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La projection aura lieu à IMAGIX
- Mons - Plan
d'accès |
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Le jeudi 24 juin 2010 |
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Le film est projeté en version originale hébreuse, arabe, française, anglaise sous titrée en français |
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Le film est projeté sans entracte ni publicité |
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Les séances : |
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- 17h00 et 20h00
avec présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
- 14h30 et 22h30
sans présentation et feuillet sur les films à
chaque séance
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| Film autobiographique racontant le début de la première guerre du Liban en 1982, à travers la meurtrière avancée d’un tank israélien. Samuel Maoz a mis 25 ans pour en tirer un film puissant, écrit avec ses tripes, à rebours de tout héroïsme, qui montre la guerre avec une radicale nouveauté nourrie des douloureux souvenirs de son réalisateur. |
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Awards of the Israeli Film Academy 2009 |
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- Récompense de la meilleure direction artistique (Best Art Direction) décernée à Ariel Roshko
- Récompense de la meilleure photographie décernée à Giora Bejach
- Récompense du meilleur son décernée à Alex Claude & David Lis
- Récompense du meilleur acteur de second rôle (Best Supporting) décerné à Actor Zohar Shtrauss
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Camerimage 2009 |
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- Récompense de la meilleure photographie (Golden Frog) décernée à Giora Bejach
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Thessaloniki Film Festival 2009 |
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- Récompense des valeurs humaines (Human Values Award) décernée à Samuel Maoz
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Venice Film Festival (Mostra) 2009 |
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- Lion d'Or (Golden Lion) décerné à Samuel Maoz
- Nazareno Taddei Award décerné à Samuel Maoz
- SIGNIS Award (Mention honorable) décerné à Samuel Maoz
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Samuel Maoz, né en 1962 à Tel-Aviv (Israël), réalisateur, scénariste.
Samuel Maoz reçoit une formation comme cameraman à l'Académie d'Art Beit Tzvi et devient directeur artistique pour des productions de télévision.
En tant que réalisateur, Maoz s'associe à Arte pour son documentaire Éclipse Totale en 2000.
En 2007, Maoz commence Lebanon, son premier long métrage.
Dans ce film, il s'est consacré à la représentation de ses expériences dans la guerre du Liban 1982, dans laquelle il a lui-même été blessé lorsqu'il avait 20 ans.
Le scénario a été basé seulement sur ses expériences personnelles, ayant été guidé par ses collègues Joseph Cedar ( Beaufort, 2007) et Ari Folman ( Valse avec Bachir, 2008).
Lebanon décrit les expériences traumatisantes d'un équipage de quatre Israéliens dans un char dans un village libanais tôt dans la guerre.
Toute la filmographie de Samuel Maoz en tant que :
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Lebanon vu par son réalisateur |
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J'ai écrit Lebanon avec mes tripes. Aucune démarche intellectuelle ne m'a guidée. Mes souvenirs des événements mêmes étaient devenus flous et vagues. Je ne me suis pas soucié des conventions d'écriture comme de l'introduction des personnages ou de la structure dramatique. Ce qui était resté vif et à fleur de peau, c'était la mémoire émotionnelle. J'ai écrit ce que je ressentais.
Je voulais parler de blessures émotionnelles, raconter l'histoire d'une âme meurtrie, une histoire qui ne serait pas à chercher dans l'intrigue du film. Comment allais-je pouvoir faire passer tout cela dans le film? J'ai réalisé que je devrais me passer de certains principes et conventions cinématographiques, et créer une véritable expérience plutôt que de construire une intrigue.
C'est la décision de faire un film expérimental qui a donné naissance au concept cinématographique de Lebanon. Mon principe de base était de présenter un point de vue personnel et subjectif. Le spectateur ne devait pas regarder une intrigue se déroulant devant ses yeux mais bien l'expérimenter, la vivre avec les acteurs. Le public ne recevrait pas d'informations supplémentaires et resterait coincé avec les acteurs dans le tank, aurait la même vue limitée de la guerre et n'entendrait que ce que les acteurs entendent. Nous avons essayé de faire en sorte que les spectateurs puissent sentir mais aussi goûter la guerre, en utilisant les effets visuels et sonores pour faire plus que raconter une histoire. J'ai réalisé que nous devions concevoir le film comme une véritable expérience pour le public pour réussir à ce que la compréhension émotionnelle soit complète.
Quand nous avons été sélectionnés pour participer au Cinemart à Rotterdam, j'ai rencontré Michel Reillhac d'Arte France qui m'a demandé comment je comptais faire pour trouver un acteur qui intérioriserait une expérience si traumatique. Cette question si simple me portait un coup. Après tout qui pouvait comprendre aussi bien que moi que nous n'avions pas affaire à une simple "expérience difficile" au sens le plus conventionnel du terme? Comment faire comprendre et intérioriser un traumatisme aussi extrême à un jeune acteur de Tel Aviv? Je devais lui faire expérimenter. L'acteur ne comprendrait que ce qu'il aurait pu ressentir.
J'ai commencé par les bases: au lieu de lui expliquer qu'à l'intérieur d'un tank il fait chaud et étouffant, je l'ai enfermé un container brûlant, plongé dans l'obscurité totale. Au lieu de lui expliquer la panique s’emparant de celui qui se trouve dans un char mitraillé de toute part, nous avons frappé les parois du container avec des barres de fer. Il est resté dans ce container bouillant des heures durant, attendant le prochain choc les nerfs à vif, balloté d'avant en arrière. Et puis à nouveau un calme à faire lâcher les nerfs. Quand il en est sorti, transpirant et exténué, nous n'avions pas besoin de parler. Les mots n'auraient fait que gâcher l'expérience.
Nous devions filmer deux types de scènes - des scènes d'intérieur dans le tank, et des scènes de bataille en extérieur. Les scènes dans le tank ont donc été filmées en studio et les autres dans deux endroits: une bananeraie et une zone industrielle désaffectée. J'ai décidé que nous commencerions avec la scène de guerre, une scène à laquelle Shmulik, l'artilleur, n'assiste qu'à travers le viseur de son canon. Je l'ai tourné ainsi car un tank n'a en réalité aucun effet sur le cours d'une guerre, il ne peut que répondre à ses caprices imprévisibles. Nous devions filmer l'incident tel qu'il s'était déroulé, avant que la riposte ne suive. Le tank était en fait un assez imposant tracteur. Les parachutistes faisaient partie d'une équipe très soudée qui avait été démobilisée trois mois plus tôt. L'endroit ressemblait déjà à une zone bombardée. Rajouter un peu de fumée noire a fini d'en faire un champs de bataille. Nous avons passé 8 jours, dans la chaleur, la fumée et le sang, des conditions physiques extrêmes, avec une équipe de tournage quasiment euphorique.
Nous avons filmé les scènes extérieures complémentaires sans quitter Tel Haviv. Nous avions reconstruit l'intérieur d’un tank en plateau. De l'extérieur, il avait l'air d'un monstrueux insecte posé au milieu du studio et sorti tout droit d'un vieux film d'horreur. J'ai placé mon moniteur juste en face de lui. C'était comme si nous nous regardions l'un l'autre, intensément et en silence. Je me sentais comme Clint Eastwood avant le coup de feu fatal. Pour tourner une séquence sur ce film, nous avons eu besoin en moyenne d'une équipe de 4 ou 5 personnes: un cameraman et son assistant, un preneur de son, un pyrotechnicien et un machiniste. Mais pour les séquences du tank nous en avions besoin de beaucoup plus: quatre pour manipuler l'engin, deux pour la tourelle, un pour la fumée, un autre pour répandre des liquides, un autre pour faire clignoter les lumières...Nous ressemblions en fait à un combo de jazz bien réglé, les différents instruments dialoguant les uns avec les autres.
Le dernier jour nous devions tourner un plan particulièrement compliqué. L'équipe toute entière était requise et l'acteur était le seul sur le plateau à pouvoir faire le clap.
Mais les moments les plus forts furent ceux où les acteurs cessaient de jouer, où je cessais de diriger, le plateau était enveloppé d'un silence sacré, nous avions tous les yeux rivés sur les moniteurs, regardant une âme en train d'être filmée. |
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Source : www.commeaucinema.com |
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Lebanon : une première expérience pour Yoav Donat |
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Lire le scénario de Lebanon était déjà une expérience en soit. Je me suis totalement immergé dedans. J’avais l’impression que quelqu’un était en train de partager l’expérience la plus difficile de sa vie avec moi.
Ce script m’enthousiasmait plus que n’importe quel autre que j’avais pu avoir entre les mains jusqu’à présent. Je me suis dit qu’il serait essentiel pour moi de participer à la réalisation de ce film.
Après avoir rencontré Samuel, mon envie de travailler sur le film s’est encore accrue. Le moment où Samuel m’a dit "Bienvenue sur Lebanon !", à la fin de la quatrième audition, est l’un des moments les plus heureux de ma vie. C’était mon premier rôle après avoir fini mes cours d’art dramatique, la réalisation de tous mes rêves.
Samuel me parlait directement, pendant que nous tournions les scènes. Il me hurlait les horribles pensées qui étaient sensées me traverser l’esprit. "C’est ma faute si ce parachutiste est mort. Que vont-ils dire à sa mère ? Que j’ai fait une erreur ? Que je me suis trompé ? Je suis un vaurien ! Un lâche ! Un meurtrier !". Il me poussait encore et encore dans mes derniers retranchements. A la fin de la scène, beaucoup de gens pleuraient sur le plateau. Tout le monde comprenait que Samuel s’adressait en fait à lui-même.
A la fin du tournage de la séquence, j’étais dans un état émotionnel tel que j’ai éclaté en sanglots. Samuel m’a réconforté en me disant qu’il sentait qu’il guérissait à travers moi. Me voir sur le moniteur lui permettait d’éprouver de l’empathie, et de se pardonner. Je considère qu’avoir participé à un processus aussi intime et important est un grand privilège. Avoir pris part à la guérison de Samuel et avoir aidé à raconter son histoire sont des expériences qui vont m’accompagner toute ma vie. |
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Source : www.commeaucinema.com |
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le monde - Jean-Luc Douin |
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Samuel Maoz raconte la vie en huis clos de quatre tankistes pendant la première guerre du Liban. Refusé au Festival de Cannes par toutes les sections (de la Sélection officielle à la Semaine de la critique en passant par la Quinzaine des réalisateurs), Lebanon s'est imposé quelques mois plus tard comme un Lion d'or indiscutable à la Mostra de Venise. Voilà qui relativise le jugement sacro-saint des sélectionneurs, et prouve en même temps qu'aucun film ne fait jamais tout à fait l'unanimité, chacun ayant ses raisons de plébisciter ou de rejeter l'oeuvre en fonction de critères qui sont affaire de goût, de subjectivité, d'idéologie. |
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Source : www.lemonde.fr |
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evene |
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Inspirations
Grand admirateur d'oeuvres mythiques comme "Hiroshima mon amour" d'Alain Resnais, "La Jetée" de Chris Marker, "Les Ailes du désir" de Wenders, ou encore "Apocalypse Now" de Coppola, Samuel Maoz explique s'être surtout inspiré du travail d'Andrei Tarkovski sur le film "Stalker" : "Il est l'artiste pur du temps, de l'élément liquide, et les atmosphères visuelles de ses films, notamment "Solaris", "Le Miroir" ou "Stalker", ont beaucoup compté." |
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Source : www.evene.fr |
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Interview Arte - Samuel Maoz
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france info - Florence Leroy |
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Le réalisateur raconte son expérience de soldat israélien, embarqué dans la guerre du Liban.
Le spectateur se retrouve dans un char avec comme horizon la mire du viseur.
Une image violente du monde extérieur, qui fait ressentir aux spectateurs ce qui se passe réellement. |
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Source : www.france-info.com |
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evene - Anne-Claire Cieutat |
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A l’origine de ce premier long métrage, Lion d’or au dernier Festival de Venise, la traumatique expérience d’un artilleur de 19 ans aux commandes d’un tank israélien, en route pour le Sud Liban. C’était le 6 juin 1982. Il aura fallu plus de vingt ans à cet ancien soldat de Tsahal pour affronter le souvenir de ce carnage et dompter ses tenaces démons, yeux dans les yeux. "Lebanon" raconte l’histoire d’un double regard. Celui, effaré, d’un jeune homme mué en bête de guerre. Celui, hanté, d’un ex-militaire devenu cinéaste. "J’ai écrit ce film avec mes tripes", dit-il dans sa note d’intention, nous avons essayé de faire en sorte que les spectateurs puissent sentir mais aussi goûter la guerre.” "Lebanon", projet cathartique ? Le tank, son principal décor, devient dès lors l’espace mental où se joue le face-à-face d’une mémoire résurgente et d’une conscience en berne.
Tandis qu’Ari Folman partait en quête des souvenirs qui l’avaient déserté par le biais du "film d’animation documentaire" dans le sublime "Valse avec Bachir", Samuel Maoz envisage, lui, la part de la peur, du sang et du déni en gros plan, face caméra. Nulle métaphore, ni détour. Au centre de son dispositif, les visages éprouvés jusqu’au malaise de ses comédiens-messagers. Tout autour, l’habitacle métallisé d’un tank évoqué, théâtre d’un huis clos ambulant ; et les sons percutants du monde alentour se heurtant à ses parois. Quatre murs et quelques pupilles pour dire l’effroi et braver l’oubli, avec poigne. |
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Source : www.evene.fr |
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Le Monde - Jean-Luc Douin |
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Le parti pris est radical, métaphorique, fantastiquement physique. Hormis deux plans (le premier, le dernier, figeant le "décor" dans un champ de tournesols), tout Lebanon se situe à huis clos, dans ce char de combat, et tout ce que l'on peut percevoir au-dehors l'est par le prisme du viseur ou du périscope. (.. .) "Lebanon" ne vise pas la bonne conscience, mais la compassion. |
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Source : www.evene.fr/cinema |
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Télérama - Mathilde Blottière |
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En nous privant d'une perception générale, la mise en scène impose une narration originale : pas d'intrigue mais une tension permanente. (...) Ce dispositif rend plus frappante encore l'absurdité d'une guerre dont les jeunes appelés n'auront jamais qu'une vision parcellaire (...). De ce point de vue, "Lebanon" est l'anti-film de guerre, sans autre ressort dramatique que le réflexe animal de survie. |
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Source : www.evene.fr/cinema |
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tout le cine - Aliénor Duplessis |
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Le cinéma peut être parmi tant d'autres choses un moyen de vivre des expériences fortes. Lebanon nous en propose une, radicale et particulièrement dérangeante : prendre place dans un tank israélien et se retrouver au début de la guerre du Liban de 1982. Cette intéressante idée de mise en scène donne une œuvre expérimentale puissante, plus marquante qu'un documentaire.
Récompensé du Lion d'or au dernier Festival de Venise, Lebanon retranscrit l'histoire personnelle du réalisateur israélien Samuel Maoz. Il a 19 ans lorsque l'Etat hébreu envahit le sud du Liban, et se retrouve engagé comme tireur dans un blindé. Plus de vingt-cinq ans plus tard, Maoz met en scène son expérience à travers l'histoire de quatre jeunes soldats aux commandes d'un char, forcés d'avancer envers et contre tout, y compris la présence de civils innocents.
A l'exception des plans d'ouverture et de clôture, le film dans son intégralité immerge le spectateur dans un tank de Tsahal. Celui-ci est tour à tour témoin d'un huis clos à l'intérieur de l'engin et, à travers la lunette de visée du tank, de ce qui se passe à l'extérieur. Une perspective qui éprouve, oppresse et met le spectateur au même niveau que les protagonistes. Même si le char semble être une protection, le danger est toujours présent, palpable, qu'il vienne de l'intérieur ou au-delà. L'endroit est confiné, sale comme les visages noircis des soldats. Dans les yeux couleur ambre de Hertzel (Oshri Cohen) et ceux de ses camarades d'infortune se lisent la peur, le doute, l'absurdité de la situation. Ici, pas de grands discours où les personnages s'étendraient sur leurs états d'âme ou leur passé douloureux. Seul Shmulik ( Yoav Donat) racontera la mort de son père d'une manière inattendue, qui permettra de respirer pendant quelques minutes au sein d'une atmosphère étouffante.
En livrant une esquisse plutôt qu'un véritable portrait des personnages, les explications pseudo-psychologiques, souvent synonymes de lourdeur, nous sont épargnées. Les personnages secondaires, comme le phalangiste libanais ou le prisonnier syrien, restent eux aussi insaisissables, apportant une touche de mystère. Tous ces caractères peu définis laissent avant tout libre cours à l'imagination du spectateur et à son ressenti. Un excellent choix de la part du cinéaste, qui déclare "Il m'importait que le public comprenne le film, mais surtout qu'il le ressente." Pari réussi.
Ceux qui cherchent un message politique dans Lebanon ne le trouveront pas. Mais ils vivront une expérience à la fois humaine et inhumaine pendant une heure et trente-deux minutes. |
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Source : www.toutlecine.com |
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telerama - Mathilde Blottière |
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En juin 1982, quand la guerre du Liban éclate, Samuel Maoz a 20 ans. Mobilisé comme artilleur dans les divisions blindées, il se transforme en "vraie machine à tuer". Du Liban, le jeune Israélien est revenu hanté. Un mal que ce premier film, Lion d'or à Venise, tente d'exorciser.
Dans Lebanon, l'ex-soldat de Tsahal nous montre sa guerre, telle qu'il l'a vécue, à travers le viseur de son char. Avec pour seul décor l'habitacle exigu du tank, obscur et irrespirable, effroyable caisse de résonance des tirs alentour. Des combats, nous ne verrons jamais que ce que le tireur perçoit dans son viseur : un kaléidoscope de flashs traumatisants. Un paysan déchiqueté, un âne éventré, la tête ensanglantée d'un homme surpris en pleine partie d'échecs. Dans la rétine des soldats et des spectateurs, ces fragments d'horreur s'incrustent comme des éclats d'obus.
En nous privant d'une perception générale, la mise en scène impose une narration originale : pas d'intrigue mais une tension permanente. Toute logique militaire est exclue, seule compte l'avancée du blindé. Ce dispositif rend plus frappante encore l'absurdité d'une guerre dont les jeunes appelés n'auront jamais qu'une vision parcellaire, comme Fabrice à Waterloo. De ce point de vue, Lebanon est l'anti-film de guerre, sans autre ressort dramatique que le réflexe animal de survie.
A l'intérieur du char, on pourrait presque sentir les images : l'odeur de la crasse, de l'eau croupie, de la sueur et de la peur. Pris au piège de cet infernal huis clos, les soldats ont, pourtant, quelques moments de répit. Le temps d'une anecdote racontée dans un silence sépulcral, ils retrouvent le fil d'une vie normale et perdue. Mais même dans ces instants d'accalmie, la tension demeure. La peur de mourir, palpable, s'insinue partout, jusque dans l'évocation de l'enfance.
Au risque de la complaisance, le cinéaste ne craint pas de filmer le pire. Voir ce plan fixe, terriblement cru, capturant le regard de bête traquée d'une femme dont l'armée israélienne a massacré la famille. A l'instar de son compatriote Ari Folman (Valse avec Bachir), Samuel Maoz réussit à incarner ses cauchemars pour les affronter, enfin. |
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Source : www.telerama.fr |
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une derniere seance - Ashraf Barhom |
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Lion d'or au dernier festival de Venise, Lebanon est ce que l'on pourrait qualifier d'un premier essai plutôt culotté, le cinéaste Samuel Maoz nous plongeant dans les abîmes de la guerre du Liban via l'enclos d'un char d'assaut. Suivant la destinée de quatre soldats d'une vingtaine d'années, "isolés" et coincés dans le corps de cette énorme et encombrante machine. Partant de son expérience personnelle, le réalisateur, de part cet étonnant concept de point de vue unique où la caméra prendrait la place du canon du tank, propose avec Lebanon un véritable huis clos, poisseux et oppressant, où l'homme se ferait petit à petit le double de la machine. Déclenchant les tirs, choisissant les cibles, se vidant, comme lui, d'une quantité inépuisable de fluides en tout genre. A l'intérieur, l'huile se fond à l'urine, la transpiration à la poussière du tank. Face à l'exercice de la guerre, l'homme n'est rien sans la machine, la machine, absolument rien sans l'homme. Et là où celui-ci faisait, en apparence, office de rempart contre cette violence ambiante, il est au contraire un boulet des plus pesants, mettant toujours plus les soldats en danger de part ses multiples problèmes techniques. La guerre comme si vous y étiez, là est un peu l'intention première de Samuel Maoz, lui qui tente de retransmettre physiquement à l'écran l'horreur des combats, la complexité et la multiplicité des situations aux troubles psychologiques liés à celle-ci (...) |
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Source : www.unederniereseance.com |
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