|
|
|
|
| |
 |
|
 |
Titre
original |
A Single Man |
 |
Réalisation |
Tom Ford |
 |
Scénario |
David Scearce & Tom Ford |
 |
D'après |
Le roman éponyme du Britannique Christophe Isherwood |
 |
Interprétation |
Colin Firth (George), Julianne Moore (Charley), Nicholas Hoult (Kenny), Matthew Goode (Jim), Jon Kortajarena (Carlos), Paulette Lamori (Alva), Ryan Simpkins (Jennifer Strunk), Ginnifer Goodwin (Mme Strunk), Teddy Sears (M. Strunk), Paul Butler (Christopher Strunk) …(Casting complet sur Allocine.fr) |
 |
Musique |
Abel Korzeniowski |
 |
Photographie |
Eduard Grau |
 |
Pays |
USA |
 |
Année |
2009 |
 |
Durée |
1h 41’ |
 |
Genre |
Drame |
 |
Distributeur |
Cinéart |
 |
Site officiel |
|
|
|
 |
La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
 |
Le jeudi 27 mai 2010 |
 |
Le film est projeté en version originale anglaise et espagnole, sous-titres français |
 |
Le film est projeté sans entracte ni publicité |
 |
Les séances : |
| |
- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
|
|
| Los Angeles, 1962. Depuis qu'il a perdu son compagnon Jim dans un accident, George Falconer, professeur d'université Britannique, se sent incapable d'envisager l'avenir. Solitaire malgré le soutien de son amie la belle Charley, elle-même confrontée à ses propres interrogations sur son futur, George ne peut imaginer qu'une série d'événements vont l'amener à décider qu'il y a peut-être une vie après Jim. |
 |
 |
Tom Ford, n é le 27 août 1961 à Austin, Texas (Etats-Unis), Acteur, Réalisateur, Producteur, Scénariste.
Tom Ford passe la majeure partie de son enfance à Santa Fe au Mexique, avant de déménager à New York à l'adolescence, pour y étudier l'Histoire de l'Art à l'Université. Mais il préfère se tourner vers l'architecture à l'école Parsons.
En 1990, il est nommé designer de prêt-à-porter féminin pour Gucci. Lorsqu'en 1992 la maison est rachetée par la firme Investcorp, il est promu directeur artistique et part s'installer à Milan. Il affirme alors son style et contribue ainsi à redonner de l'éclat à la marque, proche de la banqueroute lorsqu'il l'avait rejointe. Il en fait rapidement la marque phare du luxe mondial. En 1994, il monte encore une marche en devenant directeur créatif. Il crée alors toutes les lignes de la Maison mais aussi l'image de l'enseigne, les campagnes publicitaires et la conception des boutiques Gucci.
En janvier 2000, Tom Ford devient le directeur artistique d'Yves Saint Laurent Rive Gauche suite au rachat par Gucci Group. Il y déploie sa vision du féminin éternel. En juillet 2002, il accède au poste de vice-président du Conseil d'Administration au sein du Groupe Gucci. Suite au rachat de la Maison par Pinault-Printemps-Redoute en avril 2004, Tom Ford décide de démissionner et rejoint Estée Lauder pour y lancer une ligne de produits de beauté.
Il crée également sa propre marque (parfums, vêtements et lunettes). Au printemps 2007, il ouvre la première boutique à son nom, sur la Madison Avenue de New-York. L'année suivante, il crée les costumes du plus célèbre agent secret, James Bond en la personne de Daniel Craig pour Quantum of Solace.
La même année, il annonce qu'il s'apprête à réaliser son premier long métrage, c'est A Single Man qui sort en 2010, trois ans après la création de sa boite de production Fade to Black. Il y dirige Colin Firth et Julianne Moore dans les rôles principaux de cette adaptation du roman de Christopher Isherwood, paru en novembre 1987.
Source : www.toutlecine.com
Toute la filmographie de Tom Ford en tant que :
- Réalisateur
- Producteur
- Scénariste
- Musique de film
- Department musical
- Acteur
|
|
|
 |
 |
Note du réalisateur de A single man |
| |
J’ai lu pour la première fois "Un homme au singulier", le livre de Christopher Isherwood, au début des années 80, et j’ai tout de suite été touché par la sincérité et la simplicité de cette histoire. A l’époque, j’avais la vingtaine. Il y a trois ans, alors que je cherchais un projet à développer pour le cinéma, j’ai réalisé à quel point je pensais souvent à ce roman et à son protagoniste, "George". J’ai retrouvé le livre et l’ai relu. Aujourd’hui, alors que j’ai plus de quarante ans, le livre a une résonance tout à fait différente.
C’est l’histoire profondément spirituelle d’une journée dans la vie d’un homme qui ne peut envisager son futur. C’est le récit universel de la fin d’une solitude que tout le monde connaît, de l’importance de vivre dans le présent et de la réalisation que, finalement, les petites choses de la vie en sont sûrement les plus grandes. |
| |
Source : www.commeaucinema.com |
| |
|
 |
A single man : Notes de production |
| |
L’histoire
1962. La menace d’une guerre nucléaire est réelle. La peur s’empare du Monde. Les valeurs de la société sont empreintes d’un manichéisme simpliste, mais les complications des relations humaines restent aussi tortueuses que celles d’aujourd’hui. Adapté du roman éponyme de Christopher Isherwood, paru en 1964 (et En france sous le titre "un homme au singulier") A single man est écrit, réalisé et produit par Tom Ford. Le scénario a été coécrit avec David Scearce, et coproduit par Chris Weitz, Andrew Miano et Robert Salerno.
Se déroulant à Los Angeles, au pic de la crise des missiles de cuba, A Single man suit le destin de George Falconer, un professeur d’université Britannique (Colin Firth), luttant pour retrouver un sens à sa vie après la Mort de son compagnon, Jim (Matthew Goode). A single man est le récit romantique d’un amour interrompu, de la solitude inhérente à la condition humaine, et, finalement, de l’importance des petits moments de la vie.
Etudiant, Tom Ford était déjà fanatique de cinéma, et en particulier familier de films capables de l’émouvoir. Depuis 25 ans, son travail de directeur artistique en photographie et en campagnes de publicités pour l’industrie de la mode l’a aidé à comprendre la composition de plan, la lumière et l’importance des images lorsque l’on raconte une histoire. Mais Tom Ford reconnaît que le style et l’image peuvent aussi tuer un film s’ils sont utilisés sans fond, sans un message méritant d’être mis en avant. Pour Tom Ford, rien ne surpasse le récit : "j’ai l’impression que nous avons perdu l’habilité de faire des films avec des personnages aux dialogues forts. Ce sont les films les plus gratifiants pour moi, en tant que spectateur. C’est donc le genre de film que je me suis attelé à faire."
A single man était pour Tom Ford la bonne histoire au bon moment : "j’ai toujours été guidé en mon for intérieur par une sorte d’intuition, et ça m’a toujours réussi. L’intuition est une donnée extrêmement importante dans la mode, puisqu’il vous faut savoir ce dont les gens auront envie un an en avance. J’ai passé près de deux ans sur le scénario dont il y a eu beaucoup de versions."
"Lorsque vous imaginez une scène en l’écrivant, il n’y a aucun problème. Les acteurs disent leurs répliques parfaitement. Le plan est sublime. Mais tout cela, c’est parce que vous travaillez hors de la réalité."
Tom Ford a posé une option sur le roman de Christopher Isherwood ainsi que sur un scénario déjà fini de David Scearce, mais réalisa vite que ni l’un ni l’autre ne pourraient donner le film qu’il voulait faire. Il décida donc de créer ses propres éléments d’intrigue et donc, de réécrire un scénario de son côté. Le scénario final diffère énormément du livre et du scénario précédent, mais ce qui guidait Ford pendant toute l’écriture, c’était de maintenir l’essence de l’histoire. Il a vite compris que le monologue intérieur qui faisait le corps du roman d’Isherwood, ne marcherait pas visuellement dans le film, et a ainsi créé un certain nombre de rencontres personnelles tout au long de la journée de George.
Tom Ford a ajouté une donnée supplémentaire particulièrement significative à l’histoire – le projet, pour George, de se suicider à la fin de cette journée. "George vit dans le passé, il lui est impossible d’envisager un futur et de se libérer d’une profonde dépression. Pensant qu’il voit les choses pour la dernière fois, il commence à appréhender le monde différemment, et réalise que pour la première fois depuis des années, il vit dans le présent, et se retrouve confronté aux beautés du monde."
Le héros
Même si le héros de l’histoire est homosexuel, Tom Ford souligne que le film transcende la question de la sexualité : "le film aborde le sujet de la solitude et de la perte de l’être cher. L’histoire pourrait être la même si c’était la femme de George, plutôt que son compagnon, qui mourrait. C’est une histoire d’amour, et la quête d’un homme pour un sens à sa vie. Le thème est universel." Tom Ford a laissé une forte empreinte autobiographique sur A single Man. Le suicide que George prépare durant tout le film est la réplique d’un suicide ayant eu lieu dans la famille du réalisateur.
Mais surtout, il a traversé une période aussi difficile que celle que vit George, il y a quelques années : "il y a beaucoup de moi dans ma version de George. Beaucoup de gens ont une sorte de crise spirituelle à la quarantaine. Matériellement parlant, j’ai réussi très tôt : sécurité financière, célébrité, succès professionnels. J’avais une vie personnelle remplie et un partenaire extraordinaire qui partageait ma vie depuis 23 ans, deux chiens fantastiques et beaucoup d’amis, mais, d’une certaine manière, je me suis un peu perdu. En tant que créateur de mode, on passe son temps tourné vers le futur, créant des collections plusieurs années avant qu’elles ne se retrouvent en magasins. Notre culture encourage les croyances selon lesquelles tous nos problèmes peuvent être résolus par des choses matérielles. J’avais complètement négligé le côté spirituel de ma vie."
Ford s’est ainsi intéressé à des questions philosophiques comme le tao te ching et autres travaux introspectifs : "en relisant le livre d’isherwood, j’ai réalisé que c’était un roman écrit par le vrai moi, au sujet du faux moi. Christopher Isherwood était un disciple du vedânta, et cela est flagrant dans le livre. C’est incroyablement spirituel et cela se centre particulièrement sur les difficultés de vivre dans le présent. Je pense que les personnes familières de mon style dans la mode seront surprises par ce film. Il est très personnel, et c’est une expression d’une facette de ma personnalité que la plupart des gens ne connaissent pas."
Du scénario au film
Après avoir été satisfait de son scénario, le projet s’est monté en assez peu de temps, eu égard des délais normaux du processus de production d’un film. Julianne Moore a été la première à dire ‘oui’. "le rôle de George a été le plus dur à distribuer : il y a très peu d’acteurs dans le monde faisant preuve de la sensibilité nécessaire pour le jouer." À l’origine, Colin Firth était engagé sur un autre film. Mais lorsque les dates de tournage de A single Man ont changé, il s’est retrouvé disponible.
Tom Ford a pris le premier avion pour londres pour convaincre Colin Firth d’accepter le rôle : "ce qu’il y a d’incroyable avec Colin, c’est sa capacité à transmettre ce qu’il pense à travers son regard, presque sans bouger le visage et sans dire une seule réplique. La technique de jeu subtile de firth était en parfaite adéquation avec le personnage de George." Il continue : "Julianne était fantastique sur le tournage. Elle pouvait bavarder avec Colin jusqu’au "action !" et immédiatement se retrouver dans son personnage avec son accent britannique. Mais on ne sait jamais comment les acteurs se préparent dans leur tête…" Julianne Moore interprète charley, la meilleure amie de George, fortement portée sur le gin tanqueray.
Les personnages
Comme Ford l’explique : "j’ai construit une nouvelle charley à partir de celle du livre. C’est une sorte de somme de mes amies filles et de ma grandmère. J’ai aussi créé un précédent à George et charley pour illustrer les relations que j’entretiens avec différentes femmes dans ma vie. La charley d’isherwood était moins complexe, et en tout cas, moins séduisante. Trois de nos personnages principaux traversent une période de transformation dans leur existence.
Charley, tout comme George, est en pleine crise de la quarantaine, et, comme lui, est incapable d’envisager son futur." Matthew Goode joue le rôle de jim, le compagnon décédé de George. Le personnage de jim représente pour George tout ce qu’il y a de positif aux États-Unis. Il est franc, pas compliqué, honnête et surtout, incroyablement sûr de lui : "Matthew était parfait pour le rôle. Il a cette fraicheur qui nous a donné exactement ce que l’on recherchait, mais son jeu est totalement différent de celui de Colin ou de Julianne. Il était beaucoup plus relâché, beaucoup plus dans l’improvisation, ou en tout cas, c’est ce qui transparaissait sur le plateau. Le résultat final est fantastique."
Tom Ford chante aussi les louanges de Nicholas Hoult, dont le personnage, kenny, est un étudiant de George qui pense avoir trouvé l’âme-sœur en la personne de son professeur. Kenny est en train de devenir un homme et de prendre conscience de sa vraie nature. "Nicholas était absolument génial. Il avait à peine 18 ans lorsque nous avons tourné. Sur un plateau, il est très sérieux et très professionnel, ce qui contraste énormément avec le jeune homme flamboyant qu’il est dans la vie. Hors caméra, il est à mourir de rire." dans le film, kenny est une sorte d’ange qui veut sauver George. Même les petits rôles du film ont une importance symbolique.
Tom Ford décrit carlos, le gigolo dont George croise la route, joué par Jon Kortajarena, comme une "fleur humaine… À ce point du récit, George est époustouflé par la beauté du monde, et lorsqu’il découvre carlos, il est envoûté. Son attirance pour lui n’est pas sexuelle : il veut juste pouvoir contempler la beauté absolue de carlos. Au final, il a une discussion très urbaine avec carlos, puis passe son chemin." Ginnifer Goodwin interprète mrs strunk, la voisine exaspérante de George qu’il perçoit d’une façon nouvelle et rafraîchissante. Le rôle de grant, un collègue de George qui personnifie les peurs qui imprègnent la culture américaine, est joué par Lee Pace. L’une des plus grosses difficultés pour Tom Ford fut la très courte période de pré-production qui mit une pression énorme sur l’équipe de préparation pour trouver les bons décors dans la région de Los Angeles. Ford raconte : "il nous fallait trouver un collège désaffecté qui puisse être chronologiquement juste" .
Les décors
L’équipe trouva une petite école en face du norton simon museum de pasadena. Plus difficile encore fut la recherche de la maison de George, qui devait être en accord avec les besoins cinématographiques de Tom Ford : "le personnage de George est britannique… je voulais quelque chose de moderne, tout en étant remplie de boiseries… chaleur et boiseries, c’est ce qui me semblait juste pour George. Mais je voulais aussi une maison de laquelle je puisse m’éloigner pour prendre de beaux plans architecturaux afin de montrer son monde dans son intégralité.»
Tom Ford et Arianne Phillips, la créatrice des costumes ont du travailler sous la pression pendant cette courte préparation : "Arianne était fantastique, elle m’a épaulé dans énormément de situations. Elle a un réel regard, mais qui ne se limite pas aux vêtements. C’est une créatrice de costumes extraordinaire : elle a réussi à créer toute une galerie de costumes d’époque en très peu de temps et avec très peu d’argent." Tom Ford a fait faire la garde-robe de firth et de hoult à milan.
L’équipe
Tom Ford raconte : "je n’avais pas de directeur de la photographie (Eduard Grau) jusqu’à quelques semaines avant le début du tournage. J’avais vu tellement de bandes démo de directeurs photo, et je ne trouvais personne de disponible et qui me semblait juste. Un jour, un dvd est apparu sur mon bureau avec le nom Eduard Grau dessus.
Je l’ai mis dans mon ordinateur, et j’ai tout de suite su que j’avais trouvé mon dp. Eduard est venu le lendemain de Londres, on a déjeuné chez musso & frank’s, on a parlé quelques heures, et je l’ai engagé. Je ne l’ai pas regretté. Il a un réel œil, de grandes connaissances techniques malgré son jeune âge (28 ans) et sa sensibilité européenne s’accorde bien avec la mienne. On a très bien travaillé ensemble et je pense que c’est un vrai artiste. On a aussi eu la chance de pouvoir travailler avec une équipe caméra fantastique et très expérimentée, et un super chef machiniste, jim plannette."
L’aspect visuel du film était primordial pour Ford, puisqu’il y voyait un moyen d’aider le public à comprendre les personnages, et plus spécialement, à mieux appréhender ce que George ressent tout au long de sa journée : "l’utilisation de jeux de couleurs a une place prépondérante dans le film. Dans le livre, nous sommes à l’intérieur de la tête de George, nous savons donc à chaque instant les émotions qu’il ressent. J’avais besoin d’un moyen de faire passer les humeurs de George au spectateur.
Au début de la journée, l’humeur de George est au plus bas, les couleurs sont désaturées et la lumière est assez plate, il est tellement déprimé que la vie n’a pour lui plus aucune couleur, littéralement. Au fur et à mesure que George avance dans la journée, et qu’il est confronté à de réelles visions de beauté, les couleurs à l’écran augmentent, reflétant la meilleure humeur de George. Cela commence lorsque George rencontre jennifer strunk à la banque. Avant de s’ouvrir à la vie, George trouve la jeune femme irritante et puérile. Lorsqu’il tombe dessus à la banque, il la voit finalement pour ce qu’elle est vraiment : une charmante, fraîche et très jolie jeune femme, et a une conversation agréable avec elle. Lorsque le soir arrive et que la beauté du monde qui l’entoure redonne goût à la vie à George, nous sommes presque entièrement en technicolor. Tom Ford a tourné le film en 21 jours, ultra-organisé pour pouvoir faire face au travail de chaque jour.
Abandonnant les story-boards avec lesquels il avait commencé, il fit à la place une liste détaillée des plans de chaque angle de caméra, pour chaque scène. L’expérience de ses acteurs ainsi que les efforts communs de son équipe ont permis à la production d’avancer relativement vite. Tom Ford ironise : "je poussais le directeur de production à aller plus vite, alors que d’habitude, c’est l’inverse… je pense que pour que ce genre de projet marche, il faut s’entourer d’une équipe qui pense que ce que vous êtes en train de faire est la chose la plus importante de leur vie."
Connaissant le dur labeur des gens dans l’industrie de la mode, Tom Ford eut un respect renouvelé pour cette équipe de tournage qui ne comptait ni les efforts ni les heures, et ce, des semaines durant. Comme il le fait remarquer, même si "tout s’est passé comme sur des roulettes" , il ne s’octroyait que deux ou trois heures de sommeil par nuit, tout au long du tournage.
Le tournage
Tom Ford pense que son expérience dans le monde de la mode lui a donné un réel avantage lorsque est venu le moment de réaliser. Comme il le remarque lui-même : "une de mes grandes forces en tant que réalisateur tient dans mon habitude de travailler avec de nombreuses personnes, tentant d’en tirer le maximum en les poussant à être les plus créatives possibles, tout en leur donnant une direction, et en les guidant vers ma vision." sa plus grande surprise en tant que réalisateur d’un premier film, vint du montage et de son processus : "j’ai passé six mois en montage. Si on m’avait demandé avant combien de temps je pensais que ça allait prendre, j’aurais dit la moitié. Je n’avais pas réalisé à quel point on pouvait changer le sens d’une scène, ou même d’un film entier, simplement avec le montage. J’ai eu la chance de travailler avec Joan Sobel, une monteuse particulièrement stimulante, qui est devenue une de mes collaboratrices les plus proches.»
Tom Ford trouve que le montage, c’est comme un "rubik’s cube. Je me suis plongé dans le film et l’ai tordu et tourné dans tellement de directions différentes que ça finissait par m’épuiser."
Tom Ford et le cinéma
Une des passions de Tom Ford pour le cinéma tient dans son amour des bandes originales de films. Très tôt, il avait déjà une bonne idée de ce qu’il voulait faire de la musique de A single Man : "d’habitude, lorsqu’on voit un film dont l’action se situe dans les années 60, il est truffé de morceaux populaires de l’époque, ce que je trouve un peu mièvre et pas du tout adapté à un film basé sur l’émotion et sur le parcours intérieur de son protagoniste. J’ai donc essayé d’imaginer le genre de musique que George avait dans sa tête.»
Le premier appel pour un compositeur s’est fait au-dessus du pacifique, vers le japon : "j’ai toujlours aimé le travail de Shigeru Umebayashi et les films de wong kar wai, en particulier le thème qu’ume a composé pour in the mood for love. C’est une de mes musiques de film préférée." Shigeru Umebayashi prit l’avion de tokyo pour venir rejoindre Tom Ford à Los Angeles. Ils visionnèrent le film ensemble plusieurs fois : "il a composé trois thèmes pour le film, qui saisissaient parfaitement l’esprit et le personnage de George."
Limité en temps et en budget, Tom Ford se lança dans la recherche d’un jeune compositeur pour écrire le reste de la bande originale : "j’ai écouté tout ce qui me passait sous la main, et suis tombé sur Abel Korzeniowski, et sa musique m’a vraiment touché. Il est très talentueux, et j’ai eu la chance de le trouver à ce moment de sa carrière.»
Tom Ford a travaillé de manière très rapprochée avec korzeniowski pour capter la bonne ambiance de chaque scène, et fut particulièrement ému par cet aspect du processus de production du film lorsque l’orchestre enregistrait : "j’ai toujours su que je voulais une bande originale avec beaucoup d’ampleur. Je voulais un thème de début d’une grande richesse, et je voulais que la musique rentre dans les canons classiques de la vraie bande originale de film.
À plusieurs moments il n’y a pas de dialogue dans A single Man. Nous regardons juste George agir. Le son, ou l’absence de son y était alors primordial. Le silence était aussi pour moi un élément très important. Les moments les plus saisissants d’un film peuvent être silencieux. Cela pousse à vraiment faire attention." en travaillant sur le projet, Tom Ford restait conscient des genres de films qui le transportaient lui, en tant que spectateur de cinéma : "un grand film, ça vous hante, c’est divertissant tout en vous faisant réfléchir. De cette manière, j’espère que A single Man pousse à se poser des questions… À penser à certaines choses comme jamais vous n’y aviez pensé avant." |
| |
Source : www.commeaucinema.com |
|
 |
A l’honneur
Colin Firth s'est vu remettre la coupe Volpi de la Meilleure interprétation masculine lors de la 66e Mostra de Venise et le BAFTA du Meilleur acteur pour le rôle de George Falconer.
De l’écrit à l’écran
Le film de Tom Ford est l'adaptation du roman de Christopher Isherwood, Un homme au singulier. Le réalisateur raconte : C' est le récit universel de la fin d'une solitude que tout le monde connaît, de l'importance de vivre dans le présent et de la réalisation que, finalement, les petites choses de la vie en sont sûrement les plus grandes.
De la mode au 7e art
Issu du milieu de la mode, Tom Ford signe avec 'A Single Man' son premier long métrage. Le célèbre couturier n'en est pas à ses premiers pas au cinéma : il avait déjà fait une apparition dans 'Zoolander' en 2002 et participé en tant que collaborateur artistique sur le tournage de 'Quantum of Solace' en 2008. |
| Source : www.evene.fr |
|
 |
 |
cineart |
| |
Le styliste Tom Ford signe un premier film étincelant, transcendé par un exceptionnel Colin Firth, homme que la mort de son compagnon plonge en plein désarroi. (...) Tom Ford exécute une partition brillante, signant, dans une Amérique vintage, un exercice stylé du plus bel effet, accordant les tonalités de son film aux humeurs et sentiments de son protagoniste, en même temps qu’il intègre chaque plan à un cadre millimétré comme millésimé. (Focus Vif)
A l'annonce de la nouvelle, révélant que le grand couturier Tom Ford allait passer derrière la caméra, on aurait franchement pu se montrer sceptique, en allant aux devants du possible caprice d’un esthète en chef. Eh bien, le résultat apporte un furieux démenti à nos a priori. "A single man", basé sur le roman de Christopher Isherwood, est une grande réussite, touchant par moment à la perfection, toute en élégance et sensibilité. Le Soir)
Une réalisation remarquable d'un styliste hors pair. Un mélo gay empli d'une (homo)sexualité rare au cinéma. (Télé Moustique)
Un premier film remarquable. Une brillante adaptation, servie par des acteurs jamais pris en défaut ni de sensibilté, ni d’excès. (La Libre Belgique)
Tom Ford, qui s’était jusque-là contenté d’habiller certains hommes au cinéma (récemment Daniel Craig dans Quantum of Solace), passe maintenant derrière la caméra pour les déshabiller. Un peu au sens propre, beaucoup au sens figuré. (Première)
Extrêmement réussi. Colin Firth est absolument parfait, et Julianne Moore, lumineuse. Quand on a appris que le grand styliste Tom Ford voulait réaliser un long-métrage, on pouvait craindre un film inutilement esthétisant. La surprise de "A single man" n'en est que plus grande : certes, le film est un bel objet formel, mais il est aussi riche et profond. (Hugues Dayez, RTBF)
A Single Man est un film splendide, émouvant, universel. (Le Vif Week-End) |
| |
Source : www.cineart.be |
| |
|
 |
cinenews - Steven Tuffin |
| |
Imaginez. Vous êtes l'un des créateurs de mode les plus suivis de la planète, mais vous en voulez plus. Vous mettez donc le cap sur Hollywood, présentez un projet de film aux bonzes des studios, qui vous rient au nez. Que faites-vous alors? Vous prélevez sept millions de dollars de votre compte en banque, et vous écrivez, produisez et réalisez vous-même le film, pardi! Voilà l'histoire de John Ford, ancienne figure de proue de Gucci, qui signe un premier film impressionnant avec cette adaptation d'un livre de Christopher Isherwood. Il réussit tout d'abord à faire remonter la crédibilité de l'acteur britannique Colin Firth, et sa potentialité à la course aux Oscars. L'acteur de 'Mama Mia' est, il faut le reconnaître, déchirant, dans le rôle de ce professeur de littérature du Los Angeles des années '60, qui décide de suivre son ami dans l'au-delà. Les travellings, ralentis et la bande-son permettent à Tom Ford de rendre la vie intérieure de son personnage principal brisé de manière sidérante. Tout en créant des compositions d'images décalées et subtiles dont les grands de jadis, comme Wong Kar Wai ou Almodovar feraient bien de s'inspirer. Deux petits points faibles: sur la durée, l'approche stylée porte sur les nerfs, et l'un des personnages secondaires ne prend pas du tout. Ce qui n'enlève rien au fait que voici un très beau début. |
| |
Source : www.cinenews.be |
| |
|
 |
lalibre.be - Alain Lorfèvre |
| |
Last Day in L.A. Avec style, forcément, Tom Ford adapte le roman de Chris Isherwood
Les premières images de "A Single Man" sont en eaux troubles. Un homme se noie. Métaphoriquement, George Falconer (Colin Firth), professeur britannique installé en Californie, peine à garder la tête hors de l’eau depuis la mort de Tim, son compagnon. Chaque jour est une interminable agonie lorsqu’on n’a pas pu faire le deuil de l’être aimé.
Quels sentiments peut extérioriser un "célibataire" dans l’Amérique de 1962, entre peur de l’holocauste nucléaire (nous sommes en pleine crise de Cuba) et la torpeur trompeuse des banlieues middle class (les gosses ont des jeux bizarres qui annoncent le déclin du rêve américain) ? Geo ne parvient plus à être dans le présent. Le passé le hante; il est persuadé de ne plus avoir d’avenir. Même si Charley, la seule femme avec qui il a jamais eu de rapport, le poursuit encore de son amour transi. Même si Kenny, un de ses étudiants, semble être le seul à mesurer toute la portée d’une analyse sur la peur au cœur de l’œuvre d’Aldous Huxley. Pour Geo, cette journée pourrait bien être la dernière.
Passant derrière la caméra, le styliste Tom Ford signe un premier film d’autant plus remarquable qu’il apparaît à mille lieues des référents que l’on attribuait jusqu’ici au créateur qui a renouvelé l’image de Gucci. Il est certes aidé par un matériau de base subtilement ciselé : le roman de Christopher Isherwood et sa brillante adaptation coécrite par Tom Ford lui-même avec David Scearce. Il est servi par des acteurs jamais pris en défaut ni de sensibilité, ni d’excès. Colin Firth porte avec justesse la détresse retenue de Geo. Le rôle lui a valu le prix d’interprétation au dernier Festival de Venise et une nomination à l’oscar du meilleur acteur. Autour de lui, Julianne Moore est parfaite, comme toujours, en divorcée fanée, voulant encore croire à l’impossible. Matthew Goode, dans un rôle parcimonieux mais essentiel, continue de révéler une délicatesse troublante. Et Nicholas Hoult, qui a bien grandi depuis "About a Boy", apporte une vitalité qui conduit le film vers sa conclusion inattendue.
Mais le cinéaste nouveau venu réussit aussi son film en évitant tout effet mélodramatique pour faire ressentir la douleur intraitable de Geo. Tom Ford témoigne d’une capacité, rare, à créer une atmosphère. Loin de toute ostentation, il authentifie par petites notes un environnement social et historique tout aussi déterminant dans la dépression de Geo que la perte qu’il a subie.
On n’avait encore jamais vu à l’écran les années soixante et Los Angeles évoquées à la fois dans leur élégance bourgeoise et dans leur grisaille. On est loin des chromos nostalgiques que ressasse régulièrement Hollywood, et lorsque surgit une musique d’époque, c’est le toujours troublant "Green Onion" de Booker T. The MG’s. Ce contexte permet à Tom Ford d’opposer la complexité des sentiments au manichéisme d’une société encore engoncée dans ses conventions, alors que germe déjà la crise morale et politique qui frappera les Etats-Unis à la fin des années soixante. C’est jusque dans ses métaphores que le réalisateur démontre - si besoin était - son élégance et son bon goût qui font de ce "Single Man" une envoûtante réflexion. |
| |
Source : www.cinebel.be |
| |
|
 |
france24 - Daphné SEGRETAIN |
| |
Un film sur papier glacé
Tom Ford use de son œil affuté pour nous plonger dans l’univers des années 1960 avec ses chignon bombés, ses lunettes carrées et ses vestes à grands revers. Au volant de sa Cadillac, le personnage élégant de George fait étale des plus beaux costumes des sixties - clin d’œil à la révolution Yves Saint Laurent de ces années. Marqué par la patte de l’homme Ford, les personnages se meuvent sous le ciel particulièrement coloré de Los Angeles à la manière d’une publicité. Une autre séquence filmée en gros plan sous une immense affiche de "Psychose" rappelle des couvertures pour "Vogue" ou "Vanity Fair" dirigé par Tom Ford. Si le réalisateur a passé deux longues années à réécrire le scénario, avec David Scearce, les choix de la photographie, des décors et des costumes ont été tout aussi pointilleux.
"La mode m’a aidé à comprendre la composition d'un plan, la lumière et l’importance des images" explique Tom Ford pour assoir sa position de réalisateur. Attendu au tournant par les professionnels du cinéma, "A Single Man" fait la course aux Oscars. Colin Firth, l’ex-amoureux débonnaire de Bridget Jones, déjà détenteur du Prix d'interprétation masculine au dernier Festival de Venise, est nominé comme meilleur acteur et Arianne Phillips est nominé pour les meilleurs costumes. |
| |
Source : www.france24.com |
| |
|
 |
premiere - Alex Masson |
| |
Falconer n’est plus qu’une enveloppe vide. Ford, lui, remplit sa mise en scène, transforme ici et là des clins d’oeil (à Hitchcock, Sirk ou Wong Kar-Wai) en oeillades et abuse parfois d’un esthétisme qui donne l’impression de feuilleter un numéro vintage de Vogue Hommes. Mais, là aussi, ce n’est qu’une façade. Car sous ce maquillage formel percent des idées fortes : variations de couleurs dans le même plan pour exprimer les émotions ou encore touches de cruauté contrastant avec le spleen ambiant. Ford se débarbouille alors de ses poses arty(ficielles) et retire son costume maniériste pour enfiler celui d’un cinéaste-né. A Single Man devient d’autant plus émouvant que Colin Firth y étoffe un rôle proche de ceux de Raison et Sentiments ou d’Un mariage de rêve. |
| |
Source : www.premiere.fr |
| |
|
 |
7sur7 |
| |
A single man, un mélodrame sophistiqué tourné par le couturier Tom Ford
Colin Firth, toute en finesse
Porté par l'interprétation toute en finesse de Colin Firth, "A single man" restitue admirablement la détresse d'un homme chez qui l'élégance, plus qu'un style de vie, est le signe d'une droiture morale. Rongé par le chagrin, il se raccroche désormais aux rituels qui jusque là rythmaient sa vie, mais ne font plus que souligner le vide de son existence.
Styliste influent et homme d'affaires à poigne au physique de jeune premier, l'Américain Tom Ford, 48 ans, ex-directeur artistique de Gucci et Yves Saint Laurent a apporté un soin extrême aux décors et aux costumes de son film. Très sophistiquée voire maniérée, la photographie semble à certains moments inspirée par les pages de papier glacé du magazine Vogue hommes.
Elle pâtit, à d'autres, d'un usage peu subtil de la couleur: le technicolor fait brutalement irruption à chaque éveil de la sensualité du héros. "A single man" évoque aussi, sans trop insister, la réprobation sociale liée à l'"homosexualité invisible" de l'époque. A Venise en septembre dernier, le film avait valu à Tom Ford le Queer Lion 2009 décerné, en marge de la Mostra, au meilleur film ayant "un héros ou une thématique homosexuel(le) ou transgenre".
Il se défendait toutefois d'avoir tourné un long métrage "militant" en faveur de la cause gay... car cette étiquette, une fois attribuée par la presse spécialisée, condamne l'oeuvre à une distribution restreinte aux Etats-Unis.
"Ce film est probablement la chose la plus personnelle que j'aie jamais créée", disait dans un entretien à l'AFP Tom Ford à Venise. "J'avais lu A single man à vingt ans (...) et en le relisant au milieu de la quarantaine, je l'ai interprété tout autrement : cela parlait d'un homme ancré dans le passé, incapable de vivre dans le présent ou d'imaginer l'avenir", expliquait-il. "Cela résonnait en moi parce qu'à cette époque de ma vie, je ressentais un peu la même chose. J'avais tout ce que l'on peut imaginer au niveau matériel, mais je me rendais compte que j'avais négligé, disons le côté spirituel de ma vie. Alors cela m'a semblé être le film idéal à tourner", disait-il. (afp) |
| |
Source : www.7sur7.be |
| |
|
 |
le soir - CROUSSE NICOLAS |
| |
Tiré à quatre épingles, dans une œuvre à l'esthétisme digne du célèbre In the mood for love (Wong Kar-wai), l'acteur y tient assurément le rôle de sa vie. Celui d'un homme, George, brisé par la mort subite de son amant, et bientôt confronté au deuil et à la tentation obsessionnelle du suicide, mais dans le même temps rattrapé par des sursauts de d'espoir, dès qu'il est confronté à des visions de beauté. Ces petits instants d'éternité le ramènent à la vie. George pourrait être un cousin du compositeur Gustav von Aschenbach, alias Dirk Bogarde, dans l'éminemment romantique Mort à Venise, de Visconti.
Hasard de la vie : c'est à Venise, sur la plage du Lido, où le viscontien Gustav contemplait la beauté du jeune Tadzio, que nous rencontrons Colin Firth, qui sera deux jours plus tard auréolé du prix du meilleur acteur à la Mostra vénitienne. Et qui, dimanche soir, a doublé la mise en recevant le prix d'interprétation aux Bafta (les Oscars britanniques).
L'homme, on l'a dit, pourrait récidiver lors de la prochaine cérémonie des Oscars, même si Jeff Bridges (Crazy heart) ou Morgan Freeman (Invictus) partagent avec Firth les faveurs des pronostics.
Dans A single man, adapté du roman de Christopher Isherwood, l'acteur laisse entrevoir derrière un corset oxfordien des geysers de larmes. Et une émotion proprement vibrante. Adepte du suicide, comme possibilité de fugue absolue, George nous rappelle les fantasmes littéraires de Jacques Rigaut, portés en littérature par la plume de Drieu La Rochelle et en cinéma par l'œil de Louis Malle (Le feu follet).
À mi-chemin entre le désespoir dandy de Rigaut et la quête romantique de beauté de von Aschenbach, George est un albatros d'un autre temps, bouleversé quand il entend un jeune homme lui déclarer que "parfois, les choses horribles ont leur beauté à elles".
Son rêve : réussir son suicide, à la façon d'une œuvre d'art. Fermer la porte, tirer sa révérence, ne plus jamais revenir. Problème : si son romantisme le pousse à commettre l'irréparable, son souci du dandysme l'en retient. Car, eh oui, à quoi ressembleront son corps et son visage soignés lorsqu'il aura décidé de les mutiler ?
Vu par Tom Ford, et emballé par la ligne sobre de Colin Firth, le suicide a les atours de la coquetterie. C'est une révérence de l'âme, autant qu'une douce délivrance ou qu'un voyage en première classe. Avouons-le : dans ce rôle-là, Firth nous éblouit autant qu'il nous surprend. C'est que ce solide comédien, presque quinquagénaire, biberonné sur les planches aux drames shakespeariens et admirateur inconditionnel de Jane Austen, nous avait jusqu'à aujourd'hui habitués sur grand écran à des interventions talentueuses, inspirées, auxquelles il ne manquait en somme que le supplément d'âme des plus grands acteurs de sa génération.
Face à la composition vénéneuse de John Malkovich (Les liaisons dangereuses, de Stephen Frears), qui incarne la même année que lui le personnage du vicomte de Valmont, tiré de l'œuvre de Choderlos de Laclos, Firth ne fait pas le poids. Le Valmont de Milos Forman est une demi-déception. Entre autres parce que le visage classique et austère de Firth inspire peu la verve des libertins.
Shakespeare in love (John Madden) et Le patient anglais (Anthony Minghella) imposent ensuite son visage de mari sérieux et un peu guindé. Une image qui tourne vite au ridicule quand Firth, amoureux raide et éconduit de Renée Zellweger, enfile dans Le Journal de Bridget Jones un pull sombre frappé d'une tête de grand cerf, tandis que Hugh Grant papillonne et butine en salaud magnifique.
Avec La jeune fille à la perle, puis Genova, Peter Webber et Michael Winterbottom le libèrent de ces emplois devenus avec le temps trop prévisibles, en lui offrant le premier rôle dans des films plus personnels et indépendants. A single man est le film de sa consécration. Après lui, rien ne sera pour Colin Firth plus tout à fait comme avant. |
| |
Source : www.lesoir.be |
| |
|
 |
comme au cinema |
| |
Un objet d'art raffiné (...) Une oeuvre si personnelle qu'on se dit qu'un auteur est né. ( 20 Minutes - Caroline Vié)
A single man est une réussite parce que son réalisateur prend son sujet au sérieux, qu'il ne s'en écarte pas, qu'il privilégie un mode de narration cinématographique à l'ancienne où le plan dure tant que tout n'a pas été épuisés et dit. (Les Inrocks - Jean-Baptiste Morain)
Il y a quelque chose de profondément élégiaque dans le premier long-métrage de Tom Ford. (Positif - Franck Garbaz)
Julianne Moore plus belle que jamais. (Elle - F.B.S)
Un mélo gay "haute couture" aussi raffiné que sophistiqué. (Le Journal du Dimanche - B.T)
Tout, dans ce compte à rebours mélancolique, est raffiné jusqu'au plus petit détail.(...) Un défilé de plans savamment composés, pour une reconstitution ultra chic. (Télérama - Cécile Mury)
Une extrême sensualité portée par la composition de Colin Firth. Face aux démonstrations exubérantes de Julianne Moore, sa compagne de route dans l'exploration bouillante de l'univers des sentiments et des passions, il intériorise avec chic et réserve la violence de ses tourments. (Ouest France - La rédaction)
L'œuvre d’un directeur artistique dont l’œil est exercé depuis toujours à transformer le moindre geste, le moindre vêtement, la lumière sur la ville, la bouche des jeunes gens, les baies vitrées de la villa du professeur, la coiffure de sa meilleure amie, en morceaux de fascination pour fétichiste de l’élégance. (Libération - La rédaction) |
| |
Source : www.commeaucinema.com |
|
 |
|