Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Saisons
 Gala d'ouverture à 20H
 Projection le jeudi 03 septembre 2009
Les Regrets
 Projection le jeudi 10 septembre 2009
The Young Victoria (Victoria : les jeunes années d'une Reine)
 Projection le jeudi 17 septembre 2009
Los Abrazos Rotos (Etreintes Brisées)
 Projection le jeudi 24 septembre 2009
Crossing Over
 Projection le jeudi 01 octobre 2009
Je suis heureux que ma mère soit vivante
 Projection le jeudi 08 octobre 2009
Mères et filles
 Projection le jeudi 15 octobre
Mademoiselle Chambon
 Projection le jeudi 22 octobre 2009
Looking for Eric
 Projection le jeudi 29 octobre 2009
Micmacs à Tire-Larigot
 Projection le jeudi 12 novembre 2009
A l'origine
 Projection le jeudi 19 novembre 2009
My Sister's Keeper (Ma vie pour la tienne)
 Projection le jeudi 26 novembre 2009
Whatever Works
 Projection le jeudi 03 décembre 2009
La Folle histoire d'amour de Simon Eskenazy
 Projection le jeudi 10 décembre 2009
Oscar et la Dame Rose
 Projection le jeudi 17 décembre 2009
Katalin Varga
 Projection le jeudi 07 janvier 2010
Millenium 2 : Flickan som lekte med elden
 Projection le jeudi 14 janvier 2010
Mr Nobody
 Projection le jeudi 21 janvier 2010
Le concert
 Projection le jeudi 28 janvier 2010
Up in the air
 Projection le jeudi 04 février 2010
Gainsbourg (vie heroique)
 Projection le jeudi 11 février 2010
John Rabe
 Projection le Jeudi 18 février 2010
Shutter Island
 Projection le Jeudi 25 février
Le ruban blanc
 Projection le Jeudi 04 mars 2010
Nine
 Projection le Jeudi 11 mars 2010
La rafle
 Projection le Jeudi 18 mars 2010
L'Arnacoeur
 Projection le Jeudi 25 mars 2010
The Ghost Writer
 Projection le Jeudi 01 avril 2010
Alice in Wonderland (Alice au Pays des Merveilles)
 Projection le Jeudi 22 avril 2010
Bright Star
 Projection le Jeudi 29 avril 2010
Precious : Based on the Novel Push by Sapphire
 Projection le Jeudi 06 mai 2010
Imogène McCarthery
 Projection le Jeudi 20 mai 2010
Extraordinary Measures
 Projection le Jeudi 27 mai 2010
A Single Man
 Projection le Jeudi 03 juin 2010
Greenberg
 Projection le Jeudi 10 juin 2010
Crazy Heart
 Projection le Jeudi 17 juin 2010
An Education (Une éducation)
 Projection le Jeudi 24 juin 2010
Lebanon
 
 
 
An Education (Une éducation) réalisé par Lone Scherfig
    
Titre original An Education
 Titre français Une éducation
Réalisation Lone Scherfig
Scénario Nick Hornby
 Adaptation Des mémoires "An Education" de la journaliste britannique Lynn Barber
Interprétation Peter Sarsgaard (David), Carey Mulligan (Jenny), Alfred Molina (Jack), Dominic Cooper (Danny), Rosamund Pike (Helen), Olivia Williams (Miss Stubbs), Emma Thompson (la directrice), Cara Seymour (Marjorie), Matthew Beard (Graham) ... (Casting complet sur Allocine.fr)
Musique Paul Englishby
Photographie John de Borman
Pays Grande Bretagne
Année 2009
Durée 1h35’
Genre Drame
 Distributeur KFD - Kinepolis Film Distribution
Site officiel  
 
 
 
La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 17 juin 2010
Le film est projeté en version originale anglaise et française sous-titrée en français
Le film est projeté sans entracte ni publicité
Les séances :
 
  • 17h00 et 20h00 avec présentation et feuillet sur les films à chaque séance
  • 14h30 et 22h30 sans présentation et feuillet sur les films à chaque séance
 
 
1961, Angleterre. Jenny a seize ans. Élève brillante, elle se prépare à intégrer Oxford. Sa rencontre avec un homme deux fois plus âgé qu'elle va tout remettre en cause. Dans un monde qui se prépare à vivre la folie des années 60, dans un pays qui passe de Lady Chatterley aux Beatles, Jenny va découvrir la vie, l'amour, Paris, et devoir choisir son existence. L'enthousiasme de la jeunesse, la musique jazz, la voix de Gréco et la finesse des dialogues donnent à cette "Education" tout son charme, agrémenté du regard mutin de sa jeune actrice, Carey Mulligan. (Evene)
 
 
 BAFTA Awards 2010
 
  • Récompense de la meilleure actrice principale (Best Leading Actress) décernée à Carey Mulligan
 British Independent Film Awards 2009
 
  • Récompense de la meilleure actrice (Best Actress) décernée à Carey Mulligan
 Central Ohio Film Critics Association 2010
 
  • Récompense de la meilleure actrice (Best Actress) décernée à Carey Mulligan
 Chicago Film Critics Association Awards 2009
 
  • Récompense de la meilleure actrice (Best Actress) décernée à Carey Mulligan
 Dallas-Fort Worth Film Critics Association Awards 2009
 
  • Récompense de la meilleure actrice (Best Actress) décernée à Carey Mulligan
 Hollywood Film Festival 2009
 
  • Récompense de la l'actrice de l'année (Actress of the Year) décernée à Carey Mulligan
 Independent Spirit Awards 2010
 
  • Récompense du meilleur film étranger ( Best Foreign Film) décernée à Lone Scherfig
 London Critics Circle Film Awards 2010
 
  • Récompense de la meilleure actrice anglaise de l'année (British Actress of the Year) décernée à Carey Mulligan
 Mill Valley Film Festival 2009
 
  • Récompense Favorite World Feature décernée à Lone Scherfig
 National Board of Review 2009
 
  • Récompense de la meilleure actrice (Best Actress) décernée à Carey Mulligan
 Santa Barbara International Film Festival 2010
 
  • Récompense Virtuoso Award décernée à Carey Mulligan
 Sundance Film Festival 2009
 
  • Prix du public (Audience Award) décerné à Lone Scherfig
  • Récompense de la meilleure photographie dans la catégorie "Films Dramatiques" (World Cinema - Dramatic) décernée à John de Borman
 Toronto Film Critics Association Awards 2009
 
  • Récompense de la meilleure actrice (TFCA Award) décernée à Carey Mulligan
 Vancouver Film Critics Circle 2010
 
  • Récompense de la meilleure actrice (VFCC Award) décernée à Carey Mulligan
 Washington DC Area Film Critics Association Awards 2009
 
  • Récompense de la meilleure actrice (WAFCA Award) décernée à Carey Mulligan
 Oscars (Academy Awards) 2010
 
  • Finola Dwyer & Amanda Posey nominées aux Oscars 2010 pour la meilleure production
  • Carey Mulligan nominée aux Oscars 2010 pour la meilleure actrice
  • Nick Hornby nominé aux Oscars 2010 pour le meilleur scénario (Best Writing, Screenplay Based on Material Previously Produced or Published)
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Lone Scherfig
Lone Scherfig, née le 2 mai 1959 à Copenhague (Danemark), réalisatrice, Scénariste, Auteur. Lone Scherfig étudie le cinéma à l'Université de Copenhague. Après avoir eu son diplôme de la National Film School of Denmark en 1984, elle débute dès l'année suivante et réalise des courts métrages pour le petit écran.

La cinéaste met en scène un premier film pour le cinéma en 1990, The Birthday Trip, une comédie dramatique sur un groupe de quadras danois célébrant l'anniversaire de l'un d'eux sur un bateau. Après un long crochet par la télévision, Lone Scherfig réalise On Our Own, qui suit le destin de trois orphelins, tentant de survivre sans leurs parents.

Si ses deux premiers films ne dépassent pas les frontières danoises, Italian for beginners lui apporte une reconnaissance internationale et lui permet de remporter l'Ours d'argent à Berlin en 2001.

Il s'agit d'une comédie loufoque sur les mésaventures d'un groupe de trentenaires désirant apprendre l'Italien, filmé selon les principes du Dogme initié par Lars Von Trier.

Scherfig garde le double statut d'auteur-réalisateur pour son film suivant, Wilbur, sorti en 2004, encore une fois produit aux États-Unis. Le ton du film est plus grave : c'est un drame qui repose sur le quotidien de deux frères au bout du rouleau.

Après quelques travaux supplémentaires pour la télévision, la danoise co-signe le scénario de Red Road, un thriller britannique de Andrea Arnold sur l'obsession énigmatique d'une femme pour un homme qu'elle semble ne pas connaître.

L'écriture dépend cette fois d'un autre type de "dogme" : le concept Advance Party. Cela implique que trois réalisateurs développent des scénarii en se fondant sur un même groupe de personnages. Lone Scherfig revient à la réalisation avec Une Éducation, coproduction américaine et britannique.

Ce drame raconte la romance entre deux personnages que tout oppose dans l'Angleterre des années 60.

Source : www.toutlecine.com

Toute la filmographie de Lone Scherfig en tant que :

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Une éducation : Notes de production
 

L’histoire

Une éducation est l’histoire d’une adolescente qui devient adulte dans l’Angleterre du début des années 60, à cette période charnière entre l’après-guerre rigide et l’esprit de liberté de la décennie suivante. Le film a été tourné au printemps 2008 à Londres et dans ses environs, à Oxford et Paris, et sur les plateaux des studios de Twickenham. Le scénariste Nick Hornby raconte : "Je ne sais toujours pas précisément ce qui m’a autant attiré dans l’histoire de Lynn Barber. Je l’ai lue et je l’ai donnée à ma femme, Amanda Posey, qui est une des productrices, en lui disant : "Il y a un film là-dedans". Elle a été d’accord avec moi. Avec Finola Dwyer, notre partenaire à la production, nous avons alors commencé à chercher des scénaristes. Je me suis rendu compte que j’avais très envie d’écrire ce scénario moi-même, et j’ai finalement proposé de le faire."

Les mémoires de Lynn Barber

La journaliste Lynn Barber parle de ses brèves mémoires : "J’ai toujours pensé qu’un jour je devrais écrire l’histoire de mon premier petit ami, qui a été un épisode extraordinaire de ma vie. La seule personne à qui j’en ai parlé est mon mari parce que cela a été une histoire longue et compliquée ; ce n’est pas le genre de chose qu’on raconte au détour de la conversation pendant un dîner. C’était presque comme un secret que je portais en moi depuis des années." Nick Hornby note : "Ce qui m’a le plus attiré est peut-être le fait que Lynn Barber a une voix très forte, parfois provocatrice, dans ses interviews, et quand j’ai vu qu’elle avait écrit sur sa jeunesse, j’ai eu très envie de savoir ce qu’elle avait vécu. Ses lecteurs s’intéressent beaucoup à elle, mais Lynn a toujours été très secrète sur sa vie privée. J’ai donc découvert cette histoire avec fascination."

L’adaptation

Nick Hornby poursuit : "Adapter en film une douzaine de pages publiées dans un magazine littéraire n’a pas été facile, mais je l’ai fait avec un immense plaisir. J’avais le sentiment de comprendre la vie de Jenny parce que comme elle, j’ai grandi dans une banlieue et mes parents ne sont pas allés à l’université. J’ai aimé la richesse du dilemme entre la vie et l’éducation. J’ai souvent pensé à cela quand j’étais professeur, et j’étais convaincu de pouvoir écrire un scénario capable d’amplifier l’histoire de Lynn et de la rendre passionnante sur un grand écran."

En 1962 ...

Quand ils décrivent la période à laquelle se déroule Une éducation, les cinéastes s’empressent de faire remarquer que l’Angleterre était encore très conservatrice en 1961. Durant les quatre années qui ont suivi la célèbre déclarationdu Premier Ministre Harold Macmillan, "la plupart de nos concitoyens n’ont jamais vécu aussi bien qu’aujourd’hui", la famille anglaise moyenne est resté engoncée dans un mode de vie coincé et économe. La plupart des gens n’étaient pas pressés d’adopter les changements de comportements sociaux et de mœurs sexuelles.

Lynn Barber raconte : "Chaque fois que j’entends parler des années 60, j’ai envie de hurler. En réalité, les années 60 n’ont pas commencé avant 63 ou 64. Tout était très ennuyeux avant cela." Nick Hornby cite quelques lignes du poème Annus Mirabilis de Philip Larkin : Les relations sexuelles ont commencé En mille neuf cent soixante-trois… Entre la fin de l’interdiction de Chatterley Et le premier 33 tours des Beatles.

Nick Hornby reprend : "Pour moi, un des éléments majeurs d’Une éducation était qu’il se déroule en 1962, quand nous étions encore englués dans la période d’austérité qui a suivi la guerre. A cette époque, l’Angleterre était encore un pays pauvre et extrêmement insulaire. La Seconde Guerre mondiale a "créé" les Etats-Unis et leurs années 50 ; les grosses voitures et le rock’n’roll témoignaient de leur prospérité. Là-bas, tout le monde roulait en Cadillac alors qu’en Angleterre nous étions encore en train d’attendre le bus."

La réalisatrice Lone Scherfig raconte : "J’avais fait un film qui se passait en 1957 au Danemark, je connaissais déjà cette peur de l’excès, l’ombre de la guerre et la vie très simple que menaient les gens à cette époque. Par contre, je ne connaissais pas Londres, j’ai donc été très prudente pour ne pas faire d’erreurs. Je me suis assurée que toutes les personnes qui n’étaient pas anglaises ou de Twickenham, ou qui n’avaient pas 16 ans en 1962, comprenaient bien le début des années 60. Nous avons vraiment essayé de recréer l’atmosphère de cette époque parce que nous étions tous convaincus que dans une certaine mesure, l’histoire ne pouvait fonctionner que si le public était capable de la comprendre par rapport à ce que nous vivons aujourd’hui."

Nick Hornby commente : "Nous avons tous du mal à réaliser à quelle vitesse le monde a changé. Par exemple, pour les gens qui ont notre âge, la fin des années 80 semble très proche. Le même nombre d’années sépare l’histoire de Une éducation et le début de la Seconde Guerre mondiale. Au milieu des années 50, nous étions encore rationnés, il était difficile de voyager à l’étranger à cause des réglementations des changes, et la nourriture n’était pas très variée. Nous manquions de beaucoup de choses dans ce pays."

  Source : www.commeaucinema.com
   
A propos des personnages d'Une éducation
 

Jenny (Carey Mulligan)

Carey Mulligan, qui interprète Jenny, la jeune lycéenne, observe : "Bien que l’histoire de mon personnage soit basée sur celle de Lynn Barber, elle peut aussi être vue comme une métaphore de cette époque. C’est à la fois un passage à l’âge adulte pour Jenny et la naissance des années 60. Tout le monde était très excité d’apprendre que je faisais un film sur les sixties, et quand je leur ai expliqué que ce n’était pas un film sur le flower power, et que l’histoire se passait avant cette époque, ils m’ont tous demandé "Il s’est passé quoi avant le flower power ?", et j’ai répondu "Pas grand-chose.»

Nick Hornby raconte : "Les parents de Jenny, Jack et Marjorie, sont des produits de leur époque. Cela commence à irriter Jenny, et David est la personne idéale pour la faire passer des années 50 aux années 60. C’est un peu comme si les "Swinging Sixties" arrivaient dans la cuisine de Jack et Marjorie à Twickenham quelques années avant qu’elles ne fassent leur apparition partout ailleurs."

Le chef décorateur Andrew Mcalpine explique : "L’histoire se déroule à un moment charnière. Les Anglais n’utilisent plus de coupons de rationnement et commencent juste à vivre comme ils le faisaient avant la guerre. Jack et Marjorie savent que quelque chose est sur le point de changer, mais ils ne savent pas encore quoi et ils utilisent leur fille comme une intermédiaire pour comprendre le futur. Et ce futur, tel que nous le connaissons, va se révéler surprenant."

Jack Mellor, le père de Jenny (Alfred Molina)

Le père de Jenny, Jack Mellor, est un petit fonctionnaire qui ne rêve que d’une vie meilleure pour sa fille, au point que c’en est pour lui une obsession. Ayant grandi durant les années de restrictions de l’après-guerre, il aspire à passer à une nouvelle ère. Son interprète, Alfred Molina, déclare : "La mentalité de cette époque était très liée à la Guerre Froide. Les gens avaient une vision très étriquée de la vie qui se limitait au travail et à la famille. Tout était plutôt morose. D’un seul coup, ce personnage exotique qu’est David fait irruption dans le monde monochromatique de Jack. C’est un peu comme si un paon entrait dans un pigeonnier et étalait ses couleurs, il est aussi fascinant qu’effrayant."

David (Peter Sargaard)

David, le prétendant plus âgé de Jenny, est joué par Peter Sarsgaard. L’acteur américain explique : "L’arrivée de la pilule contraceptive au début des années 60 a préparé l’explosion de toutes ces choses qui ont été refoulées pendant si longtemps. Les gens mouraient d’envie de s’amuser et beaucoup d’entre eux étaient prêts à le faire sans se soucier des règles. C’est une chose qu’on retrouve chez David - il a attendu pendant huit ans - et maintenant il ne pense plus qu’à une chose : s’amuser." Nick Hornby remarque : "Il aurait été difficile de faire croire au public que la relation entre Jenny et David avait un sens si nous avions présenté David comme Lynn l’a fait dans son texte. Lone Scherfig, la réalisatrice, a donc voulu adoucir leur relation et atténuer certains aspects de David, et renforcer les liens qui unissent les personnages de façon à susciter l’attention et la sympathie des spectateurs."

Lone Scherfig explique : "Chaque acteur fait ce qu’il veut avec son personnage, chacun a son point de vue personnel dessus. Mon travail est de prendre en compte leur point de vue, mais aussi de voir l’histoire depuis le point de vue des spectateurs." Peter Sarsgaard a été capable de laisser de côté tout jugement sur son personnage et ses actions. Il raconte : "Quand David est avec Jenny, c’est un peu comme s’il découvrait le monde pour la première fois. Il s’émerveille devant tout, les voitures, Paris, tout lui semble extraordinaire. Il ne s’agit pas de sexe, mais de la vie. David n’est pas un pervers, c’est juste un type qui veut profiter de la vie.» Dominic Cooper, l’interprète du meilleur ami et associé de David, Danny, observe : "Comme David, Peter a quelque chose de très enfantin. Tout l’amuse. On sent chez lui quelque chose d’un peu dangereux, mais dans l’ensemble il semble être un garçon digne de confiance et très sympathique."

Peter Sarsgaard et Carey Mulligan ont décidé que David devait séduire Jenny dans la scène où ils se rencontrent pour la première fois dans la voiture. L’actrice refusait de faire ce qui était écrit dans le scénario pour son personnage à moins d’être elle-même séduite. Heureusement, le charme de Peter Sarsgaard s’est révélé irrésistible… Lone Scherfig raconte : "David est très séduisant ; son charme agit de manière subtile, et une partie de mon travail était de séduire le public comme il séduit Jenny. Si on savait ce qui se passe derrière ce beau visage, l’histoire serait trop prévisible. Les spectateurs devaient donc l’apprécier et le trouver sympathique.

C’est un personnage très intéressant, et plus il montrait son vrai visage, plus je le trouvais fascinant." Nick Hornby remarque : "J’ai beaucoup aimé l’idée que David était un aperçu de ce qui allait venir. Il est le produit d’une société qui, d’une certaine façon, ne veut plus des règles et de l’austérité du passé. Il veut goûter aux bonnes choses de la vie, pas seulement l’argent et la frime, il s’intéresse à ce qui se passe, il veut écouter de la musique, lire, voir des films. Il est bien plus intéressé par le monde qu’il n’y paraît au premier regard."

Alfred Molina note : "David teste les limites du père de Jenny, mais aussi ses préjugés. Le racisme était très présent dans toutes les classes de la société anglaise de l’après-guerre, pas seulement dans la haute société. Malgré les horreurs dont nous étions déjà informés, malgré ce qui s’était passé dans les camps en Europe, il y avait encore un fort courant d’antisémitisme en Angleterre. C’est une chose qui faisait partie du scénario de Nick Hornby, il a parfaitement su replacer cette histoire dans son contexte." Peter Sarsgaard se souvient : "J’ai joué un homme qui a le sentiment d’être un étranger, un homme qui prétend être une personne qu’il n’est pas. C’était assez troublant parce que pendant toute la durée du tournage j’ai fait exactement comme lui : j’ai essayé de me faire passer pour un autre."

Pour les costumes de David, la chef costumière Odile Dicks-mireaux s’est beaucoup inspirée des films de l’époque, et en particulier de Sean Connery dans le premier James Bond, James Bond 007 Contre Dr. No. Elle explique : "C’était un look très moderne pour l’époque, une véritable transition entre les années 50 et 60." L’idée de jouer une adolescente de 16 ans a d’abord créé chez Carey Mulligan une certaine panique. Elle raconte : "J’avais 22 ans quand nous avons tourné le film, et j’avais peur de ne pas être crédible dans la peau d’une jeune fille de 16 ans. Et puis je me suis souvenue de moi quand j’avais cet âge, et j’ai réalisé que je n’étais pas si différente, ma voix n’était pas plus aigue et je ne passais pas mon temps à rire bêtement. La seule chose qui a changé, c’est qu’en vieillissant on réalise mieux que nos mots peuvent blesser les autres. On fait plus attention à ce que l’on dit, on devient davantage capable de se maîtriser." Nick Hornby remarque : "Carey est hallucinante dans Une éducation. Je ne l’avais jamais vue avant que Finola me dise qu’ils allaient l’engager. Quand j’ai demandé quel âge elle avait, et qu’ils m’ont répondu 21 ou 22 ans, je me suis emporté et j’ai dit qu’ils allaient tout gâcher parce que Jenny devait avoir 16 ans. Je comprenais très bien pourquoi ils faisaient cela, mais j’étais persuadé que cela ne pouvait pas marcher.

Et pourtant, quand on la voit dans les scènes qui se déroulent à l’école, on se dit : "Eh ! Elle est bien trop jeune pour coucher avec quelqu’un ! Ce serait indécent !" C’est vraiment incroyable, elle joue cette jeune fille de 16 ans sans qu’on doute une seule seconde qu’elle a bien cet âge, et quelques scènes plus loin, avec un peu de maquillage et une coupe de cheveux différente, elle se transforme en Audrey Hepburn."

Odile Dicks-mireaux raconte : "Le long parcours de Jenny est ponctué par de nombreux changements. Au début, elle ressemble à toutes les adolescentes de 16 ans qui portent un uniforme d’écolière. Ensuite, elle est transformée par Helen. Cette première transition a été très difficile parce qu’il était important de montrer au public qu’elle était en train de devenir une autre personne, tout en restant une jeune fille." Carey Mulligan a trouvé que porter un uniforme et tourner dans une salle de classe l’a aidée à ressembler à une adolescente et à penser comme telle. Elle explique : "Je me sentais hideuse dans cet uniforme et sans s’en rendre compte, toute l’équipe s’est mise à me traiter comme si j’avais 12 ans. Ils ont même arrêté de jurer en face de moi. Je me souviens que durant une scène dans la salle de classe, j’ai commencé à me dire : "Mon Dieu, qu’est-ce que je m’ennuie !»

C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que j’étais redevenue une écolière et qu’il fallait que je me secoue un peu."

Helen, la petite amie de Danny (Rosamund Pike)

La transition de Jenny de l’adolescente qui s’ennuie à la jeune femme presque adulte est encouragée par Helen, la belle et excentrique petite amie de Danny, l’associé et ami de David. Le personnage est interprété par Rosamund Pike. L’actrice raconte : "Quand Helen rencontre Jenny, elle pense : "Chouette ! Une autre gamine avec laquelle je vais pouvoir jouer !" Helen est très affectueuse, mais la protection qu’elle offre ne dépasse pas le domaine vestimentaire. Elle saura vous empêcher de vous habiller n’importe comment pour une soirée, mais je ne suis pas certaine qu’elle soit capable de vous empêcher d’avoir des rapports non protégés." Dans son article, Lynn Barber avouait qu’elle était presque aussi amoureuse de Danny et Helen, les amis de David, que de David lui-même. Nick Hornby commente : "Danny et Helen ont une importance cruciale pour Jenny. Elle est bien sûr séduite par David, mais ce qui la fait basculer est de pouvoir passer du temps avec Danny et Helen dans leur maison, entourée de toutes les belles choses qui leur appartiennent, comme le violoncelle signé Lockey Hill et les peintures, et les superbes vêtements d’Helen qui lui en donnera même quelques-uns.

En réalité, Jenny est séduite par trois personnes. C’est pour cela qu’elle prend autant de risques avec sa propre vie. Son parcours a aussi été très influencé par sa rencontre avec Danny et Helen." Dominic Cooper remarque : "Ce genre d’histoire se produit tous les jours et nous pouvons tous comprendre ce qui arrive à Jenny. En grandissant, on prend parfois de mauvaises routes, on fait des erreurs, des expériences qu’on n’aurait pas dû faire.

On oublie ce qui est vraiment important. Tout le monde a vécu cela, et je comprends très bien le fait de trouver fantastique et attirant un monde qui n’est pas le sien." La productrice Amanda Posey note : "En lisant le scénario pour la première fois, beaucoup de gens se sont sentis touchés par la trahison, par l’idée d’avoir été trompé par une personne qui n’est pas celle qu’elle semblait être. Cela nous a fait comprendre que cette histoire était universelle."

Le Professeur d’anglais (Olivia Williams)

L’actrice Olivia Williams, qui joue le professeur d’anglais de Jenny et son mentor, Miss Stubbs, raconte : "Je ne me suis jamais trouvée dans une situation semblable à celle de Lynn Barber ou de Jenny, mais avec une amie il nous arrivait de sortir et de prétendre que nous étions plus vieilles que nous ne l’étions. Nous allions boire et danser avec des hommes qui avaient une trentaine d’années.

Avec le recul, je me demande à quoi ils pouvaient penser. Que faisaient-ils avec des filles dont on voyait clairement qu’elles n’avaient que 15 ans ?" La productrice Finola Dwyer se souvient : "J’ai beaucoup discuté avec Amanda Posey des histoires que nous avons eues avec des hommes plus âgés quand nous étions au lycée, et nous avons fini par réaliser que presque tout le monde avait eu une expérience avec un homme ou femme plus vieux que soi. Je pense que c’est universel, quand vous êtes jeune vous voulez avoir ce que vous n’avez pas, vous voulez échapper à ce qui vous paraît une vie ennuyeuse et rencontrer des personnes intéressantes et drôles qui vont transformer votre univers."

Pour Lone Scherfig, Jenny reste l’actrice principale de sa propre histoire : "Même si David est bien plus vieux qu’elle, et donc un peu plus responsable, Jenny n’est pas vraiment une victime. Elle participe activement à ce qui se passe, elle fête ses 17 ans durant cette histoire et même si elle est encore innocente, elle n’est plus vraiment une enfant. Au final, cette histoire est celle de la perte de son innocence, et David est le grand méchant – c’est une chose que je devais sans cesse me rappeler parce que j’étais moi-même sous son charme..."

Finola Dwyer raconte : "Toutes les jeunes filles que nous avons auditionnées ont adoré le scénario parce qu’elles avaient presque toutes une histoire semblable à nous raconter, souvent à la grande surprise de leurs parents." Lone Scherfig déclare : "J’ai toujours dit que dans un film, un enfant qui perd son innocence a autant de poids que la mort de 500 soldats. Tout dépend de l’importance qu’on donne aux choses. Jenny est à un tournant de sa vie, et c’est ce qui rend Une éducation aussi émouvant que bien d’autres où il se passe des choses beaucoup plus dramatiques. J’espère que peu de personnes ont vécu ce qui lui arrive dans le film, mais je pense que le public comprendra son histoire."

Amanda Posey conclut : "Lynn Barber s’est beaucoup impliquée dans le projet et nous a beaucoup aidés jusqu’à ce qu’elle ait suffisamment confiance en nous pour nous laisser faire ce que nous voulions. En regardant Une éducation pour la première fois, elle a même dit qu’il était tellement passionnant qu’elle voulait absolument savoir ce qui allait arriver au personnage à la fin. Elle avait presque oublié que c’était sa propre histoire."

  Source : www.commeaucinema.com
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Devoir de Mémoires

Une Éducation est l'adaptation des mémoires de la journaliste britannique Lynn Barber, qui écrit fréquemment au Sunday Times. Réputée pour ses interviews, elle possède une méthode toute personnelle pour les mener : débuter les interviews en faisant en sorte de ne pas aimer son interlocuteur, puis de peu à peu les reconquérir et gagner leur confiance. Ses entretiens ont été compilé en deux recueils d'entretiens, mais elle est aussi l'auteur d'un ouvrage sur le sexe et d'une étude sur les auteurs populaires de l'époque victorienne. La transposition scénaristique d'Une Éducation, parue en juin 2009, est signé Nick Hornby, auteur de High Fidelity et Pour un garçon.

Le jour de gloire du figurant

La réalisatrice Lone Scherfig a beaucoup expérimenté sur le tournage en donnant plusieurs options de jeu aux acteurs durant les prises. Elle donne en exemple la fois où elle proposa à Peter Sarsgaard (photo) d'entamer une conversation avec un figurant jouant un portier, s'il s'en sentait l'humeur.

Orlando tombe à l'eau

Pour jouer Danny, le bon copain de David qui fait découvrir la vie à Jenny, Orlando Bloom fut très longtemps pressenti. Jusqu'à une semaine avant le tournage, Lone Scherfig y a cru, avant le désistement de la star. Ce fut donc Dominic Cooper (photo), que l'on a pu voir dans The Duchess, qui en a hérité. Une solution de rechange adéquate vu qu'il a été un temps très sérieusement approché par la production pour ce rôle.

  Source : www.toutlecine.com
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Avec le recul, je trouve ahurissant de ne jamais lui avoir posé de questions. La faute en incombe à Albert Camus ... Une des règles de l’existentialisme tel que je le pratiquais avec mes disciples de la Lady Eleanor Holles School était qu’il ne fallait jamais poser de questions. Poser des questions montrait que vous étiez naïf et bourgeois, ne pas en poser que vous étiez sophistiqué et français. Et mon plus cher désir était d’être une personne sophistiquée.

Lynn Barber, An Education

Source : www.commeaucinema.com
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la libre - Stéphanie Grofils
 

L’école de la vie sur un nuage. Ce récit initiatique typique est porté à l’écran avec subtilité et délicatesse

Londres, 1961. Jenny, une jeune étudiante brillante et francophile prépare assidûment son entrée à Oxford, encouragée par ses professeurs et par ses parents. Sa rencontre avec un trentenaire élégant va tout remettre en cause. David va lui faire découvrir la vie mondaine, l’amour, et Paris qu’elle ne pouvait jusqu’alors que voir en rêve. Alors qu’elle met peu à peu de côté sa carrière littéraire pour faire sa vie avec David, Jenny découvre la véritable identité de son prince charmant. La cinéaste danoise Lone Scherfig veut donner un nouveau souffle au traditionnel récit d’initiation, dans un monde qui se prépare à vivre la folie des années 60. Adapté des mémoires de la journaliste britannique Lynn Barber, l’histoire typique - oh combien éculée - du choix d’une jeune fille de 17 ans entre passion et raison, limite évidemment les surprises.

Si "An Education" est nominé pour l’Oscar du meilleur film, c’est donc moins pour l’originalité du scénario, dont la trame reste attendue, que pour le raffinement rendu à sa réalisation. Lone Scherfig est parvenue à porter à l’écran avec finesse les questions et les expériences d’une jeune étudiante qui se sent cloisonnée dans une éducation anglaise traditionnelle, alors que les mœurs et les valeurs s’apprêtent à vivre une révolution. Le fondement de l’éducation de Jenny sera lui aussi remis en cause, lorsqu’elle décide d’épouser David, éternel inscrit à l’école de la vie. Jack, le père de Jenny, accepte de laisser sa fille vivre son bonheur - à court terme ? - et dépendante du portefeuille d’un mari, au lieu de consacrer sa modeste fortune à lui offrir des études universitaires, pourtant garantes de son épanouissement personnel.

Les savoureux dialogues de Nick Hornby ("Fever Pitch", "About a Boy") sont portés par un casting des plus convaincants. Carey Mulligan (nominée pour l’Oscar de la meilleure actrice) insuffle toute la fraîcheur attendue au personnage rêveur de Jenny, qui croque la vie à pleines dents. La jeune perle peut aussi compter sur les délicieuses performances de Peter Sarsgaard, l’amoureux de Jenny, et d’Alfred Molina, parfait dans le rôle d’un père "So british", partagé entre l’éducation idéale pour sa fille et ses économies.

Ce premier long métrage de Lone Scherfig doit encore son charme au superbe travail de John De Borman. Le photographe illustre admirablement le rêve éveillé de Jenny, notamment et surtout lors de l’euphorique escapade à Paris de la jeune étudiante.

C’est donc plus la délicatesse de la mise en scène qui séduit, que la trame typique de l’histoire de Jenny, qui découvre le monde et l’amour avec émerveillement et naïveté.

  Source : www.cinebel.be
   
DH - Dominique Deprêtre
 

Dolce Vita dans les sixties

Au début des Golden sixties, une brillante étudiante plaque tout pour un trentenaire qui lui fait découvrir tous les charmes de la dolce vita ... Servi par une distribution très classe (Peter Sarsgaard, Rosamund Pike, Alfred Molina, Dominic Cooper et la jeune Carey Mulligan), An Education se partage équitablement entre chronique sentimentale et critique désenchantée du sort de la femme au pays conservateur de la perfide Albion.

  Source : www.cinebel.be
   
art et essai tournai
  Couronné du Prix du public au festival Sundance, An education restera le film qui a révélé Carey Mulligan. Eblouissante et pétillante dans ce rôle qui semble taillé pour elle, la jeune actrice porte véritablement le film. Le scénario et la réalisation, remarquables, s'ajoutent à son talent pour se mettre au service d'un film superbe, drôle et bouleversant. A ne pas manquer.
  Source : www.artetessaitournai.com
   
cinenews - Steven Tuffin
  Nick Hornby, auteur britannique à qui on devait déjà "High Fidelity" et "About a Boy", base cette fois son scénario sur une adolescente rebelle dans l'Angleterre des années 60, et plus particulièrement sur les mémoires de la journaliste Lynn Barber. Si l'histoire qui nous est contée ici est véridique, on peut dire que la demoiselle a dû faire face aux obstacles classiques durant ses années de puberté. Carey Mulligan, nouvelle-venue, explose à l'écran, en jeunesse intraitable fermement déterminée à tout faire pour obtenir une place dans une prestigieuse université. Mais sa carrière scolaire se voit sérieusement menacée le jour où elle fait la connaissance d'un gars plus âgé (Peter Sarsgaard), qui l'emmène dans des bars, à des concerts et autres mondanités. Lone Scherfig, réalisatrice de "Italian for Beginners" laisse ici de côté ses souvenirs du dogme et opte pour une mise-en-scène classique très agréable. L'époque est par ailleurs rendue avec une justesse impeccable. Et aux côtés de Mulligan et Sarsgaard, Alfred Molina, Olivia Williams et Rosamund Pike assurent également. (...)
  Source : www.cinenews.be
   
 le quotidien du cinema - Christopher Ramoné
 

Le cinéma anglais se fait rare sur les terres françaises, mais quand il est là, il force à l’admiration sans concession. Une preuve de plus avec Une Education.

Quelle bonne idée (loin d’être innocente) a eu la réalisatrice danoise Lone Scherfig ("Italian for Beginners", "Wilbur"). Comme quelques chercheurs qui ont publié sur cette période, elle s’intéresse à l’évolution d’une société. La trame de ce film se situe au tout début des années 60, et nous offre une vérité éblouissant sur la société anglaise de l’époque, qui comment à rentre progressivement dans cette fameuse culture pop (dont Jenny peut en être un exemple) et qui va complètement changer la face culture et sociale de ce pays. Depuis déjà le milieu des années 50, des jeunes sont à la pointe de plusieurs mouvements, dans un élan de changement d’une société que l’Establishment régule trop facilement à l’image de la BBC. Ce mouvement se retrouve dans plusieurs groupes, dont le film en évoque certains : les Teddy Boys, vu comme des garçons sans réelles ambitions, les Beatniks (sorte d’ancêtre des hippies de la fin des années 60) ou encore les Coloured People, ceux que la société anglaise va très mal accepter (symbole dans le film des préjugés sur les noirs ou les juifs par exemple).

Le film arrive à décrire avec une perfection jouissive de cette ambiance, sans trop faire. On pourrait presque parler d’une semi-documentaire, tellement ce long métrage regorge d’éléments culturels. Car l’histoire culturelle des années 60 en Angleterre est passionnante. Et l’histoire de Jenny à l’aube d’une Angleterre qui va basculer dans la Beatlemania en 1963 et va connaître son âge d’or durant les années 1964-66 où le Swinging London est tout le symbole de ces changements culturels. Plus que l’actrice principale, un autre détail peut avoir son importance symbolique : au générique figure une certaine Duffy, symbole musicale de cette Angleterre des années 60 qui allie rapidement jazz et pop-rock pour donner naissance à ses propres groupes. Lorsque la chanteuse galloise débarque avec son album Rockferry, les critiques ne peuvent s’empêcher de comparer la chanteuse à des divas des années 50-60.

Il faut s’arrêter aussi sur la performance de cette jeune actrice, encore méconnue même pour les amateurs de cinéma. Carey Mulligan (aperçu dans Public Enemies ou Brothers) vient probablement de gagner ces galons de grande actrice. Une victoire aux BAFTA, une nomination loin d’être illogique aux Oscars, il est indéniable que son talent se faire ressentir. Elle a en réalité 25 ans, mais 16 ans dans le film. Et qui irait réellement dire le contraire. Elle dispose d’une éducation très feutrée, avec l’ambition des grandes écoles (ici celle d’Oxford, dont on continue à la comparer à Cambridge), un père qui souhaite la marier à un bon parti, et qu’elle continue à jouer du violoncelle. Une sorte d’éducation semi-bourgeoise qui va pousser beaucoup de ces jeunes à aller goûter secrètement à un autre type de vie. C’est ce que va faire Jenny, poussant indirectement par sa mère qui voir sa fille vivre ses frustrations, elle qui est désormais marié. Lorsque Jenny rencontre David (Peter Sarsgaard, vu dans "Esther" ou "Boys Don’t Cry"), on se pose même la question de l’âge, d’ailleurs on ne connaîtra jamais l’âge réel de David. Toujours est-il qu’il entraîne Jenny dans sa vie, progressivement elle découvre son personnage, les doutes, mais aussi l’excitation d’une vie beaucoup haletante.

Il faut saluer les multiples qualités du scénario, signé Nick Hornby. Ce romancier de base s’est inspiré du récit autobiographique de Lynn Barber, une journaliste réputée qui officie dans les colonnes de l’hebdomadaire The Observer. Lynn devient donc Jenny pour offrir une belle leçon d’éducation, car le thème est bien là. On y observe celle des parents, mais aussi sa propre éducation, celle de la vie et de son apprentissage, là où les parents ne sont pas forcément d’une si grande utilité. On n’ose imaginer s’il fallait transposer cela pour les jeunes de nos jours. Peut-être que dans 40 ans, un scénariste aura l’intelligence de raconter cette jeunesse, qu’interprétera un ou plusieurs talents du cinéma du moment.

Un film qui se coince entre la fresque documentaire sur une société qui change à l’image des débuts de cette révolution pop qui va transformer l’Angleterre, et en même une vraie histoire où la jeune Carey Mulligan émerveille son spectateur par sa justesse et son charme.

  Source : www.lequotidienducinema.com
   
 telerama - Aurélien Ferenczi
 

(...) Déclinaison anglaise de Lolita ? Détournement de mineure ? Pas tout à fait. Lone Scherfig, cinéaste danoise (Italian for beginners) filmant un script impeccable du romancier british Nick Hornby, lui-même tiré d'une histoire vraie, ne fait pas de morale, évite le libidineux. Au contraire, tout est subtil : Peter Sarsgaard joue avec finesse un trentenaire émerveillé de ce qui lui arrive ; tandis que la jeune Carey Mulligan (une inconnue qui ne le restera pas longtemps), bien servie par des dialogues pleins d'esprit, se transforme, à vue d'oeil, d'ado soumise en clone d'Audrey Hepburn. La réalisatrice traque sur le joli visage de l'actrice cette métamorphose saisissante.

Une éducation ne montre pas la relation hors norme des deux personnages comme un objet de scandale. C'est davantage un pacte pour échapper aux conventions et aux pesanteurs d'une Angleterre que la révolution pop - le Swinging London - n'a pas encore dynamitée. Une aventure commune, effrayante et exaltante, qui ne s'achèvera pas sans dommages. Le titre suggère, pourtant, qui des deux y aura le plus gagné ...

  Source : www.telerama.fr
   
 sur la route du cinema
 

La rencontre de Jenny et David, à la fois drôle et très originale, les place instantanément sur la même longueur d'ondes. Celle de l'humour. Jenny est bien jeune mais elle est vive, intelligente et très cultivée. David a plus du double de l'âge de Jenny mais il est immédiatement attirée par cette jeune fille différente. La façon dont David "embobine" ses parents est extraordinaire. Plein d'attentions aussi bien envers le père que la mère, il se comporte comme le gendre idéal mais avant cela comme un homme rassurant. C'est assez stupéfiant de voir avec quelle désinvolture et quelle inconscience ils jettent leur fille dans les bras de David. Mais les deux tourtereaux sont amoureux et ils multiplient les combines pour passer une soirée, puis une nuit, puis un week end ensemble !

Les combines c'est d'ailleurs un peu un aspect du "métier" de David qui flambe et fait la fête. Jenny est éblouie et avec lui, elle découvre le luxe et l'insouciance. La vie jusque là si morne devient un divertissement permanent. Par ailleurs, David se montre plein d'attentions, de délicatesse jusqu'à accepter d'attendre qu'elle ait 17 ans, âge auquel elle a décidé de perdre sa virginité.

Quel talent il fallait pour ne pas faire de cette audacieuse "éducation" une histoire répugnante et licencieuse ! Mais en creusant un peu, j'ai découvert que la réalisatrice était celle du délicieux, déroutant et frémissant "Wilbur". Je ne suis donc pas étonnée. Mais surtout, pour ne pas tomber dans le graveleux et faire de Jenny une Lolita qui devient adulte, elle a aussi misé sur deux interprètes d'une finesse et d'une subtilité rares.

Peter Sarsgaard déploie ici un charme considérable qu'il avait eu peu l'occasion de révéler jusqu'alors. Le mystère dont il s'entoure parfois nous fait craindre qu'il fasse souffrir Jenny. On attend que survienne le "drame" mais il tarde à venir et David dévoile peu à peu ses cartes faisant tomber une à une toutes les réticences de Jenny. Quant à Jenny, elle est interprétée par Carey Muligan actrice de 25 ans, tout à fait crédible en gamine de 16 ans qui par le simple miracle d'une coiffure et d'une robe devient une jeune femme d'une beauté et d'une élégance fabuleuses. Qu'une gamine mignonne se transforme en élégante branchée sosie d'Audrey Hepburn (je suis obligée de le reconnaître, même si on le lit partout) est tout à fait stupéfiant. Et en voyant Carey Mulligan s'emparer de ce rôle dans cette histoire juste et cruelle, brillamment interprétée, on ne peut s'empêcher de penser qu'une star est née.

  Source : www.surlarouteducinema.com
   
 journal factotum
 

Le charme des collèges britanniques et des jeunes- filles en uniforme, leur écharpe rayée nouée sous le menton, les rues bordées de maisons de briques, les voitures rondes prunes ou beige et les chansons de Brenda Lee. Les années soixante dans une petite ville anglaise. Mais cela ne suffirait pas à faire une histoire ni, surtout, un -bon- film.

La Danoise Lone Scherfig, revenue des partis-pris du Dogme 95, réussit, après "Italian for Beginners", une peinture de moeurs douce-amère plus séduisante encore. Inspirée par le scénario écrit par Nick Homby à partir de la biographie de Lynn Barber, elle met en scène Carey Mulligan, une Jenny que certains comparent déjà à Audrey Hepburn. Il est vrai que cette Jenny-là a la même délicatesse fragile, un peu tremblante, la beauté du visage menu, comme épuré et la noirceur scintillante des yeux écarquillés.

Très jolie Jenny, brillante et spontanée qui vit à l’étouffée entre ses père et mère aimants, un tantinet étriqués. Qui se donne du rêve en français, un désir de Paris, avec Juliette Gréco. Et qui rencontre un homme, très charmeur et charmé, emballeur de parents et ouvreur d’horizons. Alors, adieu lycée, latin, Oxford, et université. La demoiselle veut vivre et aimer ...

Histoire d’initiation sans beaucoup de larmes. Avec ambiguïtés et rires perlés. Entre le moule des conventions et le monde du toc mensonger, la jeune fille apprend. L’actrice britannique, qui a déjà joué dans Orgueil et Préjugés, fait montre d’une remarquable maîtrise dans ce personnage qu’on sent animé d’une force peu commune sous son délicat aspect.

Elle incarne aussi une certaine lucidité face à l’aveuglement consenti et hypocrite de l’Angleterre des adultes. De plus, jamais elle ne se pose en victime. Elle déborde de cette joie rebelle qui va ouvrir la voie au « flower power », aux Beatles et aux Stones. Et l’interprétation donne de la profondeur à une oeuvre pleine de vie, plébiscitée au Festival de Sundance.

  Source : www.journalfactotum.com
   
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