Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Saisons
 Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 03 septembre 2009
Les Regrets
 Projection le jeudi 10 septembre 2009
The Young Victoria (Victoria : les jeunes années d'une Reine)
 Projection le jeudi 17 septembre 2009
Los Abrazos Rotos (Etreintes Brisées)
 Projection le jeudi 24 septembre 2009
Crossing Over
 Projection le jeudi 01 octobre 2009
Je suis heureux que ma mère soit vivante
 Projection le jeudi 08 octobre 2009
Mères et filles
 Projection le jeudi 15 octobre
Mademoiselle Chambon
 Projection le jeudi 22 octobre 2009
Looking for Eric
 Projection le jeudi 29 octobre 2009
Micmacs à Tire-Larigot
 Projection le jeudi 12 novembre 2009
A l'origine
 Projection le jeudi 19 novembre 2009
My Sister's Keeper (Ma vie pour la tienne)
 Projection le jeudi 26 novembre 2009
Whatever Works
 Projection le jeudi 03 décembre 2009
La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy
 Projection le jeudi 10 décembre 2009
Oscar et la Dame Rose
 Projection le jeudi 17 décembre 2009
Katalin Varga
 Projection le jeudi 07 janvier 2010
Millenium 2 : Flickan som lekte med elden
 Projection le jeudi 14 janvier 2010
Mr Nobody
 Projection le jeudi 21 janvier 2010
Le concert
 Projection le jeudi 28 janvier 2010
Up in the air
 Projection le jeudi 04 février 2010
Gainsbourg (vie heroique)
 Projection le jeudi 11 février 2010
John Rabe
 Projection le Jeudi 18 février 2010
Shutter Island
 Projection le Jeudi 25 février
Le ruban blanc
 Projection le Jeudi 04 mars 2010
Nine
 Projection le Jeudi 11 mars 2010
La rafle
 Projection le Jeudi 18 mars 2010
L'Arnacoeur
 Projection le Jeudi 25 mars 2010
The Ghost Writer
 Projection le Jeudi 01 avril 2010
Alice in Wonderland (Alice au Pays des Merveilles)
 Projection le Jeudi 22 avril 2010
Bright Star
 Projection le Jeudi 29 avril 2010
Precious : Based on the Novel Push by Sapphire
 Projection le Jeudi 06 mai 2010
Imogène McCarthery
 Projection le Jeudi 20 mai 2010
Extraordinary Measures
 Projection le Jeudi 27 mai 2010
A Single Man
 Projection le Jeudi 03 juin 2010
Greenberg
 Projection le Jeudi 10 juin 2010
Crazy Heart
 Projection le Jeudi 17 juin 2010
An Education (Une éducation)
 Projection le Jeudi 24 juin 2010
Lebanon
 
 
 
Greenberg réalisé par Noah Baumbach
    
Titre original Greenberg
Réalisation Noah Baumbach
Scénario Noah Baumbach & Jennifer Jason Leigh
 Sur une idée de Noah Baumbach & Jennifer Jason Leigh
Interprétation Ben Stiller (Roger Greenberg), Greta Gerwig (Florence Marr), Rhys Ifans (Ivan Schrank), Jennifer Jason Leigh (Beth), Chris Messina (Phillip Greenberg), Susan Traylor (Carol Greenberg), Dave Franco (Rich), Brie Larson (Sara), Juno Temple (Muriel)(Casting complet sur Allocine.fr)
Musique James Murphy
Photographie Harris Savides
Pays USA
Année 2009
Durée 1h45’
Genre Comédie dramatique
 Distributeur BFD – Benelux Films Distributor
Site officiel  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 03 juin 2010
Le film est projeté en version originale anglaise sous-titrées en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
Ben Stiller en fils spirituel de Woody Allen dans les tribulations d'un quadra dépressif… On a l'impression de découvrir enfin Ben Stiller. Loin du jeu outrancier qu'il livre dans ses comédies - et qui fait souvent mouche ! -, l'acteur apparaît ici au naturel. Et force est de constater qu'il est fort juste... Dans Greenberg, il est l'homme du titre, un quadra en perdition qui abandonne sa vie ratée à New York - après une dépression - pour garder le chien et la maison de son frère. Le personnage est très antipathique, misanthrope, rabrouant le seul ami qu'il lui reste (étonnant Rhys Ifans) et pourtant Ben Stiller parvient à lui conférer un étonnant pouvoir d'attraction. Noah Baumbach ("Margot at the Wedding", "Les Berkman se séparent") brode toujours sur la même notion : la vie à côté de laquelle on passe. Mais le réalisateur dépasse le film introspectif en baladant son personnage dans la ville et en offre ainsi une vision inédite de Los Angeles. (…) Enfin, Greenberg nous permet de découvrir une actrice dont on se souviendra : Greta Gerwig. Muse du cinéma indépendant des années 2000, le mumblecore, elle est d'une spontanéité confondante. Chapeau ! (Sophie Benamon dans Studio Ciné Live)
 
 
 Berlinale 2009
 
  • Sélection officielle au Festival International du Film de Berlin 2009
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Noah Baumbach
Noah Baumbach Né le 3 septembre 1969 à New York City (Brooklyn), New York (Etats-Unis). Acteur, Réalisateur, Scénariste. Noah Baumbacha passé sa jeunesse à Brooklyn. Il a fait ses débuts de scénariste et de réalisateur à 24 ans avec Kicking and Screaming.

Le film a été présenté, en 1995, au New York Film Festival, où il a été accueilli avec enthousiasme. Baumbach a été classé par Newsweek parmi les "10 nouveaux visages de l'année 1996".

Son deuxième film, Mr Jealousy, dont il était également scénariste et réalisateur, a été présenté, en 1998, au Festival de Toronto.

Il a ensuite coécrit La Vie aquatique avec Wes Anderson, réalisateur du film. Après la sortie des Berkman se séparent, Noah Baumbach a reçu les prix du meilleur scénario original décernés par le National Board of Review, la National Society of Film Critics, le New York Film Critics Circle et la Los Angeles Film Critics Association.

Il a également été nommé à l'Oscar 2006 du meilleur scénario original.

Le cinéaste retrouve ensuite Anderson en 2010 pour écrire avec lui le scénario de The Fantastic Mr Fox, d'après un roman de Roald Dahl.

Le réalisateur tourne la même année la comédie dramatique Greenberg avec Ben Stiller.

Baumbach collabore à la rubrique "Shouts & Murmurs" du magazine The New Yorker.

Source : www.toutlecine.com

Toute la filmographie de Noah Baumbach en tant que :

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Noah Baumbach et Jennifer Jason Leigh avaient déjà collaboré avec le producteur oscarisé Scott Rudin pour Margot Va Au Mariage. Alors que le tournage se terminait à peine, le réalisateur, la comédienne et le producteur envisageaient déjà de se retrouver sur un nouveau projet. Baumbach et Leigh souhaitaient mêler une fois encore émotion et humour mordant, comme dans Kicking And Screaming et Les Berkman Se Séparent. Ils voulaient également tourner à Los Angeles : dix ans plus tôt, Leigh y avait coréalisé The Anniversary Party.

Mais avec Greenberg, la ville allait davantage occuper le devant de la scène. Le film a été tourné en sept semaines – ce qui correspond d’ailleurs à la durée du séjour de Roger Greenberg à Los Angeles. "Los Angeles joue un tel rôle dans Greenberg qu’on peut vraiment dire qu’il s’agit d’un personnage à part entière, signale le régisseur général Stephenson Crossley. Je n’ai pas eu besoin de montrer à Noah beaucoup de photos. Pour l’essentiel, il savait où il voulait tourner et la plupart des décors naturels se trouvaient déjà dans le scénario."

"On n’avait jamais vu au cinéma la plupart des lieux où nous avons tourné et, en tous les cas, ils n’étaient pas immédiatement reconnaissables, poursuit-il. Mais comme on n’était pas une production à gros budget, et qu’il n’y avait ni coup de feu, ni effets spéciaux dans le film, on a été bien accueillis par les riverains." C’est ainsi que le célèbre restaurant Musso & Frank Grill, sur Hollywood Boulevard, qui est devenu une institution depuis son ouverture en 1919, était censé, dès le scénario, servir de cadre à une fête d’anniversaire. Si d’autres tournages s’y sont déroulés, "nous avons convaincu l’établissement de fermer un mardi pour la première fois de son histoire, note Crossley. On a expliqué au propriétaire que c’était fondamental pour nous de tourner dans son restaurant, et que cela nous permettrait de donner de la consistance aux personnages. Noah avait vraiment la volonté de filmer des lieux et des personnages réels." Du coup, les serveurs de Musso & Frank Grill – dont un travaille là depuis un demi-siècle ! – apparaissent dans la séquence, tout comme la clientèle d’habitués y servent de figurants.

Par souci de vraisemblance, le scénario mentionne précisément d’autres sites de Los Angeles. Citons notamment le restaurant Lucy’s El Adobe, en face de la Paramount, les sentiers de randonnée du Runyon Canyon, qui couvrent une soixantaine d’hectares dans les montagnes de Santa Monica et constituent un lieu de rêve pour y promener son chien, le quartier de Fairfax – où des Juifs orthodoxes se rendent à la synagogue le vendredi et le samedi – qui jouxte les restaurants et les boutiques de Melrose Avenue, fréquentés par une clientèle branchée, ou encore le Highland Gardens Hotel. La plus grande partie du film a été tournée à Hollywood et West Hollywood – autrement dit, dans des quartiers accessibles à pied pour Greenberg, qui ne sait pas conduire. Déjà chef-opérateur sur Margot Va Au Mariage, Harris Savides a filmé la ville avec des objectifs grand angle. Ce parti-pris a donné au film un côté documentaire. La dernière partie du tournage s’est déroulée dans une maison de Hollywood Hills datant des années 1920 – et dans le voisinage. Wheeler et son équipe ont adapté la maison pour qu’elle évoque à la fois le mode de vie bourgeois des Greenberg et le style plus bohème de Roger.

Recommandée à Wheeler par l’un de ses collègues, la décoratrice de plateau Elizabeth Keenan s’est immédiatement attelée à la tâche : "La préparation de la maison nous a occupés 24 heures sur 24 pendant un mois environ, qu’il s’agisse des essais couleurs pour la peinture des murs au travail sur les espaces blancs, dit-elle. Mais il régnait un très bon état d’esprit sur le plateau."

"Je voulais que le spectateur ressente le malaise de Greenberg lorsqu’il se trouve chez Musso & Frank ou au barbecue (tourné dans le quartier de Los Feliz), et surtout quand il se rend à la fête où les jeunes jouent sur la mode des années 80 dans leurs choix vestimentaires, ce qui rend la situation encore plus surréaliste pour lui ! Si ce genre de choses est imperceptible, alors j’ai bien fait mon boulot parce qu’à mon avis, c’est à Noah et à Harris de guider le regard du spectateur." Le réalisateur et ses partenaires ont confié le rôle principal à Ben Stiller : "J’avais adoré Les Bekman Se Séparent, du réalisme des situations à l’atmosphère et à l’émotion, dit-il J’avais aussi aimé Margot Va Au Mariage et Kicking And Screaming. Noah a toujours su faire preuve d’un humour subtil."

"Du coup, j’ai été enchanté de lire le scénario, puis d’en parler avec lui, poursuit-il. Sur le plateau, je savais qu’il s’agissait d’un metteur en scène qui a un vrai regard singulier et qui sait exactement ce qu’il veut, ce qui ne l’empêche pas de se nourrir de ce qui se passe autour de lui." Ben Stiller signale : "Avec Greta, on n’a pas l’impression de jouer, mais d’être dans la vraie vie. Elle trouve toujours le ton juste et son jeu n’est jamais artificiel. C’est une belle âme et cela se sent dans son travail. Elle se donne à fond et s’investit pleinement dans son personnage."

D’origine galloise, Rhys Ifans campe Ivan, le meilleur ami – ou presque – de Greenberg. "On a tous connu un Greenberg qu’on a essayé d’éviter dans sa vie, reconnaît-il. Ivan n’a plus les mêmes priorités et les mêmes envies que Greenberg, mais il n’a pas oublié qu’ils ont été proches autrefois. Le scénario était tellement bien écrit qu’on sent tout de suite le genre de passé qu’a eu mon personnage. Dans la plupart de ses scènes, Ivan ne dit pas ce qu’il pense." "Mon personnage est censé être anglais, ce qui m’arrangeait, mais qui donnait aussi à Ivan une singularité qui sert le film, poursuit-il. Je connais pas mal de gens comme lui à Los Angeles et curieusement, ils sont tous anglais. Pour moi, les personnages du film sont assez seuls, et Greenberg en particulier. Mais Ivan semble être un peu mieux armé pour affronter cette situation que Greenberg."

"J’ai le même âge qu’Ivan, et le film soulève des questions propres aux quadragénaires, comme celle de savoir si on a atteint les objectifs qu’on s’était fixés, dit-il encore. C’est une comédie très drôle qui parle de sujets graves." "Le scénario de Noah est très précis, mais il ne porte pas de jugement de valeur sur les personnages. Ses dialogues sont très subtils et reflètent la manière dont les gens parlent, et la sincérité du texte vous oblige à vous confronter à la réalité des scènes. On a exploré plusieurs directions, et on a tourné beaucoup de prises, tout en restant fidèles au scénario." Stiller indique : "On était censés, Rhys et moi, incarner des amis de vingt ans, mais on ne s’est rencontrés qu’à la veille du tournage. Par bonheur, Rhys est un type des plus accessibles. On a tout de suite trouvé le ton qui convenait à deux vieux copains qui ne se sont pas revus depuis longtemps."

"Le ton du film est tour à tour mélancolique, drôle, douxamer et dynamique, conclut Greta Gerwig. Je pense que les gens s’y reconnaîtront, et j’espère que les fans de Noah apprécieront ce nouveau chapitre de son œuvre." Bien qu’il soit réputé pour ses improvisations, Stiller reconnaît que "le scénario était très écrit et fournissait beaucoup d’informations sur chaque personnage. On a beaucoup répété et il fallait respecter ce qui était dans le scénario. En conséquence, je n’ai presque jamais improvisé sur le plateau, et je dois dire que c’était vraiment reposant de ne pas avoir à constamment proposer de nouvelles idées pour améliorer le matériau de départ. En revanche, je me suis efforcé de bien comprendre le rythme et le phrasé des dialogues." "Dans ce film, on assiste à la construction progressive d’une relation entre deux personnes qui – comme tout le monde – ont des problèmes à régler, note-t-il encore. Greenberg et Florence arrivent à dépasser leurs propres préjugés. Je n’avais encore jamais tourné un film qui me rappelle autant le travail de Hal Ashby et de Robert Altman dans les années 70 et qui évoquent si bien des moments d’intimité qu’on ne voit plus aujourd’hui au cinéma." "Noah ne se repasse pas les rushes sur son combo, explique Ben Stiller.

Il tourne plusieurs prises pour chaque scène, et n’hésite pas à rectifier le tir à chaque fois pour atteindre la réalité des personnages. Il nous donne des consignes du genre : "Il faut que tu quittes cette pièce plus rapidement" ou "On doit sentir que tu es vraiment déçu par ce type. "Noah et Harris Savides faisaient la mise en place, puis tournaient la scène avec deux caméras à la fois, indiquet-il. À les voir, on pourrait croire que c’est facile, mais ils prennent pas mal de risques tous les deux." Stiller renchérit : "Noah écrit comme les gens parlent, et il saisit très bien aussi la manière dont on ne s’écoute pas quand on discute.

En tournant le film, je me suis rendu compte que c’est quelque chose que j’ai beaucoup fait : quelqu’un peut être en train de me raconter une anecdote et, au lieu de l’écouter, je pense déjà à ce que je vais lui répondre…" Ben Stiller a donné la réplique à Greta Gerwig qui trouve ici son plus grand rôle à ce jour. "Je n’arrivais pas à croire que j’allais tourner un film produit par Scott Rudin, dit-elle, consciente qu’il s’agit d’un tournant dans sa carrière. J’ai passé une audition dans l’appartement de Noah et Jennifer et je leur ai chanté une petite chanson puisque Florence est chanteuse. Et je me suis dit que même si je ne décrochais pas le rôle, j’étais déjà heureuse d’avoir pu les rencontrer." "Quand j’ai lu le scénario, j’ai tout de suite compris qui était Florence, relève-t-elle. Je n’avais jamais lu un script qui saisisse si bien les états d’âme d’une jeune fille de 25 ans qui comprend qu’elle est devenue adulte… Je voulais vraiment jouer dans ce film parce que j’adore les thèmes qu’il soulève."

Pour la comédienne, Florence est une jeune femme "courageuse doublée d’une incorrigible optimiste, même si les apparences pourraient lui donner tort. Elle ne se laisse jamais abattre et refuse de se complaire dans la déprime, et je l’admire beaucoup pour ça. D’autre part, elle est très franche, ce qui la rend très drôle car elle ne se censure pas lorsque, par exemple, elle souhaite dire qu’elle est mal à l’aise dans telle ou telle situation."

La jeune actrice s’est sentie soutenue par ses partenaires. "L’ambiance sur le plateau était très familiale et, du coup, n’était pas si éloignée des tout petits films que j’ai tournés, remarque-t-elle. On ne ressentait pas de hiérarchie. Malgré tout, Rhys Ifans était halluciné par la quantité de nourriture qu’on nous servait tous les jours. Il prenait des photos qu’il envoyait à ses amis à Londres." "On a répété pendant quinze jours. D’entrée de jeu, Noah, Ben et Jennifer m’ont mise à l’aise, en faisant en sorte que je me sente rassurée, même dans les scènes les plus difficiles entre Ben et moi. Ben, qui s’est investi à fond dans son rôle, était aussi concentré lorsque la caméra nous cadrait tous les deux que lorsqu’il était hors champ."

Source : www.commeaucinema.com
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Los Angeles I love you

La cité des anges a une place très importante dans le film. Tout a été fait pour transposer le plus fidèlement l'ambiance de la ville à l'écran. Par exemple le célèbre grill "Musso & Frank" d'Hollywood boulevard, qui a même été fermé pour tourner certaines scènes.

Jennifer Jason Leigh persiste et signe

Outre un second rôle dans le film, Jennifer Jason Leigh est également scénariste et productrice du film. C'est la seconde fois que la comédienne s'essaie à l'écriture, une dizaine d'années après The Anniversary Party, en 2001.

Du changement pour Stiller

Le public est habitué à voir Ben Stiller dans des rôles de personnages de comédie déjantés, or ici, même s'il s'agit toujours d'une comédie, son interprétation est radicalement différente. En effet, il interprète cette fois ci un personnage de comédie dramatique, plus subtil et beaucoup moins excentrique que la plupart de ses précédents rôles.

Réalisme

Afin de rendre le film aussi authentique que possible, le personnel de chez "Musso & Frank" présent dans le film est la véritable équipe de serveurs du grill, certains clients réguliers sont également présents dans le film. De plus les acteurs ont amené des amis sur le tournage de certaines scènes pour que les bruits de fond soient de réelles conversations entre connaissances.

Ecriture en couple

Noah Baumbach a coécrit le scénario avec Jennifer Jason Leigh, sa compagne à la ville. C'est leur première collaboration au niveau de l'écriture d'un script.

En compétition

Le film a été sélectionné pour la compétition officielle du 60e Festival de Berlin.

Source : www.toutlecine.com
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Sixième long

Greenberg est le 6e long métrage réalisé par Noah Baumbach. Il a également écrit les scénarios de tous les films qu'il a mis en scène.

Inspiration littéraire

Pour écrire cette histoire d'un homme traversant une crise existentielle, Noah Baumbach dit s'être inspiré de certains romanciers américains comme Philip Roth, Saul Bellow et John Updike

Le sens de la fête

Pour que les conversations d'arrière-plan ne soient pas fictives durant la grande fête du film, les acteurs ont invité leurs amis à se joindre à eux sur le tournage de telle manière qu'il s'agissait presque d'une fête réelle.

Pas d’impro pour Ben Stiller

Contrairement à son habitude, Ben Stiller n'a presque jamais improvisé pendant le tournage du film : 'Le scénario était très écrit et fournissait beaucoup d'informations sur chaque personnage. On a beaucoup répété et il fallait respecter ce qui était dans le scénario.'

Ours ?

Greenberg a été présenté en compétition lors du 60e Festival international du film de Berlin présidé par Werner Herzog, le réalisateur de 'Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans'.

Source : www.evene.fr
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Entretien avec Noah Baumbach et Jennifer Jason Leigh

Noah, vos précédents films se passaient sur la côte Est. Quand vous avez imaginé le personnage de Greenberg, l’avez-vous immédiatement associé à Los Angeles ? Ou bien avez-vous d’abord travaillé le personnage, avant d’envisager la ville dont il est originaire et où il revient ?

Noah Baumbach - J’avais écrit plusieurs versions du personnage de Greenberg dans des scénarios inaboutis ou dans des projets divers. J’ai même une ébauche de pièce de théâtre dont le personnage est assez proche de Greenberg. Ce que je voulais faire en écrivant le scénario, c’était m’inscrire dans la lignée des romanciers américains que j’adore, comme Philip Roth, Saul Bellow et John Updike, qui parlent d’hommes qui traversent une crise existentielle.

Certains de leurs livres ont été adaptés au cinéma, mais je me disais que je pouvais faire un film qui s’inspire de cette mouvance et qui ait un style visuel marqué. Je souhaitais aussi faire un film qui montre Los Angeles comme une ville authentique, et pas comme une ville industrielle. Jennifer est originaire de Los Angeles et, grâce à elle, j’ai découvert la ville sous cet angle. Greenberg s’inspire en partie de ma vision de Los Angeles comme un lieu extraordinaire où les gens vivent et fondent leur famille. J’ai revu quelques grands films tournés à Los Angeles dans les années 70, comme ceux de Paul Mazursky, John Cassavetes, Hal Ashby et Robert Altman.

Ils avaient tous un regard singulier sur la ville. J’adore notamment Le Privé d’Altman : le Los Angeles qu’il dépeint est fascinant et n’a rien à voir avec le monde du cinéma. Je me suis aussi inspiré d’écrivains comme Joan Didion et Leonard Michaels qui écrivent sur Los Angeles.

Jason Leigh : Comme j’ai grandi à Los Angeles, j’ai une vision très personnelle de la ville, et je voulais qu’on la retrouve dans le film. À Los Angeles, la lumière est très différente de celle de la côte Est, et il y a une sorte d’immensité du paysage urbain. Il y a aussi pas mal de laideur dans la ville, mais en même temps une sorte de beauté dans cette laideur. J’aime beaucoup le fait qu’il y ait encore des quartiers de Sunset Boulevard sans gratte-ciels. Ou qu’on peut encore aller faire ses courses dans un vrai marché entouré de maisons des années 20 de style "Craftsman", et qu’à quelques pas de là, on trouve un magasin qui vend des produits à moins d’un dollar. J’aime aussi les effets de la lumière dans la poussière, et la beauté du ciel en hiver.

Parlons de vos lieux préférés. Quels endroits teniez-vous à filmer dans Greenberg ?

Jason Leigh : Il y en a tellement ! C’est ma ville ! Chaque décor naturel où nous avons tourné est un endroit que nous connaissons bien. C’est difficile de savoir lesquels sont mes préférés. Il y a les balades de Greenberg à Fairfax et sur La Brea Avenue, les moments où Florence roule sur Sunset Boulevard, le marché en plein air de Silverlake, Lucy’s El Adobe et même le cabinet du vétérinaire… Noah Baumbach : C’est un ensemble harmonieux.

C’est la deuxième fois que vous collaborez avec le directeur de la photo Harris Savides. Avez-vous cherché à explorer de nouvelles pistes, après le style visuel très naturaliste de Margot Va Au Mariage ?

Noah Baumbach : MARGOT était un film dont la mise en scène était plus âpre, et que nous avons largement tourné caméra à l’épaule, en utilisant de très vieux objectifs. On voulait qu’il y ait un vrai sens de l’espace dans Greenberg. Même si le film parle d’un homme qui essaie de ne rien faire, le monde autour de lui est vaste, animé et beau. On a donc utilisé des objectifs grand angle. On s’est repassé des films comme PLAY IT AS IT LAYS de Frank Perry, et on s’est plongé dans les photos de William Eggleston et d’Ed Ruscha.

La scène de la soirée s’inscrit dans la tradition cinématographique des grandes fêtes spectaculaires qui évoluent en crescendo, à la fois sur un plan psychologique et sur un plan physique. Comment avez-vous dirigé les acteurs qui tiennent des premiers rôles, comme Brie Larson et Juno Temple, et ceux qui ont des seconds rôles, comme Dave Franco, pour que la séquence soit la plus fluide possible ?

Noah Baumbach : On l’a tournée comme s’il s’agissait d’une vraie fête. On a demandé à Brie et Juno d’inviter leurs amis. Tout le monde s’est comporté avec naturel, et les conversations entre convives n’étaient pas feintes. Pour dire les choses rapidement, ils ont fait la fête cinq soirs d’affilée, et on était sur place pour les filmer.

La musique joue un rôle crucial dans le film. Il y a à la fois la musique qu’écoutent les personnages, et celle qui illustre les images. Cette dernière donne de l’épaisseur aux personnages et nous aide à mieux comprendre les tentatives d’approche de Florence par Greenberg. Pouvez-vous nous dire un mot de la musique de James Murphy ?

Noah Baumbach : Je n’avais jamais autant utilisé de musique jusque-là. Je venais de réaliser Margot Va Au Mariage, où il n’y a pas de musique, mais que des chansons. Alors qu’on roulait dans Los Angeles avec Jennifer, et que New York nous manquait un peu (ou en tout cas me manquait à moi), on a entendu à la radio New York, I Love You But You’re Bringing Me Down. C’était la première fois que j’entendais une chanson du groupe LCD Soundsystem, et j’ai trouvé cela tellement génial que j’ai acheté le disque.

Le regard de James Murphy sur New York et sur le passage à l’âge adulte m’a fait penser à un autre point de vue sur Greenberg, et j’ai beaucoup écouté sa musique en écrivant le scénario. J’ai alors noté dans un coin de mon cerveau qu’il faudrait que je me renseigne sur ce groupe au moment où je commencerai à m’intéresser à la musique du film. On s’est tout de suite très bien entendus avec James, et il se trouve qu’il avait prévu d’enregistrer son nouvel album à Los Angeles au moment du tournage. Il est donc venu sur le plateau, et a visionné les rushes. Ses chansons incarnent un personnage à part entière dans le film. La plupart des autres chansons – It Never Rains in Southern California d’Albert Hammond, The Chauffeur de Duran Duran, Uncle Albert/Admiral Halsey de Paul et Linda McCartney – étaient prévues dès le scénario. Ce sont les personnages qui m’y ont fait penser.

À propos des personnages, le titre du film est Greenberg, alors qu’on adopte au départ le point de vue de Florence. On s’attache à elle immédiatement car elle est vraiment adorable. Saviez-vous que le film commencerait de cette manière, ou est-ce une idée qui vous est venue après avoir confié le rôle à Greta Gerwig ?

Noah Baumbach : J’avais cette idée avant de rencontrer Greta, mais elle s’est imposée sur le tard. Dans les premières versions du script, on démarrait sur le personnage de Greenberg, qui était parfois même à New York. Je ne sais plus pourquoi j’ai voulu que le film s’ouvre sur Florence, mais je trouvais que cela sonnait juste et que ce n’était pas plus mal de retarder l’entrée en scène de Greenberg. Le début du film me fait un peu penser à un court métrage sur Florence, et puis ensuite elle laisse la place à Greenberg.

J’ai eu l’impression que l’empathie dont le film témoigne pour le personnage de Greta était d’ordre très personnel. Vous connaissez des femmes comme elle ?

Noah Baumbach : Oui, on connaît tous les deux de jeunes femmes comme Florence. Jason Leigh : Elle ne sait pas bien comment s’y prendre dans les rapports humains. Sa sexualité est encore un mystère pour elle. Il y a une innocence chez elle, mais pas de lassitude. Les coups qu’elle a reçus n’ont pas encore laissé de trace chez elle. Greta est la première comédienne que nous avons auditionnée pour le rôle. Elle a tellement bien cerné le personnage, dans toute sa complexité, qu’on s’est tout de suite dit qu’elle s’imposait dans le rôle. Greta a apporté une liberté et une sorte de maladresse lumineuse au personnage. Elle peut être à la fois très belle, et un peu godiche. Elle est drôle et attachante, et elle incarne tellement bien Florence que nous en sommes restés bouche bée.

Noah Baumbach : Greta s’est profondément retrouvée dans le personnage. Elle l’a même enrichi. Une fois qu’elle se l’est approprié, je me suis efforcé de lui laisser la bride sur le cou.

C’est la première fois que vous travaillez avec Ben Stiller. Avez-vous beaucoup répété ?

Noah Baumbach : Avec Ben, j’ai passé plusieurs semaines à travailler sur le personnage de Greenberg. La manière dont il est entré dans la peau du personnage m’a beaucoup impressionné et m’a énormément amusé. Il a un peu répété avec Greta, mais pas trop non plus puisque leurs personnages ne sont pas censés se connaître très bien et que je ne voulais donc pas qu’il y ait trop de complicité entre eux.

On apprend à connaître les deux protagonistes indépendamment l’un de l’autre : Greta quand elle dans sa voiture, et Ben à travers ses lettres. Qu’est-ce que les lettres représentent pour Greenberg ? Et que symbolisent-elles pour vous ?

Noah Baumbach : C’est une manière pour lui de canaliser son énergie, sa passion, sa colère et sa frustration. Cela témoigne d’une certaine agressivité chez lui, mais qui ne se manifeste pas sur le coup. C’est typique de Greenberg. Par ailleurs, comme il y a beaucoup de dialogues dans mes films, le fait que mes personnages soient parfois seuls, chacun de leur côté, nous donne des moments de respiration. J’aime bien ça au cinéma – lorsque les personnages sont seuls et qu’on les découvre sous un jour plus intime.

C’est là un sujet majeur dans le film. L’environnement, lui aussi, est très important : la musique de James, les bruits de la ville, des oiseaux, des aspirateurs de feuilles, des piscines, des voitures etc. Nous avons enregistré tous ces bruits séparément pour qu’on puisse obtenir une véritable ambiance sonore. Et puis, les comédiens ont été épatants. Ben réussit à exprimer des émotions et des réflexions qui lui passent par la tête, sans rien dire et – en apparence – sans rien faire ou presque.

Qu’est-ce qui a provoqué la dépression nerveuse de Greenberg ? Et qu’en pense-t-il lui-même ?

Noah Baumbach : Il n’a pas du tout anticipé cette dépression, et cela l’a totalement paniqué. Il a toujours cherché à maîtriser ce qui se passe dans sa vie, et puis il se retrouve embarqué dans des histoires sur lesquelles il n’a aucune prise – et c’est ce que montre le film. Greenberg évolue énormément au cours du film. Au départ, lorsque Florence vient chercher son chèque, et qu’il écoute une chanson – d’Albert Hammond – sur son iPod, il est assez réservé, voire timide. Par la suite, lorsqu’on lui chante "Joyeux anniversaire", il ne peut pas s’empêcher de se mettre en colère.

Avec Ben, on a beaucoup évoqué le fait que Greenberg essaie constamment d’éviter de se retrouver dans des situations embarrassantes. Il fait tout pour s’épargner l’humiliation, ce qui, bien entendu, est impossible. Je pense néanmoins que sa dépression va bien au-delà de tout ça : tout s’est effondré chez lui – son corps, sa vie sentimentale, son psychisme. Il ne parle à personne de sa dépression, mais il tente plutôt de la dissimuler. D’après moi, les gens qui ont subi des chocs affectifs ne changent pas forcément du jour au lendemain. C’est d’ailleurs intéressant que la seule personne à qui il se confie soit Beth dont il était très proche il y a une quinzaine d’années, mais qui n’est plus qu’une simple relation aujourd’hui.

Jennifer, saviez-vous d’emblée que vous alliez jouer le rôle de Beth ?

Jason Leigh : Ce n’était pas prévu au moment de l’écriture. Mais quand on a commencé à réfléchir au casting, on s’est tout à coup rendu compte que c’était une bonne idée. J’étais ravie de donner la réplique à Ben Stiller et de tourner cette scène difficile dans le restaurant ...

Beth est réellement allée de l’avant, contrairement à Ben qu’elle a aimé autrefois. En tant que comédienne, j’ai bien aimé l’humour de cette séquence, et j’ai trouvé intéressant qu’on comprenne à ce moment-là à quel point Greenberg est encore obnubilé par les blessures qu’il a infligées aux autres et par les relations passées qu’il n’a pas réussi à surmonter, et qu’on découvre son incapacité à vivre dans le présent.

On rit parce que l’angoisse et la gêne de Greenberg sont irrésistibles. Mais dans le même temps, à l’instar de Florence, on est ému par ce personnage et sa vulnérabilité. Par exemple, dans la scène de l’anniversaire, grâce à la nervosité du montage, on ressent ce qu’il éprouve à ce moment-là. Comment avez-vous monté cette séquence ?

Noah Baumbach : Nous avons tourné cette séquence dans l’ordre chronologique, mais au moment du montage, la scène nous a semblé trop longue. Ça ne fonctionnait pas. Il y a, dans Macadam Cowboy, une scène de fête où se rendent Jon Voight et Dustin Hoffman qui évoque la Factory d’Andy Warhol. Mais cette scène est montée de manière éclatée et on ne capte que des bribes de conversation. Du coup, on s’est dit que cela pouvait être intéressant de monter la séquence de l’anniversaire telle que la vit Greenberg, et non plus de manière linéaire.

Cela a immédiatement changé notre perspective car on avait retrouvé ce que j’avais voulu exprimer dans le scénario, bien que le montage ne suive plus fidèlement l’ordre de la séquence. Si on n’est pas à l’aise en société ou dans une soirée, on a du mal à se sentir bien. Par exemple, les gens se présentent en vous donnant leur nom, et vous n’arrivez pas à les écouter. Greenberg fait une petite crise d’angoisse pendant la fête parce les convives ont tous l’air très à l’aise et heureux d’être là, ce qui n’est pas son cas.

Pouvez-vous me parler de la relation entre Ivan et Greenberg ? Pourquoi Ivan accepte-t-il de le revoir ? Et que pense-t-il de Greenberg ?

Noah Baumbach : Pour moi, Ivan a encore beaucoup d’affection pour Greenberg. Même quand on a beaucoup changé et évolué, et même quand on s’est éloigné de certaines personnes, on a du mal à ne pas leur retomber dans les bras en les revoyant. Ivan a beaucoup changé : il ne boit plus, il est marié et il a un enfant. Au contraire, Greenberg est à peu de choses près le même qu’il était quand il a rencontré Ivan, sauf qu’il a 20 ans de plus. Ivan a peur de retomber dans ses vieilles habitudes, et Greenberg aimerait bien renouer avec leur vieille complicité. Et leur relation ne fonctionne pluscomme avant.

C’est toujours intéressant de voir à quel point les vieilles blessures peuvent se rouvrir facilement, même lorsque les gens s’imaginent les avoir surmontées. À la fin du film, ils s’engueulent à propos d’un événement qui a eu lieu il y a 15 ou 20 ans – ce qui est idiot car ils devraient l’avoir dépassé. Mais la réalité émotionnelle de cet événement est toujours très présente, ce qui est assez triste.

Le film se teinte de gravité lorsqu’il évoque l’époque où Greenberg a pris une décision qui a changé le cours de sa vie. Il semble s’en apercevoir pendant son déjeuner avec Beller ...

Noah Baumbach : Il commence tout juste à en prendre conscience pendant le déjeuner, mais il n’est pas encore prêt à reconnaître quoi que ce soit. Il est toujours sur la défensive et il se réfugie derrière ses idées d’adolescent et ses histoires qu’il se raconte pour justifier ses choix. Il est toujours orgueilleux, même s’il a renoncé à être un artiste parce que ses idéaux, en apparence, sont admirables. Mais ce sont aussi des barrières de protection et des moyens de se cacher le fait qu’il a été angoissé.

Et il a encore plus peur aujourd’hui. On retrouve cette idée dans le film : on est toujours insatisfait sauf si la vie nous offre ce dont on rêve depuis qu’on est gamin. Je trouve cela très touchant chez Greenberg. Ce serait désormais trop douloureux de changer de comportement. Et il souffre précisément parce que sa vie ne correspond pas à l’idée qu’il s’en faisait quand il était plus jeune. Du coup, cela le met en colère !

On en prend pleinement conscience à travers sa relation avec Florence. Qu’est-ce qui explique qu’il arrive à s’épancher à la fin du film ?

Noah Baumbach : C’est un processus progressif. Il est dans une phase de remise en question. Au bout du compte, les médicaments, la fatigue, la présence des jeunes, l’angoisse de perdre l’amitié d’Ivan – tout cela fait tomber ses défenses. Et il s’épanche sur un répondeur, ce qui lui facilite la tâche puisqu’il ne parle à personne en direct.

Cela fonctionne tellement bien ...

Noah Baumbach : C’est typique de lui : il est à la fois dans l’instant présent et dans le passé puisqu’il s’agit d’un message qu’il a laissé la veille, même s’il est là lorsqu’elle l’écoute.

Pensez-vous que c’est un couple qui a de l’avenir ? Et que Greenberg restera en Californie ?

Noah Baumbach : Je suis de tout cœur avec eux, mais cela n’a pas grande importance. Le plus important, c’est qu’il soit là pour elle à ce moment-là et qu’il reste auprès d’elle.

Ils ont tous les deux fait pas mal de chemin.

Noah Baumbach : Florence ne met que très peu de distance entre elle et les autres, alors que Greenberg ne cesse d’en créer. Florence est prête à accepter beaucoup de choses chez l’autre si elle croit en lui, et elle discerne quelque chose qui la touche chez Greenberg : de la douceur et de la fragilité. Elle a raison et à la fin, elle est récompensée pour sa ténacité.

Et Greenberg réussit à surmonter ses vieilles habitudes pendant quelque temps. C’est fondamental pour eux deux de trouver ce moment de grâce. C’est un film qui capte des tas d’instants entre des êtres, et c’est ce que les comédiens ont si bien réussi à exprimer. C’est, entre autres, ce qui explique que j’aime tant faire des films.

Source : www.commeaucinema.com
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evene - Marion Haudebourg
 
Coscénariste de Wes Anderson, Noah Baumbach n'en est pas à son premier personnage de loser quelque peu fantasque. Greenberg – le dernier en date, interprété par un Ben Stiller étonnant – est cependant plus grave. Dépressif, seul, il est surtout en colère. Contre tous (il passe son temps à écrire des lettres de réclamation) mais avant tout contre lui-même. 'Greenberg' est le portrait d'une maladresse, d'une inadaptation aux rapports humains qui touche autant Greenberg que Florence, sa comparse féminine – émouvante Greta Gerwig. Dans cette description, Noah Baumbach est d'une grande justesse, autant dans sa mise en scène, à la fois aérienne et claustrophobe, que dans l'écriture. Les dialogues sont d'une telle richesse qu'ils sont malheureusement parfois mal rendus par la traduction. De cette plongée dans un Los Angeles méconnu, loin des habituels clichés de Sunset Boulevard, ressort une mélancolie, une ambiance douce-amère, rendue légèrement poisseuse par la tension existant entre les personnages. (...)
  Source : www.evene.fr
   
lesinrocks - S.Kaganski
 

Ben Stiller en bête à névroses qui se risque timidement à l’amour. Une comédie flippée très réussie, par le scénariste de Wes Anderson.

(...) Cette trame relativement classique doit beaucoup à ses acteurs principaux. Tout le monde connaît Ben Stiller, mais il parvient toujours à surprendre. Distillant dans plusieurs séquences sa drôlerie zinzin, il l’enrichit ici d’une profondeur dramatique inédite virant même par moments vers des zones inquiétantes. On ne connaissait pas Greta Gerwig et c’est une fameuse découverte : tour à tour charmante, godiche, émouvante, drôle, elle électrise le film à chacune de ses scènes, tout en composant un personnage complexe et sensible. Le britishissime Rhys Ifans est très bon aussi. L’écriture de Baumbach est en symbiose avec les hauts et les bas de ses personnages, les pleins et les déliés de ses acteurs. Le réalisateur peut faire alterner une pure veine comico-triviale ado (...) avec une scène d’introspection borderline (...).

(...) Greenberg est aussi prodigue en détails angelenos qu’un Woody Allen peut l’être en touches typiquement Manhattan. Les barbecue parties au bord de la piscine, la place centrale de la voiture, la promiscuité ou proximité illusoire entre maîtres et domestiques, la solitude des trentenaires dans un tissu urbain éclaté qui ne favorise pas les rencontres, le luxe obligé des apparences, tout cela est consanguin à la mégapole de la Californie du Sud.

Aussi, quand le film montre un jour de pluie battante, ou Roger en piéton transpirant pour ramener ses courses et grimper les collines, la critique en creux du L. A. way of life n’en est que plus saillante. Mais le plus important vecteur critique du film est Roger lui-même, pour son état dépressif autant que pour son oisiveté revendiquée. Ne rien faire, juste glander, réfléchir, se tenir en marge du système productif est peut-être l’attitude la plus séditieuse au pays des workaholics et des winners. (...)

  Source : www.lesinrocks.com
   
telerama - Aurélien Ferenczi
 

Ce pourrait être une blague dans un film de Woody Allen : l'histoire d'un type tellement déprimé qu'il finit par filer sa neurasthénie à son chien. Une scène amusante de Greenberg montre ainsi humain et animal également astreints à de complexes pharmacopées... Mais, excepté la référence (justifiée) au maître Woody, ce résumé est trop peu flatteur pour le troisième film de Noah Baumbach (auteur des Berkman se séparent, coscénariste attitré de Wes Anderson), cocasse, émouvant, profond.

(...)Ben Stiller, qui a manifesté un beau tempérament d'acteur et de réalisateur de comédies (de Zoolander à Mon beau-père et moi), montre ici un visage inédit : il a maigri, trimbale une longue et triste figure, qu'une coiffure broussailleuse, légèrement asymétrique, rend encore plus singulière. L'impression de voir un type un peu bancal, à la fois fragile et agressif, insupportable et touchant.

(...) Florence est jouée par une actrice que l'on découvre, la blonde Greta Gerwig, quelques films indépendants new-yorkais à son actif. Une révélation : mélange de charme et de gaucherie, d'humour et d'autodépréciation permanente. On songe à une héroïne rohmérienne, et on l'épouserait sur-le-champ.

Ce qui va se passer, difficilement, douloureusement, entre ces deux-là fournit la trame de cette anticomédie romantique : tous les passages obligés du genre (premier rendez-vous, première étreinte, etc.) sont ainsi malmenés par ces deux personnages inaptes au bonheur, en bisbille avec eux-mêmes et le monde. Il faut voir comment Greenberg, goujat pris de panique, plante à plusieurs reprises la dame pour s'enfuir seul, en taxi ou à pied, dans la nuit de Los Angeles ... Le paradoxe est que moins Greenberg semble être une comédie romantique, plus il en est une, montrant l'attendrissant trajet du désir qui chemine. Les gens blessés blessent les gens, explique Florence (en anglais, par le jeu des invariables, ça donne "hurt people hurt people", qui sonne mieux). Non, il arrive que les gens blessés se soignent entre eux. Leur dernière scène est magnifique.

Le film ne se limite pas à cela : à Los Angeles, Greenberg retrouve d'anciens amis, à commencer par Ivan (joué par l'amusant acteur gallois Rhys Ifans). On apprend peu à peu que, quinze ans plus tôt, ils formaient un groupe de rock, sur le point de passer pro, que Greenberg saborda seul. D'où sa culpabilité, d'où peut-être sa dépression, et sa procrastination d'aujourd'hui. Qu'il croise ses ex-potes, tous avec enfants, ou celle qu'il aima jadis (Jennifer Jason Leigh) et qui le prend très ostensiblement pour un cinglé, il court après le temps perdu. On le comprend d'autant mieux lors d'une longue scène au cours de laquelle il s'incruste dans une fête donnée par de très jeunes gens. Choc des générations, mélancolie puissante et dénouement de l'épi­sode par un hommage évident à La Dolce Vita : un drôle d'animal tombe dans la piscine, comme le monstre marin sur la plage fellinienne. Chacun l'observe, interdit, et c'est bien sûr le double égaré du personnage principal et son possible destin tragique... Confirmation de l'impression tenace et douloureuse : nous sommes tous des Greenberg !

  Source : www.telerama.fr
   
critikat - Fabien Reyre
 

On connaît l’univers pop et salingerien de Wes Anderson, son cinéma légèrement surréaliste peuplé de personnages mélancoliques, extraordinairement romanesques (une forme qui atteignait son apogée avec le splendide Fantastic Mr Fox). On connaît moins les films de Noah Baumbach, co-scénariste d’Anderson sur ce dernier film et sur La Vie aquatique : plus sombres, plus naturalistes aussi, ses œuvres dissonantes et amères sont moins aimables, mais ne manquent pas d’intérêt − à l’image de ce beau Greenberg, grinçant et lumineux, magnifié par un Ben Stiller épatant.

À la sortie du joli Les Berkman se séparent en 2006, chronique en partie autobiographique de la dislocation d’une famille d’intellectuels dans le Brooklyn des années 1980, Noah Baumbach offrait un intéressant contrepoint à La Famille Tenenbaum de Wes Anderson. En opposant aux sublimes génies dépressifs issus de l’imagination fertile de son comparse une famille tout aussi dégénérée, mais plus ancrée dans la réalité, Baumbach poussait sa mélancolie jusqu’à un point de non-retour, grattant l’air de rien des plaies encore à vif, sans esprit de revanche mais avec l’envie de se frotter sans ambages à des souvenirs à la fois heureux et douloureux. Son film suivant, Margot at the Wedding (2007), inexplicablement inédit en France en dépit de son casting luxueux (Nicole Kidman, Jennifer Jason Leigh, Jack Black), poursuivait cette veine naturaliste, mais de façon nettement moins convaincante. Étouffés par leur aigreur, les personnages (deux sœurs ennemies qui se retrouvent pour le mariage de la cadette) finissaient par se vautrer dans leur bile – le film évoquant ainsi plus les travers poseurs du cinéma indé américain que l’hommage annoncé aux films de Rohmer (le titre et le nom du personnage de Jennifer Jason Leigh sont un clin d’œil à Pauline à la plage).

Rapidement labellisé « cinéaste East Coast » (new-yorkais, lettré, cinéphile), Noah Baumbach s’amuse de sa propre caricature dans Greenberg, son dernier film, en mettant en scène le retour d’un New-Yorkais dépressif et inadapté sous le soleil de Los Angeles, dans la villa avec piscine de son frère parti en vacances avec femme et enfants. (...)

Roger Greenberg est insupportable. Bâtir un film entier sur un personnage détestable est terriblement casse-gueule – on se souvient avec peine du récent Persécution de Patrice Chéreau, entièrement construit autour de l’aigreur du personnage incarné par Romain Duris. L’exercice est ici d’autant plus difficile que Baumbach ne cherche jamais à excuser son héros en lui donnant des circonstances atténuantes (c’est un raté et un lâche, point) ou en lui conférant une folie douce qui sentirait d’emblée la facilité scénaristique. Le réalisateur semble ne pas pouvoir s’empêcher de dresser le portrait d’Américains aussi brillants et cultivés (les héros de Les Berkman se séparent étaient profs de fac, Nicole Kidman dans Margot va au mariage est écrivain) qu’inaptes au bonheur familial et à l’épanouissement amoureux, comme si l’enrichissement intellectuel était incompatible avec l’équilibre affectif – ça sent le vécu… Pourtant, en quittant les bords de mer rocailleux de la côte est des États-Unis pour les palmiers de Los Angeles, Baumbach évite les écueils qui plombaient son précédent long métrage. Plongé dans un environnement qui lui est peu familier et qu’il méprise, le cynisme de Roger Greenberg devient plus pathétique qu’agaçant, révélant progressivement les failles du personnage à mesure que se développe sa relation avec Florence.

S’il signe quelques scènes de comédie pure qui illustrent à merveille l’inconfort de Greenberg en société, Noah Baumbach maintient de bout en bout l’ambiguïté de son personnage, dont on ne sait jamais vraiment s’il est entièrement responsable de ses malheurs et de ses échecs ou victime de sa propre lucidité et de l’insensibilité de son entourage (son frère, son ex, sa nièce et tous les jeunes californiens décérébrés qu’il côtoie lors d’une grandiose scène de party sous coke). De ses discussions à bâtons rompus avec Ivan, l’ami perdu et peut-être retrouvé, à la prise de conscience progressive de son affection pour Florence, Roger Greenberg est un personnage en constante évolution, riche des nuances qui font souvent défaut aux études de caractère produites par le cinéma américain de nos jours – aujourd’hui, seules quelques séries télévisées peuvent réellement prétendre à une telle complexité scénaristique. Ce qui n’empêche pas le réalisateur de soigner sa mise en scène – fluide, faussement dilettante, en harmonie totale avec son personnage – même si, à l’inverse des films de son comparse Wes Anderson, le cinéma de Noah Baumbach est plus une affaire de mots qu’une question de style. Et de direction d’acteur, aussi : pour ceux qui en doutaient encore, Ben Stiller confirme un talent sidérant, très loin de ses pitreries hollywoodiennes habituelles, voilant ses regards angoissés d’une tristesse infinie.

  Source : www.critikat.com
   
 le monde
 

Roger Greenberg est dépressif, il vit d'ordinaire à New York. Il ne faut toutefois pas confondre cette brillante création comique avec un personnage de Woody Allen. Imaginé par le réalisateur et scénariste Noah Baumbach, incarné par Ben Stiller, Greenberg n'est pas du genre à exprimer sa misère à coups d'aphorismes désopilants. C'est un bloc de déprime amère qui suscite une multitude de catastrophes dès qu'il tente d'entrer en contact avec le reste de la société.

Greenberg, le film, est aussi une histoire d'amour, l'antithèse exacte de ces comédies romantiques qui ne font ni rire ni rêver : une succession de rencontres et de malentendus faite de moments empruntés à la réalité quotidienne. Cette trivialité distille pourtant une sensation qui transforme cette étude de caractère en... comédie romantique, une vraie, drôle, émouvante. (...)

Le portrait de Roger Greenberg suffirait à nourrir le film. Ben Stiller prête à la géométrie étrange de son visage (qui se situe en une dimension inconnue du reste du genre humain, à l'intersection de la séduction et de la monstruosité comique) une opacité vaguement inquiétante qu'on ne lui connaissait pas. Il n'y a plus trace du pitre de Zoolander, du -gentil Auguste de La Nuit au musée. Stiller ne craint toujours pas le ridicule.

Roger Greenberg consacre une bonne partie de son temps de veille à la rédaction de lettres de protestation aussi vaines que pédantes (au sujet de la taille des sièges d'avion, du service dans les chaînes de fast-food...), il ne tient jamais compte de la situation ou des sentiments de ses interlocuteurs avant de s'exprimer. Ces ridicules font rire, effectivement, mais il n'est pas besoin d'attendre la réplique "Les gens qui ont mal font mal", que prononce le héros, pour discerner la psyché médiocre et sans issue dans laquelle se débat Greenberg. L'enfer c'est lui-même.

Noah -Baumbach, collaborateur de Wes Anderson, réalisateur du remarquable Les Berkman se séparent (2005), a quitté son New York natal pour ce film, qu'il a écrit avec son épouse, l'actrice Jennifer Jason Leigh (elle tient ici le rôle d'une ex qui a su avancer dans sa vie). Los Angeles - son brouillard qui voile le soleil, ses espaces indéterminés, ses codes sociaux exotiques - est filmé avec un mélange d'étonnement et d'incompréhension qui va bien au désarroi de Greenberg.

La ville trouve son expression dans le joli personnage de Florence, qui se tient gauchement et gracieusement au seuil de l'âge adulte. Greta Gerwig est assez formidable de naturel, dans un rôle qui suppose que son personnage refuse toute forme de représentation sociale, de dissimulation. Entre Florence et Greenberg, tout commence par un moment d'intimité physique aussi embarrassant pour le spectateur que pour les personnages. Cette liaison pourrait dériver sans but, comme son héros. Noah Baumbach a eu la force d'aller à l'encontre de sa pente naturelle, et fait avancer son film dans une direction imprévue, pour ce chantre du mal-vivre, et tout à fait réjouissante.

  Source : www.lemonde.fr
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