sa responsabilité de "témoin" face aux scènes exposées, lui assénant des questions d'ordre social, politique, historique, culturel ou moral sans jamais apporter de réponses. Généralement, sa réalisation privilégie les longs plans fixes ou les plans de coupe, et joue des transitions brutales marquant le passage du temps (comme l'écran noir). |
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Thèmes
Les thèmes récurrents de ses films sont :
- La "glaciation émotionnelle", ou déshumanisation de la classe moyenne et bourgeoise moderne.
- La désagrégation de la cellule familiale dans la société moderne.
- La représentation d'une violence ordinaire, déréalisée et sans motif.
- Une critique dirigée contre les médias de masse.
- Une volonté incessante de vouloir laisser la porte ouverte à de nombreuses interprétations : critique de la manière de "fournir les réponses en même temps que les questions" des médias modernes.
- Une dénonciation de la culture du divertissement et du spectacle (télévision, jeux vidéos) et la manière dont celle-ci promeut la violence au quotidien.
- Le refus ou l'incapacité de communiquer directement avec l'autre.
- Le problème du racisme et du refoulement de l'Histoire.
- Des personnages nommés Georges et Anna (ou des variantes de ces mêmes noms).
Source : wikipedia.org
Toute la filmographie de Michael Haneke en tant que :
Source : IMDB |
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"C'est un thème central de mon travail de nourrir le doute sur la réalité du cinéma" (Michael Haneke)
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Nos Impressions Cannoises : Suivez Le ruban blanc de Michael Haneke
En sortant de la projection du film Le ruban blanc de Michael Haneke, on se souvient très bien avoir été interviewés par l’Hebdo Cinéma. « Envoûtant » était le seul mot qui nous était venu aux lèvres. Envoûtés dans quel sens ? On ne savait trop. On était juste conscients d’avoir été entraînés et promenés – anesthésiés – au cœur de cet étrange village allemand de l’avant-guerre, dont la foi étouffante annonçait déjà les pires choses.
Haneke semblait abandonner son cinéma violent et provoquant pour nous offrir, en noir et blanc, un drame tout en retenue sur la montée silencieuse de l’extrémisme en Allemagne dès 1913. Pourtant, à travers sa mise en scène rigoureuse et parfois hypnotique, le réalisateur de Funny Games infiltrait, comme si de rien n’était, une forme de violence fanatique et psychologique dont les charmantes têtes blondes du Ruban Blanc se faisaient les messagers et exécutants. A observer ce mal tout droit venu de l’enfance dénaturée, de l’innocence assassine, le malaise s’installait profondément sans qu’on ne sache trop jusqu’où Haneke s’ingéniait à mener sa réflexion.
« Envoûtant », oui. Lui aurait-on donné la Palme d’Or pour autant ? On n’osait se prononcer. Isabelle Huppert (qui avait reçu le Prix d’Interprétation à Cannes pour sa prestation dans La Pianiste de Michael Haneke) et son Jury ont, eux, sauté le pas. |
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Source : Comme au Cinéma - Eléonore Guerra (Paris, Le 24 Mai 2009) |
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Le ruban blanc à Cannes 2009
Le 24 Mai 2009 - Michael Haneke obtient le Prix de l'Education nationale
Le drame Le ruban blanc signé Michael Haneke a obtenu le 7ème Prix de l'Education nationale ce dimanche 24 mai en marge du 62ème Festival de Cannes (Alpes-Maritimes). Le long-métrage prend la suite de la comédie dramatique kazakh Tulpan de Sergey Dvortsevoy au palmarès.
Situé en Allemagne avant la Première Guerre mondiale, Le ruban blanc évoque l'éducation répressive en vigueur à l'époque et ses conséquences. Le film a aussi été distingué du Prix Fipresci de la critique internationale et d'une Mention spéciale dans le cadre du jury oecuménique.
Présenté en compétition, déjà apprécié par la critique, Le ruban blanc s'avère un candidat sérieux pour intégrer le palmarès du 62ème Festival de Cannes qui sera annoncé ce 24 mai à partir de 19h15 au Palais des Festivals.
Le Prix de l'Education nationale est remis chaque année à un long-métrage combinant qualités artistiques et pédagogiques. Le jury se compose de six enseignants, deux élèves et deux professionnels (Anne Alvaro et Gérard Watkins cette année). Le film distingué est ensuite édité en DVD destiné à l'étude et l'analyse dans les collèges et lycées français. |
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Source : Comme au Cinéma |
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Le 28 Avril 2008 - Michael Haneke s'attaque à Hitler
Michael Haneke réalisera Le ruban blanc à partir de juin prochain. Intitulé Das Weisse Band en allemand, c’est le premier film tourné en allemand, la langue maternelle du réalisateur depuis la première version de Funny Games, en 1997.
Un projet qui s’inscrit complètement dans l’univers du réalisateur : tendancieux, choquant et dérangeant. Le film se déroulera en 1913, il s’intéressera à la vie d’une école de campagne allemande, révélatrice selon Haneke de l’idéologie nazie naissante dans une Allemagne meurtrie. Attention de ne pas se louper. Le cinéaste autrichien toujours au bord de la limite, explique par exemple le besoin de dubber Funny Games, par la même haine qu’il entretient vis-à-vis de la violence. Au vue des images et de sa persévérance à nous montrer les images de Funny Games, on est en droit de se demander s’il ne cherche pas simplement à légitimer son sadisme, il est vrai jubilatoire. Sadisme jubilatoire et nazisme feront-il bon ménage ?
Le réalisateur indépendant s’entoure, pour couper court à toute ambiguïté, de la fine fleur des acteurs germaniques actuels : Susanne Lothar (La Pianiste), Ulrich Tukur (La Vie Des Autres), Josef Bienbichler et Burkhart Klaussner. Le film devrait sortir en avril 2009, en attendant Funny Games U.s. est actuellement en salles. |
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Source : Comme au Cinema |
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evene |
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Professeur
En plus de ses nombreux projets cinématographiques et scéniques, Haneke trouve le temps de faire partager son savoir en enseignant la réalisation à l'Académie du film de Vienne.
Cannes 2009
Récompensé à plusieurs reprises au Festival de Cannes, Michael Haneke tente de séduire à nouveau le jury de l'édition 2009 avec 'Le Ruban blanc', en compétition officielle.
Auto-remake
En 2008, le cinéaste réalise un remake américain de son propre film, 'Funny Games', sorti onze ans plus tôt. |
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Source : www.evene.fr |
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fiches du cinema - Jef Costello |
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Indépendamment du fait qu’elle soit portée par un incontestable talent de cinéaste, l’œuvre de Haneke a toujours généré un malaise par sa manière discutable d’exposer ses thématiques. En mélangeant la théorie et la morale, et donc en piégeant le spectateur dans une posture éthique intenable, Haneke laissait le soupçon de manipulation peser sur une grande partie de ses films. Ici, plutôt que de se complaire à explorer les manifestations du mal (Funny Games), il s’est attaché à en raconter une origine. Ainsi, grâce à une maturité artistique enfin atteinte, Le Ruban blanc pourrait bien être la scène inaugurale des films qui l’ont précédé.
Le scénario original donne l’impression d’être adapté d’un roman contemporain de l’époque évoquée. On aurait pourtant tort de prendre cela pour de l’académisme, alors que se dessine à l’écran une forme d’un classicisme absolument intemporel. Les faits sont exposés avec clarté et retenue : la violence vient surtout des mots, grâce à un époustouflant sens du dialogue précis et elliptique. Film sur l’éducation (qu’est-ce qu’inculquer ?) et la transmission (que lègue-t-on ?), Le Ruban blanc montre aussi comment une société peut engendrer des pères monstrueux. La toute-puissance masculine, alliée au pouvoir religieux, économique ou intellectuel, se retrouve sans frein et à la merci d’un délire d’autorité. Femmes et enfants doivent faire face à cette emprise ; les unes en feignant de s’y soumettre, les autres en la digérant tant bien que mal.
Grâce à la qualité de son dispositif scénaristique, pour chaque scène, Haneke reste toujours à la bonne distance morale de son sujet ; sans voyeurisme, ni exhibitionnisme. C’est un film plus blanc que noir, aveuglant par l’évidence de la démonstration qu’il énonce, de manière implacable mais sans jamais surplomber le spectateur. La Palme d’or est synchrone avec la maturité d’un cinéaste enfin en pleine possession de ses moyens. |
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Source : www.fichesducinema.com |
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levif rnews - Jean-François Pluijgers |
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Le Ruban blanc ou les racines du mal
Au détour d'une éblouissante chronique, Michael Haneke signe une parabole pénétrante sur le mal et ses origines, doublée d'un accomplissement esthétique majeur. Palme d'or à Cannes.
Un village protestant de l'Allemagne du Nord, à la veille de la Première Guerre mondiale. La période des moissons approche lorsque une succession d'accidents vient mettre la petite communauté en émoi: il y a d'abord un piège qui blesse le médecin, bientôt suivi des sévices dont sont victimes plusieurs enfants. Autant d'événements inexplicables, qui vont instiller la peur, en même temps que l'on s'emploie, maladroitement, à en identifier les responsables. Ce faisant, voilà que se trouve dévoilé l'envers d'une micro-société régie par un ordre séculaire et féodal, doublé d'un modèle rigoriste appliqué avec zèle par des parents s'estimant dépositaires d'une autorité absolue.
Relatée par un narrateur, l'instituteur du village, cette réalité ne se révèle toutefois que par à coups, en une succession de tableaux saisissants: c'est ici le discours chargé de haine et de mépris que le médecin assène à sa maîtresse; ce sont là ces enfants, à qui leur père appose le ruban blanc, symbole de la perfection à atteindre et, dans l'intervalle, marque de leur humiliation présente; et d'autres, encore. Soit les éléments qui composent les contours d'un cadre affolant et du paysage intime du village, dont le film se fait la chronique.
Si le ressort dramatique premier en est une enquête - qui pourrait se cacher derrière des faits qui ont réveillé des peurs ancestrales et prennent peu à peu le caractère d'un rituel punitif? -, Michael Haneke ne s'intéresse rien tant qu'aux ressorts sous-jacents à l'oeuvre dans Le Ruban blanc .
Ainsi passe-t-il au scalpel de sa caméra et d'un noir et blanc aussi lumineux que glaçant une société ajoutant à l'hypocrisie morale un mode de conditionnement que l'on ne saurait mieux qualifier que de pervers, tant il porte en germe les dérives à venir - la même génération d'enfants qui occupe ici massivement l'écran embrassera, 20 ans plus tard, l'idéologie nazie.
Incertitudes présentes
Là réside, bien sûr, la force et l'ampleur d'un propos qui, par extrapolation, inscrit les racines de toute forme de terrorisme dans la croyance aveugle à quelque principe absolu - religieux (le réalisateur a envisagé pour titre La main droite de Dieu ) ou autre. Une perspective toute contemporaine, celle-là, que Michael Haneke fait plus qu'entrouvrir mais qu'il se garde judicieusement de marteler, ménageant, hors-champ et non-dit à l'appui, un vaste espace de mouvement au spectateur, au gré de zones d'ombre et autres questions laissées en suspens.
Film austère autant qu'implacable, étincelant autant que pénétrant, Le Ruban blanc s'inscrit dans la continuité d'une £uvre dont il constituerait une forme d'aboutissement en plongeant aux racines même du mal. A quoi le réalisateur de Funny Games et Caché ajoute un accomplissement esthétique majeur, pour signer un film de toute beauté. Invoquant le passé pour mieux appréhender les incertitudes présentes, Le Ruban blanc s'avère une £uvre éblouissante; mieux même, un chef-d'oeuvre. |
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Source : levif.rnews.be |
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culture ulg - Floriane Nyssen |
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Le projet de Michael Haneke traînait dans ses tiroirs depuis une dizaine d'années. Après la sortie de Funny Games US, le réalisateur trouve un producteur (Les Films du Losange) pour la réalisation d'un film austère et sans vedette. Le ruban blanc remporte la Palme d'Or, plongeant le spectateur dans son propre rapport au bien et au mal en le laissant seul juge.
(...) Pour servir ses propos d'un point de vue esthétique, le réalisateur prend le parti d'un cinéma particulièrement épuré : mise en scène austère, extrême lenteur, choix du noir et blanc et silences pesants. Remontant presque aux origines de la violence, le film ne montre pas, pour autant, de brutalité à l'écran. Le spectateur est constamment relégué derrière une porte durant les moments de punition et les (...) ne sont jamais explicitement illustrés. Haneke préfère suggérer en se servant, notamment, du hors-champs, ce qui rend son film autrement plus heurtant et dérangeant. De manière encore plus significative, cet aspect de l'œuvre oblige le public, volontairement écarté de ces scènes violentes, à se positionner seul face à l'instance cinématographique.
Pureté des idées, pureté du cinéma : à la lenteur du film s'ajoute une absence presque totale de mouvements de caméra, donnant à voir de longs plans fixes et parfois des plans séquences, très sobres, plongés dans un silence angoissant. Même le générique exclut toute musique ; les seules mélodies du film sont jouées par la baronne au piano ou entendues lors du bal en plein air.
Vers les racines du nazisme
Et si la Palme d'Or du 62e festival de Cannes était, en réalité, le récit des débuts du nazisme ?
En effet, Le ruban blanc se déroule en Allemagne, en 1913, à l'aube de l'attentat de Sarajevo, dans un contexte plus qu'austère, laissant forcément penser aux spectateurs que les enfants de l'histoire ne seront autres que les futurs électeurs du Führer en 1932 et, par leur éducation privative et punitive, les disciples potentiels du National Socialisme.
Néanmoins, rien de tout cela n'est évoqué dans le film, pas même par la voix-off de l'instituteur nous racontant ses jeunes années ; le réalisateur nous laisse libres de choisir notre propre interprétation du film, d'imaginer le destin des personnages, mais aussi et avant tout, la fin du récit. Alors, bien sûr, Michael Haneke dévoile au public une génération pleinement capable, par l'inspiration des anciens, de devenir destructrice au point de troquer son ruban blanc contre un brassard nazi. Pourtant, malgré le sadisme et la noirceur de bon nombre de scènes, le film laisse échapper, par moments, quelques lueurs de sensibilité, rendant peut-être encore le contexte davantage violent : tout d'abord, l'histoire d'amour entre l'instituteur et la « nounou » des enfants de la Baronne mais, encore plus largement, l'acte gratuit et spontané d'un petit garçon offrant un oiseau à son « Herr Vater ».
Prémisses du nazisme ou simples illustrations des dégâts engendrés par une éducation répressive ? À nouveau, c'est uniquement au spectateur à se positionner.
Recul dans le temps, distance dans l'image
Le ruban blanc n'est pas tiré d'un livre ; c'est un « scénario original avec une forme romanesque »1. Cette façon de travailler offre au réalisateur la possibilité de placer son histoire à distance, par l'intermédiaire, notamment, d'un narrateur. À la croisée entre villageois et extérieur, entre enfants et adultes, ce personnage (l'instituteur) observe, reçoit des informations précieuses, communique avec les uns et les autres ; bref, il occupe une position privilégiée. Par l'utilisation d'une voix-off, il raconte, a posteriori, le récit d'un village où tous les habitants se sont vus dans l'obligation de sonder leur conscience, suite à une longue série d'événements tragiques et pour le moins traumatisants. Le ruban blanc fait reculer son spectateur dans le temps, le replonge dans les anciennes photographies d'avant-guerre, mais l'invite également, au travers du personnage-narrateur, à dissocier du film. Cette œuvre, en effet, n'est pas à confondre avec l'Histoire ; par l'incertitude qu'elle installe d'emblée, il s'agit d'adopter, face à elle, une distance critique. « J'ignore si ce que je veux vous raconter est totalement véridique. J'en connais une partie seulement par ouï-dire ».
L'histoire de Michael Haneke captive. Posant le problème, à la fois social, moral et historique, des horreurs passées, mais aussi futures, elle dérange, fascine et contraint le public à rester attentif durant 2 heures 20. Pourtant, Le ruban blanc n'offre aucune réponse, aucun élément permettant de conclure le chapitre que constitue le récit, terrible mais élégant, des origines du Mal. Pas de « récompense » pour le spectateur, abandonné, par le générique final noir et lourd de silence, à son interprétation et son ressenti. |
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Source : Culture.ulg.ac.be |
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