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Titre
original |
Crazy Heart |
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Réalisation |
Scott Cooper |
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Scénario |
Scott Cooper |
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D'après |
Le roman Crazy Heart de Thomas Cobb |
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Interprétation |
Jeff Bridges (Bad Blake), Maggie Gyllenhaal (Jean Craddock), Robert Duvall (Wayne), Ryan Bingham (Tony), Tom Bower (Bill Wilson), James Keane (le manager), Beth Grant (Jo Ann), Rick Dial (Wesley Barnes), Paul Herman (Jack Greene) ... (Casting complet sur Allocine.fr) |
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Musique |
T-Bone Burnett, Ryan Bingham & Turner Stephen Bruton |
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Photographie |
Barry Markowitz |
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Pays |
USA |
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Année |
2009 |
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Durée |
1h51’ |
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Genre |
Drame, Musical, Romance |
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Distributeur |
20th Century Fox |
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Site officiel |
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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le jeudi 10 juin 2010 |
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Le film est projeté en version originale anglaise et espagnole sous-titrées en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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Il fut l'un des plus grands, il inspira des générations de chanteurs, mais aujourd'hui, Bad Blake (Jeff Bridges) n'est plus que l'ombre de lui-même. De salles de concert miteuses en motels de seconde zone, Bad ressert sans flamme ses anciens succès aux derniers fans qu'il fait se déplacer. Quand sa route croise celle de Jean, une jeune journaliste locale (Maggie Gyllenhaal), Bad retrouve goût à la vie. Mais il doit puiser dans ce qu'il a de plus précieux - sa musique - pour éviter de se laisser rattraper par ses vieux démons, l'alcool et l'autodestruction ... |
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Academy Awards (Oscars) 2010 |
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- Récompense de la meilleure chanson pour un long métrage (Best Achievement in Music Written for Motion Pictures, Original Song) décernée à Ryan Bingham & T-Bone Burnett pour la chanson "The Weary Kind"
- Récompense du meilleur acteur dans un premier rôle (Best Performance by an Actor in a Leading Role) décernée à Jeff Bridges
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Boston Society of Film Critics Awards 2009 |
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- Récompense de la meilleure musique dans un film (Best Use of Music in a Film)
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Broadcast Film Critics Association Awards 2010 |
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- Récompense du meilleur acteur décernée à Jeff Bridges
- Récompense de la meilleure chanson (Best Song) décernée à T-Bone Burnett & Ryan Bingham pour la chanson "The Weary Kind"
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Costume Designers Guild Awards 2010 |
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- Récompense des meilleurs costumes (Excellence in Costume Design for Film - Contemporary) décernée à Doug Hall
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Golden Globes 2010 |
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- Récompense de la meilleure chanson dans un long métrage (Best Original Song - Motion Picture) décernée à T-Bone Burnett & Ryan Bingham pour la chanson "The Weary Kind"
- Récompense du meilleur acteur dans un premier rôle pour un long métrage (Best Performance by an Actor in a Motion Picture - Drama) décernée à Jeff Bridges
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Independent Spirit Awards 2010 |
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- Récompense du meilleur film (Best First Feature) décernée à Scott Cooper (Réalisateur/Producteur), Robert Duvall (Producteur), Rob Carliner (Producteur), Judy Cairo (Producteur), T-Bone Burnett (Producteur)
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Las Vegas Film Critics Society Awards 2009 |
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- Récompense de la meilleure chanson (Best Song) décernée à T-Bone Burnett & Ryan Bingham pour la chanson "The Weary Kind"
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Los Angeles Film Critics Association Awards 2009 |
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- Récompense du meilleur acteur décernée à Jeff Bridges
- Récompense de la meilleure bande originale (Best Music/Score) décernée à T-Bone Burnett & Stephen Bruton
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Palm Springs International Film Festival 2010 |
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- Récompense Frederick Loewe Award for Film Composing décernée à T-Bone Burnett
- Récompense Desert Palm Achievement Award décernée à Jeff Bridges
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Phoenix Film Critics Society Awards 2009 |
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- Récompense de la meilleure chanson originale (Best Original Song) pour la chanson "The Weary Kind"
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Satellite Awards 2009 |
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- Récompense de la meilleure chanson originale (Best Original Song) décernée à T-Bone Burnett & Ryan Bingham pour la chanson "The Weary Kind"
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Screen Actors Guild Awards 2010 |
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- Récompense dumeilleur acteur dans un premier rôle (Outstanding Performance by a Male Actor in a Leading Role) décernée à Jeff Bridges
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Scott Cooper, Acteur, Réalisateur, Scénariste. Scott Cooper est un jeune réalisateur au parcours quelque peu atypique.
Il est d'abord acteur pendant longtemps avant de passer derrière la caméra. Ses premières apparitions sont des rôles secondaires dans des films sortis directement en dvd. Son premier rôle sur grand écran est une figuration dans Austin Powers 2. Il a aussi connu de très brèves apparitions dans des séries télévisées américaines : telles X-Files en 1999 et Washington Police en 2001.
Il continue pendant tout ce temps de multiplier les rôles dans des direct-to-dvd jusqu'en 2006.
Ce n'est qu'en 2009 qu'il amorce son évolution. Il co-produit et écrit le scénario d'un thriller dont il est également l'acteur principal. Le film ne rencontrera pas de succès et ne sera pas distribué en salle. Cependant cela ne l'arrête pas et la même année il produit, scénarise et met en scène le film Crazy Heart.
Il s'agit cette fois d'une pure et simple adaptation du roman éponyme à succès.
C'est avec ce film qui compte Jeff Bridges et Maggie Gyllenhaal à son casting qu'il fait ses premiers pas en tant que réalisateur.
Source : www.toutlecine.com
Toute la filmographie de Scott Cooper en tant que :
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| Crazy Heart : “La Country, c’est trois accords et la vérité.” (Harlan Howard) |
L’auteur, producteur et réalisateur Scott Cooper – un homme du Sud qui a baigné dans les légendes exubérantes et les thèmes doux-amers de la Country – a toujours vu le personnage de Bad Blake comme le miroir des héros de la Country qu’il idéalisait plus jeune. Bad est peut-être un raté – irritable, irresponsable, alcoolique et parfois ridicule – mais c’est aussi un conteur hors pair, un éternel romantique, une âme en peine et un homme capable de suivre le chemin de la rédemption quand tout semble perdu. Le roman de Thomas Cobb avait été un succès critique.
Le New York Times Book Review a écrit à son propos : "le milieu résonne autant qu’une guitare électrique et l’intrigue avance en rythme, sans rater une mesure…". Kinky Friedman, star de la Country, auteur et homme politique, en a dit : "Les personnages sont tirés du coeur de ce qui fait l’Amérique – les bords de la route de l’Ouest, les salles de danse et les bars à bière, les grands concerts occasionnels… Et les sempiternelles chambres d’hôtel qui finissent par devenir ce qu’il y a de plus proche d’une maison pour les chanteurs de country… Bad Blake est un homme que vous n’oublierez pas de sitôt."
Mais en se mettant à l’écriture, Cooper dut faire face à la tâche ardue de traduire le mélange d’humour et de tristesse de Bad Blake, qui permettrait de mettre autant en lumière l’exubérance géniale de son talent musical, que la menace omniprésente de ses démons.
Tout cela vint de façon assez naturelle à Cooper. Il en rit même : "J’ai grandi avec cette musique, j’ai vécu dans le même monde que Bad Blake. Je sentais que si je n’étais pas capable de faire ça, ayant grandi dans le Sud et baigné dans le Country Rock, c’est qu’il y avait un problème." Je voulais vraiment saisir le mélange d’humour et de pathos qui constitue la vie de Bad, et lui ajouter de la légèreté. Bad est un vieux singe qui ne sait plus s’il peut faire la grimace, un homme qui passe perpétuellement de l’obscurité à la lumière, même si, quoi qu’il arrive, il se dirige toujours vers la rédemption."
Une fois le script terminé, Cooper s’est tourné vers un autre acteur et cinéaste, originaire du Sud, qui a longtemps été son mentor : Robert Duvall, qui a lui-même interprété le rôle d’un chanteur de country dans Tendre Bonheur. Cooper se souvient : "Lorsque vous envoyez un scénario à Robert Duvall et qu’il vous dit "oui", vous ne pouvez pas rêver mieux".
"Ce film rend honneur à une grande tradition américaine, la country music, un monde que je connais très bien et que je suis très heureux de retrouver après tant d’années. L’histoire m’a rappelé Tendre Bonheur, même si Horton Foote a pris une approche beaucoup plus douce. Crazy Heart est empreint de brutalité et s’attache à raconter la dure vie d’un homme qui se bat contre ses démons. C’est une histoire éternelle, mais Scott Cooper l’a abordée de manière assez novatrice, avec une sincérité et un point de vue que les gens n’avaient pas eu l’occasion de voir avant" explique Duvall.
Judy Cairo de Informant Media les rejoints ensuite dans l’aventure. Elle se souvient : "La Country fait partie de mes racines. Chaque personnage du film est complètement attaché au paysage américain." |
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| T Bone Burnett et Stephen Bruton écrivent les chansons de Bad Blake pour Crazy Heart |
Bad Blake fait corps avec sa musique, ce qui explique pourquoi l’écriture de ses chansons était aussi centrale dans le récit et se devait d’être 100% réelle et crédible, comme si les chansons provenaient de l’âme d’un chanteur de Country expérimenté et apprécié, même sur le retour. Personne ne pouvait mieux le faire que T Bone Burnett, qui a écrit la plupart des chansons de Blake avec Stephen Bruton.
Compositeur légendaire, Burnett a laissé sa marque sur l’ensemble de la culture pop contemporaine, sur des bandes originales aussi inoubliables que celles d’O’brother ou de Walk The Line, ainsi que sur un nombre important d’enregistrements pour des artistes aussi différents qu’Elvis Costello, Roy Orbison, Tony Bennett, K.D. Lang, Alison Krauss, Counting Crows, The Wallflowers, Sam Phillips, Gillian Welch, Ralph Stanley, et d’autres.
Il fallut presque un an aux producteurs pour réussir à récupérer Burnett, déjà occupé sur d’autres projets, mais lorsque Scott Cooper a finalement pu le rencontrer, ils se sont tout de suite entendus. Burnett s’est alors engagé sur le film, non plus juste pour écrire et composer les chansons du film, mais aussi en tant que producteur. "Sachant que Scott Cooper avait été musicien, et connaissait donc les réalités de la vie sur la route, il y avait là le formidable potentiel de faire un film qui retranscrirait l’expérience d’être musicien de manière totalement authentique." explique Burnett.
"Il m’a fait réaliser qu’il pourrait faire un film qui résisterait au passage du temps. Il s’y connaît beaucoup en Country, connaît très bien le Sud et le monde où tous ces personnages vivent."
Burnett demanda à son tour l’aide de Stephen Bruton, ami de longue date et guitariste, parolier et producteur, dont les chansons ont été enregistrées par des artistes comme Kris Kristofferson, Bonnie Raitt, Hal Ketchum, Willie Nelson, Waylon Jennings, The Highwaymen, Johnny Cash, Jimmy
Buffett et Martina McBride, parmi d’autres, et qui a produit les albums d’artistes comme Alejandro Escovedo, Marcia Ball et Jimmie Dale Gilmore .
Burnett se souvient : "Je reste impressionné par la force artistique et la force d’esprit dont Stephen a fait preuve tout au long du processus créatif alors même qu’il menait une rude bataille contre la maladie. Il a coécrit la plupart des chansons, a joué une grande partie de la partition du film, a coaché les acteurs, et a été sur le plateau tout au long du tournage, pour s’assurer que ce que l’on filmait était réaliste. Je crois qu’il y a beaucoup de Stephen dans Bad Blake. Stephen a vécu la même vie – à l’extrême."
Bruton avait effectivement de nombreuses affinités avec Bad, pour avoir passé de longues périodes de sa vie en bus de tournée, de relais routiers en relais routiers, loin de chez lui : "C’est une vie passionnante. La seule chose qui soit réelle, c’est le concert. Tu n’es jamais responsable de ce que tu as fait la veille, et c’est extraordinaire, un temps. Après, tu te retrouves vite bloqué. Il y a un certain moment où il faut arrêter de se regarder et traverser le miroir."
Burnett s’est lui aussi senti très proche du personnage. Il a très vite réalisé que Bad était un homme qui s’exprimait plus facilement en couplets et en refrains qu’à travers une conversation, en particulier si le sujet en était plus intime et personnel. Burnett remarque : "Bad dit : ‘J’ai été béni et maudit, et aucun de mes mensonges n’a été préparé,’ mais il reste très difficile pour lui de dire ce qu’il pense vraiment dans la vie. L’art, ce n’est pas toujours joli à voir. Et c’est pourtant là, dans toutes ses chansons. Et je pense qu’on peut dire la même chose des auteurs des chansons." |
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| “Tomber et Voler” Jeff Bridges se plonge dans Bad Blake pour Crazy Heart |
Jeff Bridges est un de ces acteurs caméléons que l’on connaît mieux pour les différents personnages inoubliables dont il a endossé le rôle, plutôt que pour lui-même. Ses performances mémorables et naturalistes incluent le charmant Texan Duane Jackson dans La dernière séance de Peter Bogdanovich (qui lui a valu sa première nomination à l’Oscar du Meilleur Second Rôle), l’insolent Lightfoot, partenaire d’un Clint Eastwood braqueur de banques dans Le Canardeur de Michael Cimino (sa seconde nomination à l’Oscar) ; l’informaticien Kevin Flynn, coincé dans un ordinateur dans le révolutionnaire Tron ; un extra-terrestre qui s’écrase sur terre dans Starman de John Carpenter (qui lui valu sa troisième nomination à l’Oscar, et la première pour un premier rôle); le pianiste Jack Baker dans le séduisant film romantique Susie Et Les Baker Boys ; Jack Lucas, l’impertinent présentateur radio de Fisher King ; Max Klein, le survivant d’un crash d’avion dans Etat Second ; l’ultime loser qu’est Jeff Lebowski, le "Dude", dans The Big Lebowski des frères Coen ; Le Président des États-Unis Jackson Evans, dans le drame politique Manipulations (qui lui valu sa quatrième nomination à l’Oscar) ; Le Super-Vilain Obadiah Stane dans le blockbuster Iron Man ; et, plus récemment, l’Officier de l’Armée Américaine Médium, Bill Django, dans Les Chèvres Du Pentagone.
Avec Bad Blake, Bridges voulait se fondre une nouvelle fois dans la peau d’un autre homme, exposant le génie et les défauts de Bad, sa solitude, sa folie et ses espoirs tout au long de la surprenante relation qui allait le lier à Jean Craddock et changer sa vie.
Pour Scott Cooper, le rôle avait toujours été destiné à Jeff Bridges : "Nous savions dés le début que nous voulions Jeff et personne d’autre. C’est un des acteurs américains les plus talentueux. Chaque geste qu’il fait à une raison; chaque chose qu’il fait est vraie. Et je savais que c’était déjà un musicien très talentueux."
Bridges avoue qu’il a tout de suite éprouvé une attirance quasi magnétique pour le scénario : "Il y avait tellement d’éléments extraordinaires. La musique, d’abord. Je joue de la musique depuis toujours. J’ai aussi adoré le scénario de Scott.
On s’est immédiatement entendus. Il connaît parfaitement la Country et son enthousiasme est tout à fait communicatif. Et puis il y avait Bad Blake, qui est un homme d’une humanité incroyable. Il est comme nous tous, bourré de qualités, mais d’encore plus de défauts ... "
Il ajoute: "C’était aussi l’occasion de travailler avec Bob Duvall, un de mes acteurs préférés, ainsi qu’avec quelques vieux amis – T Bone Burnett, Stephen Bruton et notre décorateur, Waldemar Kalinowski, avec lesquels j’ai travaillé sur La Porte Du Paradis."
Bridges a commencé par une approche musicale du film. Même en étant musicien (il a enregistré un album, Be Here Soon en 2000), arriver à assimiler la manière de jouer de Blake et tenir le rôle d’un homme qui fut une légende et qui joue aussi régulièrement que Bad Blake le fait dans le récit, étaient les clés du succès du projet, et un réel challenge pour lui. Pour s’immerger dans ce monde si particulier, Bridges a travaillé jours et nuits avec T Bone Burnett et Stephen Bruton – jouant et chantant, s’imprégnant de l’atmosphère – jusqu’à ce que cela devienne une seconde nature pour lui. C’est à ce moment là que le personnage a émergé, de manière totalement instinctive. |
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| Maggie Gyllenhaal révèle le coeur sauvage de Bad Blake dans Crazy Heart |
La vie de Bad Blake aurait sans doute continué comme toujours - d’une tournée de seconde zone à la suivante, d’un bar triste au suivant, d’un verre au suivant - s’il n’avait pas croisé le chemin de Jean Craddock. Après cette rencontre, Bad est déterminé à essayer de devenir meilleur qu’il ne l’a jamais été.
Il était si vital de trouver la Jean idéale pour que l’histoire d’amour de Bad sonne juste, que Jeff Bridges a fini par s’investir dans les séances de casting, et c’est au final lui qui a choisi Maggie Gyllenhaal. Gyllenhaal a été nommée deux fois au Golden Globe de la Meilleure Actrice, pour son rôle d’employée instable dans La Secrétaire, primé à Sundance, et pour son interprétation d’une ex-taularde tentant de repartir à zéro dans Sherrybaby, avant d’incarner avec succès l’avocate de Gotham City Rachel Dawes dans le blockbuster The Dark Knight. Mais ce fut l’énergie qui émergea entre elle et Bridges qui acheva de convaincre tout le monde qu’elle devait être Jean.
"Il y avait une incroyable alchimie entre elle et Jeff," révèle la productrice Judy Cairo. "Maggie n’a pas d’âge… C’est une vieille âme. Et elle est parfaite pour Jeff. Elle a quelque chose de terrien, de concret, qui suscite une grande empathie."
Gyllenhaal se prit immédiatement d’affection pour Jean, ayant le sentiment de la connaître : "C’est une vraie personne pour moi. Quelqu’un de fort par certains aspects, mais qui sait aussi qu’elle peut être faible, et c’est ce que je recherche chez les personnages que je joue : qu’ils sentent le vécu."
Pour jouer Jean, elle souhaitait incarner tout ce qui fait de Jean qui elle est : sa charmante naïveté de journaliste débutante, son dévouement acharné de mère célibataire, sa peur d’avoir à nouveau le coeur brisé, sa tendance à être attirée par l’excitation et les plaisirs que procurent les mauvais garçons, et plus que tout, ses sentiments irrésistibles pour Bad Blake.
Comme Maggie Gyllenhaal le fait remarquer : "Crazy Heart ne peut fonctionner que si on croit que Blake et Jean sont fou amoureux l’un de l’autre, malgré le fait qu’il est beaucoup plus âgé, et qu’ils semblent former un couple improbable, ils sont attirés l’un par l’autre comme des aimants. On doit sentir que Jean résiste à tout cela pour prendre des décisions rationnelles et raisonnables… et que ça lui est extrêmement difficile." |
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| ‘The Weary Kind’ Les seconds rôles de Crazy Heart |
Tandis que Bad Blake lutte pour trouver des concerts rémunérés, son ancien petit protégé, Tommy Sweet, a touché le jackpot en devenant une véritable superstar de New Country, se produisant dans des stades gigantesques devant des fans en délire et évoluant dans un univers de musique populaire que Bad pourrait à peine imaginer. Tommy devient à la fois un poids pour Bad tout en étant sa source de revenus lorsque celui-ci l’engage pour écrire des chansons sur son très attendu nouvel album. Pour jouer Tommy, les producteurs, ont souhaité un cameo surprise, qui contient une performance que Rob Carliner qualifie de "complètement inattendue".
Stephen Bruton avoue qu’il a été particulièrement impressionné par ce choix : "J’ai toujours vu Bad et Tommy comme des types piégés, l’un par l’échec, l’autre par le succès ; et aucun des deux ne peut exister sans l’autre, c’est ça le hic. On ressent une profonde admiration réciproque, tout en voyant les paradoxes qui les séparent. Et ce type qu’ils ont choisi sait carrément chanter !"
Complétant la distribution, Robert Duvall joue le rôle de Wayne Kramer, l’ami tenancier de bar de Bad, qui l’aide à remettre sa vie à l’endroit lorsque sa situation se dégrade. "Wayne est le genre d’ami qui vous met un coup de pied au cul quand c’est nécessaire", dit Duvall du personnage.
Et Scott Cooper d’ajouter : "Wayne Kramer est le repère moral de l’histoire. C’est lui qui est là pour Bad lors des épreuves qu’il traverse, c’est lui qui est là quand personne d’autre n’est là. Avec Robert chaque prise est si riche et si différente. C’est un virtuose." |
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| La vision du nouvel Ouest américain dans Crazy Heart |
L’histoire de Bad Blake se déroule dans les méandres de son monde, qui s’étend du Colorado au Nouveau-Mexique et au Texas, alors qu’il joue dans divers bars, clubs et même des salles de bowling, parcourant des étendues faites de vies fragmentées et traversées par la quête incessante des amours perdus ou jamais trouvés. En chemin, Crazy Heart ouvre de nouvelles perspectives sur l’Ouest américain, qui, peu importe la modernité croissante de la vie autour, reste sauvage à bien des égards. "Je voulais vraiment que le film ait une qualité intemporelle, explique Scott Cooper. Ce sentiment naturaliste qui émane des grands films intimistes des années 70. Du point de vue de la thématique, on a ces personnages et ces situations rudes, auxquels il fallait opposer un contrepoint visuel."
Pour saisir tout cela, Cooper a collaboré avec de nombreux artistes parmi lesquels le chef opérateur Barry Markowitz, connu pour son travail sur des films tels que De Si Jolis Chevaux, Le Predicateur, et Sling Blade ; le décorateur Waldemar Kalinowski, dont la filmographie comprend Appaloosa et Leaving Las Vegas, et le costumier Doug Hall (qui a travaillé avec Markowitz sur De Si Jolis Chevaux, Le Predicateur, et Sling Blade).
Markowitz a suggéré à Cooper de rompre avec l’intimisme des scènes d’intérieur en les équilibrant avec la familiarité des ciels infinis et des panoramas immenses offerts par le paysage. "Après tout, nous tournions dans un grand pays," remarque le chef opérateur. "Alors nous avons fini par tourner beaucoup de choses en extérieur, des plans qui nous ont forcés à rester debout à trois heures du matin ! L’idée était d’aérer l’histoire."
Pendant ce temps, Waldemar Kalinowski se concentrait sur 25 lieux dans la région de Santa Fe et Albuquerque, motivé par un défi qu’il qualifie de la sorte : "créer une tranche de vie américaine à la beauté classique d’une façon nouvelle et intéressante."
Pour créer les intérieurs de Bad Blake et Jean Craddock, Kalinowski s’est focalisé sur leur passé : "Des vestiges de leurs vies passées sont visibles dans Crazy Heart, particulièrement dans la maison de Bad, qui est une fenêtre sur qui il est et d’où il vient." Son travail s’étant surtout limité à des décors naturels à l’ambiance réaliste, le seul décor que Kalinowski a dû créer fut l’extérieur de la salle de Bowling où Blake rencontre Tony & The Renegades.
Deux des décors qui ont beaucoup apporté à l’atmosphère du film furent le Journal Pavilion, l’amphithéâtre extérieur de 12.000 places d’Albuquerque où se produit Tommy Sweet, et l’Opéra de Santa Fe, où sont tournées les scènes finales.
Le Journal Pavilion, une des principales salles de concert du Nouveau-Mexique, était déjà réservé depuis longtemps lorsque la production a demandé l’autorisation de tourner les séquences où Tommy Sweet se produit devant un public enthousiaste d’amateurs de country. Les producteurs ont finalement réussi à négocier avec le chanteur Toby Keith la permission d’utiliser la pause de dix minutes entre deux changements de décors de son concert pour tourner la séquence. |
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Adaptation d'un roman à succès
Crazy Heart est à l'origine un roman, le premier qu'a écrit l'Américain Thomas Cobb. Sorti en 1987, il est apprécié par la plupart des critiques. Ils saluent notamment la chronique d'une Amérique décalée qui se profile derrière le portrait d'un pathétique chanteur de country, entre tristesse et humour.
Nominations et récompenses
Jeff Bridges est nominé pour Crazy Heart aux Golden Globe de 2010, dans la catégorie meilleur acteur.
Les compositeurs T-Bone Burnett et Ryan Bingham sont quant à eux dans la course pour le golden globe de la meilleure musique de film avec la chanson «The Weary Kind". Le film a également remporté le prix de la meilleure utilisation de musique dans un film aux Boston Society of Film Critics Awards. Au Los Angeles Film Critics Association Awards, Jeff Bridges a gagné le prix du meilleur acteur et les compositeurs ont remporté l'award de la meilleure bande-son.
Jeff Bridges pousse la chansonnette
C'est la toute première fois que l'acteur joue un rôle de musicien. Cela ne l'a pas empêché d'interpréter lui-même toutes les chansons présentes dans les scènes musicales. Au point qu'il se réjouit de la nomination du morceau-thème du film aux golden globes au même titre que les compositeurs eux-mêmes : «Je suis heureux de partager cette nomination avec mes copains T-Bone Burnett et Ryan Bingham pour notre chanson thème pour Crazy Heart" a-t-il déclaré après l'annonce des nominés.
Un air de déjà vu
Le personnage de Bad Blake en rappelle un autre, déjà joué auparavant par Jeff Bridges. Les amateurs des frères Cohen auront fait l'analogie dès l'affiche du film, il s'agit du «Duc", héros déjanté et décontracté de The Big Lebowski. Même goût pour la boisson, même dégaîne (cheveux longs et barbe)... mais la ressemblance s'arrête là. Bad Blake se veut plus réaliste, beaucoup moins drôle et surtout, plus vieux. Un Lebowski version abîmée qui rapelle que la vie n'est pas un jeu.
Une révélation pour Scott Cooper
C'est le premier film du jeune réalisateur Scott Cooper, et on peut parier que ce n'est pas le dernier. Au départ acteur de seconde zone, il assure avoir trouvé sa voie dans la réalisation. Ce nouveau statut lui plaît : «écrire et réaliser un film est bien plus gratifiant qu'être acteur" confie-t-il à l'occasion au L.A. Times. Ce ne sont pas les critiques dithyrambiques de la presse américaine qui vont le décourager. |
| Source : www.toutlecine.com |
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À la soirée des Golden Globes, on pouvait voir un Scott Cooper rayonnant lorsque l’acteur Jeff Bridges s’est rendu scène pour recevoir le prix du Meilleur acteur, pour son interprétation de Bad Blake, le personnage principal du film Crazy Heart.
C’était la seconde statuette récoltée par Crazy Heart, la première ayant été attribuée à T Bone Burnett et Ryan Bingham pour la Meilleure chanson, The Weary Kind (Theme from Crazy Heart). Pas mal du tout pour le premier film écrit, réalisé et produit par un jeune réalisateur qui, jusqu’à tout récemment, était surtout connu comme acteur dans des films tels que Gods and Generals ou Austin Powers: The Spy Who Shagged Me.
Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec lui, à la veille des Golden Globes, alors qu’il se trouvait à Philadelphie, complétant un marathon promotionnel à travers les États-Unis avant de rentrer à Los Angeles pour, justement, la cérémonie des Golden Globes. Nous avons commencé par parler de l’authenticité qui ressort de son film, autant dans les décors et paysages du sud-ouest américain que l’on y découvre que dans le jeu des acteurs.
Scott Cooper : Je voulais que l’on sente que quelqu’un comme Dorothea Lang, la grande photographe américaine, l’avait saisi à travers son objectif, ou Walker Evans, qui a documenté la vie en Amérique. Je voulais que le film dégage cette atmosphère. Je voulais que l’on sente que les gens que l’on voit dans le film avaient du vécu, des gens comme ceux que je rencontre quand je voyage à travers le pays, parce qu’ils sont souvent oubliés. Hollywood n’aime pas les montrer, Hollywood aime montrer des gens qui sont beaux à mourir, et ça ne m’attire pas. Pas que Jeff, Maggie, Colin ou M. Duvall ne soient pas beaux, mais ils le sont d’une façon très unique, très humaine.
Benoit Bisson : C’est une beauté sans artifices…
Scott Cooper : Exactement. Et ils livrent des prestations où il n’y a aucune vanité. Ils me laissent les filmer dans plusieurs situations peu flatteuses. Jeff a pris 25 livres pour le film.
Benoit Bisson : Effectivement, il y a des scènes où l’on voit Jeff Bridges sans chemise, affalé sur une chaise, et il a vraiment l’air d’une loque humaine.
Scott Cooper : Vous savez, Benoit, le film n’est pas tant un film sur la musique country que sur le parcours d’un individu, qu’il soit aux Canada, en Angleterre ou aux États-Unis.
Benoit Bisson : Lorsque vous avez écrit le scénario, est-ce que vous avez été en contact avec Thomas Cobb, l’auteur du roman du même titre qui a inspiré le film?
Scott Cooper : Non. La première fois que j’ai pris contact avec lui – il est professeur d’anglais à l’université du Rhode Island -, je l’ai appelé et lui ai dit ‘J’aimerais acquérir les droits pour votre livre.’ Il m’a répondu ‘Appelez mon agent’ et je ne lui ai pas reparlé avant la première. Il m’a dit que lorsqu’il a vu le film, il a pleuré. C’est probablement parce que ses attentes étaient si faibles, parce que je n’avais jamais rien réalisé, rien écrit. Mais il a vraiment aimé le film et trouvé que j’avais préservé l’esprit du livre tout en le personnalisant, en le rendant humain.
Benoit Bisson : Comment s’est fait le premier contact avec T Bone Burnett? De ce que je lisais dans les notes de production, il vous a fallu près d’un an pour arriver à prendre contact avec lui?
Scott Cooper : Il m’a fallu un an pour avoir Jeff. T Bone, à ce que je me souvienne, s’est impliqué assez rapidement. J’ai écrit le scénario et je l’ai envoyé à Robert Duvall, qui est mon mentor, quelqu’un avec qui je collabore régulièrement et un très bon ami. Il l’a aimé et m’a dit ‘Faisons-le. De quoi as-tu besoin?’ et je lui ai dit ‘Il y a deux personnes dont j’ai besoin, et si je ne peux pas les avoir, je ne devrais pas faire le film, et je le croyais vraiment: T Bone Burnett et Jeff Bridges. Alors je leur ai écrit des lettres très enthousiastes, et le gérant de T Bone m’a rappelé en me disant ‘T Bone adore le scénario et aimerait te rencontrer.’ Alors je me suis rendu chez lui, et pendant que j’attendais que T Bone arrive à la rencontre, j’ai remarqué une découpe grandeur nature d’un grand musicien bluegrass nommé Ralph Stanley, avec qui T Bone a travaillé sur O Brother, Where Art Thou? J’avais déjà vu Ralph Stanley live à plusieurs reprises, la première fois alors que je n’avais que trois ans. Il vient du même coin de pays que moi. À ce moment-là, j’ai su que c’était la bonne chose, le bon choix. Et T Bone est arrivé, et m’a dit ‘J’aime ça. Faisons-le.’
On a éventuellement réussi à impliquer Jeff [Bridges]. Il n’est pas facile à avoir pour un film, je peux vous dire ça. Il se fait probablement offrir plus de films que qui que ce soit, et il dit régulièrement ‘non’. Je l’ai rencontré une première fois et il a dit non parce qu’il n’y avait pas de musique définie pour le film. Je lui ai expliqué qu’il n’y avait pas de musique de préparée parce que je voulais que la musique soit créée en fonction de l’acteur, pour que ce soit naturel, alors ça ne pouvait pas être fait avant que je sache qui interpréterait le rôle.
Benoit Bisson : Dans les notes de production, T Bone Burnett est cité comme ayant dit que lors de votre rencontre, vous l’avez convaincu que vous feriez un film qui passerait le test du temps. Maintenant que le film est complété, croyez-vous que c’est ce que vous avez réalisé?
Scott Cooper : Venant de lui, c’est un très beau compliment. Oui, je le crois, et je vais vous dire pourquoi. Jeff livre une performance remarquable, la performance de sa carrière. Vous avez une musique créée par T Bone Burnett qui sonne comme ci cet homme avait vécu avec pendant 58 ans. Ça sonne très vrai, très honnête. Et je pense aussi que ces thèmes universels dont j’ai parlé – l’espoir, la perte de quelque chose, les regrets, la rédemption – sont des choses qui seront toujours présentes. Alors je crois que, pour ces raisons, alors que les gens vont voir le film, au fil des ans, il ne pourra que grandir.
Benoit Bisson : Comment ça s’est passé entre vous et T Bone Burnett pour la création de la musique?
Scott Cooper : Ce fut quelque chose de très collaboratif entre T Bone, moi, Jeff Bridges, Ryan Bingham, qui a écrit The Weary Kind et qui est aussi dans le film – il interprète Tony, le jeune gars qui frappe à la porte de la chambre et demande à Bad Blake de venir à la répétition -, et le regretté Stephen Bruton. Stephen a eu un effet remarquable sur ce film et je lui ai dédié le film parce qu’il y a tellement contribué. Il nous a aidé, T Bone et moi, à donner forme à cette vision du monde. Comme Blake, il a lutté contre ses dépendances et a vécu une vie qui peut ressembler à celle que l’on dépeint. Donc, on a tous travaillé ensemble, et ce fut vraiment un travail très collaboratif.
Benoit Bisson : Il y a déjà eu beaucoup de choses d’écrites à propos du film. On parle souvent de comment T Bone ou Jeff se sont impliqués, ou Robert Duvall, mais comment Maggie Gyllenhaal en est-elle venue à être choisie pour interpréter le rôle de Jean?
Scott Cooper : Une fois que Jeff s’est impliqué, nous avons tous deux décidé qu’il nous fallait quelqu’un de peu familier, quelqu’un que l’on ne voit pas régulièrement dans les pages des magazines People ou Us Weekly, quelqu’un dont on ne connaît pas toute la vie privée, ou photographié constamment en train de faire le plein ou prenant un café chez Starbucks. Nous voulions quelqu’un qui était sans peur, quelqu’un de courageux, possédant une beauté unique, quelque chose du genre d’Ellen Burnstein dans Alice Doesn’t Live Here Anymore, ou un retour aux grandes actrices des années ‘40 et ‘50, et notre choix s’est arrêté sur Maggie. Alors je suis allé la rencontrer, je lui ai présenté le projet, et elle a tout de suite embarqué.
Benoit Bisson : Et Colin Farrell?
Scott Cooper : Colin est, j’espère, un choix surprenant. Il est une star, mais il est aussi un acteur de genre. Ses plus récents films ont été excellents. Je me suis dit ‘voilà un gars qui est un acteur de genre, qui n’a pas de problème d’égo. Il va venir, soutenir Jeff, Maggie et M. Duvall. Et parce qu’il est Irlandais et que la musique country vient d’un héritage Écossais-Irlandais, il a probablement passé du temps dans un pub, et qu’il a probablement déjà chanté.’ Et c’était le cas. Parce qu’il a ce sombre charisme et qu’il est une star, vous pouvez croire en son personnage.
Benoit Bisson : Avec une telle distribution, comment était-ce de les diriger?
Scott Cooper : C’était un rêve, parce que vous partagez les même sensibilités, les mêmes instincts. Étant moi-même acteur, je sais que les acteurs n’aiment pas être trop dirigés. Si vous donnez un rôle à quelqu’un, vous le faites pour une raison. Vous ne les aidez que s’ils sont en difficulté, ou si vous sentez qu’ils ne véhiculent pas une émotion requise par une scène. Alors vous faites ça très subtilement, sensiblement, en leur laissant beaucoup d’espace pour explorer, découvrir.
Benoit Bisson : En conclusion, quel a été votre plus grand défi dans la réalisation de Crazy Heart ?
Scott Cooper : Tourner un film en aussi peu de temps – 24 jours -, dans trois états, avec dix numéros musicaux, incluant un numéro live devant 12 000 personnes, et tout ça avec un budget de 7 millions $. Je dirais que ce furent des défis!
Chose certaine, Scott Cooper a démontré hors de tout doute qu’il était capable de relever ces défis, et brillamment. Crazy Heart est un film comme on en voit trop peu, un film où l’accent est mis sur les personnages, sur leur humanité. Nul besoin de grand déploiement pour toucher les émotions des spectateurs. Il suffit d’un scénario bien ficelé, de bons acteurs et d’un élément essentiel: la passion. Et ça, Scott Cooper – et toute l’équipe de Crazy Heart d’ailleurs – en a à revendre ! |
| Source : lebuzz.info |
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la libre - Stéphanie Grofils |
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Dans cette ode à l’Amérique profonde, bercée par la musique country, Scott Cooper dresse le portrait très humain d’un talent déchu. Le récit tout entier mêle humour et pathos, pour rendre compte avec authenticité de la vie de Bad Blake, sur les bords de la route de l’Ouest : entre son génie musical et ses démons omniprésents.
Mais le scénario ne serait rien sans la musique (T-Bone Burnett) qui joue un rôle clef dans le film. La country est à la fois l’œuvre et le langage de Bad Blake, qui s’expriment mieux en couplets et en refrains qu’à travers une conversation. Si l’art n’est pas toujours joli à voir, une chanson ("The Weary Kind", Golden Globe de la meilleure musique) peut aussi devenir une leçon de vie. Il y a aussi "Fallin’& Flyin", comme une mise en abîme de la vie de Bad Blake. Et pour donner plus de réalisme à ce monde musical, T-Bone Burnett a préféré les sons plus chauds et bruts de l’analogique aux techniques modernes de l’enregistrement digital.
Scott Cooper a choisi le talentueux Jeff Bridges (Golden Globe du meilleur acteur, également nominé à l’Oscar du meilleur acteur) pour se fondre dans la solitude, la folie, l’alcoolisme, et les espoirs de Bad Blake, tout au long de sa surprenante relation avec Jean Craddock (Maggie Gyllenhaal, nominée pour l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle). Pourtant, on a parfois du mal à croire à ce coup de foudre entre une jeune et fraîche journaliste et ce vieux musicien crado qui flaire l’alcool. L’amour ne sera d’ailleurs pas toujours suffisant pour que Bad Blake mette un terme à sa vie de débauche et ses vapeurs alcooliques. |
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Source : www.cinebel.be |
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DH - Dominique Deprêtre |
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Crazy Heart a valu à Jeff Bridges et Maggie Gyllenhaal de se retrouver dans la course aux Oscars, respectivement dans la catégorie meilleur acteur et meilleur second rôle féminin. C’est dire que, pour ses premiers pas de réalisateur, Scott Cooper a frappé fort avec ce road movie pas si crépusculaire que ça, demi-happy end oblige, mais dont la toile de fond n’en évoque pas moins la vraie crise que traverse la production musicale contemporaine. S’il n’arrive pas à la hauteur de Honkytonk Man de Clint Eastwood, l’ouvrage livre un portrait d’artiste superbement joué par le héros de Tucker qui, à 60 ans, n’a jamais été aussi demandé : 4 tournages en moins d’un an ! |
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Source : www.cinebel.be |
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le quotidien du cinema - Thomas Messias |
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Quand, au début du film de Scott Cooper, Jeff Bridges débarque dans un bowling avec sa barbe mal taillée et un tas de kilos en trop, on n'en croit pas ses yeux : diable, le Dude en chair et en os, opérant un come back inattendu ! Puis on réalise que Bridges a désormais plus de 60 ans et qu'il n'a pas eu à prendre de poids pour entrer dans la peau de Bad Blake, chanteur de country vieillissant. "Crazy heart" est d'abord un film sur l'usure du temps, qui s'inscrit sur les corps et dans les crânes et mène les esprits les plus flamboyants vers une déchéance inévitable. Deux heures d'une ballade teintée de blues, récit désenchanté du baroud d'honneur d'un vieux briscard gorgé de whisky et de musique.
Bad Blake pourrait être un cousin du Randy Robinson de "The wrestler", mais Scott Cooper évite la grandiloquence et la glorification du film d'Aronofsky. Sans doute en raison d'une ambition artistique moindre. Probablement aussi parce qu'un chanteur country n'est pas, contrairement à un catcheur, une bête de foire. S'il est bien difficile de comparer la qualité des deux films, "Crazy heart" est sans doute plus abouti de par le processus d'identification qu'il propose. La prestation de Jeff Bridges fait de Blake un type très accessible, aux exigences modestes et à la bonhommie exaltante. Avec son effroyable flemme et sa tendance à la picole, il commence par susciter une sympathie sans bornes, et le spectateur se contenterait presque de le suivre au long de sa tournée pendant tout le film.
Mais comme dans tout morceau de country qui se respecte, les choses ne restent pas éternellement aussi simples. Bad Blake sera régulièrement confronté à des personnages et à des épreuves qui lui rappelleront qu'il est en fin de course. S'il part chaque soir à la rencontre d'un public toujours chaleureux, le chanteur solitaire souffre inconsciemment d'être déconnecté de la vie quotidienne et de ses préoccupations. Mais la réalité - et une soudaine envie de vie domestique - finiront par le rattraper, de façon aussi franche que possible. Et c'est quand la carapace finit par se fendre que "Crazy heart" passe le cap du road movie attachant pour devenir une oeuvre intime et existentielle absolument bouleversante.
Toujours à bonne distance de ses personnages, dans la compassion mais pas dans le racolage, Scott Cooper réussit un film qui ne peut manquer de toucher, au-delà des catégories d'âge. Il y a dans son film une dimension universelle qui prend à la gorge : cette histoire, c'est la nôtre. À un détail près : tout le monde n'a pas la voix de Bad Blake. Jeff Bridges prête son organe au chanteur de country comme s'il avait fait ça toute sa vie, et nous emporte au gré de morceaux emballants. C'est un déchirement absolu de quitter ce personnage hors du commun dont la rédemption survient peut-être un peu trop tard. "Crazy heart" file la pêche et le blues. Surtout le blues. |
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Source : www.lequotidienducinema.com |
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le quotidien du cinema - Christopher Ramoné |
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"Crazy Heart" a su séduire les récompenses par une histoire réaliste et émouvante, au cœur du country."
Jeff Bridges remportaient le Golden Globes du meilleur acteur et créait la surprise générale. Comment un film qui n’avait accumulé que 2 petits millions de recettes faisait pour dérober la vedette à "In The Air" le grand favori. En réalité, "Crazy Heart" va remporter deux Golden Globes, et probablement les deux plus mérité à la vue du film. Il s’agit aussi de Ryan Bingham qui remporte celui de la meilleur chanson de film, avec la magnifique "The Weary Kind", chanson qui symbolise à tout point de vue le film de Scott Cooper. Car la musique country est forcément au cœur de ce film qui retrace la vie d’un chanteur errant de la country qui n’a pas la reconnaissance qu’il devrait avoir. Il est un symbole du monde rude de la musique, qui ne fait pas cadeau à tout le monde. Et chaque chansons dans ce long métrage est un réel plaisir, car chacune propose un rythme et des paroles toutes symboliques. Elles représentent le personnage de Blake, magnifiquement interprété par Jeff Bridges, tout en nature.
La musique est tellement centrale (notamment autour et dans la vie de Bad Blake) que ce sont les acteurs eux-mêmes qui chantent, comme Jeff Bridges et Colin Farrell. Ce dernier d’ailleurs aurait tendance à s’éloigner du pur système hollywoodien ("L’Imaginairum du Docteur Parnassus" ou "Bons Baisers de Bruges" en sont le symbole) et qui prouve dans "Crazy Heart" qu’il est capable de s’adapter avec brio. L’histoire Blake a tout pour être émouvante. Bien sûr, elle peut paraître très ressemblante à d’autres, comme s’il y avait une impression de déjà-vu. Mais la façon de la mettre en scène, loin des atermoiements des personnages, est profonde et sincère. Mieux que cela, elle touche et le spectateur s’attache à chaque personnage. Le final d’une pure beauté conclut avec brio ce film qui ne prétendait pas à cela.
A la base, Scott Cooper voulait adapter l’histoire de Merle Haggard (un ancien taulard qui, après avoir assisté au concert de Johnny Cash dans sa prison, et qui s’est mis ensuite à la musique). Mais les droits d’auteurs étant trop élevé, Scott Cooper préfère sa propre histoire, dont les critiques comparent l’esprit à des films comme "The Big Lebowski" (des frères Coen) ou encore à "The Wrestler", de Darren Aronofsky (où justement Mickey Rourke campe un personnage poignant). On peut aussi reprocher à "Crazy Heart" de vouloir tenter de faire mieux que d’autres films qui ont marché grâce à la country, comme par exemple "Walk The Line" avec Joaquin Phœnix. Mais en regardant le film, on sait que "Crazy Heart" a les arguments pour rester un bon modèle du genre. Scott Cooper a su s’entourer des meilleurs, à commencer par T-Bone Burnett, déjà responsable de la musique de "O Brother", "Walk The Line", mais aussi en ayant produit l’album Raising Sand, de Robert Plant et Allison Krauss (récompensé par des multiples Grammy l’an passé).
"Crazy Heart" est l’un des cœurs musicaux de ce début d’année, au même moment où Nine relance en vain le flambeau de la comédie musical au cinéma. Avec Jeff Bridges au somme, une histoire émouvante, et une bande son excellente, "Crazy Heart" ne peut prétendre qu’à être une réussite. |
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Source : www.lequotidienducinema.com |
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telerama - Jérémie Couston |
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"J'ai joué malade, ivre, divorcé et en cavale. De toute ma vie, je n'ai jamais loupé un concert." Le coup du chanteur de country sur le retour, alcoolo pour oublier ses quatre mariages foirés et sa carrière en berne et qui reprend goût à la vie en tombant amoureux d'une jeunesse, on nous l'a déjà fait. Les perdants magnifiques, les histoires de rédemption, Hollywood en raffole, surtout à la veille des Oscars. Pourtant, dès qu'on fait la connaissance de Bad Blake (génial pseudo !), on oublie sur le champ ses préventions. Le mérite en revient au formidable Jeff Bridges, dans son meilleur rôle depuis The Big Lebowski. Qu'il biberonne sa bouteille de McClure au saut du lit dans un motel miteux ou honore en titubant sa tournée des bars et bowlings du Deep South, tel un "Dude" lâché par ses potes, Bridges apporte le vécu et l'ironie nécessaires. A l'instar d'Eastwood dans Honkytonk Man, il interprète lui-même les chansons (pas mal du tout) écrites pour le film. Et avale les kilomètres d'autoroute au volant d'un corbillard "rouille métallisée". Un majestueux plan large cadre la minuscule voiture de Blake, seule sur sa voie, croisant, sur la file opposée, l'immense cohorte des véhicules anonymes. Solitude du saltimbanque, éternellement à contre-courant. |
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Source : www.telerama.fr |
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les inrocks - Jacky Goldberg |
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L’histoire de Crazy Heart a déjà été racontée cent fois. Parfois mieux, la plupart du temps moins bien. Peu importe : sa force, comme celle des country songs qu’il célèbre, est de réussir à nous faire croire qu’il s’agit d’une première fois, encore et toujours. L’Amérique, ses étendues infinies et ses routes cabossées, ses bouteilles de whisky et ses comptoirs usés, ses vieilles gloires et ses jeunes loups, ses descentes aux enfers et ses secondes chances, ses histoires d’amour impossibles et pourtant effectives…
Scott Cooper, le jeune auteur du film, et par ailleurs acteur, ne cherche jamais à éviter les clichés. Au contraire, il leur fonce droit dessus, les embrasse, s’y love confortablement, s’y plaît – mais jamais ne s’y complaît. C’est toute la différence avec, par exemple, The Wrestler. Tandis que Darren Aronofsky, revenu de sa pompeuse cure de jouvence, affichait sa nouvelle sobriété visuelle comme un trophée, inventant là une sorte de discrétion ostentatoire, Scott Cooper, lui, manifeste une sérénité impressionnante, animé par le seul désir de sculpter un écrin pour ses acteurs.
A commencer par Jeff Bridges, en route pour les oscars, sans pour autant forcer le trait. Il joue Bad Blake, un chanteur de country has been, solitaire et alcoolique, qui écume les petites salles du sud des Etats-Unis, sans illusions. Si un soir de concert la nausée le rattrape, il pose son chapeau sur le micro, sort, va vomir, et revient sur scène ; c’est aussi simple que cela. Jusqu’au jour où il tombe amoureux d’une jeune journaliste venue l’interviewer. Celle-ci est interprétée par Maggie Gyllenhaal, toujours excellente dans les rôles de femmes rétives au bonheur, dans l’attente fébrile du changement ...
Au cours des années 2000, les épaves ont eu tendance à remplacer les vieux beaux, les Connery, Redford, Costner ou Gere, qui se sont fait voler la vedette par les Stallone, Rourke, Willis ou Depardieu.
– Quand j’étais chanteur de Xavier Giannoli étant à la variété ce que Crazy Heart est à la country, c’est-à-dire ce que Michel Delpech est à Johnny Cash.
Jeff Bridges parvient, lui, à réconcilier les deux modèles : rocailleux et aérien à la fois.Il faut voir comment, assis sur le capot de son vieux truck, il répond à son rival et ancien élève (Colin Farrell, tout en retenue), venu lui proposer de le remettre en selle. Les deux loups se jaugent, se reniflent, et, alors que le conflit d’ego attendu semble sur le point d’advenir, c’est soudain comme si la mise en scène prenait le plus vieux des deux par la main et lui chuchotait, au creux de l’oreille, "it’s gonna be allright". Et le faisait ensuite glisser doucement sur les arêtes d’un film lumineux qui, à la dramatisation factice et aux effets de manche, préfère l’insolente tranquillité de ceux qui n’ont rien à prouver. |
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Source : www.lesinrocks.com |
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