Ciné-club éducatif & culturel de Mons (CCEC)
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Le bruits des glaçons réalisé par Bertrand Blier
    
Titre original Le bruit des glaçons
 Titre anglais The Clink of Ice
Réalisation Bertrand Blier
Scénario Bertrand Blier
 Dialogues Bertrand Blier
Interprétation Jean Dujardin (Charles Faulque), Albert Dupontel (le cancer de Charles), Anne Alvaro (Louisa), Myriam Boyer (le cancer de Louisa), Audrey Dana (Carole Faulque), Christa Théret (Evguenia), Emile Berling (Stanislas Faulque), ...
Photographie François Catonné
Pays France
Année 2009
Durée 1h27’
Genre Comédie dramatique
 Distributeur Victory Productions
Site officiel  
Bande annonce  
Affiche  
 Dossier de presse
 Feuillet du film distribué aux séances
 
 
 
Pour le gala d'ouverture Séance unique à 20h00
 La projection aura lieu à IMAGIX - Mons - Plan d'accès
Le jeudi 09 septembre 2010
Le film est projeté en version originale française
Le film est projeté sans entracte ni publicité
 
 
C'est l'histoire d'un homme qui reçoit la visite de son cancer. "Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance ... "
Dujardin et Dupontel assurent la relève dans un duo dantesque (…) Du premier au dernier plan, Blier assume pleinement les fondamentaux de son style : des dialogues d'anthologie, des rôles féminins faussement secondaires (les exceptionnelles Anne Alvaro et Myriam Boyer sont celles qui brisent le pas de deux) et une artificialité théâtrale qui s'illustre jusque dans le décor minéral de ce mas cévenol aussi refroidissant qu'un glaçon géant. Et si le lieu est austère, il laissera cependant éclore un sentiment amoureux de la dernière chance, qui compliquera un tantinet la tâche du cancer. Cette noblesse du coeur permet au film d'être bien plus qu'un délire de garnements jouant avec les allumettes. La farce s'épanouit sur une pente glissante mais retourne les tabous et passe à autre chose, dans une lumière bien réconfortante. Le meilleur Blier depuis un bail. (Studio Ciné Live)
 
 
 Sélectionné pour le Festival de Venise (Mostra 2010) dans la section parallèle, 7ème édition de Venice Day (Giornate degli Autori - Venice Days)
 Sélectionné en film d'ouverture hors compétition dans la sélection officielle au Festival du film francophone d'angoulème 2010
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Bertrand Blier né le 14 mars 1939 à Boulogne-billancourt (France). Acteur, Réalisateur, Scénariste, Auteur, Assistant réalisateur, Scénariste (Adaptation), Acteur.

Fils du célèbre comédien Bernard Blier, Bertrand Blier s'est destiné très tôt à une carrière cinématographique. En effet, ses études secondaires à peine terminées, Bertrand est déjà assistant de John Berry qui tourne Oh! Qué mambo : il a tout juste vingt ans ! Puis il apprend son métier de cinéaste aux côtés de réalisateurs éprouvés tels que Georges Lautner, Jean Delannoy, Denys de La Patellière ou Christian-Jaque. Dès 1962, il décide de passer à la réalisation.

Bertrand Blier écrit de nombreux scénarios, dont une adaptation de L'Écume des jours de Boris Vian, qui resteront dans ses tiroirs. Puis de 1967 à 1974, c'est une véritable «traversée du désert», avec pour seul oasis l'écriture du scénario de Laisse aller... c'est une valse de Georges Lautner. Puis naît Les Valseuses, en 1974. D'abord roman, puis film, c'est un triomphe qui fit de son trio de jeunes interprètes, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou, un trio de vedettes. Ce film souvent rejeté par la critique pour vulgarité, impose l'image d'un Bertrand Blier non conformiste et provocateur.

En 1976, Calmos est une charge anti-féministe ne reculant devant aucune outrance. Pour Préparez vos mouchoirs, Blier retrouve son tandem fétiche Depardieu- Dewaere, aux prises, cette fois, avec Carole Laure. Le film reçut l'Oscar 1979 du meilleur film étranger et un bon accueil en France. La même année, Buffet froid fut mal compris du public. Il préféra Beau-père, que Blier adapta de son propre roman. En 1983, La Femme de mon pote, huis clos psychologique avec Coluche, Isabelle Huppert et Thierry Lhermitte, surprit tous ceux qui espéraient un film comique traditionnel. Même malentendu avec Notre histoire, César 1984 du scénario, qui fit d' Alain Delon, le viril héros de tant de polars, un alcoolique sur le retour, battu, cocu et malheureux ...

Bertrand Blier lance en 1986, une nouvelle provocation : Gérard Depardieu séduisant Michel Blanc dans Tenue de soirée ! Ce film obtient d'ailleurs un immense succès public et permet à Michel Blanc d'obtenir un prix d'interprétation masculine au festival de Cannes. Grand succès commercial, en dépit de ses huit nominations, le film n’avait obtenu aucun César. En revanche, Trop belle pour toi en reçut cinq : meilleur film, meilleur scénario, meilleur réalisateur, meilleure actrice ( Carole Bouquet) et meilleur montage ( Claudine Merlin).

Dans nombre de ses films, les hommes, machistes jusqu’à la caricature, apparaissent victimes d’une gent féminine dont ils sont les pitoyables jouets. Avec Merci la vie, les femmes prennent le pouvoir et vont le garder. A partir d’une idée simple, la rencontre de deux filles, Joelle et Camille ( Anouk Grinberg et Charlotte Gainsbourg), l’une qui a tout vécu et l’autre rien, le cinéaste confronte ses héroïnes à un monde en proie à la peur.
Bertrand Blier
Avec Un, deux, trois soleil, Blier semble revenir à une narration plus classique. Il fait encore appel à Anouk Grinberg, devenue sa compagne et sa muse, pour incarner son héroïne. Dans Mon homme, la prostituée au grand cœur est à nouveau interprétée par l'actrice. Ce film n'a pas permis au réalisateur de retrouver la faveur du grand public. Le cinéaste prend alors quelque distance avec son art. Congé qu’il met à profit pour écrire un roman, Existe en blanc, et une pièce, Les Côtelettes en 1997, interprétée par Philippe Noiret et Michel Bouquet, qui vaudra à ce dernier le Molière du meilleur acteur. Il revient au 7ème art, en l’an 2000, avec Les Acteurs, où pratiquement tous les grands noms du cinéma défilent devant sa caméra. En 2003, il réalise Les Côtelettes, avec Philippe Noiret dans le rôle de Léonce Grison, puis en 2005, Combien tu m'aimes ?, mettant en scène , Bernard Campan, Gérard Depardieu et Edouard Baer. En 2010, il réalise Le bruit des glaçons, dans lequel un homme (Jean Dujardin) reçoit la visite de son cancer (Albert Dupontel).

Source : www.toutlecine.com

Toute la filmographie de Bertrand Blier en tant que :
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 Le Bruit des glaçons : Note d'intention
 
" J’ai une note d’intention valable pour tous mes films : faire rire, faire peur, vous emmener dans des coins sombres, faire " hou" dans la nuque des filles, parler de choses très graves en adoptant le point de vue du cancre, celui qui ne comprend rien à la vie, là c’est un écrivain qui picole, je n’ai jamais fait de film sérieux et c’est pas demain la veille, vous pouvez me faire confiance… mais il y a toujours, quand même, cette petite envie de pleurer qui ne me quitte pas, c’est l’enfant que je suis resté, sans doute, l’enfant qui fait des grosses bêtises, des films, et qui a peur d’être découvertir ..."
  Source : www.commeaucinema.com
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Et de 2 !

Albert Dupontel et Jean Dujardin s'étaient déjà retrouvés face à face dans le drame policier Le convoyeur de Nicolas Boukhrief en 2004.

Le style Blier

Dans une note d'intention sur son film Le Bruit des glaçons, Bertrand Blier partageait sa vision des émotions qu'ils veut transmettre dans ses films : "J’ai une note d’intention valable pour tous mes films : faire rire, faire peur, vous emmener dans des coins sombres, faire "hou" dans la nuque des filles, parler de choses très graves en adoptant le point de vue du cancre, celui qui ne comprend rien à la vie, là c’est un écrivain qui picole, je n’ai jamais fait de film sérieux et c’est pas demain la veille, vous pouvez me faire confiance… mais il y a toujours, quand même, cette petite envie de pleurer qui ne me quitte pas, c’est l’enfant que je suis resté, sans doute, l’enfant qui fait des grosses bêtises, des films, et qui a peur d’être découvert…."

L'idée du film

L'idée originale de donner une forme humaine au cancer est née d'une rencontre anodine de Bertrand Blier. Le réalisateur confie que son film tient son origine «du visage d’un homme, il y a vingt ans». «Je me suis dit qu’il avait une tête de cancer ! Ce qui m’avait conduit à noter une réplique : "Bonjour, je suis votre cancer !…" J’y pensais parfois, j’en parlais autour de moi, sans vraiment envisager d’en faire un film, peut-être par trouille. Et puis, un jour, je me suis mis à écrire très vite et avec beaucoup de plaisir un texte en forme de nouvelle d’une quarantaine de pages», explique-t-il.

Dupontel convaincu par le scénario

“Blier est un des rares cinéastes français qui m’ait donné l’envie de faire des films. Car il est au carrefour de la poésie, la poésie du cinéma, et d’une certaine efficacité comique”, confie Albert Dupontel. Adepte des comédies grinçantes, l'acteur a été séduit par le ton du scénario écrit par le réalisateur. Selon lui, Le Bruit des glaçons «est ce que Bertrand Blier a écrit de mieux depuis Tenue de soirée (1986). Les dialogues sont hilarants. Dans l’histoire, les gens qui aiment le personnage de Jean voient son cancer, mais ceux qui ne l’aiment pas ne le voient pas."

Une approche différente

Après cinq ans d'absence, Blier revient avec un film assez différent de ces précédentes réalisations. “J’ai écrit des scénars et une pièce, j’ai beaucoup réfléchi au cinéma. J’ai entendu que j’étais fini, lessivé : "Blier monument décati du cinéma français"… J’ai aussi constaté que les plans sublimes, la belle lumière, ça n’intéresse plus grand monde. J’en suis arrivé à la conclusion qu’il faut faire des films, non pas à la va comme j’te pousse, mais d’une manière sans doute moins ambitieuse et moins esthétique. Finis, les grands travellings latéraux du cinéma de Resnais. Ici, tout a été fait à la steadycam qui permet une fluidité et un naturel qui allaient bien avec l’histoire", explique le réalisateur.

Une bonne ambiance de tournage

Il semblerait que l'ambiance de tournage dans une grande maison au cœur des Cévennes (pendant l'hiver 2009/2010) ait été plutôt conviviale. "Tendre, harmonieux, beaucoup de déconnade, une équipe réduite, et nous les quatre acteurs heureux d’être là et prêts à allumer la mèche, après deux ou trois jours de tâtonnements pour trouver nos marques", confie Jean Dujardin. Même ressenti pour l'actrice Anne Alvaro : "j’étais là comme la gardienne de la maison, je les regardais travailler. Il y avait entre nous une relation de confiance, de respect, de curiosité et de rigolade qui n’a fait que grandir, jour après jour. On a bien bu, on a bien mangé, j’ai découvert les vertus du citrate de bétaïne à cette occasion !..."

Source : www.toutlecine.com
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Le film aux 5 Césars

Le onzième long-métrage de Bertrand Blier, "Trop belle pour toi", qui met en scène le trio Depardieu-Bouquet-Balasko a reçu cinq Césars : meilleur film, meilleur scénario, meilleur réalisateur, meilleure actrice (Carole Bouquet) et meilleur montage.

Un Français à Hollywood

Grâce à son film "Préparez vos mouchoirs", Bertrand Blier fait partie des rares Français récompensés par un oscar, celui du Meilleur film étranger reçu en 1979.

Source : www.evene.fr
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"Ce qui me touche chez les acteurs ? Peut-on dire ce qui nous touche dans l’oxygène ?" (Bertrand Blier - Extrait d'une interview dans Studio Magazine - Janvier 2000)

"Ce que l’homme voudrait, c’est vivre plusieurs vies. Et ce n’est pas possible parce qu’il n’en a qu’une, et en plus elle est courte." (Bertrand Blier - Dialogue du film français Trop belle pour toi)

"Tous les hommes sont perdus. S’il n’y avait pas les femmes, on serait dans les forêts à hurler comme des loups ..." (Bertrand Blier - Les côtelettes)

"Que se passe t-il dans un immeuble quand il y a une formidable histoire d’amour ? Tous les voisins veulent en profiter. Comme d’un rayon de soleil dans des vies un peu grises !" (Bertrand Blier - Studio magazine - mai 2005)

"L'honnêteté est à la femme ce qu'est le pied-de-biche à la porte blindée." (Bertrand Blier - Existe en blanc).

"Tout bon film est une histoire d’amour avec un homme ou une femme" (Bertrand Blier).

"C'est la contemplation de la connerie qui donne la vocation du pouvoir" (Bertrand Blier).

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Entretien avec le réalisateur du Bruit des glaçons, Bertrand Blier
 

Encore un film "risqué"

Je ne sais pas faire autrement. A quoi sert-il de faire des films si on ne prend pas de risques ? Autant changer de métier, non ?

Il n’est pourtant pas si courant de traiter du tabou du cancer sans pincettes ...

Je crois avoir fait beaucoup de films plus risqués que le Bruit des glaçons. L’idée en est simple. Parler du cancer aujourd’hui, c’est une conversation qu’on a tous, car on y est tous confronté. La seule chose à faire, c’est de se battre et de bien se soigner, je le dis à tous mes copains, fort de mon expérience. Il y a très peu de cancers qu’on ne puisse soigner si on les prend à temps. Je suis très optimiste sur les questions d’espérance de vie, il suffit de regarder les statistiques.

De quoi ce film est-il né ?

Du visage d’un homme, il y a vingt ans, dont je me suis dit qu’il avait une tête de cancer ! Ce qui m’avait conduit à noter une réplique : "Bonjour, je suis votre cancer !…" J’y pensais parfois, j’en parlais autour de moi, sans vraiment envisager d’en faire un film, peut-être par trouille. Et puis, un jour, je me suis mis à écrire très vite et avec beaucoup de plaisir un texte en forme de nouvelle d’une quarantaine de pages. "Extraordinaire, me disait-on, mais on n’arrivera jamais à le monter." Ma productrice Christine Gozlan, une copine depuis longtemps, n’est heureusement pas du genre frileux. J’ai d’ailleurs toujours pensé que le tandem royal au cinéma c’était celui du producteur et du metteur en scène ...

On sent avec ce film votre volonté de changer de registre ou de braquet, tout en restant dans le ton Blier ...

Mon sentiment est d’avoir fait un film très spontané et pas agressif. Je n’ai pas cherché à faire le malin. L’humour noir est là, mais sans provoc. Rançon de la maturité, sans doute. S’il y a un ton de comédie, je ne l’ai pas voulu trop appuyé. Dès lors qu’on accepte Albert Dupontel dans le rôle du cancer de Jean Dujardin, tout le reste est d’une grande simplicité et, je l’espère, d’une justesse assez fondamentale. C’est là où le cinéma devient quelque chose de passionnant.

On sait que vous n’aimez pas les démarrages en douceur

C’est vrai que j’ai souvent tendance à attaquer les pieds devant, au détriment du traditionnel "il était une fois".

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Entretien avec Jean Dujardin, à propos du Bruit des glaçons
 

Vous attendiez-vous à la proposition de Bertrand pour ce rôle ?

Il a d’abord voulu me rencontrer, me renifler pour savoir qui j’étais. Moi, ça n’est pas mon truc d’aller voir un metteur en scène pour lui dire : je veux travailler avec vous. Si quelqu’un a besoin de vous, il vient vous voir. On a tout de suite compris qu’on avait des choses à faire ensemble, sans très bien savoir ni quand ni comment. Ce qui m’a décidé, ce sont les vingt pages qu’il m’a donné à lire. Ca lui ressemblait, c’était singulier et absurde, angoissant et émouvant, très gonflé en un mot. Lui-même y croyait très fort, il sentait qu’il tenait quelque chose de neuf. Peut-être bien un film d’amour et d’espoir, plutôt qu’une comédie grinçante sur le cancer qui pourrait ne pas être drôle du tout. Vous imaginez la bande-annonce : "Vous avez 60 piges, vous avez le cancer, ce film est pour vous !" Moyen, comme accroche. En fait, Bertrand casse les conventions du cinéma comme un vieux sale gosse. Il est là pour déranger, mais avec élégance.

Charles, l’écrivain qui n’écrit plus et qui boit, c’est une sorte d’Hemingway jeune ?

Hemingway ou… Blier lui-même. Il a dû se fantasmer dans le personnage. Que dit Charles ? "J’ai plus rien à espérer de la vie, ni de la littérature, je bois comme un con, ma femme est partie avec mon fils, je suis en bout de course." Je sens chez Bertrand, comme chez beaucoup d’artistes, une angoisse très forte devant la mort, d’où le besoin de faire un gros doigt à la faucheuse !

Pourrait-on dire que c’est un film avec vue sur la mort, une vue rapprochée ?

Celle-là, je me la garde ! Merci… Oui, un hymne à la vie, paradoxalement. Un pied dans la mort, un pied dans la vie. On pourrait en parler comme d’une "dramédie", ou d’un film de Blier, tout simplement.

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Entretien avec Albert Dupontel, à propos du Bruit des glaçons
 

Le cinéma de Bertrand Blier vous est-il familier ?

Blier est un des rares cinéastes français qui m’ait donné l’envie de faire des films. Car il est au carrefour de la poésie, la poésie du cinéma, et d’une certaine efficacité comique. On pourrait dire qu’il est un David Lynch français, mais en plus drôle ! Je pense avoir vu à peu près tous ses films, je connais même les dialogues de certains d’entre eux par cœur. Je garde par exemple un souvenir ému de Buffet froid, Tenue de soirée, Trop belle pour toi ou Merci la vie. Tant d’invention me fascine et m’impressionne, comme me fascinent et m’impressionnent les frères Coen ou Terry Gilliam. Il me semble que le Bruit des glaçons est le meilleur scénario de Bertrand depuis longtemps. Il a retrouvé avec ce film ce qui est au cœur de son cinéma, un imaginaire en fusion et, mine de rien, le sens de la fable métaphysique. Aux films narratifs, comme les Valseuses ou Préparez vos mouchoirs, ont succédé des œuvres plus abstraites et plus risquées qui ne caressent pas dans le sens du poil. Il est difficile de rester sincère quand le succès vous rattrape. Lui, a continué à se renouveler. Ne pas le faire, c’est piétiner. Cet homme-là ne fait pas du sur-place.

Vous vous sentez de sa famille ?

Je n’ai pas vraiment de famille, les classifications, ça n’est pas mon truc.

Vous aviez déjà tourné avec lui ...

J’avais déjà fait un petit tour chez Blier dans les Acteurs, c’était moi qui assassinais Belmondo ! Pour le Bruit des glaçons, il a sans doute dû penser que le cancer était dans mes cordes !...

Quand on est soi-même metteur en scène, n’est-ce pas un peu compliqué de faire l’acteur chez un confrère ?

Pas chez Blier. Je dirais même que c’est reposant de travailler avec lui, de s’en remettre à ses choix. On est content quand il est content. Ce type avec qui j’ai grandi est quand même une légende. Il a fait une vingtaine de films dont quatre ou cinq resteront dans l’histoire du cinéma.

Sa façon de diriger vous convient ?

Il ne dirige pas vraiment au sens propre du mot. C’est un instinctif qui attend beaucoup de son texte derrière sa pipe. Il est important de le respecter, avec ses respirations. On fait le boulot pour lui, presque comme des chiens savants qui essayent de contenter leur maître ! Et on le fait avec beaucoup de plaisir quand le maître est Bertrand.

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Entretien avec Anne Alvaro, à propos du Bruit des glaçons
 

Quel rapport aviez-vous avec Bertrand avant ce tournage ?

Il se trouve que ce n’est pas la première fois qu’il veut travailler avec moi. Il m’avait proposé précédemment deux scénarios qu’il n’a pas tournés. J’ai lu le Bruit des glaçons comme une nouvelle, c’était un pur régal. Bertrand n’avait pas écrit le rôle de Louisa pour moi, mais je l’ai reconnue néanmoins comme un personnage qui venait à moi à point nommé. C’est une impression qu’on n’éprouve pas très souvent, qui vous porte et vous emporte. Je l’ai tout de suite beaucoup aimée, cette Louisa dont Bertrand m’a à la fois très bien et très peu parlé. L’image de la mère, l’image de l’amante. La bonté et la douleur de quelqu’un qui ne s’extériorise pas. Ensuite pour des questions de dates, j’ai eu très peur de ne pas pouvoir faire le film, et je l’aurais affreusement mal vécu. Mais, une parenthèse de théâtre a rendu la chose possible.

Lui, parle de Louisa comme de "la femme terminale" ...

La femme terminale… C’est extrêmement troublant, mais c’est tout à fait ça… Celle qui rend le goût de vivre à l’homme qu’elle aime en silence depuis toujours, dans cette maison où elle vit, comme c’est dit, de toute éternité. Dès ma première scène importante, Bertrand m’a dit que je sentais bien le personnage, j’ai été rassurée. Tout s’est dénoué pour moi dans un plan où je n’étais pas prévue initialement. Je suis bord cadre sur la terrasse, comme une figure de proue, et regarde les deux garçons en contrebas. Jean Dujardin dit à Albert Dupontel : "Donnez-moi le temps d’aimer cette femme ..."

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7sur7 - afp
 
(...) Au fil d'un huis clos émaillé de scènes à la tonalité surréaliste, Jean Dujardin & Albert Dupontel, se lancent dans une joute oratoire faite de bons mots cinglants et de dialogues ciselés teintés d'humour noir, marque de fabrique du cinéma de Blier. De son côté, Myriam Boyer incarne le cancer de la domestique, par définition plus "prolétaire" que celui, "bourgeois", de Charles. Le duo se fait quatuor, et le duel à mort devient double. (...)
  Source : www.7sur7.be
   
chronique des salles obscures - Corto
 

Comment faire un pied de nez au cancer qui tue des milliers de personnes chaque année ? En le regardant droit dans les yeux et en se foutant de sa gueule, chose permise par le cinéma où tout est possible. C’est le parti pris par Bertrand Tavernier pour son nouveau film, celui de l’humour parfois grinçant, et de la dérision. Et qui mieux qu’Albert Dupontel avec sa coupe de cheveux improbable pour incarner cette saloperie qui rend visite à sa prochaine victime, un écrivain alcoolique campé par Jean Dujardin dans un rôle qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’Octave de 99 Francs ?

Il s’ensuit alors une confrontation tragicomique prenant pour cadre la demeure de Charles, sous l’œil inquiet de Luisa, la bonne fidèle et aimante. Le bruit des glaçons est surement l’un des meilleurs films de Bertrand Tavernier depuis Merci la vie. Le cinéaste retrouve sa verve et son goût des situations décalées qui sont sa marque de fabrique. Il y a quelque chose du Bunuel du Charme discret de la bourgeoisie chez ce cinéaste hors norme à la patte reconnaissable entre toute. A chacun de ses films, on a davantage l’impression d’assister à une pièce de théâtre filmée mettant en scène l’absurdité de la vie qu’à un long métrage classique.

Les acteurs qui s’adressent directement à la caméra, une bande son au même niveau sonore que les dialogues et qui joue elle-même son propre rôle dans le film, des dialogues hauts en couleurs bourrés de répliques cultes, telles sont les marques de fabrique de ce cinéaste qui s’était quelque peu perdu ces derniers temps. Il revient ici en grande forme, épaulé par toute une série d’acteurs fabuleux, Dujardin, Dupontel et Anne Alvaro en tête. Le bruit des glaçons traite bien sur de la maladie de façon frontale en choisissant de prendre le sujet à bras le corps, sans pathos ni commisération mais avec une ironie mordante.

Mais le film met aussi en scène un homme qui a gâché sa vie en se réfugiant dans la boisson plutôt que d’affronter une existence qu’il juge vide de sens. Il faudra l’irruption de son cancer et l’amour enfin révélé d’une femme jusque là effacée pour lui redonner le goût de se battre. Film tour à tour épicurien et désespéré, délicieusement drôle et touchant, Le bruit des glaçons est un pied de nez à la maladie, un hymne à la vie et à l’amour envers et contre tout, une succession de scènes plus réjouissantes les unes que les autres, et le grand retour d’un cinéaste qui, on s’en rend compte en voyant ce film, nous manquait cruellement.

  Source : chronique-des-salles-obscures.blogspot.com
   
tout le cine
  Qu'on se le dise, le Bertrand Blier qu'on aime, à la fois tendre et subversif, est bel et bien de retour. Oublions les Combien tu m'aimes ? et autre Côtelettes, avec Le Bruit des glaçons, le cinéaste se révèle inventif et terriblement émouvant, coiffant au poteau toute la jeune clique du cinéma français.
  Source : www.toutlecine.com
   
la croix - Corinne RENOU-NATIVEL
 

Le bruit des glaçons : histoires de crabes

Bertrand Blier, le réalisateur de "Buffet froid", revient avec un film décapant dans lequel un écrivain est confronté à l’incarnation de son cancer. D’un pas décidé, une silhouette s’avance vers une grande demeure pour s’annoncer au maître des lieux : "Je suis votre cancer. Et si on faisait un peu connaissance ?" Lorsque Bertrand Blier s’empare d’un sujet comme le crabe, il n’utilise pas de pincettes. Charles, un écrivain en panne d’inspiration depuis son Goncourt, alcoolique depuis le départ de sa femme et de son fils, ne se sépare pas d’un seau à glace qui contient la bouteille du moment. Dans sa vaste maison, lui et son cancer apprennent à se connaître, boivent et mangent comme de bons vivants. D’abord à la marge de ce duo, Louisa, la gouvernante de la maison, sort de sa réserve pour se révolter contre le sort que l’écrivain, malgré quelques soubresauts, paraît accepter. Jolie trouvaille scénaristique, le cancer n’est visible pour les autres que par les yeux de l’amour. Or, Louisa le voit, lui parle et s’immisce dans le tête-à-tête de Charles et de sa maladie, alors même qu’elle aussi doit bientôt faire face à son propre mal. On le voit, Le Bruit des glaçons ne ressemble à aucun autre film. Son réalisateur assume pleinement ses partis pris en poussant partout le curseur : effets musicaux appuyés, jeu théâtral des acteurs, aparté face à la caméra, flash-back dans lequel le narrateur et son interlocuteur interviennent ...

Sujet risqué, mise en scène risquée

"À quoi bon faire des films si on ne prend pas de risques ?" s’insurge Bertrand Blier, absent des écrans depuis cinq ans et Combien tu m’aimes ?, son dernier film. D’abord secoué, le spectateur entre dans la danse menée par des comédiens à leur meilleur. Jean Dujardin (Charles) et Albert Dupontel (son cancer) excellent dans le décalage entre drame et dérision, jouant sans peine sur les deux registres. Le personnage de Louisa, magnifiquement interprété par Anne Alvaro, effacée puis lumineuse, apporte une profondeur inattendue au récit. Sous la grossièreté et l’humour noir assumés depuis toujours par le réalisateur, surgissent la tendresse, l’amour, les réflexions sur la paternité, le sens de la vie. Ce film singulier, et finalement plein d’espoir, ne laissera à l’évidence personne indifférent.

  Source : www.la-croix.com
   
 excessif - Jean-Philippe GUERAND
 

Le bruit des glaçons, c'est celui qui rythme la vie d'un écrivain en panne d'inspiration qui boit pour oublier que sa femme et son fils l'ont quitté. Ce son familier est court-circuité un jour par la sonnerie de la porte d'entrée du reclus que vient d'actionner un visiteur pour le moins particulier, puisqu'il se présente comme le cancer qui aura sa peau ... De ce postulat de départ surréaliste, Bertrand Blier tire une fable grinçante qui repose à la fois sur des dialogues percutants et la confrontation de deux natures : Jean Dujardin et Albert Dupontel.

Après avoir laissé entrer le second dans un moment d'égarement, mû sans doute par une curiosité malsaine à l'égard de ce mal annoncé qui ne cadre pas avec la cirrhose du foie qu'il entretient verre après verre dans un goutte-à-goutte mortel, le premier n'a de cesse de se débarrasser de cet intrus qui ne se se matérialise qu'à ses yeux et pour ceux qui l'aiment, même si c'est en secret. Or c'est le cas de sa fidèle servante, qu'incarne Anne Alvaro, elle-même bientôt encombrée de son propre cancer, campé par une Myriam Boyer aussi envahissante que son collègue, malgré son accoutrement démodé de veuve corse.

Comme on peut le constater à ce qui précède, Bertrand Blier n'a sans doute jamais flirté d'aussi près avec l'absurde et le désespoir, sinon peut-être dans son chef d'œuvre absolu, Buffet froid, avec lequel Le bruit des glaçons entretient d'évidentes connivences. Ce cinéaste à qui Calmos a collé une étiquette indélébile de misogyne, c'est à une femme qu'il confie le rôle de sauver son protagoniste principal. Pas une bimbo ou une suffragette, non, une personne ordinaire qui se consumait pour lui à ses côtés sans qu'il s'en rende compte. Alors que Carole Bouquet menait à sa perte le trio de Buffet froid, que Carole Laure laissait derrière elle un champ de ruines affectif dans Préparez vos mouchoirs et que les différents personnages féminins interprétés par Anouk Grinberg de Merci la vie à Mon homme survivaient au chaos debout, plus que jamais, Blier entérine ici cette maxime selon laquelle la femme est l'avenir de l'homme.

Dès le premier plan, le cinéaste nous embarque dans son univers en suivant la course folle du gaillard hirsute aux yeux riboulants et au sourire ricanant qu'incarne Albert Dupontel. À partir du moment où l'on découvre Jean Dujardin en épave, jamais sans sa bouteille, on se dit que le combat s'annonce inégal. C'est compter sans les ressources d'un scénario qui s'appuie sur une dramaturgie très étudiée et fait la part belle aux dialogues, sans établir pour autant de hiérarchie entre les différents personnages. Blier n'hésite pas à bousculer la chronologie et à briser la linéarité pour placer l'un ou l'autre sur le devant de la scène, le temps d'une séquence voire d'un plan. C'est notamment le cas de la petite amie de l'écrivain que campe Christa Théret, jeune arriviste peu farouche dont la détermination à se sortir coûte que coûte d'une vie de misère est exprimée en un plan magistral : celui du visage impénétrable d'une femme russe qu'on devine être sa mère. Ici, Blier n'a pas besoin de se gargariser de mots. Il fait confiance au pouvoir de l'image et c'est aussi pour cela que Le bruit des glaçons compte parmi ses plus belles réussites : parce qu'il a réussi à se débarrasser de ses artifices pour se concentrer sur l'essentiel : la mise en scène.

À une époque où bon nombre de réalisateurs français de sa génération peinent à se renouveler sinon même à continuer à tourner, ce fringant septuagénaire qui fera jouer simultanément à la rentrée sa nouvelle pièce de théâtre, "Désolé pour la moquette", surprend une nouvelle fois par son audace et ouvre un nouveau chapitre dans une carrière déjà faste en démontrant qu'il a retrouvé cet appétit du cinéma qu'il pensait lui-même avoir perdu.

  Source : www.excessif.com
   
 a voir a lire - Virgile Dumez
 

Bertrand Blier nous revient en grande forme avec ce nouveau long-métrage au ton très sombre, dominé par une interprétation de premier ordre et une réalisation épurée au maximum. Assurément un grand cru.

Après avoir connu des hauts (Combien tu m’aimes) et des bas (les ratés Les acteurs, puis Les côtelettes) durant les années 90-2000, Bertrand Blier nous revient en grande forme cette année après avoir pris cinq années pour réfléchir à l’orientation qu’il souhaitait donner à son cinéma. La réponse est plutôt claire avec Le bruit des glaçons, oeuvre intimiste où l’auteur livre ses angoisses sur un ton mi-sarcastique, mi-désespéré. Effectivement, si la promotion qui entoure le métrage joue plutôt la carte du film iconoclaste basé sur une situation originale portée par deux acteurs comiques imparables, la surprise vient en réalité de la tonalité très sombre de cette histoire pourtant tournée dans la lumineuse région nimoise.

Si la situation de départ peut effectivement faire sourire, le réalisateur choisit d’emblée d’ancrer son film dans une atmosphère mystérieuse et fantastique que ne renierait pas un certain David Lynch. Utilisant une musique intrigante à bon escient, Blier creuse ici ses thèmes obsessionnels avec une noirceur que n’arrivent pas à éclaircir des dialogues pourtant enlevés et souvent drôles.

Recyclant une fois de plus son éternel questionnement sur l’amour, la mort et la finalité de l’existence, Blier ne change guère de thématique (on y retrouve des êtres en proie à l’alcool et au doute, mais aussi le désormais classique dépucelage d’un adolescent boutonneux, ainsi que des séquences au lit plutôt audacieuses), mais il renouvelle ici son style visuel en épurant davantage la forme. Convaincu par la fluidité obtenue par les caméras numériques, le réalisateur s’attarde moins sur l’aspect visuel en composant des plans simples mais qui savent aller à l’essentiel.

Sachant faire intervenir une musique discrète au bon moment, il signe un nombre conséquent de séquences où affleure une émotion diffuse. Dès lors, Le bruit des glaçons apparaît comme un aboutissement dans l’oeuvre d’un maître du cinéma qui s’est longtemps cherché (et parfois fourvoyé) avant d’obtenir enfin la totale maîtrise de son projet. On peut juste lui reprocher une fois de plus une fin légèrement bâclée (son péché habituel). Mais cet excellent cru 2010 ne serait pas aussi réussi sans les prestations impeccables de Jean Dujardin, impérial en alcoolique, et d’Anne Alvaro qui trouve enfin un rôle à sa mesure. Leur couple fonctionne à merveille. Quant à Albert Dupontel, il donne avantageusement la réplique à Dujardin, mais sans vraiment s’écarter de ses prestations précédentes.

Etrange et fascinant, le dernier Blier est donc une vraie réussite que vous pourrez consommer sans aucune modération.

  Source : www.avoir-alire.com
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